Bonjour à tous, ceci est un nouveau chapitre pour vous ! Ann va mettre les choses au clair avec Jesus et Luffy qui commence à s'énerver. On est pas encore à la conclusions de Dressrosa, mais on y arrive... tout comme on arrive bientôt à une mise au clair avec Sabo (l'affaire en s'arrêtera pas là, parole de scout). En bref, ça avance vers la fin de Dressrosa. Reste encore deux trois chapitres avant le début du second jeu (sans compter celui-ci).
Bien entendu, on a un peu musique. Que serait l'Umbra si elle ne prenait pas un champ de bataille pour une piste de danse !
Cette fois, c'est le titre Yume (夢) parle groupe Karasu (鴉 - je rajoute les kanji pour faciliter les recherches des curieux).
Donc voilà, amusez-vous bien et à très bientôt !
Sabo était assis en tailleur dans les ruines.
Le cerveau tournant à cent à l'heure.
D'un côté, le comportement de Fujitora le laissait perplexe, même si celui-ci se cachait derrière Sabo pour ne pas dire que la Marine n'avait plus la possibilité de sauver ce pays.
De l'autre, c'était celui d'Ann.
Pourquoi s'obstinait-elle à ne pas vouloir l'écouter ? Ok, il revenait comme une fleur après tout ce temps, mais il n'avait pas demandé à être amnésique ! Et en plus de ça, elle ne le laissait même pas formuler la moindre explication !
- Oui, je t'écoute Koala ! grommela Sabo quand sa collègue le tira de ses pensées.
- Tu n'écoutes rien du tout ! Tu avais la tête ailleurs tout du long ! protesta la jeune femme. Ecoute-moi ! Tu es devenu quelqu'un d'important ! Tu peux pas te permettre de devenir émotif en affrontant un amiral de la Marine ! Tu veux déclencher une guerre au nom de l'Armée Révolutionnaire !?
Sabo se retourna vers elle, irrité.
- J'en ai rien à faire ! Mon frère était en danger !
Koala lui étira les joues de colère.
- Au contraire ! Je n'ai pas envie de me retrouver dans la merde à cause de ton imprudence !
- M'en fous !
- NANI !? C'est comme ça que tu as foiré ta mission de Vigrid ! Parce que tu as chassé un fantôme ! Je sais que retrouver la mémoire pour apprendre qu'on a perdu sa grande sœur est dur, mais…
Sabo n'écoutait plus Koala.
Il revoyait Vigrid. Les deux brunes agenouillées autour de Jeanne.
La façon dont Ann l'avait regardé quand il l'avait appelée.
Mais surtout, son hurlement déchirant à la suite de l'explosion du missile, dans lequel il aurait trouvé la mort sans Jeanne.
Et là, sa haine et sa colère… qu'est-ce que ça cachait…
- Chotto…. Saaaa-boooo-kuuun !
Et Sabo fut arraché à ses pensées par sa camarade qui lui tira encore plus vigoureusement les joues en l'engueulant de n'en faire qu'à sa tête quand tout le monde se faisait du souci à son sujet, alors qu'elle et Hack devaient passer derrière lui pour réparer les pots cassés et se prendre les remontrances de tous pour les idioties du blond.
- Je ne suis pas ta Baby-Sitter !
Et elle relâcha les joues du jeune homme.
- Ite… grommela Sabo en se frottant les joues.
Il soupira et se releva, de nouveau dans ses pensées.
- Ne, Koala… tu sais par hasard où est la concurrente Madama Khepri ?
- Nop et si je le savais, je ne te le dirais pas. Robin dit que le mieux à faire, c'est que vous vous évitiez. Vu qu'elle est largement plus vieille et raisonnable que toi, d'autant plus qu'elle semble savoir qui est cette femme, je lui fais confiance.
- Tu sais que je suis ton sup', quand même et que ce n'est pas le cas de Robin-san ?
- Et ? demanda Koala, pas du tout impressionnée.
Sabo regarda une de ses mains, se rappelant de la sensation qu'il avait éprouvé quand Ann était passée au travers des flammes. Comme si ses pouvoirs avaient leurs émotions propres et que les flammes avaient reconnu la jeune femme comme leur ancienne maîtresse, et avaient exprimé leur joie devant leurs retrouvailles. Une joie qu'elles avaient voulu illustrer en ne refaisant qu'un avec elle, pour réaliser que ce n'était plus possible.
Et si…
C'était stupide comme idée… mais ça ne coûtait rien d'essayer.
- Je veux retrouver Ann… chuchota Sabo dans le creux de sa main.
…
Rien ne se passa.
- Je peux savoir ce que tu fais, Sabo-kun ? demanda Koala, perplexe qui avait vu son collègue marmonner dans sa main sans comprendre ce qu'il disait.
- J'espérais un miracle, grommela le blondinet, déçu.
- Quel genre de miracle ?
Avant que Sabo ne lui donne une réponse, il poussa un cri de surprise quand son corps de pencha brusquement vers l'avant, comme s'il ne lui répondait plus. La main dans laquelle il avait chuchoté s'était recouverte de flammes et partait droit devant comme si elle avait une volonté propre et était accrochée à un filon invisible qui entraîna le révolutionnaire dans son sillage.
Toute la ville était en proie à la panique.
Où qu'elle regarde, elle ne voyait que ça.
Ann joua avec la sucette qu'elle avait en bouche qui lui permettait de retrouver un peu de magie. Elle avait réactivé le Communicateur Infernal pour que les Little Devils puissent se répandre sur toute l'île et lui dire ce qu'il se passait un peu partout. Elle aurait bien voulu en envoyer un surveiller son frère, mais le seul qui s'y était risqué s'était retrouvé avec un pied dans la figure. Vu qu'elle les avait déployés dans le Purgatorio, cela voulait dire que Luffy n'avait pas voulu qu'elle s'occupe de lui.
La seule chose qu'elle pouvait faire, dans sa traque de Jesus et l'attente de son frère, c'était aidé les gens à ne pas s'entretuer à cause de Doflamingo.
