Salut à tous ! Voici un nouveau chapitre pour lequel je remercie encore une fois ma bêta, qui malgré tout, est toujours et encore au rendez-vous pour me donner son opinion et pour la correction de mes chapitres. Honnêtement, je n'ose imaginer ce qu'il en serait sans elle. C'est pour ça, Mana, si tu passes par ici, merci encore de ton travail plus que formidable et je te dis à très bientôt !
Ensuite, je vous remercie tous, mes chers lecteurs/lectrices, de votre fidélité et patience. Certains d'entre vous me suivent depuis mes débuts sur ce site, d'autre ont commencé à me suivre en cours de route. Chacun à votre façon, vous m'avez donné la foi en mon travail et m'avez permis de faire des progrès. J'ose espérer pour continuer sur cette voie dans un futur proche.
Sur ce, je vous dis à très bientôt et bonne lecture (s'en va publier d'autres chapitres).
Malphas descendait lentement dans l'entrepôt sous le ring.
- Qu'est-ce que c'est que tout ça… ? souffla Rebecca, abasourdie.
- Une partie de l'ombre de Dressrosa, lui répondit Ann, son regard scrutant les profondeurs.
Elle ignora intentionnellement Koala puis Sabo sauter sur le pauvre Usopp toujours entre les bras du géant pour aller atterrir plus loin.
Elle alla se poser à proximité du dit géant, faisant disparaître Malphas.
Derrière des décombres, une femme se redressa.
- Bien le bonjour, Madama Khepri, salua Robin avec un sourire. Très bel oiseau… il s'agit du fameux Malphas ?
- Exact. Je peux te confier cette demoiselle ? Il ne vaut mieux pas qu'elle reste avec moi, fit Ann en prenant Rebecca par les épaules.
- Eh ? Pourquoi ?! s'enquit la rose.
- Une sorcière folle de rage n'ait pas la compagnie la plus sécurisante pour toi. De plus, je suis bien mieux dans le Purgatorio que dans ce plan d'existence.
- Serait-ce aussi pour vous cacher d'une certaine personne qui vient de passer à l'instant ? devina Robin.
- Cela ne sert plus à rien, il vient de consommer mon akuma no mi.
Ann jeta quelque chose à Robin qui se retrouva avec une seringue métallique emplie de liquide rose en main.
- Pour God Usopp. Dans son état, ça lui sera bien plus efficace qu'une sucette. C'est avec ça qu'on m'a remise sur pied quand je me suis éveillée à la sorcellerie, juste après Marine Ford. Aucune contre-indication pour les simples mortels. Nous nous verrons peut-être plus tard.
Ann tourna les talons et passa dans un Sigil sur le Purgatoire. Son image devint légèrement floue pour Robin mais elle parvint à la voir s'éloigner et disparaître de sa vue.
- Viens, suis-moi, fit la brune à Rebecca.
- Vous savez qui elle est vraiment ? s'enquit la rose.
- Oh oui.
Bartolomeo et Sabo se faisaient face.
- Sempai m'a peut-être abandonné, mais ce n'est pas grave, je peux te retenir ici, voire même te tuer.
Hack porta sa main valide sur sa main bandée, faisant sourire d'intérêt Koala.
- Sempai, hun ? Tu parles de Khepri ? Tu ne sais pas qui elle est, alors, ne t'occupe pas de cette histoire, lui dit Sabo.
- Je sais justement qui elle est, et c'est pour ça que je suis toujours devant toi. Je ne laisserai pas des gens mal intentionnés l'approcher alors que le monde a failli perdre la personne merveilleuse qu'elle est.
- Là, je suis d'accord, mais tu ne sais pas ce qui nous unit, donc, il vaudrait mieux que tu me laisses passer. J'ai encore du mal avec l'akuma no mi, ne va pas me donner la tentation de le tester sur toi, va.
- Tu crois que c'est un cornichon habillé en noble, qui a eu l'audace de toucher au fruit d'Ann-sempai, qui va me faire peur ?
Une veine apparut sur le front de Sabo.
- Le cornichon s'appelle Sabo et il bosse pour la Révolution. Alors bouge de là. Je dois lui parler.
- Rien à battre que tu te prétendes leur frère. Tu ne bougeras pas.
Rodin tendit un bras et Ann prit la bouteille de saké que l'homme lui tendit. Elle regarda la bouteille. La même marque que celle qu'elle avait volée à Dadan pour passer le serment de saké toutes ses années en arrière.
Avec rage, elle la balança au loin, avant de hurler, à la limite de l'hystérie.
Rodin ne bougea pas, continuant de fumer son cigare sur une caisse, ignorant totalement la pirate en proie à la folie.
Ann fini par tomber à genoux, la tête dans les bras, sanglotant.
- Tu fais une sorcière pathétique, notifia Rodin, très charitable.
- VA TE FAIRE FOUTRE ! rugit Ann alors que ses larmes roulaient sous son masque.
Elle se recroquevilla de nouveau sur elle-même, essayant de se couper du monde autour d'elle.
Rodin eut un 'tch' agacé et la prit par le bras, la soulevant aisément du sol.
- Au lieu de pleurnicher, bouge-toi un peu !
Et avec aisance, il l'envoya valdinguer si haut et loin qu'elle se retrouva les quatre fers en l'air, dans les tribunes du Colisée. Elle regarda le ciel un instant, puis ramena ses bras sur son visage pour pleurer, sans bouger de sa position plus qu'inconfortable sur les gradins de pierre où elle était à présent étendue.
Elle n'y arrivait pas.
Elle n'arrivait pas à lui faire face sans se rappeler de la douleur qu'elle avait ressentie en apprenant sa mort.
Cette douleur qui devenait celle de la trahison devant ce mensonge.
Elle ferma les oreilles de son esprit à Madama Khepri et se redressa finalement.
Elle devait bouger. Faire tout et n'importe quoi pour ne plus rester ainsi. Elle retira son masque et s'essuya les yeux avant de le remettre. Elle respira profondément et se leva.
C'était avec l'action qu'elle pouvait se vider le crâne. Pas en restant immobile.
Robin avait fini par rejoindre Sabo toujours en plein duel de regard avec Bartolomeo. Le simple fait qu'elle, une Mugiwara, soit pacifique avec le blond calma l'autre pirate.
