Note de l'auteure :

Bienvenue aux nouvelles followeuses et nouveaux followeurs. Merci à vous et à celles et ceux qui postent des reviews. Ça m'aide vraiment à ne pas me decourager et à y voir plus clair

Ce chapitre était compliqué à écrire, le prochain est déjà prêt avec un tete à tete entre Draco et Gabrielle 3

lefoudeslivres04 ce chapitre va te plaire. Ron y apparait plus complexe.


- Du coup, tu l'as arrêté ? Demanda Ron à Harry.

- Non, Ruben Doll est une marionnette, il y a quelqu'un derrière, c'est sûr.

- Pas qu'une personne, si tu veux mon avis.

Harry regarda Ron attendant qu'il en dise plus, mais celui-ci attendait que la réserve du magasin Weasley se vide des employés venus chercher du stock.

- Qu'est-ce que tu veux dire.

- Tout est louche dans cette histoire.

- Tu penses qu'ils cachent la presse pour cacher d'autres activités ?

- Ça, je ne sais pas, sûrement. Mais vois ça d'un point de vue stratégique. Imaginons que tu es un modeste sorcier, disons un commerçant.

- "Modeste" ?

Harry eut un sourire amusé en contemplant le "modeste" commerçant, dans son costume de magnifique facture et depuis la réserve la plus moderne du chemin de traverse.

- Modeste. Tu trimes beaucoup et les temps sont durs, lui répondit Ron jouant amusé le commerçant modeste offensé Disons que tu as aussi perdu des personnes de ta famille pendant la guerre, et que comme tout le monde, tu te forces à avancer pour ne pas tomber.

Et tu vois que ton quotidien ne s'améliore pas du tout mais que par contre tes anciens ennemis commencent à revenir dans le paysage. Ils ont perdus un peu de leur superbe mais enfin, ils sont toujours aussi riches et on dirait que tous les politicards veulent les accueillir à nouveau...

- Ron, tu…

- Non attends. Ça c'est juste le début. Et là, tu as des gens aussi modestes que toi, voire pire, qui murmurent des choses sur des copains arrêtés.

- Des choses fausses.

- Bin, en tout cas, ça semble très crédible et surtout, à qui d'autre faire confiance ? Tu connais comme moi la fiabilité de la presse grand public.

- …

- Voilà. Et là dessus, ils te disent que yen a marre de cette presse truquée, on va s'informer nous-même.

- Le "Sang impur" ?

- Bin, sachant ce qu'on sait des journaux officiels, ce n'est pas très difficile de convaincre le chaland que le journal le plus fiable est celui qui se planque.

- Il faut faire interdire ce journal, s'agaça Harry inquiet.

- Mouais, grimaça Ron. Et tout le monde dira qu'il y avait un fond de vérité dedans puisqu'on le fait interdire.

- Merlin, se désespéra Harry.

- Puis je vois d'ici les aurors réussir à faire appliquer l'interdiction. Tu vas faire comment, Capitaine Potter. Interdire les caves ? Fouiller tous les manteaux ? Vous n'arrivez même pas à endiguer la circulation de fausse monnaie moldue.

- Hey !

- En attendant, interdit ou pas ce journal circulera, et interdit ou pas, il créera un courant d'indignation au sein de ceux qui se sont battus et se sentent laissés pour compte. La question, c'est à qui ce courant va bénéficier…

- À qui ? Demanda Harry.

- Mon vieux, pas la moindre idée. Faudrait demander à une politicarde qui, quand elle aura fini de faire mumuse pour réhabiliter des mangemorts, pourra enfin ouvrir les yeux sur le danger que ça nous fait courir…


Harry, blasé, regardait Hermione, rouge, échevelée, tapait du poing agacée sur le "Sang impurs" posé sur son bureau.

- Et tu diras à ce vendeur de tapis que ce n'est pas le fait de réintégrer les exclus dans notre société qui fait monter les extrémistes mais bien la crise dans laquelle on s'embourbe justement parce qu'on ne les réintègre pas.

Harry soupira.

- Ron a raison ? Demanda-t-il, il y a quelque chose derrière ?

Les épaules de Hermione s'affaissèrent.

- Ecoute Harry, on ne reste pas mariée presque 10 ans avec le commerçant le plus prospère du chemin de traverse et président de la guilde du commerce sans lui reconnaître quelques qualités de stratège. Il connaît très bien les ressorts qui font faire des choix aux gens…

- Donc il a raison, il y a quelque chose derrière.

