Bonjour tout le monde, nouveau chapitre pour vous. De ce que j'ai vu, les non connaisseurs sont un peu déstabilisés face à ce nouveau monde, mais je les rassure immédiatement : nous aurons bientôt d'autres éléments de One Piece dans les environs qui vous permettront de retrouver un peu de familiarité (indice : c'est blanc).
Pour Kikoo kiloo, (que je remercie au passage pour avoir accepté de traduire War Mage), la réponse à sa question est juste dans le chapitre, justement.
Sur ce, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures dans Vigrid.
Les deux sorcières avaient continué leur route, affrontant au passage un autre Beloved qui leur avait gentiment coupé la voie en brisant la route qui traversait le ravin devant elles... mais aussi derrière elles.
C'est là qu'elles reçurent de la visite sous la forme de la sorcière blonde de l'autre jour qui tomba du ciel devant elles, sur une bécane, leur souriant d'un petit air supérieur. Ann passa derrière Bayonetta en lui murmurant quelque chose, avant de venir se mettre de son autre côté. Sous ses roues on trouvait des anges. La sorcière accéléra et passa à toute vitesse entre les deux brunes. A elle seule, juste armée de sa moto, elle se fit à coup de freinage, accélération et dérapage bien calculés une belle dizaine d'anges, défiant les lois de la physique.
Bayonetta esquiva un ange qui se crasha gentiment dans le vide et Ann tira dans le crâne du dernier.
- Comme on se retrouve… alors, tu es de sortie pour avoir des réponses sur ton passé ? dit la blonde sur sa bécane.
On va tout simplement ignorer que la moto est sur un mur et non par terre, et que donc elle devrait tomber. Ignorons-le, vraiment.
- Et tu en profites pour faire du gardiennage d'enfant…
La blonde regarda Ann en disant ça. Les poings de la jeune femme s'embrasèrent de flammes dorées, fragment qu'elle avait pu conserver de ses anciens pouvoirs, malgré le fait que passer le contrat avec Madama Khepri lui avait fait perdre son akuma no mi.
Bayonetta posa une main sur l'épaule d'Ann et celle-ci chassa les flammes de ses mains en essayant de garder son tempérament sous contrôle.
- Ton visage ne m'est pas inconnu… et tu utilises les mêmes techniques qu'Ann-chan et moi… On ne se serait pas déjà vu, toi et moi ?
Bayonetta regarda la blonde, les bras croisés.
- Les mêmes pouvoirs… se moqua la blonde. Ne me fais pas rire. Ta baignade dans ce lac t'a rouillé et je t'interdis de me comparer à une gamine.
Et la femme allongea ses jambes pour poser ses pieds sur le guidon de sa moto.
- Ara ? Ça fait pourtant vingt ans que j'en suis sortie, fit Bayonetta en rejetant ses cheveux derrière son épaule. Et si j'ai l'air encore un peu rouillée, c'est que je n'ai trouvé pour l'instant aucun adversaire à ma taille. Quant à Ann-chan, je te conseille de faire attention à elle. C'est peut-être encore récent, son entrée dans la sorcellerie, mais elle un talent indéniable pour ça. Tu veux peut-être relever le défi. Elle et moi sommes partante, ne, Ann-chan ?
- M'appelle pas Ann-chan, répondit Ann sans cesser de fixer du regard la sorcière en rouge.
- Alors tu me déçois déjà… commenta la blonde.
Elle fouilla dans son décolleté et fronça les sourcils.
- C'est ça que tu cherches ? proposa Ann.
Elle brandit deux Witch Wtach. Une épaisse en argent et celle fine en or de Bayonetta incrustée en son centre du diamant rouge qu'était l'Œil Gauche.
La blonde plissa les yeux. La montre en argent, c'était la sienne, elle le savait.
- Je suis une pirate, ton niveau de pickpocket, c'est de la merde, dit clairement Ann en rendant la montre en or à Bayonetta qui la remit sur le disque de cuir au niveau de son cœur. J'avais déjà compris ton but avant même que tu le fasses, et ce que tu as pris, ce sont nos cheveux. Si tu veux récupérer ta montre, va falloir venir la chercher.
La blonde s'énerva et fonça vers elles. La montre passa des mains d'Ann à Bayonetta qui était à l'autre bout du reste de chemin quand la mystérieuse sorcière en rouge s'arrêta enfin.
