Alors, ce chapitre est la jonction de deux versés du jeu. Simplement parce que la Tour du paradis (A tower to truth) n'avait pas assez contenu pour que je puisse en faire un chapitre unique. D'où la fusion avec le versé suivant.
Ce qui fait donc, à cette date, mon chapitre le plus long pour cette fiction.
Ensuite, pour ceux qui se le demande, ce que chante Bayonetta à la fin, c'est Fly me to the moon, dont le remix sert de thème au jeu.
Pour conclure, je dirais donc que c'est l'avant-dernier chapitre du premier jeu, et qu'il est fort probable que je torde le cou au canon du second jeu si on veut avoir un peu de temps pour One Piece, avant d'enchaîner dessus, parce que, chose que je n'avais pas prévu au tout début, c'est que Bayonetta 2 comme deux ans après, en période de Noël. Et je vous renvoie à la discussion chez Rodin pour savoir à quel moment de l'année nous sommes. Il est donc fort probable que le second jeu commence à une période différente dans cette fic.
Ceci étant dit, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt.
Avancer.
Continuer de marcher, malgré les blessures et la douleur.
Ce n'était pas le moment de se laisser aller.
Et puis, elle savait le faire, elle l'avait pratiqué tant de fois...
Smoker regarda avec peine Ann continuer son avancée, malgré le fait qu'elle souffre. La façon dont elle avait incliné son chapeau sur son visage était plus qu'éloquente, avec la raideur de son dos, de ses épaules et de sa démarche, sans parler du tremblement de ses mains.
Sabo.
Ils n'avaient que ce nom.
Smoker l'associait à la Révolution. Un jeune, du même âge que Portgas, mais le lien entre eux, c'était un mystère.
Un blond aux yeux bleus...
Un ancien compagnon ? Vu la douleur dans sa voix et son comportement, avant que Bayonetta ne parvienne à la calmer quelque peu, ils devaient être proches.
- Arrête de me regarder, Smoker, siffla Ann sans se tourner vers le marine.
- Tu es devant moi, tu veux que je regarde quoi, Portgas ?
- Tu peux te décaler et regarder la porte devant nous.
La porte massive valait un détour, en effet.
Une étrange lumière dorée en sortait.
Smoker resserra sa main sur sa jitte.
- Bienvenue, Chibi-chan, salua Bayonetta.
- Mami, on est où ? demanda Cereza quand Luka la posa par terre.
- Il semblerait que quelqu'un nous attende. C'est sympa de nous avoir déroulé le tapis rouge, commenta le journaliste.
- Luka, tu dois comprendre une chose... commença Bayonetta.
- Je sais, je sais... « je ne serai pas là pour te surveiller, alors, ne fais) pas le con. » T'en fais pas, tout est sous contrôle.
- Smoker, surveille-le, exigea Ann.
- Je suis pas là pour ça, rétorqua le marine.
Ann se tourna vers lui, mettant son flingue sous son menton.
- Tu n'as rien à foutre ici, Smoker, alors tu la boucles et tu fais ce qu'on te dit. J'en ai rien à battre de vos putains de peaux ! Ce que je veux, c'est en finir rapidement avec cette histoire et pouvoir m'arrêter enfin ! Et me laisser aller...
La poigne d'Ann trembla légèrement, et Smoker écarta le flingue de son visage.
- On y va, annonça Ann en se dirigeant vers la porte lumineuse.
- Ne t'éloigne pas, Chibi-chan, demanda Bayonetta en prenant la main de Cereza.
La voix revint :
« Pars mon enfant ! Va réaliser ton vrai potentiel ! Déchaîne ta puissance et ouvre les Yeux du monde ! »
Bayonetta se redressa, les sourcils froncés. Ann regardait au loin, comme Smoker, leur Haki ayant repéré quelque chose.
Mais le plus flagrant, ce fut Cereza.
- Papa ?
Eh ?
- Papa ! C'est papa !
- Papa ? répéta Bayonetta.
- Bien sûr ! Tu ne l'entends pas, mami !?
Luka et Smoker regardèrent les sorcières d'un air perplexe.
- J'arrive papa ! Et j'amène mami et nee-chan avec moi ! annonça joyeusement la gamine.
Et elle partit en courant dans le hall où ils étaient, pénétrant dans la porte inondée de lumière.
Les sorcières la suivirent, quasiment aveuglées par la luminosité.
Celle-ci diminua et disparut.
Sauf que Cereza n'était pas devant elles.
Même pas la possibilité de faire demi-tour, les portes se fermèrent derrière elles.
Les hommes se jetèrent dessus.
- ANN ! rugit Smoker. Kuso !
- Cerezita ! Bayonetta ! Répondez ! cria Luka.
Smoker tenta de passer dessous, en mode fumée, mais rien à faire. Impossible de détruire la porte, en plus. Pas le choix, ils devaient trouver un autre chemin.
Deux statues leur faisaient face. Deux Fearless. Et bien entendu, ils n'allaient pas rester sagement en place.
Ann était assez remontée et mentalement instable pour vouloir en finir immédiatement.
Fini les simples Onyx Roses, les fidèles fusils à pompe à canon scié.
Place à Lieutenant Colonel Kilgore. Deux AT4. Le genre d'arme qu'on utilise contre les tanks.
Vous pouvez imaginer la tête des pauvres gars qui passaient dans le couloir en voyant les dégâts causés par les armes. Pas qu'Ann s'en occupe. Ses Agnayi aux pieds, les deux lances grenades en mains, la pirate continua sa route dans le couloir, bouillonnante de rage.
Elle voulait un responsable pour la seconde mort de Sabo. Un responsable pour ce qui avait poussé Jeanne à les affronter. Un bouc-émissaire parfait pour ça.
Bayonetta se contenta de rester en arrière, laissant Ann se défouler.
La pirate qui ne connaissait rien à la magie était à présent une sorcière bien rodée. Elle gérait sans y penser le groupe de Décorations, et fit une magnifique attaque sadique sur les Ardors de flammes, sachant passer ses Agangyi en mode feu pour ne pas se faire brûler, puis récupérer l'épée énorme de l'un des anges pour tuer l'autre avec. Elle savait se transformer aisément en nuage de scarabée pour enclencher le Witch Time, comme prendre de la distance sur ses pattes de félin.
Pourquoi s'imposer quand Ann avait besoin d'un défouloir, et qu'elle se débrouillait aussi bien ?
Alors, Bayonetta pouvait se permettre d'observer les environs.
