Hello, j'espère que vous vous portez bien et que ce chapitre vous plaira :)
Merci à Kirbille, MarlyMcKinnon et Cole Stewart pour leurs retours.
Bonne lecture !
Chapitre 12 – La connaissance, Partie B
— Donne-nous cette flamme, Malefoy, ça évitera d'avoir des blessés.
D'un regard concis, Ludivine balaya la scène qui se déroulait sous ses yeux.
Elle ne l'avait vu qu'une fois, mais Ludivine n'eut aucune difficulté à identifier Logan Rowle. Bâti d'une carrure qui pouvait faire des dommages à un ennemi, le sorcier tenait une posture assurée et offensive, et un simple coup d'œil à la situation permettait de voir qu'il la dominait. Il avait pointé une baguette nonchalante sur Acca et Scorpius, leur montrant qu'il n'était pas réellement inquiet d'une quelconque riposte de leur part, même si Ludivine trouvait cette posture facile quand on voyait la baguette assurée que pointait son coéquipier.
Face à lui, Scorpius et Acca semblaient en difficulté. Scorpius arborait une expression froide et impassible, mais sa posture raide parlait pour lui. Il tenait fermement sa baguette, mais ne la dirigeait contre personne, la gardant tournée vers le sol. C'était comme s'il n'osait pas la pointer en direction des deux sorciers. Quant à Acca, elle était en retrait, ce qui était surprenant venant de la sorcière. Elle arborait une expression contrariée, presque inquiète, et Ludivine sentit la colère monter en elle devant cette scène.
— Je n'ai aucune intention de te laisser voler cette flamme, répliquait froidement Scorpius.
— Dans ce cas, ricana Rowle, il va falloir que tu te défendes un minimum si tu veux protéger ton amie !
La mâchoire de Scorpius se contracta un peu plus devant l'ironie de son aîné, et il était visible qu'il se contrôlait pour ne pas attaquer ce dernier. Cette envie démangeait également Ludivine, mais ils avaient tous entendu les règles avant que l'épreuve ne commence. Quiconque utiliserait sa baguette dans un sort offensif contre d'autres participants se verrait perdre des points, voire éliminé.
C'était d'ailleurs bien pour cette raison que Rowle et son équipier jouissaient d'une telle assurance, parce qu'ils savaient que Scorpius et Acca ne prendraient pas ce risque.
Ce ne fut qu'à cet instant que Ludivine constata la posture d'Acca, qui se tenait la taille comme si elle souffrait. Elle était blessée à la hanche, et son jean commençait à se teinter légèrement d'une couleur foncée. Cette réalisation mit Ludivine dans une colère profonde, et il était hors de question qu'elle ne laisse cette situation continuer.
Elle choisit d'intervenir mais en fut aussitôt empêchée. James s'était approché d'elle et lui avait discrètement mais fermement attrapé le poignet. Personne ne les avait remarqués, lui signifiait-il par ses actions silencieuses.
— Si on les attaque, lui signala James, on risque l'élimination.
— Comme tu peux le constater, cingla Ludivine sur un ton bas, ça n'a pas l'air de les arrêter.
— Je ne prendrai pas ce risque, gronda James d'une voix qui fit presque frissonner Ludivine.
— Je ne resterai pas sans rien faire, Potter, prévint-elle froidement, refusant de se laisser démonter face au sorcier.
James soupira bruyamment, jetant un regard à la scène qui se jouait sous ses yeux. Il était évident, par sa posture rigide, qu'il ne cautionnait pas ce qui se déroulait. Seulement, James voulait préserver leurs chances de gagner. Il voulut dire quelque chose, qui de toute évidence ne plairait pas à Ludivine, mais un regard vers elle le ravisa. Le regard de Ludivine était limpide, il ferait mieux d'agir avant qu'elle ne le fasse, car les conséquences ne lui importaient que peu, à cet instant.
— Laisse-moi m'en occuper, siffla James avec autorité.
Ludivine allait protester, constatant qu'une nouvelle fois, le sorcier tentait de lui dicter ses actions. Elle fut néanmoins arrêtée par la douleur qu'elle ressentit au niveau de sa cheville. Elle sut que James avait vu sa grimace car elle le sentit se tendre avant de soupirer. Finalement, il lâcha son bras pour se tourner vers l'échange envenimé devant lui, s'approchant de quelques pas avant de s'exclamer d'une voix forte.
— Aucune surprise à te voir tricher, Logan, intervint James avec une moquerie flagrante, si décevant.
Le ton moqueur de James n'était pas la meilleure entrée pour adoucir la situation, Ludivine le réalisait bien en voyant la posture de Logan Rowle se rigidifier tandis qu'il se tournait avec lenteur vers James. L'étonnement qui s'afficha sur son visage en voyant le Gryffondor disparut aussitôt, au profit d'un sourire sardonique. Ludivine avait le sentiment qu'il en fallait bien plus à Logan Rowle pour s'inquiéter d'une situation. Néanmoins, James avait réussi son coup. Il avait détourné l'attention du sorcier des amis de Ludivine.
Scorpius, malgré l'arrivée de James, n'avait jamais quitté son expression glaciale, et Ludivine se surprit à ressentir un certain malaise. Il était si rare de constater une telle froideur, une telle colère se dégager du sorcier, qu'elle pouvait parfois en oublier qu'il était le digne héritier de la maison Malefoy. Il émanait une telle prestance de lui, mais Ludivine aurait tout donné à cet instant pour obtenir un sourire de son meilleur ami.
Un éclair de soulagement parut dans le regard d'Acca lorsque leurs regards se croisèrent. C'était imperceptible, mais les deux sorcières se connaissaient parfaitement. A cet instant, il sembla impossible à Ludivine de rester à sa place alors qu'elle pouvait apporter un appui physique et mental à sa meilleure amie, à ses meilleurs amis.
Alors elle s'avança d'un pas rapide vers Acca, ignorant sa douleur à la cheville, la baguette que l'équipier de Rowle commençait à pointer vers elle, et le regard colérique de James lorsqu'il entendit du mouvement dans sa direction. Ludivine se fichait de tout ça alors qu'elle accourait vers son amie, attrapant sa main avec force.
— Tu es blessée, constata-t-elle en approchant une main de la taille d'Acca.
— Je m'en occuperai plus tard, la rassura Acca en éloignant la main de Ludivine dans un sourire, vous feriez bien de vous en aller avant que la situation ne se détériore.
— Tu te doutes bien qu'on n'ira nulle part, répondit Ludivine presque trop sèchement.
Acca ne retint pas un léger sourire. Elle connaissait suffisamment Ludivine pour le savoir.
— Ce sont eux qui t'ont blessée ? demanda Ludivine en montrant les sorciers plus âgés d'un mouvement de menton.
Acca ne répondit rien, jetant un regard à la dérobée à Scorpius qui se tenait à côté d'elle. Le Serpentard n'avait pas détourné un seul instant son attention des sorciers qui s'affrontaient, même lorsque Ludivine était apparue à côté de lui. Lorsqu'elle posa toutefois sa main sur le bras de son ami, Scorpius porta finalement son regard sur Ludivine, un regard rapide et éphémère, avant de reporter son attention sur les sorciers face à lui. Ce regard avait suffi à Ludivine pour comprendre que la blessure d'Acca venait bien de Rowle et de son équipier, et que la colère de Scorpius était dirigée contre eux mais également contre lui-même.
Elle connaissait suffisamment Scorpius pour comprendre ce qu'il se tramait dans sa tête. Sa main crispée sur sa baguette indiquait qu'il maîtrisait tout son être pour ne pas l'utiliser. Son regard rivé sur celle de son ennemi indiquait qu'il surveillait toute potentielle attaque venant de ce dernier. Sa posture rigide indiquait qu'il n'hésiterait pas, à tout instant, à se précipiter pour protéger Acca s'il le fallait.