C'était pas grand-chose.
De temps à autre, elle sentait comme deux yeux sur elle, mais jamais plus de quelques instants, comme si un oiseau la regardait depuis le ciel en passant.
Elle leva la tête une nouvelle fois en sentant cette impression d'être observée.
- JE VEUX PAS MOURIR ! POURQUOI TU M'AS ABANDONNE !? SALE GARCE ! VA POURIR EN ENFER !
Ann regarda avec amusement Enzo courir dans la rue en hurlant et pleurant, comme poursuivi par le diable en personne. Elle le suivit des yeux dans sa course, continuant son jeu avec sa sucette, et flingua au passage un Affinity qui poursuivait le pauvre gars, sans que celui-ci le sache.
Elle soupira et repartit à la recherche du lourdaud, essayant d'ignorer Madama Khepri qui se plaignait sous l'ennuie.
« Tu sais quoi Khepri ? J'espère qu'à ma mort, je parviendrai à échapper à tes griffes pour devenir assez puissante aux enfers pour te foutre une claque pour toutes les fois où tu me fais chier ! » songea hargneusement la pirate à l'adresse de son contrat qui se contenta d'en rire.
Il était courant qu'Ann lui adresse ce genre de propos sous la mauvaise humeur. Madama Ishtar avait eu droit à tout autant de la part de son aïeul Roja… qui avait fait de ses menaces une réalité.
Des cris l'alertèrent et elle accéléra le pas.
Elle trouva un bâtiment sur le point de s'effondrer, et une femme allongée à terre, sur une enfant, comme si elle espérait la protéger ainsi.
Ann s'interposa, usant d'une double Wick Weaves pour protéger tout le monde des décombres en chute.
Une fois le danger passé, Ann regarda par-dessus son épaule la mère et sa fille qui la remercièrent avec profusion. Des remerciements qui laissèrent Ann de marbre. Ce qui faisait qu'on les lui adressait, c'était son masque. Dans d'autres circonstances, on lui aurait craché au visage, quand bien même elle venait de leur sauver la vie.
Elle continua son avancée au milieu de la destruction, de la panique, des blessés et des morts. Elle était de plus en plus agacée de ne pas retrouver Jesus. Ce type manigançait quelque chose et elle voulait le mettre hors d'état de nuire.
Jeanne fut plus que surprise quand la pierre sous ses fesses prit vie. Elle sauta, usant de ses ailes de papillon de nuit pour rester en apesanteur et voir Pica reprendre possession du corps du colosse de pierre.
Avec une moue vexée, la sorcière arma une Wick Weave et enfonça un escarpin de Madama Styx dans la face du géant de pierre, la fracturant.
- POUSSE-TOI ! cria Ann en bas.
Jeanne se poussa juste à temps parce qu'Ann avait sorti l'artillerie lourde et tira deux grenades avec le lance-grenade qu'elle avait dans chaque main.
Cela fit exploser le visage du géant.
- Besoin d'aide, mesdames ? demanda le Roi Prodence en arrivant, continuant de s'échauffer dans le vide.
Un double coup de poing vert brisa en partie l'épaule de Pica.
- Kuso, mes Wick Weaves ont perdu en puissance, j'ai trop forcé, grommela Ann.
A côté, Jeanne fit aisément un trou dans la poitrine du géant de pierre.
- ATTENDEZ !
Tout le monde se retourna pour voir Zoro débarquer en courant.
- Le briser en morceaux ne sert à rien ! leur dit le chasseur de prime.
- Parce que tu as une meilleure idée, gamin ! rugit la blonde.
- J'ai besoin de deux minutes !
- Ouiii ! Bien Roronoa ! On va prendre le thé avec Pica en attendant ! commenta narquoisement Ann. T'es aussi con que Luffy. J'aurais jamais cru que cela soit possible d'égaler le niveau de stupidité de ce gosse, mais tu en es la preuve.
- URUSAI ! C'est pas deux minutes, genre, « j'ai pas mon plan, je réfléchis », c'est « deux minutes, le temps que tout soit en place » ! se défendit Zoro en courant la rejoindre.
Ann leva un sourcil derrière son masque et rangea ses lances grenades pour croiser les bras.
- Tu te plaignais de plus avoir de force dans tes coups pour le casser. Tu peux encore faire voler des gens ? demanda Zoro. (il est pas bien des fois ce garçon quand même !)
- Tu veux voler jusqu'où ? demanda Ann.
Elle tira de nulle part un bocal à ingrédients et piocha généreusement dedans pour se faire une grosse sucette mauve. Le bocal disparut et la sucette trouva sa place dans sa bouche.
- Aussi haut que tu peux, Khepri.
- Madama Khepri sera celle qui te fera voler. Moi, je l'invoque, rectifia Ann.
- Alors, demande-lui de m'envoyer dans le ciel, Nibantai Taisho.
Zoro eut un sourire entendu. Ann eut un bref rire et lui tourna le dos pour s'éloigner vers Pica.
- Ichibantai taisho, mets-toi à jour, Zoro-kun. Il faudra que tu sautes. A ce moment là, fais-moi signe.
Elle se tourna de nouveau vers Zoro en hochant la tête.
- Jeanne-san ! Pousse-toi ou tu vas te le prendre dans la tête ! avertit Ann.
Jeanne s'écarta, retrouvant le plancher des vaches. Ann fixa le sol sous Zoro, ses mains luisant de la magie qu'elle amassait pour produire une énorme Wick Weaves. Elle se pencha vers l'avant, les mains jointes comme si elle jouait au volley. Zoro la regarda un instant, hocha la tête, et sauta le plus haut possible.
Quand il aurait dû retrouver le sol, quelque chose d'autre s'interposa. Il baissa un bref instant les yeux pour voir les deux poings verts géants qui étaient apparus en imitant les mains d'Ann. Il les effleura tout juste qu'il fut renvoyé dans le ciel à toute vitesse par l'action des poings qui l'y propulsèrent. De là, il arriva à la parfaite distance pour découper proprement le torse des jambes du colosse, puis le morceau supérieur fut coupé de nouveau en deux. La partie où Pica retrouva refuge fut tailladée en pièces.