Pour une île appartenant à des riches, c'était très militaire comme décoration. Caisses d'armes derrière des grilles de fer ; des armes anti-aériennes... sans parler de l'étrange structure qui s'élevait au centre de l'aile, autour de laquelle s'enroulait le couloir qu'elles montaient. On notait aussi des gardes, hors du Purgatoire. Pourquoi une corporation financière pouvait-elle bien avoir besoin de ça ?
Les portes automatiques étaient étranges, aussi. Elles n'auraient pas dû réagir aux sorcières et ne pas s'ouvrir, mais elles s'ouvraient.
Programmées pour observer et répondre aux stimuli du Purgatoire.
Ce n'était vraiment pas commun, même chez des gars pleins aux as.
Peu étaient ceux sachant encore ce qu'il en était pour les Sages de Lumen et les Sorcières de l'Umbra. Les chasseurs de sorcières étaient devenus de moins en moins nombreux, mais ils existaient encore.
Ann était tellement remontée qu'elle avait ignoré un combat.
Elle ne faisait jamais ça. C'était une preuve que quelque chose n'allait pas bien en elle.
Après, Bayonetta ne pouvait pas lui en vouloir, cela faisait trois fois qu'elles voyaient le mini clone de Temperentia.
Quoiqu'elle lui régla son compte un peu plus tard. Avec un des canons anti-aériens.
Pour trouver Cereza, Ann défonça une cage d'ascenseur. Et remonta le conduit permettant aux passagers dudit ascenseur d'apprécier le paysage pendant qu'ils montaient et descendaient le long de l'immeuble.
Elles trouvèrent le Sequi de Iustitia sur le chemin. Plus facile que son original, mais c'était un retard dont elles se seraient bien passées.
Elles sortirent enfin de la cage d'ascenseur pour arriver au dernier étage (merci la lune et la magie de l'Umbra).
L'endroit était encore plus militarisé.
A une chose près, qui gâchait le tout.
Une immense statue de femme.
Et trop plongée dans sa douleur, la seule personne avec le Haki, entre les deux sorcières, ne nota aucun signe qui aurait pourtant dû lui crier que la statue était dangereuse. Mais non, Ann était sur le chemin de la guerre, la brume rouge devant ses yeux.
Elle était de retour à Dawn, quand elle était gamine, quand on venait de lui dire que Sabo s'était fait descendre dans le port.
Mais cette fois, il n'y aurait aucune Dadan pour l'empêcher de faire des conneries.
Là où Bayonetta fit une pause, en arrivant en haut, Ann continua sur sa lancée.
Pourtant, c'était vraiment pas banal. Le toit était une sorte de barrière d'énergie jaune dorée, très angélique, formant un dôme, avec des machines encastrées dedans. Très futuriste.
Et le truc très futuriste, une fois activée (comment Ann savait-elle donc qu'il fallait toucher à cette barre pour l'activer ?), transforma le dôme en un couloir avec des plates-formes de métal qui devaient les mener un peu plus haut, dans un autre bâtiment, au-dessus de leur tête, inaccessible.
De quoi vraiment avoir le tournis.
Le Golem qui les attendait là-haut n'était qu'une formalité. Quand bien même il tenta de les avoir en se changeant en scolopendre ou en araignée.
Une telle formalité que Bayonetta se demanda si elle n'aurait pas dû appuyer sur le bouton de l'ascenseur qui se trouvait là, pendant qu'Ann se chargeait du Golem comme défouloir.
Après, la pirate défonça encore une fois la porte alors... l'appeler n'aurait pas servi à grand-chose, finalement.
C'était bien la première fois que Bayonetta voyait Ann aussi en colère.
Vu que le Sequi de Sapientia les attendait là-bas, on pouvait dire que pour une fois, les anges étaient vraiment bien tombés. Parce qu'une fois qu'Ann aurait trouvé les responsables de ce qu'il venait de se passer, ça irait vraiment très mal.
Elles n'étaient plus dans le bâtiment. Elles étaient carrément dans le ciel.
Au bout de la voie angélique attendait une grosse boule avec un portail magique. Ann le passa en première.
Elles arrivèrent dans les derniers rangs de ce qui pouvait s'apparenter à un fastueux amphithéâtre.
Quelqu'un faisait un sermon à voix haute, à un bureau sur l'estrade centrale, tournant le dos à la pièce vide :
- Ceux qui vivent dans la lumière, de l'abyssale noirceur née des ombres, qui s'étirent à mesure qu'ils s'approchent des sources de la clarté. Pour bien y voir, tes yeux doivent pouvoir percevoir la lumière, comme l'obscurité. N'est-ce pas, ma magnifique fille ?
La voix de Cereza raisonna du fauteuil.
- Mami est là ! Mami et Nee-chan sont arrivées ! Mami ! Nee-chan !
- Chibi-chan, souffla Bayonetta, rassurée de la voir en un morceau, tout en essayant de retenir Ann pour qu'elle ne fasse aucune connerie.
De l'homme dans le fauteuil, on ne voyait que des cheveux blancs coupés courts et bien coiffés. Sur ses épaules, comme une étrange écharpe, on notait la présence d'un paon blanc. Et il parla à Bayonetta, sans la regarder :
- Tu es enfin arrivée, ma très chère et tendre Cereza. Tu as très bien fait d'inviter ton amie, d'ailleurs.
La petite Cereza regarda l'homme sur les genoux duquel elle était, sans le comprendre.
- Oh, mais pourquoi faîtes-vous une tête pareille, mes chéries ?
S'il disait qu'il était son père, Ann se jurait de le tuer lentement et douloureusement, que ce soit le père de la gamine ou pas.
- Ton sourire d'enfant était plus chatoyant que le soleil lui-même, mon enfant.
Bayonetta serra brièvement les bras d'Ann.
- Garde ton calme. Tu te défouleras sur lui plus tard, et avec Marco, au lit, s'il le faut. Là, tu restes tranquille, et tu respires. C'est en fonçant tête baissée comme ça, en quête de vengeance, que tu t'es éveillée, Ann-chan. Nous connaissons toutes les deux les circonstances de ton éveil, pour ne pas vouloir reproduire cela, ne ? siffla Bayonetta à son apprentie en Enochian démoniaque.
Ann serra les dents.
C'était cruel de lui rappeler son comportement contre Teach et Akainu, mais c'était le meilleur moyen pour qu'elle reste un minimum en place et ne fonce pas dans les emmerdes.
Bayonetta lâcha avec prudence la jeune femme, avant de tourner son attention vers l'homme quand elle réalisa qu'Ann ne bougerait pas.
- Alors, tu es le dernier Sage Lumen.
- Vrai Sage, oui. Je sais qu'il y a un jeune homme avec le potentiel d'en être un, mais son D. l'empêche de servir Jubileus comme il se doit. Sans parler des lourdes protections démoniaques qui me ferme l'île où il a trouvé refuge.
