Note de l'auteure : Un chapitre étonnament difficile à écrire, ce que je ne m'explique pas.

Je tenais beaucoup à faire un chapitre où Hermione et Gabrielle existeraient sans leur faire valoir masculins. Ce chapitre est essentiel pour la suite, mais je ne sais pas pourquoi, j'avais tout le temps l'impression que Harry ou Draco devaient debarquer sans que ça n'est la moindre logique narrative.

Je pense que j'ai trop l'habitude des histoires où la seule chose dont parlent deux femmes, c'est des hommes. Je me rééduque.

Je le poste vite parce que j'imagine que tout le monde est maintenant à l'affut d'activités.

Merci aux nouvelles followeuses et nouveaux followeurs. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont posté une review. Je démotiverai sans vous ❤❤

Zessliana l'analogie avec les arbres qui fusionnent est une théorie très personnelle 😅 beaucoup des gens que je connais ne sont pas d'accord et pensent qu'il faut vraiment rester deux individus bien autonomes.

brigitte26 : C'était juste du café pas bon. Yavait rien de spécial dedans. C'est comme quand tu aimes le chocolat bien fort en chocolat, au lait epais et pas trop sucré, et que tu te retrouves avec le chocolat instantané à l'eau, très sucré et peu riche en lait et cacao. Çaypabon.

Miss No Name : merci pour la relecture. J'ai édité le chapitre à New York sur tes conseils (quelle galère de modifier un chapitre ! )


Installée dans son bureau de la brigade de réparation des accidents magiques, Gabrielle profitait d'un calme inhabituel pendant sa garde pour ranger les archives.

Le bureau de la brigade de réparation des accidents magiques était en même temps un lieu de travail, les archives de cette brigade, mais aussi le vestiaire de l'équipe de garde, et on y trouvait même d'étroits lits superposés grinçants pour que l'équipe de garde puisse se reposer.

On frappa fermement à la porte.

- Tiens, Hermione. On ne te voit pas souvent dans les locaux des basses besognes, dit elle en laissant passer la secrétaire d'État à la justice.

- Non, pas assez sans doute, dit Hermione dans un sourire.

- Tu prendras un thé ?

- Volontier, mais ma visite est professionnelle.

- Vraiment ? On ne travaille qu'avec les aurors d'habitude.

- Depuis l'affaire du coup monté contre Draco, on peut dire que Harry a décapité tout l'état major du bureau des aurors.

- Ils etaient tous impliqués ?

- Je suis tombée des nues aussi. Je ne m'attendais pas à une telle infiltration. Je reprend les rennes du bureau des aurors par interim pour quelques temps.

- Vraiment ? J'imagine que les félicitations sont de rigueur ? Demanda Gabrielle.

- Moui, je t'avoue que la situation me dérange. Je tiens à une stricte séparation des pouvoirs judiciaire, législatifs et dans le cas qui nous concerne, exécutif. Je ne me vois pas à même pas trente ans entamer une carrière de dictatrice.

- Tu seras bien la première à te poser cette question dans le monde sorcier. Lui dit Gabrielle en haussant les épaules.

- C'est de toutes façons temporaire. Je vais nommer Harry chef des aurors, mais pour éviter qu'on ne crie au favoritisme, ça doit se faire à la suite d'un cas délicat particulièrement bien résolu et qui lui vaudrait une distinction du premier ministre.

- Tu crois vraiment que quiconque parlerait de favoritisme si tu nommais Harry Potter, l'élu, le vainqueur de Voldemort, le sauveur du Royaume-Uni, chef des aurors ? Il a assez de décorations et distinctions pour en retapisser tous les murs du square Grimmaud. Il a même sa propre carte de chocogrenouille.

Hermione lissa son tailleur et répondit enfin.

- Moi, je penserais au favoritisme. Donc on résout le cas des Sangs Impurs et ça devrait le faire.

- Une paille.

- Et on a besoin de toi.

- De moi ?

- De tes compétences professionnelles, Brigadière.

Gabrielle, interloquée, fut interrompue dans ses questions par le sifflement de la bouilloire.

Hermione, pour lui laisser le temps de faire le thé, parcouru des yeux le grand bureau qui lui évoquait une caserne de pompiers.

Le plus grand des murs était recouvert d'une énorme carte du Royaume-Uni, parcourue de lignes plus ou moins larges. Les lignes étaient illuminées par des loupiottes de différentes couleurs que même Hermione qui n'y connaissait rien interprétait comme reflétant l'état du réseau.

Gabrielle rapporta deux tasses.

- Ces outils vous permettent d'avoir une surveillance vraiment fine ? Lui demanda Hermione en designant la table de pilotage devant la carte, recouverte de cadrans.

- Pour être honnête, je bluffe des fois pour rassurer les equipes en cas d'incident. Il vaut souvent mieux étudier des solutions fausses que de rester les bras balants.

- Tu sais, la moitié de mon travail consiste à avoir l'air de tout savoir pour rassurer mes interlocuteurs sur ma capacité à faire, dit rêveusement Hermione.

- Non, je ne savais pas.

