Bonjour! Voici de quoi vous divertir en cette période de confinement :( j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira! Bon courage à tous!

Nagron : En effet, tout n'est pas rose au sein de notre petit couple et il y a encore des tensions à venir ;)

Shaniice :MDR! En effet Olivia n'est pas très fut' fut' mais bon, on ne peut pas lui en vouloir de tenter l'impossible. Ah ah tu es très perspicace concernant la peluche ;)

Chelestra : Coucou toi et bienvenue parmi mes fidèles lecteurs et lectrices! Je suis ravie que tu aies apprécié la première fiction et que tu souhaitais même la relire! Waouh, ca me fait vraiment plaisir ;) Merci à toi.

Merci à tous de votre soutien!

Chapitre 8 - La famille

« On a tous un côté obscur qui ressort quand il s'agit de protéger ceux qu'on aime »

PDV Camille

Installée devant mon écran de télévision, je contemplais depuis bientôt une heure la plus belle des fillettes. Elle ressemblait à un ange tombé du ciel, une princesse endormie, une véritable bénédiction des dieux. Ma création, ma vie, la meilleure partie de moi-même, je le réalisais maintenant. Son petit pouce dans sa bouche m'attendrissait et me faisait sourire, je ne savais pas qu'elle avait pris cette habitude...comme moi quand j'étais enfant.

Pour être honnête, je n'en revenais toujours pas que mon plan avait fonctionné aussi facilement ! Magnus et Alec n'étaient décidément pas très prudents. Tout avait été préparé avec soin, un micro accompagné d'une caméra avaient été glissés dans la peluche que j'avais fait livrer devant chez eux en début d'après-midi et pour ne pas élever les soupçons, j'en avais aussi fait livrer à leurs voisins. Maligne hein ? Oui, je l'étais. Après tout, nous étions en période de fêtes, ce geste pouvait donc facilement être interprété comme une gentille attention provenant de quelqu'un de l'immeuble. Comme je l'avais espéré, la peluche avait été placée dans la chambre d'Aria ce qui me permettait dorénavant de la voir tous les jours et d'entendre aussi ce qui se disait au sein de cette pièce, où je suis sûre, passaient énormément de temps Alec et Magnus.

Jubilant d'impatience, je partie me préparer du pop-corn afin de m'installer de nouveau devant ma nouvelle série préférée. Cette fois, le train était bien en marche et comme toujours j'avais une longueur d'avance.

PDV Alec

Agacé, j'entrai dans la chambre d'Aria à la recherche d'un peu de réconfort. Elle dormait profondément avec son pouce toujours dans sa bouche. Je m'installai dans le rock in chair faisant face à son berceau et me mis à la contempler avec nostalgie.

— Ton père m'agace vraiment tu sais, lui avouai-je comme si elle m'écoutait et pouvait me répondre. C'est vrai, qu'est-ce qu'il a à vouloir me protéger sans arrêt et me cacher des choses ? Ai-je l'air si fragile et sans défense ? poursuivis-je de plus en plus remonté.

Soupirant d'exaspération, je me levai, déposai un baiser sur ses doux cheveux puis partis prendre une douche afin de me détendre. Une fois sortie de la cabine, je fus tiraillé entre attendre le retour de Magnus ou aller me coucher. La raison l'emporta, demain j'avais encore un examen et c'était ça la priorité du moment. Je me glissai sous les couvertures que je fis remonter jusqu'au menton, après une bonne demie heure, je ne parvenais toujours pas à trouver le sommeil. J'étais agité et avais une sensation étrange...je me sentais comme incomplet. Je lui en voulais toujours mais son absence dans le lit me faisait un pincement au cœur. Il me manquait, on n'avait pas l'habitude de s'endormir l'un sans l'autre et pourtant j'allais devoir m'y habituer car bien plus tôt que je ne l'aurais souhaité, il passera la plus part de ses nuits à l'hôpital plutôt qu'à la maison. Distraitement, je me mis à caresser son oreiller que je finis par serrer dans mes bras afin d'en humer l'odeur. Le parfum de musc boisé qui s'en dégageait m'apaisa un peu. Je fermai les yeux en espérant de toutes mes forces que la visite impromptue de Rafael n'était pas un mauvais présage qui allait bouleverser nos vies à jamais.