- Vraiment pas con, commenta Jeanne en savourant elle aussi une sucette papillon.
Pica fut bien obligé de sortir, et c'est à cet instant que Zoro l'acheva.
Par contre, les décombres allaient faire pas mal de dégâts.
- Jeanne-san, je pense qu'on aurait besoin d'Hekatoncheir, annonça Ann à Jeanne.
- Je pense aussi.
Les deux sorcières joignirent leurs mains. La magie les entoura et leurs cheveux s'élevèrent vers le ciel, passant un immense portail démoniaque au-dessus de leur tête.
- ZOL DE GAOSGA ! / ZNRZA !
L'immense démon répondit à l'appelle des sorcières, fait avec les cheveux noirs et blancs des deux femmes, et deux fois plus gros qu'habituellement. Les six immenses bras rattrapèrent les débris en plein vol et les reposèrent presque délicatement sur le sol, là où c'était dégagé et sans danger. Quand tous les morceaux retrouvèrent le sol, les deux sorcières se séparèrent, désinvoquant le démon.
- Merci de ton aide, Fujitora-san, salua Ann en se tournant vers l'Amiral qui se tenait un peu plus loin.
- Vous avez agi tout aussi rapidement que moi, si ce n'est plus efficacement. Je n'ai fait que ralentir leur course. Vous les avez rattrapés et posés sans mettre en danger qui que ce soit, leur dit l'homme. Une trop bonne action pour quelqu'un comme toi, Khepri.
- Qu'est-ce qu'ils ont tous à faire sauter le Madama ? soupira Jeanne d'un air exaspéré alors qu'elle retrouvait sa combinaison rouge.
Ann haussa des épaules.
- M'en fous. On s'adresse à moi, pas à la Madama. T'es vexée ?
Ann avait posé la question à son ombre qui lui répondit d'un geste de la main montrant son désintérêt de la chose. La pirate regarda l'autre sorcière avec un air disant "Duh".
Elle regarda ensuite le palais Royal en jouant nerveusement avec une mèche de cheveux.
- Il en met du temps… souffla-t-elle alors que Fujitora montait à leur niveau.
- Si vous êtes si inquiète, pourquoi n'y allez-vous pas ? demanda l'Amiral.
- Enfant unique, nota Jeanne alors qu'Ann avait un soupir de désespoir. Vous n'avez pas de frères ou sœurs.
- Le rapport ? s'enquit poliment l'Amiral.
- Quand on est une grande sœur ou un grand frère, il vient un moment où on n'a plus le droit d'intervenir dans les affaires des plus jeunes, expliqua Jeanne. Quand ils sont petits, on fait tout pour les protéger, les aider à grandir, mais au bout d'un moment, on ne peut plus le faire. C'est à eux de faire leur route. Pour qu'ils soient des adultes indépendants et forts. C'est pour cette simple raison que notre jeune demoiselle ci-présente se morfond d'inquiétude mais ne bouge pas. Elle a perdu ce droit quand elle a laissé son frère sur l'île où ils ont grandi.
« Fais attention, Luffy. » songea Ann en mâchouillant une de ses lèvres.
Des hurlements les alertèrent.
Au même instant, le denden mushi de Fujitora se manifesta en sonnant deux fois, puis en se décrochant de lui-même.
C'était un marine qui contactait son supérieur pour lui dire que la cage à oiseaux commençait à rétrécir.
Jeanne jura et fonça dans les ruines, certainement pour faire quelque chose contre ça.
Ann avait une nouvelle sucette mauve en bouche et regardait pensivement le sommet de la cage.
Elle pourrait peut-être apposer un sceau pour ralentir la progression.
« Madama Khepri, me viendras-tu en aide ? » demanda mentalement Ann à son contrat.
« Ahahaha ! Tout dépend si tu en as la force ! »
Ann termina sa sucette et s'en prit une nouvelle pour finir de retrouver ses forces.
- Trop de sucrerie, c'est mauvais pour les dents, commenta narquoisement Fujitora.
- T'en fais pas pour mes dents. C'est pas sucré ces trucs. Bon, place à la sorcellerie.
Ann étira ses bras devant elle, faisant craquer ses doigts, puis roula sa tête sur son cou.
Elle braqua une main vers le sol, afin de puiser sa puissance des Enfers, et une autre vers le sommet de la Cage.
Un simple mot en Enochian tomba de ses lèvres, portant avec lui tout ce qu'elle voulait.
Un nuage de scarabées translucide jaillit de la main d'Ann et alla toucher le sommet de la cage.
- Que fais-tu ? demanda Fujitora.
- J'essaye de ralentir cette cage, lui dit tout simplement Ann. C'est le mieux que je puisse faire. L'arrêter prendrait trop de force pour que je puisse tenir longtemps. Je pense avoir gagné une ou deux heures en plus.
Les scarabées fondirent avec la cage et les barreaux se mirent à luire d'une lueur mauve malveillante. Et, assez sensiblement… les mouvements se firent plus lent.
Luffy était en colère. Cela se voyait dans son regard et avec la simple façon dont il avait stoppé Doflamingo d'achever Law.
A la seconde tentative, les deux hommes lâchèrent leur Haoshoku.
Law tenta de rouler en sécurité, mais percuta quelque chose… de doré, veiné de mauve.
Quelque chose tomba à proximité de lui. Un sachet en plastique contenant des sucettes colorées. Verte ou mauve.
- Vert pour la santé, rose pour l'énergie, explicita Luffy. C'est pas normalement à la portée ou dans les habitudes des Lumen, mais je suis pas le Sage Lumen le plus conventionnel de toute façon. Je tiens ce savoir de l'Umbra.
Il tendit une main devant lui, et relâcha sa magie, forçant son adversaire à reculer pour ne pas être blessé. Luffy joignit les mains comme en prière et les écarta, formant entre elles un bâton de prêtre or et noir au reflet mauve qu'il saisit à deux mains avant de le faire tournoyer autour de lui, pour se mettre en garde.
