Salut à tous !
Ma bêta vient de rentrer de son court congé avec un petit chapitre pour vous dans ses bagages, alors, on remercie très fort le boulot de Mana.Y qui est toujours et encore au rendez-vous depuis tout ce temps !
Alors, le chapitre du jour, on conclu enfin Dressrosa. Il reste très peu de chapitre avant le début du second jeu, mais c'est une histoire pour un autre jour.
L'élément important, c'est Sabo, ici. Yep. Enfin les retrouvailles du trio. J'ai déjà donné le ton, donc, vous ne devriez pas être surpris du résultat.
Je vous remercie de vos commentaires et je vous souhaite à tous une bonne lecture !
Byyye !
Ann courait à toutes pattes et arriva au niveau des sabreurs. Là, elle reprit sa forme humaine et tira Shuraba.
- Je viens vous donner un coup de main ! annonça Ann.
- Qui êtes-vous, étrangère ? Votre voix m'est familière ! demanda Kin'emon en la regardant par-dessus son épaule.
Ann l'ignora, alla se planter devant un morceau de cage et se mit à pousser avec la lame démoniaque qu'elle avait enduite de tout le Haki qu'elle pouvait. Qu'elle l'ait fait exprès ou non, elle s'était mise juste à côté de Zoro et de son œil valide. Celui-ci la regarda de la tête aux pieds et eut un petit reniflement moqueur.
- On joue carte sur table, Ann ? Fini les déguisements ?
- Cet enfoiré de Jesus a bousillé mon masque devant près de la moitié de Dressrosa. Je vais me faire tuer par mon équipage et Luffy sera le premier à vouloir me botter le cul, mais là, on a vraiment autre chose à faire !
Et elle poussa de toutes ses forces, ses spartiates à talon creusant une tranchée sous l'effort.
- Deux… trois… POUSSEZ ! encouragea Zoro.
Serrant les dents, Ann fit un nouvel effort pour pousser la cage avec les trois autres.
Tap-tap… tap-tap…
Zoro se retourna et son exclamation fit tourner la tête à Ann qui grogna.
- Je vais juste ignorer qui vous êtes ou ce que vous êtes, assura Fujitora en venant vers eux.
Il s'approcha de la cage et leva son arme en la noircissant de Haki.
- Vous devez être sacrément timbrés pour faire un truc pareil… cela ne servira très certainement à rien… mais je vais vous aider.
Et Fujitora poussa.
D'autres marines arrivèrent. Certains firent une pause en notant la présence d'Ann qui les rappela à l'ordre avec son sarcasme légendaire.
- Si vous avez le temps et l'esprit de vouloir m'arrêter, me frapper, fuir en hurlant parce que je suis vivante, me poser des questions ou j'en passe… allez me chercher à boire ! Si ce n'est pas le cas, prenez vos armes, vos couilles, votre Haki et poussez ! Kusou !
Fujitora et Zoro eurent un rire. Le franc parler d'un D. était sans égal.
- C'est le genre de chose que j'aurais presque attendu de la part de Garp-san, avoua Fujitora.
Ann fit un bruit de gorge montrant le dégoût que lui inspirait la ressemblance.
- Un dernier commentaire ? demanda Zoro.
- Une question existentielle… pourquoi il a fallu juste moi et Bayonetta, avec l'aide de Jeanne à la fin, pour renverser Jubileus, qui est une déesse… Et là, deux foutus sorcières ne sont pas capables de garder en place une foutue cage faite par un mortel ! grinça Ann.
- Tu sais maintenant pourquoi je hais les Akuma no mi, ma sœur ! cria en réponse Jeanne qui n'était plus très loin à présent. Ils sont d'origine démoniaque et nos pouvoirs luttent difficilement contre ce qui est semblable !
Tout le monde poussa une dernière fois.
De toutes leurs forces.
Et pendant un instant, la cage s'arrêta.
Ann ne laissa pas passer cette chance.
Elle appliqua une main contre les barreaux et y mit toute sa magie.
Tout ce qu'elle pouvait.
Elle figea le temps.
Arrêter le temps de la cage à oiseau était autrement plus compliqué que le faire pour Marco. Cela revenait presque à son exploit de Décembre dernier. Mais la magie était consommée plus rapidement, à cause de la touche démoniaque existant dans l'akuma no mi à l'origine de cette cage.
Ann tomba à genoux, sans lâcher la cage.
Du sang commença à couler de son nez.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? demanda Zoro, assez paniqué.
Ann ne répondit pas.
Ce fut Fujitora qui comprit en reculant de la cage.
- Elle a stoppé la cage. Seule.
Jeanne jura et quitta son poste, rejoignant sa sœur de clan.
- Ann-kun ! Ne sois pas stupide ! Tu ne peux pas faire ça ! rouspéta la blonde.
Aucune réponse de la pirate.
- On peut l'aider comment ? demanda Zoro qui voyait avec inquiétude Ann devenir blanche et tremblante.
- On ne peut rien faire, sauf continuer de pousser en prévision du moment où elle lâchera, ou attendre que Doflamingo perde, soupira la blonde. Cereza aura ma tête quand je vais lui raconter ça.
Et elle retourna pousser l'usine.
- Vous avez entendu… Portgas-san ne tiendra pas longtemps. Recommencer à pousser, conseilla Fujitora.
Et tout le monde se remit au boulot.
Une minute. Une foutue minute à tenir.
Peu importe que cela lui coûte un aller simple pour Inferno, Ann l'avait dit :
Luffy était quelqu'un pour qui elle était prête à mourir.
C'est à cet instant que Sabo arriva. Il regarda Ann, puis la cage, une question au bord des lèvres.
- PLUS TARD ! rugit Zoro. Elle va clapser de nouveau pour rien si on n'y met pas du nôtre ! Et mon capitaine va me tuer pour ça !