- Je présume que tu as vu Luffy, fit Robin en s'agenouillant auprès d'Usopp que les Tontatta avait déposé à ses pieds.
- Oui. Très mal passé. Très très mal, soupira Sabo en se frottant le front.
- J'ai gagné mon pari, d'ailleurs à ce sujet. C'est en effet un Lumen. Etant donné la situation entre vous trois, je t'épargnerai. Garde la somme, je n'en ai pas besoin de toute façon.
- Il savait déjà pour Vigrid. Tu fais quoi ?
Robin venait de sortir la seringue que lui avait donné Ann.
- J'ai croisé Khepri-san, pour continuer avec son alias. Là encore, j'ai touché dans le mille. C'est elle qui m'a donné cette seringue. Soi-disant que ça aiderait Usopp dans son état actuel.
Et elle procéda à l'injection.
- Où est-elle ? demanda Sabo avec espoir.
- Je ne sais pas. Elle avait l'air très mal. Je ne pense pas que tu sois la personne qu'elle veuille voir dans l'immédiat. Ah oui, très efficace. Il faut qu'elle donne la composition de ces seringues à Chopper, ça ne peut que l'intéresser.
Usopp se redressa immédiatement, sans plus la moindre blessure. Il se regarda partout, totalement abasourdi.
- Elle m'a donné tout à l'heure une sucette verte et une sucette mauve. La verte a guéri mes blessures alors que la mauve m'a rendu de l'énergie, indiqua Rebecca.
- Je me demande si Luffy en connaît le secret. Enfin. J'ai croisé aussi ta mystérieuse sauveuse de la Isla del Sol, continua Robin.
Sabo leva un sourcil.
- Jeanne d'Arc ?
- La même. Telle que tu l'avais décrite. J'ai cru comprendre que t'envoyer en enfer la démangeait pas mal aussi.
Robin regarda Sabo.
- Ce clan est soudé. Cette femme a plus de cinq cent ans, pourtant, elle protège Khepri-san et s'inquiète pour elle. Khepri-san est bien entourée, c'est un point positif, par rapport à ce qu'elle était quand vous vous êtes connus.
Sabo eut un pauvre sourire, se souvenant de la bête sauvage qu'était Ann les premiers temps de leur rencontre.
- Oui… elle est bien entourée… je dois tout de même mettre les choses au clair. Lui expliquer. Me faire pardonner.
- C'est à tes risques et périls.
Jeanne souffla sur son canon, après avoir tiré une belle balle, pour toucher droit entre les deux yeux l'emmerdeur explosif qui venait de débarquer. Autour d'eux, des portails infernaux jaillirent et entraînèrent en enfer toutes les victimes de la blonde.
- C'est quoi ça ? demanda Law en se massant les poignets pour réactiver la circulation.
- Tu le sauras en mourant, gamin, lui dit Jeanne.
Law l'ignora et rapporta son attention sur Luffy.
- Notre alliance est finie, tu n'avais aucune raison de venir.
- Je sais, lui dit Luffy en haussant des épaules.
Un rire d'outre-tombe força Jeanne à regarder partout.
- J'ai laissé aucun portail d'ouvert, pourtant, marmonna-t-elle, confuse.
- C'est lui… souffla Violet en montrant la dépouille de Doflamingo qui en effet était en train de rire.
Jeanne resta un instant silencieuse, puis dit :
- J'ai Madama Styx depuis plusieurs siècles dans le crâne, et pourtant, ce genre de chose m'épate toujours. Je hais les akuma no mi.
Au moins avec la sorcellerie, il y avait des règles et des limites. Les akuma no mi, c'étaient comme les démons. Du grand n'importe quoi. Davy Jones aurait dû se cogner la tête contre un mur des Enfers le jour où il a décidé de les offrir aux mortels.
Elle resta sans réaction quand le vrai Doflamingo débarqua.
Elle regarda néanmoins Luffy réagir… et le temps se bloquer.
Light Speed.
Jeanne pencha la tête pour observer Luffy user de la magie pour ralentir le temps autour d'eux et mettre à l'abri Kyros.
Quand le temps revint à la normal, Kyros était à terre, Luffy sur lui, et la tour perdit sa tête.
- Notre sœur t'a bien appris. Qui aurait cru en la capacité d'une femme de l'Umbra de forméer un Lumen, nota Jeanne en se prenant une sucette mauve pour la mettre en bouche.
Pas le temps d'en dire plus : Doflamingo et le cadavre sans tête réagirent, chacun avec une main pleine de fils qu'ils savaient tranchant.
- Goshikito !
Les attaques percutèrent un bouclier doré, veiné de mauve, permettant à Luffy de prendre Kyros et le large.
- Tu as des techniques très intéressantes, Mugiwara… je vais peut-être te laisser la vie sauve… juste le temps de savoir où tu les as apprises… ricana Doflamingo.
- Jeune Maître ! hurla Baby Five. En haut !
Doflamingo leva les yeux vers le ciel et se protégea à temps sous son manteau de plume rose, recouvert de Busoshoku, pour encaisser l'escarpin blanc de Madama Styx.
Ceux qui jetèrent un œil à Jeanne pouvaient la voir en petite tenue, ses cheveux disparaissant dans un portail infernal et une jambe à moitié levée comme si elle essayait d'écraser sous ses chaussures quelque chose d'invisible.
Doflamingo vit d'ailleurs cela en tournant la tête.
- Qu'est-ce que tu es ? siffla le Shichibukai.
- Je suis un professeur d'histoire en lycée, se contenta de répondre Jeanne. Qu'ils le sachent ou pas, mes élèves me surnomment Cutie J, quand je leur sauve les fesses. Pas qu'ils sachent dans ces instants que je suis leur enseignante. Mais assez parler de ma vie. J'ai passé l'âge il y a plusieurs siècles pour ce genre de bêtises.
Et elle accentua la pression sur sa jambe, faisant que le pied chevelu géant au-dessus de Doflamingo en fit autant.
Luffy en profita pour l'attaquer par derrière, mais là encore, le Busoshoku fit obstacle.
