Bonjour à tous ! Je vous offre un nouveau chapitre de Bayonetta. Pour petite info, ce chapitre possède l'instant que vous attendez tous… j'en dirais pas plus ehehehehe !

Enfin, je vous remercie encore et toujours de suivre la fic et je vous dis à la prochaine !


Le jour venait de se lever quand les deux sorcières tombèrent dans une partie assez recluse de Vigrid, entourée d'arbres. Dans le design architectural, on pouvait deviner que c'était un lieu ayant appartenu à l'Umbra. Et il y avait du vent, oh oui, beaucoup de vent dans le coin. Pas autant qu'une tempête, mais c'était assez notable.

Elles avancèrent dans le jardin, pour voir un portail en bas de quelques marches, après avoir passé deux humains qui ne les remarquèrent pas. Elles passèrent sans souci le portail pour se retrouver dans une embuscade angélique qu'elles matèrent rapidement. Seule utilité de l'attaque : une fois les anges envoyés en enfer pour servir de repas aux démons, cela activa des plaques de pression sur le sol. Trois, alignées les unes derrière les autres et assez espacées.

Juste au bout du couloir, une porte avec trois rubis installés en triangle dessus.

Pas besoin d'être voyante pour savoir quoi faire.

- Je m'y colle, annonça Ann en remontant les marches.

- Pourquoi donc ? demanda Bayonetta.

- Sous ma forme de Guépard, je peux faire des pointes de cent vingt kilomètres par heure.

Et pour prouver son point, Ann se transforma et passa en un coup de vent sur les trois plaques. Les rubis s'allumèrent et la porte s'ouvrit suffisamment rapidement pour qu'Ann n'ait pas à perdre trop de vitesse. Elle continua sa course sur le pont, sauta quand elle se retrouva au bord et atterrit sur les rochers du milieu, son saut lui ayant permis de décélérer et donc de reprendre sans trop de mal forme humaine, sans se ramasser de mur dans la figure. Bayonetta la rejoignit et la porte retomba derrière elle.

- Bayonetta ! La gamine de l'autre fois est ici ! appela Ann.

Et elle pointa l'autre bout de la pièce au sol inondé, vers le couloir menant à l'autre bout des ruines.

En effet, il y avait bien une gamine, hors du Purgatoire, qui errait dans le couloir.

Sauf qu'Ann avait fait une connerie en criant et celle-ci se révéla.

Deux Inspired jaillirent de l'eau.

- Bien, Ann-chan ! Tu nous as trouvé des invités ! taquina Bayonetta. On s'en fait un chacune !

Ann soupira. Dos à dos, les sorcières tirèrent, attendant que les anges cessent de voler autour d'elles.

- Na, Bayonetta, entre nous… fit Ann.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Bayonetta sans se déconcentrer.

- T'as pas un petit quelque chose pour ce Luka ?

- Cheshire ? Non, pourquoi ?

Ann eut un sourire qui lui aurait vraiment valu le rôle du chat de Cheshire.

- Vraiment, t'es certaine ?

Ann dégaina son Shuraba et sauta agilement sur un ange sonné et le décapita proprement.

Bayonetta invoqua Malphas qui se chargea rapidement de faire de l'ange son repas.

- Ann-chan, je n'ai même pas l'âge d'être son arrière-grand-mère, ne sois pas ridicule.

- Tu vas finir vieille fille.

Ann retourna vers le rocher central, prit son élan et fila sous sa forme animale, atterrissant aisément de l'autre côté. Elle regarda Bayonetta de là-haut, sa queue s'agitant légèrement. Avec un soupir, Bayonetta secoua la tête et vint la rejoindre, la panthère ayant un peu plus de mal à réussir l'exploit, dû à sa vitesse moindre. Ann l'aida à ne pas chuter et la hissa sur le fragment de pont avec elle, avant qu'elles ne s'aventurent dans le couloir. La gamine avait beau avoir des petites jambes, elle marchait vite.

Et malheureusement pour ces dames, un nouvel obstacle se présenta devant elles :

Une portion du couloir était piégée.

Du genre, bien piégé. Il y avait des piques qui sortaient du sol et allaient jusqu'au plafond, sur une belle largeur et épaisseur, à un rythme effréné.

- Assise, Ann-chan et observe.

Ann regard Bayonetta mais se laissa tomber en tailleur.

Bayonetta la regarda.

- Quoi ? Tu m'as demandé de m'asseoir et de regarder ! se défendit la plus jeune.

- C'est pas pour ça que je te regarde. C'est ta position. Tu es une femme, Ann-chan, tu peux pas te permettre de te mettre comme ça !

Ann lui lança un regard noir sans pour autant changer de position.

- Observe les piques… tu vois ce que je vois ?

Ann regarda le piège à deux pas d'elles. Elle pencha la tête sur le côté, les yeux légèrement plissés.

- On dirait que ce piège à une sorte de cheminement prédéfini.

- Exact. Donc, si on le mémorise, on devrait s'en sortir.

Ann se remit debout. La première série était simple. C'était juste une rangée de piques allant de la gauche vers la droite. Les deux sorcières se mirent à l'extrême gauche du couloir, attendirent le retour du piège, et quand les piques devant elles jaillirent, puis redescendirent, elles se dépêchèrent de traverser, se retrouvant sur une bande de pierre, avec une plaque de pression inactive sous leurs pieds. La seconde série était plus compliquée. Les piques faisaient le tour de la zone carrée du piège dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Quand les piques furent devant elles, elles se mirent en marche, restant derrière le piège. La troisième série prenait le motif d'une flèche pointée vers elles. Encore une fois, en calculant le meilleur timing possible, elles passèrent à l'action. Enfin, la dernière série imitait la première, mais à allant de haut en bas, cette fois.