Il y avait une grosse question qui courait sur les océans.
Luffy savait-il manier une arme ?
Il se battait toujours à mains nues, certes, mais par choix ou parce que justement, il ne savait pas ?
Doflamingo découvrit la réponse en se mangeant dans le ventre le bâton de son adversaire. Luffy le maniait avec une étrange aisance. Comme s'il était né avec cette arme déjà dans les mains.
Une aisance qui n'était pas sans rappeler celle de ce Révolutionnaire Sabo ou cette Madama Khepri. D'ailleurs, l'arme qu'il avait fait apparaître avait la même forme que celle de la mystérieuse femme.
Le pire, c'était cette impression que quand il était sur le point de l'avoir, qu'il n'y avait aucun moyen d'éviter le coup… Mugiwara disparaissait pour lui infliger, il ne savait comment, d'autres blessures, à un endroit totalement différent de celui où il était précédemment.
Il y avait l'étrange dôme sous lequel se tenait Law, aussi. Trebol s'acharnait dessus, essayant de passer outre avec son sceptre de trèfle, mais rien à faire… et depuis quand Law avait-il assez de force pour s'asseoir et se taper une sucette ?
- Je sais pas à quoi elles sont, ni leurs ingrédients, mais en plus d'être assez bonnes, elle font vraiment un bien fou, commenta Law.
Il tira de sa bouche la sucette rose en forme de fleur qu'il dégustait et la regarda avec satisfaction.
Pour prouver son regain d'énergie, il parvint à concevoir une Room modeste, mais stable qu'il utilisa pour mettre au tapis Trebol.
Dans l'explosion qui suivit l'instant où Trebol se fit sauter, Luffy se réfugia sous la protection qu'il avait mise sur Law et le hissa avec lui.
- Reste à l'abri. ROBIN ! JE TE LE CONFIE !
Robin, toujours dans le champ de fleur, cria qu'elle était prête et réceptionna Law.
Doflamingo revint à l'attaque, mais encore une fois, Luffy disparut en un battement de cils, juste au dernier moment, pour réapparaître derrière lui.
Le blond jura.
Les ouvertures de Luffy semblaient être des pièges.
Il allait asticoter le garçon pour le forcer à faire une erreur quand il remarqua un changement chez son adversaire. Un changement plus que marquant.
Les yeux noirs de Luffy étaient devenus bleus. Un bleu si lumineux que même dans le noir on aurait pu le voir.
- Je vais te faire payer tout ce que tu as fait. La souffrance de mes amis, la colère de mes nakamas et tes menaces sur nos vies. Je vais t'apprendre ce qu'il en coûte de t'approcher un peu trop près de la sorcellerie.
Des veinules mauves et or commencèrent à faire leur apparition sur les bras de Luffy, comme des vaisseaux sanguins gonflés au bord de l'explosion.
Une puissante magie était sur le point de se déchaîner.
Ann regardait l'évacuation se faire depuis un toit, jouant avec une sucette. Elle finit par retirer le bâton de sa bouche et soupira en voyant que la sucrerie magique était totalement dans son estomac. Avec un soupir, elle jeta le bâton par-dessus son épaule, sur une petite pile qui s'était formée dans son dos, et tira du Purgatorio un bocal contenant des fragments de cornes de licorne à moitié vide et piocha dedans.
Elle allait devoir refaire ses réserves après tout ça.
Une fois servie, elle referma le bocal et usa de sa magie sur les ingrédients pour les transformer en une sucette rose qu'elle se mit en bouche immédiatement.
Les hommes les plus forts s'organisaient. Les marines faisaient évacuer tout le monde vers le centre du pays alors que les tas de muscles allaient vers la cage pour trouver un moyen de la ralentir.
Ses sourcils sautèrent dans ses cheveux quand une fusée de plumes roses lui passa devant le nez pour percuter le sol un peu plus loin.
- Par la couronne de Sheba… jura Ann en reconnaissant Doflamingo.
Elle eut une surprise encore plus grande, quand dans un tournoiement de plumes de paon noir, Luffy apparut avec l'apparence d'une grosse balle… balle qui avait on ne sait comment rétracté dans son corps ses jambes pour percuter avec Doflamingo pour l'envoyer voler un peu plus loin.
Ann retira sa sucette de sa bouche et la regarda avec suspicion. Elle ramassa le bocal par terre et l'ouvrit pour en sentir le contenu.
- Je me suis pas trompée dans le dosage et les fragments de cornes ne sont pas périmés… marmonna Ann avec perplexité. Alors comment est-ce que j'ai pu halluciner à ce point… Je dois manquer de sommeil, ou la magie commence à me faire tourner la tête. Et arrête de rire !
Rien à faire, Madama Khepri continuait à rire dans son crâne.
Elle remit la sucette dans sa bouche et accepta de regarder jusqu'au bout l'hallucination déformée de son frère massacrant proprement Doflamingo un peu plus loin dans le ciel.
Un des Little Devil qu'elle avait invoqué de nouveau vint la voir et lui rapporta quelque chose qui lui fit froncer les sourcils.
- Par où ?
La créature du Purgatoire lui indiqua une direction de son bras squelettique.
- Très bien, conduis-moi.
Jesus manigançait quelque chose contre son frère et elle avait enfin une piste pour trouver ce tordu.
Franky essayait de trouver une solution. Les murs de la cage avaient atteint l'usine à SMILE, mais avec les murs de kairoseki, les fils ne pouvaient que la pousser. Certes, au ralenti, mais ils la poussaient quand même.
Jusqu'à ce que deux immenses mains blanches sortent de nulle part et tentent de pousser dans l'autre sens l'usine. Franky chercha l'origine des étranges mains chevelues pour tomber sur la nana que Doflamingo avait identifiée comme Cutie J… et elle était en petite tenue.
- Oh, mais t'es la nana qui a apporté les armes ! reconnut Franky. Cutie J, c'est ça ?
- Mon nom est Jeanne ! Et si tu as du temps à perdre avec tes conneries, aide-moi ! Je peux pas tout faire avec Madama Styx ! siffla la sorcière.
