Bonjour à tous!
Voici le chapitre suivant! Bon profitez-en car après le choses vont se corser lol
Aussi, je m'excuse car je suis débordée en ce moment :( presque plus le temps d'écrire et c'est juste horrible!
Je répondrais à vos reviews dans le prochain chapitre ;)
Merci à vous d'être toujours présent et de continuer à me lire!
Bonne lecture!
Chapitre 5 – Petits moment mais grand bonheur.
« Tu n'as pas le temps ! dit la vie. Je le prends, dit l'Homme ».
PDV Jace
Le restaurant était plein à craquer en ce vendredi soir et les commandes affluaient dans tous les sens. Soupirant de fatigue, j'essayais tant bien que mal de suivre le rythme.
— Ça va mon pote ? me demanda Simon un plateau rempli de cocktails à la main.
— Ouais mais c'est la folie ce soir ! m'exclamai-je en regardant d'un mauvais œil mon carnet des commandes.
— C'est clair, je n'en peux plus.
— Il reste combien de temps avant la fermeture ? le questionnai-je.
— Deux bonnes heures, me répondit-il en soupirant.
— Au moins on aura notre week-end de libre, lui dis-je en pensant aux nombres de fermetures qu'on avait dû prendre entre ce soir et la semaine prochaine pour compenser notre absence.
Il hocha la tête puis partit servir les cocktails. L'heure de fin de service arriva enfin, Simon et moi saluâmes nos collègues puis rentrâmes chez nous totalement épuisés après une journée de cours prolongée d'une longue soirée au restaurant.
— Tu penses qu'on tiendra l'année ? me demanda Simon en s'affalant sur le canapé.
— Je ne sais pas mais il faudra s'accrocher car si on s'en va je pense que Jazz l'avalera difficilement, lui répondis-je en baillant.
Jazz était notre employeur. Un mec cool mais très exigeant. Lors de notre première rencontre, Simon et moi avions été assez impressionnés par lui. À tout juste 28 ans, il était propriétaire d'un restaurant ainsi que d'un bar-karaoké. Jazz avait été très pointilleux lors de notre recrutement, s'assurant de notre motivation pour le poste. Il nous avait expliqué qu'il voyait très souvent des étudiants comme nous qui souhaitaient se trouver un boulot à coté de leurs études mais qu'au bout de trois mois, ces derniers abandonnaient car ils réalisaient que jongler entre les deux était trop compliqué à gérer. Bien sûr, il comprenait les difficultés que nous autres étudiants pouvions rencontrer mais avait insisté sur le fait qu'il devait aussi penser à ne pas pénaliser son équipe en leur faisant subir un turn over trop important. Une façon assez claire de nous faire comprendre que s'il nous embauchait, il s'attendait à ce qu'on s'investisse au moins pendant une année entière.
— C'est vrai, admit Simon l'air pensif.
— Je vais me doucher puis me coucher, je n'en peux plus. Bonne nuit mon pote, lui dis-je en me levant.
— Bonne nuit, me répondit-il en gagnant sa chambre son tour.
Le lendemain, c'est reposés et impatients que Simon et moi nous mîmes en route pour la gare afin de récupérer Izzy et Clary. Mon cœur bondit littéralement de joie en voyant ma merveilleuse petite-amie aux cheveux de feu descendre du train.
— Bébé ! s'exclama Izzy en se jetant dans les bras de Simon.
— Tu m'as trop manqué ! s'extasia-t-il en l'étreignant comme si sa vie en dépendait.
Je levai les yeux au ciel devant tant de profusion...
— Bonjour Ma Princesse, saluai-je Clary en l'embrassant chastement sur les lèvres.
Je lui débarrassai de son sac de voyage puis enlaçai mes doigts aux siens. J'étais heureux de la retrouver et de sentir le contact de sa peau sur la mienne.
— Bonjour Mon Prince, me répondit-elle d'un ton espiègle. Elle me fit un grand sourire suivi d'un clin d'œil qui me fit directement penser à son frère.
