Salut à tous ! Le chapitre du jour, il donne des réponses à deux trois questions sur le pourquoi du comment, mais il n'éclaire pas certain mystère pour autant. Le fait est qu'on avance un peu plus dans l'intrigue, avec un petit instant en tête à tête avec Smoker et Ann.
Je veux ensuite répondre à Louvette68 : Toute les sorcières font ça. Jeanne, Bayonetta et donc Ann. Ensuite, voyons le côté pratique de la chose. Avec la magie, on peut avoir la tenue qu'on veut sans devoir l'acheter ou la faire faire sur mesure. Certes, se retrouver en bikini à chaque invocation de démon ou utilisation de Wick Weaves est l'un des défauts de la chose, mais c'est pas grand chose. Vous préférez quoi ? Cette option et avoir la possibilité d'avoir toute les tenues inimaginables, plutôt que de devoir baver devant les vitrines en sachant qu'on ne peut pas s'acheter telle ou telle tenue.
Cereza et Luka étaient cachés entre deux hangars à avion, attendant le retour de Smoker.
- Excusez-moi, mais est-ce que je peux récupérer mes lunettes ? demanda Cereza.
Luka redescendit sur terre, réalisa qu'il avait toujours en main les lunettes de la gamine et les lui rendit.
Luka s'accroupit contre le mur pour se mettre au niveau de la fillette qui remettait ainsi ses lunettes sur son nez.
- Ojou-chan, dis-moi donc... où as-tu eu des lunettes magiques comme les tiennes ? demanda Luka.
Cela fit rire la gamine.
- Les lunettes ne sont pas magiques, désolée. Je peux voir les monstres et 'kaachan sans elles !
- Des monstres... bakana... souffla Luka pour lui-même.
Il regarda de nouveau l'enfant et lui demanda :
- Sore de... Bayonetta, donc, ta mère... et Portgas... elles se battent tout le temps contre ces monstres ?
- Mami et Nee-chan sont des sorcières ! Les sorcières sont très fortes et elles protègent les gens ! Quand je serai grande, moi aussi je serai une sorcière super forte et je protégerai Mami et Nee-chan !
Et Cereza prit une pose très Bayonetta, comme si elle avait des flingues en main.
- Attends... tu penses que les sorcières protègent les gens ? fit Luka en se massant les tempes, ne comprenant plus rien à rien. Non, oublie ça.
Et il se leva en secouant la tête.
- Ce n'est pas la peine de discuter avec une gamine, je vais m'en sortir seul, grommela-t-il en marchant quelques pas dans l'allée.
- On n'en doute pas une seconde !
Luka manqua de faire un arrêt cardiaque en entendant la voix de Bayonetta et se retourna pour la voir appuyée au mur avec une main, l'autre sur la hanche, lui souriant moqueusement. Cela surprit tellement le jeune journaliste qu'en reculant, il se cogna à l'autre hangar et tomba sur les fesses en se tenant le crâne. Un peu plus loin, un Sigil apparut et Smoker en jaillit suivi d'Ann qui avait une sucette en bouche.
- Mami ! Nee-chan ! cria joyeusement Cereza en voyant les sorcières.
Ann s'accroupit en souriant, ouvrant les bras vers la gamine qui s'y jeta avec joie.
- Tu ne cesseras jamais de me faire rire, Cheshire. Je suppose que c'est ton prochain objectif, commenta Bayonetta en s'avançant vers Luka qui s'était relevé, mais le regard fixé sur les avions sur les pistes de l'aérodrome.
Luka, qui avait essayé de faire celui pour qui tout va bien devant Bayonetta, se prit la tête dans les mains en gémissant doucement de douleur quand la femme s'avança assez pour lui tourner le dos.
- Ne, Nee-chan ?
Ann regarda Cereza qu'elle avait hissée sur sa hanche en levant un sourcil de curiosité.
- Pourquoi Mami t'a donné ses armes ?
- Quelles armes ? s'enquit Ann, perplexe.
- Les Unforgiven !
Smoker regarda Ann en quête d'une explication, comme Luka. Bayonetta se retourna à moitié pour observer la scène.
- Que sont les Unforgiven ? demanda Smoker.
Ann tira d'un de ses étuis à ses hanches l'un des colts et le montra à Cereza.
- Tu parles de ça ? demanda Ann.
- Mhm ! confirma la gamine.
Les deux sorcières échangèrent un regard. Elles devraient peut-être demander à Rodin de se renseigner un peu plus sur les anciennes manieuses de ce set d'armes.
- Dis-moi... mami... elle a un contrat avec qui ou quoi en enfer ? s'enquit Ann.