- Et voilà ! nota Bayonetta.

Elle donna un puissant coup de pied dans un tas de gravats, dévoilant un levier.

- Tu veux nous faire l'honneur ? demanda Bayonetta. Avec la même grâce que l'autre fois.

- Fous-toi de moi, marmonna Ann.

Elle se contenta de donner un coup de pied dans le levier pour l'activer, tirant une moue à Bayonetta. Néanmoins, cela fut assez pour désarmer le piège et activer les plaques. La porte se souleva, dévoilant un nouvel escalier dans lequel les sorcières s'engagèrent. Ann se transforma à son tour, et calant son pas sur celui de sa sœur de clan et d'arme, elle suivit Bayonetta dans le couloir. Il ne cessait de monter, escalier sur escalier, avant qu'elles n'arrivent à un pont. De loin, elles virent la gamine s'avancer vers une porte, et la passer à l'instant où le milieu de pont qui séparait les deux sorcières de l'enfant s'effondra, dévoilant un lac d'acide mauve dessous. Sans perdre en vitesse, les sorcières franchirent aisément la distance sous leur forme animale, grâce à leur élan respectif, avant de reprendre forme humaine devant la porte.

Bam !

Les deux femmes donnèrent un coup de pied dans celle-ci, l'ouvrant pour dévoiler un groupe d'anges réuni autour de quelque chose.

- Ara ! Vous faîtes quoi ici les garçons ? demanda Bayonetta en s'avançant.

Ann se glissa sous forme animale dans l'ombre, se décidant de les prendre à revers, tant qu'ils s'occupaient de la plus vieille.

- Vous n'essayerez pas de me cacher quelque chose, par hasard ?

Les anges se préparèrent à l'assaut.

Bayonetta leur tourna le dos.

- Venez donc…

Avant que les anges ne puissent attaquer, ils eurent droit à une démonstration de break dance de la part d'Ann qui se mit à tournoyer à terre, alternant ses appuis entre sa tête, ses bras et son dos, et qui leur fit goûter le plomb de ses flingues, avant que Bayonetta ne se jette dans la bagarre à son tour. Cela se finit avec Bayonetta marchant sur un tas d'anges à terre (et leur tirant dessus accessoirement avec ses flingues aux talons) comme si elle participait à un défilé de mode.

Ann coinça dans une de ses mains un ange, et lui caressa le menton de la pointe de l'un de ses flingues.

- Alors, comme ça, on dirait qu'on ne compte plus pour vous… vous avez trouvé quelqu'un d'autres avec qui jouer, c'est ça ?

Et elle lui envoya un ushiro mawashi gueri dans la tête, l'encastrant au final dans un mur.

Le combat était fini, et des bruits de pleurs leur parvinrent.

- Ara…

Les deux femmes se tournèrent vers le point d'origine pour voir la gamine, sur le plan mortel, en train de pleurer.

- Je sens que je vais regretter de m'être montrée curieuse, soupira Bayonetta.

La gamine tourna la tête vers les deux femmes, alors que Bayonetta entendait de nouveau cette voix dans sa tête, l'appelant encore une fois sa très chère enfant.

Cette voix lui dire que la gamine était la clef de son avenir… et ça ne l'aidait pas beaucoup. Elle, elle voulait la clef de son passé. Elle ne connaissait même pas son propre prénom ! C'était Rodin qui lui avait donné le nom de Bayonetta, le temps qu'elle retrouve le sien !

- Bayonetta !

Bayonetta revint à elle pour réaliser la présence des anges.

Elle passa à l'attaque, laissant le temps à Ann de tracer le sigil qui lui permit de revenir dans le plan des vivants. Elle ramassa l'enfant et partit se réfugier dans un coin de la pièce, la serrant contre elle.

- Mettez-vous en sécurité, je m'en charge ! assura Bayonetta.

Un autre sigil, et Ann se retrouva sous un dôme mauve de magie avec la gamine qu'elle tenait contre son cœur.

- Je suis pas du genre à aider les gens, mais je peux bien faire une exception et tous vous tuer, commenta Bayonetta, à cheval sur un ange à terre. Mais seulement pour cette fois !

- Bayonetta ! appela Ann.

- Ne t'en fais pas, reste avec elle ! Je hais les pleurnicheries !

- Et moi donc !

Depuis le plan des humains, Bayonetta et les anges n'étaient plus que des silhouettes en noir et blanc produisant des sons déformés. Et brusquement, la sorcière s'évanouit.

- Merde ! jura Ann.

Elle passa en projection astrale pour débarquer immédiatement dans le Purgatoire (et en expulser au passage Bayonetta). Avec un certain agacement, Ann se fit craquer les poings et le cou.

- Bayonetta n'est pas là pour me faire la morale, messieurs.

Elle mit son chapeau sur son crâne et ses flingues à sa ceinture.

- On va faire ça à l'ancienne. Pieds, poings et rien d'autre.

Et c'était parti pour le show. Ann ne bougea pas des environs de Bayonetta, la protégeant de son mieux, gardant un œil sur la protection de la gamine. Elle réalisa que dans son inconscience, la sorcière à ses pieds chantonnait doucement.

Enfin, il ne resta plus personne debout, hormis Ann, qui mit fin à sa projection pour retrouver son corps à l'intérieur du dôme. Elle se releva, brisant le sortilège et rejoignit Bayonetta. La gamine se jeta carrément sur la sorcière en l'appelant…

Maman

- Huun… j'étais en train de chanter… souffla Bayonetta en revenant à elle.

Elle réalisa qu'elle avait une gamine attachée à la taille qui l'appelait maman. Elle se releva, aidée par Ann et repoussa l'enfant.