Ann serra un poing. Il n'y avait pas trente six mille gamins ayant trouvé refuge sur une île protégée par la magie démoniaque, avec en plus de ça, le potentiel d'être un Sage de Lumen.
Il était forcément question de Luffy.
Le Sage fit pivoter son fauteuil, leur faisant face. Il n'avait pas l'air d'avoir plus de trente ans, malgré quelques rides d'expression sur sa peau de porcelaine. Rides d'expression sur un visage étrangement de marbre. Il avait des yeux bleus, un étrange masque lui recouvrant l'œil gauche, en plus d'un monocle. Il avait une peau très pâle, allant de paire avec ses vêtements riches, reprenant les motifs du paon, dans les tons or et blanc.
- Je me nomme Balder, mais si tu préfères, tu peux m'appeler Father.
Il cessa de caresser les cheveux de Cereza pour se laisser aller en arrière dans son fauteuil, regardant enfin les sorcières.
- Tu as oublié tant de choses. La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était il y a cinq cent ans, après tout. Si ta mémoire avait été intacte, nos retrouvailles auraient été plus touchantes.
Cereza eut un bâillement dans les bras de l'homme. Des flammes dorées naquirent sur les poings d'Ann alors qu'elle avait eut un reniflement narquois.
Bayonetta n'avait qu'une question :
- Qu'est-ce qu'il en est de la fillette ?
Cereza et Balder se regardèrent, avant que l'homme ne se lève, la fille toujours dans ses bras.
- Par où commencer...
Ce devait être rhétorique car il enchaîna immédiatement :
- Nous, les Sages de Lumen, avec vos sorcières de l'Umbra, avons été les Gardiens de l'histoire pendant si longtemps...
Il contourna son bureau, passant à côté d'un étrange instrument écrit en Enochian Angélique, semblant représenter le système solaire, de ce qu'Ann avait vu du dernier papier de Vegapunk sur le sujet, qui avait été rendu public.
- Chacun regardant le monde par le prisme de son « Œil »...
Le sage fit tourner le système solaire sur son bureau, le regardant un instant, avant de regarder de nouveau vers les sorcières.
- … Il a pu être préservé.
Il recommença sa marche, Cereza s'étant finalement endormie dans ses bras.
- Mais durant les cinq derniers siècles, tu as vécu en exil de notre monde...
Il se retrouva de l'autre côté de son joujou et leva une main, l'immobilisant comme ça, sans avoir besoin de le toucher, avant de regarder de nouveau les sorcières, plus précisément Bayonetta. Ann remarqua alors la grosse chaîne en or qui maintenait en place la veste du Sage. La chaîne partait de son épaule droite, pour aller jusqu'à la gauche, là où Cereza avait posé sa tête. Et juste à côté, juste au bout de la chaîne, une énorme montre en or se trouvait. Une montre en forme de soleil. Le secret de l'apparente jeunesse de cet homme. Un vrai Sage Lumen. Solaire, jusqu'au bout des ongles, loin des motifs lunaires présent chez les sorcières et reprit sur leur montre en un simple croissant taillé sur l'un des bord.
- C'est toi, l'Œil gauche des Yeux du Monde.
Bayonetta le regarda en silence pendant un instant, puis bougea légèrement, les mains sur les hanches.
- Tu pourrais pas m'épargner les paraboles ?
Ann partit de l'autre côté, lentement, ne lâchant pas du regard le Sage.
- Tes années de sommeil ont affecté ta mémoire, et tu ne sais même plus que la résurrection du Créateur est si proche... La résurrection de Jubileus...
Le Sage était à présent à proximité d'un cerisier en cerisier bonzaï en bourgeonnement).
- Il n'y a qu'un seul moyen pour que tes souvenirs oubliés te reviennent et pour que s'ouvre à nouveau ton Œil de gardien.
Il cueillit une branche, portant les fleurs à son visage, et en réaction, elles se mirent à éclore. Il en respira avidement le parfum, avant de glisser les fleurs dans les cheveux de Cereza, recommençant sa marche.
- Tes batailles... tes combats... et même ta rencontre avec cette D... tout ce que tu as vécu à Vigrid t'a donné l'expérience nécessaire à ton éveil. Tout cela a servi l'Œil Gauche.
Ann avait un foutu mauvais pressentiment. Bayonetta aussi vu qu'elle tira son flingue :
- Y'en a assez de tes délires philosophiques ! Je ne vais pas me répéter ! Qu'est-ce qui te relies relies à cette gamine ?
Balder était dos aux sorcières qui faisaient chacune face à un escalier différent qui mènerait jusqu'au Sage. Pourtant, il eut un petit rire.
- Mais ta question a déjà trouvé sa réponse. Tout cela a servi à ouvrir l'Œil gauche.
Il se tourna vers Bayonetta, Ann commençant à descendre les marches, toujours dans le dos de l'homme.
- Il fallait que tu puisses te revoir par toi-même.
Bayonetta eut d'abord l'air abasourdi, puis hors d'elle.
- Rien ne pourra te sauver, le Sage.
- Aaaah... le Salut... Quel mot étrange... Je t'ai ouvert la voie du salut avec la lumière... Pourtant, les ténèbres continuent de noircir le cœur de l'homme.
Il avait vraiment l'intention de continuer de philosopher en bas de l'amphi, ce type.
- La Lumière, les Ténèbres et le Chaos. Les trois Réalités divisées doivent être réunies afin de créer un nouvel univers à l'image de l'ancien. C'est pour cela que lors du festival de la résurrection, il y a cinq cent ans, j'ai ravivé les flammes de la terreur, provoquant ainsi les chasses aux sorcières.
Il regarda enfin Ann quand il l'entendit nettement grogner. Cela semblait l'amuser plus qu'autre chose, avant qu'il ne revienne à Bayonetta.
- Mais en dépit des croyances du peuple sur le retour de Jubileus le Créateur, l'Œil Gauche restait introuvable. Dès lors, je n'ai cessé de me consacrer à la prospérité de cette ville. A présent, mes préparatifs vont enfin porter leurs fruits. Jubileus va ressusciter et nous deviendrons les Yeux du Monde. Un nouvel univers sera né !
Un fanatique totalement cinglé... mauvais.
- Lâche la gamine, siffla Ann, son mauvais pressentiment faisant un nœud supplémentaire dans son estomac.
Bayonetta avait autre chose en tête.
Elle se revoyait, durant la chasse aux sorcières. Elle tenait un corps entre ses bras. Et vu le mot qui franchit ses lèvres dans son souvenir, c'était important :
C'était sa mère après tout.