- Avec Madama Khepri !
- Ann-chan... tu m'as caché avoir eu une fille, se moqua Bayonetta. Les Unforgiven, puis Madama Khepri... tu corresponds au profil !
Ann lui lança un regard noir en réponse et reposa Cereza. Bayonetta regarda une dernière fois l'avion puis revint vers Cereza.
-Tiens, petite, fit Bayonetta en rendant la peluche à Cereza. Pour les Unforgiven, j'ai trouvé juste meilleure chaussure à mon pied, donc, je les laisse à Ann-chan. Enfin, tu n'as pas pleuré, j'espère, pendant que nous étions absentes, ne ?
Cereza regarda avec joie sa peluche à l'œil réparé, avant d'assurer qu'elle n'avait pas pleuré.
- Yosh ! approuva la sorcière.
- C'est très bien, Cereza-chan. Viens faire un bisou à Nee-chan ! sourit Ann.
- Pourquoi t'es pas tout simplement restée dans ton coin pour élever une famille, au lieu de foutre tout ça en l'air pour devenir une criminelle ? s'enquit Smoker.
Ann leva un sourcil vers Smoker et lui demanda avec un sourire espiègle :
- Serait-ce une proposition indécente de la part d'un Chûjo de la Marine ?
Ledit Chûjo vira au rouge d'embarras et détourna la tête. Ann eut un petit rire et se redressa pour lui parler franchement :
- Entendre durant toute ton enfance que tu n'as pas le droit d'exister pour une simple erreur de naissance te fait passer l'envie de vouloir perpétrer ton nom de famille. Après, si Marco me le demande gentiment, et arrive à trouver de bons arguments, je pourrais bien changer d'avis.
Elle lui tira la langue avant de se tourner de nouveau vers Bayonetta, loupant ainsi l'éclair de jalousie dans les yeux du marine.
- Bayonetta... soupira Luka en se décollant du mur. Je te l'ai demandé de tellement de façons différentes et de tellement de fois... et tu me réponds toujours la même chose.
- Voyons, Luka-chan ! Bayonetta est loin d'être une sainte nitouche, tu devrais, depuis le temps, avoir réussi à la convaincre de s'assurer de la survie de l'Umbra... en mettant toi-même la main à la pâte ! sourit Ann avec un air entendu.
Luka devint rouge comme une pivoine, Bayonetta eut un petit rire.
- Surveille ta langue, Portgas, y'a une gamine parmi nous, gronda Smoker qui avait bouché les oreilles de Cereza.
- Ce-ce-ce n'était pas du tout de ça dont je parlais ! s'indigna Luka.
Cela laissa les deux sorcières mortes de rire.
- Non, je sais très bien de quoi tu parles, Cheshire... assura Bayonetta. Et c'était juste...
Luka, redevenu sérieux, leva les mains pour la couper.
- … un malentendu. T'es vraiment têtue, tu savais ça ?
Bayonetta eut un soupir et bougea dans l'allée, laissant Luka s'appuyer contre une des parois de hangar.
Ann fit signe à Smoker de la suivre et ils s'éloignèrent. Assez près pour entendre, au cas où Luka, dans son monologue sentimental, aurait quelque chose d'important à dire, mais assez loin pour ne pas gâcher le moment.
- Mon oyaji était un journaliste, lui aussi.
Bayonetta s'adossa en silence contre un mur, les bras croisés, laissant Luka parler.
- En fait, c'était un homme bien plus respectable et impressionnant que je ne pourrais jamais espérer devenir. Il a été obsédé par un dossier tout au long de sa carrière. Quelque chose de si bizarre qu'il y a consacré sa vie. Le genre de chose qui même pour les critères du Shin Sekai, pourrait sembler barge. Les disciples des Ténèbres, les Sorcières de l'Umbra et leurs homologues de la Lumière, les Sages de Lumen. Ils contrôlaient l'univers grâce à la puissance des Yeux du Monde. Et puis un beau jour, les deux clans ont disparu, faisant presque un remix du Siècle perdu en plus réduit.
Il se retourna et s'adressa directement aux sorcières. Ann, assise un peu plus loin par terre, le regarda quand il prononça son nom :
- Portgas-san, tu as mon âge, plus ou moins, donc, tu dois être trop jeune pour le savoir, mais Bayonetta, tu dois connaître là où ça s'est passé... Après tout, nous y sommes en ce moment même.
Ann leva les sourcils alors que Luka faisait une sorte de révérence pour les deux femmes.
- Bienvenue à Vigrid. Cinq cent ans après.
Cinq cent ans après ?