- Ora ora… doucement, O chibi-chan ! Je suis pas ta mère !

- Demo mami… fit la gamine en regardant Bayonetta, sa peluche (un chat fait main) contre elle.

- Arrête de m'appeler mami !

Et elle brisa le cœur de la gamine qui se mit à pleurer. Ann grogna en se passant les mains sur le visage. Rassurer les gamins effrayés, elle y arrivait, mais les pleurs, c'était hors de son domaine. C'était sans doute pour ça que Marco ne lui avait jamais demandé si elle voulait un enfant de lui. Bayonetta eut un soupir en levant les yeux au plafond, avant d'attraper la gamine par l'arrière de son col, la soulevant aisément à sa hauteur et lui faire relever la tête avec la crosse de son arme.

- Il y a deux choses que je ne supporte pas : les cafards et les pleurnichards. Ann-chan non plus n'aime pas les pleurnichards, tu es mal tombée.

Bayonetta détourna la tête en frissonnant.

- Je n'ose même pas imaginer un cafard pleurnicheur…

- Tu commences à devenir sénile, lui dit Ann.

La gamine ravala ses sanglots, et regarda Bayonetta de ses grands yeux gris larmoyants.

- Enfin, ne t'avise pas de pleurer !

Silence, puis…

- Hai, mami…

Bayonetta eut un soupir et la laissa à Ann qui la prit sur sa hanche.

- Hey. Tu promets de ne plus pleurer ? demanda Ann en essuyant des traces de larmes sur les joues de la fillette.

- Hai, nee-san.

- Hey ! Pourquoi tu as droit à Nee-san et moi à Mami ! s'indigna Bayonetta.

- Parce que je lui ressemble pas assez pour qu'on puisse paraître de la même famille. J'ai des yeux onyx et argents, pas simplement gris. Et regarde sa tête ! C'est ton portrait craché ! Enfin…

Ann fit apparaître une sucette verte et la donna à la gamine.

- Cadeau, puisque tu es une gentille fille qui ne pleure pas.

- Arigato.

Et la gamine prit la sucette dans sa bouche.

- Tu dois êtes forte pour avoir survécu dans un endroit pareil, nota Bayonetta. Sore de, quel est ton nom ?

- Cereza… répondit la demoiselle.

- Cereza ? répéta Bayonetta.

Ce nom lui disait quelque chose.

La gamine eut un petit sourire en hochant la tête.

- Tu dois pas être de Vigrid à te voir… continua Bayonetta. D'où tu viens, exactement ?

- Oh… de ma maison.

Ce genre de chose les aidait beaucoup. La gamine se contenta de se balancer un peu dans les bras d'Ann, serrant son chat en peluche d'un bras et savourant sa sucette de l'autre. Elle était adorable quand elle souriait et ne pleurait pas… Ann songea à proposer un marché à Marco. S'il s'occupait des gosses durant les crises de larmes, elle voulait bien en porter !

- Eh bien, j'ai comme l'impression que tu n'habites pas vraiment ici… alors qu'est-ce que tu fais ici ?

- Mon papa m'a dit de venir ici.

- Wari, Cereza-chan, mais j'ai un peu mal aux bras, souffla Ann en reposant la gamine par terre.

La petite ne s'éloigna pas d'elle pour autant.

Ann pointa la porte de l'église et Bayonetta hocha légèrement la tête. Savoir qu'un homme se prétendant un 'père' avait envoyé sa fille dans un endroit aussi dangereux, ça ne passait pas pour elle. S'il y avait des anges dans les environs, ils allaient goûter à la colère de la jeune femme, qui sortait de la pièce

- Et il est où ton papa ? demanda Bayonetta en essayant de se munir de patience.

- Il était au travail, mais là… je sais pas où il est…

Et elle se jeta dans les jambes de Bayonetta en disant qu'elle voulait rentrer chez elle.

- Je ne peux pas vraiment t'amener avec moi, alors ne t'attache pas trop à moi… lui dit Bayonetta en essayant de se dégager.

- Demo mami…

Bayonetta soupira et se pencha en avant, une fois dégagée de la gamine.

- Ecoute-moi bien, petite. Je t'aide à sortir d'ici, mais après, tu devras te débrouiller.

Et Bayonetta s'éloigna pour aller chercher Ann, espérant qu'elle ait eu assez de temps pour se calmer (c'était trop calme, c'était louche). C'était sans compter sur Cereza qui l'attrapa par un des lacets rouges de ses cheveux ultra longs qui fusionnait avec le dos ouvert de sa tenue.

Bayonetta se retourna vers elle.

- Promets-moi de ne pas pleurnicher.

Elle fit deux pas de nouveau vers la porte, Cereza suivant le mouvement, avant que la femme ne se retourne, un doigt levé, pour lui dire :

- Encore une larme et tu te retrouveras toute seule.

C'est bon, Cereza ne pleurait plus depuis un moment, pas la peine d'insister.

Cereza hocha la tête.

- Wakatta ?

- Okay, mami !

Bayonetta eut un soupir et alla chercher Ann, Cereza la suivant au pas de course.

Bayonetta ouvrit la porte pour voir Ann, assise dans un tas de plumes, faisant on ne savait quoi avec, humant doucement Binks no sake, pas très loin du bord effondré du pont.

- On l'aide à sortir d'ici, annonça Bayonetta.

- Okay.

- C'est quoi ça ? J'ai rien entendu.

- Haoshoku et quelques coups de poing dans un groupe de Dear et Decorations qui faisaient une ronde. Cereza-chan, viens ici s'il te plaît.

La gamine passa entre les jambes de Bayonetta et se planta au milieu du tas de plumes, curieuse.