— Reste en dehors de ça, James, conseilla Scorpius placidement.
— On n'est jamais trop nombreux pour affronter des tricheurs, Scorpius, répondit James d'un ton débonnaire.
— Ecoute le Serpentard, s'exclama Rowle avec moquerie. Dégage, Potter.
— Tu peux rêver, siffla James, j'attends de te regarder prendre la fuite. On sait tous que c'est ce que tu fais de mieux.
Le visage de Logan Rowle se tordit de colère tandis qu'il déviait totalement son attention de Scorpius et Acca pour la porter sur James. Il s'avança de quelques pas, faisant signe à son acolyte de continuer à surveiller la flamme. Ce dernier pointa plus ardemment sa baguette sur Scorpius qui grinça des dents. Plus les minutes passaient, et plus leurs chances de récupérer la flamme s'amenuisaient.
Ludivine observa Rowle s'avancer vers James, se demandant à quel point les deux sorciers pouvaient bien se connaître. A en voir la familiarité de leurs échanges, elle avait l'impression qu'ils n'avaient pas fait connaissance le jour du lancement du concours. A en voir le regard colérique que Rowle posait sur James et la façon dont James avait redressé le dos, elle avait l'impression que les ressentiments ne dataient pas d'hier.
— Comme toujours, siffla Rowle, tu as tendance à trop faire le malin, Potter.
— Vraiment ? le provoqua James dans un rire jaune. J'imagine que je devrais plutôt m'inquiéter de la baguette pointée vers moi alors que tu sais que je ne ferai pas de même ?
— Ne me fais pas perdre patience, maugréa Rowle.
— Effrayant, se moqua James avec lenteur.
James semblait refuser de montrer une autre émotion que de l'indifférence, ce qui accentuait la colère de Rowle. Ce dernier s'approcha de James à une vitesse qui surprit Ludivine. Il se retrouva aussitôt à quelques centimètres de James, pointant sa baguette entre les deux yeux du Gryffondor. La carrure du sorcier était toujours aussi imposante, suffisamment pour que Ludivine se surprenne à s'inquiéter pour son équipier, qui pourtant n'était pas particulièrement maigrichon non plus.
A côté d'elle, Ludivine sentit Scorpius s'agiter. Un coup d'œil dans sa direction suffit pour constater que Scorpius avait levé sa baguette pour la pointer sur Rowle, conscient qu'ils ne parviendraient pas à s'extirper de la situation sans l'utiliser, et qu'il faudrait réagir si la situation venait à dégénérer. Il ignorait le coéquipier de Rowle qui s'approchait maintenant de quelques pas, laissant un sourire sardonique franchir ses lèvres.
— Tente donc quelque chose, Malefoy, provoqua le sorcier.
James dut également voir le mouvement de Scorpius, car il intervint malgré la baguette pointée entre ses deux yeux.
— Scorpius, l'interpella James sans quitter Rowle des yeux, dès que ce sera possible, Rockwood et toi attraperez la flamme.
— Si tu crois que je vais te lais… commença Scorpius avec colère.
— Il est hors de question, siffla James, que Rowle et Travers s'emparent de cette flamme ! Tu m'entends ?
James échangea un regard avec Scorpius, et ce dernier soupira en hochant la tête avant de reporter son attention sur l'équipier de Rowle, dont Ludivine connaissait maintenant le nom. Le Serpentard semblait à deux doigts de sauter sur le sorcier, la colère irradiait de tous ses pores et Ludivine sut qu'il n'avait toujours pas aveuglément plongé dans un duel à cause d'Acca.
Cette dernière semblait souffrir et luttait contre toute sa personne pour ne pas s'asseoir sur le sol et expirer un grand coup. Alors Ludivine s'approcha un peu plus d'elle, lui suggérant silencieusement de s'appuyer sur elle pour soulager sa douleur. Ils semblaient tous impuissants, et Ludivine se demandait si l'épreuve en valait le coup.
Logan Rowle, lui, n'avait toujours pas bougé. Sa baguette se tenait à quelques centimètres du front de James mais ce dernier se refusait de perdre la face. James, comme Scorpius avant qu'ils n'arrivent, tenait tête au sorcier, malgré l'absence de sa baguette.
— Tu m'as l'air tendu, provoqua James d'un ton moqueur, je m'en voudrais presque d'avoir interrompu tes desseins.
— Dis-moi ce qui me retient de te lancer un doloris, grinça Rowle.
— Tu n'oserais pas si je décidais d'utiliser ma baguette, répliqua James avec assurance.
— Tu as raison, Potter, siffla Rowle avec dédain, suis les règles comme un bon petit soldat.
— Tu sais ce que c'est, Logan, de suivre les ordres comme un bon petit soldat, siffla James d'une voix soudainement froide et rauque que Ludivine lui avait rarement connue. Papa t'a bien appris.
Il était évident que James provoquait Rowle, et il y parvenait. Un grognement franchit les lèvres de Rowle, tandis que sa posture se tendait. Il retenait visiblement sa colère, et Ludivine comprit que James jouait sur un tout autre plan que la magie. Il jouait le nerf de la guerre, il tentait de faire sortir Rowle de ses gonds. A quel bénéfice, Ludivine ne le comprenait pas.
— Il allume une mèche, marmonna Acca tandis qu'elle portait une main au niveau de son estomac.
— Les Gryffondor et leur impulsivité, souffla Ludivine en ignorant le regard réprobateur d'Acca, ça doit couleur dans votre sang de jouer aux héros.
— Potter est intelligent, répliqua Acca, et je crois comprendre ce qu'il a en tête.
— Il a l'air de vouloir se prendre un sortilège impardonnable, marmonna Ludivine.
— Il veut les pousser à faire une faute, expliqua Acca.
— Reste prête à te défendre, Lud, la mit en garde Scorpius.
— Ne t'inquiète pas pour moi, Scorp, fais ce que tu as à faire.
— Je détruirai Potter s'il t'arrive quoi que ce soit.
Ludivine resta silencieuse, échangeant un sourire discret avec son meilleur ami avant de se tourner de nouveau vers Rowle et James. Ce dernier échangea un regard avec Scorpius, un signal muet, avant de reporter son attention sur son ennemi face à lui.
— Ce concours te rappelle de bons souvenirs, s'amusa James, n'est-ce pas, Logan ?
— Tu es toujours aussi arrogant, siffla Rowle avec un mépris visible.
— Je suis simplement meilleur que toi, ricana James, tu n'as juste jamais pu l'accepter. La preuve, je ne m'en prends pas à des sorciers de trois ans mes cadets.
Puis soudain, un bruit sourd retentit. Un morceau de pierre, d'une taille similaire à un Souafle, avait fendu l'air dans un sifflement pour frapper l'arrière du crâne de Travers qui s'effondra au sol, assommé par la force décuplée par la vitesse de la pierre.
Il n'en fallut pas plus pour que la situation dégénère. Rowle, qui avait gardé sa baguette pointée entre les deux yeux de James depuis plusieurs minutes, la retira avec cette même rapidité qui impressionna Ludivine. À la place, ce fut un poing qui entra en contact avec la mâchoire de James. Le coup n'était pas planifié, Ludivine le comprit immédiatement, mais il englobait toute la force de Rowle, et elle s'inquiéta pour James quand un craquement se fit entendre.
Rowle semblait avoir oublié l'utilisation de sa baguette alors qu'il grimpait à califourchon sur James, le tabassant avec une violence qui inquiéta Ludivine. Cette dernière fulminait, et sa colère augmenta lorsqu'elle constata que James ne se défendait pas.