Sabo décida intelligemment de ne pas poser de question et appliqua son arme contre la cage pour la pousser à son tour.
Les explications attendraient plus tard, comme la longue discussion que Sabo essayait d'avoir depuis un moment avec sa sœur.
Viola s'était faite avoir. Prisonnière du pouvoir de Doflamingo alors qu'elle avait voulu l'affronter, elle ne pouvait que regarder Rebecca devenue une marionnette avançait vers elle.
- Je… je ne contrôle plus mon corps ! pleura Rebecca en brandissant son épée.
- Laisse Rebecca en dehors de ça ! cria Viola à Doflamingo.
L'homme se contenta de lever un doigt pour ordonner à Rebecca de tuer sa tante.
Une voix raisonna dans le pays avec le microphone utilisé précédemment par Riku.
C'était Gatz, ce cher présentateur.
« Eh bien, encore un peu de patience ! La « Star » va renaître à nouveau ! »
Plusieurs personnes se demandèrent d'où ça venait avec de pointer quelqu'un dans les restes d'une tribune du Colisée.
« Avez-vous oublié ?! Bien sûr que non, vous ne pouvez pas avoir oublié ! C'était aujourd'hui qu'a eu lieu le Grand Tournoi du Colisée ! Et nous avons la chance d'avoir notre « Star » en lice ! »
Quelque part dans ce qui restait de Dressrosa, Luffy eut un air perplexe. C'était de lui qu'on parlait ?
« On ne pourra jamais oublier… celui qui a réussi à dompter le Taureau de Combat ; qui a vaincu un géant et qui a écrasé Chin Jao, pourtant une légende ! Ce Colisée ou plutôt non, ce combattant a tenu à lui seul en haleine Dressrosa. Et ça n'a pas changé ! Je n'ai jamais vu d'homme aussi libre, excitant et mystérieux ! Même chose pour ce nom ! « LUCY » ! »
Rebecca ne voulait pas faire ça. Alors, elle appela à l'aide.
- A L'AIDE LUCYYYYY !
« Oui ! » continua le présentateur. « Lucy est aussi connu sous le nom de Mugiwara no Luffy ! »
Réalisation pour tous ceux qui n'avaient pas fait le rapprochement.
« Et il n'est pas venu seul ! Celle que nous avons tous cru morte à Marine Ford est là aussi, et nous a fait un spectacle du tonnerre sous le masque de Madama Khepri ! Et au moment où on parle, elle lutte plus que quiconque pour garder cette cage immobile ! Je vous parle d'Hiken no Ann ! »
Second choc pour ceux qui n'étaient pas encore au courant. Mais Gatz n'avait pas fini.
« Nous avons été trompés et contrôlés par les pirates depuis toujours ! Ne venez pas vous plaindre des malheurs qui arrivent lorsqu'on fait confiance à des pirates ! Mais, il y a dix ans, durant une nuit, Donxiquotte est apparu revêtu de son masque de Héros, différent du reste de la famille ! Le vrai Roi ! L'homme qui a fait avouer au Roi Riku son « souhait » ! Il va maintenant tomber au combat ! Réjouissez-vous Dressrosa ! Lucy nous l'a promis et Madama Khepri lutte pour rendre le miracle possible ! »
Il hurla les dernières paroles, faisant rugir tout Dressrosa.
« DOFLAMINGO ! IL VA TE METTRE KO EN UN COUP ! C'EST L'HEURE DE TON EXECUTION !»
Cri de joie du peuple.
« La Star de notre Colisée, Lucy, va revenir ! Et le temps restant jusqu'à cet évènement est de 10 secondes ! »
Les blessés commencèrent à voir leurs blessures se rappelaient à leur bon souvenir.
8 secondes.
Mansherry pleura de ne pouvoir faire plus, de ne pas être assez forte pour leur apporter plus d'aide, car sa technique de Chiyupopos ne marchait pas deux fois sur les mêmes personnes.
6 secondes.
- Plus de monde par ici ! Remplacez ceux qui sont tombés ! On va s'en sortir ! On ne sait pas combien de temps Portgas va encore pouvoir tenir ! rugit Sai.
5 secondes
- Il faut tenir assez longtemps pour que Lucy anéantisse la Birdcage !
4 secondes
« Je peux l'entendre ! Tout le monde ! Appelez notre Star ! »
Luffy se releva, se mettant en cavalier sur ses jambes tremblantes, sous le regard de Law.
« Plus que trois secondes ! »
Gatz se fit empalé par une lance de fils envoyée par Doflamingo qui en avait plus qu'assez.
Deux secondes.
Tous ceux qui ne poussaient pas la cage avait le bras levé avec un doigt…
Une seconde.
Qu'ils refermèrent en arrivant à la fin du compte à rebours.
Zéro.
Viola n'aurait aucune haine, juste de la tristesse de laisser une plaie pareille dans le cœur de Rebecca obligée de la tuer. L'arme était quasiment au contact.
- Shambles.
Luffy prit la place de Viola, brisant de son crâne la lame de Rebecca qui en pleura de soulagement.
« LUCY EST LA ! »
Ann eut un maigre sourire tremblant, s'affaissant un peu plus.
- Oh mais quelle entrée en scène spectaculaire… commenta narquoisement Doflamingo. Alors comme ça, tu as récupéré ton Haki, hein ? Certes, tu t'es relevé, mais tu peines à tenir debout… !
- Tu peux parler, c'est pareil pour toi, rétorqua Luffy.
Doflamingo tenta de l'attaquer avec ses fils, lui et Rebecca, mais un simple sceau doré les protégea tous les deux.
Law fit évacuer à son tour Rebecca, permettant à Luffy de se concentrer entièrement sur le combat.