- Dire que j'attends cet instant depuis tellement de temps… Et tu as gâché ces vingt longues années en oubliant ton rôle… grommela la femme.
Bayonetta lui renvoya son bien.
- Il est vrai que j'ai encore beaucoup de trous de mémoire… pointa Bayonetta. Tu pourrais reprendre tout depuis le début, peut-être ?
La blonde avait ouvert sa montre pour s'assurer qu'elle n'était pas endommagée, dévoilant sous le couvercle un miroir de poche dans lequel elle se regarda pour se refaire une beauté.
- Deux gardiens… fit la blonde. "Les Yeux du Monde". Ils représentent la force qui se cache derrière toute chose.
Bayonetta fronça les sourcils. Elle se rappelait de cette femme, enfin.
Une cérémonie, avec cette blonde, Jeanne, oui, Jeanne était son nom. Une des Anciennes l'avait désignée comme l'héritière du clan de l'Umbra. Elle se souvenait de cette cérémonie durant laquelle cette femme devait prouver sa valeur en affrontant la sorcière de son choix. Elle l'avait choisie elle, Bayonetta, l'Exclue, alors qu'elle n'était que simple spectatrice hors des rangs, mise à l'écart derrière des barreaux.
Mais c'était interdit, puisque apparemment, Bayonetta était de Sang Impur. Pourtant, ça n'était pas la première fois qu'elle et Jeanne s'affrontaient.
Alors, elles s'étaient battues dans une arène, marchand sur les murs dans le clair de lune, pour que Bayonetta finisse par la vaincre.
En la voyant vacillé, Ann se précipita à son chevet et la soutint.
- Je vais bien, assura Bayonetta. Reste en dehors de ça, Ann-chan, d'accord ? C'est mon combat.
Ann hocha doucement la tête et s'écarta, tirant néanmoins un de ses flingue, juste par prudence. La blonde les remarqua immédiatement et fronça les sourcils.
- Unforgiven… ? Tu oses manier ces armes ? siffla la blonde. Je suis déjà surprise que ta nounou ne les ait pas rangés dans une vitrine pour les vénérer jusqu'à la fin des temps… mais je croyais que ces armes de sorcière avaient été scellées à la mort de leur dernière manieuse, il y a cinq cents ans !
Ann et Bayonetta regardèrent les colts dorés de la plus jeune d'un air perplexe.
- Je sais pas de quoi tu parles, Jeanne, mais je vais te tirer les réponses que je cherche, annonça Bayonetta.
- On verra ça ! Je suis si contente que tu te rappelles de mon nom !
Et la femme roula vers le mur, monta à la verticale dessus et s'éloigna.
- On la rattrape ? demanda Ann.
- Non, laisse-la partir. On la reverra. Elle nous veut quelque chose, donc, pas la peine de se fatiguer.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Un autre souvenir ?
- Oui… C'est bien une sorcière et pas n'importe laquelle. Cette Jeanne est l'héritière du clan de l'Umbra. J'en ai appris un peu sur moi, aussi, mais c'est sans importance, du moins pour toi, puisque tu n'en sais pas plus. On verra ce que Rodin en pense.
Bayonetta s'approcha du mur et fit signe à Ann de la rejoindre.
- Tu sais marcher sur ça ? demanda Bayonetta
- Comme elle le faisait ? Non.
- Alors regarde la lune et concentre ton énergie dans tes pieds. Fais comme moi.
Bayonetta fixa la lune et presque immédiatement, une aura mauve commença à l'envelopper, formant un disque de lumière sous ses pieds. Elle leva une jambe et la posa contre le mur, avant d'en faire autant avec l'autre, y tenant sans le moindre souci, défiant la gravité.
- Essaie ! encouragea Bayonetta. Ne mets pas trop de puissance, par contre. Laisse Madama Khepri faire le dosage s'il le faut.
Tu parles, Madama Khepri était du genre à rire de ses tentatives d'apprentissage.
« Ne te vexe pas, c'est une technique d'assez haut niveau. Plus d'une sorcière s'est tuée en essayant de la maîtriser ».
Merci de ce commentaire, Madama Khepri.