Le Gryffondor encaissait les coups mais ne répliquait pas. Il aurait pu contrer Rowle, tout du moins retenir certains de ses coups, mais il n'en faisait rien. Ludivine confia donc Acca à Scorpius qui passa un bras sous ses épaules pour la soutenir, et sortit sa baguette pour la pointer avec assurance sur les deux sorciers au sol tout en s'approchant d'eux. Elle échangea un dernier regard avec Acca et Scorpius, les intimant d'un mouvement de menton de s'emparer de la flamme. Elle les vit hésiter tous les deux, ne souhaitant pas laisser James et Ludivine dans ce combat, et ce fut pour cette raison que Ludivine cingla un « MANIEZ-VOUS » qui attira un instant l'attention de Rowle.
Scorpius soupira avec force avant de se tourner vers Acca. Il renforça sa prise sous les épaules et passa une main sous les genoux de la sorcière, la soulevant avec facilité avant de se diriger vers la flamme. Lorsqu'il attrapa celle-ci, Ludivine vit Scorpius et Acca disparaître dans un rayon blanc.
Ils étaient en sécurité, souffla-t-elle, rassurée. Ce n'était cependant pas leur cas. Ludivine pointa de nouveau sa baguette sur Rowle, prête à l'utiliser même si cela impliquait l'élimination.
— Expellia…
Ludivine n'eut cependant pas le temps d'aller au bout de son sortilège. Sa baguette lui échappa des doigts, comme happée par une force qu'elle ne contrôlait pas, et finit au sol, à un mètre d'elle.
L'attention de Rowle se porta tout de même sur elle, et cette seconde d'hésitation suffit à James. Ce dernier semblait n'avoir attendu que la disparition d'Acca et Scorpius pour réagir face à son attaquant, car il profita de l'attention détournée de son aîné pour se dégager de sa prise.
Dans un élan de fureur, James lui cogna la joue avec son poing, l'étourdissant avant de lui mettre un coup de pied dans les parties inférieures qui forcèrent le sorcier à se décaler. Rowle n'eut pas l'occasion de réagir, et James profita de la douleur du sorcier pour se relever aussitôt. Il asséna un nouveau coup à Rowle qui l'assomma légèrement.
James s'assura que Rowle ne se relevait pas avant de regarder autour de lui. Il semblait savoir où chercher la baguette de Ludivine, qu'il trouva au premier coup d'œil. Il la récupéra avant de s'approcher d'elle mais ne la lui tendit pas. Au lieu de ça, il posa un regard glacial sur elle.
— Tu as failli rentrer dans son piège ! s'exclama James d'une voix rauque.
— Il commençait à sévèrement te blesser, lui signala Ludivine comme si le sorcier perdait la tête.
— C'était exactement son but, siffla James, qu'on réagisse et qu'on l'attaque ! Et tu allais tomber dans le panneau !
— Tu as donc préféré te faire casser la gueule ? s'énerva Ludivine.
— C'est un risque que je prends sans hésiter, répliqua sèchement James, comme toi lorsque tu laisses tes états d'âmes entraver notre épreuve !
La voix de James était rocailleuse, sa mâchoire crispée, son souffle erratique, son regard noir. Il venait de prendre de sacrés coups, pourtant il se tenait toujours avec la même allure, la même force.
Ludivine était surprise par la colère du sorcier. Elle lui était dirigée mais elle refusait d'être un exutoire à sa colère. Peut-être qu'elle était responsable de ce qu'il venait de se passer, car elle avait souhaité intervenir, mais c'était James qui avait provoqué Rowle en premier lieu ! Il avait réussi son coup, détourner l'attention du sorcier d'Acca et Scorpius qui avaient pu récupérer leur flamme, mais il ne pouvait pas reprocher à Ludivine d'avoir voulu le défendre. Si sa baguette… Et Ludivine comprit. Le Gryffondor avait utilisé la magie élémentaire pour interrompre son sort.
À cet instant, Ludivine comprit que James Potter était déterminé à gagner. Elle comprit qu'il ne laisserait personne entraver son chemin et qu'il mettrait corps et âme dans l'atteinte de son objectif. Le Gryffondor voulait gagner cette épreuve, et il mettrait tous les moyens en œuvre pour y arriver. Et à cet instant, Ludivine était une nuisance à cet objectif.
Ludivine se surprit à ressentir un léger pincement au cœur face à ce constat, consciente qu'elle n'était qu'un moyen pour le sorcier d'atteindre plus facilement son objectif. Alors face au regard colérique de James, Ludivine garda le silence. Elle avait également conscience que, malgré la volonté du sorcier de gagner, il avait accepté ses requêtes à chaque fois, même si elles impliquaient de perdre du temps dans l'épreuve. Il l'avait aidée à soigner le centaure. Il l'avait aidée à défendre Scorpius et Acca. Il avait accepté ses requêtes à chaque fois.
James dut sentir le conflit dans son regard car il finit par expirer, passant une main dans ses cheveux comme s'il réfléchissait lui-même à ce qu'il venait de dire.
— Tu sais bien que ça ne me dérange pas, soupira James avec remord.
— C'est bien le problème avec toi, Potter, dit Ludivine d'une voix étonnamment étranglée, c'est que je ne sais justement ri…
— Diffindo.
Ludivine fut interrompue par un sortilège qui toucha James de plein fouet. Lancé avec une force et une précision surprenantes, le sort traça une entaille suffisamment profonde le long du bras de James pour que du sang jaillisse abruptement hors de sa peau. Ludivine vit du rouge partout tandis que James la bousculait sous l'impact du sort.
Elle n'eut pas le temps de répliquer que James lui avait attrapé la main, et Ludivine sentit de nouveau son estomac se retourner dans tous les sens tandis que son environnement devenait flou.
Avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait, Ludivine se sentit chuter violemment sur de l'herbe épaisse, le visage face au sol. Lorsqu'elle releva la tête, Ludivine constata que James et elle avaient atterri dans une clairière si lumineuse que son regard mit quelques secondes à s'habituer.
L'herbe était sauvage, avec de grandes étendues de verdure, et quelques arbres fruitiers et buissons fleuris parsemaient l'horizon. Un sentiment de sérénité régnait dans ce lieu magique, et Ludivine se laissa bercer quelques secondes par le bruit d'un écoulement d'eau qui laissait deviner une rivière à quelques mètres.
Cependant, une complainte ramena aussitôt Ludivine à la réalité. James se tenait un peu plus loin et se mettait en position assise, une main sur son biceps ensanglanté.
— Ta blessure, Potter ! s'alarma Ludivine en s'approchant du sorcier.
— Ce n'est rien, maugréa James en éloignant son bras de la main de Ludivine.
Ludivine le fusilla du regard, mécontente qu'il refuse son aide.
— Si tu ne soignes pas ça, cingla Ludivine avec froideur, comme si elle s'adressait à un enfant mal élevé, ça s'infectera !
— Je ne suis pas Albus, Hendell, s'énerva James, je n'ai pas besoin qu'on prenne soin de moi !
— Arrête d'être têtu, Potter ! répliqua Ludivine.
La dispute continua silencieusement, par le regard désagréable de James et celui colérique de Ludivine.
Elle comprenait bien que James refusait son aide car il ne souhaitait pas montrer ses faiblesses à la sorcière. Cette dernière se retint d'en faire un commentaire, mais ne se laissa pas démonter.
Ça n'avait rien à voir avec le sorcier. Il était juste impensable pour Ludivine de laisser une personne blessée sans soins si elle pouvait les prodiguer. Elle en avait même oublié la douleur dans sa propre cheville. Par contre, James n'avait pas oublié la sienne, elle le sut à la grimace qu'il fit.
Finalement, James soupira de résignation, passant une main dans ses cheveux bruns avant de tourner son bras gauche vers Ludivine.
— Ne crois pas que je t'aurais laissé faire si j'avais eu le choix, maugréa James.
— Ne crois pas que je le fais pour une autre raison que gagner cette épreuve, répliqua Ludivine en s'agenouillant près de James tandis que ce dernier se laissait manipuler.