La magie vint à sa rescousse quand le clone de Doflamingo tenta de l'attaquer dans le dos. Encore une fois, le bouclier magique apparut, toujours avec les mêmes veinules mauves.
Doflamingo attaqua Luffy d'un coup de poing, se projetant vers l'avant. Pour le coup, le pied de Madama Styx atterrit sur le sol avec force, y faisant un trou et Luffy se serait pris l'attaque dans la figure sans son Light Speed.
Le temps se débloqua de nouveau quand il fut plus loin.
Perplexe, Doflamingo porta une main à son ventre douloureux, se demandant pourquoi il avait mal. Mais bouger son bras lui réveilla une douleur dans l'épaule. Douleur qui se manifesta chez la voisine quand il bougea l'autre bras.
En se retourna, il nota que le pied géant avait disparu et que Jeanne avait deux flingues braqués sur lui. Deux flingues qui fumaient encore. Quand avait-elle tiré ? Peu importe. S'il restait ici, ça risquait de mal finir.
Il se tourna vers Riku, lui demandant de se rappeler de la tragédie qui avait suivi son abdication. Tout cela pour une seule chose :
- Celle qui aura lieu aujourd'hui ne sera pas à petite échelle comme l'autre fois.
Il leur tourna le dos.
- Il est temps de vous laisser partir. Pica. Jette-moi ces gêneurs dehors.
Pica, dont juste le haut du buste était hors du sol, obéit en silence. Le sol se souleva, les déséquilibrant. Deux immenses mains de pierres s'emparèrent d'eux.
Et sans comprendre le comment du pourquoi, quand elles se rouvrirent, ce fut sur le vide, hors du palais. Ils se seraient écrasés sans l'intervention de Jeanne :
- ADRPAN !
Un Malphas blanc jaillit d'un portail infernal et récupéra sur son dos tout le monde, avant de se poser dans l'herbe pour leur permettre de descendre.
Tout le monde regarda vers le palais, sans s'occuper du démon qui disparaissait.
C'était dur à voir, mais il leur semblait percevoir comme un gros paquet de fils montant vers le ciel.
Le commencement de la Tori Kago, d'après Law.
- Aucune chance pour moi, soupira Jeanne en se reprenant une sucette mauve. C'est trop loin et trop haut. Il suffirait qu'il enduise les fils de Haki et à ce niveau-là, seul un Apôtre serait capable de pouvoir les détruire…
- S'il n'y a que ça…
Luffy leva une main, se préparant à faire une nouvelle invocation quand il dut sauter sur le côté, esquivant un coup de feu qui lui aurait traversé le pied.
- Le faire maintenant, avec ton état de fatigue, c'est prendre le risque de finir en Enfer. Nos sœurs, et je parle autant de Khepri que de Cereza qui te voit comme un petit frère, ne me le pardonneraient pas. Tu te débrouilles bien pour un débutant, mais ne force pas ta chance, lui dit Jeanne.
Et elle tendit à Luffy une grosse sucette mauve qu'il prit en boudant pour la mettre en bouche.
- Kusou baba, grommela-t-il.
Cela lui valut un regard hautain de la part de l'héritière de l'Umbra, mais rien de plus.
Les fils devaient avoir atteint leur hauteur maximale parce qu'ils redescendirent de façon courbe, comme pour enfermer l'île.
Alors, leur source d'information parla :
- Avant que la vérité sur ce pays ne s'échappe… Doflamingo… va tuer tout le monde sur cette île !
Ann regardait la cage se mettre en place, un mauvais pressentiment dans le creux de l'estomac.
- Wari Enzo. Je pense pas que tu reverras tes jumeaux.
Et elle tourna les talons pour essayer de trouver son petit frère, ignorant l'humain qui la suivait en lui demandant le pourquoi du comment, sans pour autant recevoir des explications.
Elle passa un groupe de marines qui avait apparemment l'incapacité de contacter leur QG. Ann tira son propre denden et vit qu'en effet, il ne répondait pas.
- Oi, Khepri ! Explique-toi ! Pourquoi tu parles comme si on allait mourir ! lui demanda Enzo.
Ann ne lui répondit pas. Elle passa un bras dans le Purgatoire, le denden toujours dedans, mais toujours aucune réaction de la part de celui-ci.
« Wari Marco, je pense que je vais prendre plus de temps que prévu » songea la jeune sorcière en rangeant l'animal.
Elle retourna totalement dans le Purgatoire, laissant Enzo en proie à la panique derrière elle.
Il serait plus ou moins en sécurité avec la Marine. Enfin, tant que ces fils ne se mettent pas en marche.
Elle disparut dans le Purgatorio juste à temps car un peu plus, et elle aurait été victime d'une seconde attaque de Doflamingo et serait devenu une marionnette entre ses doigts. La sorcière devint guépard qui fonça dans la rue… pour piler quand une maison devant elle partit en flamme dans une explosion.
Fujitora était à proximité d'elle, un fil lancé par Doflamingo entre ses doigts, la tête tournée vers l'explosion.
- Par la couronne de Sheba… qu'est-ce qu'il s'est passé ? souffla Ann.
- Seul le Tenyasha peut nous le dire. Qui es-tu ? demanda Fujitora. J'ai déjà entendu ta voix. Il y a longtemps, mais je sais que je l'ai entendu.
Ann le regarda.
- Vous avez un akuma no mi, n'est-ce pas ?
- C'est le cas, mais tu ne réponds pas à ma question, musume-san.
Ann eut un reniflement narquois et se détourna pour aller chercher Luffy quelque part dans ce foutoir. Elle ne serait pas tranquille tant qu'elle ne l'aurait pas vu.
- Appelez-moi Khepri, ça sera suffisant.
Et elle fila à toutes pattes.
Un peu plus loin, elle manqua de se casser la pipe quand le sol trembla. Elle vit avec effarement le palais de Dressrosa s'élever au-dessus de toute l'île grâce à un amassement de terre et de bâtiments.
Cela la fit jurer et accélérer sa course, allant aussi vite que ses pattes de félin le lui permettaient. Elle retroussa ses babines et parvint à faire un Soru sous cette forme, arrivant encore plus vite à proximité du Colisée dont elle s'était éloignée à la base à cause d'Enzo. Elle allait repartir pour un autre tour, afin de se rapprocher de l'endroit où elle percevait son frère et Jeanne, quand le sol cessa de trembler. Un écran s'alluma sur la façade du Colisée, la faisant s'arrêter.