- Tu veux bien me montrer ta peluche ? Comment elle s'appelle ?

- Il s'appelle Cheshire ! C'est mami qui me l'a fait ! annonça Cereza en lui donna sa peluche.

Bayonetta eut un grognement. Que faire pour que l'enfant arrête de l'appeler maman ?

Ann examina la peluche. C'est bien ce qu'elle pensait.

- Elle a perdu du rembourrage, non ? Tu veux que j'arrange ça ?

- Tu peux le faire ?

Ann tira son couteau de chasse de ses vêtements et défit les coutures du ventre du chat. Elle fourra des plumes dedans, les arrangeant correctement pour que ça soit toujours moelleux, puis claqua des doigts, un de ses cheveux refaisant la couture, avant de rendre la peluche à la gamine qui eut un cri de joie.

- Je me suis pas présentée ! Je suis Portgas D. Ann ! Mais tu peux m'appeler Ann, si tu es sage.

La gamine avait réussi le miracle de chasser la colère d'Ann.

- Je connais une Portgas ! annonça Cereza. Mami veut pas me dire pourquoi, mais tout le monde est contre elle, chez moi, mais y'a que Portgas-ba-san qui est gentille avec mami !

Ann la regarda d'un air perplexe.

- Tu dois faire erreur, je suis la dernière des Portgas.

- Et des Gol, souffla Bayonetta.

Regard assassin d'Ann.

- Non ! Même que Portgas-ba-san attend un bébé !

- Tu connais son prénom ?

- Roja ! Elle s'appelle Roja !

- Ann-chan, est-ce que ça te dit quelque chose ?

Ann secoua la tête. Elle ne savait rien du reste des Portgas, outre qu'elle avait ce sentiment d'être la dernière. Elle éclaircirait ça plus tard. En attendant, la petite Cereza devait rentrer chez elle.

- Passez par-là, c'est mort avec la gamine, commenta Ann en se redressant.

Elle chassa les quelques plumes qui s'étaient attardées sur elle sans quitter des yeux le pont détruit.

- Y'avait une autre porte, au fond, allons voir.

Elles revinrent dans le bâtiment circulaire, Ann tenant la gamine par la main, et elles arrivèrent à l'autre porte. Bayonetta l'ouvrit d'un coup de pied. Elle le regretta parce que dehors, c'était la tempête de ce côté, et elles durent se protéger de leurs mieux du vent.

- On est encore dans les ruines de Vigrid, nota Ann.

Et malheureusement, des anges les attendaient.

- Tu te désignes, ou j'y vais ? demanda Ann.

Bayonetta passa dans le Purgatoire et commença à attaquer les anges. Ann hissa la gamine sur sa hanche et fila plus loin, profitant de la diversion pour traverser la placette. Elle donna un bon coup de pied dans le portail qui bloquait l'allée et s'y précipita… avant de faire demi-tour, poursuivie par un Beloved.

- Ann-chan ! En voilà un autre qui est tombé sous ton charme ! se moqua Bayonetta.

- Accroche-toi à ce que tu peux, Cereza et ne lâche surtout pas, siffla Ann.

Elle prit sa forme de guépard en feulant et avec Bayonetta sous sa forme de panthère qui passa de nouveau dans le plan humain, elles cherchèrent une nouvelle issue, Cereza se tenant de son mieux à la fourrure d'Ann.

Elles passèrent une sorte de statue représentant le soleil et la contournèrent pour trouver un portail magique doré.

Elles n'avaient pas vraiment le choix, aussi, elles le passèrent.


De l'autre côté, les deux jeunes femmes s'arrêtèrent et Cereza descendit du dos d'Ann. Rien qu'à voir les fleurs, le soleil, l'atmosphère paisible et tout, c'était facile de savoir où elles étaient.

Il y avait même des plumes qui tombaient du ciel et c'était tout juste si on n'avait pas droit au chœur de chérubins !

Cereza s'avança un peu en tournant sur elle-même, riant doucement comme seul les enfants savent le faire, tirant un petit sourire à Ann et Bayonetta. Il y en avait au moins une de contente d'être ici.

C'était tout de même déstabilisant. Il n'y avait pas de ciel bleu, juste un ciel couvert de nuages argentés, brillant sous une lumière dorée.

Toujours en riant, Cereza se mit à courir dans une direction (est-ce que c'était le Beloved qui s'était coincé dans l'allée de tout à l'heure, qu'elles voyaient au fond ?), mais Bayonetta la rattrapa par le col.

- Mattaku, j'imagine que c'est en filant comme ça que tu as réussi à te perdre en premier lieu, grommela la sorcière avec la gamine au bout du bras.

Elle la reposa à terre en entendant un bruit derrière elle. Les deux sorcières jurèrent en voyant que leur porte d'entrée et accessoirement de sortie, venait de se verrouiller. Et devant de gros affreux apparurent.

- Mami… gémit Cereza en se cachant derrière Bayonetta.

- Ne t'en fais pas, ils font toujours peur la première fois, dit la sorcière avec patience, alors qu'Ann passait à son niveau, la délestant de Kulshedra.

- Je vous conseille de dégager, toutes les deux… je vais mettre la scène en flamme ! Donc, nous en étions où ? s'enquit Ann en regardant les anges.

Elle s'avança dans leur rang, une main sur la hanche, le fouet sur l'épaule.