- Des fois, c'est complètement idiot. Par exemple, quand Kingsley Shacklebolt entre dans mon bureau, je lui tend toujours une tasse de thé en lui disant "noir avec un sucre, comme d'habitude, Mr le ministre" alors qu'en fait, je n'ai pas la moindre idée de comment il aime son thé.

- Ça doit l'interpeller, rit Gabrielle.

- C'est l'idée mais ça ne marche pas vraiment, dit Hermione en riant aussi, c'est lui qui m'a appris le truc.

Hermione se leva pour aller examiner les grandes armoires métalliques d'archivage.

- En quoi je peux vous aider, Secrétaire d'état à la justice, demanda Gabrielle en se levant à son tour.

- Tu saurais comment priver de magie le manoir Malfoy ?

Un peu surprise, Gabrielle sortit une grande carte qu'elle déroula une carte sur son bureau.

Elle l'étudia un moment avec divers outils, un compas, une règle. Puis elle se leva et alla fouiller une grande armoire métallique de tri.

Elle revient avec un grand Grimoire.

- C'est faisable. Le réseau thaumique autour du manoir Malfoy est assez bien cartographié, la seule incertitude concerne les événements plutôt noirs d'il y a dix ans qui pourraient en avoir changer la topologie.

Hermione grimaça. Voyant sa figure, Gabrielle réfléchi.

- Je peux peut-être aller sur place ? Je pourrais aller remettre à jour les archives, proposa la française.

- Tu n'y es jamais allée ? Je pensais que tu étais familière des lieux.

- Non, pas du tout. Draco et Narcissa n'y mettent jamais les pieds. Je suppose qu'on a dû mal à se sentir bien dans un manoir où autant de gens sont morts ou ont été torturés.

- Ça explique pourquoi…

- Pourquoi ?...

- Il vaut mieux que je ne dévoile pas trop de choses.

Gabrielle leva un sourcil.

- Il n'y a que toi et moi dans cette pièce, et si je ne sais pas ce dont tu as besoin, je vais avoir du mal à te donner des informations précises sur le réseau thaumique autour du manoir Malfoy.

Hermione hésita, puis lança un sort de confidentialité. Elle sorti de sa poche un tract.

- Harry a ramené ça de sa dernière infiltration au "Sang impur".

C'était un parchemin imprimé dans les tons criards.

Un dessin représentait une mère et son bébé habillés en moldus, pris en étau par des sorciers menaçant, en robe. Malgré les traits déformés, enlaidis et très caricaturaux des sorciers menaçant, on reconnaissait parfaitement un blond anguleux, ce qui fendit le coeur de Gabrielle.

"RASSEMBLEMENT DE TOUS LES LAISSÉS POUR COMPTE

Amis sorciers de sang impur, l'heure est venue de défendre ce pour quoi on a tant sacrifié.

Ne laissons pas notre pays à ces Mangemorts manipulateurs.

Nous enjoignons tous les sorciers qui souhaiterait agir à entrer en contact avec un de nos confrère. Il vous conduira pour discuter ensemble et ensemble créer une nouvelle fraternité des sorciers qui se revendiquent de sang impur".

- Merlin, qu'est-ce que c'est que cette horreur ? S'exclama Gabrielle.

- On pense que derrière ce mouvement, quelqu'un tire les ficelles. Quelqu'un de dangereux, visiblement. On a appris que le rendez-vous serait au manoir Malfoy. Expliqua Hermione.

- Au manoir ? Quelle idée !

- On suppose qu'ils avaient besoin d'un lieu grand, vide et magiquement protégé, et qu'ils vont se servir de l'histoire noire du lieu pour remonter encore plus leurs partisans.

- Vous allez les arrêter ?

- Pour ces tracts ? Non. Grimaça Hermione. Ça n'est pas illégal d'appeler au rassemblement.

- Mais là, ils appellent à la haine.

- Je sais bien, mais ils sont sur le fil de la légalité et se sont bien gardés de mettre un pied de l'autre côté.

- C'est affreux. Si Draco voit ça… On ne peut rien faire ?

- Si, j'ai eu une idée. Répondit la juriste.

Gabrielle décolla les yeux du tract.

- Appeler au rassemblement n'est pas interdit, mais les modes de transport sorcier sont extrêmement réglementés. On va les arreter pour utilisation illégale des portoloins.

- Comment allez-vous faire ?

- Harry et une équipe d'aurors vont se rendre incognito au rendez-vous et arrêter les chefs. Ça devrait démanteler le réseau.

Gabrielle regarda à nouveau le tract.

- Vous n'avez pas peur que ça tourne au bain de sang.

- Si, justement. Très peur. L'histoire nous apprend que le but des organisateurs est toujours que ça tourne au bain de sang, pour pouvoir ensuite justifier de violences similaires et de l'illégalité. C'est justement là que tu interviens.

- Moi ?

- Si on envoie une brigade d'aurors dans une assemblée de sorciers hostile, autant prevoir des pompes funèbres en même temps mais si…

-Si ?

- Si la magie ne marchait pas ?

- Hein ? Mais... Oh !

Gabrielle regarda sa carte des courants thaumiques.

- Oh… Dit-elle pensivement.