Bonjour à tous et merci d'avoir commenté le premier chapitre de ce nouveau x-over.
Aujourd'hui, on arrive sur l'île où se passe toute l'intrigue du premier jeu : Vigrid. J'espère que je serai capable de rendre l'atmoshpère des lieux telle que je l'ai ressentie dans les vidéos visionnées à ce sujet.
En attendant, je vous souhaite donc une bonne lecture et je vous dis à bientôt.
Enzo s'était renseigné. Quelqu'un dans le Shin Sekai essayait de refourguer un gros caillou.
Le proprio l'appelle l'Œil Droit.
Il disait que cela faisait partie des Yeux du Monde. Cela collait avec ce que cherchait Bayonetta.
Le plus drôle dans l'histoire, c'était que la pierre en question avait circulé assez longuement dans les cercles de pouvoir, avant de disparaître, bien avant que le Marché Noir n'en prenne connaissance et s'y intéresse. Mais le vendeur en demandait les yeux de la tête. La somme était si exorbitante que tous les acheteurs avaient fini par se rétracter. Même des grosses pointures telles que Akagami ou Kaidou, voire Doflamingo ou même encore Dragon.
Donc, la pierre était retournée aux oubliettes… à moins que quelqu'un ne trouve où le vendeur se cache. C'est à cet instant de l'explication qu'Ann avait eu une crise de fou rire. Enzo ne s'en était pas offusqué, il adorait voir les riches s'en prendre plein la figure.
- D'ailleurs, quand vous serez là-bas, n'oubliez pas votre bon vieux pote Enzo et tout ce qu'il a fait pour vous ! avait demandé le bon vieux bonhomme. Servez-vous dans leurs coffres forts et donnez-moi une part, que je puisse couvrir mes frais.
- Pour les négociations, vois avec la pirate, avait contré Bayonetta avec amusement.
A cela, Ann avait répondu avec une liste immense de raisons pour lesquelles tout ce qu'elle verrait de précieux irait à son équipage (en tête de liste, il y avait le destin funèbre d'un certain cadeau d'anniversaire à quatre roues).
Sur ce, Enzo leur avait souhaité un bon voyage dans ce trou paumé de Paradis terrestre : Vigrid.
Bayonetta rêvait.
Elle revoyait encore et toujours les mêmes scènes dans son esprit. Des sorcières mortes, elle dans le cercueil et cette femme en rouge.
Elle se réveilla en sursaut quand Ann la secoua, la faisant se redresser dans le fauteuil du navire de première classe où elle s'était endormie.
- Nous sommes à Vigrid ! Tous les passagers doivent avoir au minimum un visa d'entrée sur le territoire ! Vous devrez le présenter au poste de contrôle au débarquement ! fit une voix de femme dans l'interphone du salon où les femmes étaient.
Ajustant son éternel stetson sur son crâne, Ann se leva, imitée par Bayonetta. Elles n'en avaient pas besoin d'un visa. Depuis le Purgatoire, les gens autour d'elles n'étaient que des silhouettes noires, sans la moindre forme concrète pour les différencier, à moins qu'elles ne les connaissent personnellement. Et elles, elles étaient invisibles de ces gens.
Elles remontèrent l'allée et Bayonetta s'arrêta, percevant une voix. Ann se retourna vers elle, les sourcils froncés, mais la plus vieille porta un doigt à ses lèvres.
« Ah, tu es enfin arrivée à bon port, mon enfant. »
Ann jeta un regard autour d'elles, resserrant sa prise sur ses armes, les lumières étrangement tamisées la mettant sur le qui-vive.
« L'heure est enfin venu d'ouvrir les Yeux du Monde. »
- Otoko… chuchota Bayonetta.
Ann regarda derrière sa sœur de clan, mais secoua la tête. Pas le moindre homme capable de parler par télépathie à Bayonetta dans les environs.
« Ne crains rien, ma douce enfant. Comme tu as grandi, tu es devenue une belle jeune femme. Je ferai toujours en sorte qu'il ne t'arrive rien. »
Et la lumière redevint normale, mais il n'y avait toujours rien de notable dans les environs.
- Je n'aime pas ça. Viens, je te raconterai en chemin, souffla Bayonetta en prenant Ann par le poignet.
Le navire entra dans un immense bâtiment qui abritait le port. La zone était assez sécurisée…
- Sore de… c'est donc ce Paradis dont on parle, marmonna Bayonetta, une main sur les hanches. Un Paradis au milieu d'un océan infernal.