Pendant que Luka continuait de parler, Bayonetta avait un flash devant les yeux. Un flash qui représentait parfaitement ce dont parlait le jeune journaliste :
- Chaque clan, en essayant de se servir les forces qui leur étaient propres, tenta de ramener la paix en un monde divisé. Ils avaient chacun un Œil, qui selon la légende, avait le pouvoir de créer l'Histoire, et avec lequel, ils avaient le pouvoir d'observer l'univers entier...
Smoker remarqua qu'Ann regarda Bayonetta quand Luka fit mention de l'Œil en possession de chaque clan.
Deux groupes dans une longue pièce, nettement séparés, chacun sur un des bords d'une allée centrale, dont la zone à la fin de celle-ci qui se finissait en cercle. Le groupe de gauche était en blanc et or, et c'étaient des hommes. Les Sages de Lumen et les Sorcières de l'Umbra.
- … mais leur collaboration ne dura qu'un temps. Puisque l'union de deux amoureux des clans rivaux a mené à la naissance d'un enfant qui entraînera la perte des deux factions...
Entre les deux rangées, une sorcière et un sage se tenaient l'un à l'autre, face aux chefs de leur faction réciproque. Une sentence fut prononcée et les deux amants séparés de force l'un de l'autre.
- La femme a été faite prisonnière et l'homme a été exilé de son clan. L'enfant resta avec les sorcières, mouton noir au cœur même des ombres. La fin de l'équilibre entre l'Ombre et la Lumière avait sonné le début du déclin, pour les deux clans...
Ann baissa les yeux vers Cereza. Ce que racontait Luka semblait concorder avec ce qu'avait dit la gamine de sa vie, mais cela remontait à cinq cent ans. Et l'enfant, même d'un point de vue de sorcière, n'avait pas cet âge.
La scène était maintenant familière à Bayonetta. Elle revoyait encore cette femme dans sa cellule, en tenue de prisonnière de l'Umbra. Et l'enfant roulée en boule devant la porte. Une petite fille étrangement semblable à Cereza.
- … la légende dit que les deux Yeux peuvent être réunis pour contrôler la réalité elle-même, ce qui a été la source de tant de combats entre les deux clans. Tellement que cela mena à leur destruction mutuelle.
Cette fois, elle revoyait la traque, la chasse aux sorcières. Les humains et simples mortels hurlant aux grilles des bastions de l'Umbra, surveillés d'en haut par les forces du Paradiso, menait par Fortitudo.
Par la suite, ce fut le corps des sorcières jonchant le sol qui lui revint en mémoire.
Bayonetta secoua la tête, revenant pleinement à la réalité.
- Les collègues d'oyaji se sont moqués de lui pour croire à de tels contes de fées, mais moi, j'ai toujours cru à son histoire. Et j'y crois d'autant plus depuis que je vous ais rencontrées, toi et Portgas. L'esprit des clans plane encore, même après cinq cent ans. Mais qu'est-ce que mon oyaji cherchait ? Pourquoi a-t-il donné sa vie pour le trouver ? Je dois trouver la vérité par moi-même... C'est pour ça que je n'ai jamais cessé de chercher... de te chercher.
Luka s'avança sans regarder Bayonetta en disant d'une voix plus forte et avec moins d'émotion :
- Il n'y a pas longtemps, le chef de la multinationale Ithavoll qui domine Vigrid a essayé de refourguer une énorme gemme sur le marché noir. S'il refuse de la vendre légalement, nous devrons l'obtenir par un autre moyen.
- Tu es en train de parler de voler un objet en présence d'un marine ? demanda Smoker, se demandant si le journaliste n'avait pas perdu l'esprit.
- Smoker, tu veux bien laisser ton putain de foutu professionnalisme au placard ? Ou alors te barrer ? soupira Ann d'un air agacé. Quel est ton plan d'action, Luka ?
- La première étape, c'est de nous infiltrer dans ce jet.
Luka s'était tourné vers eux en disant ça, avant de pointer un avion à proximité.
Et il s'en alla vers l'avion en question.
Ann regarda Bayonetta et se leva.
- Fais-moi signe quand tu auras fini de réfléchir, demanda la jeunette.
Elle fit un geste vers Smoker, lui demandant de la suivre, et s'éloigna.
Ann sauta, fit apparaître ses ailes d'insecte et arriva aisément sur le sommet d'un hangar, regardant le soleil couchant avec un soupir.
Smoker la rejoignit rapidement, se laissant tomber lourdement à côté d'elle.
- Tes hommes ne vont pas se faire du souci pour toi ? demanda Ann, sans le regarder.