- Je ne vais pas te vaincre en pirate, annonça Luffy. Tu as agité le mera mera no mi, donc, tu as attiré l'Umbra ici. Il serait malpoli de ma part de ne pas faire honneur à ce qu'elles m'ont appris. Laisse-moi te présenter celui que Nee-chan a rebaptisé tête de plume… version Haki.
Il leva une main vers le ciel, la noircissant de Haki. Son sceau de Lumen corrompu apparut juste au-dessus de lui, avec ses veinules mauves. Puis, l'or devint noir sous le Haki.
- Messager infernal, brûle le ciel !
Doflamingo commit l'erreur stupide de tous. Au lieu de fuir ou attaquer devant ce qui était jugé comme dangereux, il regarda bêtement l'invocation. Fortitudo, son corps noir de Haki, sortit du sceau en poussant un rugissement assourdissant.
Tout le monde était pendu aux lèvres de Gatz qui chialait comme un idiot dans le denden mushi.
Luffy fit un geste de la main, comme pour faire un crochet à quelque chose devant lui. En réponse, une des têtes de dragon de Fortitudo jaillit pour chopper Doflamingo sur le côté. L'homme se protégea de ses fils. Luffy fit la même chose avec son autre main, et encore une fois, l'ancien Shichibukai para avec une barrière de fils noircis de Haki. Il grinça des dents sous l'effort à fournir pour résister à l'assaut du Cardinal. L'ange ouvrit la bouche et cracha une boule de feu.
A vouloir se défendre contre l'ange, Doflamingo perdit de vue son véritable adversaire.
Luffy réapparut grâce au Light Speed dans le dos de l'homme, son poing noir de Haki et lumineux de magie dorée. Il frappa dans le dos de Doflamingo, le déconcentrant et le faisant se cambrer de douleur, allant jusqu'à lui fissurer sa colonne. Le coude suivit une trajectoire plus haute et percuta la tempe du blond qui s'effondra sous la puissance du coup empli de Haki.
Luffy était le grand vainqueur, quand Doflamingo s'effondra à terre.
Ann le sut immédiatement quand la Birdcage disparut d'entre ses doigts, mettant fin à la fuite de magie. Elle s'assit sur ses genoux en soufflant, écoutant la joie de Dressrosa, un sourire aux lèvres, essuyant du revers de la main le sang de son nez.
Voyant du coin de l'œil Sabo venir vers elle avec détermination, Ann tapota la jambe de Zoro près d'elle.
- Tu serais sympa de m'aider à me relever et à me conduire à mon stupide otouto… mes jambes ne me portent plus.
- Je dois te porter en mode princesse ? déconna Zoro en lui tendant une main pour l'aider à se relever.
- Je te le déconseille, mon mec est du genre jaloux et violent. Je doute que si tôt, dans le Shin Sekai, tu veuilles te mettre le nouveau capitaine des Shirohige sur le dos.
Zoro eut un petit rire et la tira sur ses pieds, passant un bras de la sorcière sur ses épaules, et la soutenant jusqu'à Luffy. Ann inclina son chapeau sur son visage avec une main tremblante de fatigue, mais tout le monde était trop occupé à la célébration pour s'intéresser à elle. Sabo voulut les suivre, mais les mains de Robin lui coupèrent la route.
Ann trouva son frère à genoux devant Doflamingo inconscient, respirant difficilement, Rebecca pleurant à son cou avec Viola et Law, un peu plus loin, étrangement silencieux.
- Merde alors, si tu fais le bourreau des cœurs, je vais pas m'en sortir avec toi, frérot.
Luffy se retourna et vit son second avec sa sœur qui lui offrit un sourire moqueur. Qui ne passa pas avec son frangin.
- Zoro, c'est toi qui la soutiens ou elle peut marcher seule ? demanda Luffy en se levant difficilement.
Devinant l'intention de son capitaine, Zoro lâcha Ann qui poussa un petit cri en vacillant et tomba sans la moindre élégance sur ses fesses. Elle jeta un regard noir à Zoro mais en fut détournée par le coup de poing sur le sommet de son crâne.
- Ce que tu as fait était stupide ! Tu parles d'une sorcière ! Que dirait Bayonetta si elle apprenait que tu avais essayé de t'opposer ainsi à un akuma no mi !? Tu te rappelles que tu ne pratiques que depuis deux ans !? Que t'as pas encore le niveau pour ces conneries !? Tu as déjà suffisamment fait l'idiote à Noël dernier en ralentissant le temps de cette façon ! C'est encore plus stupide ce que tu viens de faire !
Ann se massa le crâne et donna un coup de poing dans le sol. En réponse, une Wick Weave jaillit du ciel et le poing de Madama Khepri frappa sur le crâne de Luffy.
- Tu veux qu'on parle de stupidité ?! On va parler de stupidité, Monkey D. Luffy, Lumen Corrompu le plus suicidaire et le plus pourri de l'Histoire ! Tu n'as pas de contrat sur quoi te reposer, et tu te permets d'invoquer deux Cardinaux ! Le pire, c'est que tu as essayé de mélanger Haki et magie avec ton Gear Forth ! Cette technique est déjà une épreuve pour ton corps en soit, ce que tu as fait est dix fois plus dur à supporter ! Si tu es encore debout, c'est grâce à cette foutue injection que tu devais et que tu as fait !
- Où est le souci !? riposta Luffy en infligeant un nouveau coup sur le crâne de sa sœur. Tu as fait pire que moi en invocation et tu continues tes conneries avec les Wick Weaves ! Malphas, Hekatoncheir et Madama Khepri ! Ça va, la vie est belle ! Et si on invoquait la Queen Sheba par-dessus histoire de bien se la péter ?
Ann allait riposter mais Law intervint.
- Arrêtez. Vous êtes autant l'un que l'autre des abrutis.
Double regard noir vers le médecin.