Ann regarda la lune en fronçant les sourcils de concentration. Les minutes passèrent, et une goutte de sueur coula même le long d'une tempe de la jeunette, avant qu'elle se retrouve enfin entourée d'une aura mauve à son tour. Elle rejoignit Bayonetta sur le mur et poussa un 'YES' tonitruant.
Un battement d'aile lui tira un 'oups'.
- N'oublie pas qu'on est à Vigrid et que c'est un bastion ennemi… gronda Bayonetta.
Sept têtes de chérubins voletèrent vers elles avec un rire enfantin, de leurs petites ailes dorées, encadrant une tête barbue aux ailes rouges.
- Un Dear et ses Decorations… reconnut Bayonetta en sortant ses armes.
Ann sortit son second colt.
Le Dear s'ouvrit, comme si on pelait son crâne et leur lança ainsi une boule d'énergie que les deux sorcières évitèrent. Pendant qu'Ann douchait tout ce beau monde de balles, Bayonetta invoqua un poing de Madama Butterfly pour faire le ménage. Deux Applauds débarquèrent et Ann invoqua carrément une vierge de fer pour s'occuper de l'un deux, pendant que Bayonetta gérait parfaitement l'autre avec un coup de pied là où ça fait mal, couplé de balles de son gros derringuer.
- On a pas déjà dit qu'on cherchait du défi ? demanda Ann.
- Personne ne nous écoute jamais. Ne traînons pas là, si la lune est cachée, on pourra plus rester sur ce mur très longtemps.
- En avant les mouches sur les murs !
Et Ann fonça vers l'avant, et Bayonetta roula des yeux dans ses orbites avant de la suivre. Elles arrivèrent pas loin d'une porte quand des nuages passèrent devant la lune, et parvinrent donc sans trop de mal à trouver appui sur des restes de la plate-forme de pierre qui était devant la porte. Un coup de pied pour l'ouvrir et elles entrèrent dans une nouvelle allée, encadrée de maisons de chaque côté et avec des corbeaux plein le sol qui les laissèrent passer sans s'occuper d'elles.
- Bayonetta.
Ann s'était arrêtée pour regarder derrière elles. Bayonetta se retourna et leva un sourcil.
- Voyez-vous ça… sourit la plus vieille. Tu veux essayer ?
Ann claqua des doigts en procédant à l'invocation qui lui vola ses cheveux et souleva les statues dans les mains de Madama Khepri. Elle et Bayonetta se précipitèrent à l'autre bout de la rue, la plus vieille faisant le compte à rebours. Elles arrivèrent devant le mur de métal magique à l'instant où l'éclair s'abattit sur Ann qui l'esquiva agilement au dernier moment, déclenchant le Witch Time. Bayonetta en profita pour maltraiter le mur qui s'ouvrit, leur permettant de passer.
Le Witch Time cessa et Ann retrouva sa tenue.
- C'est étrange… il faisait nuit dans les ruines et là, il fait de nouveau jour, nota Ann en regardant la zone de Vigrid qu'elles venaient de rejoindre.
- Bienvenue au Paradis, se moqua Bayonetta.
Elles regardèrent les habitants de la ville qui ne les voyaient pas, puisqu'elles étaient toujours dans le Purgatoire.
Il y avait une poursuite dans les rues de Vigrid. Un jeune homme avec une longue écharpe rayée, vêtu d'une soutane dorée, se faisait poursuivre. Il sauta par-dessus un gars qui voulut lui bloquer la route, puis eut un magnifique saut pour passer sur la tête de pauvres civils qui le regardèrent passer avec des yeux ronds. Tant bien que mal, il parvint à prendre un peu d'avance, tourna au coin d'une rue, puis d'une autre, avant de se cacher dans l'angle. Il entendit ses poursuivants passer en courant dans une autre direction, le faisant soupirer de soulagement.
Il partit assez vite, manquant de percuter une femme qui eut un petit cri.
Résultat, il s'arrêta, se redressa et fit marche arrière, la rendant perplexe. Il arrangea du mieux qu'il put sa bure, et d'un geste élégant, sur une musique limite jazz, retira sa capuche, dévoilant sa demi-queue de cheval châtain foncé. Il se tourna vers la jeune femme en envoyant un bout de sa longue écharpe blanche, rose et bleue par-dessus son épaule et eut un air charmeur.
- Tu crois au destin ? demanda-t-il alors que le pan qu'il avait envoyé pardessus son épaule glissait de nouveau devant lui.