Ann se contenta de renifler d'un air narquois et regarda les passants qui ne pouvaient les voir depuis là où elles étaient dans le plan intermédiaire.
- Quel manque de classe, ils portent tous la soutane, marmonna Ann.
- Pas de commentaire de ta part, Ann-chan, je dois te rappeler ton look de garçon manqué que tu continuerais de porter si je n'étais pas là pour t'apprendre ce que c'est d'être une vraie femme, lui répondit Bayonetta en se dirigeant vers l'escalier qui devrait les mener vers la sortie.
- Arrête de m'appeler Ann-chan ! Continue comme ça, et je vais réclamer à ce que tu m'appelles Portgas !
- Hai, hai…
Et elles passèrent deux agents de sécurité.
- Pour des gars de la sécurité postés au milieu de nulle part, ils sont sacrément armés, nota Bayonetta en les regardant d'un œil circonspect.
- Ils cherchent peut-être à compenser quelque chose, proposa Ann.
Et les deux sorcières éclatèrent de rire… avant de s'arrêter devant des portiques de sécurité.
- Tu vois une autre route ? s'enquit Ann.
- Je pense pas. On va sonner avec nos armes.
- Eh bien tant pis, passons et on avisera.
Les deux sorcières passèrent les portiques de sécurité et l'alarme raisonna immédiatement, leur vrillant les oreilles. Mais ce n'est pas pour autant qu'elles s'arrêtèrent. Continuant leur avancée, elles finirent par arriver devant un étrange mur de métal. Pendant qu'Ann tournait à gauche dans le couloir, sans s'arrêter devant le mur pour autant, Bayonetta s'immobilisa devant le mur, l'observant pensivement.
- Fermé. L'alarme a mis toute la zone en état d'alerte. On peut toujours essayer de la défoncer, marmonna Ann en essayant d'ouvrir une porte qui devait donner sur la sortie.
- Ann-chan, viens par ici, s'il te plaît.
Avec un soupir à fendre l'âme, Ann revint vers Bayonetta qui lui montra le mur.
- Dis-moi ce que tu vois.
- Un mur.
Cela lui valut une claque derrière la tête qui fit tomber son chapeau.
Ann le ramassa et se recoiffa avec.
- Recommence, qu'est-ce que tu vois ? demanda de nouveau Bayonetta.
- Un mur dont le style diffère grandement avec le reste de l'endroit. Et… c'est moi où ce truc est en train de luire et de faire du bruit ?
Elle pointa du doigt une sphère dorée incrustée dans le mur à hauteur d'épaule.
- C'est bien ce qu'il se passe. Ces trucs réagissent à notre énergie de sorcière. Maintenant recule et apprends.
Ann recula et observa Bayonetta. Celle-ci enchaîna une belle combinaison de coups de poing et de coups de pied dans le mur, ses membres luisant d'une énergie violette. La lueur de la sphère se propagea progressivement dans tout le mur qui perdit alors des morceaux. Un garde de sécurité qui passait par là regarda autour de lui avec inquiétude et soupçon, devant sans doute le travail sur le mur, sans rien comprendre.
Les deux sorcières passèrent l'obstacle et le mur se reforma derrière elles.
- Là, nous sommes en territoire de l'Umbra. Du moins, sur le chemin, nota Bayonetta.
Elles suivirent un instant le couloir jusqu'à ce qu'il leur présente un trou.
- Le fond est pas si loin, on risque rien en cas de chute et y'a un moyen de remonter. On dirait qu'il y a quelque chose au fond, aussi, nota Ann en se mettant à plat ventre au bord du trou pour l'observer.
- Eh bien allons voir, on trouvera peut-être quelque chose d'intéressant en chemin, sourit Bayonetta.
Et elle se laissa tomber dans le trou. Elle regarda les murs blanchis à la chaux autour d'elle, avant que son regard ne se pose sur un étrange objet qui devait faire sa taille, gravé avec le sceau du soleil.
-Ann-chan, viens s'il te plaît.
Ann se laissa tomber souplement à côté de Bayonetta.
- Ceci est une tombe. La tombe d'une de nos sœurs. Prions un instant.
Bayonetta joignit ses mains en recueillement, alors qu'Ann baissa la tête, son chapeau sur le cœur. Elles se redressèrent finalement et Ann se pencha sur le côté, notant quelque chose caché derrière.
- Ann-chan, tu fais quoi ma chérie ?
Ann s'était tordue entre le mur et la tombe pour prendre quelque chose derrière et ramena enfin sa trouvaille.