En effet, elle était poussée vers l'arrière malgré toute sa puissance et celle de la démone.
Passant sur un oiseau ridicule, Zoro débarqua avec Kin'emon et Kanjuro.
- Vous allez dans le mauvais sens ! Le centre de la cage, c'est par là ! interpella Franky.
- Je vais faire comme elle, mais de l'autre côté ! pointa Zoro. On va stopper un peu plus ces fils pour gagner encore plus de temps !
- Enfin une parole de raison venant d'un gars qui n'a que des muscles et pas de cerveau… grogna Jeanne sans se détourner de sa tâche.
- Ah ouais, pas con, nota Franky en ignorant l'indignation de Zoro.
Jeanne eut un petit bruit de gorge montrant son exaspération. Il serait peut-être enfin temps qu'on lui donne un coup de main.
Ann était en pleine course pour rejoindre Jesus avant qu'il n'arrive jusqu'à son frère quand le discours de Riku lui parvint :
« Mon peuple, vous m'entendez ? Je suis le Roi Riku Doldo III, l'ancien Roi de Dressrosa… Laissez-moi vous expliquer ce qu'il se passe dans ce pays. Nous sommes tous coincés dans une énorme Birdcage mise en place par Doflamingo. C'est son idée d'un Escape Game, apparemment. Et pour empirer les choses, la Birdcage rétrécit de plus en plus et découpe tout sur son passage. Par rapport à ses premiers mouvements, elle a ralenti. Pour juste ce fait, je veux remercier la responsable dont je garderai le nom pour moi. »
- C'est pas pour vous, c'est pour Lu', ses nakamas, Jeanne et moi, grommela Ann.
« Nous sommes maintenant confrontés à cette réalité qui nous frappe. Incapables d'en saisir vraiment le sens, alors que nous fuyons pour nos vies. Laissez-moi vous le dire, ceci n'est pas un rêve ! »
- Et je dois expliquer ça comment à Marco, hein ? grommela la pirate toujours en train de courir.
« Mais tout ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas forcément tragique. Nous avons vécu pendant dix longues années sous le règne de ce pirate ! Pendant tout ce temps ! Nous étions dans une cage qui s'appelait Dressrosa ! Des marionnettes vivantes sous son contrôle pendant dix longues, très longues années ! Ceci aussi est notre réalité ! Mais... tout va se terminer aujourd'hui ! La famille Donxiquotte que tous croyaient invincible est tombée grâce à l'aide de ces braves guerriers et se rapproche maintenant de sa destruction ! Les commandants de la famille ne sont plus ! Le seul ennemi qu'il reste est l'actuel Roi de Dressrosa ! Et Celui qui le combat en ce moment est le pirate Mugiwara no Luffy ! Et je suis sûr que ce sera lui qui brisera également cette cage pour nous ! »
- Parce que cet abruti est un idiot altruiste qui ne comprend pas qu'il faut aussi penser à ses propres fesses de temps à autre…
« Que l'on gagne ou que l'on perde, tout va se décider dans quelques minutes ! Alors je vous en prie, courez et tentez de survivre ! Ne vous poussez pas et ne vous bousculez pas...! Continuez de courir ! Même si vous êtes à bout de souffle ou même si vos jambes se brisent ! Je vous en prie, restez en vie ! »
- Et un autre pleurnichard, et allez !
« Il y a toujours de l'espoir ! Je vous en prie, n'abandonnez pas ! »
Ann ne fit pas de commentaire cette fois. Elle voyait Luffy à présent, parfaitement visible avec ses immenses ailes noires dans le ciel nuageux de Dressrosa. Il venait d'infliger un coup surpuissant qui envoya Doflamingo se manger l'un des plateaux sur lequel était toujours perché le palais. Luffy tenta de revenir à l'assaut, sachant parfaitement que son adversaire n'était pas totalement KO… mais il se dégonfla en cours de route, tombant mollement au sol, sa chute plus ou moins ralentie par ses ailes qui finirent par disparaître.
C'était tout ce qu'il fallait à la sorcière pour qu'elle accélère encore plus le pas. Elle retira le Communicateur Infernal de son poignet, bannissant le Little Devil. Elle aurait besoin de toute sa magie pour son frère.
Ann jeta un regard à la cage dans sa course. Grâce à sa magie, ils leur restaient neuf minutes à tenir. Sans ça, ils n'en auraient eu plus que cinq. Ok. Neuf minutes pour protéger son frangin et en finir avec Burgess.
Luffy était à terre, exténué.
Il connaissait les dangers de son Gear Forth et de cette surutilisation du Haki, sans parler du mélange avec la magie. Il aurait besoin de temps pour s'en remettre.
Difficilement, il se retourna sur le ventre, regrettant d'avoir laissé toutes ses sucettes magiques à Law. Les membres tremblants, il tenta de se mettre à quatre pattes.
Il était dans une sale posture. Son combat avec Doflamingo n'était pas fini, et en plus de ça, Jesus Burgess venait lui rendre visite.
La montagne se fissura sous la colère et les pouvoirs de Doflamingo.
Il leva une main devant lui. Un de ses sceau apparut en grésillant et finit par disparaître.
Il n'avait même plus la force de s'ouvrir une voie sur le Purgatorio.
Il allait s'effondrer de nouveau lorsqu'un bras assez épais le saisit.
- Mugiwara !
Luffy essaya d'ouvrir les yeux. Il connaissait cette voix. Difficilement, il tourna la tête vers son interlocuteur.
- C'est moi ! Gatz ! Le commentateur du Colisée. Tu me reconnais ?!
- Ouais…
- Tu es le mystérieux gladiateur Lucy, n'est-ce pas ?
Luffy essaya de reprendre un peu d'énergie en inspirant profondément.
- L'premier… pas l'second…
- Je m'en doutais ! fit le commentateur. Y'en a pas beaucoup des gars aussi petits qui se battent aussi bien ! Ecoute… Doflamingo arrive ! Que comptes-tu faire ? Je peux t'aider pour quoi que ce soit ?