Il s'approcha doucement de la femme qui se pencha légèrement en arrière.
Un gars passa par là et se jeta sur le jeune séducteur qui recula au dernier moment, le laissant s'écraser sur le pavement.
- Le destin nous a permis de nous rencontrer ici et plus rien ne peut plus nous séparer, poursuivit-il d'un ton charmeur.
Il commença à s'éloigner à reculons… et tomba à la renverse sur un étal de fleurs, inquiétant légèrement la femme.
Pas de panique...
Monsieur se relève avec une fleur qu'il embrasse et lui jette, avant de reprendre la fuite dans l'autre sens, toujours poursuivi. Il prit un peu d'avance et lança un grappin à son bras vers un toit, lui permettant de prendre ainsi la fuite. Il resta accroché ainsi au mur, regarda l'homme le chercher puis partir, avant de retrouver le plancher des vaches en riant.
- Sayonara, salua-t-il à l'homme déjà loin.
Et il reprit sa route tranquillement… avant de s'arrêter.
Il y avait quelque chose dans l'air...
Il jeta sa tête en arrière et inspira profondément.
Les fleurs, ça sentait les fleurs et un parfum qu'il reconnaîtrait entre mille.
- Eau de parfum Fleur de Cirey... reconnut-il.
Il se mit à circuler dans la place vide, à l'exception de Bayonetta et Ann dans le Purgatoire qui le regardèrent.
- Douces senteurs florales. Avec une touche de romarin. Tu sais, dans le langage des fleurs, le romarin est associé à la mémoire et aux souvenirs, dit l'homme.
Sans la voir, il savait qu'il était devant Bayonetta. Son parfum était plus fort à cet endroit.
- Ce qui dans ton cas, ne te correspond absolument pas, continua le jeune homme… na… Bayonetta !
Il fit voler sa soutane pour dévoiler sa tenue plus classique et passe partout. Il tourna d'un bond sur lui-même en tirant un appareil photo, faisant face à une vitrine où se reflétait son image, mais aussi celles des sorcières dans le Purgatoire.
Avant qu'il ne puisse prendre la photo, Bayonetta tira en l'air, le déconcentrant.
- Non mais tu vas arrêter ton cirque !? s'indigna l'homme.
- C'est quoi son problème ? demanda Ann en s'adossant à une colonne, les bras croisés.
- Une histoire presque aussi vieille que toi, lui dit Bayonetta.
Elle s'éloigna un peu de l'homme, les mains sur les hanches.
- Pas mal ton idée de mettre un mouchard sur Enzo. Mais comme tu es ici, je suppose que ce n'est pas le seul que tu avais installé.
Elle tourna lentement autour du jeune homme qui cherchait à suivre son déplacement à son odeur. Elle lui donna une pichenette sur le bras, le faisant sursauter.
- Tu as bien grandi, Luka, mon adorable chaton de Cheshire…
- Je ne suis pas ton chaton, fit Luka en l'entendant. T'es pareille avec la nana avec toi ? On peut comprendre qu'elle ait besoin de voir un psy.
Vexée, Ann lui donna une claque derrière le crâne.
- Atch ! Ça, c'est pas Bayonetta… écoute, Nee-san, ton parfum dis tout ce qu'il faut savoir ! Adonis, Aloès, Dahlia et Iris. Souvenirs douloureux, chagrin, instabilité et sacrifice amoureux ! T'as soit besoin d'une bonne psychanalyse, soit d'un gros pot de glace. L'un dans l'autre, t'es pas bien dans ta tête ! Aouch !
Cette fois, elle lui avait écrasé le pied de son talon sans le moindre remord. Il sautilla un instant en grimaçant, avant de reposer son pied à terre, boitant légèrement.
- Haki… ça, c'était du Haki… depuis quand vous autres maîtrisez le Haki ?
- Prends garde, Ann-chan, c'est un vilain petit fouineur, ce Cheshire…pouffa Bayonetta. Et ne vexe pas ma sœur de clan, va. Elle est bien plus redoutable que tu ne le crois.
- Je m'appelle Luka, siffla Luka. Tu ferais bien de t'en rappeler !
Il recula en regardant autour de lui et trébucha en arrière en percutant le pied d'Ann derrière lui.
- Humph ! grommela la pirate.
