Bonsoir à tous ! Noël approche, et ceci est le premier chapitre qui sera publié ce mois-ci de toutes mes fictions. Plusieurs de mes fics vont avoir des updates sous peu, voir, plusieurs chapitres en plus. Pour ce X-Over ci, j'attends de voir comment va se conclure les ennuis de Sanji (je n'en dirais pas plus pour ce qui n'ont pas lu One Piece jusque le là), avant de boucler l'intermède et me mettre au jeu 2.
je tiens à m'excuser si le comportement d'Ann peut vous paraître déroutant, les explications viendront en temps et en heure. Je ne fais rien par hasard (enfin, c'est faux, je fais tout par hasard, mais ça le fait moins).
Donc, je vous souhaite d'avance une bonne lecture et à bientôt !
Ann était sur le port, à proximité de son Striker, disant au revoir à son petit frère.
- Merci encore de prendre soin de lui. Luffy est un idiot, compliqué à satisfaire, mais c'est quelqu'un qui a un bon fond, remercia Ann à l'adresse des Mugiwara présents.
- Aucun problème, Sis' ! assura Franky en prenant sa pose.
Ann tira de sa poche une Vivre Card qu'elle donna à son frangin.
- Avec Marine Ford, la première a été détruite. Si je suis dans le Purgatorio, et pas toi, elle sera incapable de te dire où je suis, c'est certain, mais tu n'as pas besoin de plus de leçons sur comment faire de la magie, afin de passer dans cet espace.
- C'est certain, commenta Luffy.
Luffy tendit sa main pour prendre la feuille de papier mais Ann la retira de sa portée au dernier moment.
- Je te la donne à une seule condition. Que tu ne l'utilises pas pour venir me sauver la vie. C'est mon rôle d'aînée. Pas le tiens. Si j'ai des ennuis, c'est à mon équipage d'agir, certainement pas toi.
- Et tu sais que je ne peux pas te faire cette promesse.
Luffy chipa en un coup de vent le bout de papier, faisant soupirer Hiken.
- On sera là pour le seconder, s'il doit y avoir des problèmes, assura Zoro. Il ne sera pas seul sur un champ de bataille. On ira ensemble jusqu'au bout. On avait eu des soucis à Shabaody. Sans cela, on aurait tous débarqué à Marine Ford.
- Merci infiniment.
Ann s'inclina, heureuse de savoir son jeune frère aussi bien entouré et grimpa sur son Striker.
- A la prochaine, si vous ou moi ne finissons pas en enfer entre temps.
- On évitera de passer les portes d'Inferno, assura Robin avec un sourire. Faîtes-en de même, Umbran-san.
Ann les salua d'un geste de son chapeau et fila vers l'horizon, disparaissant dans un portail du Purgatorio. Dès qu'elle l'eut franchi, la Vivre Card dans la main de Luffy se mit à tourniller en tous sens, comme perdue.
- Je suis content de voir qu'elle a pu se refaire après tout ce qu'il s'est passé, avoua Luffy. De la savoir aussi bien entourée. Savoir que je ne suis pas le seul à m'en faire pour elle. En bref, qu'elle soit heureuse d'être toujours vivante.
- Vous êtes tout de même une sacrée famille, tous les deux, commenta Usopp. Y'en a encore des comme ça ?
- Pas que je sache. Allons-y, ne nous attardons pas trop, on sait pas quand la Marine pourrait remarquer que nous ne sommes plus cachés.
- Tu es rentré, nota Dragon. J'ai eu Koala-kun en ligne pour se plaindre. Elle sera contente de savoir que tu es juste parti devant.
Sabo ne répondit pas en passant devant son patron dans les couloirs de Baltigo, son chapeau cachant son expression.
- J'ai cru comprendre que la réunion s'était mal passée, continua le chef de la révolution.
- Je ne veux pas en parler, pointa Sabo en inclinant un peu plus son chapeau sur son visage.
- J'ai appris pour Portgas D. Ann.
Sabo se figea un instant, puis reprit sa route. C'était tout ce qu'il fallait pour Dragon pour savoir que c'était l'un des sujets qui perturbaient son bras-droit.
- J'ai quasiment négocié une rencontre avec le nouveau capitaine des Shirohige. Veux-tu te joindre à moi si elle se finalise ?