Ludivine commença à regarder la blessure, dans un silence qu'elle trouva agréable avant que le Gryffondor ne décide de poser son regard sur elle. Concentrée, Ludivine réalisait toutefois leur proximité, et pour rien au monde aurait-elle relevé la tête.
Elle avait conscience que le sorcier avait également pris des coups au visage, comme en attestaient sa lèvre ouverte et le bleu qui commençait à se dessiner au niveau de sa mâchoire. Mais Ludivine ne dit rien à ce sujet, préférant changer de sujet de conversation.
— Je croyais qu'on ne pouvait pas transplaner au sein de Poudlard, fit remarquer Ludivine.
— L'interdiction sur la forêt a sauté avec le décès du directeur Dumbledore, lui expliqua James en retenant une grimace. On n'aurait pas pu en sortir mais je voulais simplement m'éloigner d'eux.
— Tu as utilisé la magie élémentaire, n'est-ce pas ? demanda Ludivine d'un ton qui n'amenait pas de réponse. Pour assommer Travers.
— L'air est un élément pratique, se contenta de répondre platement James.
Un silence s'installa, durant lequel Ludivine échangea un regard amical avec James. Il venait de les sortir d'une sacrée bouse de dragon. Elle ne l'aurait jamais reconnu, mais Ludivine était impressionnée par le tempérament du sorcier, qui avait su rester calme et maître de lui-même, même lorsqu'il se faisait tabasser. Alors qu'elle, n'avait pas su quoi faire d'elle-même.
— Il m'a bien fracassé la gueule, marmonna James.
Ludivine ne dit rien. En effet, le Gryffondor avait pris de multiples coups, d'une force incontestable. Mais approuver les propos de James équivaudrait à reconnaître qu'il s'était fait battre par Rowle, et ce n'était pas ce qu'elle souhaitait sous-entendre. Mais lorsque James posa sa main sur le genou de Ludivine, celle-ci décida de lever la tête vers le sorcier avant que le trouble ne la gagne.
— Tu sais, reprit James, que j'ai choisi de ne pas répondre quand il a commencé à me frapper ?
— Bien sûr que je le sais, murmura Ludivine avec douceur, consciente qu'elle dirait tout ce que le sorcier voudrait entendre à cet instant.
— Tu sais que si je l'avais fait, je l'aurais détruit ?
— Je le sais, Potter.
— Tu sais que je ne l'aurais pas laissé t'approcher ?
Cette fois-ci, Ludivine ne répondit rien. Même pour rassurer le sorcier, Ludivine ne s'y engageait pas. Son regard toutefois, dut contenir une once de certitude, car un léger sourire se forma sur les lèvres de James avant qu'il ne retire sa main du genou de Ludivine et ne ferme les yeux.
Ludivine retint un soupir de soulagement avant de reporter son attention sur la blessure. Elle se retenait de dire au sorcier qu'elle n'avait pas besoin qu'on la protège, qu'elle se serait très bien défendue toute seule, mais elle choisit de ne rien dire, consciente que ça n'apporterait rien à la situation.
— Ce n'est pas profond, expira Ludivine.
— Tu peux me soigner ça ? demanda James.
— Comme un quatrième année, sourit Ludivine.
Elle sortit sa baguette, murmurant un faible episkey. Pourtant, rien ne se passa. Lorsqu'elle retenta et qu'aucune magie n'apparut, Ludivine sentit la colère monter en elle.
— Je t'ai vue faire mieux avec mon frère, se moqua James, mets-y un peu de cœur, Hendell.
— Il y a un problème, répondit Ludivine en ignorant la pique du sorcier.
— Ils ont dû trafiquer quelque chose, supposa James.
Ludivine ne fit pas attention à la remarque de James, concentrée sur la recherche d'une explication. Puis, quelque chose cliqua dans sa tête. Elle repensa à la façon dont ils avaient chuté durant le transplanage, comme si la magie de James avait buté contre quelque chose.
Alors elle éloigna sa baguette pour la diriger vers un buisson derrière James, murmurant un inflammare. Ce dernier éloigna son visage avec inquiétude, mais rien ne se passa au bout de la baguette.
— Il n'y a pas de magie ici, comprit Ludivine
— Pas besoin de te justif…
— La clairière est dénuée de magie, l'interrompit Ludivine avec impatience. On ne peut pas pratiquer de magie ici !
Le regard de James changea, exprimant de l'incompréhension quelques secondes avant qu'un sourire ne fende ses lèvres.
— C'est incroyable ! commença-t-il à s'exciter.
— Je ne peux PAS te soigner ! s'énerva Ludivine en laissant tomber tout son corps dans l'herbe.
La frustration de Ludivine cognait ses tympans. Elle ferma les yeux, refusant de laisser ce sentiment d'impuissance la gagner, mais c'était si dur.
— Tu n'aimes pas être impuissante, entendit-elle James dire sur le ton du constat.
— Comme toi, tu n'aimes pas paraître faible.
— C'est vrai, reconnut James placidement. J'ai peur que si une personne me voit affaibli, elle garde toujours l'image d'un sorcier faible.
— Même affaibli, tu restes puissant, Potter, répondit Ludivine avec une moquerie légère.
Ludivine rouvrit les yeux, constatant d'un mouvement de tête que le sorcier avait souri discrètement. Il jeta un coup d'œil à Ludivine qui croisa son regard.
— Je m'en veux de t'avoir conduit dans une telle mésaventure, admit Ludivine avec résignation.
Ludivine referma les yeux, mais elle n'eut cependant pas l'occasion de se perdre dans ses pensées. Une main lui attrapa fermement le poignet, la relevant d'une poigne qui lui coupa presque le souffle. Son visage se retrouva aussitôt à quelques centimètres de celui de James, qui avait planté sur elle un regard déterminé.
— Je me suis moqué plusieurs fois de ton indifférence au reste au monde, murmura James, mais je découvre que tu es bien plus sensible que tu ne le laisses paraître.
— Vois-tu la sensibilité comme une faiblesse, Potter ? demanda Ludivine sur le même ton faible et secret.
— Je pense que lorsqu'elle sert à penser à l'autre et à l'aider, c'est une force.
Ludivine s'abstint de parler. Elle essayait de comprendre ce qu'il se passait dans les iris noisette qui se tenaient si proche des siennes. Ludivine y lisait plusieurs émotions contradictoires, qu'elle choisit de bloquer de son esprit.
— J'ai peur que ta blessure s'infecte si on ne la soigne pas, reprit Ludivine qui espérait changer de sujet afin de mettre fin à son malaise.
— Tu l'as dit toi-même, ce n'est pas profond, la rassura James d'une voix amusée. On va marcher un peu et voir vers quelle flamme on se dirige.
— Comme si on les avait trouvées en les cherchant, soupira Ludivine.
— On va trouver la dernière qu'il nous manque, lui répondit James avec aplomb.
Ludivine soupira une nouvelle fois, échangeant avec James un regard qui l'apaisa. Ce n'était pas le moment de se laisser abattre, c'était le Gryffondor qui avait raison. Alors Ludivine hocha la tête, se relevant avec entrain.
La douleur de sa cheville refusant de se taire, Ludivine fut contrainte d'avancer doucement tandis que James déchirait un morceau de son t-shirt pour l'attacher autour de son bras afin d'assurer un arrêt de l'écoulement du sang.
— On a l'air fin avec nos blessures, maugréa Ludivine.
— Vaut mieux être blessés que sans honneur comme d'autres, marmonna James.
Ils marchèrent un certain moment, écoutant l'écoulement d'une rivière qui se frayait tant bien que mal un chemin parmi la végétation. Ils ne croisèrent aucun sorcier, aucune créature et le silence qui régnait entre James et Ludivine était serein. Puis Ludivine entendit une branche craquer.
Elle s'immobilisa, posant une main devant James qui s'arrêta également. Il jeta un regard d'incompréhension à la sorcière, et cette dernière posa un doigt devant sa bouche en signe de silence avant de montrer quelque chose du menton.