- J'ai dit à Tashigi de se charger de l'affaire seule, qu'il y avait une piste que je voulais suivre en solo. J'ai bien fait, en sachant que tu es impliquée, Portgas, grogna Smoker en retirant deux cigares de sa veste.
Il les coinça entre ses dents et leva un sourcil en voyant la flamme dorée sur le pouce d'Ann. Il accepta le feu et alluma ses cigares. La jeune femme souffla sur son pouce et se leva en s'étirant, marchant un peu vers le bord du hangar.
- Comment tu en es arrivée là, Portgas ? Qu'est-ce qu'il s'est passé à Marine Ford ? demanda Smoker, une main cachée par son manteau de Chujô.
Ann coinça ses mains dans ses poches arrières, le regard vers le ciel de sang.
- Les Portgas sont apparemment une des rares lignées à avoir pu réchapper à la chasse aux sorcières. Ma famille a fait profil bas, gardant leurs pratiques magiques au strict minimum et au plus discret. Même si les vieilles habitudes et les vieilles traditions n'étaient plus à l'ordre du jour, elles sont restées dans la famille, transmises de mère en fille. La chaîne a été rompue quand je suis venue au monde. Ma mère se doutait qu'elle portait une fille, c'est une prédisposition des sorcières. On peut avoir des garçons, mais c'est plus rare. Il était donc probable que comme elle et nos aïeules, je possède en moi le potentiel de perpétuer la survie de l'Umbra.
Ann eut un rire amer.
- Je suis vraiment née sous une étoile de merde. En plus de devoir subir tous ceux qui ont une dent longue comme un bras après Roger, je devais aussi prendre garde aux quelques chasseurs de sorcières encore existant. C'est pour ça que maman a scellé mes pouvoirs. Cela nécessitait qu'elle me garde plus que nécessaire en elle... et qu'elle y laisse sa vie.
Ann se tourna vers Smoker et marcha lentement vers lui, le dépassant de son pas lent et chaloupé.
- J'avais douze ans quand j'ai rencontré Bayonetta pour la première fois. Je doute que tu me croies si je te dis que depuis le temps, elle n'a pas pris une ride ! Le fait est que c'est elle qui nous a expliqué, à Luffy et moi, ma vraie nature. Lu' a le potentiel d'être un Sage de Lumen, ses dons ne sont pas scellés, contrairement aux miens, mais outre deux trois tours communs aux deux clans, elle ne pouvait rien lui apprendre de plus. Elle n'allait surtout pas former un ennemi. Mais elle m'a expliqué ce que mon sceau impliquait. Tant que je vivrais, je ne pourrais jamais être une sorcière. Seule la mort pouvait m'en défaire. Elle me disait de mourir dans la fleur de l'âge pour ne pas finir en une sorcière laide et ridée comme une pomme.
Ann se tourna vers Smoker avec un petit sourire narquois.
- Pour une fois que j'écoute vraiment ce qu'on m'a dit de faire quand j'étais gamine, ce n'est pas volontairement. C'est bien aussi la première fois que je dois remercier un marine, même si j'ai l'intention d'arracher la tête d'Akainu. Il est sur ma shit-list avec Teach.
Elle revint devant Smoker, repassant une mèche de cheveux volante derrière une oreille et lui dit :
- Quand Bayonetta a débarqué, après Marine Ford, Marco était en train de pleurer sur mon cadavre, et certainement en train de songer au suicide. Elle s'est contentée d'un peu de magie pour détruire totalement le sceau qu'Akainu avait quasiment détruit. A partir de là, ça a été une course contre la montre. Si je voulais survivre, il fallait que je passe un pacte, que je reçoive assez d'énergie pour surmonter la blessure mortelle. Elle m'a dit tout juste quoi faire, et j'ai réuni le peu de forces que j'avais pour procéder à l'invocation. Madama Khepri a répondu à l'appel et a accepté de m'offrir force, puissance et encore plus de magie, mais aussi de me permettre de revenir en tant que sorcière de l'Umbra, en échange de mon âme.
Ann haussa les épaules.
- Cela ne changeait pas grand-chose. Contrairement à tous les idiots qui consomment des akuma no mi... à deux trois exceptions près, je savais qu'en mordant dans le mera mera, je condamnais mon âme aux enfers. La différence avec mon contrat et l'akuma no mi, concernant ma fin en enfer, elle est dans le fait que cette fois, je sais où je vais atterrir et pourquoi. J'ai rejeté une parcelle de ma liberté pour embrasser une autre tout à fait différente. Et je vis avec. Point. D'autres questions ?
- Qui est cette... Madama Khejenesaistropquoi...
- Khe-pri.