PDV Magnus

Cinq jours s'étaient écoulés depuis le départ de Rafael et cinq jours que mon fiancé boudait. Il n'avait toujours pas digéré ma rétention d'information au sujet de Camille et la visite inopinée de mon ami n'avaient rien arrangée à la situation.

Rafael était convaincu que Camille était bien plus proche qu'on ne le pensait. Visiblement, elle était toujours en contact avec sa psychothérapeute le Dr Fray, c'était cette dernière qui lui avait mis la puce à l'oreille lors d'une conversation téléphonique hasardeuse. On ne pouvait pas le nier, Camile était très intelligente. Le Dr Fray était notre meilleure chance de la retrouver sauf qu'elle était tenue par le secret professionnel. Il était facile de comprendre pourquoi Camille avait maintenu le contact uniquement avec elle. La seule information que le Dr Fray avait lâchée, était que Camille la contactait deux à trois fois par semaines pour leur séance téléphonique. Rafael n'y croyait pas vraiment et moi non plus d'ailleurs. Camille était prudente, elle savait que contacter régulièrement le Dr Fray serait un risque de la retrouver et ceci, même si elle utilisait des téléphones prépayés. Elle savait aussi qu'on était à sa recherche et ne prendrait pas un risque aussi évident. Rafael pensait donc qu'en réalité ces fameuses séances avaient lieux en face en face ...tout ceci n'était qu'une intuition mais suite à cela, il avait décidé de rentrer en France afin de poursuivre ses investigations et surtout mettre le Dr Fray sur surveillance par deux de ses hommes. Entre temps, il avait dû repartir en Italie retrouver Valentin qui semblerait avait des informations urgentes à lui communiquer.

Je ne le savais pas mais la disparition de Camille avait créé un sacré merdier au sein de leur organisation mafieuse. Désormais elle était considérée comme un danger, danger pour leur couverture évidemment. La discrétion avait toujours été leur cheval de bataille, ils agissaient silencieusement et dans l'ombre mais Camille était tout le contraire. Elle était impulsive, incontrôlable, instable et ne pensait qu'à ses propres intérêts. Valentin avait eu le couteau sous la gorge cette fois. Après de nombreux avertissements, les dirigeants de l'organisation l'avaient menacé de s'en prendre directement à sa fille s'il ne parvenait pas à la garder sous son contrôle. Evidemment, il avait appelé Rafael à la rescousse connaissant ses sentiments et sa dévotion. Leurs meilleurs hommes avaient été mis sur l'affaire, ils avaient même un accès illimité aux caméras de surveillance des villes françaises et Italiennes grâce à leurs taupes présentent au sein de la police. Je trouvais ça franchement répugnant mais j'essayais autant que possible de mettre de côté mes préjugés car il ne fallait pas que je sois hypocrite, ça m'arrangeait bien qu'ils aient accès à autant de moyens pour la retrouver mais Camille était elle aussi issue de ce milieu. Elle connaissait leurs méthodes, elle savait comment se faire discrète et effacer ses traces ce qui rendait la traque difficile.

Sur le moment, quand Rafael m'avait appris toute cette histoire j'avais presque eu de la peine pour Valentin. Sa propre famille se retournait contre lui. Au final, dans leur monde de taré seule la survie et ses propres intérêts comptaient, il n'y avait pas vraiment d'unité et personne n'était à l'abris de se faire jeter comme un malpropre. Malgré les risques, Rafael ne perdait pas espoir de retrouver Camille, il était même confiant car il disait que si elle était bien de retour en France, c'était pour une seule et unique raison. Il n'avait pas eu besoin de préciser laquelle; Aria était cette raison. Cette angoisse qui ne me quittait pas n'était pas due à mon imagination, je l'avais ressentie comme un sixième sens ou comme une alarme, alarme qui retentissait intarissablement...