Devant eux se trouvait une biche, une belle biche au museau long et large et au pelage noisette tacheté de points blancs. Elle grapillait dans un buisson à la recherche de baies jaunes et de baies vertes tandis que se trouvaient également, de façon parsemée, des baies blanches. Ludivine l'observa un instant mordre dans une baie blanche, et une idée fulgurante lui traversa l'esprit.
— Elle se nourrit des baies, marmonna Ludivine.
— Tu as faim, Hendell ? se moqua James.
— Les blanches sont des baies de gui, l'intima Ludivine à se taire avec irritation, c'est un antidote pour ton bras !
— Je n'en mangerai pas, prévint James.
— Potter, s'énerva Ludivine en agrippant un morceau du haut du sorcier dans son poing, il nous reste encore une flamme à trouver. On ne peut pas être tous les deux blessés !
— Qu'est-ce qui me dit que ces baies ne vont pas m'intoxiquer ? la défia James.
— Regarde la biche en manger, sourit Ludivine.
James jaugea Ludivine du regard, un regard qu'elle trouva légèrement dédaigneux mais devant lequel elle refusa de baisser les yeux. Elle pouvait voir le tissu gris clair autour du bras du sorcier se teinter de rouge petit à petit tandis que le Gryffondor perdait progressivement ses couleurs. Elle refusait de baisser le regard, et James l'avait bien compris.
— Très bien, soupira James en passant sa main valide dans ses cheveux, va me chercher tes baies de malheur.
— Si ça peut te rassurer, tu n'auras pas à les manger.
Ludivine retint un sourire tandis qu'elle se dirigeait vers la haie remplie de baies. Elle en attrapa une de couleur blanche, luisante, qu'elle ouvrit en deux. Un liquide tout aussi blanc en sortit, et Ludivine laissa son sourire s'installer sur ses lèvres. Elle en cueillit une pleine poignée avant de retourner auprès de James qui l'avait suivie d'un regard impassible.
Il la laissa faire tandis qu'elle lui attrapait le poignet pour le diriger vers la rivière. Ils s'installèrent au bord de l'eau, et Ludivine s'enquit de détacher le morceau de tissu du bras de James. Ce dernier se laissa faire, portant sur elle un regard profond tandis qu'elle attrapait de l'eau de la rivière pour rincer la plaie.
Ludivine était concentrée sur la blessure, où le sang séché commençait à disparaître. Elle voyait enfin les coupures profondes qui avaient été créées par l'entaille, et elle pinça ses lèvres de colère. Le sortilège avait été lancé pour blesser sévèrement, et son coéquipier pouvait s'estimer chanceux de l'avoir en partie dévié.
Elle approcha le jus de baie des déchirures. Le liquide s'écoula sur la blessure, se frayant un chemin dans les fissures de la peau provoquées par la coupure. Il finit par se solidifier, formant une couche blanche, qui rassura Ludivine et soulagea James, au soupir qu'il lâcha lorsque le liquide se solidifia.
— Tu sens son pouvoir de cicatrisation ? demanda Ludivine.
— C'est limite agréable, ricana James, bien plus que les sortilèges de guérison qui tirent la peau.
— C'est normal, sourit Ludivine, c'est une magie bien plus naturelle.
Ludivine regardait ce pansement se créer, émerveillée par la magie qui habitait la nature de la forêt. C'était une magie si belle, si vertueuse, qu'elle en était fascinée. Elle ne voyait pas que James avait arrêté de regarder son bras pour reporter son attention sur elle. Enfin, Ludivine le sentait, mais agissait comme si elle ne voyait rien.
— La guérison est un art qui te fascine, marmonna James.
— C'est la magie qui me fascine, le corrigea doucement Ludivine.
Ludivine releva la tête vers James, partageant avec lui un sourire amical. Il allait répliquer quelque chose, mais s'interrompit lorsqu'un rayon de lumière apparut un peu plus loin, près de la haie remplie de baies. Ludivine suivit le regard de James, et un sourire se forma sur ses lèvres à cette vision.
— La dernière flamme, marmonna Ludivine avec ébahissement.
— On l'a trouvée, sourit James avec fierté, encore une fois tes connaissances nous ont sauvés, Hendell.
Ludivine ne retint pas son sourire, gratifiant le sorcier d'un regard doux tandis que ce dernier se levait. Elle n'avait pas eu le temps d'appliquer les baies à ses brûlures, mais Ludivine consentit à attendre. James lui tendit une main, qu'elle prit cette fois sans aucune hésitation. Elle le laissa utiliser sa force pour la relever avec aisance avant de la guider vers la flamme.
— A toi l'honneur, Potter, sourit Ludivine, car tu as eu la sagesse d'accepter de te faire soigner.
James choisit d'ignorer la moquerie qui teintait la voix de Ludivine, et porta sa main en-dessous de la flamme tandis que Ludivine glissait ses doigts dans ceux de James. Ils attendirent quelques secondes, mais rien ne se passa. La flamme, dont la lumière ne pouvait être plus éblouissante, n'avait pas bougé et ne semblait pas réagir. Et le regard de James changea tandis qu'il lâchait la main de Ludivine.
— Il n'y a pas de magie, grinça James.
— Pourtant, la flamme est apparue, protesta Ludivine.
— Elle est apparue, siffla James avec impatience, mais sa magie ne fonctionne pas ici.
— Et que fait-on maintenant, maugréa Ludivine, on ne peut pas déplacer la flamme.
— J'en sais rien, Hendell ! s'exclama James avec colère. Si proche du but, merde !
Mais Ludivine l'empêcha de continuer, posant une main ferme sur la bouche de James pour l'inciter à se taire. Ce qu'il fit immédiatement sous le coup de la surprise. Ce ne fut que lorsqu'il suivit du regard l'endroit qu'indiquait Ludivine de sa main qu'il comprit.
La biche, qui auparavant se délectait de baies, avait disparu. C'était maintenant une licorne qui se tenait devant eux. Une licorne argentée, majestueuse, dont la robe indiquait la jeunesse. Sa crinière, soyeuse et moirée, se mariait parfaitement avec sa corne de la même couleur. Elle était étincelante.
— Elle est magnifique, marmonna Ludivine avec fascination.
— Que fait-elle ici ? s'interrogea James.
— Cette clairière non-magique doit être un sanctuaire, supposa Ludivine.
— Les licornes sont sources de magie, se souvint James.
Le regard du sorcier changea alors que la licorne commençait à sentir les différentes baies qui se trouvaient dans le buisson. James choisit de s'approcher à ce moment, mais fut interrompu par Ludivine qui l'arrêta en attrapant son avant-bras.
— C'est une créature sacrée, Potter, elle n'est pas là pour servir nos intérêts !
— Je ne lui veux pas de mal, protesta James en se dégageant de l'emprise de Ludivine.
— Toucher une licorne se mérite ! récrimina Ludivine qui tenta d'attraper de nouveau le bras du sorcier mais ce dernier l'évita.
Ludivine fulminait. Elle n'arrivait pas à croire que le Gryffondor serve son intérêt auprès d'une créature aussi pure, aussi magique qu'une licorne.
James avançait de nouveau, avec une agilité qui impressionna Ludivine. Son pas était léger, ses mouvements minutieux, et elle se souvint soudain qu'elle faisait face à l'un des meilleurs joueurs de Quidditch depuis vingt ans. Cependant, lorsqu'il tenta de caresser la licorne, celle-ci recula d'un pas, plantant son regard bleu dans celui noisette du sorcier. Elle lui indiquait par le regard qu'elle ne le laisserait pas s'approcher.
— Elle doit sentir que tu veux sa magie, ricana légèrement Ludivine en s'approchant prudemment de James. Elle doit penser que tes intentions ne sont pas assez pures.
— Les tiennes le seraient-elles plus ? siffla froidement James.