- Oh, oui, j'y suis, votre si agréable invitation. J'espère que vous avez prévu un vrai festin et un dessert renversant… je suis du genre… insatiable

Et elle fit tournoyer le fouet autour d'elle, l'enroulant autour du cou d'un ange pour le ramener vers elle. Elle se pencha vers l'arrière, envoyant sa prise dans le crâne d'un autre, avant de sauter et de donner un coup de pied dans la tête d'un idiot. Une fois redressée elle se retira du chemin au dernier moment pour ne pas se prendre par derrière le sceptre d'un de ses adversaires, et lui donna un coup de poing arrière qui dut lui casser le nez. Entre le fouet qui faisait des ravages et les coups de feu, Cereza n'était pas des plus rassurés et se cachait de son mieux derrière sa peluche. Un ange alla se planter devant elle, menaçant, pour se prendre deux balles dans la cervelle, venant de Bayonetta. Celle-ci s'était mise à genoux derrière la gamine, les deux flingues levés de part et d'autre de la tête de la gamine pour tirer à bout portant sur l'ange.

- Tu en as laissé filer un, Ann-chan, nota Bayonetta en donnant un coup de pied dans l'ange qui avait fait peur à Cereza.

- Tu avais l'air de t'ennuyer, lui pointa la pirate en enroulant Kulshedra.

Elle jeta le fouet à la plus vieille qui le remit à sa taille.

- Tag out, fit Ann en frappant dans la main de Bayonetta.

- Tag in, je m'occupe des frères Fearless et Fairness. Prends soin de la gamine.

Bayonetta s'avança avec élégance, les flingues sur les hanches.

- Quel merveilleux pique-nique, commenta-t-elle. Il y a même une petite danse ! Cereza-chan, reste avec Ann-nee-chan, observe et apprends.

Et elle lui donna un petit coup sur la tête avec le plat de son arme, aussi gentiment que possible, avant de foncer à l'attaque. Cereza voulut la suivre, mais Ann la rattrapa par le col.

- Non, tu risquerais de te faire blesser, reste avec moi, lui demanda Ann en posant un genou à terre.

Elle garda une main sur l'épaule de la gamine, son flingue au clair de l'autre, regardant Bayonetta jouer au chat et à la souris avec les deux anges, passant ses Durga en mode électrique et feu en une fraction de seconde, suivant si elle était devant l'électrique Fearless (donc, monsieur qui n'en a rien à faire de la foudre) ou le flamboyant Fairness (qui fait se serait très bien entendu avec Ann du temps où elle se nommait encore Hiken). On remarquait que suivant l'élément utilisé, les pieds invoqués de Madama Butterfly changeaient aussi de version et émettaient des dégâts du même élément.

Plutôt cool au final ces armes.

- Ann-chan, j'ai besoin de toi, finalement !

Ann se leva et fila rejoindre Bayonetta.

- Je prends Fearless ! apprit la jeunette.

Elle n'y alla pas par quatre chemins. Elle invoqua une roue à piquant qu'elle fit tomber sur son adversaire, l'écrasant au passage, avant de mettre l'instrument de torture en marche. Profitant qu'il n'y ait plus personne pour l'en empêcher, Cereza fila sur les talons de Bayonetta qui se battait près de l'arcade visible dans le monde des humains, où le Beloved était toujours coincé. La sorcière parvint à achever son monstre...

Et le Beloved brisa sa prison pour finir devant Cereza. Il porta une main sur elle, mais elle se protégea en criant, sa panique créant un bouclier d'énergie autour d'elle.

Une future sorcière, donc ?

Mais ça ne fut pas suffisant, car sa barrière finit par se briser et le Beloved la saisit par le tissu de sa robe, entre deux doigts, avant de la lever à hauteur de son visage. Pendant que la gamine se débattait, l'ange faisait…

- Qu'est-ce qu'il fait au juste ? demanda Ann.

- Il la renifle pour l'identifier ? supposa Bayonetta. O chibi-chan ! Tout va bien !?

Des cœurs jaillirent des yeux de l'ange...

- Je pense qu'il est tombé amoureux d'elle... commenta la pirate, abasourdi par la scène... C'est pas correct... ajouta -t-elle en frissonnant.

- C'est la chose la plus dérangeante que j'ai jamais vu, avoua l'autre.

L'ange les remarqua. Il coinça Cereza entre ses dents pour avoir les mains libres et invoqua sa hache pour les attaquer. Hache que les sorcières esquivèrent aisément.

- Tu fais l'appât, demanda Bayonetta.

Ann hocha la tête et siffla l'ange.

- Viens mon gros ! Viens voir tata Ann, je vais t'apprendre ce qu'on fait aux connards qui s'en prennent à des gosses, chez les Shirohige !

Elle lui tira dessus, avant de lui filer un coup de ses Agnayi dans les chevilles, l'agaçant totalement. Elle esquiva la hache qui vint vers elle en souriant. L'ange avait oublié Bayonetta qui faisait désormais le tour pour l'attaquer à son point faible : la loupiotte rouge qu'il avait dans le dos.

Cereza manqua de tomber, mais le Beloved la rattrapa pour recoincer sa robe entre ses dents. Il manquait vraiment de savoir vivre avec les dames. C'est là que Bayonetta fit la pire chose qui soit pour cet ange. Elle invoqua depuis son dos un Gomorrah.

- AVAVAGO !

Le Gomorrah lui prit tous ses cheveux pour se manifester sur le sol, à quelque distance de là et attaqua le Beloved en le prenant entre ses crocs dans le ventre. Cereza fut envoyée dans les airs en hurlant.

Ann se déplaça pour la rattraper, mais…

Bayonetta, un peu plus loin fut plus rapide.

L'ange tendit une main vers Cereza. On entendait presque la petite musique romantique et triste. La gamine se réfugia contre la poitrine de sa sauveuse dans un mouvement d'effroi et de dégoût. L'ange en eut le cœur brisé. Ce fut son dernier sentiment avant qu'il ne finisse en repas et que le Gomorrah ne disparaisse.

Mais Ann restait figer sur la chose la plus bizarre de la scène...