Il est vrai que cette pensée me glaça le sang mais il ne fallait pas que je réfléchisse avec mon limbique, non, il fallait que je garde mon sang froid. Je m'inquiétais pour ma fille mais Rafael avait aussi raison, si Camille était bien de retour pour elle, au final, Aria était la meilleure façon de faire sortir Camille de son trou et l'arrêter une bonne fois. L'idée de faire de ma fille un appât me révulsait mais comme toujours Raf' avait un plan et c'est prioritairement pour cette raison qu'il avait voulu s'entretenir avec moi d'urgence. Son plan était tordu je l'admets... très tordu mais aux grands mots les grands remèdes. Combien de temps encore allions nous devoir être sur nos gardes ? Continuer à vivre avec cette épée de Damoclès sur nos têtes ? Avec cette peur et cette crainte que nos vies ne soient bouleversées et détruites? Il était hors de question de continuer à craindre que Camille débarque un jour et m'enlève ma fille. Je ne le permettrais pas. Alors oui, en temps normal je n'y penserais même pas à son plan de dingue, d'ailleurs je n'avais pas encore accepté mais l'idée faisait progressivement son chemin et tant qu'Aria ne risquait rien, pourquoi ne pas tenter un gros coup de poker ? Alec lui, refusait catégoriquement. Il disait que j'avais perdu l'esprit et que Rafael m'influençait mais c'était faux, j'étais juste un père prêt à tout afin de protéger sa famille.

— Attention, tu vas rater la sortie, me prévins Mon fiancé alors que j'étais encore absorbé par mes pensées.

Nous étions en route pour retrouver nos familles et nos amis. J'étais impatient de les revoir tous mais surtout il me tardait de serrer ma petite sœur dans mes bras. Elle me manquait atrocement. La plupart du temps, j'essayais de ne pas trop y penser car c'était comme un déchirement au cœur ou une douleur chronique permanente. Savoir que dans moins d'une heure on sera enfin réuni de nouveau me procurait un apaisement et une joie incommensurable.

— Merci, répondis-je à Alec en enclenchant précipitamment le clignotant afin de quitter l'autoroute.

— Ouais...fit-il toujours bougon.

Je levai les yeux au ciel.

— Tu vas faire la tête encore longtemps ? lui demandai-je légèrement agacé.

— Je ne sais pas, qu'en dis-tu ? Tu devrais le savoir étant donné que tu aimes bien prendre les décisions pour tout le monde dans cette famille! rétorqua-t-il du tac o tac.

— Hey ! m'indignai-je. Tu exagères là! Quand t'ai-je privé de ton libre arbitre ? Quand ne t'ai-je pas consulté avant de prendre une décision ?

— En ne me disant rien pour Camille, tu l'as fait.

— C'était juste une fois ! m'énervai-je. Je ne t'ai jamais rien caché d'autre, je voulais seulement...

— Me protéger ! Oui je sais ! J'en ai marre d'entendre ça!

Je soupirai longuement tout en jetant un œil dans le rétroviseur central. Aria dormait à poing fermé et c'était tant mieux, elle n'avait pas besoin de voir et entendre ses pères se disputer au sujet de sa mère, pensais-je en réalisant l'ironie de la situation.

— Alexander, je ne vais pas t'inventer une excuse pour te faire plaisir. Ma seule motivation était de te préserver et tu sais quoi, si c'était à refaire je le referais car Aria et toi, êtes ce qui comptez le plus pour moi. Vous êtes toute ma vie et tu le sais. Camille t'a fait du mal une fois et j'ai bien cru en mourir alors crois-moi, cette expérience je refuse de la revivre, je refuse de la laisser s'en prendre à toi de nouveau, je refuse de la laisser essayer de te briser de nouveau, de NOUS briser. Oui, tu es un homme fort, je le sais. Tu peux encaisser, ça aussi je le sais mais si je peux éviter de te mettre en danger ou au-devant de problèmes que je peux moi-même régler, ben c'est comme ça Mon Amour, je n'hésiterai à le faire et non pas parce que je te considère comme une fleur fragile ou je ne sais quoi mais parce que je veux te garder à mes côtés aussi longtemps que possible. Je veux t'épouser, je veux que l'on voit notre fille grandir, je veux que l'on vieillisse ensemble, je veux pouvoir t'aimer jusqu'à mon dernier souffle tout simplement.