Sabo s'arrêta un instant et réfléchit.
- Je veux bien.
- Je te tiendrai au courant.
- Merci, Dragon-san.
- Avec plaisir, Sabo-kun.
Et Sabo reprit sa route jusqu'à ses quartiers. Une fois la porte passée, il la verrouilla derrière lui pour se laisser tomber sur son lit. Il jeta son chapeau avec son sac sur son bureau et se prit la tête dans les mains en soupirant.
Bientôt, les larmes commencèrent à couler.
Il n'arrivait pas à comprendre.
Pourquoi autant de colère ? De haine ? De rancœur ? Pourquoi Ann et Luffy ne le laissaient-ils pas s'exprimer ? Se justifier, ne serait-ce que s'expliquer !
Il les savait têtus, mais c'était au-delà de tout !
Le plus surprenant, c'était Luffy.
Il n'était plus le petit garçon qu'il avait connu. Il avait tant changé. Ann conservait une partie du même caractère, mais Luffy était le plus déroutant. Le garçon qu'il avait connu et appelé son 'otouto' lui aurait laissé une chance de s'exprimer, au lieu de lui fermer la porte ainsi !
Il ferma ses poings tremblants contre son visage, essayant de garder le contrôle sur son pouvoir récent qu'il sentait sur le point de lui échapper.
Sabo avait eu un espoir à Dressrosa, en voyant qu'Ann s'était apparemment calmée et assagie, mais pas suffisamment apparemment pour qu'elle accepte de l'écouter.
- Pourquoi… sanglota-t-il. POURQUOI ?
Le silence ne lui donna aucune réponse.
Ann ne faisait chier personne.
Elle était assise tranquillement sur le moteur de son Striker, lisant un journal, de la musique pour lui tenir compagnie, tout en suivant la route jusqu'au Moby Dick.
Perdue dans ses pensées et sa lecture, elle ne réalisa pas l'immense navire venir vers elle.
Plouf !
Ann termina sous l'eau, son Striker renversé.
Sengoku et Tsuru, qui étaient sur le navire coupable, ordonnèrent qu'on jette l'ancre et allèrent voir ce qu'ils avaient percuté.
Ils ne virent que la coque d'un engin retourné dans l'eau avec un étrange moteur.
- Y'avait de la musique, donc, quelqu'un à bord, pointa Tsuru.
- Non mais quelle idée de rester ainsi, au beau milieu du passage d'un navire de guerre ! grommela Sengoku en mâchonnant des gâteaux qu'il avait sous le bras. Repêchez ce pauv' type.
Les marines allaient s'exécuter quand l'engin se retourna brutalement, comme de sa propre volonté, les surprenant.
- FANTÔME ! hurlèrent quelques idiots.
- Ne soyez pas ridicules, ça veut dire que son propriétaire est toujours vivant. Dépêchez-vous, grommela Tsuru.
- Non, c'est impossible… souffla Sengoku en reconnaissant le pavillon, certes trempé qui ornait le mât.
- Sengoku-san ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est… c'est le Striker. Il n'y a qu'une seule machine dans ce genre qui existe et elle appartenait à la gamine de Roger… !
- Pour la énième fois, espèce de foutu chauffard, je m'appelle Portgas D. Ann ! rugit une voix derrière eux. Le Shin Sekai n'est pas assez grand, pour les cons que vous êtes, pour que tu éprouves le besoin de me foncer dessus, alors que jusqu'à preuve du contraire, voyager, lire le journal et écouter la musique ne sont pas des crimes !
Les marines se retournèrent vers l'intérieur de leur navire.
Ann se tenait au beau milieu, les poings sur les hanches, dégoulinante d'eau, son dial dans une main et son journal désormais illisible dans l'autre. Et elle avait l'air souverainement en colère.
- Toi ! siffla Sengoku alors que le reste des marines soit choisit de crier au fantôme et de s'évanouir, soit se mettait en garde.
- Moi, en effet. Tu veux me dire quelque chose de particulier ou tu vas m'attaquer direct ? demanda Ann en rejetant sa queue de cheval dans son dos.
- Comment as-tu pu survivre ? souffla Tsuru, abasourdie.