De retour de son flash-back, elle chassa le ruban rouge de sa haute coiffure hors de son épaule.
- Jamais l'homme qui a permis un tel cauchemar ne sera un père pour moi ! Comme Ann-chan, j'ai décidé que ce que je choisissais avait plus d'importance que les faits contre lesquels je ne pouvais lutter. C'est ce qu'elle m'a appris.
Cela donna lieu à des applaudissements.
En se retournant, les deux femmes virent Luka et Smoker se tenant contre un mur.
- Quel joli discours ! salua Luka en s'écartant du mur pour se rapprocher.
- Luka ! interpella Bayonetta, brusquement inquiète pour le jeune reporter.
En réponse Luka lui envoya un baiser de la main. Smoker le regarda faire en fumant, avant d'aller rejoindre Ann sur les marches. Il lui serra brièvement une épaule de la main, sans la regarder. Cela tira un pauvre sourire à la pirate qui leva une main et lui rendit le geste, avant d'allumer les cigares du marine.
- Alors comme ça, on essaye de prendre de l'avance, monsieur le grand chef d'Ithavoll... commenta Luka en s'avançant vers les sièges les plus proches en regardant brièvement le décor fastueux. Le salut, la lumière... C'est vraiment du sérieux, pour toi, la philosophie d'entreprise, hein ? Mais c'est de la bouillie pour les chats, si tu veux mon avis.
Il s'arrêta devant une des statues sortant d'un mur, représentant un buste de femme nu, taillé dans le marbre tacheté. Il suivit avec un doigt la courbe de la poitrine, avant de rapporter son attention sur le Sage.
- Les cimetières sont pleins d'illustres despotes comme toi. Ou de minables despotes, c'est selon le point de vue.
Smoker soupira profondément. Ce garçon allait se faire tuer avec une langue pareille.
- Tu dois être le fameux journaliste Luka-kun...hummm ? fit Balder, nullement déstabilisé.
- Luka, la ferme. Portgas ? gronda Smoker.
- Nanda ? demanda Ann.
- Je doute que le mettre en état d'arrestation et l'envoyer à Impel Down serve à quelque chose. De plus, s'il disparaît, cela me permettra de ne pas devoir tout raconter dans mes rapports sur cette histoire que seul Vegapunk pourrait croire. Tu veux pas me mâcher le travail, pour une fois ?
Ann eut un air féroce.
- Pour une fois, tu me demandes quelque chose qui correspond à mon objectif.
Balder les regarda avec amusement, avant de regarder de nouveau Bayonetta, assurant un peu plus sa prise sur la gamine dans le creux de ses bras.
- Je dois dire que je suis très impressionné que tu sois parvenue jusqu'ici, mon enfant. Même avec l'aide de cette D., c'est un magnifique exploit. Je crois que c'est ce qu'on peut associer à Tel Père, Telle Fille.
Là, Smoker et Luka n'en crurent pas leurs oreilles. Ils avaient apparemment loupé cette partie du discours.
- De plus, Luka-kun, ton père était contre mes doctrines philosophiques. Ses recherches ne me gênaient pas, pas plus que le savoir du Phénix ou de ce marine...
Balder vint s'asseoir calmement, comme s'il avait l'éternité devant lui, contre son bureau.
- … mais quand il a commencé à faire circuler des rumeurs calomnieuses sur moi, j'ai dû mettre un terme à tout cela. Lorsqu'il m'a confirmé que ma petite Cereza se trouvait au fond d'un lac, j'ai exaucé son dernier souhait...
Il passa la main sur la joue de la gamine contre lui, dans un geste tendre. Smoker pointa un pouce interrogateur vers Bayonetta, à l'adressa d'Ann qui confirma de la tête et lui dit silencieusement de poser les questions plus tard.
- … en le laissant prendre une retraite éternelle.
- NANDATO KISAMA !
Luka se jeta vers Balder, fou de rage.
Il avait devant lui l'assassin de son père.
Mauvais idée, car il fut écartelé par des Affinities. Les anges dans le Purgatoire le soulevèrent dans les airs, chacun tenant un membre.
C'était ainsi que son père était mort.
- Tu ne m'es d'aucune utilité, annonça Balder d'un ton désintéressé et hautain. Mais je ne suis pas dénué d'honneur. C'est pourquoi je vais te permettre de mourir de la même façon que ton père.
Il leva gracieusement une main et claqua des doigts.
Sous l'ordre, les anges tirèrent un peu plus. Bayonetta réagit immédiatement.
Pan !Pan!Pan!Pan !
Quadruple Headshot.
Luka tomba.
Balder usa de son pouvoir de Sage pour enserrer Luka dans une chaîne d'énergie dorée, et l'envoyer contre un mur... enfin, c'était son intention, mais Smoker s'interposa de son corps, amortissant le choc pour le journaliste. Ils traversèrent tout de même plusieurs piliers ensemble. Bayonetta partit à la poursuite du journaliste, mais trop tard, ils passèrent par une fenêtre, tombant du ciel sur la Isla del Sol, loin au-dessous. On n'entendit que le cri des hommes devenant de plus en plus faible.
Bayonetta s'effondra sur le sol, le bras toujours tendu devant la fenêtre brisée.
- Oya oya... autant pour moi. Aussi triste que cela paraisse, ce sacrifice était nécessaire. Mais si la destinée n'est pas bientôt accomplie, cette tragédie perpétuera à jamais...
Balder se leva alors qu'Ann éclatait de rire, un rire presque hystérique.
- Tu crois vraiment que tu as réussi, Balder ! rit Ann.
Bayonetta la regarda sans comprendre. Avait-elle finalement perdu la raison ?
- En parlant de tragédie, avez-vous enfin rencontré Jeanne ? Bien qu'elle soit celle qui ait aidé cette cher Roja et sa fille, à fuir, et qu'elle t'ait cachée pour te protéger, ma chère enfant, elle a été extrêmement utile une fois qu'elle est tombée entre nos mains.
Voyant que Balder se décidait à monter les escaliers, Ann bougea pour se mettre en haut de l'allée menant à Bayonetta toujours à terre.
- Son manque d'obéissance lui a valu une petite reprogrammation mentale.
La colère d'Ann monta d'un cran énorme. Tout ce qu'elle avait ressenti contre Jeanne, à la voir les attaquer et les suivre s'en trouva redirigé vers Balder. Derrière elle, Bayonetta se releva.
- Sa fin tragique vous a menées directement vers moi, comme prévu.
La jubilation de cet homme était plus qu'évidente.