Tout le monde s'amassa devant pour voir ce qu'il en était.
Doflamingo apparut avec son gros sourire pervers.
« Citoyens de Dressrosa et invités… j'aurai pu régner sur vous par la terreur dès le début. Après avoir découvert la vérité, je sais qu'un bon nombre d'entre vous souhaitent me tuer maintenant… C'est pour cela que j'ai préparé un jeu pour vous. C'est un jeu pour me tuer. Je suis dans le Palais Royal. Je ne vais ni fuir, ni me cacher. Si vous arrivez à me tuer, le jeu s'arrêtera là, bien évidemment. Mais il y a une autre solution. Voilà comment… il faudra tuer toutes les personnes que je vais à présent nommer. Aussi j'accorderai une large récompense si vous tuez chacun d'entre eux. Tuer ou être tué. Tout le monde dans ce pays va devenir un chasseur… »
Ann se mit à grogner farouchement, pas que les spectateurs derrière elle l'entendent.
« Le seul moyen de vous en sortir est de tuer quelqu'un ! Personne ne viendra vous aider, personne ne peut sortir de cette Cage à Oiseaux. Vous ne pouvez contacter personne à l'extérieur. Vous allez tous mourir et personne n'en saura rien. Vos voisins qui deviennent fous vont continuer à faire du mal aux autres au hasard. Peu importe qu'ils soient de la famille ou des amis, ou même des citoyens qu'ils ont juré de protéger. »
Doflamingo riait et Ann retroussa un peu plus ses babines. Quel salopard ce type.
Elle détourna un instant la tête en voyant Fujitora commencer à briser les fils manipulateurs des marines. Elle allait le rejoindre pour lui prêter main forte quand Doflamingo recommença à parler.
« Même si vous courez ou vous cachez, il n'y a plus aucun endroit de sûr dans la Cage à Oiseaux. La terreur de la Cage à Oiseaux va durer des jours. Tout dépend de ce qui arrivera en premier. Soit vous mourrez tous, soit vous finissez le jeu. »
Est-ce que c'était valable pour le Purgatoire ? Parce qu'elle pouvait essayer de faire ça… quoique non, ce n'était pas une bonne idée de laisser des humains classiques dans le Purgatoire. Ils y perdraient totalement leur santé mentale.
« Réfléchissez… soit vous venez me tuer, soit vous vous rangez du côté de la Donxiquotte Familly et punissez les quatorze fous qui se sont opposé à moi. Si vous prenez la mauvaise décision, le jeu ne finira pas. Je paierais 100 millions de berries par étoile. Voici les criminels présents à Dressrosa ! Tout d'abord ceux à une étoile. »
Une image de Rebecca apparut dans sa tenue de gladiatrice. Puis Robin. Vint ensuite le samurai qu'elle avait vu tout à l'heure… Kin'emon, apparemment. Une brune, ancienne princesse de Dressrosa du nom de Viola. Franky le Cyborg…
Ann haussa des sourcils. Son frère avait des goûts étranges en matière de recrutement. Elle était mal placée pour parler, étant donné qu'elle avait quand même une demi-démone dans sa propre flotte, mais tout de même…
Vinrent ensuite les deux étoiles.
Kyros, apparemment l'ancien commandant de la garde de Dressrosa, bien qu'Ann trouvât qu'il avait une étrange ressemblance avec la statue du Colisée. On avait aussi Zoro et…
Ann dut faire un effort en voyant Jeanne apparaître sur l'écran avec le nom de Cutie J. Y'avait pas plus ridicule comme nom, d'après elle. Même appeler Bayonetta adulte par Cereza n'était pas aussi ridicule !
Ensuite, on eut les trois étoiles.
Ann se remit à grogner en voyant Sabo apparaître sur la projection. Commandant de l'Armée Révolutionnaire. Sa colère se calma quand Luffy apparut à son tour. Et à sa grande surprise, elle était en suivant, avec toujours l'alias Madama Khepri, désignée correctement (ce qui était bizarre) comme une sorcière. Le Shi no Gekai apparut en suivant. Comme elle s'en doutait un peu, Riku était dans le groupe : Roi Riku Doldo III.
Sabo avait sa mâchoire de décroché en voyant sa tête dans le tas.
- Ils savent déjà que tu es là, pointa Hack, charitable.
- Pourquoi je suis une cible aussi ?! s'indigna le blondinet.
Ses pensées changèrent de direction sous le cri de « SEMPAI-TACHI » de Bartolomeo. Les yeux de Sabo s'arrêtèrent sur la Ann et le Luffy de la projection. Il serra les poings. Il arriverait à les forcer à l'écouter.
- Sorcière ? Eh ben, c'est quoi ce surnom ? On ne peut pas tout simplement dire qu'elle a un akuma no mi bizarre ? commenta Koala en voyant la description d'Ann.
- Peut-être parce qu'elle n'a plus d'akuma no mi, justement, répondit Robin. Je suis surprise qu'ils aient affublé cette Jeanne du nom de Cutie J.
Usopp, lui, il était pensif.
- Elle me rappelle quelqu'un.
- Khepri ? s'enquit Sabo en le regardant.
- Non, la Cutie J. Je crois l'avoir vue dans un vieux livre. Ou du moins, une femme qui lui ressemblait. J'étais un gosse à l'époque et je cherchais de nouvelles idées d'histoire…
Usopp claqua des doigts.
- Jeanne d'Arc ! Voilà ! Cette femme ressemble à un portrait que j'ai vu de Jeanne d'Arc ! La pucelle d'Orléans qui a fini au bûcher pour sorcellerie.
Pour une raison assez mystérieuse, cela fit pouffer de rire Robin. Usopp, habitué aux délires de sa nakama, ne chercha pas d'explication.
Sabo aussi connaissait cette histoire, l'ayant appris enfant quand il était encore chez ses parents, et ses yeux s'arrondirent d'horreur en faisant le rapprochement. Il regarda Robin pour confirmation, et celle-ci hocha la tête.