- Magie, répondit simplement Ann en haussant des épaules.
- Et je suis Kaidou ! renifla Sengoku. Tu en état d'arrestation et cette fois, je veillerai à ce que tu n'échappes pas à la mort, Gol D. Ann.
Ann inspira lentement, puis expira.
- Je dois haïr Roger tout autant que toi, si ce n'est plus, dit calmement la demoiselle. Quoi qu'on dise, je reste une Portgas. Jusqu'au bout des ongles. Et quand je rejoindrai Inferno, je le serai toujours autant. Merde ! Le simple fait que je sois vivante en est la preuve ! Et je vais te montrer ce que ça implique d'être une Portgas !
Elle leva une main vers le ciel.
Plus besoin de faire appel à la Madama pour ce genre de chose, depuis Jubileus, elle avait gagné en pouvoir et expérience.
La formule Enochienne tomba des lèvres de la sorcière.
Et la nuit se leva en réponse, effrayant les faibles d'esprit.
- Je suis plus la gamine qui est morte stupidement à Marine Ford. Je le répète, je suis une Portgas, annonça Ann, ses yeux devenant rouges sous la magie. On peut faire ça de deux façons, Sengoku. Soit tu me laisses partir sans bobo… soit tu prends un bain. Je n'ai certainement pas envie de me battre. J'ai bien d'autres chats à fouetter et j'aimerais revoir Marco avec la tête de Jesus pas totalement décomposée, de préférence. Tu comprends mon dilemme ?
Un marine tenta de l'avoir par derrière, mais Ann s'esquiva, invoquant une vierge de fer dans lequel le pauvre homme termina. Quand l'objet se referma, le hurlement et le sang prouvèrent en effet qu'Ann n'était plus la même.
Sengoku le réalisa quand Ann se contenta de rire sous le sang qui se rependit sur le pont.
Ann voulait bien sauver ceux qui le méritait, mais pour la Marine, elle serait sans pitié.
Elle était plus cruelle, plus sanglante, plus sauvage que la femme qu'ils avaient voulu tuer à Marine Ford.
- Choqué, Buddah~ ? C'est grâce à toi et à ton idée de m'exécuter que je suis aujourd'hui ainsi… sourit largement la D en prenant une pose aguicheuse. Remercie Akainu. Sans lui, je n'aurais pas pu avoir accès à ce qui fait que je suis une Umbran aujourd'hui !
Sengoku fonça sur elle à son tour, mais elle profita d'un Witch Time pour prendre appui sur lui et sauter. Quand le temps retrouva son déroulement normal, le vieux marine chercha à tout prix sa proie.
- En haut, boke ! appela Ann.
Sengoku releva la tête et s'esquiva de justesse pour ne pas être frappé par le poing immense et vert qui lui venait dessus.
Le navire n'eut pas cette chance, parce qu'il se retrouva avec un gros trou.
Et le plouf qui suivit indiqua que la coque était trouée plus profondément qu'ils ne le croyaient.
Un craquement au niveau du gouvernail les interpella et peu après, Ann refit surface, sur son Striker.
- J'ai plus d'akuma no mi, donc, contrairement à toi, je suis capable de nager, sourit largement la D. Passe le bonjour à Garp de ma part, veux-tu ! Ja na !
Et elle activa l'engin avant de faire un signe avec son chapeau pour dire au revoir, se marrant sous le cri de rage de Sengoku qu'elle laissait sur un navire avec un trou dans la coque et un gouvernail cassé.
Aaaah, les joies de la sorcellerie !
Elle avait peut-être évité un vrai affrontement, où elle aurait eu certainement plus de difficulté, mais c'était assez jouissif comme petite vengeance. Elle relança sa musique en reprenant son siège, et ferma les yeux, humant en rythme Fire Riddim.
Garp regarda son denden sans y croire et se cura une oreille.
- Je t'ai mal compris, Senni. Tu dis que tu as quoi ?
« Cette gamine que tu appelles ta petite-fille a débarqué sur mon navire, a fait un trou dans la coque et a bousillé le gouvernail ! Je veux des explications sur sa survie ! » rugit Sengoku en ligne.
- Elle allait bien ? Où allait-elle ? Que voulait-elle ?
Sengoku soupira par le denden.