- Oooh, pourquoi t'es intervenu, il me manquait juste du pop-corn ! protesta Zoro avec un grand sourire, faisant rire doucement Rebecca et Viola.
- J'interviens parce qu'on a de la visite, pointa très justement Law.
Tout le monde regarda en effet Sabo qui avait réussi à semer les mains de Robin pour les retrouver.
En le voyant, Luffy se remit en garde et Ann brandit un de ses flingues, faisant lever les mains en un geste apaisant Sabo.
- Casse-toi ! exigea Ann.
- Si vous vouliez bien arrêter deux minutes de mordre, on pourrait résoudre ce malentendu pacifiquement, pointa Sabo en cessant d'avancer.
- Un malentendu ? J'en vois aucun ! Tu nous as laissés tomber pendant plus de dix ans ! Et tu veux qu'on t'offre des fleurs pour ton retour ! aboya Luffy. Casse-toi !
- Je demande juste à communiquer. Nous sommes des gens raisonnables, et des adultes, on peut s'asseoir et parler, tenta Sabo.
- Je crois que tu ne comprends pas le japonais. Je vais essayer en Enochian. Barre-toi.
- Il a pas l'air d'avoir compris non plus, pointa Luffy à sa sœur.
- C'est si dur ce que je demande ? s'enquit Sabo.
- Tu es sorti de nos vies quand les Tenryubito t'ont soi-disant attaqué dans le port. Pour nous, tu n'es qu'une tombe avec un chapeau, expliqua Ann. Alors, tu vas faire comme toutes les tombes et te faire oublier. Gentiment. Ne viens plus me faire chier. Sors de nos vies.
Luffy s'avança d'un pas, braquant deux yeux bleus de colère dans ceux de Sabo.
- Tu as fait du mal à ma sœur. Je suis l'homme de la famille, puisque tu n'existes pas plus pour nous que Garp. Et c'est mon devoir de la protéger et de veiller à son bonheur, souffla Luffy suffisamment bas pour que seul Sabo l'entende. Tant qu'Ann souffrira à cause de toi, j'aurai envie de te fracasser la gueule. Si elle parvient un jour à te pardonner, chose dont je doute fort, je considèrerai la possibilité de passer l'éponge. En attendant, elle a mal, par ta faute, car tu nous as trahis. Vas-t'en.
Et Luffy se détourna.
Sabo voulut l'attraper, pour lui dire ce qu'il avait en tête mais un katana de Zoro s'interposa.
- Je sais pas ce qu'il y a entre vous trois, mais une chose est certaine, mon capitaine a bien précisé qu'il voulait que tu partes, mec. Insiste et je serai dans l'obligation de devoir attaquer, pointa Zoro.
Sabo regarda Zoro, puis Ann et Luffy, avant de soupirer. Il devait plus ou moins avoir la force de vaincre le second de son petit-frère, mais ça ne servirait pas ses intérêts.
- Très bien, je n'insiste pas plus aujourd'hui… mais je ne laisserai pas tomber.
Il se détourna pour partir.
- Demain, tu seras toujours autant un traître qu'aujourd'hui, saloperie de noble, cracha Ann.
Sabo s'arrêta, se mordant une lèvre, blessé par l'insulte, puis baissa un peu plus la tête et s'en alla. Il croisa Jeanne qui venait à contresens. La blonde le regarda partir, puis rejoignit sa sœur de clan.
- Bien, j'ai rempli ma part avec Rodin, je n'ai pas l'intention de t'engueuler, puisque ça n'a jamais servi à rien avec tes aïeuls, je veux juste te dire, avant de m'en aller et d'informer Cereza, que ce que tu as fait était stupide, Ann-kun.
- Je pense qu'on l'a bien compris, pointa Zoro. Luffy le lui a clairement dit.
- Oh, mais ce que tu as fait aussi était stupide, le Lumen, mais je n'ai pas le droit de te dire quoi que ce soit, puisque tu ne fais pas partie de mon clan. Donc, Ann-kun, tu as été très chanceuse dans ce que tu as fait, parce qu'avec ta stupide idée, tu aurais pu tous nous condamner ! Si cet homme avait su utiliser la magie, il aurait retourné contre nous ce que tu utilisais pour bloquer la cage ! Tu aurais eu autant de succès si tu avais voulu t'opposer directement à Davy Jones. Le siphonage magique que tu as subi, c'est toute la puissance que tu as envoyée directement au Démon. Très bien joué.
- Oups ? fit Ann en se grattant la joue.
- Quand on ne sait pas, on ne fait pas. Potasse un peu plus tes bouquins de sorcellerie, demoiselle. Même tes aïeuls n'auraient pas fait un truc aussi stupide, pourtant, ce devait être le second prénom de Roja-ba-san.
- Gomen nasai… s'excusa piteusement Ann en baissant la tête.
- La grande Hiken no Ann qui se fait rabrouer comme une gamine de cinq ans ! J'aurais jamais cru voir ça de ma vie ! ricana Zoro.
- La dernière fois que j'ai vu ça, c'est quand Makino l'a engueulée parce qu'elle devait m'empêcher de faire une connerie et non pas me regarder et se marrer, sourit Luffy.
Il se prit une nouvelle Wick Weaves sur le crâne en réponse.
- Second point…. Je vais pas t'engueuler pour la discrétion, je ne l'ai pas été non plus, enchaîna Jeanne en ajustant ses lunettes sur le sommet de son crâne. C'est pour le déguisement. Pourquoi tu l'as fait sauter ?
- Ah, ça, c'est pas ma faute ! s'indigna Ann. C'est la faute à la camelote que m'a refourguée Rodin ! Mon arme s'est pétée au beau milieu d'un combat et si mon nez n'était pas déjà pété depuis le temps, ce salopard de Jesus l'aurait fait. Donc, plus de masque. Si cette foutue arme n'avait pas cédé, je serais encore anonyme. Donc, si tu as des remontrances à faire, adresse-toi à ce foutu démon, pour ce sujet. C'est fini ?