- Bayonetta ? souffla Ann, perplexe.

Ce ne pouvait pas être la sorcière. Celle-ci avait sa combinaison de cheveux, et…

Oh merde… c'était une auréole sur sa tête.

De derrière la fausse Bayonetta, une fausse Ann sortit et lui tira la langue.

- Cereza ! Viens ! appela Ann.

La fausse Bayonetta se détourna.

- CEREZA ! Cette femme n'est pas mami ! cria Ann.

Les anges qui se faisaient passer pour les sorcières prirent la fuite dans les ruines, déclenchant des pièges pour empêcher les sorcières de les rattraper.

Usant de leurs formes félines, Bayonetta et Ann filèrent à leur poursuite, esquivant des lasers de lumière qui venaient dans tous les sens dans l'allée. Elles finirent par arriver dans un square angélique, semblable à celui qu'elles avaient vu chez les humains, puis dans la chapelle presque identique à celle où elles avaient trouvé Cereza. L'ange prenait déjà son envol, la gamine dans ses bras. Sans compter sur la balle qui toucha son auréole, coupa sa concentration et l'envoya de nouveau à terre. Sa collègue, la fausse Ann, redescendit.

Cereza regarda la vraie Bayonetta, surprise, et celle-ci lui fit un petit clin d'œil.

- Cereza-chan… appela la vraie Ann.

Elle pencha la tête sur le côté avec un petit sourire.

Cereza réalisa ce qu'il en était et se débattit, avant de parvenir à se libérer des bras qui la tenaient pour aller rejoindre les vraies sorcières. Les anges voulurent la rattraper, mais les originales s'interposèrent.

Pendant que la vraie Bayonetta et la fausse s'affronter dans une battle de classe, prenant des poses sexy et élégantes avec leurs armes, l'air de dire, je suis la plus élégante des deux...du côté d'Ann, c'était bataille de regard, se tournant autour de l'autre comme deux fauves prêts à se jeter sur l'autre.

- Je crois qu'il y a bien assez d'une Portgas D. Ann en ce monde, copieuse, pointa Ann.

Elle inclina son chapeau sur sa figure, masquant ses yeux qui avaient viré à l'argent.

Son Haoshoku fut lâché sur sa cible qui se retrouva à genoux, regardant la vraie avec des yeux ronds. Les deux Bayonetta les regardèrent en levant un sourcil, observant Ann s'approcher de la fausse à terre.

- Bye bye, chérie… salue tout le monde pour moi en enfer, sourit Ann en mettant son flingue à bout portant entre les deux yeux de la fausse Ann.

Et elle tira l'équivalent d'une dizaine de chargeurs en moins d'une minute. Quand elle recula d'un pas, la fausse Ann tomba sur le côté dans un envol de plumes, un gros trou dans le crâne, pour ne plus se relever… et disparut comme tous les autres anges. La fausse Bayonetta attaqua Ann, mais la vraie s'interposa.

- Occupe-toi de la gamine ! lança Bayonetta. Et surveille-la bien, cette fois !

Ann fonça ventre à terre et prit Cereza dans ses bras, traçant au sol le sigil de protection en faisant juste tournoyer un pied autour d'elles.

Elles regardèrent les deux Bayonetta s'attaquer sans relâche l'une à l'autre, la fausse tirant des balles d'énergie verte de son flingue. Finalement, l'ange en eut marre de jouer les usurpatrices. Une petite danse, puis prit une pose hyper sexy et hyper suggestive (Ann le savait pour l'avoir utilisée mainte fois pour faire comprendre à Marco de laisser tomber la paperasse pour s'occuper d'elle) pour reprendre sa vraie forme. La pirate cacha les yeux de Cereza d'une main. Ce n'était pas le genre de chose qu'une gamine pouvait regarder. Non mais attendez ! Cet ange avec des formes de femme, elle s'était allongée par terre pour écarter les jambes, les mains bien où il faut, avant de reprendre ce qui devait être sa vraie forme. Si Bayonetta avait une tenue moulante, là, on pouvait se demander si cet ange était tout simplement vêtu ! Il y avait juste une sorte de collier large, doré et métallique autour de son cou, qui descendait en une chaîne d'où partaient d'autres lacets de même matière qui soutenaient la plantureuse poitrine, avant de descendre plus bas et de se diviser en deux pour finir par s'enrouler sur les cuisses !

Et on parlait d'un ange ! La luxure n'était pas censée être un péché donc, quelque chose qui condamne à l'enfer !?

- Joy, Première sphère, de l'ordre des Séraphin, identifia Bayonetta. Et ces anges se moquent de nous, tu as vu les flingues ?

Comment les louper, elle avait quatre flingues comme les sorcières, sauf qu'ils étaient verts et or. Presque les couleurs de Madama Khepri, mais bien plus lumineux.

L'ange se redressa avec une pose toujours aussi suggestive, dévoilant une sorte de casque or et vert qui descendit sur ses yeux, les cachant, avant de s'attacher sous le menton pour être relié au collier par une chaîne.

Cereza essaya de chasser la main devant ses yeux, mais Ann ne bougea pas.

- Attends d'avoir l'âge pour assister à ça, Cereza-chan. Quelle honte d'offrir ce genre de spectacle à une enfant…

- On reparlera de ça quand on en aura fini avec elle, grinça Bayonetta.

Sa difficulté était compréhensible. Cet ange se battait comme elle. Elle pouvait user aussi bien d'un fouet ou d'un sabre, ou même de ses flingues. Elle était même plus rapide et agile que Bayonetta. La sorcière se prenait de sales coups. Mais il y avait une chose que l'ange n'avait pas : Madma Butterfly. Aussi, au bout d'un petit moment, Bayonetta enchaîna les invocations de membres : pieds, mains, talons, poings, le tout d'un rose électrique en accord avec le mode de Durga.