Une grosse clef, décorée d'un gros soleil. Bayonetta haussa un sourcil et Ann passa la clef dans son dos, ses cheveux s'enroulant automatiquement autour d'elle pour l'y maintenir.
- Remontons, fit l'aînée.
- Aye, soupira Ann.
Et elles se hissèrent sur une portion de mur qui leur permit d'escalader jusqu'au point d'où elles avaient sauté. Sauf que des anges les attendaient en embuscade.
- J'ai le droit de dire qu'ils sont ennuyeux ? demanda Ann en laissa Bayonetta envoyer dans les oubliettes les trois anges.
- Tout à fait, ceux-là le sont. Tu arrives à invoquer des ailes, Ann-chan ? s'enquit Bayonetta.
- Oui, mais j'en ai même pas besoin pour ça.
- Oh, vraiment, montre-moi donc.
Ann prit un peu d'élan et fonça à toute vitesse vers le trou, sautant au dernier moment, avant de se rattraper dans une roulade de l'autre côté.
- Ah, Ann-chan, tu manques sérieusement d'élégance…
- J'ai été élevé comme un homme, tu attends quoi ? lui dit Ann.
Et elle lui tira la langue. Bayonetta eut un soupir et sauta à son tour, avant d'user de ses ailes de papillon dans les airs afin d'atteindre l'autre partie du couloir, avec un atterrissage parfait sur ses pieds. Là, elle rejeta ses cheveux dans son dos et passa devant dans sa démarche chaloupée.
- J'ai trouvé la serrure pour ta clef, Chérie.
Ann la rejoignit et avisa l'immense serrure qui fermait la porte devant elles. Elle haussa les sourcils, et retira la clef de son dos pour la mettre dans la serrure. Là, elle se dématérialisa, devenant lumière qui se répandit dans la porte et l'ouvrit.
- Ne, Bayonetta… pourquoi on trouverait des anges par ici ? demanda Ann alors qu'elles s'enfonçaient dans le chemin en ruine.
- Très bonne question.
Les deux sorcières arrivèrent devant des statues de cristal. L'une représentant un homme, avec une teinte légèrement jaune, décorée de motif solaire, et l'autre… gros point d'interrogation vu comment elle avait été détruire. A croire que quelqu'un s'était défoulé dessus. Bayonetta s'avança vers elle, sentant un résidu magique, mais le passage lui fut bloqué par un sceau angélique doré qui prit toute la largeur du couloir, leur coupant donc la route.
Elles savaient ce que ça voulait dire.
- Montre-moi où tu en es, Ann-chan. Pas de Haki, ni quoi que ce soit de ce qu'il reste de tes tendances pyromanes. Je veux voir une Sorcière à l'action.
Ann haussa des épaules et fit face aux deux anges qui venaient de se matérialiser dans la zone, faisant tournoyer ses armes. Elle esquiva agilement l'assaut d'un ange, activant le Witch Time. Une fois le temps ralenti, elle lui bourra les côtes des balles de l'arme accrochée à son talon, avant de passer à l'invocation.
Ses cheveux se rassemblèrent, la laissant en petite tenue. Ils passèrent au travers d'un Sigil, et un autre se forma juste au-dessus de sa tête, laissant passer un pied chaussé de talon aiguille, décoré de scarabées, à la peau verte, formé par ses cheveux qui changeaient de couleur une fois hors du Sigil. L'ange qui se reçut le pied dans la figure ne se releva pas.
Pour l'autre, ce fut quasiment le même traitement, sauf qu'à la place, il se prit une claque monstrueuse dans la figure par une main toute aussi verdâtre que le pied précédent, et avec toujours autant de motif de scarabées.
- Hey ! Top-la, Madama Khepri ! rit Ann.
La main géante tapa dans celle d'Ann avant de disparaître, permettant aux cheveux de la demoiselle de revenir vers leur proprio et lui reformer ses fringues.
- Tu n'oublies pas quelque chose ? demanda Bayonetta.
Ann souffla un baiser vers le sceau angélique, invoquant par la même occasion un portail des enfers dessus qui absorba l'obstacle, libérant la voie.
- Tu as fait beaucoup de progrès, tu vois ?! J'avais raison de t'apprendre juste l'essentiel et de te laisser maîtriser le reste !
- Tch.
Ann allait ajouter quelque chose quand elle regarda en levant un sourcil l'autre statue, beaucoup plus sombre, se reformer.
C'était une femme, cette fois. Une sorcière, de toute évidence.