Ludivine ne répondit rien, continuant d'avancer vers la licorne. Elle était comme hypnotisée par la beauté de la créature. La façon dont l'air virevoltait autour d'elle impressionnait et fascinait Ludivine. C'était comme si l'espace et le temps avaient ralenti, comme si les particules mettaient plus de temps à se déplacer. C'était de la pure magie que Ludivine avait sous les yeux, elle n'en avait jamais vu de telle.
Elle s'approcha encore un petit peu, craignant que la licorne ne recule comme elle l'avait fait avec James, mais il n'en fut rien. Elle resta immobile devant Ludivine qui se tint fébrilement devant la créature. Cette dernière abaissa légèrement sa crinière argentée, indiquant à la sorcière qu'elle se laisserait caresser.
Ludivine hésita à s'approcher de nouveau, mais l'immobilité de la licorne l'incita à tendre le bras. Elle posa ses doigts sur la crinière argentée, et un sentiment d'exaltation la parcourut. Un sourire sincère franchit les lèvres de Ludivine, qui se transforma en léger rire épanoui. La créature venait de lui faire confiance.
Ludivine allait reculer, retirant sa main, mais la licorne l'en empêcha. Elle tendit sa corne en direction de Ludivine qui comprit le message. Elle caressa le bout de sa corne, d'un geste prudent et délicat. A ce geste, la main de Ludivine se teinta d'une poudre blanche qui illuminait ses doigts.
— De la magie, marmonna-t-elle.
Lorsqu'elle releva la tête vers James, Ludivine constata que ce dernier n'avait pas porté son attention sur sa main brillante. Il avait observé la sorcière interagir avec la licorne, et avait maintenant le regard rivé sur elle. Ludivine était incapable de déchiffrer ce regard, ou peut-être se le refusait-elle. L'intensité de ces iris noisette, c'était un regard si profond, si ardent, que Ludivine sentit des palpitations au niveau de sa poitrine.
— Elle t'a acceptée, constata James.
— Elle a vu que je ne voulais pas sa magie, marmonna Ludivine.
— Alors elle t'en a donné.
Le regard de James changea à cette réalisation pour retrouver une lueur de détermination que Ludivine lui connaissait si bien. Ils avaient retrouvé de la magie, et pouvaient maintenant utiliser la flamme. D'un signe de tête, James indiqua à Ludivine qu'il était temps pour eux de retourner vers celle-ci.
Cependant, il ne restait plus rien de la flamme qu'ils avaient laissée. Elle avait perdu sa lumière orangée, et rayonnait maintenant d'un étincellement doré. Plus petite, elle était pourtant plus éblouissante et dégageait une chaleur qui remplit les cœurs de Ludivine et James d'un sentiment de légèreté.
— Une flamme dorée, s'exclama James avec fascination.
— Qu'est-ce qu'elle signifie ?
— Je n'en ai pas la moindre idée, admit James en lui prenant délicatement la main, mais laissons-la nous ramener à la maison. À toi l'honneur, Hendell.
Ludivine échangea un sourire entendu avec James tandis qu'elle s'approchait de la flamme. Sa main brillante de poussière de licorne entra en contact avec la flamme dorée, les transportant dans un halo de chaleur.
Lorsque Ludivine aperçut la lisière de la forêt interdite, ses pieds prenant contact avec l'herbe du parc, un sentiment de soulagement la submergea. James était à côté d'elle, et d'un regard circulaire, elle constata que quelques équipes étaient arrivées avant eux. Parmi elles, Scorpius et Acca.
Après un regard entendu avec James, Ludivine se précipita vers son amie qui était assise sur une chaise, prise en charge par madame Pomfresh. Elle courut si vite, ignorant la douleur de sa cheville, qu'elle eut du mal à freiner tandis qu'elle s'agenouillait abruptement près d'Acca avec inquiétude.
— Comment vas-tu ? s'enquit-elle.
— Je vais bien Lud, répondit Acca dans un rire, je n'ai rien qui ne se soigne.
— Tu devrais dénoncer Rowle, incita Ludivine.
— Hors de question, répliqua Acca, je n'accepterais pas qu'on m'imagine faible !
Ludivine garda le silence, consciente qu'elle ne pourrait pas forcer son amie à aller dénoncer le gredin, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait de le faire elle-même. Ludivine imaginait que les deux sorciers plus âgés avaient dû jouer le coup à plusieurs équipes, et qu'ils en ressortaient gagnants si personne ne les dénonçait.
Ludivine eut toutefois un sourire doux envers son amie tandis qu'autour d'elles, le nombre d'équipes de retour augmentait au fil des minutes.
— On a réussi l'épreuve, sourit Acca.
— Pas suffisamment rapidement, maugréa Ludivine. Potter et moi n'entrons même pas dans les dix premiers.
— L'écart de temps entre les équipes est très faible, lui dit Acca pour la rassurer, ce n'est pas dans cette épreuve qu'on verra un réel différentiel de points.
Ludivine garda le silence, ne souhaitant pas expliquer à son amie qu'elle se fichait que l'écart soit faible, tant qu'elle n'était pas parmi les premiers. Mais Ludivine ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, un grand nombre des décisions inutiles de cette épreuve venait d'elle.
— C'est Potter qui a utilisé de la magie sans baguette pour attaquer Travers, n'est-ce pas ? demanda Acca d'un ton qui n'attendait pas de réponse.
— Il peut être surprenant, se contenta de sourire Ludivine.
— On ne serait pas arrivés au bout de l'épreuve sans votre aide.
Acca échangea un regard doux avec Ludivine, qui le lui rendit sans hésitation.
— Où est Scorp ? demanda Ludivine.
Acca releva la tête, montrant d'un mouvement de menton quelque chose derrière Ludivine, qui se retourna sans attendre. Elle vit Scorpius marcher d'un pas rapide vers elle, et un sourire enchanté s'installa sur ses lèvres.
Scorpius ouvrit ses bras alors qu'il ne se tenait plus qu'à quelques centimètres, et Ludivine fonça dans ses bras sans aucune hésitation. La force que Scorpius mit dans leur câlin détendit Ludivine, c'était comme si les choses ne pouvaient qu'aller mieux maintenant.
— Tout va bien ? demanda Scorpius d'un ton bas sans la lâcher.
— C'est le cas maintenant que je t'ai vu sourire, rigola Ludivine.
Scorpius éclata d'un rire fin, s'éloignant de la sorcière pour passer une main dans ses cheveux blonds. Lorsqu'elle releva la tête, Ludivine remarqua qu'encore plus d'équipes étaient revenues. C'était le cas de Liz, qui regardait autour d'elle, murmurant quelque chose à Rose qui essuyait du sang qui coulait sur sa main, avant d'accourir d'un pas rapide vers Ludivine lorsqu'elle la vit.
Liz attrapa les mains de Ludivine, portant un regard insistant sur chaque trait du visage de son amie. Constatant que Ludivine n'avait pas de blessure visible, Liz se tourna vers Acca, s'agenouillant à côté d'elle avec inquiétude.
— Tout va bien, Lizzie, rigola Acca, arrête de t'inquiéter !
— Des participants ont tenté de voler l'une de nos flammes, informa Liz avec irritation tout en se relevant pour s'approcher de Ludivine, et j'ai cru comprendre que nous n'étions pas les seules.
— Que s'est-il passé ? s'enquit Acca qui se leva aussitôt de sa chaise pour s'assurer, à son tour, que son amie n'était pas blessée.
— Je vais bien, sourit Liz, Rose et moi avons réussi à nous enfuir après que Fred Weasley a démontré ses talents de batteur en balançant un fruit qu'il avait rigidifié à l'aide d'un sort sur la tête d'un des sorciers.