Ann se déplaça le long de la pièce, et arriva au passage qui était bloqué par un sceau angélique. Un baiser le détruisit et elle relâcha Cereza, la laissant de dos au combat.

- Écoute-moi bien Cereza-chan. Je veux que tu traverses le passage jusqu'au portail en courant, et que tu nous attendes pas loin de l'autre côté. D'accord ?

- D'accord, Nee-chan !

- File !

Cereza fila en courant jusqu'au portail au fond et le traversa. Ann se tourna à temps pour voir Bayonetta s'apprêter à en finir.

- MICMA !

Ann vira au rouge en voyant l'instrument de torture qui apparut.

Bayonetta était désormais assise sur la tête d'un cheval de bois. Attention, pas un banal cheval pour enfant. Songez plus au cheval de bois SM avec des piquants sur l'arrête et vous serez plus proche de la vue offerte par la sadique de première qu'était Bayonetta. La sorcière sortit un fouet/chaîne qu'elle fit tournoyer paresseusement au-dessus de sa tête. L'ange Joy dut comprendre ce qui l'attendait car la créature tenta de prendre la fuite. Trop tard, le fouet s'enroula autour de son torse, emprisonnant ses bras, et l'attira sur l'arrête de l'instrument de torture, (accessoirement les piquants). Là, Bayonetta tira, faisant hurler Joy quelque part entre le plaisir et la douleur.

Des anges masochistes…

What. The. Bloody. Hell ?!

Bayonetta tira tant et si bien qu'elle brisa en deux l'ange, avant de lui arracher le torse. Elle sauta à terre avec une pose, satisfaite d'elle-même.

- Tu es une grande malade, Bayonetta. Si je le savais pas avant, j'en ai la confirmation maintenant… souffla Ann alors que l'instrument de torture disparaissait.

Bayonetta eut un petit rire en savourant une sucette verte histoire de recharger ses batteries, et s'en alla.

- Oi, Bayonetta, mite, appela Ann.

Bayonetta regarda Ann qui lui montra ce qu'elle avait ramassé : un morceau de vinyle angélique, avec, au lieu d'avoir un centre rose comme les précédents, l'avait bleu.

- Et là-bas, on a un autre portail. Quittons le Paradis, je n'aime pas cet endroit. On est trop proche de Dieu, ici.

Ann se dépêcha de la rejoindre et ensemble, elles passèrent le portail magnifiquement orné.


Elles arrivèrent dans le Purgatoire.

Sur une base militaire bien gardée.

Bayonetta se figea brusquement et se tourna vers Ann.

- Où est la gamine ?

- Pas très loin, viens. Je la sens de mon Haki.

Les deux sorcières se dépêchèrent jusqu'à un pont, et s'arrêtèrent.

Cereza était bien là, dans le monde des humains, apparemment.

Et elle n'était pas seule. A côté d'elle, il y avait Luka qui regardait sur le côté, en l'air, mais de l'autre côté.

- Comme on se retrouve, Portgas D. Ann.

Ann eut un grognement de désespoir en voyant Smoker avec Luka. Bayonetta haussa un sourcil.

- Noryokusha, souffla Ann.

Pas que ça dérange vraiment Bayonetta. Laissant Ann en arrière (puisque la plus jeune ne sembla pas vouloir bouger), Bayonetta traça un sigil devant elle qu'elle traversa, apparaissant dans le monde des humains.

- Mami ! appela Cereza, toute contente de les voir. Nee-chan !

Cereza se précipita vers elles, mais Luka s'interposa.

Avec un graaaaaaaaaaaaand soupir, Ann traça un sigil et rejoignit Bayonetta dans le monde des humains, relâchant ses cheveux pour qu'ils recouvrent son dos de leur longueur et cachent un minimum son visage pour que de potentiels passants ne puissent la reconnaître. Smoker haussa un sourcil devant le changement de look de la pirate.

- Mami ? Toi, une mère ?! interpella Luka en braquant son doigt vers Bayonetta.

- Voyons, Cheshire… regarde-moi bien, est-ce que j'ai l'air de m'intéresser aux mioches ? s'indigna presque Bayonetta. Sans compter le moment pour en faire un… ça, c'est une autre histoire, mais je pense que ça fait un bail que j'ai pas fait ça…

- Oi ! Oi ! Tu brûles les étapes, là ! C'est pas que je ne sois pas du tout intéressé…

Ann s'effondra de rire contre une rambarde du pont et Smoker regarda Luka en levant un sourcil, impassible, ses cigares toujours fumants en bouche.

- … mais enfin, bon, c'est pas trop le moment…

- Ooooh, Luka-chan est amoureux ! roucoula Ann.

Smoker la regarda. La jeune femme s'était assise sur la rambarde, ses longs cheveux s'agitant dans le vent.

- T'as enfin compris que tu étais une femme, Portgas ? grogna Smoker.

- Hey ! C'est Garp qui m'a élevée comme un mec ! J'y suis pour rien ! se défendit Ann avec une moue.

- Aurais-tu l'obligeance de m'expliquer comment tu as survécu à Akainu ?

Ann joua un instant avec sa Witch Watch avant de dire :

- Ma mère avait quelques atouts dans sa manche et des capacités insoupçonnées. Je crois qu'elle voulait s'assurer que notre clan ne s'éteigne pas avec elle.

- Bonne initiative de sa part, je me sens bien moins seule avec toi, Ann-chan, sourit Bayonetta. Marco va te botter le train, non, à cause de ce marine ?