Et elle s'éloigna. Une enseigne tomba du toit et Luka manqua de finir dessous, n'y échappant que de justesse. Il avait une chance du tonnerre.
- Qu'est-ce que je disais, il ne faut pas vexer Ann-chan, dit Bayonetta.
- Putain, vous êtes où ! Surtout toi, Bayonetta ! Tu peux pas t'enfuir comme ça ! Je sais ce que j'ai vu ce jour-là !
Les cris de Luka firent fuir les oiseaux.
- De quel jour il parle ? demanda Ann.
- Celui de la mort de son père. C'est son père qui m'a sortie de mon cercueil au fond du lac. Malheureusement, il s'est fait attaquer. Quand j'ai voulu passer dans le Purgatoire pour l'aider, il était trop tard, expliqua Bayonetta. Je pense que Cheshire m'accuse de ce qu'il s'est passé ce jour-là.
- Je sais tout sur votre espèce. Mes collègues se moquent de moi en disant que je crois encore aux contes de fées… entre autres… mais je sais que c'est vrai ! continua Luka. Je connais la vérité !
Et le mauvais timing frappa, laissant des anges se matérialiser derrière Luka. Sur trois rangées, au moins une dizaine, tous face aux sorcières.
- Cette odeur, continua Luka. C'est la même que j'ai senti quand mon père s'est fait tuer…
- On lui dit ? demanda Ann en faisant tournoyer ses armes dans ses mains.
- Nooon…
Lentement, avec un déhanché de tombeuse, elles s'avancèrent, pour s'arrêter au point où Luka faisait les cents pas.
- Alors je ne vais pas m'arrêter de sitôt !
Il pointa son doigt vers là où il croyait être Bayonetta, mais tomba (sans le savoir) sur deux anges qui attaquèrent immédiatement.
Les deux sorcières tirèrent. L'explosion se répercuta dans le monde réel, faisant perdre l'équilibre à Luka.
- Je vais te faire part d'un petit secret, Cheshire…
- Je t'ai déjà dit…
La parole de Luka fut coupée par les coups de feu.
Ann passa près de lui et le repoussa de la main.
- Bouge, tu gênes nos affaires, dit-elle en veillant à ce que sa voix parvienne à l'homme, malgré le fait qu'elle soit dans le Purgatoire.
Luka se tourna de nouveau vers la vitre, mais la seule chose qu'il vit, ce fut le dos nu d'Ann et donc forcément, l'emblème des Shirohige, avant qu'elle ne tire dans la glace, l'explosant.
- Tu ferais mieux d'améliorer ton odorat, mon chéri. Il n'y a pas de romarin dans mon parfum. N'oublie pas que le romarin repousse les démons. Et évite de tirer des conclusions à cause de l'odeur d'une femme. Ann-chan n'est peut-être pas des plus saines d'esprit, mais elle n'a pas besoin de passer sur un divan pour aller mieux !
Les femmes ne s'occupèrent pas plus de Luka et firent le ménage, valsant autour de l'humain et des anges, alternant numéro de haute voltige, grâce à leurs ailes (papillon chez Bayonetta et insecte chez Ann) et Witch Time.
Puis, il ne resta plus aucun ange debout. Bayonetta resta immobile, juste derrière Luka, et Ann devant le garçon.
- C'est ça ! Va-t'en ! fit-il. Je sais très bien qui tu essaies de fuir … c'est moi ! Mais tu ne pourras pas t'enfuir éternellement !
Il lança une main vers un toit et usa de son grappin pour s'en aller de la place.
- Tu le poursuis pas ? s'étonna Ann.
- Non, ça ne sert à rien. Allons-y, Ann-chan, qu'on en finisse ici, afin que tu puisses retourner auprès de ton chéri.
- BAYONETTA ! s'indigna Ann.
Bayonetta s'éloignait déjà vers une autre ruelle, marchant sur les rails d'un tramway.
Elles n'étaient même pas au coin de la rue qu'un gros bruit se fit entendre.
- Dîtes-moi que je rêve… je sais qu'on est dans le Shin Sekai, mais faut pas exagérer ! gémit Ann.
Un tram déraillé fonça vers elle, glissant le long de la pente de la rue. Les deux femmes sautèrent agilement pour l'esquiver, et la carcasse de fer s'arrêta en bas, bloquant une rue de son corps de fer et de flammes, à présent.