Jeanne la regarda et soupira.
- Oui. Je m'en vais. J'ai des copies qui m'attendent. On se reverra un de ces quatre. Et attends-toi à ce que Cereza débarque pour te toucher deux mots.
- Je l'attends !
Et Jeanne s'en alla, disparaissant dans le Purgatoire.
Ann soupira et se laissa aller sur les jambes de son frangin, en fermant les yeux.
- Lu'… ?
- Mmmh ?
- Mes sucettes, elles sont où ?
- Toutes finies.
- Tu fais chier.
- Je suis ton frère, c'est normal.
- Stupide Lumen.
- Abrutit d'Umbran.
Ils eurent un petit rire.
- Je dirais surtout, outre que vous êtes, je le réitère, aussi stupide l'un que l'autre, que vous avez besoin de repos. Et c'est un médecin qui vous le dit, conclut Law. Il faut donc un refuge.
- Kyros-nii-sama doit pouvoir vous aider, pointa Viola.
- MAAAARCO !
Marco était occupé à lire un rapport de mission de Kingdew quand Haruta débarqua, haletante, dans sa cabine de capitaine. Elle était blanche.
Sans un mot, elle lui tendit le journal. Marco le prit en main et ouvrit des yeux ronds en voyant la Une. Deux grosses informations se la disputaient. Comme si le journal n'avait pas su quoi dire ou quoi était le plus important et avait opté pour remixer les deux.
La défaite de Doflamingo par Law et Luffy….
Et la résurrection de Portgas D. Ann.
La photo était celle de sa vieille prime, donc, ils n'avaient pas encore tout mis à jour.
Marco tendit une main sur le côté, et Cassandra, apparemment déjà au courant, y déposa un denden sans qu'il n'ait besoin de le réclamer. On le connaissait tellement bien.
Il composa rapidement le numéro d'Ann et n'eut aucune réponse. Retenant sa colère, Marco essaya de joindre Enzo qui était responsable de sa compagne.
« Enzo, j'écoute ! »
- Bon, petit truand merdique de South Blue en surpoids, explique- moi pourquoi, alors que tu devais la surveiller, le journal parle de future discussion aux seins des plus hautes sphères des autorités pour ce qui est de la réactivation de la prime d'Ann ? Et pourquoi est-ce qu'elle est injoignable, yoi ?!
Le denden déglutit.
- Vous pensez quoi de la seconde partie ? demanda Tashigi.
- Seconde partie ? s'enquit Smoker.
- Sur la défunte Portgas D. Ann… vous croyez vraiment qu'elle est vivante ?
- Oui, j'y crois.
- EEEH ! Comme ça !
- Je l'ai vue à la Isla del Sol. Elle était impliquée dans le bordel.
- Alors pourquoi…
Tashigi s'interrompit et eut un sourire compréhensif et triste.
- Vous l'aimez toujours.
- RACONTE PAS DE CONNERIE ! rugit Smoker, tout rouge.
Tashigi eut un petit rire, et se pencha un peu plus en avant au chevet de son supérieur alité.
- Cela explique votre comportement et votre silence sur ce qu'il s'est réellement passé à Vigrid. Est-ce que vous avez pu lui parler ?
Smoker mâchonna ses cigares, les yeux fixés sur le journal pour ne pas avoir à regarder Tashigi.
- Ouais.
- Vous lui avez parlé de vos sentiments ?
- Pas eu besoin.
Tashigi était assez fine pour lire entre les lignes et eut un 'oooooh' triste et déçu.
- Vous auriez fait un très beau couple.
Et elle se ramassa un coussin dans la figure.
- Garp risque d'en prendre plein la tête, je pense. Je l'ai plus ou moins mis au courant. Mugiwara n'a pas apprécié, mais je pouvais pas garder le silence pour le vieil homme.
- Elle vous a expliqué comment elle avait survécu ? demanda Tashigi.
- Elle est vraiment morte et vraiment ressuscitée.
Smoker jeta un regard fatigué à son bras-droit qui n'en croyait pas ses oreilles.
- J'y croyais pas non plus, mais avec ce que j'ai vu, je suis bien forcé.
Ann était contente, même si elle était faible, d'avoir relancé l'Infernal Communicator.
Le Little Devil qui espionnait Fujitora avait beaucoup à dire, et c'était démentiel.
Ce gars avait eu le culot et le courage de tenir tête à Akainu, tant pis pour la crédibilité de la Marine. Bon, certes, Fujitora avait l'intention de venir pour leurs têtes, mais c'était tout de même un chic type.
Après, elle devait dire que pour une fois, son frère servait à quelque chose. Il lui avait évité la longue, longue, trèèès longue explication de sa survie et Robin en savait énormément sur l'Umbra, c'était dingue. Ann était presque tentée de la mettre en relation avec Jeanne pour refaire les annales de leur clan.
- Un matelas moelleux… le rêve… sourit Luffy. Et super coussin…
- T'as de la chance d'être mon petit frère, sinon, tu te serais retrouvé avec du plomb dans la cervelle… marmonna Ann.
A eux deux, ils occupaient tout le lit. Elle, couchée dans la largeur, les pieds en hauteur, croisés, appuyés au mur, et Luffy dans la longueur, usant du ventre de sa sœur comme coussin.
Il y avait bien plus de cinq ou six ans qu'ils n'avaient pas dormi ainsi.
Après les longues explications de Luffy et Robin, ils n'étaient plus très nombreux à être encore éveillés.
Il restait Franky qui faisait quelques réparations ; Robin qui avait tout un tas de questions sur le monde démoniaque et le fonctionnement de la magie, et Zoro qui buvait. Usopp était endormi, à moitié tombé du lit. Bellamy, Kyros et Law dormaient eux aussi à poing fermés.