Alec soupira longuement à son tour. Mon discours avait fait mouche, je le savais à sa façon de me regarder à cet instant. Ses yeux ne brillaient de cette manière que pour moi, tout comme son cœur ne battait que pour moi. Je réalisais soudainement que ce qui nous privait de notre libre arbitre à tous les deux était notre amour. C'était lui qui provoquait nos réactions et guidait nos actions. Lui comme moi étions à la merci de ses sentiments explosifs que nous ressentions l'un pour l'autre, de cet amour ardent qui défiait la raison. Cet amour, je le ressentais aussi pour ma fille, j'étais prêt à tout pour elle. Marcher sur des charbons ardents, gravir l'Everest, neutraliser Camille...

Après une bonne minute de silence, Alec glissa timidement sa main dans la mienne puis entrelaça nos doigts.

— Bébé, je t'aime moi aussi...comme un fou. Et c'est pour cette raison que je suis angoissé. J'ai peur, j'ai pour toi, j'ai peur pour nous. Je ne sais pas ce que je deviendrais s'il devait t'arriver quoique ce soit.

— Il ne m'arrivera rien, répondis-je par automatisme ce qui eut le chic de l'énerver de nouveau.

— Tu ne peux pas dire ça ! Tu ne peux pas me le promettre ! Rafael vit dans un monde qui n'est pas le tiens! Tu ne penses pas comme eux, comme lui, comme Camille. Pourquoi devenons-nous nous emmêler ? Pourquoi impliquer Aria ? Ils peuvent retrouver Camille sans nous ! s'emporta-t-il en se passant vivement les deux mains dans ses cheveux désordonnés.

Il commençait à être à bout, je le sentais. Alec avait beau dire mais il gérait mal la pression ou encore les situations stressantes.

— C'est sa fille qu'on le veuille ou non, nous sommes déjà impliqués, lui répondis-je calmement. Je suis désolé mais on ne pourra rien y changer et on devrait s'estimer heureux que Valentin et sa bande de tarés ne veuillent pas eux aussi nous la prendre.

— Quoi ? Ils peuvent faire ça ?

— Je n'en sais rien, répondis-je en soupirant avant de poursuivre. Ils sont capables de tout alors on devrait en profiter que Rafael soit de notre cotés afin d'en finir une bonne fois.

— C'est incroyable à quel point tu lui fais confiance à ce type ! s'exclama-t-il en me jetant un regard dédaigneux. Puis on n'est même pas certain que Camille projette de faire quoique ce soit !

— Alec...fis-je avec lassitude.

— Bon j'en ai marre d'en parler. On est en boucle là-dessus depuis des jours, ça ne rime à rien. Aria est ta fille, je sais qu'au final tu prendras la décision qui te conviendra sans te soucier de mon avis.

Pardon ?!

Là, c'était la réflexion de trop. Coup d'œil dans le rétroviseur puis clignotant, je garai la Camaro sur la voie d'arrêt d'urgence aussi calmement que possible afin de ne pas réveiller Aria qui était toujours profondément endormie. Je détachai ma ceinture puis celle de mon fiancé et l'obligeai à descendre.

— Qu'est...qu'est-ce que tu fais ? me demanda-t-il prudemment.

Mon regard ombragé ne le quittait plus, j'étais persuadé qu'il envoyait des éclairs actuellement et qu'Alec en avait pleinement conscience.

— Répète un peu ce que tu viens de dire si tu l'oses, le défiai-je tout en le coinçant contre le capot de la voiture.

— Mag's...lachâ-t-il en posant ses mains sur mon torse afin de m'empêcher de plus avancer.

Ce n'était ni le lieu, ni le moment de régler nos comptes mais la coupe était pleine. Cinq jours que je prenais sur moi afin de ne pas exploser face à son attitude. Aussi, nous étions bientôt arrivés à la maison, je n'avais pas envie que tout le monde se rende compte des tensions qui régnaient entre nous et qu'ils commencent à poser des questions, il fallait y mettre un terme immédiatement.

— Je n'ai rien dit de faux, murmura-t-il le regard fuyant.

— Alexander...le prévins-je.