La « Cutie J » qui l'avait sauvé à la Isla del Sol était certainement la Jeanne d'Arc de cette histoire…
- Tu réalises la profondeur et la complexité de cette histoire, Sabo ? s'enquit Robin. Ce n'est vraiment pas la bonne chose que tu continues de poursuivre Khepri. Elle ne fait plus partie du même monde que nous. Renonce, tu pourrais y laisser bien plus que ta vie.
Sabo fit la sourde oreille, beaucoup trop déterminé.
Ann allait partir quand Doflamingo recommença à parler.
« De plus, il y a un homme qui m'a mis énormément en colère aujourd'hui ! C'est de sa faute si vous devez jouer à ce jeu sanglant ! Celui qui le tuera aura une récompense de… cinq cent millions de berries ! »
La sorcière leva un sourcil autant que son apparence animale le lui permettait. Qui avait bien plus faire ça ?
Et le visage d'Usopp apparut : « Dieu » Usopp des Mugiwara.
Cinq étoiles.
La mâchoire du félin se décrocha.
Pauvre gosse… il était malchanceux.
Elle secoua d'amusement sa tête et partit à la recherche de Fujitora.
L'homme s'était arrêté un instant pour écouter l'annonce. Ann reprit sa forme humaine et quitta le Purgatorio. Immédiatement, le marine tourna la tête dans sa direction.
« Vous n'avez pas le temps de réfléchir à quoi faire ! Des gens meurent et des villes brûlent à chaque instant ! Soit vous me tuez, soit vous tuez les quatorze criminels ! Maintenant ! Que le jeu commence !»
- Un jeu… siffla Ann hors d'elle.
Ses Rodin devinrent les Anagyi électrique et Shuraba en main.
Elle fonça vers le Marine et sauta sur lui, ses escarpins électrifiés touchant brièvement l'épaule de l'Amiral pour qu'elle se projette vers l'avant, tournoyant sur elle-même pour trancher les fils de deux soldats contrôlés par Doflamingo.
- On en reparlera d'un jeu quand tu auras goûté à la colère de Luffy, enfoiré. Après ça, je m'assurerai personnellement que ton âme finisse dans le niveau le plus abominable des enfers… cracha la sorcière comme un chat en colère.
Fujitora se retourna vers elle.
- Ton aide sera la bienvenue, musume-san.
Ann marcha vers lui.
- Je hais les marines, sachez-le. Mais vous m'avez l'air plus ou moins humain. Je vais donc mettre de côté mes sentiments à l'égard de votre organisation. Mais une fois cette situation calmée… tombe sur moi, et je te fournirai un aller simple pour Inferno.
- Je reconnais ta voix à présent. Je sais qui tu es. J'ignorerai ce savoir pour aujourd'hui. Mais si je te croise demain, une fois tout cela fini, je crains que tu ne doives de nouveau passer par la case Impel Down.
Ann eut un reniflement moqueur.
- Si tu me reconnais et que tu as le Haki, tu dois avoir noté un gros changement chez moi. Ce gros changement fait que cela sera bien plus difficile de m'envoyer à Impel Down.
Elle leva Shuraba, la lame à la verticale mais pointée vers le bas, le côté tranchant vers l'Amiral. Celui-ci en fit autant et les deux lames s'entrechoquèrent pour sceller leur accord, avant de partir chacun de leur côté.
Ann resserra sa prise sur son arme.
Vu le nombre de personnes grandissant qui avait vu au travers de son déguisement, elle ne pourrait certainement pas conserver encore longtemps son anonymat.
Marco serait mécontent, mais ils s'en doutaient tous. Deux ans, c'était déjà énorme. Et elle avait eu assez de temps pour se relever. Assez de temps pour reprendre des forces.
A côté Jeanne risquait de râler pas mal, mais ce n'était pas important.
Elle était une pirate avant d'être une sorcière.
Jeanne regarda l'interaction entre Luffy et la Rebecca derrière le denden, avant de tourner son regard vers le palais de Doflamingo.
- Dis-moi, le Lumen… vu que tu la connais mieux que moi… a-t-on une chance pour qu'elle reste raisonnable et discrète dans sa pratique magique dans tout cela ?
Luffy avait raccroché le denden et regarda Jeanne, avant d'hausser des épaules.
- Les chances sont faibles.
La blonde soupira.
Elles n'étaient plus que trois, mais il semblerait bien qu'ils soient bien partis pour que leur clan se rappelle au bon souvenir du monde, cinq cent ans après.
En songeant à ce que sa mère aurait fait à sa place, Jeanne haussa les épaules. L'Ancienne Matriarche de l'Umbra aurait traqué Ann et l'aurait tuée, afin de s'assurer que le clan puisse se reconstruire totalement sans attirer l'attention.
Jeanne ne s'opposerait pas à ce que faisait sa jeune sœur pour quelques bonnes raisons :
Avec la haine qu'elle nourrissait pour sa mère, il n'était pas question qu'elle agisse comme elle, à présent qu'elle était à la tête du clan.
Ensuite, il y avait peu de chance qu'elle parvienne à détourner Ann de ce qu'elle risquait de faire, sans elle-même compromettre leur clan. Elle se souvenait de trop bien de leur combat à la Isla del Sol. Ann était bien plus forte qu'elle ne le laissait présager.
Enfin, à quoi cela l'avancerait ? Les chances que leur clan puisse un jour renaître était proche de zéro. Jeanne n'avait pas envie de quitter ce monde en jouant les autruches et en se cachant.
Elle était une sorcière et fière de l'être.
Et elle le serait jusqu'au bout.
Un sourire étira ses lèvres.
Comme elle disait toujours, elle se sacrifierait plutôt que de voir son clan s'éteindre et disparaître. La mémoire était une bonne méthode pour prolonger une existence.
Elle était une fière sorcière de l'Umbra et elle n'allait plus se cacher. Cinq cent ans comme ça, c'était suffisant.
- Maaa… je pense que je vais m'amuser. Il y a longtemps que je n'ai pas montré mes capacités devant un public si nombreux de mortels. En général, ce sont les anges qui en sont des témoins…sourit la sorcière.
Elle sorti un tube de rouge à lèvres et se refit son maquillage en se regardant dans le reflet de sa Witch Watch.