Luffy avait besoin de dix minutes pour retrouver tout son Haki. Il pouvait l'achever en une attaque, mais il avait besoin de la totalité de son Haki et de sa magie. Enfin, il ne précisa pas la magie, mais il y pensa.
- Si je nous fais gagner ces dix minutes ! Ce sera la fin de son contrôle ? Tu mettras fin à la Birdcage !?
Deux yeux bleus légèrement éteints fixèrent Gatz.
- Je te le promets.
C'était tout ce dont l'homme avait besoin. Ils avaient réuni beaucoup de gladiateurs pour venir en aide à Luffy. Tous seraient prêts à mourir pour sauver Luffy.
Doflamingo était déjà sur eux.
Gatz hissa Luffy sur son dos et prit la moitié des guerriers avec lui pour le couvrir.
Ils n'avaient pas fait dix mètres que Jesus leur coupa la route, disant que le Gomu Gomu no Mi était à lui. Il fendit l'air avec sa lame, parti pour décapiter Mugiwara mais fut brutalement projeté au sol, mettant Luffy hors de danger. Jesus resta un instant à terre, un truc bizarre sur le visage qu'il se retira en se redressant… se retrouvant avec une tête de chérubin ailé et électrocuté entre les doigts.
- But, je crois. Le point est pour moi, annonça une voix un peu plus haut.
Luffy leva les yeux vers un toit proche et eut un sourire en voyant Ann, toujours sous le déguisement de Madama Khepri, hors du Purgatoire. Elle dribblait avec un Decoration comme si c'était un ballon de basket, ses Agnayi mode électrique aux pieds. Elle lança brutalement l'ange en l'air, avant de shooter dedans, l'envoyant comme un missile sur Burgess qui recula juste à temps pour ne pas se faire avoir. La sorcière profita de ce laps de temps pour descendre de son perchoir et se mettre entre l'homme et son frère.
- Tu ne changeras jamais, Lu', nota Ann en adressant un rapide coup d'œil à son frère.
- Hey… salua faiblement Luffy avec un sourire.
Ann agita ses bras et jambes un bref instant pour récupérer les Rodin pile à l'instant où Sabo débarqua en courant. La sorcière ne le regarda pas. Ses bracelets fondirent pour devenir le bâton angélique des Affinity qu'elle pointa d'un air menaçant vers Jesus.
- Fuck off, Burgess, ou je fais de toi le prochain sacrifice de mon contrat.
« Oh oui ! Laisse-toi aller à la vengeance ! Je veux son âme ! » encouragea Madama Khepri.
En réponse, l'ombre d'Ann se frottait d'avance les mains.
- Pourquoi tu t'interposes, sale chienne ! cracha Jesus. Toi aussi tu crois à la stupide idée que ce gosse peu nous sauver de la Bird Cage ?
- C'est toi qui es stupide, lui dit calmement Ann en ramenant son arme derrière sa nuque, une main sur la hanche. J'ai foi en Luffy. Chose très bizarre quand on sait que Sorcières et Sages s'aiment autant que chat et chien. Ne ?!
Luffy eut un faible rire devant la véracité du propos.
- Mais il y a des exceptions à tout. Luffy m'est trop précieux pour que je reste les bras croisés à te regarder le tuer. Je suis là pour faire ce que sa sœur aurait fait si elle avait été encore là… mais aussi pour la venger pour tout ce qu'il s'est passé à Banaro et après !
Jesus eut un grand rire.
- Elle avait qu'à accepter de devenir la femme du capitaine ! Je me demande s'il a réussi à la mettre en cloque avant qu'elle soit envoyée à Impel Down ! T'en penses quoi ?
Les yeux d'Ann virèrent aux rouges et deux morceaux de mur se soulevèrent dans les airs pour essayer d'écraser entre Jesus qui les cassa assez aisément.
- Tu lui demanderas quand tu la rejoindras en enfer… laisse-moi juste t'avertir une chose… Inferno est apparemment le terrain de jeu préféré des Portgas… tu risques d'avoir toute sa famille sur le dos !
Ann ramena son bâton devant elle, mettant Jesus au défi d'attaquer.
- Je suis déjà morte pour Luffy. Je mourrais joyeusement, le sourire aux lèvres, une seconde fois pour lui.
Luffy poussa une faible protestation.
- Du moment qu'il touche le sommet et devient le Roi des Pirates, je serai satisfaite.
Sabo voulut allez la rejoindre mais une main puissante se posa sur son épaule, le maintenant sur place. Il tourna la tête et reconnut le barman du Gate of Hell qui fumait tranquillement un cigare.
- Reste à ta place, gamin. C'est à elle de gérer ça, pas à toi !
Sabo essaya de se débattre, mais juste en raffermissant légèrement sa prise, Rodin lui brisa les os de son épaule en avertissement. Sabo retint un hurlement de douleur et parvint à se dégager, tenant son épaule blessée. Pourquoi son logia ne guérissait-il pas la blessure ?
Jesus attaqua, lui disant de se pousser parce qu'il n'avait rien à voir avec elle.
- Oh ? Même pas pour avoir le secret de mes pouvoirs… surtout le pourquoi j'arrive à faire ça, quand c'est un salopard de révolutionnaire qui a pris le mera mera ? sourit Ann en faisant naître des flammes dorées dans sa paume de main.
Tout le monde sursauta.
Ann recula d'un pas pour se mettre au niveau de son petit frère.
- T'es dans un sale état, frérot, nota Ann. Tes sucettes ?
- Law en avait besoin plus que moi.
- Songe à ton cul, la prochaine fois, je ne serai pas là pour t'aider.
Ann fit glisser hors du Purgatorio son sac et passa la lanière autour du cou de son frangin, avant de lui coller une sucette rose dans la bouche.
- Quand tu auras du temps, tu trouveras des sucettes dedans. Et une seringue. Oi, le commentateur, j'espère pour toi que tu sais faire les injections, parce qu'il faudra piquer cet idiot avec la seringue !