S'il y avait bien une chose que je détestais, c'était bien qu'il me jette au visage des réflexions laissant comprendre qu'il n'était pas le père biologique d'Aria, qu'elle était MA fille, qu'il n'avait pas les mêmes droits etc. Après tous mes efforts afin de lui faire comprendre le contraire, afin de le mettre à l'aise avec la situation, on en était au même point et ça me mettait hors de moi! Je l'ai laissé prendre soin d'elle autant que possible afin qu'il puisse accepter plus sereinement son rôle de père, afin qu'il puisse occuper sans crainte cette putain de place qui lui revenait en toute légitimité à mes yeux. Que devrai-je faire de plus? Revenir en arrière? Faire en sorte que cette fameuse nuit n'ait jamais existé? Les choses étaient ce qu'elles étaient et je n'y pouvais rien! Sérieusement, il me rendait complètement dingue par moment...

— Pourquoi fais-tu ça dis-moi ? Pourquoi t'obstines-tu à créer des barrières que tu t'appliques minutieusement à ériger entre nous ?! Tu trouves que nous n'avons pas suffisamment une vie compliquée ? Que Camille me sorte ce genre de réflexion passe encore, mais pas toi Alec ! Pas après tout ce que nous avons traversé! Pas après tous les efforts que nous avons fait afin de trouver notre équilibre! Sais-tu à quel point tu me brises en continuant à penser de cette façon ? En ne considérant pas Aria comme ta fille ? En ne te considérant pas comme son père au même titre que moi ?

— Ce n'est pas ça...tenta-t-il de s'expliquer.

— Qu'est-ce c'est alors ! explosai-je encore plus.

Il soupira longuement puis lentement colla son front contre le mien.

— OK Bébé, calme-toi. C'est vrai qu'au début, j'ai dû surmonter quelques obstacles mais c'est fini aujourd'hui. Ce que j'ai dit...je ne le pensais. Je te demande de me pardonner, je sais que tu détestes entendre ces mots, surtout provenant de moi. Je sais aussi que je te fais du mal et que tu as tout fait afin que je me sente à l'aise et à ma place auprès d'Aria. J'en suis conscient, tu as toujours été merveilleux avec moi et pas une fois tu m'as fait ressentir que je n'étais pas son père biologique. Tu as raison, à cause de mon insécurité et aussi de mon côté immature je suppose, je suis en train de nous créer des difficultés alors que l'on devrait être plus unis que jamais.

Soupirant à mon tour, je finis par le serrer dans mes bras.

— Tu sais que tu me rends fou, lui avouai-je en me calment peu à peu.

— Je sais...je suis désolé de te rendre la vie difficile...

— Tu ne me la rends pas difficile, au contraire, une vie sans toi serait fade et sans saveurs Alexander. J'ai besoin de toi, de ton soutien, de ta confiance, lui dis-je en plongeant mon regard dans le sien.

Il ferma les yeux quelques secondes. Je n'avais pas utilisé le mot confiance par hasard, il y avait un message en dessous, une demande, une supplication.

Alec rouvrit les yeux et cette fois, je perçus une chose qui me plut dans son regard une chose appelée de la détermination.

— Je te fais confiance. C'est entendu, faisons-le.

— Merci, lui répondis-je soulagé avant de l'embrasser passionnément sur ses douces lèvres pendant une longue minute.

— Alors ce sera pour quand ? me questionna-t-il une fois réinstaller dans la Camaro.

— Je ne sais pas, je vais contacter Rafael et lui dire que c'est ok pour nous. Dès son retour d'Italie, on mettra tout en place. Alec, personne ne doit être au courant.

— Même pas nos amis et nos familles ?

— Personne Alec. C'est pour leur bien.

— Mais...tu supporteras de lire l'inquiétude sur leur visage ? De voir leur angoisse ? Leur peur ? Puis quand ils le découvriront, ils nous en voudront à mort !

— On leur expliquera, ils comprendront. Rien ne doit être laissé au hasard, on doit tous être crédible. Ce sera plus simple pour eux s'ils pensent que c'est la vérité...quant à nous, on s'apprête à jouer le plus grand rôle de toute notre vie alors on doit s'y préparer.