Bayonetta regarda les deux statues.
- Un Sage Lumen et une Sorcière de l'Umbra, de toute évidence, dit-elle. Tu vois, ça ? C'est le choc entre leurs pouvoirs. La lune et le soleil, l'ombre et la lumière, le chaos contre l'ordre.
La plus vieille pointait de sa sucette ce qui ressemblait à un courant électrique mauve, là où se rejoignait la lumière qui irradiait des deux statues.
Ann s'approcha et avec prudence, passa une main entre les deux statues, pour la retirer en grimaçant.
- Et à moins que tu aies une solution de génie, je ne vois pas comment tu veux qu'on puisse passer ça. Il reste aussi ce bras d'eau.
Un peu en arrière des deux statues se trouvait la suite du couloir, avec de l'eau au niveau du sol. Un examen de là où elles se tenaient leur fit voir que c'était quasiment une mini piscine sur le rebord de laquelle elles se tenaient. De toute évidence, elles devraient marcher dessus, car la porte au fond était hors de portée si elles faisaient la distance en nageant.
- Je sèche, avoua Bayonetta. Je ne suis encore jamais tombée sur ce genre de statues auparavant.
Les deux femmes réfléchirent intensément, avant qu'Ann se décide d'agir. Elle frappa le sol d'un de ses pieds, les bras au ciel, procédant à une invocation. Deux sigils se formèrent sous les statues, et les cheveux d'Ann en jaillirent, formant deux mains vertes comme celles de tout à l'heure. Les deux mains se saisirent des socles et les soulevèrent du sol, alors que Bayonetta regardait ça avec intérêt. Un faisceau de lumière se forma au-dessus d'Ann qui esquiva au dernier moment, activant le Witch Time.
- Mais oui ! réalisa Bayonetta. Comme ça, on ralentit tout et on peut traverser sans risque !
Et les deux sorcières passèrent en courant sur l'eau. Elles étaient trop rapides pour l'eau dont le temps s'était arrêté. Quand elles parvinrent de l'autre côté, Ann mit fin à son invocation et se reçut les félicitations de Bayonetta.
- Tu vois, c'est pour que tu puisses avoir ce genre d'initiative que je t'ai laissée tout ce temps seule, Ann-chan.
- Arrête de m'appeler Ann-chan.
Elles marchèrent jusqu'à un nouveau mur magique. Cette fois, c'est Ann qui s'y colla pour ouvrir le passage. Celui-ci explosa pour se réunir derrières elles pour former une sorte de plate forme en lévitation, sur laquelle les deux femmes s'empressèrent de monter, avant qu'elle ne monte vers le plafond.
Elles débouchèrent au centre d'un hall carrelé et virent les silhouettes dorées de quelques passants qui fixaient le sol d'où elles sortaient avec une certaine perplexité.
- J'aime le Purgatoire… dit Ann alors qu'elles laissaient le carrelage pour prendre vers la seule voie disponible : un petit escalier menant à un couloir.
- Ah bon ? fit Bayonetta en jouant avec une sucette.
- Oui.
Ann leva une main, effleurant un passant qui se retourna, mais ne les vit pas.
- J'aime l'anonymat. C'est… rassurant.
Bayonetta ne répondit pas et les deux sorcières poursuivirent donc leur route dans un couloir à arche et au sol fait de mosaïque.
Elles en virent le bout, arrivant dans une petite salle servant de croisement. Bayonetta pointa quelque chose sur leur gauche.
Un portail démoniaque dans le sol, bien reconnaissable à sa couleur rouge.
Ann eut un immense sourire quand Rodin en jaillit.
- J'en étais sûr. Cette ville grouille de petits serviteurs du Paradis, grogna l'homme. Mes camarades d'en bas commencent à devenir nerveux.
- Et pourquoi tu nous dis ça ? demanda Bayonetta en arrangeant machinalement ses lunettes.
Les deux femmes rejoignirent Rodin en bas des trois marches.
- Certains endroits de ce monde penchent plus vers le Paradis ou l'Enfer. Le vieux trou à rats dans lequel nous vivons est proche des deux camps, mais les Vigridiens ont un petit quelque chose de spécial… Tu sais, ça devrait être interdit de vivre aussi près que ça du Paradis. Moi, en tout cas, ça me fout les jetons. Hé, j'imagine que je vais pouvoir ouvrir une boutique ici et gagner quelques petites auréoles.
- C'est vrai qu'ils valent une fortune, nota Ann.