Ann se contenta de le prendre par le poignet et de le mettre debout. Elle le poussa au bord du toit, lui fit signe de rester là, avant de s'éloigner, dos au soleil, les bras croisés, lui faisant face.
- Qu'est-ce que tu vois ?
« Une jeune femme ravissante avec une vie de chien... que j'aurais bien épousé si elle n'avait pas été une pirate et n'avait pas ce foutu chanceux de blondinet dans sa vie. » songea Smoker.
Hmm, nan, Ann n'aimerait pas vraiment ça.
- Toi, répondit le marine.
- Wouhawe ! Brillant Smoker ! On reconnaît là l'intellect légendaire du G-5 ! se moqua Ann en applaudissant.
- Si c'est pas toi que je dois voir, c'est quoi ?
- Mon ombre.
Smoker baissa les yeux sur l'ombre entre eux deux. Il ne voyait pas ce que...
Les pensées de Smoker s'arrêtèrent.
Ce n'était pas l'ombre de la pirate devant lui. L'ombre représentait une étrange créature en forme de femme, avec des cornes et des ailes.
- Je te présente Madama Khepri, la Protectrice du temps. La démone qui règne sur le soleil et le temps. Comment ça va, en enfer, Madama Khepri ?
Smoker dut retenir sa mâchoire pour qu'elle ne s'ouvre pas sous le choc. Sans qu'Ann ne bouge, l'ombre, comme douée d'une existence propre, avait levé un bras, puis un pouce, l'air de dire que tout allait bien, avant de rebaisser le tout.
- Je vais voir si Bayonetta a fini de réfléchir, annonça Ann.
Elle passa à côté de Smoker et sauta du toit, battant des ailes avec élégance.
Cereza faisait de gros câlins à sa peluche quand elle remarqua Bayonetta perdue dans ses pensées. Elle changea de côté pour se mettre juste à sa gauche et prit sa pose, une main sur la hanche.
Avec un soupir, sans vraiment faire attention au manège de la gamine, la sorcière croisa les bras sur sa poitrine et s'adossa au mur, une jambe croisée. Cereza l'imita, allant jusqu'au soupir.
Pendant un instant, elles restèrent ainsi, avant que Cereza ne parle, attirant l'attention de l'adulte sur elle :
- Neee ? Tu cherches quelque chose, mami ?
- En quelque sorte.
Cereza s'écarta du mur pour se tourner pleinement vers celle qu'elle croyait être sa mère.
- Comment l'as-tu perdu ?
Bayonetta ne répondit pas, regardant Cereza, avant de l'interpeller.
- Est-ce que tu as quelque chose que tu aimes beaucoup ? demanda Bayonetta, faisant face à la gamine, une main sur la hanche. Quelque chose qui t'est très précieux...
Cereza leva son chat dans un bruit de grelot dans un premier temps, avant de se raviser, comme si elle réfléchissait. Elle se mit à fouiller une poche de sa chemise de nuit, alors que Ann, suivie de Smoker, descendait du hangar.
- Oui ! C'est ça mon trésor ! annonça Cereza en sortant un objet doré de sa poche pour le tendre à Bayonetta.
Ann ouvrit des yeux ronds.
Ce n'était tout de même pas...
Bayonetta le prit. Au travers le couvercle doré, pourtant légèrement translucide, elle discernait des chiffres Enochian et des aiguilles. Ce lourd bijou circulaire était une montre de l'Umbra. Une Witch Watch. En faisant tourner l'objet entre ses doigts, elle eut une nouvelle vision.
La sorcière qu'elle voyait toujours en prison donnait cette montre à Cereza au travers des barreaux.
- Où est-ce que tu as trouvé ça ? demanda Ann en s'accroupissant au niveau de Cereza.
- C'est mami qui me l'a donné ! Pour mon anniversaire ! sourit Cereza avec joie.
Ann regarda Bayonetta. Enfin plutôt la poitrine de Bayonetta, plus précisément, la Witch Watch de celle-ci. C'était elle, ou la montre de Cereza ressemblait à celle de Bayonetta... L'Œil Gauche en moins...
- Quand tu as quelque chose de précieux... fit Bayonetta en retirant un ruban rouge de sa coiffure. Ne le perds jamais. Tu m'entends, O-chibi-chan ?
Bayonetta s'accroupit devant Cereza en usant du ruban pour accrocher la montre autour du cou de la gamine.
- Tu dois le garder précieusement contre ton cœur.
Et elle lui passa le ruban autour du cou, lui faisant un très grand collier qui lui tombait au nombril. Mais l'air absolument heureux de Cereza valait le coup. La gamine était folle de joie. Elle se mit à gambader partout en riant, sous le sourire des deux femmes.