- Je sens que ça va tellement chauffer qu'on pourra supposer que cet endroit est une expansion d'Inferno, ricana la sorcière. Va jouer de ton côté, je vais voir quoi faire du mien.
Luffy eut un rire à ça.
Oh oui, ça aller barder.
Ann continua de briser autant de fils que possible.
Elle savait que Fujitora n'avait promis que pour son cas personnel, pas pour Luffy.
Mais l'homme était joueur, en plus d'être humain et intelligent. Son frangin ne risquait rien de lui.
Elle se glissa entre trois gars hors de contrôle qui pleuraient en l'attaquant, et un simple coup de Shuraba les libéra.
Elle retint un grognement en voyant de plus en plus d'anges se manifester. Elle n'était pas surprise, mais ce n'était vraiment pas le moment.
La marine se débrouillant très bien sans elle, la sorcière retourna dans le Purgatoire.
Rodin était assis sur un espar quand la petite Koala débarqua sur le navire. Cela le fit sourire. Il croisa ses bras dans son haori marron et la regarda faire la petite fouine.
Ce n'était pas la Révolution qui lui poserait problème. Il pouvait bien laisser une ou deux caisses d'armes pour faire plaisir à la gamine, mais le reste, c'était pour le Démon.
Un sourire mauvais étira ses lèvres, avant que cela ne devienne un rictus de contrariété quand les propriétaires du navire revinrent à bord pour détruire les preuves par le feu. Heureusement, la Révolutionnaire savait se battre. Les torches volèrent dans les airs et Rodin alluma dans l'une d'elle son cigare, sans cesser de regarder la jeune femme nettoyer le sol avec ces énergumènes, avant qu'elle ne rattrape les torches.
- Je vous jure, on ne peut pas faire flamber toutes ces preuves cruciales.
Rodin sourit de nouveau.
Il allait piocher juste les joujoux qui l'intéressaient le plus dans le butin. Le reste, il le laisserait à la demoiselle.
Ann manqua de se casser la pipe quand le sol se souleva.
- Non mais oh ! Qu'est-ce qu'il se passe, là !?
- Un problème ?
Ann leva le nez pour voir que Jeanne l'avait rejoint.
- Je viens de laisser ton frère il y a peu. Il est fort, tu as fait du bon travail pour avoir formé un Lumen, en étant une Sorcière.
Ann eut un reniflement narquois et reprit sa forme humaine, ajustant son équilibre sur le sol en mouvement. Jeanne regarda quelque chose derrière Ann, les yeux ronds sous la surprise.
- Par la couronne de Sheba, dis-moi que je rêve…
Ann se retourna et mis une main en visière pour mieux voir le colosse sortant du sol.
Elle resta un instant silencieuse avant de dire :
- Non, mais là faut pas abuser, quand même. Ce truc fait la taille de Jubileus ! C'est cheaté !
Leur réaction resta la même quand Pica se mit à parler de sa voix suraiguë. Mais les deux sorcières ne s'y arrêtèrent pas. Ann ne fit même pas la moindre remarque sur son frangin dont elle entendait d'ici le rire.
D'un seul mouvement, les deux femmes regardèrent leurs ombres. Celles-ci faisaient échos à ce qu'elles entendaient dans leur esprit. Madama Styx et Madama Khepri se tenaient l'une à l'autre pour ne pas s'effondrer de rire.
- C'est la chose la plus choquante qui soit… souffla Jeanne. Une Madama rire de quelque chose d'aussi bas et commun qu'une voix qui ne s'accorde pas avec un corps…
- Je suis traumatisée à vie, annonça fatalement Ann. Madama Khepri qui rit de quelque chose aussi ridicule.
Un frisson lui parcourut l'échine. Pas que le rire de la démone soit désagréable à l'oreille ou quoi que ce soit. Ce n'était pas la première fois qu'elle l'entendait rire. Habituellement, c'était un tout petit ricanement se moquant d'elle. Mais là, c'était un rire immense… et mauvais. Tordu. Dépravé. Quelque chose qui ne devrait pas arriver. Et pourtant, ça arrivait.
Ann secoua la tête, dans l'espoir que ça fasse taire la démone, mais elle espérait un peu trop, certainement.
Cet évènement choquant pour les sorcières fit qu'elles n'eurent pas vraiment le temps de réagir quand l'impact du poing de Pica avec le sol provoqua une grosse onde de choc. Elles furent saisies dans le ventre par la force des éléments et envoyées voler plus loin.
Ann était de très mauvaise humeur.
De très très mauvaise humeur.
Aussi, entendre la voix de Sabo parler fut presque la goutte de trop faisant déborder le vase.
Depuis le Purgatoire, un peu plus haut dans la rue, elle observa la confrontation. L'arrogance du blond de se prétendre encore le grand frère de Luffy et se dire au-dessus des marines devant lui l'irritée méchamment.
Elle aurait presque crié de joie en voyant un marine lui tirer dessus, mais elle savait que c'était inutile.
Ce con avait bouffé son logia. Ce genre d'attaque était inefficace.
Elle n'aimait pas la violence gratuite. Aussi, même s'il était question de marines et de ce traître de Révolutionnaire, Ann intervint.
- Ecoutez donc votre Chûjo, il essaye de vous sauver la vie.
Tout le monde se tourna vers elle. Ann marcha vers eux, ses Rodin scintillant à la lumière du feu et du soleil. Sans accorder le moindre regard à Sabo, elle traversa le mur de flammes pour rejoindre la mêlée. Les flammes semblèrent la reconnaître, vu la façon dont elles s'attachèrent à ses jambes, comme pour l'enlacer, mais il n'y prêta pas la moindre attention.
- Eh bien, tu acceptes enfin de me faire grâce de ta présence ? déconna Sabo.
- Ne me tente pas traître. Il me suffit presque de claquer des doigts pour que tu finisses en Enfer, cracha Ann.
Elle arrangea son loup et fixa les marines un à un.
- Si vous n'avez pas de Haki, vous ne ferez que gaspiller vos balles pour rien. Et vos vies, certainement. Je n'aime pas les massacres inutiles, sauf quand il s'agit de tête de plumes, mais là, c'est une toute autre histoire. Fujitora-san…
- Nanda ? demanda Fujitora en tournant la tête vers elle.