Et comme si ça ne suffisait pas, des anges jaillirent des flammes. Des sortes de roues de métal recouvertes de feu.
- Des Enchants… identifia Ann. Oi ! Est-ce que quelqu'un m'écoute là-haut ! Je vous ai dit des trucs plus palpitants ! Du défi ! Pas de la merde de Troisième Sphère !
Leur excursion les mena jusqu'à une église qui sonnait. Elles ouvrirent la porte pour la voir désaffectée.
Pas la moindre trace de mobilier.
- Ancien refuge Lumen ? supposa Ann.
- Possible, accorda Bayonetta.
Elles s'avancèrent jusqu'au milieu de la salle et se figèrent en entendant un petit bruit derrière elles. Les deux femmes se regardèrent, puis, se disant qu'elles avaient imaginé les choses, reprirent leur route. Après tout, ce n'était pas comme si elles étaient dans le plan des humains.
On recommença à courir.
- Dare ? appela Bayonetta.
- Vu le bruit, je dirais qu'on a affaire à un enfant, alors, range les crocs, souffla Ann.
Elle se déplaça pour se mettre sur la route d'une silhouette d'enfant qui la contourna en continuant sa course. Ann leva un sourcil, et imitant Bayonetta, elle dessina un Sigil pour rejoindre le plan mortel.
L'enfant courait toujours autour de la nef de l'église quand Bayonetta se mit sur sa route, braquant sur le gosse l'un de ses talons et donc flingue.
- Saa, on arrête de jouer à cache-cache, mademoiselle la petite souris.
Ann eut un soupir et applaudit narquoisement Bayonetta. Elle avait fait peur à une gamine.
- Eeeh, n'écoute pas la méchante dame… viens par-là, la belle, fit Ann en venant s'accroupir à côté de l'enfant.
Le visage caché dans son doudou, on ne voyait d'elle que sa chemise de nuit rose et ses deux longues nattes noires décorée d'un lacet rouge entrelacé dedans. Elle ne devait même pas avoir cinq ans.
- Un enfant ? Mais qu'est-ce que tu fais dans cette partie de Vigrid ? s'étonna Bayonetta en rangeant son arme. On peut pas dire que tu es habillée pour l'occasion.
Ann lui jeta un regard noir. Elle savait vraiment pas s'y faire avec les enfants.
- C'est une jolie peluche que tu as là, tu me la montres ? demanda doucement Ann, essayant de rassurer l'enfant.
La gamine leva doucement la tête, clignant ses grands yeux gris derrière ses lunettes pour les regarder.
Bayonetta en resta muette.
Elle avait une scène en tête. La petite fille allongée devant une porte de cellule, et une femme à l'intérieur, adossée à la porte, lui chantant une chanson.
Pendant son instant d'absence, la gamine prit la clef des champs.
-Attends ! appela Ann.
Elle jura quand la fillette disparut par la porte.
Bayonetta papillonna des yeux, revenant à la réalité pour faire face à une Ann assez en colère.
- T'as pas eu une gosse, ces cinq dernières années, que t'as abandonnée ? grogna la pirate.
- Non.
- Bizarre, parce que cette gamine, c'est ton portrait miniature !
Ann lui colla le canon d'un de ses flingues sous le menton.
- S'il s'avère que j'ai raison et que c'est ta gosse, je te fous une balle dans le crâne. On est d'accord ?
Bayonetta n'eut pas le temps de donner son accord que le vitrail explosa, laissant passer une tête de dragon.
- Tu voulais du défi, eh bien en voilà ! lui dit Bayonetta. Et je suis tout à fait consciente de ce qu'il en est, Ann-chan. Je n'ai pas le souvenir d'avoir une fille, mais cette gamine m'est familière et m'évoque des souvenirs ! Enfin, on verra ça plus tard !
Les deux femmes reculèrent pour essayer de rester hors de portée de la tête de dragon, et repassèrent dans le Purgatoire.
Bayonetta porta une main à sa Witch Watch. Les anges en avaient après l'Œil qu'elle portait après tout.
Avant d'avoir vraiment pu faire quoi que ce soit, Ann fut prise dans la gueule du monstre, mais parvint à en réchapper, un œil en sang.
- Est-ce que ça ira ?
Ann essuya son œil gauche en hochant la tête.