— Prince ? Franchement Clary, ce rustre des temps anciens ? s'exclama Simon à nos côtés.
Ma réaction ne se fut pas attendre, je lui balançai un petit– néanmoins appuyé – coup de coude dans les côtes.
— Aïe ! Mais ça ne va pas ! Tu vois bien que tu es un rustre espèce de Neandertal ! mapostropha-t-il en se massant les côtes.
Clary et Izzy pouffèrent de rire.
— Alala toi aussi tu m'as manqué grand frère ! me dit Izzy en venant me faire un énorme câlin.
Clary et Simon se serrèrent dans les bras à leur tour. Ça faisait du bien d'être avec les filles même si ce n'était que pour un week-end. J'avais l'impression que notre bande se reconstituait un peu. Les autres nous manquaient énormément, on attendait tous avec impatience les vacances d'hiver afin de nous retrouver mais en attendant Simon et moi allions pouvoir profiter au maximum de ces deux jours afin de rattraper un peu le temps perdu avec nos petites-amies.
PDV Alec
Assis dans la salle d'attente, nous attendions patiemment notre tour pour la visite médicale d'Aria. Entre pleures, babillements et cris de parents excédés, il était clair que cette partie de l'hôpital n'était pas la plus reposante.
— C'est toujours comme ça ? questionnai-je mon fiancé en chuchotant.
Il rigola en comprenant à quoi je faisais allusion.
— Hmm, la dernière fois que je suis venu c'était plus calme. Probablement parce que c'était un jour de semaine mais là nous sommes samedi, dit-il en haussant les épaules.
J'hochai la tête distraitement en analysant les personnes présentes autour de nous. Nous étions les plus jeunes et probablement le seul couple gay également. Personne ne semblait s'en formaliser, pas de regards insistants, ni de chuchotements. Peut-être pensaient-ils que Mag's et moi n'étions que des amis pensais-je en me demandant la seconde d'après pourquoi je me faisais ce type de réflexion sans intérêt. Après tout, ce n'était pas comme si j'en avais quelque chose à faire de leur opinion.
Notre tour arriva enfin, le Docteur Herondale nous accueillit avec un grand sourire.
— Alors comment va ma petite famille préférée ? nous demanda-t-elle une fois la porte de la salle de consultation refermée.
— Très bien ! répondîmes Mag's et moi en cœur.
Les yeux pétillants de malice, elle nous observa une minute avec un petit sourire au coin des lèvres.
— Je peux le voir, nous dit-elle en prenant Aria dans ses bras.
— Et voici ma petite patiente adorée ! Alors comment va-t-elle ? Des choses à me signaler ?
— Hormis des épisodes de fièvre, je dirais que ça va. Elle s'alimente bien, l'informa Mag's.
— Combien de température ?
— Elle nous a fait du 38.5 cette semaine.
— Pendant longtemps ?
- 38.5 pendant une heure puis toute la nuit à 38. Le lendemain aux alentours de 6h sa température était redevenue normale, expliqua Magnus avec une précision remarquable.
— Entendu, on va vérifier tout ça plus faire les contrôles habituels.
— Habituels ? C'est-à-dire ? demanda-je désireux d'en savoir plus.
— C'est-à-dire que nous allons faire le point sur ses acquisitions motrices, cognitives, psychologiques et sensorielles afin de nous assurer que son développement se passe correctement, m'expliqua patiemment le Dr Herondale.
J'hochai la tête. Je n'avais pas exactement tout compris mais ce n'était pas le moment de poser dix milles questions.
J'aurais mieux fait de demander à Magnus de m'expliquer tout ça avant qu'on ne vienne ici, pensais-je dépité.
Mon fiancé me jeta un petit regard amusé puis m'enlaça doucement avant de déposer un chaste baiser sur ma tempe.
— Je te ferai un cours de rattrapage à la maison, me chuchota-t-il à l'oreille.