- Tuez-le, si vous le pouvez. Je ne vous donne pas d'ordre, ni vous fais une demande quelconque. Cet homme a brisé une promesse et je vous dis à ma façon, que si vous le tuez, je ne viendrais pas me venger.
- Tu n'aimes pas les massacres inutiles, pourtant tu m'encourages à tuer cet individu qui protège d'une certaine façon Mugiwara ? s'étonna l'amiral.
- Luffy n'a pas besoin d'être protégé. Pas de vous en tout cas. Je sais que notre simili accord ne fait que concerner mon nom et ce, jusqu'à ce que toute cette situation se calme. Je ne suis pas naïve au point de croire que vous le laisserez tranquille. J'ai foi en Luffy. Tout simplement.
Et Ann tourna les talons pour s'en aller.
- Je ne suis pas un traître, comme tu sembles le croire, pointa Sabo.
- Je ne veux rien entendre venant de toi. Si tu pouvais juste disparaître de ma vie, j'en serais plus qu'heureuse, Sabo. Je regrette amèrement l'idée de m'être faite tatoué ta signature sur le biceps. Bien heureusement, je connais une infirmière douée avec ses scalpels qui a réglé ce problème très rapidement.
Et elle continua sa route tranquillement, ne voyant pas la lueur douloureuse dans les yeux de Sabo devant ses paroles. Elle se contenta de partir et passer à l'angle d'une rue, avant de remonter sa manche ample faîte de tissus de soie verte, bien assez pour voir son tatouage. Elle passa son doigt sur l'endroit où auparavant, elle avait le S barré de tatoué, coupant le mot ACE en deux. A présent, il ne restait que le tissu cicatriciel. Peut-être plus tard, elle remplierait le vide en y mettant autre chose, mais pour l'instant, elle laisserait les choses ainsi.
Sabo soupira et rapporta son attention vers Fujitora.
- Je ne sais pas ce que tu lui as fait, mais c'est ce qui s'appelle se faire jeter, purement et simplement, pointa calmement l'amiral.
- Des histoires de famille et une sœur qui est plus têtue qu'une mule. Enfin… quelqu'un veut goutter à mes griffes ?
Et il brandit une main devant lui, ses doigts crispés comme pour former trois griffes d'un dragon.
Tout le monde s'attendait à la chute du météore.
Mais la chute ne vint pas.
Des bras blancs et noirs, immenses, étaient sortis de nul de savait où et retenait le météore.
Jeanne avait un petit sourire, sans se déconcentrer de son invocation d'Hekatoncheir.
Ann eut un air féroce, produisant la même invocation.
L'une des mains du démon se saisit d'une rondelle de météore et l'envoya comme un frisbee aux mains blanches. L'une d'elle le rattrapa et le renvoya.
Sabo et la Marine étaient bouche béante devant le spectacle.
- Que sont ces choses ? demanda Fujitora en sentant les aura démoniaque.
- On dirait des mains de démons… pointa un marine.
Sabo ramassa sa mâchoire, se rappelant du combat qu'il avait vu de loin, à la Isla del Sol, puis le pied qu'Ann avait invoqué pour briser l'arène. Ces mains semblaient avoir plus ou moins la même origine. Et ses cheveux blancs ressemblaient étrangement à la couleur de la chevelure de cette Jeanne d'Arc.
Il regarda, un à un, les morceaux de météore être passés d'un côté à l'autre comme des frisbees, avant d'être renvoyés vers le large, passant de nouveau la cage à oiseaux, et finissant à l'eau en morceaux semblables à des frittes géantes.
Le Révolutionnaire ne put s'empêcher d'avoir un petit rire nerveux. Il ignorait tellement de cet univers, que ce genre de spectacle avait quelque chose de déstabilisant.
- Maaa, tu causes beaucoup de désordre, reprocha Fujitora à Sabo, alors que les mains finissaient par disparaître.
- Si ces mains n'avaient pas été là, je vous aurais bien renvoyé le compliment ! s'indigna Sabo.
- J'aimerais revenir sur un petit point… tu parles de devoir fraternel…
Sabo regarda Fujitora.
- La personne qui avait le mera mera no mi avant vous, Hiken no Ann, dont nous semblons connaître tous les deux le sort…
Sabo plissa les yeux, ayant par ces mots la confirmation que cet individu connaissait le vrai nom de Madama Khepri.
- … elle disait être la sœur adoptive de Mugiwara no Luffy. Mais tu dis être toi aussi son frère, omae-san ?
Le visage de Sabo perdit toute expression, sachant avec douleur que sa fratrie songeait qu'il les avait trahis. Pourtant, depuis le retour de ses souvenirs, même en sachant la situation actuelle, Sabo ne pouvait que chérir cet instant où Ann avait volé le saké de Dadan pour qu'ils puissent échanger ce serment qui faisait d'eux des frères.
- Nous avons tous les trois échangé la coupe de saké de la fraternité. Notre lien ne peut être brisé, peu importe que les autres essaient. Et elle aura beau me cracher à la figure et vouloir me renier, mais elle sait pertinemment que je fais partie de la famille. Le reste n'est que détails qu'elle cherche à fuir en me fuyant aussi.
- Quel sacré mélange, cette fratrie de trois.
- Souviens-toi bien. Si un jour, elle ou Luffy m'appelle à l'aide. Peu importe où je serais sur le globe, je viendrais pour eux, sans m'occuper plus de mon devoir de Révolutionnaire. Plus jamais je ne laisserai un incident comme celui-ci arriver…
Il se mordit une lèvre, essayant de ne pas songer à l'annonce de la mort d'Ann dans le journal. Il ne devait se concentrer que sur une chose : elle était vivante. C'était l'essentiel et le plus important.
Il releva la tête, déterminé.
- Même s'ils m'en veulent et me rejettent pour quelque chose que je comprends parfaitement, ils sont ma famille. Et tu en sais trop. Pour ça, je vais te faire taire. Je ne te laisserai pas nous la prendre de nouveau, alors qu'elle a réussi à en réchapper par magie.
En réponse, Fujitora dégaina légèrement.
- Ce serait absurde de poser plus de questions.