- Prenez les filles, c'est gratuit. Je viens de le mettre au point.
Et il leur jeta un bracelet doré orné de rubis rouges sang.
- Rien n'est jamais gratuit, pointa Ann.
- C'est quoi ? demanda Bayonetta.
- Des clefs. Posez-en un à terre, et ça invoquera un portail directement à mon bar. Vous êtes mes meilleures clientes, alors, autant vous en faciliter l'accès.
Les deux femmes se regardèrent et passèrent les bracelets à leur poignet.
- Vu que vous cherchez la bagarre, rapportez-moi vos auréoles, ça vous rapportera un max, comme d'habitude. Tout le monde sera gagnant dans l'histoire !
- Maaa ! Encore un qui veut arrondir ses fins de mois, déconna Bayonetta. Je commence à comprendre pourquoi Enzo et Ann-chan t'aiment tant.
Le 'ne m'appelle pas Ann-chan' passa aux oubliettes.
- En attendant, laissez-moi vous dire une bonne chose. Lorsque vous cherchez la bagarre, vous vous démerdez entre vous. Je suis seulement ici pour voir si mes inventions marchent. Alors, ne vous mettez pas en tête de me demander de l'aide dans ce moment-là.
- Ouais, ouais, c'est ça, merci d'être passé et bonjour à tes potes d'En Bas ! fit Ann avec un geste désinvolte avant de s'éloigner. Comme si j'étais du genre à appeler les poules mouillées à l'aide.
Rodin la regarda s'éloigner, sincèrement vexé par le remarque d'Ann.
- Sore ja, laisse-moi te dire une bonne chose à mon tour, dit Bayonetta à Rodin. Je me fiche que tu aies fabriqué ces flingues…
Elle braqua l'une des armes entre les deux yeux de l'homme.
- Si tu te mets sur mon chemin, je n'hésiterai pas à t'en coller une, on est clair ?
- C'est parfait comme ça, poupée ! C'est ce que je voulais entendre ! Et ne monopolise pas trop Ann-chan. La dernière fois que le Phénix est venu la réclamer, c'est moi qui y ai laissé des plumes, je veux pas que ça recommence.
Rodin retourna s'enfoncer dans son portail démoniaque avec son gros rire, laissant Bayonetta rattraper Ann.
- C'est honteux… qui sait quel genre d'histoire cache cette ville et regarde… ce monument est une sorte de gare pour rejoindre le navire qui permet d'entrer et sortir de l'île, ronchonna Ann en montrant le mix moderne et ancien des lieux.
- C'est la loi du temps, Ann-chan. Tu as fait un contrat avec Madama Khepri, tu devrais savoir ça.
Ann lui jeta un regard noir et pressa le pas pour finir enfin à l'extérieur. Elles descendirent les marches pour arriver au niveau d'une fontaine. La ville était magnifique, de ce qu'elles en voyaient. Un peu fantasque tout en gardant une certaine sobriété, mais en tout cas, absolument élégante.
Des fleurs poussèrent à leurs pieds, les surprenant.
- On a de la visite, nota Bayonetta.
Exact, des nuées d'anges venaient vers eux. Ann mit ses mains au-dessus de ses lunettes pour diminuer l'éclat du soleil qui n'était pas stoppé par son chapeau, afin d'essayer de mieux les voir.
- Des Applauds. Le niveau légèrement au-dessus, mais c'est toujours pas ça, bouda Bayonetta.
Et les anges passèrent à l'attaque. Certains avec des fléaux, d'autres leur grand bâton ou encore, y'en avait un qui se battait avec un saxophone.
- Cool, marmonna Ann sans émotion particulière.
Sans se consulter, elles foncèrent chacune d'un côté, divisant le groupe d'anges en deux et les balles volèrent immédiatement.
La différence entre les armes pour sorcières, et les armes classiques, c'était leur magie. La force des projectiles étaient réglables, et leur munitions infinies. Ann se poussa du chemin quand un ange fut projeté jusqu'à elle par un coup de poing de Madama Butterfly.
- Attention avec tes invocations ! J'ai failli me le prendre dans la figure ! s'indigna la pirate.
Bayonetta se contenta de rire.
Ann donna un coup de pied dans la tête d'un ange et vida avec le pistolet à son talon l'équivalent de deux chargeurs dans son cerveau, avant qu'il ne veuille bien tomber à terre. Là, Ann ramassa son bâton et le fit tournoyer. Elle préférait ça aux flingues, et elle en fit une belle démonstration, faisant tournoyer l'arme ornée d'une croix autour d'elle, abattant les anges dans une vrai boucherie, faisant voler les plumes blanches autour d'elle quand les corps explosaient et disparaissaient.