Le regard d'Alec se posa sur Aria. Il avait accepté mais était toujours très inquiet.

— Tu...tu es certain qu'elle ne risque rien ? s'enquit-il les yeux toujours rivés sur notre fille.

— Tu sais que je ne ferais rien qui puisse la mettre en danger...

— Oui, je le sais, fit-il en me faisant un petit sourire.

— Allez, n'en parlons plus pour le moment. Nous sommes presque arrivés.

En me garant dans l'allée des Lightwood quelques minutes plus tard, je me sentis tout à coup un peu nostalgique. On en avait passé des heures à discuter et jouer de la guitare sous ce porche avec Alec. Tant de souvenirs...

— J'ai l'impression d'avoir quitté la maison depuis des années alors que ça ne fait que quelques mois, s'exprima Alec d'une voix lointaine.

— Je te comprends Mon Ange, on a vécu pas mal de bouleversements en très peu de temps.

— Enfin vous voilà ! cria Izzy qui venait de sortir en trombe de la maison suivie de Jace, Simon et Clary.

On descendit de voiture puis on se serra tous chaleureusement dans les bras.

— Comme j'ai attendu ce moment ! dis-je à ma petite sœur en la serrant aussi fort que je le pouvais.

— Tu m'as manqué aussi grand frère, me dit-elle en me rendant mon étreinte. La maison me semble bien vide sans toi, ajouta-t-elle légèrement émue.

— Savais-tu qu'elle avait dormi dans ta chambre les deux semaines ayant suivi ton départ?! cafta Izzy.

Clary lui fit de gros yeux.

— Non, je ne le savais pas, répondis-je à Izzy en lui faisant un clin d'œil. C'est adorable, ajoutai-je à l'attention de ma petite sœur qui semblait un peu gênée.

Simon et Jace n'avaient pas perdu une seconde, ils étaient déjà agglutinés à ma fille comme des sangsues et la couvraient de baisers.

— Doucement les gars, vous allez la réveiller, leur prévins Alec.

— Euh trop tard ! s'exclama Simon.

Effectivement, Aria encore à moitié endormie, regardait Jace et Simon avec étonnement. Une demie seconde plus tard elle se mit à pleurer.

— Oh mince, qu'est-ce qu'elle a ? demanda Jace un peu inquiet.

— Ta salle tête l'effraie, le taquina Alec tout en allant la prendre dans ses bras.

Notre fille se calma instantanément. Elle remit son pouce dans sa bouche puis cala sa tête au creux du coup d'Alec. Tout le petit monde regardait la scène avec tendresse.

— Je dois avouer que ça fait un peu bizarre de te voir comme ça frangin, lui dis Jace.

— Comme ça quoi ? rétorqua mon fiancé.

— Comme un père de famille responsable! plaisanta Izzy morte de rire.

Alec leva les yeux au ciel.

— Vous avez des nouvelles de Cat' et Rag' ? leur demandai-je afin de changer de sujet.

Aria leva soudainement la tête puis tandis les bras vers moi. Je la pris à mon tour puis embrassai son pouce baveux qu'elle essayait encore une fois de mettre dans ma bouche à mon insu. Toute la bande fit des exclamations du genre, oh adorable! trop chou! trop mignon! etc... Nul doute que nous n'allions pas échapper aux taquineries cette semaine Alec et moi. C'était la première fois qu'ils nous voyaient réellement interagir avec Aria, je les comprenais. Ils allaient nous découvrir sur un nouvel angle.

— Alors Rag' et Cat' ? insista Alec afin de regagner leur attention.

— Ils sont en route, nous informa Simon.

— Je sais que vous êtes heureux de vous retrouver mais vous devriez rentrer les enfants, il fait froid puis moi aussi j'aimerai passer du temps avec ma petite-fille! se plaignit Maryse qui venait de faire son apparition sous le porche.

— Maman ! s'exclama Alec en allant à sa rencontre.

— Mon fils...dit-elle émue en l'embrassant tendrement. Tu m'as tellement manqué...

— Toi aussi Maman, lui répondit-il en la serrant dans les bras.