Garp ne s'était pas remis de Marine Ford, se sentant toujours coupable. Forcément qu'il ne lui répondrait pas et voudrait un max d'information. Honnêtement, Sengoku se doutait que son vieil ami devait avoir des infos et il comprenait même pourquoi il aurait caché cette affaire. Cela avait toujours été un sujet de discorde entre eux et ça le resterait.
Mais Garp restait son ami.
« Je l'ai renversé de son Striker quand elle revenait de Dressrosa, je pense. Elle m'a engueulé pour ça, puisqu'elle jugeait que sa musique… qui est une honte à la musique en elle-même, et lire le journal, tout en voyageant n'étaient pas des crimes pour que je puisse me permettre de la renverser avec mon navire. C'était un stupide accident, mais si j'avais réalisé depuis le départ que c'était elle, je lui aurai tiré dessus avant de l'envoyer à l'eau. »
- Et où se rendait-elle ? Elle l'a dit ?
« Retourner auprès des Shirohige. Le Phénix a bien repris l'équipage en main, comme disait la rumeur. C'est assez surprenant de sa part, j'aurai presque cru qu'il les enverrait tous au suicide collectif à la suite de la perte de Shirohige. Le fait que la gamine soit vivante me parait un peu gros comme raison du fait qu'ils soient toujours unis. »
Pas pour Garp.
Du moins, ça ne le serait plus s'il parvenait à mettre la main sur ce foutu oiseau de malheur et s'assurer qu'il prenait bien soin d'elle. S'il s'avérait qu'ils se jouaient d'elle, il s'assurerait de la mettre sur le prochain navire pour East Blue. Makino serait heureuse de revoir la demoiselle. Dadan peut-être moins, mais ce n'était qu'un détail.
- Elle allait bien ?
« Mouillée mais toujours aussi irritante, et avec un nouveau set de techniques… un pauvre téméraire a fini ses jours dans une Vierge de Fer, qu'elle a sortie de nulle part. Plus cruelle et sadique aussi, je dirais, et elle a eu le plaisir de me dire qu'elle était devenue comme ça à cause de moi. »
- Elle aurait pu le guillotiner ou l'écraser sous une pierre tombale.
« Crache le morceau, Garp. »
- Non, pas cette fois, Senni. J'ai échoué une première fois. Pas la seconde. Tu permets, j'ai deux mots à toucher aux Shirohige pour leur faire comprendre ce qu'il adviendra de leurs fesses s'ils font souffrir Ann.
Et sans rien dire d'autre, il raccrocha. Il chaussa les lunettes qu'Ann avait enchanté et regarda la photo prise dans les ruines de Vigrid. Il avait entendu des rumeurs au sujet d'une bonne sœur avec d'étranges techniques et habitudes. Il commencerait par là.
S'infiltrer à bord du Yonta Maria était simple.
Il avait loupé Ann et Jeanne, mais ce n'était pas bien grave.
Luka avait l'intention d'écrire un bel article en demandant une interview spéciale à Monkey D. Luffy.
Ce qu'il s'était passé ici méritait d'être noté dans l'Histoire.
Quand Luffy arriva à bord et que Olimbus commença ses sous-entendus, Luka sortit immédiatement de quoi noter et se prépara à faire la liste des noms et équipages impliqués.
- C'est de la curiosité mal placée, journaliste-san. Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous envoyer à l'eau ?
Luka manqua de faire un arrêt cardiaque et nota que Nico Robin était assise juste à côté de lui.
Pour le coup, tout le monde se tourna vers lui.
- Ah ? excusez-moi, je me suis pas présenté.
Luka se leva et s'inclina avec une révérence assez drôle, avant de se redresser et d'arranger son imperméable fatigué.
- Je voulais à la base, en venant à Dressrosa, avoir l'interview d'une Sorcière, mais je vais pas pleurer quand je peux assister à la formation d'une alliance aussi impressionnante que celle-ci. Continuez, je vous en prie. Sage Lumen, une interview, après, c'est possible ?
- Y'a beaucoup de monde en ce moment qui parle de ça. Pour des clans disparus voire oubliés, c'est pas logique, commenta Luffy avec une moue. On se connaît ?