- Ann-chan ! Attrape !
Ann se retourna et invoqua à temps une main de Madama Khepri pour renvoyer vers Bayonetta ce qui s'avérait être un ange appelé Decoration : une simple tête de chérubin avec des ailes et une auréoles.
Ce qu'on devait prendre pour Cupidon devait être ça.
Bayonetta invoqua une nouvelle main de Madama Butterfly pour renvoyer l'ange vers Ann qui en invoqua une autre.
- Et c'est un smash ! annonça Ann.
La décoration finit sa carrière dans la gueule d'un Applaud qui ne s'en releva par pour autant.
- C'est fini ? s'enquit Ann, presque déçue.
Un portail doré s'ouvrit dans le sol et un gros monstre hideux, blanc et or, avec une auréole, en sortit.
- Je ne pense pas, Ann-chan…
- Eurg… voir ça casse tous les fantasmes qu'on peut avoir du Paradis… bougonna Ann.
La chose devait avoir la taille d'un géant et la capacité de réflexion d'un troll... et la tête d'un enfant.
- Il est déjà plus intéressant. C'est un Beloved. Contrairement aux autres qui sont de la Troisième Sphère, la plus basse, celui-ci est de la Seconde.
- Il n'empêche qu'il est moche. Non mais regarde ça ! Quel genre de dieu foutrait une gueule de bébé sur un mastodonte pareil ! Sa hache est aussi large que l'était Oyaji !
Le monstre en question courut vers elles.
- Je crois que tu l'as vexé, Ann-chan.
Les deux sorcières se séparèrent, activant le Witch Time, et profitèrent de l'arrêt temporel pour réduire la distance entre eux et le mastodonte. L'une prit à gauche et l'autre à droite.
- Fais-toi oublier, je vais l'occuper ! annonça Bayonetta alors que le Witch Time touchait à sa fin.
Usant des cours intensifs de Haki qu'on lui avait donnés (après ce qu'il s'était passé, c'était plus que nécessaire), Ann effaça sa voix, faisant que l'attention de l'ange ne parvint plus à la sentir.
- Allez, viens me voir ! appela Bayonetta.
Et elle tira sans interruption sur l'ange qui fonça sur elle, balançant à tort et à travers son énorme hache. Bayonetta donna un coup de pied dans le vide et garda la jambe levée pour ajouter un troisième flingue dans la mêlée.
- Oyasumi ! rugit Bayonetta en sautant sur sa jambe à terre.
Elle se projeta dans les airs, esquivant ainsi une nouvelle attaque et en revenant au sol, elle donna un si gros coup de pied que le sol en trembla, surtout qu'un pied de Madama Butterlfy, reconnaissable à sa chaussure noire décorée d'un papillon, vint s'abattre sur le monstre depuis le ciel, avant de se rétracter dans le Sigil.
L'ange se releva en vacillant, avec de pousser un hurlement de douleur.
Ann courait sur son dos tout en tirant de ses flingues, avant d'arriver à une sorte de nodus rouge qu'on voyait sous les plaques d'armures dorées du monstre. Elle était à deux pas de sa cible quand elle se fit attraper par une main du monstre qui essaya de l'écraser.
- Ann-chan !
Ann dessina frénétiquement un sigil sur la main du monstre en murmurant un mot en Enochian.
Le temps se figea, lui permettant de se tirer un peu difficilement de la prise, le tic-tac plus qu'irritant dans son crâne lui disant combien de temps la technique durerait. Le temps reprit finalement son cours, et Bayonetta cligna des yeux en même temps que l'ange, réalisant que la jeunette avait déjà pris la clef des champs.
Le hurlement de l'ange quand Ann donna un puissant coup de poing dans le nodule rouge voulait dire que c'était son point faible.
- Continue, Ann-chan ! encouragea la plus vieille en continuant de tirer. Saute quand je te ferai signe !
Ann continua de frapper de toutes ses forces dans le nodule, faisant vaciller le monstre.
- SAUTE ! finit par crier Bayonetta.
Ann sauta à l'instant où sa sœur d'arme et de clan invoquait un Gomorrah de façon partielle. Le cou et la tête d'un dragon noir, avec d'immenses dents plus que pointues, une langue de serpent et autres yeux de chaque côté, se dressèrent rapidement au-dessus de l'ange. Ann s'accrocha à sa mâchoire et se projeta vers le haut en usant de ses ailes d'insecte, avant d'atterrir derrière l'étrange couronne du monstre.