- Saaa, l'heure du réveil de l'Œil gauche est proche. N'aie crainte, ma douce Cereza.
Bayonetta se retourna d'un bond vers Balder, hors d'elle et tira. Ann en fit de même, se laissant tomber dans un parfait grand écart à terre pour que les balles de Bayonetta ne tombe pas sur elle.
Balder se contenta de lever une main, ralentissant les projectiles des deux sorcières, si facilement qu'il parvint à les prendre dans sa main le temps d'un battement de cil. Toujours dans son contrôle du temps qui laissait les sorcières immobiles, il s'approcha des deux brunes et disposa les balles de façon à ce qu'elles les touchent elles, et pas lui.
Le temps reprit son cours, et les deux femmes évitèrent de justesse les projectiles. En contrepartie, Ann se prit un pied dans le ventre, se voyant envoyer suffisamment loin pour qu'elle passe à son tour au travers d'une fenêtre (mais évita la chute en se rattrapant de justesse au bord). Bayonetta, quant à elle, fut saisie à la gorge par Balder qui la souleva de terre, usant de ses pouvoirs solaires pour lui faire d'autant plus mal.
- C'est bien, Cereza. Ne crains pas ta destinée. Sois fière, mon enfant. Exploite ton vrai potentiel !
Et il l'envoya frapper son bureau avec violence, en bas.
- Qui es-tu, kisama ? siffla Ann.
Elle avait usé des ailes de Madama Khepri pour revenir dans la salle, contournant Balder à pas lents, comme un prédateur jauge son rival avant un combat.
- Je pense m'être déjà présenté, pointa Balder.
- Ce n'est pas au corps que je parle, c'est au parasite. Qui ou quoi contrôle Balder... c'est à cette entité que je m'adresse.
Le temps de cligner des yeux, et Balder était devant elle. Ann leva ses bras engorgés de Haki pour se protéger le crâne quand elle fut envoyée à son tour rejoindre Bayonetta en bas.
Balder leva la gamine dans les airs, et la magie s'empara d'elle, l'illuminant dans une étrange couleur bleue tamisée.
- Saa, nous ne formons qu'une seule et même personne, mon enfant.
Il écarta les bras et la gamine s'éleva lentement dans les airs... avant de chuter pour entrer dans le corps de Balder qui l'absorba. Son corps fut prit de spasme alors qu'il s'illuminait de bleu à son tour.
Les sorcières n'en revenaient pas. Elles sentaient l'énergie magique augmenter considérablement dans les environs.
Tellement que la pièce où elles étaient en explosa.
Les deux sorcières chutèrent vers le sol, et finirent par percuter un morceau de gravats lui aussi en chute libre. L'impact fut douloureux, mais avoir une sorte de sol sous elles leur donna une occasion de regarder le ciel.
Une étrange créature or et bleue, plus que lumineuse, flottait dans le ciel nuageux. De ce qui devait être des bras, une douzaine de queues de paon jaillit, comme d'étranges ailes. Toujours dans le bleu et or.
Ann ajusta ses lunettes et ouvrit grand les yeux sous le choc.
C'était Balder. Et le gros truc bleu brillant au centre de sa poitrine, c'était une tête d'enfant chauve, d'aspect fantomatique, qui sortait directement de sa chair par un étrange trou bleu.
C'était donc ce qu'il avait fait ? Il avait fusionné avec la gamine ?
Il les regarda de là-haut, souriant moqueusement, battit un instant ses étranges ailes, avant de plonger vers elles.
En réponse, un cri perçant déchira le ciel et Balder se retrouva prit dans les serres d'une boule de plumes bleu turquoise et or, qui devint brusquement un homme plus qu'énervé, toujours doté de serres.
Balder regarda l'intervention avec surprise.
Marco sourit en retrouvant un pied.
Sbam !
Il utilisa toute sa force pour envoyer Balder manger le béton du bâtiment, avant de redevenir un oiseau et rejoindre les deux sorcières. Ann se jeta sur lui et l'embrassa fougueusement quand il reprit forme humaine près d'elle.
- Toi aussi tu m'as manqué, yoi, assura Marco quand Ann se détacha. Je t'ai dit quoi au sujet des ennuis ?
- Je les ai pas cherchés, je faisais que courir après une gamine et accessoirement, la mémoire de Bayonetta, rétorqua Ann.
- Plus tard, les amoureux, il revient, avertit Bayonetta.
En effet, Balder revint à la charge, immanquable tant il était lumineux.
- Prends ça, ça pourrait être utile avec tes plumes, conseilla Bayonetta à Marco en lui tendant la paire d'Onyx Rose.
Marco accepta les deux flingues et visa Balder de l'un d'eux, avant de tirer. Un projectile turquoise fila hors du canon pour frapper le Sage qui l'esquiva de justesse. Si cela fit sourire le Phénix, il le perdit rapidement quand sa nana lui donna une claque derrière le crâne.
- Évite de lui donner l'occasion de jouer avec le temps, ahou ! Il n'a pas de Witch Time mais le Light Speed tout aussi efficace.
Balder les attaqua de loin, les forçant à éviter les étranges projectiles d'énergie bleue, tirant sur le mauve qu'il lançait, alors que le trio se chargeait de l'avoir avec leurs flingues. Quand il vint enfin à leur portée, Marco prit son envol, profitant d'une diversion des sorcières pour attraper Balder par derrière, le rapprochant assez pour être à la portée des Wick Weaves, Shuraba ou Durga/Agnayi. Il ne le garda pas assez longtemps dans ses serres pour laisser au Sage l'occasion de s'en prendre à lui, surtout qu'il était en combo avec Ann. Comment pouvait-on l'avoir, si sur le champ de bataille, c'était elle qui gérait ses arrières ?
Néanmoins, il manqua de peu de se retrouver embroché sur une épée de lumière, évitant ce triste destin grâce à Bayonetta qui contra l'attaque avec Shuraba.
Après quelques tentatives pour les avoir, il recula, invoquant des geysers de lave temporaire sous les pieds de ses adversaires qui esquivèrent l'assaut.
C'est là qu'il prononça quelques mots en Enochian en regardant le ciel. Les sorcières se regardèrent avec des yeux ronds.
- Merde, yoi ? supposa Marco en reconnaissant l'expression d'Ann.
- Merde, confirma Bayonetta. Je pense que Vegapunk ne sera pas très content.
D'étranges traits de lumière commencèrent à s'amasser autour de leur plate-forme.
- SAUTE ! cria Ann.
Elle et Bayonetta prirent Marco par les poignets et l'entraînèrent dans le vide. Juste à temps car un rayon de lumière sans doute mortel tomba du ciel, désintégrant l'endroit où ils s'étaient tenus auparavant.