- Au final, c'est quoi l'embrouille avec ce blond ? demanda Zoro.
Luffy et Ann se regardèrent, et ce fut la plus vieille qui commença l'histoire.
- Je sais pas ce que Luffy vous a raconté sur notre enfance ensemble, mais on ne s'est pas toujours connus. Quand Garp m'a ramenée de South Blue, il m'a cachée dans les montagnes, auprès d'une bande de bandits. La bande de Curly Dadan. Elle est devenue plus ou moins ma nounou, en échange d'échapper à la taule. Et elle n'aimait pas Roger. Tout ça a fait que j'ai grandi comme un animal sauvage. Associable, irascible et violente. Garp avait toute les peines du monde à essayer de me garder en ligne et voulait que je devienne, en dépit de mon sang, une marine.
- Son rêve de toujours… maugréa Luffy. Vous vous souvenez de ce qu'il a raconté comme étant nos entraînements ?
- Cette histoire de ravin et de ballons, ce n'étaient pas des conneries ? s'étonna Franky.
- Il m'a bel et bien balancé dans un ravin quand j'avais douze ans, en guise d'entraînement. Me suis pété la jambe. C'est à la suite de cet incident qu'on a rencontré Bayonetta, d'ailleurs, grinça Ann.
- Comme quoi, c'était bien pratique quand tu étais encore narcoleptique pour t'embarquer à l'hosto ! ricana doucement Luffy.
- Pour en revenir à la question d'origine… ce type… Sabo… je l'ai rencontré dans le Grey Terminal. Je devais avoir neuf, à tout cassé. On a le même âge, même si je suis plus vieille que lui de trois mois. Il a été… mon premier ami. Le premier étranger à qui j'ai dit qui j'étais. Le premier à ne pas me rejeter. On a fait des coups tordus ensemble, participé à de belles bagarres. On avait pour projet de se procurer un bateau et prendre le large. Je voulais fuir Dadan et Garp, en plus de qui j'étais, et lui voulait fuir sa famille, même si je ne le savais pas à cet instant.
- Je les ai rencontrés quand j'avais sept ans. Shanks venait de partir et j'avais tout juste consommé mon akuma no mi. Le vieux était pas content que je me sois mis à vouloir devenir un pirate, alors, pour me faire changer d'avis, il m'a embarqué chez Dadan. Avec du recul, on a été de sacrés chieurs avec elle.
- Elle l'a bien cherché, renifla Ann.
- Et c'est ce jour-là que j'ai vu Ann pour la première fois. Dire que ça s'est mal passé est loin de la réalité.
- Tant que ça ? s'étonna Franky.
- Je revenais de la chasse et je vois un petit con courir après un papillon sur ce que je considérais comme mon territoire… résuma Ann.
Luffy fit encore plus court :
- Elle m'a carrément craché dessus quand je lui ai demandé si elle voulait devenir mon amie !
La mâchoire de Franky se décrocha ; Robin leva des sourcils de surprises et Zoro eu un petit rire.
- Je retrouvais Sabo presque tous les jours dans ce qu'on appelait le Grey Terminal, un bidonville au pied du royaume de Goa. Pour ça, il fallait traverser une jungle dangereuse que je connaissais déjà par cœur.
- Pour moi, à sept ans, c'était un défi. J'essayais de la suivre, mais j'y arrivais pas, sans parler qu'elle me jetait des pierres en plus, pointa Luffy.
- Pourquoi t'a insisté, en fait ? s'enquit Zoro.
Luffy haussa des épaules.
- Je ne pouvais pas retourner au village sans me paumer, j'aimais pas les bandits et Garp était reparti pour la Grand Line. Je ne voulais simplement pas être tout seul.
- C'est ce qui nous a rapproché tous les trois. On ne voulait pas être seul, avoua Ann. J'ai été une vraie garce avec Luffy, quand on était gosse, et j'en ai honte. Pourtant, il a insisté et il n'a jamais bronché. Finalement, il a fini par me suivre jusqu'au bout, pour me trouver avec Sabo, cachant le butin de notre dernière connerie. C'est à ce moment-là que tout a changé. Il y a eu un accident impliquant nos dernières victimes, les Bluejam Kaizoku, que Sabo et moi avions volé. Ils sont tombés sur Luffy et ont essayé de lui faire avouer le trésor. Il n'a pas lâché un mot. Honnêtement, je n'ai compris pas sur le moment ce qui le motivait.
- C'était tout con. Pour moi, si je parlais, je pouvais faire une croix sur son amitié. Elle m'a sauvé avec Sabo et on a pu se cacher. J'ai découvert ce jour-là qu'Ann et les pleurnichards, c'est la pire rencontre qui soit, vu comment je me suis fait engueulé. Elle m'a demandé pourquoi je tenais autant à devenir son ami, puis, elle m'a demandé si j'étais content qu'elle soit vivante. J'avais dit oui à l'époque, et c'est toujours le cas aujourd'hui.
- Ooooh… fondit Franky devant le sourire de la grande sœur à son petit frère.
- C'est comme ça qu'on en est venus à traîner ensemble. On a fini par apprendre, de fil en aiguille, que Sabo n'était pas un orphelin, plus ou moins comme nous, mais un fugueur, issu de la noblesse de Goa. Un fugueur avec des envies de liberté.
- En plus de ne pas vouloir être seul, nous voulions être des pirates, chacun pour nos raisons. Alors, on a décidé d'échanger une coupe de la fraternité. Comme ça, quoi qu'il arrive, nous resterions des frères, peu importe nos voies, une fois sur les océans. Je dis frères, et non pas frère et sœur, parce qu'avec le comportement d'Ann, on peut se le permettre.
- Tu vas te prendre du plomb dans la cervelle, avertit Ann.