- Je ne pense pas. J'ai eu néanmoins le plaisir de rencontrer Madama Khepri qui visitait Vigrid en compagnie de Bayonetta. Mon nom est Luka Redgrave. Je suis journaliste.
- Ah ! Nee-chan m'a parlé de toi… !
Luka eu un immense sourire… qui fondit rapidement pour devenir un nuage de déprime :
- T'es le stalker de Bayonetta ! Cheshire !
- Je suis pas un stalker ! Je suis un journaliste et j'enquêtais à l'époque sur les circonstances de la mort de mon père, circonstances qui l'impliquaient ! Non, mais ! Et mon nom est Lu-ka ! Je ne suis ni un chat, ni une peluche !
- Pourquoi on devrait laisser un journaliste assister à ça ? Surtout, comment il a fait pour monter à bord ? demanda Sai.
- Je me suis infiltré dans le bureau de Balder, du groupe Ithavoll, sur la Isla del Sol, alors, un navire pirate, c'est pas plus difficile, commenta Luka en haussant des épaules. J'ai même pu voir le joli satellite de Vegapunk tombé sur l'île. C'est clair que les nanas de l'Umbra savent se donner en spectacle.
- Luffy-sempai ? demanda Bartolomeo avec hésitation.
Luffy haussa des épaules.
- C'est un ami d'Ann. Je peux bien rendre service aux amis de ma sœur.
- Ne laisse pas Enzo entendre ça, il te demanderait de l'aide dans le règlement de ses dettes auprès de Rodin, conseilla Luka. Je vous en prie, ne vous occupez pas de moi, je suis juste un témoin.
Luka se rassit et s'installa confortablement pour prendre ses notes pour son article, sous le regard curieux de Robin.
Les uns après les autres, les leaders des différents groupes s'avancèrent pour présenter leur unité et leur nombre.
Luka esquissa un sourire en notant le nombre final de personnes. Cinq mille six cents gars au service de Mugiwara no Monkey D. Luffy.
Il tomba des nues quand Luffy opposa son veto.
- Il vient bien de dire non ? demanda Luka en ignorant Zoro se proposait pour boire le saké.
- Il vient en effet de dire non à l'alliance. Sous cette forme, nuança Robin avec un sourire.
- Et moi qui pensais que les bizarreries, ça s'arrêtait aux anges, soupira le journaliste.
Luffy le coupa dans ses réflexions en criant :
- JE NE VEUX PAS ÊTRE CELEBRE OU ÊTRE IMPORTANT ! JE VEUX ÊTRE LE KAIZOKU OU !
Cela laissa le journaliste perplexe. Autant dire qu'il ne voulait pas se servir de la Magie ou des Anges, mais qu'il voulait toujours être un Sage Lumen. Ou plus simplement qu'il voulait une omelette sans utiliser d'œuf. Luka n'aurait pas dû conseiller à la grande sœur de voir un psy. C'était le petit frère qui avait le plus besoin d'aide.
Plus d'une personne étaient perplexe.
- Ce que va dire Luffy est important, pointa Robin au journaliste.
Faisant confiance à la brune, Luka se fit attentif.
- Si je suis dans la mouise, je n'hésiterai pas à faire appel à vous ! disait Luffy. Et je compterai sur votre présence à cet instant ! On a pas besoin de ces conneries ! Si vous avez besoin d'aide à côté, on rappliquera illico presto ! On est des amis ! On a été tous ensemble dans cette bataille !
Luffy ne voulait pas être le Kaizoku Ou pour la puissance ou le pouvoir. Mais pour être libre. Pas d'accroche. Pas de formalité. Pas de devoirs. Juste libre.
Luka n'en croyait pas ses oreilles. C'était du sans précédent.
Et pourtant, les sept représentants burent leur coupe, signant leur accord à sens unique.
Malgré cela, ils se sentaient libres et bien plus satisfaits de ce qu'ils avaient espéré à l'origine.
- Bon, le journaliste, on va lever l'ancre, c'est maintenant que tu dois descendre, pointa Sai.
- J'ai quelques questions à vous poser sur votre version des faits des évènements de Dressrosa. Ne vous en faîtes pas pour moi, j'ai un taxi.
En se penchant vers l'eau, derrière Luka, on voyait un zodiaque avec Enzo en pleine panique derrière le volant.