- On s'en chargera quand on aura un peu de répit, promis Gatz.
- Katz va me faire gagner du temps, confirma Luffy. Et pour le traître ?
- Rodin le tient en respect, le temps de mon combat. T'es certain pour Doffy ?
- Va te faire voir, la sorcière. Quand on invoque Sheba alors qu'on sait qu'on ne peut pas le faire seule, on se la boucle et on laisse faire les autres.
Ann eut un maigre sourire. Touché.
Jesus coupa leur moment.
- CE POUVOIR ! JE LE VEUX ! IL EST A MOI !
- Tout ira bien, Lu' ! assura Ann avec son sourire lumineux dont elle avait le secret.
- Je te fais confiance. Salue la Madama pour moi.
- Partez, Batz !
- C'est Gatz ! Ok !
Et le commentateur partit avec son escorte dans l'autre sens, laissant Ann attendre de pied ferme l'attaque de Jesus. Elle opposa son bâton à son poing puis sauta en l'air pour lui infliger un coup de pied sauté, ses ailes de scarabée sortant de son dos pour la maintenir un peu plus longtemps en apesanteur.
- Tu t'intéresses à moi, ou je dois te renfoncer dans le sol pour que tu lâches les pompes de Luffy ? demanda Ann. Après tout, tu es connu pour traquer les noryokusha…
Elle partit à la poursuite de Jesus qu'elle avait envoyé assez loin et changea en chemin le bâton en tronçonneuse dorée avec laquelle elle tenta de taillader son adversaire qui roula plus loin en réponse.
Sans qu'ils sachent vraiment comment, leur combat, leurs coups, leurs parades et leurs jeux d'esquive les mena au centre du plateau du Roi.
Là où il y avait le plus de monde.
Et l'endroit où Ann avait le moins intérêt à perdre son masque.
Rodin et Sabo se frayaient un passage dans la foule en jouant des coudes pour voir ce qu'il en était.
Ann bougeait vite et frappait fort, ses flammes dorées rajoutant aux dégâts de son arme qui variait entre le bâton (sa forme favorite), la grosse hache géante à double tranchant et la tronçonneuse. Parfois, ses ailes se manifestaient pour la maintenir juste un peu plus longtemps dans les airs.
Elle se retrouva à un moment en face à face avec Jesus, opposant son bâton qu'elle tenait à deux mains contre le poing de l'individu dans une véritable épreuve de force brute.
Crrr…
- Noooon… grogna Rodin avec déception.
Craaaaac !
Aussi dingue que cela puisse paraître, le bâton se brisa, surprenant Ann. Le poing de Jesus percuta le visage de la jeune femme et son masque qui se brisa.
Le temps de battre les sourcils et Ann n'était plus là. Ses vêtements et son masque n'étaient plus qu'un petit tas sur le sol et autour du poing de Jesus, on avait un gros essaim de scarabées qui voletait.
- Rodin… c'est de la camelote… je suis dans la merde à présent, merci bien ! rouspéta la voix d'Ann venant des insectes.
Ceux-ci contournèrent Jesus, qui les suivit du regard, avant de s'amasser un peu plus loin, formant un tourbillon. Tourbillon qui prit rapidement forme humaine. Quand les insectes disparurent aussi mystérieusement qu'ils étaient apparus… Sabo sentit sa mâchoire se décrocher. Pas tout à fait pour la même raison que les autres, mais pas loin.
Il y avait deux raisons pour cela.
La première étant que Madama Khepri s'avérait être Portgas D. Ann, la fille unique de Gol D. Roger. Pirate normalement morte à Marine Ford.
Second point… elle était légèrement nue.
- J'y crois pas que je sois obligée de me dévoiler à cause d'une arme…
Ses cheveux coulèrent sur son corps, formant d'abord des spartiates qui furent immédiatement armées de deux des Unforgiven, avant qu'elle ne soit vêtue d'un pantalon cargo noir, bas sur ses hanches, puis d'une longue chemise orangée tombant sur ses hanches mais ouverte sur un haut de bikini noir qui ne masquait en rien la cicatrice laissée par Akainu quand il l'avait transpercée. Dans le dos de la chemise, la marque mauve de Shirohige était affichée avec fierté.
Ann tendit un bras sur le côté et tira du Purgatorio d'abord son fedora orange emblématique, puis ses lunettes vertes et or, et enfin le foulard/ceinture de Marco qu'elle s'enroula paresseusement autour de cou.
- Toi ?!
- Oui, et alors ? demanda Ann avec ennuis en enfonçant sur son crâne son chapeau.
- Tu es morte ! J'ai vu ton cadavre ! Et c'était ton akuma no mi qui…
Ann eut un soupir presque exaspéré et ajusta sur son nez ses lunettes avec le canon de la seconde paire composant les Unforgiven.
- Burgess… il y a des choses que tu ne sais pas et que ton cher capitaine ignore aussi sur le monde. Si je veux toujours votre tête, à votre bande, mais aussi à Akainu, je vous suis quand même reconnaissante. Parce que sans vous, j'aurai dû trouver un autre moyen de mourir, jeune, en brisant le sceau qui me coupait de mon héritage maternel.
- De quoi tu parles ?
La Witch Watch sur la poitrine d'Ann brilla d'une lueur malveillante, en écho au sourire espiègle de la sorcière.
- Je parle de ça !
Et Jesus se mangea une Wick Weaves dans les dents qui l'éjecta plus loin.
- Rodin… Je suis pas Bayonetta et ses goûts musicaux pourris. T'as pas quelque chose qui bouge pour ce combat ? Juste histoire de te faire pardonner la qualité pourrie de ta dernière création.
Rodin tira de sa poche un dial et regarda ce qu'il y avait marqué dessus.
- Je pense que celui-ci te plaira.
Et il lança en souriant la musique :
Yume wo mi ta yo !
Boku ga shin da toki subete no maku ga ori te !
Sono kiroku wo koto komakaku tsuzutte iru dare ka gaita !
Ann eut un immense sourire en armant ses flingues.