Juste une égratignure. Comment est-ce qu'elle avait réussi à se faire ça, d'ailleurs… Oh ! Les lunettes s'étaient cassées. L'un des verres étaient en miette et des éclats avaient dû lui ouvrir la peau.
- Des lunettes ça se remplace, pas une vie… ça m'apprendra à pas faire attention ! siffla Ann en tirant sur la tête de dragon.
Quand Bayonetta lui avait appris à tirer ainsi, elle avait fini souvent les doigts en sang. Aujourd'hui, c'était machinal. Appuyer sur la gâchette si vite que les flingues classiques ne tenaient pas le rythme et cassaient.
Ce n'était pas parce que le dragon n'avait que sa tête dans l'église que les sorcières étaient avantagées. Il avait tellement de résistance et de force. Et il était impossible de se cacher derrière les colonnes, il les détruisait en un coup de dents.
Coups de pied, coups de poing, invocation, balles, rien n'y faisait. Elles avaient autant d'efficacité qu'une piqûre de moustique. Elles auraient pu songer à la fuite, mais ce n'était pas dans leur nature à l'une, comme à l'autre.
C'est là que l'église trembla et les deux femmes risquèrent un regard derrière elles.
Là, elles étaient dans la merde.
Le mur avec la porte était toujours à sa place, mais le bâtiment, les sorcières dedans, prenait le large. En gros, l'ange était en train de s'envoler avec l'église autour du cou.
- Ann-chan ! Pousse-toi !
Ann recula juste à temps pour esquiver une autre tête de dragon qui passa par les fenêtres latérales pour les avoir.
- C'est quoi, ça ?! demanda Ann en braquant un flingue sur la seconde tête. Y'en a deux !
- Fortitudo. Il a participé à l'éradication des sorcières, souffla Bayonetta. Je me souviens de lui ! C'est un seul et même ange ! Par ici !
Les deux sorcières se mirent du même côté, face à l'endroit d'où sortait la seconde tête de dragon, gardant la première comme bouclier, esquivant quand il le fallait les tentatives de celle-ci pour les réduire à l'état de crêpe. Elles pouvaient voir l'autre tête de dragon lutter pour trouver un angle lui permettant d'attaquer sans endommager la première tête, mais c'était sans espoir.
- On va y arriver ! grinça Bayonetta.
- Ouais et moi je suis un homme ! rétorqua Ann.
L'ange en eut finalement marre et réussit à dégager sa tête de l'église, l'envoyant voler au loin. Là, les deux têtes de dragons jetèrent une boule de feu sur le bâtiment pour les achever.
- ANN-CHAN ! SAUTE !
Bayonetta sortit par un trou du mur et se saisit du bâtiment. En restant en chute libre, elle parvint à faire tournoyer l'église autour d'elle, avant de l'envoyer contre les boules de feu pour les intercepter dans une belle explosion. Les deux sorcières partirent en chute libre vers le sol, sans crainte.
Personnages :
- Enzo : C'est un informateur qui a trouvé Bayonetta peu après qu'elle se soit réveillée de son long sommeil et un vieil « ami » de Rodin. Il ne cache pas son amour pour l'argent, ce qui explique ses activités pour le moins louches, et implique aussi qu'il doive pas mal de fric à Rodin (il n'a toujours pas payé son addition au Gates of Hell). Malgré tout ce qu'on peut penser, ce mec bedonnant, au catogan, au look stéréotypé qu'on attend des mafieux américains (il est censé d'ailleurs avoir un fort accent de Brooklyn pour compléter le look), est père de deux gosses... comme quoi, tout est possible.
- Rodin : Rodin est... un gros bordel. Très gros bordel. On le voit de prime abord comme un marchand/créateur d'armes (démoniaque ou humaine), proprio du Gates of Hell et barman. La vérité est qu'en premier lieu, il était un ange... eh ouais. Et un des plus forts qui existaient.
Père Rodin, comme c'était son nom quand il était encore un ange, est immortel et a gouverné une portion du Paradiso. Cela lui a valu le surnom de Rodin l'Infini. Il était aussi chargé, au vu de son génie créatif, de forger nombre d'armes et d'amures pour les forces du Paradiso. Pour ce qui est de son exil, on a deux versions. La première dit qu'il s'est insurgé contre le Paradiso, a perdu et a été exilé, la seconde prétend que d'autres maîtres du Paradiso étaient jaloux et effrayés de sa puissance, et qu'ils lui tendirent un piège qui mena à son exil.