Ils firent un atterrissage parfait sur un autre débris en chute, qui malheureusement, ne leur fit pas le plaisir de rester droit, et se mit à tournoyer sur lui-même dans sa chute. Les sorcières faisaient donc les mouches sur le mur, alors que Marco avait relocalisé les flingues dans ses serres (ce qui était très difficile pour les utiliser), et devait user de sa forme animale pour ne pas finir en crêpe tout en bas.
- Marco ! Haruta prépare un mauvais coup ! cria Ann.
Marco resta un instant interdit, ne comprenant pas immédiatement pourquoi sa nana lui parlait d'Haruta. Puis, il se rappela que quand elle lui disait ça, dans des circonstances normales, c'étaient parce qu'Haruta était justement derrière lui et s'apprêtait à lui faire une mauvaise blague en profitant du fait qu'elle était derrière lui.
Cela fit un clic dans le cerveau de Marco qui plongea immédiatement, comprenant le message.
Au bon moment parce que les sorcières combinèrent leur magie pour concevoir un Gomorrah géant derrière Balder, ouvrant la porte des enfers juste dans le dos du Sage. D'un coup de mâchoire, il se saisit de lui et commença à le mâchouiller.
Le Sage eut un grand rire hautain, les mâchoires du démon ne parvenant pas à passer au travers le bouclier d'énergie dans lequel Balder s'était enroulé. Bouclier qu'il utilisa pour bloquer complètement la mâchoire du démon, avant de prendre son envol et lui donna un vilain coup sur le museau, puis le saisir par les narines et lui tordre la tête avec tant de violence qu'il devait lui avoir brisé le cou.
- Tout va bien ? demanda Marco en revenant derrière les sorcières qui retrouvaient leurs vêtements.
- Je pense qu'on peut dire que ça pourrait aller mieux, commenta Bayonetta en chassant une pichenette une plume enflammée du phénix qui s'était détachée d'une des ailes pour tomber sur son épaule.
Balder fit reprendre le combat d'une manière bien abrupte.
Il tendit une main sur le côté, regardant en bas, et de deux doigts, fit un petit geste. Ce simple geste eut une seule et unique réaction : un immeuble se détacha de l'île et vola rapidement jusqu'à Balder qui le leur envoya à la figure. Ann et Bayonetta s'écartèrent, laissant Marco foncer entre elles pour intercepter avec la force de son corps aviaire l'immeuble. Les sorcières levèrent une main et l'immeuble fit demi-tour pour aller à la rencontre de Balder qui l'esquiva sans y penser.
Et il refit appel au satellite...
Au même instant, Vagepunk restait totalement abasourdi, ne comprenant pas, malgré sa formidable intelligence, ce qu'il se passait.
Le satellite qu'il était parvenu à faire mettre en orbite grâce au financement du groupe Ithavoll ne répondait plus à aucune commande.
Pire encore !
Il frappait encore et toujours avec un rayon d'énergie la zone de la Isla del Sol, à Vigrid.
Le génie avait tenté de reprendre le contrôle de la machine, mais rien à faire.
C'était comme si l'engin répondait à une commande divine.
Rebelote.
Nouvelle plate-forme, de nouveaux les attaques.
Cette fois, les sorcières tentèrent le coup avec Scolopendra, Marco faisant diversion en allant au corps à corps avec Balder, l'attaquant autant que le permettait son corps d'oiseau, avant qu'il ne soit projeté au loin. Balder eut encore une fois son rire supérieur, claqua des doigts pour créé (créer) sa boule d'énergie protectrice autour de laquelle le démon s'enroula.
Il parvint à la briser... avant d'être lui-même dissout par la magie du Sage.
- Eh ben, il est pas commode ce gars, yoi.
- Il est en train de se foutre de nous, non ? siffla Ann.
Après tout, le gars venait d'en profiter pour utiliser une plume de paon d'un blanc lumineux pour se recoiffer.
- Je vais lui en foutre une, grinça Ann.
Marco se contenta de l'effleurer en silence du bout d'une de ses ailes.
Le combat reprit dans tout ce qui le rendait totalement barjot. Jusqu'à que le Sage illumine sa main de bleu sous la magie, invoquant de nouveau.
.
Vegapunk resta scotché devant son écran.
Pourquoi le satellite ne répondit-il plus ?
Il pianota devant ses ordinateurs et parvint à avoir une image du satellite, venant de caméras extérieures de d'autres satellites qui étaient en orbite, à proximité.
Ses yeux s'arrondirent d'horreur en voyant la machine rebelle chuter vers le sol.
Le trio esquiva de justesse le satellite qui leur tomba sur le coin de la figure et retrouva un autre coin où se poser.
Le combat reprit en férocité.
- Oyasumi nasai ! salua Ann en frappant du talon.
Marco ne put se retenir de passer sa langue sur son bec. Même si la situation n'était pas idéale pour ça, Ann était tellement sexy dans sa façon d'être, et la retrouver en bikini pendant que le pied de Madama Khepri écrasait proprement l'ange, n'enlevait rien à l'intérêt. Au contraire. Marco était presque certain que s'il n'avait pas eu ses flammes voire même ses vêtements sous sa forme humaine, Ann aurait eu droit à une preuve physique de l'effet qu'elle avait sur son capitaine.
Un coup de pied de Madama Butterfly envoya Balder au loin.
La sorcière tira de son décolleté son rouge à lèvre.
- Tu as toujours le rouge à lèvre que je t'ai fait parvenir pour tes dix-sept ans, Ann-chan ? demanda Bayonetta.
- Yep ! assura Ann en tirant le tube dorée de maquillage de sa poche. Bébé, tu nous offres des plumes ?
Marco venait de reprendre forme humaine, puisque le sol cessait de tourner. Il tendit une plume à chaque sorcière qui en moins de deux, enroulèrent leur tube de rouge à lèvres dedans, avant de le mettre dans le chargeur de leur arme.
- Faut pas faire chier les sorcières ! annonça Bayonetta alors qu'elle et Ann visaient Balder qui luttait pour reprendre le contrôle de son vol plané.
Et elles tirèrent.
Le rouge à lèvre fut expulsé de l'arme et de son tube, entouré d'énergie noir(e) démoniaque et du feu bleu et doré des plumes.
Double Headshot.
Marco cligna des yeux.
Mort par rouge à lèvre. Il raconterait celle-là à Izou.
- Que la Grâce de Jubileus le Créateur soit avec vous !
Le corps de Balder tomba lourdement sur le sol de la Isla del Sol, au petit matin.
Le reste des débris suivirent la même route.