Je ne savais pas trop pourquoi mais j'étais soudainement très impatient d'avoir ce fameux cours. Il me fit un clin d'œil puis partit aider le Dr Herondale à installer Aria sur la table de consultation. Vingt minutes plus tard, nous avions terminé. Le Docteur nous confirma qu'Aria se portait à merveille et grandissait correctement. Néanmoins, elle nous alerta sur le fait que nous n'étions pas à l'abris de nouvelles poussées de fièvre et qu'il nous faudra être très vigilant sur ce point. Le système immunitaire de notre princesse étant fragile dû à sa naissance prématurée, elle était facilement sujette aux infections.
— Je vous conseille de purifier au maximum l'air de sa chambre, il existe des appareils pour ça. Prenez ça, nous dit-elle en nous tendant une brochure. Vous pouvez en mettre également dans la pièce de vie principale de votre appartement.
Je pris le document et le parcourus rapidement...waouh ce n'était pas donné, pensais-je en regardant les tarifs des humidificateurs d'air. La santé d'Aria valait bien chaque centime après tout et bien plus.
— Merci beaucoup, on fera le nécessaire, lui répondit mon fiancé occupé à rhabiller notre fille.
— Je n'en doute pas, vous vous en sortez très bien tous les trois, nous félicita-t-elle avant de prendre congés.
La salle d'attente ne se désemplissait pas, je me demandais comment elle faisait pour assurer autant de rendez-vous à elle seule en plus de ses interventions au bloc.
— Mon Amour, ça te va si on passe saluer Victor avant de rentrer ? me demanda Mag's en appuyant sur le bouton d'appel de l'ascenseur.
— Très bonne idée, je serais heureux de le voir, lui répondis-je avec un grand sourire.
Je m'apprêtais à lui voler un baiser quand une voix m'interrompit dans le processus.
— Magnus !
On pivota tous les trois pour découvrir Olivia, la jeune infirmière qui s'était occupée d'Aria à sa naissance. Je la reconnus immédiatement. Avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, elle ressemblait à un ange, pourtant je ne me sentais pas très à l'aise en sa présence. J'avais eu ce même sentiment lors de notre première rencontre et visiblement 4 mois plus tard les choses ne s'étaient pas améliorées.
— Oh bonjour Olivia, te souviens-tu d'Alec ? lui demanda mon fiancé.
— Oui bien sûr, ravie de te revoir Alec, comment vas-tu ? me demanda-t-elle avec un sourire chaleureux.
— Euh bien...merci, répondis-je légèrement crispé.
Magnus me jeta furtivement un petit regard interrogatif en coin.
— La visite s'est bien passée ? s'enquit-elle en faisant des petites papouilles à Aria qui éclata de rire.
Je la regardais faire un brin agacé et un brin jaloux. Sans trop savoir pourquoi, il me brulait les lèvres de lui crier : Ote tes mains de notre fille ! Puis, comment était-elle informée du rendez-vous d'ailleurs ?
— Oui très bien, cette jolie princesse est en pleine forme. On s'apprêtait à rendre visite au Dr Aldertree, lui expliqua Magnus.
Franchement, était-il obligé de lui donner tous ces détails ?!
— Oh quelle merveilleuse idée, je suis sûre qu'il sera ravi de vous voir! Si ça te dit, je peux la garder pendant que vous y allez, j'ai 30 minutes devant moi, proposa-t-elle en ne quittant pas Magnus et Aria du regard. De toute évidence, moi j'étais transparent.
— Ce ne sera pas nécessaire, intervins-je sèchement.
Second regard interrogatif de mon fiancé suivi de l'air contrit d'Olivia qui daigna enfin me regarder. Il y eut comme un malaise pendant quelques secondes. Magnus finit par prendre la parole.
— C'est gentil Olivia mais on y va surtout afin que Victor puisse la rencontrer. Il a fait sa connaissance uniquement à travers les photos que ma mère lui a montré pour le moment.
— Oh, je comprends. Je souhaitais juste vous rendre service puis ça m'aurait fait plaisir de passer un peu de temps avec cette jolie demoiselle, dit-elle sans se départir de son grand sourire.