- Luka ! Petit con ! Grouille-toi ! rugit Enzo en bas.
- La vérité a besoin de tout le temps nécessaire pour être claire, précise et sans faux semblant ! s'offusqua Luka. Tu me presses pas dans mon boulot ! De toute façon, j'ai les clefs du zodiaque et pas toi.
Luka se tourna vers les pirates qui lui souriaient largement.
- Vous avait des questions, donc, Redgrave-san ? demanda Robin avec un sourire ravi. J'aime votre façon de faire.
- Peu importe les risques, j'écris les choses comme elles sont. C'est mon devoir, bella, sourit Luka à la brune.
Robin ne put s'empêcher de rire.
Dans un petit coin de sa tête, Luka se demandait comment il pourrait bien faire parvenir l'article en avant-première à Ann, afin qu'elle ne fasse pas une syncope devant le journal.
Si l'article était accepté.
Marco l'avait vu venir gros comme une montagne.
Maintenant qu'on savait qu'Ann était vivante, Akainu demandait à ce qu'on s'acharne sur eux et qu'on lui ramène la gamine de Roger…
Bien sûr, leur dire qu'elle n'était pas avec eux n'était pas une excuse acceptable pour la Marine. D'où le fait que Marco se devait de diriger un énième combat en même pas une semaine.
Comme s'ils n'avaient pas autre chose à faire !
Un appel que Marco n'espérait pas entendre avant encore quelques jours finit par parvenir d'un des noryokusha de son équipage :
- SORCIERE EN APPROCHE RAPIDE ! WICK WEAVES EN FORMATION !
- ON EVACUE ! rugit Marco.
Et les Shirohige filèrent rejoindre le Moby Dick.
Juste à temps.
Sortant du Purgatorio, l'escarpin immense de Madama Khepri traversa en deux le navire de la Marine. Un autre membre, un poing cette fois, jaillit du ciel et termina d'enfoncer à la mer les adversaires des pirates.
Ann sortit du Purgatoire avec son Striker, l'air souverainement agacé, regardant le navire des bleus couler.
- Bande d'emmerdeurs. Tch.
Et elle revint vers le Moby Dick. Elle attrapa la corde que Jozu lui lança et l'attacha autour du Striker, avant de remonter à bord pour hisser son embarcation sur le pont.
- Désolée pour les problèmes, ce n'était pas dans mon planning de voir une de mes armes se briser, grommela la sorcière en démontant son engin.
- Ouais, ben en attendant, c'est nous qui nous coltinons les gars qui te cherchent pour Akainu, gronda Haruta, les poings sur les hanches. Sans parler des chasseurs de primes ou des crapules diverses et variées qui ont une dent plus longue qu'un bras contre Roger et veulent te présenter l'addition.
- J'ai compris la même chose de la part de Sengoku quand il m'a renversée de mon Striker. Enfin, rien ne nouveau, de ce que je vois, soupira Ann.
- Si. Dragon veut te rencontrer, yoi, pointa Marco.
- Qu'il vienne et je le sacrifie à Madama Khepri. En parlant d'elle.
Ann lança un sac de toile à Marco qui le rattrapa en fronçant les sourcils sous l'odeur de pourriture qui en sortait. En ouvrant le sac, il eut plusieurs exclamations de dégoût et des haut-le-cœur.
Après tout, la tête de Jesus était dans le sac, et commençait à entrer en décomposition.
- Son âme a servi d'apéritif à mon contrat, explicita Ann avec un sourire vicieux. Des réclamations ?
- Tu aurais pu nous en faire profiter ! rugit quelqu'un parmi les pirates.
Ann eu un bref rire et s'éloigna avec son Striker démonté pour le ranger à sa place. Marco eu un sourire en la voyant faire.
- Oh, et bébé… Garp a réussi à avoir notre numéro.
Ann se figea, un pied levé.
- Entre deux engueulades signifiant bien mon sort s'il te retrouvait de nouveau en pleine dépression sur son navire, il disait qu'il aimerait avoir une conversation civilisée avec nous deux, yoi.
Ann vira au rouge et explosa :
- QU'IL S'OCCUPE DE SES AFFAIRES !