- Heeeeeha ! clama la pirate en arrangeant son chapeau.
Le démon fondit sur l'ange et le saisit entre ses mâchoires massives dans une gerbe de sang avant de le mâchonner vigoureusement, puis de l'avaler.
Ann sauta à terre quand le monstre se rétracta dans le portail, permettant à Bayonetta de ne plus se balader en petite tenue, avant qu'elle n'envoie un baiser sur le sceau angélique qui bloquait leur progression.
- Ouch, la fontaine a souffert, commenta Ann.
De la magnifique fontaine du petit, il ne restait que des ruines calcinées. Bayonetta eut l'air de s'en foutre totalement et continua la route pour sortir du jardin intérieur, ouvrant la porte d'un coup de pied. Deux anges sautèrent par les fenêtres et se prirent une pluie de balles de la part des sorcières. Ann marcha jusqu'au mur magique et y donna le plus puissant des coups de pied retourné qu'elle pouvait, avec le maximum de Haki qui soit, l'explosant en un coup. Bayonetta eut un petit rire en applaudissant doucement l'exploit et elles quittèrent le couloir.
Elles se retrouvèrent dans un chemin en descente carrelée et la plus vieille se figea brutalement en regardant les alentours.
- Bayonetta ? appela Ann en la regardant.
Flash-Back
- Qu'est-ce que tu fiches, on y va !
Bayonetta n'était plus dans la Vigrid réelle, mais dans une autre parallèle, sous la pluie. Deux apprenties sorcières passèrent près d'elle en tirant sur quelque chose qu'elle ne pouvait voir.
- Qu'est-ce que tu fous !? Viens ! lança l'une des apprentie.
Et elles continuèrent de courir. Un gros bruit l'alerta et elle tourna la tête. Une étrange créature (la peau pâle et les dorures disaient que c'était un ange) était là. Et elle était colossale. Un dragon à deux têtes et dont les bras étaient remplacés par des ailes de plumes. Mais la chose la plus dérangeante chez la créature, c'était son tronc qui était un immense visage humain, tourné à l'envers par rapport aux têtes de dragon, regardant ainsi le monde la tête en bas. Le dragon du côté gauche était orné d'une armure richement décorée d'une teinte bleue, alors que le côté droit était rouge.
- Fortitudo… reconnut Bayonetta.
Elle n'eut pas vraiment l'occasion de s'y pencher plus que l'une des têtes lui cracha une boule de feu sur elle, la forçant à esquiver. Vu qu'il gardait ses distances, elle n'avait pas d'autre choix de que lui tirer dessus. Il était assez rapide, aussi. Très rapide en comparaison avec les anges qu'elle avait eu à affronter jusqu'à présent. Le combat mena Bayonetta le long du chemin qui longeait une sorte de falaise, la faisant passer sous une arcade, rejoignant d'autres sorcières, et usant, sans limite de son Witch Time. La créature semblait avoir de la résistance à revendre !
C'est là qu'une des têtes de dragon jaillit entre les arcades et avala tout cru l'une des apprenties.
- Merde… jura Bayonetta.
La seconde y passa rapidement à son tour, malheureusement.
C'est là que la créature fit un tour sur elle-même et Bayonetta se mangea une queue qui l'envoya valdinguer plus loin. Elle se releva et esquiva à temps une des têtes qui voulait l'avaler.
- Tu vas bouffer, mon gars… grogna la sorcière.
Et elle se fit un plaisir de se déchaîner durant le Witch Time en invoquant poing sur poing de Madama Butterfly pour bien lui faire mal.
La tête de dragons se dégagea et l'ange s'ébroua, avant de s'éloigner, sans raison apparente.
- netta… Bayonetta ! Ohé ! Aaah !
Bayonetta revint à elle et regarda les lieux.
Ann l'avait assise par terre, contre un mur et la regardait avec soulagement.
- Tout va bien ?
- Un souvenir… souffla Bayonetta. Ne t'en fais pas.
Ann haussa des sourcils et aida la plus vieille à se remettre debout.
Vigrid aujourd'hui n'était plus aussi austère qu'avant. Il y avait tellement de verdure… c'était presque trop paradisiaque.
Elles reprirent leur route en silence, suivant le chemin serpentesque des ruines.
Traduction japonaise :
- Otoko : homme.