— Merci, peut-être une autre fois, lui répondit mon fiancé avec un sourire radieux qui m'agaça.
Bon je savais bien que c'était son sourire naturel, j'en étais moi-même dingue mais aujourd'hui j'aurais bien voulu que mon mec soit un peu moins séduisant car je voyais bien que miss blonde aux yeux bleus était loin d'y être indifférente.
— Entendu, je vous laisse y aller dans ce cas. À très bientôt, ajouta-t-elle à l'attention de Magnus avant de s'en aller.
On monta dans l'ascenseur avec quatre autres personnes arrivées entre temps. Mag's m'observait avec un petit air amusé sur le visage. Personnellement, j'étais officiellement de mauvaise humeur.
— Qu'il y a t'il de drôle ? lui demandai-je à voix basse mais d'un ton bourru.
— Toi. Qu'est-ce que c'était que ce numéro avec Olivia ? me questionna-t-il en haussant un sourcil.
— Rien du tout, lui répondis-je en lui prenant Aria des bras.
Il n'insista pas mais je savais bien que la discussion était loin d'être terminée.
Nous arrivâmes au bureau de Victor, frappâmes à la porte puis attendîmes patiemment qu'il vienne nous ouvrir.
— Hey mais quelle merveilleuse surprise ! Alec, Magnus et oh la magnifique Aria que je rencontre enfin ! Entrez les enfants, entrez ! nous invita-t-il chaleureusement.
Il avait l'air d'excellente humeur ce qui chassa assez rapidement ma morosité de tout à l'heure.
— On est ravi de te revoir Victor, lui dis-je tout sourire. J'espère qu'on ne te dérange pas, on était dans le coin.
— Pas du tout les enfants ! J'étais en train de remplir de la paperasse entre deux interventions.
— On tenait à te présenter officiellement Aria depuis le temps, expliqua Magnus.
— Je l'ai beaucoup vu en photo. Sarah ne tarit pas d'éloge sur sa petite-fille et je comprends pourquoi. Elle est adorable, dit-il en couvrant des yeux Aria qui commençait à somnoler dans les bras de Mag's qui l'avait récupérée entre temps. Alors comment se passe votre vie de jeunes pères étudiants?
— Mag's et moi échangeâmes un petit regard.
— Eh bien disons que nous avons su trouver notre équilibre et que nous faisons en sorte que tout fonctionne au mieux, répondis-je.
— J'imagine que ça ne doit pas être évident tous les jours surtout pour toi Magnus. Les études de médecine ne sont pas une mince affaire...comment t'en sors-tu ? lui demanda-t-il avec un franc intérêt.
Mon Fiancé soupira longuement.
— C'est vrai que c'est difficile, dire le contraire serait un mensonge. Pour être honnête, par moment je perds tellement pieds que j'ai l'impression que je ne vais jamais pouvoir atteindre mon but.
Magnus marqua soudainement une pause avant de reprendre d'une voix distraite.
— C'est comme être dans les profondeurs abyssales et de se demander si un jour on reverra la lumière du soleil, expliqua-t-il le regard perdu dans le vague.
Je lui pris la main afin de le ramener un peu parmi nous. Il pivota la tête vers moi et me fit le plus adorable des sourires.
— Mais malgré tout, je me sens très chanceux. Alec m'aide énormément et Aria n'est pas difficile. Les avoir dans ma vie est ce qui m'aide à tenir au quotidien, ma détermination et mon courage je les puise en eux conclût-il les yeux toujours raccrochés aux miens.
La confession de Magnus me toucha. Evidemment, je savais que jongler entre ses études et son rôle de père étaient difficiles mais jamais il ne l'avait formulé aussi clairement. Magnus ne se plaignait jamais de rien, il était du genre à encaisser et c'est tout alors l'entendre exprimer son mal-être en utilisant, qui plus est, une phrase aussi imaginée, me faisait vraiment quelque chose. Sur le coup, je ne pus m'empêcher de repenser à l'enfer que je lui avais fait vivre en quittant l'appartement pour me concentrer sur ma petite personne. C'est une chose que jusqu'à aujourd'hui j'avais du mal à me pardonner et ce, en dépit de tous ses efforts pour me déculpabiliser.