Bayonetta atterrit sur ses deux pieds à quelques pas de là, Cereza, de nouveau hors de Balder, dans ses bras. Ann et Marco arrivèrent à leur tour. Le Phénix reprit forme humaine, une main d'Ann dans la sienne, lui souriant. Ann répondit à son sourire, l'embrassa sur la joue en levant une main.
Elle claqua des doigts.
Un missile fonça vers eux à pleine vitesse, Smoker et Luka accrochés à l'arrière. Le missile passa au-dessus de leur tête, laissant tomber les deux passagers, avant de poursuivre sa route.
- Tu me promets de ne pas être jaloux ? demanda Ann à Marco. J'ai quelque chose à faire, et je ne veux pas que tu te méprennes de la situation.
Marco resta interrogateur, jusqu'à ce que Luka et Smoker n'arrivent, le dernier soutenant le premier qui râlait en se tenant le dos. Smoker se figea, forçant Luka à prendre les devants. Le marine fixait Marco avec un regard sombre, et la jalousie fut plus qu'évidente quand il nota que le pirate tenait Ann par la main. Le Phénix leva un sourcil, ignorant totalement que le marine était là, à l'origine, et se plaça devant Ann, la cachant de sa carrure, resserrant sa prise sur l'un des flingues qu'il avait toujours en main.
- Alors là, Bayonetta... grogna Luka, totalement ignorant de la scène à côté de lui. Je dois reconnaître que tu m'impressionnes de plus en plus.
- Et tu n'as encore rien vu, taquina Bayonetta avec son air d'allumeuse, Cereza toujours endormie dans ses bras.
- Oh, je crois que j'en ai vu assez, lui dit sérieusement Luka.
Il s'avança pour mieux voir le corps de Balder.
- Alors, tout est bien fini maintenant, souffla le jeune journaliste.
- Pas encore, lui dit Bayonetta. Ann-chan, on revient.
Bayonetta s'éloigna avec Cereza, Luka lui emboîtant le pas.
Ann regarda Bayonetta partir, puis le dos de Marco devant elle.
- Qu'est-ce que tu fiches ici, saleté de piaf ? T'as pas deux trois gens sans défense à attaquer et dépouiller ? grogna Smoker en regrettant l'absence de sa jitte qu'il avait perdu dans son vol plané de la tour.
- Je crois que c'est plus qu'évident, yoi, annonça calmement Marco. Je me faisais un sang d'encre pour Ann, je suis donc venu la chercher. Et vu que tu es au courant qu'elle est en vie, je vais devoir te tuer.
Il leva le flingue, des flammes bleutées illuminant l'arme.
Ann sortit de derrière son compagnon et posa une main sur le fusil à canon scié
- Marco, s'il te plaît chéri... est-ce que tu peux me faire confiance, sans chercher à comprendre ?
Marco la regarda. Ann le fixait sérieusement, sans détourner le regard. Avec résignation Marco baissa son arme.
- Je veux pas te perdre une autre fois, bébé. J'espère que tes tripes ne te trompent pas, yoi, soupira le Phénix.
Ann l'embrassa chastement, avant de se tourner vers Smoker. Elle marcha calmement vers lui, montrant bien ses mains vides, avant de s'arrêter devant le marine qui la regarda faire avec perplexité.
- Deux choses, Smoker. Tout d'abord, je veux te remercier. A la fois de nous avoir aidées contre Iustitia, de garder le secret sur tout ça, alors que rien ne t'y oblige... mais surtout pour être content de mon existence. Ce dernier point me fait enchaîner sur le second sujet dont je veux te parler.
Ann posa ses mains sur les bras du marine et l'embrassa légèrement sur la joue, le figeant de surprise, le rouge montrant à ses joues.
- Je suis peut-être longue à la détente, mais j'ai bien noté la façon dont tu te comportais. Tsundere, je dirais... Malheureusement, je peux pas te faire le plaisir de te dire que le sentiment est réciproque. Pas parce que tu es un marine et moi une pirate... je suis certaine que si ce n'était pas le cas, nous aurions pu être de bons amis... c'est juste que tu n'es pas le genre d'homme qui me fait rêver, que ce soit ta personnalité ou ton physique. Comme on dit, un de perdu, dix de retrouvés. Je suis certaine que tu trouveras la femme parfaite pour toi. Simplement...
Ann lui offrit un sourire lumineux.
- Merci d'avoir veillé sur moi. De t'être inquiété pour moi. D'être heureux de mon existence.
Elle l'embrassa une dernière fois sur la joue avant de revenir vers Marco.
- On va retrouver la folasse ? proposa Ann à son amant.
Marco lui sourit et la regarda passer devant. Quand il fut certain qu'elle ne le regarderait plus, il se retourna de nouveau vers Smoker, tout sourire disparu.
- Fais-lui du mal, trahis-la ou porte-lui préjudice de quelques façons que ce soit, et je m'assurerai qu'on ne retrouve même pas ton cadavre, menaça Marco.
- Je te retourne la menace, grinça Smoker. Brise-lui le cœur, et je prouverai que malgré ton pouvoir, tu n'es pas du tout immortel.
Marco hocha la tête avec satisfaction, avant de tourner les talons pour se dépêcher de rejoindre Ann dont il enlaça les épaules d'un bras.
Pendant ce temps, Bayonetta se tenait devant l'étrange mur qu'elle avait remarqué derrière Balder, quand ils étaient encore dans l'amphi. Mur agrémenté d'écritures angéliques. Le mur brillait de mauve dans ce qui était sa partie vitrée et tout en son centre, une lumière blanche prenait sa source.
En réponse, la Witch Watch de Bayonetta réagit en s'allumant à son tour. La sorcière retira sa montre de sa tenue et la brandit devant elle, abreuvant la réaction de sa magie, malgré sa fatigue.
La lumière de la baie vitrée circulaire devint plus grosse et avala Bayonetta.
Quand elle reprit conscience de ce qu'il se passait, elle était dans une chambre très familière pour elle.
Elle venait de remonter le temps, si elle comprenait bien.
Devant elle, il n'y avait qu'un lit. Un simple lit. C'est dans ce lit qu'elle déposa Cereza.
- Mami... papa... souffla la fillette dans son sommeil.
- Ne t'en fais pas, petite. Le cauchemar est terminé, murmura Bayonetta. Tout ça n'était qu'un mauvais rêve. Tu es une petite fille très courageuse. Tout ira bien.
- Mami... tu as trouvé, dis ?... ce que tu cherchais ? continua Cereza dans un demi-sommeil.
Bayonetta sourit.
- Oui, en effet, je l'ai trouvé. Toi aussi, fais attention à ton propre trésor.