- Tu reconsidères l'idée de permettre au clan de se perpétuer ? demanda Bayonetta en voyant le sourire de sa sœur de clan.
- Je hais les pleurnicheries... Marco serait obligé de gérer ça. S'il est prêt à cette concession... on verra bien... commenta Ann.
Smoker se fit la promesse d'arracher les yeux du Phénix avant de le torturer de telle façon qu'il prierait pour être envoyé à Impel Down, s'il rendait Ann malheureuse. Lui, il aurait accepté cette concession, juste pour avoir la brunette dans sa vie et qu'elle lui donne un enfant... sans s'attarder sur le fait qu'il aurait ainsi donné à Gol D. Roger des petits-enfants. Ignorer ce genre de détails, c'était tout aussi bien...
Malheureusement pour eux, le calme idyllique de cette scène s'acheva. Un étrange cri dénaturé raisonna alors que le goudron explosait, comme attaqué par quelque chose. Aucune des sorcières ni Smoker ne fut assez rapide pour attraper Cereza avant qu'elle ne soit touchée par une voiture qui leur tomba sur le crâne.
Laissez à Luka en mode Spider Man s'en charger.
Du bout de son grappin, il parvint à ramasser Cereza, avant de se projeter avec elle sur une aile d'un avion sur le point de décoller.
Les deux sorcières durent évacuer quand cette fois, un truc de métal non identifié leur tomba sur le coin de la figure. Smoker se retrouva écraser dessous, mais en tant que logia, il n'avait pas grand-chose à craindre... fallait juste qu'il parvienne à sortir de là.
Luka et Cereza roulèrent sur l'aile de l'avion. Le décollage les sépara. Le journaliste tomba malheureusement de l'aile.
Quand l'avion décolla, il n'y avait que les sorcières dessus.
Luka fut rejoint par Smoker.
- Bayonetta... souffla Luka, comme si c'était un juron.
- Ann... grommela Smoker de la même façon.
Les deux hommes eurent un soupir et conclurent en même temps :
- Les femmes.
Elles se retrouvèrent dans l'appareil, dans ce qui devait être une salle des machines. Ann servit de guide, avec son Haki, pour retrouver Cereza, sauf que voilà, elles eurent quelques ennuis en chemin. Laissez-moi vous dire pourquoi… un poing géant blanc neige qui passe au travers le sol… je pense que vous devez saisir que la mystérieuse Jeanne a décidé de se pointer et de les faire chier, non ? Eh bien, pour retrouver la gamine, il fallait donc éviter Jeanne qui détruisait la carlingue de l'appareil avec l'aide de Madama Styx, sans parler des anges qui vinrent leur faire un petit coucou. On ne parlera pas non plus du Gomorrah blanc qui se ramena. Noooon, pourquoi faire !
Quand elles quittèrent la salle des machines, pour arriver dans la soute, remplie de conteneurs, celui-ci s'ouvrit sous leurs pieds, comme pour décharger sa cargaison en plein vol.
- Je vais dire deux mots à cette agence de voyage… grinça Ann alors que les conteneurs glissaient vers elles, sur la pente menant au vide.
Elles parvinrent à s'accrocher à l'un d'eux durant la chute, et passèrent en Witch Time, usant de leur apparence féline pour sauter sur la cargaison en chute pour revenir vers l'appareil. Toujours sur la trappe au sol qui n'était pas encore refermée, elles durent affronter des anges, les frères Grace et Glory qui voulaient juste prendre de leurs nouvelles. A croire qu'on ne voulait pas les laisser retrouver la gamine. Une partie branlante de l'appareil attira leur attention. Une porte, une vraie cette fois, genre, par là où des passagers seraient normalement entrés. Après avoir dégommé les Decorations qui s'étaient perdus dans les environs, les deux femmes s'aventurèrent sur l'aile.
- Tu as repris tes vieilles habitudes, je vois…
Les deux brunes levèrent la tête jusqu'au sommet de l'appareil, d'où, appuyée à une sorte de mât, se tenait Jeanne, qui les regardait figurativement et littéralement de haut.
- Continue de chercher Cereza, je me charge d'elle, souffla Bayonetta à Ann.
- Certaine ? demanda Ann sans cesser de fixer Jeanne.
- Va.
Ann se changea en guépard, puis en phénix, disparaissant rapidement de l'attention et de la vue des deux plus vieilles.
- Pourquoi tu fais cette tête ? demanda Jeanne. Quelque chose te perturbe ?
- Non, juste toi qui te mêles toujours de mes affaires ! Tu m'excuseras, mais je n'ai pas de temps à perdre avec toi.
Bayonetta tourna le dos à Jeanne dans l'intention de retrouver Ann.