Purgatoire/ Purgatorio : c'est le nom d'un plan parrallèle au monde des humains dans ce qu'on appelle la Trinité des Réalités (le Monde Humain, les Enfers et le Paraiso (Paradis)), mais ça n'en fait pas partie à proprement parler. C'est quelque chose qui est coincé entre les mondes. Ni vivant, ni mort. Ni bon, ni mauvais. C'est une sorte de no man's land utilisé par les Sorcières et les Sages afin d'entrer en contact avec les anges et les démons. C'est aussi là où ils se réfugient quand ils veulent pas se mêler aux mortels. Dans ce plan, on est invisible de ceux dans le monde des humains (à moins qu'on ait un lien avec l'enfer ou le paradis). Néamoins, détruire un objet dans le Purgatoire le détruit aussi dans le monde des Humains et on est visible sur toute surface réfléchissante.
Mur de métal: Malgré la modernisation de Vigrid, il reste des zones qui ont gardé leur aspect d'origine. D'où le fait qu'on trouve des présences d'éléments assez intriguants, comme ces fameux Murs de Métal. Ce sont des barrières vert sombre d'un métal inconnu encore aujourd'hui qui bloquent certains passages de la cité. Elles sont composées de blocs. Imaginez un jeu de Tetris géant, bien organisé, et vous serez pas très loin. Seul les Sages et les Sorcières savent comment passer à travers.
Tombe de sorcière : Les plus puissantes sorcières, une fois mortes, sont enterrées dans de lourds cercueils de pierre qui parsement la cité. De leur vivant, elles usaient de leur incroyable pouvoir afin de protéger la ville de toute intrusion, voilà pourquoi, une fois morte et mise dans leur cercueil, les plus fortes étaient utilisées comme des sortes de déités gardiennes. Des couffins si bien scellés que seuls ceux avec un savoir en sorcellerie peuvent ouvrir. Elles résistèrent même aux sacages de la chasse aux sorcières. Une aute théorie dit aussi qu'au vu de leur contrat avec les démons, à la mort d'une sorcière, plus rien d'elle ne peut rester dans le monde des Humains. Raison même du développement de cette tradition. Les Sages Lumen, incapables de les ouvrir, placèrent leur propre sceau par-dessus ces tombes afin d'empêcher les sorcières d'ouvrirent leur sarcophage si elle venait à revenir dans le monde.
La Sorcière et le Sage de cristal : Ce sont des statues des deux clans construites il y a longtemps, qui représentent la dualité des deux fraternités : lune pour les sorcières et soleil pour les sages. Elles sont taillées dans le Belteston Crystalos (nom dans le jeu), une pierre de très haute qualité. Elles servaient à ceux ayant des difficultés à maitriser 'l'Art de Contrôler le Temps'. Après la Chasse aux Sorcières qui ravagea Vigrid, les statues représentant les sorcières ont été endommagées et détruites.
Le livre des Démons Infernaux :
- Gomorrah : C'est une monstrueuse créature qui provient des bois démoniaques, la Forêt de Johnson. Il prend la forme d'un dragon, il est incroyablement féroce, et considère tout ce qui bouge comme une proie à chasser et dévorer. Il est territorial et donc, susceptible d'être trouvé seul.
Hiérarchie de Laguna :
- Applauds : Ce sont des 'Archanges', un pas au-dessus des Affinity. Ils leur ressemblent énormément, mais sont plus forts et plus résistants qu'eux. On en compte deux types, l'un étant puissante, et l'autre, plus large et résistante. Ils se différencient des Affinity aussi par leur tenue : là où les Affinity ont des soutanes blanches, les Apllauds l'ont rouge (type A attaquant à l'arc ou avec deux épées) ou bleue (type B qui se bat avec un bâton de prêtre doré).
- Beloved : Membre de la seconde sphère, classé six sur neuf dans l'échelon de puissance de l'armée de Laguna, ce sont des anges imposants, lents, mais puissants, armés d'une immense hache leur donnant une grande portée d'attaque. Ils sont dotés de trois yeux, et d'un visage d'enfant... qui semble être plus un masque qu'autre chose, puisque ce qui leur sert de bouche est une ouverture membranaire juste sous le menton du visage enfantin qu'ils ont sur la tête. Il faut aussi savoir que suivant leur classe, le visage passe d'enfant (type A) à vieillard (type C) en passant par adolescent (type B). On en compte quatre types (cinq si on inclut Bayonetta 2) en tout, le quatrième, type D, étant unique et rencontré un peu plus loin dans la fic et dans le jeu (Chapitre XVI).