- Cela n'a aucun intérêt à vos oreilles, n'est-ce pas ? nota avec amusement Sabo, reprenant le dessus sur ses émotions.
- Je n'ai pas de saké pour accompagner ces histoires.
Fujitora tira un peu plus sa lame.
Luffy et Ann étaient sa famille. Son petit frère et sa seule sœur.
Sabo dégaina de nouveau son bô, l'enflammant et fonça à l'impact.
Ann et Luffy étaient sa famille et il se devait de les protéger, peu importe leur opinion à son sujet.
L'explosion fit qu'Ann daigna de nouveau regarder dans la direction de Sabo.
Une longue colonne de feu perça le ciel. Connaissant ce fruit et ses capacités, elle pouvait aisément deviner l'intensité du combat en cours pour que les destructions et réactions soient de cette ampleur.
Elle tourna de nouveau le dos au combat, se rasseyant sur là où avait été la tête du colosse de pierre fait par Pica.
- Tu attends quelque chose ? s'enquit Jeanne en venant s'asseoir auprès d'elle.
- Je sais pas, avoua Ann. Peut-être de voir comment Luffy va s'en sortir.
- C'est quelqu'un de puissant, tu as fait du bon travail dans sa formation en sorcellerie, surtout si on sait que lui est un Lumen. Quand on parle du loup, je jurerais que c'est lui, qui monte vers le quatrième étage.
Jeanne montra du doigt une forme qui venait de se voir pousser des ailes noires et montait rapidement vers le sommet.
- Très probable. C'est mon idiot de frangin, après tout.
- Ann-kun… qu'est-ce qu'il en est pour ce blondinet, là… je sais que tu préfèrerais ne pas aborder le sujet, mais…
- C'est une affaire qui ne regarde pas l'Umbra, coupa sèchement Ann.
- Si. Tu es ma petite sœur, à l'instar de Bayonetta. Il est normal que…
- J'ai dit non. Insiste, et je vais te botter proprement le cul comme j'ai fait à la Isle del Sol. Et je suis plus que sérieuse. Tu goutteras au résultat de mes cadeaux d'anniversaire.
Jeanne n'insista pas plus devant la voix tranchante et sans émotion de la jeune sorcière. Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle se sentait coupable d'avoir causé ce problème en permettant la survie de ce mortel. Elle avait voulu pour cela aider Ann.
Mais elle venait de se faire mordre en réponse.
Le silence s'étira entre les deux femmes assises dans leur petit coin de Purgatoire.
Luffy décolla de la barrière, ses ailes lui permettant d'esquiver aisément une nouvelle attaque de l'immense poupée qui en avait après lui.
- D'où viennent ces ailes, Mugiwara-ya ?! demanda Law.
- Plus tard pour ces questions !
Nouvelle attaque.
- Elle revient à la charge ! avertit Law.
- Je sais… souffla Luffy.
- BOUGE !
- URUSAI !
La mâchoire tomba sur eux… et fut esquivée au dernier moment.
Le Light Speed fut déclenché. Law ouvrit la bouche au ralenti, comme pour hurler, alors que Luffy fonçait à toute vitesse vers le sommet de l'escalier pour prendre de l'avance, avant que le Light Speed cesse de faire effet.
Quand la vitesse reprit son cours normal, Law papillonna des paupières.
- Comment on a pu distancer ce jouet aussi vite !?
- Plus. Tard.
Le jouet revint à la charge et Luffy réussit à rattraper la clef de Rebecca avant que la gueule de métal ne se referme sur eux.
Et aussi bizarre que cela puisse paraître, lui et Law passèrent au travers de la mâchoire comme si elle n'existait pas. Rebecca tomba à genoux, le regard fixé sur le soldat géant, ne voyant pas les deux pirates qui s'en étaient échappés.
Le jouet se tourna vers eux, et tenta de les gober de nouveau, pour leur passer au travers.
- Que ce passe-t-il ? demanda Law.
- Nous sommes dans le Purgatorio, expliqua Luffy en rangeant ses ailes. La dimension dans laquelle les anges se baladent.
Law regarda Luffy avec des yeux ronds.
Bien sûr, avec son akuma no mi, il avait vu de temps à autre des anges, et savait qu'ils évoluaient dans une dimension à part, mais jamais il n'aurait cru possible qu'on puisse accéder à cet endroit. Luffy lui jeta la clef, le ramenant à la réalité, alors qu'il s'approchait de Rebecca.
- Rebecca ?
La rose regarda autour d'elle.
- Lucy ?
- Mon nom est Luffy. Tout va bien pour moi et Law. Que les anges le veulent ou pas, j'ai la main sur eux.
Une simple incantation en Enochian et un Beloved jaillit de nulle part dans le monde des humains, engageant un combat avec le soldat de plomb.
- On y va Tra-o, annonça Luffy en s'en allant.
Law le regarda se demandant si c'était toujours le même Luffy qu'il avait remis sur pied à la suite de Marine Ford, mais le suivit.
Quand Diamante les remarqua, il tenta de les intercepter. Law voulut intervenir, mais Luffy se dégagea, se plantant devant la lame… qui lui passa au travers comme s'il n'existait pas.
- Satisfait ? On peut y aller maintenant ? s'enquit Luffy.
Kyros intervint de toute façon, lui rappelant que c'était avec lui qu'il se battait, et non pas avec le vide.
Luffy prit la tête de la marche vers le palais, suivi par Law.
- Qu'est-ce que tu es, à la fin, Mugiwara-ya ?
- Je crois que je suis l'un des derniers membres d'un clan disparu.
- Les D. ne sont pas si éteints que ça.
- Je ne parlais pas du D. Je parle des Sages du Lumen.
Luffy regarda Law, ses yeux devenant brièvement bleus, avant de reprendre la route.
- On va envoyer Doffy en enfer ou pas ? Oh, et ne t'éloigne pas, je suis l'une des trois portes de sortie du Purgatorio que tu trouveras sur cette île, et je doute que les Sorcières de l'Umbra se sentent généreuse au point de t'aider.
Law accéléra le pas pour rester proche de Luffy.
Il ne savait pas quand, mais il allait étrangler Mugiwara.
Après lui avoir tiré tous ses secrets.