Acca éclata de rire tandis que Ludivine échangeait un regard amusé avec Scorpius. Ils devaient reconnaître que les Gryffondors savaient faire preuve d'imagination et de débrouillardise pour éviter d'utiliser la magie directement. Ludivine fut aussitôt happée par la discussion alors que Acca commençait à raconter leur propre embuscade et la façon dont James et Ludivine les avaient aidés à s'enfuir.
Un bon quart d'heure passa avant que les dernières équipes ne reviennent, ramenées une fois le temps imparti écoulé. Finalement, tous les participants réapparurent, certains en meilleur état que d'autres, mais plusieurs médicomages prenaient déjà soin des plus grands blessés.
— Jeunes gens, s'exclama soudain une voix que Ludivine identifia comme celle de l'auror Robards, nous constatons que les équipes sont maintenant toutes de retour et allons donc bientôt annoncer le classement de cette épreuve.
Ludivine se mit aussitôt à chercher James du regard, qu'elle trouva un peu plus loin. Il rigolait à gorge déployée avec Fred Weasley et William Milton qui semblaient en plein récit palpitant, mais il détourna toutefois son attention d'eux quand il sentit le regard de Ludivine sur lui.
James fit un signe de tête à la sorcière, l'incitant à le rejoindre, ce que Ludivine fit après s'être excusée auprès de ses amis. Elle ignora l'expression amusée de Liz et Acca, ainsi que le regard méfiant de Scorpius, préférant se concentrer sur le sourire en coin de James quand elle se tint à quelques pas de lui.
— J'ai bien peur que nous n'ayons pas été si bons, déplora Ludivine avec prudence.
— Je suppose que nos choix en valaient le coup, répondit James avec un sourire prévenant.
— Je promets de ne pas laisser mes états d'âmes prendre le pas sur notre objectif durant la deuxième épreuve, dit Ludivine dans un petit rire.
— Quel dommage, marmonna James avec humeur, je commençais pourtant à apprécier la sorcière attentionnée que j'ai découverte.
Ludivine ne répondit pas, consciente qu'elle rougissait à vue d'œil devant la plaisanterie du sorcier. Ce dernier arborait maintenant un air narquois, souhaitant rajouter autre chose. Il fut cependant interrompu par l'auror Robards qui fit apparaître un immense panneau sur lequel étaient affichées les 46 équipes. Ludivine repéra rapidement son nom et celui de James.
— Jeunes gens, reprit-il, comme nous l'avons expliqué en début d'épreuve, l'objectif était de revenir avec trois flammes. Chacune de ces flammes représente 50 points comptabilisés pour le classement.
A cet instant, des chiffres défilèrent à côté de chaque équipe. Au fil des secondes, les chiffres finirent par s'arrêter au nombre 150, comme 38 autres équipes.
— Vous êtes nombreux à avoir obtenu les trois flammes, constata l'auror Robards avec un sourire. Ensuite, un classement a été effectué sur le temps d'arrivée de chaque équipe, indépendamment du nombre de flammes récupérées. Pour chaque temps inférieur au suivant, 10 points ont été attribués.
Ludivine regarda de nouveau les chiffres défiler, retenant son souffle tandis que le classement se redéfinissait au fur et à mesure. Étant arrivés parmi les quinze premiers, c'était plus de 250 points qu'ils gagnaient. Mais ce n'était pas suffisant. Lorsque le nombre à côté de leurs noms s'afficha, Ludivine sentit un pincement au cœur tandis que James posait une main sur son épaule. Autour d'eux, des exclamations de joie commençaient à se manifester.
— Douzièmes avec 430 points, constata James placidement.
— On ne…
— Félicitations à toutes les équipes ! s'exclama l'auror Robards. Nous ne nous arrêtons bien évidemment pas maintenant, car nous avions établi des règles au début de l'épreuve, qui n'ont pas été respectées par toutes les équipes. Nous déduisons donc 20 points pour chaque transgression des règles par équipe.
Ludivine vit certaines équipes perdre des points, 20 points pour certaines, 40 pour d'autres, redéfinissant le classement. A côté des noms de Rowle et Travers furent retirés seulement 20 points, et Ludivine grinça des dents en constatant qu'une seule infraction avait été relevée alors qu'ils en avaient commises bien d'autres.
Des discussions qu'elle entendit autour d'elle, Ludivine en déduisait que la déduction de points pouvait concerner autant une attaque inexpliquée envers une créature de la forêt qu'un manque de respect de la forêt en elle-même. Mais Ludivine et James n'écoutaient pas réellement. Tout ce qu'ils voyaient, c'était le reclassement qui retirait deux des équipes devant eux pour les faire remonter, eux, dans les dix premiers avec toujours leurs 430 points.
— Dixièmes, réagit Ludivine d'une voix enrouée, on n'était pas si loin.
— Le classement commence à se dessiner et prendre sa forme finale, sourit l'auror Robards avec engouement, mais il reste encore quelques points à distribuer qui devraient marquer une différence. Certains d'entre vous ont obtenu une flamme argentée. Cette flamme s'est présentée à ceux qui avaient fait preuve d'une intelligence particulière durant cette épreuve. Pour ceux qui l'ont récupérée, elle représente 100 points.
De nouveau, les chiffres défilèrent mais uniquement à côté de six équipes, dont celle de Liz et Rose Weasley qui passait de la 17ème à la 7ème place. Ludivine ne put retenir un sourire de fierté, même si cela signifiait qu'elle passait maintenant à la onzième place.
— Et enfin, reprit l'auror Robards, certains d'entre vous ont obtenu une flamme dorée. Cette flamme s'est présentée à ceux qui avaient fait preuve d'une force magique particulière durant cette épreuve.
Un silence s'installa tandis que l'auror Robards souriait avec malice. Ludivine et James, conscients qu'ils avaient eux-mêmes obtenu une flamme dorée, échangèrent un regard rempli d'un espoir dont ils auraient pu avoir presque honte.
— Cette flamme, conclut l'auror, représente 150 points.
A l'instar de deux autres équipes, les chiffres se mirent à défiler à côté des noms de James et Ludivine. Le 430 franchit en quelques secondes la barre des 500 jusqu'à atteindre 580. James et Ludivine venaient de passer devant l'équipe de Lucas Zabini et Ethan Nott qui avaient effectué l'un des meilleurs temps et avaient obtenu une flamme argentée. Ils leur étaient passés devant, de dix points.
— Et bien, je crois que nous avons notre classement, s'exclama l'auror Robards, félicitations à tous !
Des applaudissements retentirent dans tout le parc, mais Ludivine ne les entendait pas. Les yeux rivés sur le panneau, elle continuait de regarder le chiffre 1 qui se tenait à côté de leurs noms, à James et elle. Ils étaient premiers.
À cette réalisation, un rire nerveux et incontrôlable franchit les lèvres de Ludivine. C'était un rire rempli de fierté, rempli de joie. Un rire de satisfaction et de réalisation. L'ascenseur émotionnel redescendait, tout comme la pression, et son rire était radieux.
Avant qu'elle ne le comprenne, des bras vinrent entourer ses épaules, et Ludivine n'eut aucune difficulté à reconnaître la carrure de James. Ce dernier rigolait avec euphorie, accompagné par Fred et William, et Ludivine s'autorisa à accompagner cet enthousiasme en répondant au câlin du sorcier. Alors elle posa sa tête dans le creux de l'épaule de James et passa ses bras autour de son torse.
James resserra une dernière fois sa prise avant de la lâcher, portant sur elle un regard particulier, dans lequel Ludivine décela presque de la tendresse. Scorpius, Acca et Liz s'étaient approchés d'eux et discutaient avec Fred et William dans une euphorie qui allégeait les cœurs, mais aucun de leurs amis ne vint interrompre leur échange.
— C'était agréable de relever ce défi avec toi, lui dit James avec une assurance qui toucha Ludivine.
— On a fait preuve d'une fluidité dont je ne nous aurais pas crus capables, reconnut-elle avec douceur.
— Moi, je n'en avais aucun doute, affirma James.