Dans son sommeil, Cereza bougea une main à son cou, là où reposait la Witch Watch que lui avait offert sa mère.
- Oyasumi, Chibi-chan...
D'une voix douce et basse, Bayonetta se mit à chantonner :
- Fly me to the moon
And let me play among the stars
Let me see what Spring is like
On Jupiter and Mars
Elle se releva et commença à s'éloigner.
Les deux pirates retrouvèrent Luka à l'instant où Bayonetta revenait de son voyage dans le temps pour ramener son 'mini-moi' chez elle.
La première chose qu'elle fit, ce fut briser la vitre, histoire que personne ne dérange de nouveau la gamine.
Luka eut un petit rire et Bayonetta lui sourit.
- Heureux de te revoir, tête de ruche, yoi, salua Marco.
- Le plaisir est réciproque, tête d'ananas.
Bayonetta marcha vers le groupe...
La scène se figea un instant, comme si on ajustait la qualité d'une image, avant de se remettre en marche. Bayonetta eut un cri de douleur en se penchant vers l'avant, se tenant la poitrine. Une énergie rouge commença émaner d'elle. Ann jura et se précipita vers Bayonetta qui tomba à genoux.
Les sorcières jonchaient le sol, la guerre faisait rage.
Jeanne était là, une lame dans chaque main, regrettant d'avance ce qu'elle allait faire.
Sa lame plongea dans la poitrine de Cereza adulte.
Cling !
Le poignard percuta la Witch Watch sous le tissu.
Cereza avait écouté sa mère. Elle lui avait dit que quand on aimait quelque chose, on ne devait pas le perdre.
On devait le garder précieusement contre son cœur.
Et c'est ce qu'elle avait fait.
Cereza se releva donc, prête à combattre.
- Je n'ai plus peur, mami. Peu importe ce qu'il se passe, je peux surmonter n'importe quel obstacle.
Jeanne regarda Cereza avec perplexité, et sourit, brandissant ses propres armes.
Elles se tournèrent vers la femme aux longs cheveux qui vint vers elles. Cereza se dit que si elle n'avait pas eu ce tatouage de croissant de lune autour de son œil gauche ou les cheveux roux clair, elle aurait été une très bonne copie de Ann-nee-san.
- Tu devais pas la sceller ? s'enquit la femme à Jeanne.
- Je peux me battre. Ann-nee-san m'a appris ce que c'était qu'était le courage, Roja-ba-san, assura Cereza.
- Ann ? Qui est-ce ? s'enquit Jeanne.
Roja haussa des sourcils, puis des épaules, avant de s'aligner avec les deux jeunettes.
- Après ça, je prends ma gamine et on se barre dans le South Blue. En avant les filles.
Bayonetta avait l'impression d'agoniser.
Luka tenta de l'approcher, mais Ann l'en empêcha, pâle comme un linge.
- Qu'est-ce qu'il se passe, yoi ? demanda Marco en se précipitant auprès des autres.
- Ce que voulait Balder est en train de se produire... souffla la jeune sorcière. Il a gagné... Bayonetta... iie Cereza... est en train s'éveiller. L'Œil Gauche s'éveille. Les Yeux du monde vont s'ouvrir.
- C'est exact.
Tout le monde tourna la tête pour voir que Balder était toujours vivant, en état de tenir debout. Il n'avait plus sa tête de drôle de monstre, ni ses ailes, mais il était totalement englouti dans une énergie semblable à celle de Bayonetta. Sauf que la sienne était bleue.
- L'Œil Droit veille sur la Lumière, annonça le Sage en s'avançant. Et l'Œil Gauche sur les Ténèbres.
Marco et Luka se levèrent pour se mettre sur la route du Sage.
- Les deux Yeux veillent sur le Monde !
- YAMETE !
Le cri d'Ann alerta les hommes et ils se retournèrent. Bayonetta était en pleine lévitation, s'élevant gracieusement dans les airs.
- Ce n'était pas cette femme qui s'appelle Bayonetta que je recherchais ! continua Balder.
Bayonetta passa au-dessus de leur tête, comme un pantin désarticulé, et lévita jusqu'au Sage.
- C'est toi, telle que tu étais enfant, que je sollicitais, Cereza ! C'était elle qui voulait voir le monde au travers d'yeux innocents !
Il tendit les bras et Bayonetta se retrouva dedans.
- Et donc elle qui voulait ériger une nouvelle Ere !
Les trois autres étaient fous de rage.
- C'est son énergie qui a pu ouvrir l'Œil Gauche. Tout s'est déroulé à la perfection !
Et il s'envola avec elle. L'heure était proche, ils se devaient de commencer.
Le phénix noir décolla en un rien de temps, partant à la poursuite du duo père/fille. Malheureusement, la transformation ne dura pas bien longtemps, et elle tomba dans les bras tendus de deux Joy qui la neutralisèrent aisément et l'embarquèrent à la suite du Sage, dans les hauteurs.
- Ton sacrifice marquera le retour de Jubileus ! lui dit Balder.
Marco poussa un rugissement assourdissant et décolla, brisant le sol sous ses pieds.
Pas question qu'il laisse un foutu connard lui prendre sa nana.
Il ne put retenir l'attaque qui fonça vers lui et le cloua à terre.
Le vol s'arrêta au niveau de la statue de femme qu'avait remarqué un peu plus tôt auparavant Bayonetta. Celle qu'Ann aurait dû trouver bizarre avec son Haki, si elle n'avait pas été trop concentrée sur sa colère.
- La résurrection de Jubileus va enfin être accompli ! Cereza ! Nous sommes les Yeux qui veillent sur le monde ! Nous sommes les Yeux veillant sur une nouvelle Ere ! Une nouvelle réalité à laquelle nous devons nous consacrer !
Le duo fusionna avec le front de la déesse.
Ann déglutit, écartelée par des Joy.
Pendant un instant, rien ne se passa.
Puis la statue ouvrit les yeux. Dans l'œil droit, bleu, on discernait la silhouette masculine du sage. Dans l'œil gauche, rouge, c'était celle de Bayonetta.
- Que la grâce de Jubileus le Créateur déferle sur toutes ses créations ! dit Balder.
Ann tomba comme un pantin désarticulé dans la prise des Joy qui la regardèrent avec perplexité.
Un frisson parcourut l'étreinte de la pirate alors qu'elle ouvrit deux yeux totalement dorés qu'elle leva vers la statue. Un bruit de respiration effrayant sortit des lèvres de la demoiselle, dévoilant des crocs.
Une déesse s'éveillait.
Son ennemie naturelle en faisait autant.