- Ora, ne sois pas aussi dure avec moi, Bayonetta. Je sais très bien que tu t'en fais pour ces gamines…
Bayonetta tourna brutalement la tête vers la blonde, les dents serrées de colère de s'être fait si facilement percer à jour. En un seul saut, elle retrouva Jeanne sur son perchoir et elles entreprirent de se battre, sans s'occuper des destructions. Jeanne manqua d'ailleurs de coller une balle dans le crâne de la brune avec un de ses flingues/talons, avant de se jeter en arrière, glissant à cheval sur le mât, tirant vers Bayonetta de ses pistolets en main. La brune esquiva agilement, jusqu'à ce que les yeux de Jeanne virent au rouge et qu'une des balles fasse demi-tour en réponse, et manqua de peu l'autre sorcière. Bayonetta partit à sa poursuite sous forme de panthère, avant que la blonde ne saute carrément de son appui, sans cesser de tirer sur son adversaire. Bayonetta fonça sur elle et se changea en nuage de chauve-souris pour passer au travers Jeanne, se reformant derrière elle. Le combat continua au corps à corps, dans la chute, enchaînant clefs de bras et prises diverses qui bloquaient les armes de l'autre.
Le mât tomba sur elle, les séparant, mais ça ne coupa pas pour autant leur combat. Elles se contentèrent de se percher chacune à une extrémité (Jeanne avec plus d'aisance et de classe que Bayonetta, malheureusement), avant de se foncer de nouveau dessus, puis devoir sauter sur une aile de l'avion, se tenant mutuellement en joue.
- Dis-moi où est la gamine ! Tout de suite ! exigea Bayonetta.
- Oya oya, c'est qu'on s'est attaché à cette petite on dirait, taquina Jeanne. Tu aimes ça, quand elle t'appelle mami ?
- Qu'est-ce que tu racontes comme connerie ? Si je la laisse avec ce reporter, il ne va jamais la boucler, et ses jérémiades sont dix fois pires que tout ce que peut inventer la gosse. Si c'est au marine que je laisse la petite, c'est Ann-chan qui va me rabattre les oreilles sur le sujet, et là, je sais que je vais en chier pour un long moment !
Jeanne éclata de rire.
- Tu as un certain talent pour contourner la vérité, sourit la blonde.
- Et toi alors, tiens ! Qu'est-ce que tu caches à son sujet ?!
Bayonetta lui jeta la sculpture de bois qu'elle avait trouvée dans le Paradiso, représentant Jeanne avec Cereza. Le bout de bois tomba au pied de la sorcière.
- Corrige-moi si je me trompe, mais ça doit te parler, non ?
Jeanne le ramassa, le regarda un instant, une expression indéchiffrable sur le visage, avant de le balancer par-dessus son épaule.
- Tu crois vraiment que j'ai besoin d'un truc pareil ?
Les deux femmes se regardèrent un instant, puis… l'appareil émit un étrange grincement et le temps fut arrêté. En réponse, chacune des deux sorcières pointa l'autre d'un flingue, et une présence hors de vue de leur autre arme. Une présence qui jaillit des nuages et qui avait tout l'air d'être un Audito.
- Pourquoi est-ce que tu t'obstines à perdre ton temps ? demanda l'apparition. As-tu oublié la tâche qui t'a été confiée ?
On aurait dit un heaume doré avec des cornes, et les ailes se situaient à l'arrière de la tête.
- Dépêche-toi, car l'Ere du Créateur approche !
Jeanne baissa ses armes et regarda sur le côté, singulièrement agacée.
- Je sais très bien ce que j'ai à faire ! Mais tu as oublié que je n'ai pas besoin de ton aide !
Et elle braqua de nouveau son flingue sur l'Audito.
Elle lui tira dessus, avant de sauter sur la tête de l'ange et courir sur place pour cribler de balles le dessus de son heaume. En se débattant, l'ange endommagea une partie de l'appareil et mit fin au temps sur arrêt, faisant plonger l'appareil dans une chute pour une destination inconnue. L'Audito disparut. Jeanne revint sur l'avion.
- Eh bien, on dirait que ça en est fini pour tes amies, asticota Jeanne.
Et elle tira sur Bayonetta qui esquiva aisément les balles, avant de sauter en l'air. Jeanne tira si vite que cela devint un nuage de balles entre les deux sorcières, mais un simple Witch Time permit à Bayonetta de les attraper au vol, de les faire fusionner en une lance d'acier qu'elle lança comme un javelot sur Jeanne. Celle-ci esquiva facilement, mais ne put qu'encaisser le choc quand Bayonetta la percuta.