- Donc, Ann a chipé du saké aux bandits et on a prêté serment. Tout allait bien, malgré le petit accrochage qu'on avait eu au sujet de la parenté entre Ann et une personne dont je ne citerai pas le nom si je ne veux pas qu'elle fasse de sa menace une réalité… jusqu'à ce que les parents de Sabo nous retrouvent. Ils ont embauché les Bluejam. On a été passés à tabac et Sabo a dû partir, malgré nos protestations, pour nous protéger. Les choses sont allées de mal en pis. Ann et moi avons failli crever dans un incendie du Grey Terminal, qui devait être purgé avant la visite de Tenryuubito. Quand on a pu enfin avoir des nouvelles de Sabo… c'était pour apprendre qu'il s'était fait descendre.
- Vous avez déjà vu des Tenryuubito, donc, si je vous dis que c'est l'un d'eux qui a tué Sabo, parce qu'il a eu le malheur de vouloir prendre le large ce jour-là et le croiser dans le port… ça ne devrait pas être trop dur à imaginer. Tout ce qu'on a retrouvé, c'est son chapeau. C'est tout ce qu'on a pu mettre sur sa tombe.
Ann ferma les yeux et porta les mains à son visage, masquant son début de larmes. Luffy regarda le plafond, les sourcils froncés.
- On a chacun juré sur cette même tombe qu'on veillerait sur l'autre. Sabo mort, il n'y avait plus personne pour faire tampon, nous calmer quand on s'emportait. J'étais plus petit, moins bien entraîné et donc plus faible. J'étais donc celui qui en ressortait le plus souvent blessé. Il a fallu du temps, des erreurs, des échecs à répétition pour qu'on en arrive à pouvoir déconner aussi bien ensemble aujourd'hui. Se reposer l'un sur l'autre. Se faire confiance. Oublier le fait qu'on ne soit pas des frère et sœur de sang pour s'adorer comme tel. Durant tout ce temps, Ann s'est adoucie, et je me suis endurci. Je suis le plus petit, mais je suis devenu à sept ans l'homme de la famille, avec une frangine presque suicidaire.
- On avait besoin de Sabo. Il n'était pas là. On a dû apprendre à faire sans… souffla Ann, essayant de contenir son émotion.
- Le voir ainsi débarquer, après ces années de silence… c'est douloureux. On devrait être heureux, mais ça reste une trahison à nos yeux. Voilà pourquoi on ne peut pas le voir en photo. Parce qu'on l'adorait tellement, le revoir maintenant fait aussi mal.
Le silence suivit ses paroles.
- Désolé d'avoir posé la question, s'excusa Zoro alors que Franky sanglotait dans son coin.
Les deux D. secouèrent la tête.
- Je connais l'excuse de Sabo, mais ce ne sont pas mes affaires. Je voudrais vous aider, mais je ne pense pas que j'arrangerai les choses, soupira Robin.
- L'intention compte. J'ai Luffy, c'est suffisant.
Ann leva une main et Luffy l'attrapa avec un sourire.
- T'es la meilleure grande sœur qui soit, et la sorcière la plus badass de la création… j'attends qu'une chose… un espoir de me voir tonton !
Luffy se protégea la tête, s'attendant à se recevoir un coup, mais il ne vint pas. Ann se contenta de jouer avec une de ses mèches de cheveux.
- Je vais porter ta demande à qui de droit, Luffy, ne t'en fais pas. Si ça arrive, tu seras le premier au courant… sourit malicieusement la Shirohige.
Quelque part, Marco éternua
- Tu restes longtemps ? demanda Robin.
- Nop. Le temps de refaire mes forces, et je décolle. Certainement demain, dans la journée. Le CP-0 fait demi-tour à cause de nous. Je vous conseille de décoller rapidos aussi. J'ai cru comprendre que Sengoku allait pas tarder à débarquer. Même si mettre en rogne le Buddah qui m'a condamnée à mort et m'a volé mon anonymat serait jouissif, je suis attendue ailleurs, et Marco a déjà bien des raisons de vouloir me remonter les bretelles avec le journal.
- Passe quand tu veux à bord, je suis certain que les autres seront content de te revoir… surtout Sanji, pointa Zoro.
Ann eut un petit rire et pencha la tête vers l'arrière pour voir le sabreur.
- Dis plutôt qu'il le sera en voyant mon nouveau mode vestimentaire…
- C'est certain qu'il y a du progrès dans la direction de la féminité, par rapport à ce que vous portiez avant, d'après les photos des journaux, constata Robin.
- Pas assez, si j'en crois Bayonetta. Enfin.
Un léger ronflement lui fit baisser les yeux et elle sourit affectueusement en voyant que son frère s'était endormi. Les Mugiwara eurent un petit rire devant ça. C'était la façon bien particulière de Luffy de leur dire qu'il était temps de dormir.
Koala ressortit de la cabine de Sabo en soupirant. Hack attendait dehors, inquiet.
En réponse, la femme secoua la tête avec tristesse.
- C'est triste qu'ils en soient réduits à ça, sans qu'on le laisse s'exprimer, soupira Hack. D'autant plus que Portgas en a fait autant que lui, mais le petit Luffy a accueilli son retour sans sourciller.
- De ce que j'ai compris, la différence entre les deux est que Portgas a mis au courant Luffy-kun dès que possible. Sabo ne le pouvait tout simplement pas, mais aucun des deux autres ne veut l'entendre.
Koala soupira et se laissa aller contre le bord du navire. Hack s'accouda à ses côtés.
- Je ne les comprends pas. A leur place, je serais fou de joie. Après tout ce que Sabo a traversé, sa lutte pour retrouver sa mémoire et le choc devant les nouvelles de Marine Ford qui lui a permis de se rappeler de qui il était… c'est un coup très dur pour lui.