— Je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir. Magnus, je suis vraiment admiratif du chemin que tu es entrain de parcourir. Je suis admiratif de ton courage et de ta dévotion. Tu peux être fer de toi, vous pouvez l'être tous les deux. Alec, tout cet amour que tu as pour Magnus et qui se lit si intensément dans tes yeux est une leçon d'humilité pour nous tous. Vous me rendez vraiment heureux et quand je vous vois, j'ai foi en l'avenir. Surtout n'hésitez pas si vous avez besoin de quoique ce soit, je suis là pour vous les garçons.
— Merci Victor, merci pour tout, le remerciai-je profondément ému.
Ça réchauffait le cœur de nous savoir si entouré d'amour et de bienveillance. On avait trouvé une seconde famille à l'hôpital entre le Dr Herondale, Victor et le personnel de la garderie. Tous sans exception nous soutenaient énormément et rendait notre voyage dans le monde des adultes moins effrayant.
PDV Magnus
— Victor me semble plus heureux qu'avant, dit Alec d'un air pensif tandis que nous étions en route pour chez nous.
À peine avions nous quitté l'hôpital qu'Aria s'était endormie. En sécurité dans son siège auto, je la surveillais de temps à autre par le biais du rétroviseur centrale.
— Hmmm, pas faux. Maman m'a dit qu'il voyait quelqu'un en ce moment.
— Oh vraiment ? s'exclama Alec surpris.
— Ouais ! lui répondis-je en lui faisant un clin d'œil.
— Il mérite vraiment de trouver l'amour après tout ce qu'il a vécu.
— C'est vrai, bien que dans son cas le principal problème n'était pas de rencontrer quelqu'un en soit...
— Tu penses à ses parents.
— Oui...fis-je tristement.
Je me souvenais encore de la fois où il nous avait raconté son histoire à Alec et à moi. Ce jour-là, ce qui m'avait le plus marqué avait été la tristesse et la souffrance dans son regard. Déjà à l'époque, je ne comprenais pas que des parents puissent renier leurs enfants par rapport à leur orientation sexuelle, aujourd'hui que j'étais moi-même devenu père, je comprenais encore moins. Bien sûr faisant moi-même partit de la communauté LGBTQ, on pourrait penser que mon avis sur la question n'avait rien d'objectif cependant je n'étais pas d'accord. Quand je regardais ma fille, j'étais convaincu que même si j'avais été hétéro, jamais je ne l'aurais abandonnée à cause de ça. Aujourd'hui comme demain, elle était toute ma vie et seul son bonheur et son bien-être comptaient à mes yeux. C'est ainsi que tous les parents devraient penser...
On arriva à l'appartement. Je mis Aria au lit puis sans perdre de temps, me mis en quête d'un humidificateur d'air à commander. Une fois l'achat effectué, j'enchainai avec mes révisions. Alec s'était également mis à la tâche dès notre arrivée. L'ambiance n'était pas tendue mais on sentait bien que les examens approchaient à grand pas, on était chacun totalement concentré. Deux heures plus tard mon fiancé refermait son ordinateur en baillant, jetant un œil à l'horloge de la cuisine je vis qu'il était presque 16h.
— Tu as terminé Mon Ange ? lui demandai-je en m'étirant. J'avais des raideurs dans la nuque et dans le dos après être resté aussi longtemps les yeux rivés sur mon ordinateur.
Il soupira.
— Non mais pour aujourd'hui ça ira, je n'en peux plus. Puis Aria ne devrait pas tarder à se réveiller, je vais lui préparer son biberon.
— Merci Mon Amour, lui dis-je reconnaissant.