- C'est ça ! Laisse tes yeux se remplir de haine ! encouragea Jeanne. Accepte cette colère ! Accepte la brutalité de ton destin ! Accepte-la et gagne L'Œil Gauche ! Saa, viens ! Prouve que tu le mérites !
Bayonetta leva un flingue pour frapper au visage la femme. Elle fut coupée par cette même voix d'homme.
« N'aie crainte, mon enfant. Il ne t'arrivera rien. Je serai toujours là pour… »
La communication fut coupée par une puissante vague de Haki venant de l'appareil.
Bayonetta savait ce que ça voulait dire.
Cette brève déconcentration permit à Jeanne de renverser la situation. Bayonetta fut projeté au travers une aile de l'avion, faisant un gros trou dedans. Fière d'elle, la blonde s'avança avec un petit rire vers le trou, avant de se figer, quand un second se forma par en dessous, derrière elle, permettant à Bayonetta d'en jaillir comme une fusée et d'atterrir devant Jeanne, assez penchée en avant pour montrer à qui le voulait son postérieur.
Elle se redressa tranquillement, et tout aussi tranquillement, tourna sur elle-même pour refaire face à Jeanne. Elle arrangea ses lunettes avec un de ses flingues. Jeanne se laissa aller sur sa jambe arrière, un sourire sur le coin des lèvres.
Let the show begin.
Cela partit dans un gros combat, elles ne retinrent pas leurs coups le moins du monde, et Bayonetta manqua de finir en crêpe plus d'une fois sous un talon de Madama Styx. Et pour ne pas faciliter les choses, Jeanne invoqua une moto pour bien faire chier la brune.
Est-ce que c'était légal dans un combat de sorcières, ça ?
Plus d'une fois, aussi elles se retrouvèrent au corps à corps, dans un combat de poing de leur contrat respectif, et finalement, après un ultime effort, Bayonetta parvint à faire reculer Jeanne, l'envoyant sur le dos.
Bayonetta ne s'attarda pas plus. Cereza et Ann l'attendaient. Jeanne allait partir à la poursuite de la brune quand une main d'eau la saisit au vol, lui coupant la route.
Elle jura.
Cereza n'était toujours pas prête.
- CEREZA !
Il y avait de quoi se chopper du jus dans les entrailles de l'avion, sans parler des infiltrations d'eau venant d'elle ne savait où. Mais Ann s'en foutait. Dans le monde des humains, elle fit au mieux pour trouver la gamine. Avec tout le courant des environs, elle était obligée d'user de ses Agnayi en mode électrique et de les garder aux pieds.
- Cereza ! Réponds-moi !
- Nee-chan ! sanglota Cereza depuis sa cachette. Nee-chan… Nee-chan !
Ann eut un soupir de soulagement.
- Yokatta, tu es là, Cereza.
Ann la reçut dans ses bras et la serra contre son cœur. Elle relâcha son Haoshoku pour prévenir Bayonetta, espérant qu'elle ne tarderait pas trop.
- Nee-chan ! J'ai eu si peur ! pleura Cereza.
- Arrête de pleurer, tenta de calmer Ann. Mami ne sera pas contente si tu pleures, tu le sais, non ? Tu connais sa règle, non ? Ni cafard, ni pleurnichard.
L'appareil commença à devenir fou et l'eau à s'infiltrer encore plus. Pas le temps pour attendre Bayonetta.
- On va sortir d'ici, alors, accroche-toi bien… d'acc ?
- Ok, fit Cereza en s'accrochant de son mieux à Ann.
C'est cet instant que choisit l'avion pour se renverser. Ann resserra sa prise sur la gamine, essayant de faire en sorte que rien ne leur tombe dessus en route. Sauf que voilà, des anges ne semblaient pas d'avis de les laisser passer. Ann dut poser Cereza, et faire un dôme de protection les maintenant à l'intérieur, avant d'user de la projection astrale pour envoyer son âme dans le Purgatoire et botter quelques paires de fesses, avant de retrouver son corps et de ramasser Cereza. Elle ne pouvait pas faire cinq pas qu'elle devait répéter l'opération.
- Ann-chan ! Cereza !
- Mami !
- T'en as mis du temps ! rouspéta Ann quand Bayonetta les rejoignit enfin.
Elle lui passa la gamine.
- L'avion coule, on manque de temps, annonça la plus vieille.
Elles durent user de leur pouvoir pour monter le long d'un mur et ne pas finir sous l'eau. Bayonetta laissa le plaisir à Ann de se charger des Harmonies qui leur barrèrent la route, avant de voir enfin le bout.
Elles allaient pouvoir sortir de là.