En enfer, il est devenu un homme (toujours immortel) craint comme l'un des plus dangereux des démons. Il voyage librement du monde des humains aux Enfers, donc, il est quasiment impossible de deviner sa localisation. On raconte qu'il descend aux Enfers pour chasser des démons sans merci et sauvage, afin de leur arracher leur âme. Face à ça, on se dit qu'il a bien fait de finir là où il est, parce qu'il est plus doué dans la destruction que dans la création, comme c'était son rôle au Paradiso. Enfin, même s'il fabrique des armes, on ne l'a jamais vu en utiliser. Il est toujours armé juste de ses deux poings, preuve de son pouvoir terrifiant et sans limite.
Il est à noter que plusieurs éléments (surtout dans le deuxième jeu) laissent penser que Rodin est le diable/Satan/Lucifer. Il en est l'archétype : ange puissant qui est banni du Paradis et qui finit en Enfer où il règne dans toute sa sauvage puissance et est craint de tous. Il faut aussi noter autre chose. Son nom est inspiré de Auguste Rodin, le sculpteur qui fit la statue 'The Gates of Hell' (hint, hint). On sait aussi qu'il a failli se nommer Mephisto, le nom dans le folklore germanique d'un démon, surtout présent chez Faust. Nom qui est souvent utilisé pour désigner le Diable.
Dans les jeux, Rodin est aussi un Boss optionnel. Dans le premier jeu, on peut le combattre (je ne dirai pas comment) sous sa forme angélique. Normalement, ce Boss aurait dû faire son apparition dans le déroulement de l'histoire, mais le manque de temps fit que le projet ne vit pas le jour et qu'il ne reste de l'idée que le Boss optionnel. S'il est vaincu, il vous offre une arme avec son nom qui prend la forme de quatre bracelets dorés, ressemblant aux halos ramassés tout au long du jeu. En combat, l'arme est lente, mais offre la plus grosse base de dommage, en plus d'avoir la capacité de prendre la forme de différentes armes lâchées par les anges durant l'aventure. Dans Bayonetta 2, la version démoniaque de Rodin fait son apparition. Il offre la même arme, à la différence que les bracelets allant aux mains sont rouges. De ce fait, on se retrouve avec des armes angéliques en utilisant des touches correspondantes aux pieds, et des armes démoniaques en utilisant les touches pour les mains.
Le saviez-vous ? Malgré le fait que Rodin dise qu'il refuse ABSOLUMENT d'attacher des tronçonneuses aux bras de Bayonetta dans le jeu, son arme fait exactement ça en accomplissant un combat basique de pieds. Puisque ce n'est pas une arme angélique, cela renvoi à la description de l'arme dans le jeu disant qu'elle prend forme avec le pouvoir de son manieur.
Hiérarchie de Laguna :
- Dear/Decoration : Ce sont les anges les plus classiques et simples du jeu. Ce sont ceux rencontrés dans le Prologue, mais ils ne sont pas présentés avant le chapitre II. Ce sont de simples têtes ornées d'ailes et d'auréoles. Dear se démarque des Decorations par le fait qu'il est un peu plus grand, plus coloré (ses ailes ne sont pas totalement dorées, mais elles ont aussi du mauve et du rose) et décoré, mais aussi par le fait que qu'il arbore le visage d'un homme sage avec une barbe. Les Decorations sont de simples têtes d'enfants. Comme ils tirent des sortes de flèches à tout va, on les prend pour Cupidon. Ils ressemblent aussi pas mal aux Putti, qui sont des images d'enfants angéliques que l'on retrouve dans la Renaissance Italienne et l'art Baroque.
- Enchants : Ce sont des anges qui ont une forme circulaire, ressemblant très fortement à des volants, ou des roues de vieux chariots à foin. Ils ont été conçus ainsi pour « pousser l'humanité à poursuivre sa lutte et ne ressentir aucune satisfaction à surpasser les autres ». Ils empêchent les humains d'envahir les domaines de Dieu. Vu que ces anges ont des visages de femme au centre de leur forme en volant, il est probable que ce soit les premiers anges 'femelles' rencontrés dans le jeu. Je ne ferai AUCUN commentaire sur les Joy pour l'instant.