— Bébé, tu n'as pas besoin de me remercier tu sais, me dit-il en se levant et en venant déposer un baiser sur mon front. Continue tes révisions, je compte sur toi pour cartonner et leur montrer à tous que tu es le meilleur et ceci sans même avoir eu besoin de tutorat !
— Merci Mon Ange, je t'aime, lui répondis-je avant de me remettre au boulot.
Comme deviné, notre fille se réveilla peu de temps après. Alec partit s'enfermer avec elle dans sa chambre afin de me laisser plus de tranquillité pour travailler. Il était vraiment merveilleux et surtout il prenait de plus en plus d'initiative la concernant, je pouvais aisément dire que ces derniers jours il s'occupait beaucoup plus d'elle que moi et ça ne m'ennuyait pas du tout, bien au contraire. J'étais heureux qu'il puisse passer du temps avec Aria et continuer à créer des liens avec elle. Une heure plus tard, je me décidai à faire une pause. Je me sentais épuisé et commençais à avoir un léger mal de tête.
— La quarantaine est levée, plaisantai-je tandis que je franchissais le seuil de la chambre d'Aria.
Installé dans le rocking-chair, notre fille sur les genoux, Alec était en plein récit. J'éclatais de rire en voyant qu'il tenait dans la main Inside The Beattle. Un livre unique, que tous les amateurs de rock, et bien sûr des Beatles, se devaient de posséder.
— Eh dire que Jace pensait que je serais le premier à essayer de convertir Aria !
Alec me regarda avec un petit sourire gêné.
— Euh, c'est vrai que j'aurais peut-être dû te laisser l'honneur de l'initier, après tout c'est toi...
— Après-tout quoi ? l'arrêtai-je comprenant où il voulait en venir. Toi ou moi c'est du pareil au même Mon Amour.
Aria, son pouce toujours dans sa bouche, semblait pour le coup, réellement intéressée par les photos du livre. Ses yeux ne les quittaient pas. Alec me fit un nouveau sourire, qui signifiait plus merci cette fois. Je compris que même s'il avait fait de gros progrès ces derniers temps, je ne devais pas pour autant relâcher ma vigilance.
— Tu veux que je prépare le diner ? Ça te permettra de passer un peu de temps avec elle, me proposa-t-il.
— Hmmm, j'ai une meilleure idée. Nous allons commander pour ce soir ainsi on pourra passer du temps tous les trois, lui dis-je en me joignant à eux.
Les photos du livre étaient vraiment exceptionnelles. Je les connaissais par cœur pourtant elles me touchaient toujours autant. Des centaines de photos inédites et méconnues étaient regroupées dans ce livre- coffret avec une superbe qualité d'impression et des textes concis qui expliquaient chacune d'elle. Nostalgique d'une époque où je n'étais même pas encore né, je rejoignis mon clavier que j'avais fini par installer dans la chambre de ma fille pour la bercer de musique les soirs où elle était trop agitée et qu'une simple histoire ne lui suffisait pas. Quelques minutes plus tard, les premiers accords de Let it be raisonnèrent à travers la pièce. Alec un sourire aux lèvres, soupira d'aise en laissant la mélodie l'enivrer. Nos vies étaient peut-être différentes mais nous restions les mêmes. La musique avait toujours une place fondamentale pour nous, elle était synonyme d'apaisement, de joie et de bonheur. De sa douce voix, mon adorable fiancé commença à chanter :
"When I find myself in times of trouble
Mother Mary comes to me
Speaking words of wisdom, let it be.
And in my hour of darkness
She is standing right in front of me
Speaking words of wisdom, let it be.
Let it be, let it be.
Let it be, let it be.
Whisper words of wisdom, let it be"
Complices et heureux, on s'échangea un regard rempli d'amour. Cet instant inattendu et magique avait comme été volé au temps. Ce temps qui passait à toute vitesse, ce temps qui nous épuisait Alec et moi. À cet instant, bercé par les notes de mon piano et la douce voix de l'amour de ma vie, le temps s'était comme arrêté pour lui, Aria et moi nous permettant enfin de respirer.
Fin du chapitre !
