Un enterrement n'est jamais un moment joyeux, et l'homme adulte qu'était Harry potter les fréquentait bien assez fréquemment depuis la guerre pour le savoir.
L'auror Potter n'aurait pas etre dû affecté à cette escorte, mais en cette période tellement d'agents étaient en vacances que s'il avait refusé de dépanner, le détenu qu'il accompagnait n'aurait pas pu assister à l'enterrement de sa femme.
Harry avait jeté un oeil au dossier de l'homme. Il avait été condamné pour avoir profité pendant la guerre du régime de terreur du ministère pour obtenir le poste d'un autre. il avait aussi soutenu ouvertement le ministre de l'époque, peut être convaincu par les discours.
Ces faits avaient été très communs dans la population sorcière. Mais l'opinion avait soif de vengeance, le prévenu avait été très mal défendu. Au yeux de Harry, la peine paraissait lourde.
Surtout que l'homme lui semblait assez inoffensif, marqué par ses années de prison et affecté par le deuil.
Ils se tenaient un peu à l'écart de l'assistance, déjà très restreinte. Il n'y avait qu'un petit garçon, en larme, qu'une femme assez sèche tenait ou retenait pas les épaules.
À un moment, le petit garçon réussit à s'échapper à la poigne de la femme, et couru vers harry et son "colis".
L'homme se baissa immédiatement et prit le petit garçon dans ses bras.
Harry qui avait eu peur d'une tentative de fuite, changea immédiatement d'avis, et décida de ne pas intervenir.
- Papa, papa, c'est de ma faute, c'est de ma faute…
- Non, mon chéri, non, ce n'est pas du tout de ta faute… Ta maman était malade.
Le garçon en larmes releva les yeux vers son père.
L'orphelin qu'était Harry sentait piquer ses yeux.
- Maman, elle ne m'aimait pas, sinon elle n'aurait pas…
- Sammy, écoute moi…
Le père caressait avec tendresse les cheveux du petit en lui parlant doucement.
Harry sentait tout le poids désapprobateur de la femme au loin, qui ne consentirait pas à s'approcher du détenu mais faisait comprendre du regard à Harry qu'il devrait intervenir.
Il décida de l'ignorer et de continuer à se passionner pour le bosquet proche.
- Sammy, ta maman, elle t'aimait très fort. Mais elle était trop malade dans sa tête, elle n'a pas réussi à combattre sa maladie. Ce n'est pas de ta faute mon chéri.
Le détenu embrassa le front du petit garçon.
La femme se dirigeait maintenant à grand pas vers eux. Dans un grognement énervé, Harry posa sa main sur l'épaule de l'homme, toujours accroupi pour serrer contre lui le garçon.
L'homme eut un regard un ennuyé et continua avec plus d'urgence.
- Souviens toi Sammy, Ta maman t'aimait très fort, et… Et moi aussi, je t'aime très fort, et tu dois être heureux, parce que rien de tout ça n'est de ta faute.
L'homme embrassa le garçon une dernière fois et se redressa. La femme attrapa violemment la main du garçon et le tira pour l'éloigner de son père. Le petit garçon se laissait faire, résigné, mais ne quittait pas des yeux son père, qui lui souriait tristement.
- Merci monsieur l'auror.
Harry avait toujours sa main sur l'épaule du détenu.
- Ramenez-moi maintenant, s'il vous plaît.
Harry acquiesça en silence, et essaya de ne pas remarquer la larme sur la joue de l'homme.
*..*
En rentrant chez lui, Harry aurait voulu pouvoir suspendre son malaise à côté de son manteau.
Il était au centre de la société sorcière mais comme toujours, se sentait étranger à cette opinion publique qui ne savait que punir sans construire.
Il sentait au fond de lui que la punition aveugle du père compromettrait l'avenir, ou, et ça lui semblait aussi grave, le bonheur du fils.