De la guitare électrique et une ambiance sombre et survoltée ?! Que demande le peuple ?!
Elle tira sur Jesus qui esquiva les balles et passa à l'attaque, pour manquer de se faire décapiter par Shuraba. Ann sauta en l'air, les Onyx Rose aux pieds qui tirèrent joyeusement sur l'homme, avant de retomber un peu plus loin sur ses mains, continuant à tirer avec ses pieds. Un coup essaya de la désarçonner, mais le temps se figea pour tout le monde, hormis la sorcière et le démon. Ann roula sur le côté au dernier moment, faisant ainsi un Witch Time qui lui permit de ravager les côtes de son adversaire. Quand le temps reprit son cours, Jesus ressentit les effets de l'attaque et leur force, se retrouvant à terre, à la limite du public.
Ann rejeta sa queue de cheval dans son dos avec un petit rire et fit un signe à Jesus de venir la chercher.
- Je te ferai regretter d'être revenue d'entre les morts ! hurla Jesus en fonçant sur elle. Tu ne vaux rien ! Tu pleurnichais pour qu'on épargne ton frangin à Banaro ! Et tu pleurnichais toujours quand tu remplissais ton devoir de femelle auprès du senshô !
Ann esquiva de nouveau l'attaque, son sourire disparut pour faire place à de la fureur. Toutes les balles qu'elle avait tirées jusqu'à présent et qui s'étaient perdues dans la nature revinrent dans le cercle du combat, toutes tournées vers Jesus. Les yeux rouges d'Ann devinrent un instant plus lumineux quand les balles réagirent à son ordre magique et foncèrent sur leur cible. Jesus ne put pas toutes les esquiver et finit à genoux, haletant.
- Je ne pleurniche pas. Ne tords pas les faits, siffla Ann en glissant les flingues de ses mains dans sa ceinture orange. Ensuite, je n'ai aucun devoir envers Teach et votre bande de cons. J'avais un devoir envers Shirohige, non pas en tant que femme, mais en tant que sa fille, sa commandante. J'ai un devoir envers Marco, en tant que son bras droit et sa compagne. Mais ce n'est pas parce que je suis une femme que je n'ai pas mon mot à dire. Tu sauras que l'Umbra est rancunière et a la mémoire longue. Ne t'en fais pas, je sais que j'ai gagné un sursis pour Inferno grâce à Madama Khepri. Mais je t'y rejoindrais, un de ces quatre. Et je te ferai regretter d'avoir un jour croisé ma route.
- Tu parles beaucoup… haleta Jesus.
- La chanson est presque finie, pointa Rodin par-dessus la musique.
Kiken na sekai de hanashigai ni shi te
Esa wo ubaiau sonna boku demo mi tai no kai
- Exact. Il est temps que je te présente à Madama Khepri ! constata Ann.
« Ouiiii ! il est à moi ! Fais-moi sortir ! » rugit d'anticipation la démone.
Ann prit la pose…
Yume wo mi ta yo !
Boku ga shin da toki subete no maku ga ori te !
Sono kiroku wo soushin suru ano hito !
La musique cacha l'invocation, mais rien n'empêcha de voir le portail démoniaque qui s'ouvrit dans le sol derrière Ann, ni le fait que ses cheveux avaient disparu (avec ses vêtements, sauf son chapeau, son bikini, ses lunettes et le foulard de Marco). Tout le monde découvrit où était passée la queue de cheval d'Ann quand elle jaillit du cercle infernal dans le sol et tourbillonnant, plus longue qu'on ne l'aurait cru.
La sorcière avait une main vers le sol, une main vers la terre et l'immense démone verte, noire et or se dressa derrière elle, ses cornes de scarabée sur son crâne permettant tout juste de voir le soleil entre elles.
- Salue les sorcières que tu verras en enfer pour moi ! salua Ann.
Unasare me wo ake ta sono basho ha !
Itsumo to kawara nu heya !
Masshiro na kabegami ni tsutsuma re te…
Iki te iru boku gaita !
Madama Khepri poussa un cri strident sur les dernières notes de la guitare électrique du dial et arracha du corps de Jesus son âme. Tous la virent nettement se débattre dans la poigne de la démone qui la souleva au-dessus de son visage, la bouche grande ouverte et l'avala.
Le crunch de la mastication de la démone était presque comique.
- Bon appétit, Madama Khepri-sama, souhaita Ann avec amusement.
La démone se suçota les doigts avec un petit rire qui en fit frissonner plus d'un.
- Merci, petite sorcière. Bon travail, fille de l'Umbra.
Ann la salua de la tête et la démone disparut dans le portail infernal, permettant à la jeune femme de se rhabiller. Elle ajusta son chapeau sur sa queue de cheval et fit apparaître dans le creux de sa main les quatre anneaux d'or brisés qu'étaient à présent les Rodin.
- Je veux un remboursement, Rodin, exigea Ann en ignorant les regards autour d'elle. Et file-moi ce dial, tiens.
- On parlera affaire autour d'un bon verre, qu'est-ce que tu en penses ?
- C'est bon pour moi. Bon, ça s'est fait… je vais voir si on a besoin d'aide avec la cage.
Et elle courut vers la foule tout en se transformant en guépard royal.
- ATTENDS ! cria Sabo en partant à sa poursuite.
Law n'en croyait pas ses yeux. Certes, grâce à ses propres pouvoirs et l'aide de la princesse Mansherry, il avait pu recoller le bras que Doflamingo lui avait découpé. Certes, les sucettes de Mugiwara avait fait des miracles sur sa force et sa santé… mais comment une simple injection d'un produit bizarre avait pu rendre Luffy aussi frais qu'un gardon ?
Pourtant, il avait lui-même fait l'injection.
Le Shi no Gekai regardait Mugiwara consommer sucette sur sucette, toutes roses.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Je remplis ma jauge de magie. Si je veux pouvoir invoquer la tête de plume, il me faut de la puissance, grommela Luffy.
Et il rejeta un énième bâton de sucette pour en prendre une nouvelle.
- Encore deux minutes et huit secondes, souffla Luffy.