- Probable, à moins que je trouve une bonne défense, soupira Ann. Il disait que c'était pas le bon moment pour que je ramène mes miches sur le devant de la scène.

- En parlant de bon moment, reprit Luka. Il semblerait qu'on vous attendait au bon endroit… parce que je savais qu'on se reverrait.

Il pointa le doigt vers ce qu'il y avait derrière lui.

- Tu vois, le seul moyen d'aller voir la jet set, et sa petite île de fête, de champagne et de caviar, c'est de passer par le pont Proéminence.

- Ah oui, c'est vrai… l'Île… se rappela Bayonetta. Il paraît que c'est un endroit charmant.

Ann secoua la tête d'un air las, alors que dans son dos, la tempête faisait rugir les vagues qui entouraient le pont.

Luka se tourna vers Cereza et la prit dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu fabriques ? demanda Ann. La gamine cherche à rentrer chez elle et elle prend Bayonetta pour sa mère, pour une raison ou une autre…

- Tu dis ça pour qu'on ne rajoute pas enlèvement, séquestration et mise en danger de mineurs à ta lourde charge de crime, Portgas ? grogna Smoker.

- Ne jouez pas avec moi ! siffla Luka. Vous avez manipulé cette pauvre gamine avec votre magie de sorcière. Vous êtes des vicieuses totalement toquées, vous le savez j'espère ? J'avais son âge quand tu as tué mon père, Bayonetta !

- Vicieuse, c'est Bayonetta, moi, je suis la toquée, nuança Ann.

La mimique de Smoker disait qu'il était d'accord pour la seconde partie de la nuance.

- Attendez… fit Luka, en l'ignorant. Non… vous n'avez tout de même pas… Oh mon Dieu ! C'est ça, n'est-ce pas ?! Vous avez tué ses parents, n'est-ce pas !?

Ann ouvrit la bouche pour protester mais Bayonetta la coupa en levant la main, avant de croiser les bras.

- Maintenant que j'y pense, elle est bien mieux avec toi, vous me causez tous les deux bien assez d'ennuis. Soyons réalistes, Ann-chan, tu as bien vu les horreurs qui se mettent sur notre route. C'est pas raisonnable de faire ça avec une fillette dans les pattes. Ils nous causent plus d'ennuis qu'autre chose, c'est deux-là, sans parler de la victime de ton charme que voici qui risque de mettre ton chéri dans tous ces états.

Ann papillonna des yeux et sauta de son perchoir.

-Tu as peut-être raison. Veillez sur elle, ou je vais vous montrer les résultats des cours de Bayonetta. Et croyez-moi, c'est une menace.

- Quoi ?! s'étrangla Luka.

- Qu'est-ce que tu manigances Portgas ? A Alabasta, tu te mets sur ma route pour ton soi-disant frère et là, tu laisses tomber une gamine ? grommela Smoker.

- Pense ce que tu veux, Smoker, j'en ai rien à carrer. Mon compte est bon depuis que je suis venue au monde. J'ai décidé de ne plus me prendre la tête avec ce que pensaient les gens de moi. Pas assez de temps pour passer à tabac tous ceux qui me crachent à la figure pour un accident de naissance.

- Qu'est-ce que c'est que ces trucs… souffla Smoker en voyant les anges apparaître derrière les sorcières.

- On fait pas de bonnes actions comme ça… on ne sait jamais quand un monstre peut apparaître, sourit Bayonetta avec une voix très sérieuse.

- Mami ! Nee-chan ! Derrière ! cria Cereza.

- Daijobu, O-chibi-chan ! sourit Ann.

Les deux femmes passèrent dans le Purgatoire en un rien de temps.

- FAIS LES FUIR ! cria Ann à Smoker alors que Bayonetta flinguait les anges.

- Par ici ! cria Smoker à Luka.

Il l'entraîna vers l'autre bout du pont, alors que celui-ci commençait à se détruire sous leurs pieds.

- Mami ! Nee-chan ! appela Cereza en tendant le bras vers les sorcières.

Bayonetta et Ann la regardèrent partir.

Comment pouvait-elle les voir ? Smoker avait un akuma no mi, mais la demoiselle ne semblait pas en avoir.

Enfin, tant pis pour le mystère resterait avec le comment avait-elle réussi à faire une protection comme celle de tout à l'heure avec le Beloved. En attendant, elles avaient à faire. Aussi, elles sautèrent dans la tempête.


Enochian :

MICMA : Behold

Hiérarchie de Laguna :

Joy : Faîtes entrer ici l'un des ennemis que je juge le plus chiant du jeu (si on exclut Grace & Glory). C'est un Seraphim, donc, première classe. Dans la mythologie, ce sont les anges les plus proches de Dieu et passe leur existence à chanter des hymnes pour lui. Ceci étant dit, c'est l'ange avec les caractéristiques les plus explicites du jeu, en plus du comportement. Ce qu'il faut savoir, c'est que ces créatures sont capables de se dupliquer (le nouveau Joy a une barre de vie pleine et indépendante du Joy d'origine) et de changer d'apparence, en plus d'utiliser les mêmes animations que Bayonetta. Quand un Joy vous tire dessus ou vous provoque, il utilise les animations de Scarborough Fair, quand il use de son fouet, c'est la version angélique de Bayonetta avec Kulshedra et l'ange peut aussi utiliser un sabre, avec les mêmes attaques à deux trois différences près, que Shuraba. C'est un ennemi rapide, et peuvent attaquer même quand leur corps n'a pas encore eu le temps de se former totalement, histoire de prendre le joueur par surprise. Dû à la similarité de techniques et la rapidité d'exécution (on note aussi que les Joy semblent parfois lancer des laser), c'est un ennemi compliqué à abattre, surtout pour un joueur débutant.