On entra tous s'installer autour de la cheminée. Un plateau remplit de hors d'œuvres nous attendait ainsi que des tasses de chocolat chaud. Maryse avait kidnappé Aria comme prévu, cette dernière buvait sagement son biberon dans ses bras.

— Où sont papa et Max ? demanda Alec tout en avalant sa tasse de chocolat chaud.

— Ils seront bientôt de retour. Max avait un cadeau à acheter, nous informa Maryse avec un sourire mystérieux.

— Pour qui ? s'enquit mon fiancé perplexe.

— Devine ! interviens Izzy avant de continuer. Ça fait deux semaines qu'il nous prend la tête à ce sujet...

— Madzie ? devina Jace.

— Bingo ! fit Izzy.

— Ça se passe comment entre eux ? demandai-je à mon tour.

— Plutôt bien je dirais, me répondit Maryse. Il y a des petites disputent de temps à autre mais ils réussissent toujours à dépasser ça. Madzie est très mature pour son âge et je trouve qu'elle fait du bien à Max. Il est beaucoup plus responsable.

Aria éternua tout à coup ce qui fit rire tout le monde sauf qu'au second éternuement d'affilé, Alec et moi échangeâmes un regard inquiet sachant à quel point elle était fragile.

Maryse remarqua notre échange silencieux.

— Ça va les garçons ?s'inquiéta-t-elle.

— Euh oui, c'est juste qu'Aria est sensible au froid et fait facilement de la température. Je vais vérifier que tout va bien, lui répondis-je en me levant.

— Je t'accompagne, décida Alec en se levant à son tour.

— Moi aussi ! dit Clary avant d'enchainer. Je peux la porter ? nous demanda-t-elle.

- Bien sûr ! répondîmes Alec et moi en chœur.

On monta dans la chambre d'Alec ou nous allions séjourner la moitié de la semaine l'autre moitié étant réservé pour chez moi. C'était la solution que nous avions trouvée afin de satisfaire nos deux familles.

Je sortis le thermomètre puis vérifiai la température d'Aria.

— Tout va bien mais il faudra qu'on soit attentif, il fait plus froid ici qu'en ville, fis-je.

Alec hocha la tête.

— Je suis heureuse que tu ailles bien ma princesse, chantonna Clary en lui caressant les cheveux.

— Areuh ! Areuh ! babilla Aria dans son langage de bébé.

— Tu veux bien dire Tata ? lui demanda Clary.

— Rêve pas Biscuit, elle n'a que cinq mois et j'espère bien que son premier mot sera « Papa » et non « Tata ».

— Mais quel égocentrisme ! Elle te ressemble déjà comme deux gouttes d'eau, tu peux bien me laisser l'honneur d'être son premier mot.

Alec et moi échangeâmes un regard.

— Non ! répondîmes en chœur tout en éclatant de rire.

— Pff, vous n'avez pas changé ! nous dit-elle en quittant la pièce avec sa nièce adorée dans les bras.

Alec se laisser tomber sur le lit puis m'attira dans ses bras.

— Je suis heureux d'être à la maison même si j'aime notre foyer, me confessa-t-il.

Sans un mot, je commençai à déposer des baisers sur son torse, son cou, sa mâchoire...lentement ses mains commencèrent à me caresser le flanc, puis les fesses avant de s'orienter dangereusement vers l'avant de mon jean. Sans crier garde, il glissa sa main à l'intérieur puis sous mon boxer. Ses doigts se refermèrent délicatement sur mon pénis qu'il commença à masturber lentement. Je laissai échapper un gémissement de plaisir.

— Ok Bébé...on va s'arrêta là, lui dis-je en poussant néanmoins des hanches contre sa main.

— Tu en en sûr ? me taquina-t-il avec un petit sourire en coin.

— Vilain garçon... lui dis-je en me jetant sur ses lèvres.

On s'embrassa fougueusement, cette fois ci ça y était, j'étais totalement excité.

— Hey les gars vous venez ? Rag' et Cat' sont arrivés ! nous cria Izzy du couloir qui conduisait à la chambre.

On s'arrêta brusquement et réalisa que l'on n'avait même pas fermé la porte.

— On descend ! cria Alec à son tour.