- Au moins on comprend ce qu'il s'est passé à Vigrid et par la suite. Il a dû apprendre là-bas pour Portgas, soupira Hack. J'ai déjà mis Dragon au courant. Il a dit qu'il essaierait d'entrer en contact avec le nouveau capitaine des Shirohige pour arranger une rencontre.
- On sait tous les deux comment Sabo va agir prochainement.
Un révolutionnaire toqua à la porte de leur supérieur pour lui apporter à manger, mais n'eut aucune réponse. En supposant que le blond boudait, Hack alla voir et… retrouva la cabine vide, le hublot ouvert, le sac de Sabo disparu avec son possesseur.
- Koala… tu veux annoncer à Dragon-san que son bras droit vient de prendre le large ? demanda Hack, pas du tout surpris.
Le cri de rage de la jeune femme lui tira un sourire blasé.
Luffy se réveilla au beau milieu de la nuit et réalisa qu'Ann était absente.
- Elle a dit qu'elle partait faire un tour pour se changer les idées, grommela Zoro dans un demi-sommeil.
- Merci, Zoro.
Luffy s'assit dans le lit et enfila ses claquettes pour sortir de la maison de Kyros, enjambant avec précaution les corps étalés sur le sol et quitta la petite maison de bois, refermant la porte derrière lui. Le champ de tournesols s'agitait légèrement et paisiblement dans le clair de lune. Luffy repéra aisément sa sœur avec son Haki et se dirigea vers elle.
Ann était assise au bord de la falaise, regardant Dressrosa en ruines, parlant avec un denden près d'elle.
- Je sais plus quoi faire…
« Je viens d'être contacté par Dragon. Je peux toujours accepter la rencontre, exiger à voir ce petit con, et basta, affaire classée, yoi » répondit le denden avec une voix familière pour Luffy.
- T'es bien sanguinaire à ce sujet, bébé.
« Ann. Tu es ma compagne, et tu le seras toujours quand on sera en Enfer. Quand bien même je ne l'aurais pas juré à nos frères et à Oyaji, m'assurer de ton bonheur sera toujours ma mission prioritaire. »
Luffy avait cessé d'avancer pour écouter la conversation, souriant de joie, par le fait qu'il existe quelqu'un, excepté lui, s'en faisant autant pour le bonheur de sa sœur.
- Et en quoi te débarrasser de lui changera les choses, de ton point de vue ?
« Je ne veux pas connaître ses excuses. Il te fait du mal, il doit payer. Point, yoi. »
Ann eut un soupir.
- C'est une affaire de famille, Marco.
« Tu me vexes en disant qu'on n'est pas une famille. »
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, bébé. Je dis simplement que ça ne concerne que Luffy et moi. A ce sujet, je n'attends pas grand-chose des nôtres. Juste un soutien peu importe mes décisions à son sujet.
« Tu n'as qu'un mot à dire, et tu le sais, yoi ».
Ann eut un soupir en se frottant le visage.
- J'ai encore deux trois détails à régler, et je rentre. Je serais partie demain dans la journée.
« Ne te fais pas remarquer plus, yoi. Bayonetta a prévu de passer pour te toucher deux mots. »
- Tu veux que je fasse comment ? C'est une question d'heures, si ce n'est de minutes, pour qu'on réactive ma prime ! Sengoku et le CP-0 sont en route, et Fujitora est déjà sur place ! Tu veux que je procède comment pour me faire remarquer plus !
« Ann… je dois te rappeler cette mission que tu as eue, avec Thatch et Haruta… tu sais, celle où vous ne deviez qu'enquêter sur les activités de la Marine pas loin de Foodvalten. Qui a foutu le bordel, yoi ? »
- Garp.
« Ton grand-père a bon dos. »
- Avec moi ? Toujours. Je vais te laisser. On se voit bientôt, de toute façon. Byye.
« Prends soin de toi, bébé. »
- Toi aussi, Amour.
Ann raccrocha et eu un profond soupir.
Avec un sourire de morveux, Luffy s'approcha sur la pointe des pieds et se baissa jusqu'à l'oreille de sa sœur pour lui souffler :
- Tu as fait part à cet Amour de ma demande ?
- EEEEP !
Ann sursauta, une main sur le cœur et regarda son frère, les lunettes de travers, sincèrement vexée. Elle lui fila un coup sur une des jambes que Luffy accepta en riant. Il contourna sa sœur et se laissa tomber par terre entre ses jambes, faisant grogner son aînée. Ann entoura son frère de ses bras, appuyant son menton sur l'une ses épaules, gardant le silence.
- J'aime bien ce type. Il s'en fait pour toi, c'est pile ce qu'il te fallait !
- Je lui dirai.
Ann replongea dans le silence et dans ses pensées. Elle se sentait bien à proximité de Luffy. Comme si ses problèmes prenaient le large. Elle était apaisée…
- T'es certain pour ta décision d'en vouloir à Sabo ? demanda Ann.
- Je peux te retourner la question, souffla Luffy.
Il se retourna partiellement pour lui adresser un regard sérieux.
- Tout ce que je sais, c'est que songer à toutes ces années de silence me font mal. Très mal.
- Alors tu as ta réponse, constata Luffy.
Il lui tourna de nouveau le dos, s'appuyant contre elle avec un soupir de bien-être et serra dans ses mains celles de sa sœur.
- Tu me promets d'attendre un moment avant de mourir de nouveau ? Genre, plusieurs années ? demanda Luffy.
- Seulement si tu me fais la promesse de faire toi aussi attention.
- Je serai prudent.
- Moi aussi, alors.
Ann embrassa son petit frère sur la tempe et recommença à observer la nuit avec lui.
La journée avait été bien remplie, même pour le Shin Sekai.
Cet instant de paix était plus que bienvenu dans ce monde chaotique.