- Oui. La question est quoi…

- Ou qui.


Harry paya deux cafés à un vendeur ambulant moldu et en tendit un à Malfoy.

- Je ne comprend pas comment en ayant des vues aussi différentes, ils arrivent à la même conclusion. Je veux dire, Hermione veut faire avancer la société et dit que quelque chose coince pour attendre la Réconciliation Nationale. Ron ne s'interresse qu'aux gens et dit que quelque chose cherche à diviser à nouveau. Mais c'est le même résultat.

Draco avala une gorgée du café insipide et trop sucré qu'avait acheté Harry.

- Ma foi, oui, repondit-il, il y a sans doute quelque chose.

- Mais qui ? Réfléchi Harry, qui voudrait encore diviser les sorciers ?

- Et surtout pourquoi ? On divise toujours pour atteindre le pouvoir.

- Le pouvoir ?

Draco grimaça. Le café était vraiment mauvais. Il se contenta de faire semblant de le boire.

- Potter, ne te méprend pas, je suis vraiment flatté de compter dans le cercle de tes intimes. Mais tu n'as pas une hiérarchie à qui faire part de ces questions ?

- Et bien, dit Harry en dégustant son café, oui, évidemment, mais un réseau aussi important et incrusté ne se forme pas sans qu'une bonne partie du ministère soit au courant.

- Ça n'est pas du tout rassurant.

- Les deux autres m'ont aidé à avancer mais voilà, j'ai besoin d'un nouvel éclairage.

- Ah.

- Et toi…

- Je suis suspect ?

- Tu es suspect.

Draco regarda son café dégoûtant et réfléchi à en prendre une gorgée pour se donner une contenance.

- Je suis suspect parce que le rôle de réconciliateur pourrait me permettre de me réinsérer, donc j'aurai intérêt à passer pour une victime pour marginaliser ceux qui ne veulent pas de la Réconciliation.

Les faire passer pour de dangereux extrémistes serait une bonne méthode.

- Voilà.

- Hum.

- Surtout que c'est toi qui m'a mis sur la piste de Ruben Doll.

La sueur coulait dans le dos de Draco. Ça s'annonçait mal.

- Je ne connaissais rien de lui.

- Lui te connais bien.

- Écoute Potter… Je ne… Comment…

- Oui, dit Harry songeur. Tu sais pourquoi nous en discutons en pleine rue moldue plutôt que dans la confortable salle d'interrogatoire des aurors ?

- Pour que tu n'ais pas eu à me lire mes droits et que je n'ai pas été sur mes gardes ?

- Non Malfoy. Parce que je n'y crois pas du tout. Gabrielle te fait confiance, te connais très intimemment et ne tolèrerait pas ce genre de raisonnement. Elle est trop à cheval sur le respect des règles. Et tu l'aimes trop pour risquer autant de la décevoir.

Malfoy soupira de soulagement. Ses muscles s'étaient tellement contractés qu'il en avait mal au dos.

- Mais ça, le reste du monde sorcier l'ignore ou ignore que je le sais. Donc pendant que nous discutons, j'ai envoyé des équipiers très fiables et discrètement prévenus, fouiller méticuleusement chez toi et dans ton horlogerie.

Un hiboux arriva sur ces paroles.

- Et donc ils n'ont rien trouvé, dit Harry en lisant le parchemin.

- Évidemment qu'ils n'ont rien trouvé, s'agaça Malfoy.

- Ensuite, je vais t'inviter poliment à me suivre pour quelques questions au bureau des aurors, en envoyant un mémo à ma hiérarchie, puis envoyer des équipiers moins fiables, ceux avec de tres gros sabots et avec un ordre très très officiel.

- Je ne comprend pas…

- À leur retour, je mise un gallion qu'ils auront des documents très compromettants, et je pourrais donc démontrer que quelqu'un dans ma hiérarchie cherche à te faire porter le chapeau. Ça te disculpera officiellement, ça me donnera des coudées franches par rapport à mes chefs. Et on pourra fêter ta non-inculpation ce soir autour d'une pizza et des bières entre célibataires, ce qui m'évitera de déprimer en l'absence de ma fiancée qui prépare la coupe de monde.

Draco, encore abasourdi, expira profondément.

- De la nourriture libanaise et une bouteille de blanc. Je ne suis pas très pizza.

- Va pour le libanais, dit Harry en froissant son gobelet vide. Dis, tu ne trouves pas que ce café n'était pas très fameux ?