Je pris une profonde inspiration afin de me calmer.

— Ça va aller ? me demanda-t-il en indiquant mon sexe du doigt.

— Et toi ? lui demandai-je à mon tour en pointant du menton le renflement à l'avant de son jean.

— D'ici quelques minutes, me dit-il en rigolant.

Je l'embrassai une dernière fois puis partie dans la salle de bain me rafraichir un peu. Une fois nos ardeurs calmées on descendit retrouver les autres. Max et Robert étaient également arrivés entre temps, il y avait foule dans le salon des Lightwood.

— Mag's mon pote ! s'exclama Rag' en me prenant dans ses bras. J'étais heureux de retrouver mon fidèle ami.

J'embrassai Robert Max et Cat' à leur tour.

— Tu as encore grandi petit frère, dit Alec à Max en lui ébouriffant les cheveux comme quand il avait cinq ans.

— Hey ! Tu me décoiffes ! se plaignit se dernier.

— Rabat-joie...rétorqua Alec tout sourire en le serrant dans ses bras.

En parlant de bras, Aria en avait changé de nouveau et était maintenant dans ceux d'Izzy.

— J'espère que vous ne comptez pas la porter pendant tout notre séjour ici. Elle risque de prendre de mauvaises habitudes et faire de notre vie un enfer à Alec et moi une fois qu'on sera de retour à la maison, leur dis-je.

— Oh c'est vrai. Je me souviens que Max pleurait dès qu'on le mettait dans son parc ou son siège, dit Robert.

— On la déposera mais après mon tour ! s'exclama Cat'.

— Et le mien ! enchérit Rag'

— Moi aussi je veux la porter! interviens Max.

Tout le monde éclata de rire. Je secouai la tête, dépité. Alec me regarda en haussant les épaules.

On sonna à la porte. Maryse partit ouvrir et revient avec ma mère et mon père. Ce dernier se précipita sur sa petite-fille avant même de me saluer.

— Je vois que ton fils ne t'a pas du tout manqué, lui dis-je un brin vexé.

— Bien sûr que si mon fils, s'excusa-t-il en m'embrassant sur le front mais cette demoiselle aussi. Ta mère à la chance de la voir tous les jours à l'hôpital alors que moi je dois me contenter de photos.

— Tu exagères papa, on a fait un FaceTime il n'y a même pas deux jours, lui dit Clary.

— C'est différent, dit-il en continuant à faire des papouilles à sa petite-fille adorée.

— Je pense que vous avez perdu Aria pour la semaine, nous dit ma mère en rigolant.

— Il faudra la partager Asmodée, lui dit Robert en se joignant aux papouilles.

Voir c'est deux chefs de famille complètement gaga devant leur petite fille était totalement attendrissant. Je sortis mon téléphone afin d'immortaliser ce moment. Il y avait tant d'amour dans cette pièce. On était heureux d'être à nouveau tous ensemble.

Je rangeai mon téléphone puis rejoignit Alec. Je me plaçai derrière lui puis entourai sa taille de mes bras.

— Je t'aime, lui chuchotai-je à l'oreille.

Il prit ma main gauche puis déposa un baiser sur mon alliance.

On resta ainsi à contempler notre famille et nos amis. En les voyant ainsi, je comprenais qu'Alec puisse appréhender le fait de devoir leur mentir mais en même temps si on n'agissait pas les premiers, le risque de perdre Aria était trop grand. Il ne fallait pas rêver, si Camille était bien revenue pour elle, cette histoire ne se réglerait surement pas devant les tribunaux. Avec un dossier psychiatrique comme le sien, elle avait tout à perdre sauf que moi aussi j'avais beaucoup à perdre. Je n'étais pas sûr de pouvoir obtenir la garde exclusive d'Aria. Je n'avais plus aucune confiance dans le système qui nous entourait, tout le monde avait un prix aujourd'hui. Des juges corrompus et des flics ripoux voilà en quoi se résumait les choses. Comment être certain que je n'allais y laisser des plumes moi aussi en passant par la légalité ? On devait retrouver et maitriser Camille à tout prix, c'était la seule solution.

Fin du chapitre !