Ludivine porta un regard surpris vers James, même si elle ne pouvait pas retenir le sourire amusé qui s'installait sur ses lèvres. L'assurance du Gryffondor touchait Ludivine, mais elle n'était pas naïve. Ils n'étaient pas faits pour s'entendre et rien ne garantissait au départ que ça n'aurait été le cas.
— Peut-être un léger doute en découvrant ton caractère d'Hippogriffe, rigola finalement James après quelques secondes de silence, mais très léger.
Ludivine éclata d'un rire chantonnant. Elle sentait une telle allégresse la parcourir qu'elle pourrait ne jamais s'arrêter de rire. James et elle étaient arrivés premiers à la première épreuve. Et aussi étrange que cela pouvait paraître, aucune de leurs décisions ne s'était faite dans la contrainte pour l'un, ou le désaccord pour l'autre. Ils s'étaient soutenus et avaient avancé ensemble.
James et Ludivine échangèrent un regard complice, avant que leur moment ne soit interrompu par leurs amis. Liz et Acca s'étaient approchées de Ludivine, la félicitant avec enthousiasme avant de la prendre chacune dans leurs bras. Fred et William firent de même avec une tape dans l'épaule de James, s'exclamant avec force qu'ils n'avaient jamais douté de lui. Scorpius se joignit au mouvement général, prenant une nouvelle fois Ludivine dans ses bras en chuchotant des félicitations.
— Je n'avais aucun doute, lui murmura-t-il dans l'oreille, et ça me rend encore plus fier de toi.
Ludivine le remercia avec émotion alors qu'il la relâchait. Scorpius lui fit un sourire, passant une main dans les cheveux de Ludivine pour les ébouriffer. Ce geste, si naturel pour Scorpius et marque de son affection pour elle, toucha d'autant plus Ludivine.
— Et si on allait annoncer la nouvelle à Al et fêter ça avec lui ? proposa Scorpius.
Le sourire de Ludivine se renforça en pensant à Albus. Il allait être si fier d'elle !
Elle hocha la tête, faisant un signe à Liz et Acca de venir avec eux avant de saluer les trois Gryffondor d'un geste de la main. Ils se mirent en marche, et Ludivine commença à écouter ce qu'il s'était passé pour Scorpius et Acca une fois qu'ils avaient attrapé la flamme qui leur avait permis de s'éloigner de Rowle et son coéquipier.
— Hendell !
Ludivine s'arrêta dans son mouvement tandis que Scorpius, Acca et Liz continuaient d'avancer sans elle, se tournant vers James qui avait abandonné Fred et William pour se diriger vers elle. Il arborait un sourire narquois, et la sorcière se demanda ce qu'il avait en tête.
— Je t'écoute, Potter.
— Tu te souviens, demanda James avec une légère hésitation, t'avoir dit que je n'aurais pas la prétention d'affirmer te connaître suffisamment ?
Ludivine hocha la tête, interrogeant le sorcier du regard. James sourit de nouveau, jetant un regard circulaire autour de lui avant de s'approcher dangereusement de Ludivine. Il ne se tenait plus qu'à quelques centimètres d'elle, et Ludivine sentit aussitôt ses joues chauffer quand le souffle chaud de James se posa sur sa peau.
— Je retire ce que j'ai dit, lui murmura-t-il sur le ton de la confidence, maintenant que je t'ai vue passer par toutes les émotions imaginables.
— Qu'est-ce que ça veut dire, Potter ? demanda Ludivine dans un froncement de sourcils car elle ne comprenait pas où le sorcier voulait en venir.
— Je savais bien que tu cachais de la sensibilité derrière cet air indifférent, souriait James avec assurance. Durant cette épreuve, je t'ai vue t'inquiéter pour une créature qui pouvait te vouloir du mal, avoir peur de ce que tu ne contrôlais pas, t'énerver parce que l'on touchait à ceux que tu aimes, être frustrée d'être impuissante devant la douleur de quelqu'un, énuméra-t-il, et je pense maintenant pouvoir dire que je te connais.
— On ne connaît jamais vraiment les gens, Potter, argua Ludivine qui sentait une boule se former dans son estomac à l'idée que le sorcier puisse penser qu'elle était sensible.
— Mais chacun révèle sa vraie nature devant un symbole de magie aussi pure qu'une licorne.
Ludivine garda le silence. Elle pensa au mouvement de recul que la créature avait eu devant James, à la démonstration de refus dont elle avait fait preuve devant l'ambition et l'objectif du sorcier. Elle pensa à sa propre ambition, à son envie d'un jour maîtriser suffisamment la magie de soin pour ne plus jamais revivre ce sentiment d'impuissance qui l'avait parcourue face aux blessures de sa mère. Rien que pour ces motivations si profondes qui lui étaient inconnues, Ludivine considérait que James Potter ne pouvait pas prétendre la connaître.
Elle réalisait cependant qu'elle était également loin de connaître le Gryffondor, qui avait fait preuve d'une ambition dont elle n'avait pas douté, mais qu'elle n'avait certainement pas correctement mesurée. Un niveau de détermination qui avait fait reculer ce symbole de magie si pure.
Au regard qu'il posait sur elle, Ludivine comprit que James se disait la même chose.
— Ta vraie nature est ambitieuse, constata Ludivine placidement.
— Je ne te l'ai jamais caché, affirma James d'un air que Ludivine trouva presque provocateur.
— En effet, se contenta-t-elle de répondre, la mine pincée.
— Mais, reprit James, je suis content de constater que c'est moins ton cas que je ne le pensais.
— Comment ça ? demanda Ludivine dans un froncement de sourcils.
— On l'a vu durant cette épreuve, lui expliqua James avec malice, la magie et la détermination ne font pas tout. Il faut savoir rester humain. Et toi, tu apportes cette humanité dans notre binôme.
Ludivine ne répondit pas, mais garda une mine pincée qui renforça le sourire de James.
Elle ne savait pas comment interpréter les propos du sorcier. Elle n'estimait pas qu'il associait sa sensibilité à de la faiblesse, mais Ludivine n'aimait pas l'idée qu'on la pense sensible. Elle aimait l'image qu'elle se faisait d'elle-même, d'une sorcière froide et distante. C'était le rempart qu'elle avait toujours réussi à construire, et l'idée qu'on parvienne à voir au-delà l'angoissait tout particulièrement.
— Ne te torture pas trop l'esprit, Hendell, dit James en rigolant avec amusement, et apprends à reconnaître de l'affection quand on t'en montre, ça t'économiserait de l'énergie.
Sur ces paroles, James fit un geste qui ne lui ressemblait absolument pas. Il approcha sa main du visage de Ludivine, lui ébouriffant les cheveux comme Scorpius avait l'habitude de le faire avant de replacer délicatement une mèche derrière l'oreille de Ludivine.
Puis James lui fit un dernier sourire avant de se tourner vers Fred et William, à qui il indiqua d'un regard qu'il retournait au château, les deux sorciers sur ses pas.
Quant à Ludivine, elle resta abasourdie avant de reprendre ses esprits. Elle se tritura les méninges quelques secondes, avant de secouer sa tête comme si elle souhaitait retirer les propos du sorcier de sa tête. Autour d'elle, le parc s'était déjà beaucoup vidé, et Ludivine suivit le mouvement général alors qu'elle reprenait sa marche en direction du château retrouver ses meilleurs amis. Elle était bien décidée à ne pas laisser son partenaire semer le doute dans son esprit.
Et voilà !
Qu'avez-vous pensé de cette première épreuve ? L'avez-vous trouvée intéressante, avec les flammes, le système de points ? Le binôme James et Ludivine vous plaît-il ? Je suis preneuse de vos retours :)
Prochain chapitre : Ludivine et son entourage apprennent à vivre entre deux épreuves ! Publication dans moins de dix jours. D'ici là, prenez soin de vous.