- Je suis tenté d'accepter, juste pour lui faire comprendre que s'il veut me hurler dessus pour notre relation, qu'il le fasse en face à face, que je puisse lui répondre, yoi.
- T'ES TOTALEMENT BARGE !
- Tu l'as corrompu, pointa Milo à Ann en montrant Marco du pouce.
- Toi, tu l'ouvres un peu trop depuis que tu as récupéré le poste de Thatch, grommela Ann en s'éloignant en boudant.
- Non, je l'ouvrais autant quand je n'étais que second. Sauf qu'il n'y avait que ma flotte et Thatch pour s'en plaindre. Maintenant, y'a plus le filtre de sa connerie.
- On a eu des coups de fil assez embarrassants de pas mal de nos anciens alliés, continua Izou en remplissant son kiseru. Très embarrassants. Du genre larmoyant. Pour des pirates, ça ne le fait franchement pas. Heureusement que c'était des larmes de joie et des remontrances pour avoir caché ta survie. Doma a bien signifié qu'il avait l'intention de te botter le cul jusqu'à Baterilla.
Ann eu un reniflement narquois et reprit sa route.
- On attend ton rapport ! appela Haruta.
- Vous allez l'avoir, minute.
- Et Cassandra veut te voir, yoi.
Ann s'arrêta un instant, visualisant déjà ce que la sadique qui devait avoir du sang de démon allait lui faire subir. Elle déglutit d'avance et retourna au rangement de son Striker.
Marco eu un sourire.
C'était bon de la revoir à bord. Sans elle, il n'était pas certain qu'il serait resté debout pour eux tous.
- …Et voilà qui conclut mon voyage à Dressrosa, termina Ann en croisant ses mains sur sa ceinture en se laissant aller en arrière sur sa chaise. J'attends les engueulades, je devais pas me faire démasquer. Pour cela, je présente mes plus plates excuses et accepterai le moindre châtiment.
- Marco, avoue… elle est masochiste, n'est-ce pas ? demanda Jiru avec un sourire.
Le regard noir du couple lui fit lever les mains en rémission.
- La réponse est non. Néanmoins, il va falloir jouer avec cette nouvelle situation, yoi.
Marco se laissa aller à son tour contre son dossier, se frottant le menton sous la réflexion.
- Elle peut jouer les fantômes, proposa Kingdew. Avec la magie, elle peut disparaître comme ça, par enchantement, en entrant et sortant du Purgatorio. En utilisant cela, on peut semer le doute.
Ann pencha la tête sur le côté, essayant de voir où aller son camarade avec sa proposition.
- Ouais, je vois, comprit Blamenco. Tu fais de rapides apparitions en public hors du Purgatorio, là où on t'attend le moins, mais après, zioup ! Silence radio, tu te fais simplement oublier. Il faut semer le doute. Qu'on se demande si tu es vraiment vivante ou pas. Si tu disparais, juste comme ça, on va voir au travers. Alors qu'en laissant entendre que tu es bien vivante, te montrant quelques fois, tu vas déclencher la paranoïa. Le reste se fera tout seul.
- On commencera à entendre des rumeurs t'ayant vue un peu partout, et on aura du mal à discerner le vrai du faux, comprit à son tour Marco. C'est une bonne idée, yoi.
- Donc, je peux arrêter de me cacher ? demanda Ann avec espoir.
- Pas totalement. Reste un max dans le Purgatorio, et fait des apparitions éclairs en dehors, éclaircit Blamenco. C'est très sournois, j'aime ça.
- Mouais, bof… j'suis pas faite pour ça. Mais si vous me le demandez, je vais m'y plier. J'vous dois bien ça.
Plus d'une personne roulèrent des yeux au commentaire.
- Quelque chose à rajouter, quelqu'un ? s'enquit Marco.
Silence radio.
- La réunion est finie, alors. Kennichi, on maintient le cap, yoi.
- Bien, Nii-san, assura Kennichi en se levant. Je vais rejoindre la barre.
Tout le monde se leva de la table, mais Marco fit signe à Ann de rester derrière. Quand le dernier commandant fut parti, le Phénix ferma la porte et vint s'asseoir sur le bord de la table, devant sa compagne. Il ouvrit ses bras, dans le signe universel de la proposition d'un câlin, et avec hésitation, Ann fini par esquisser un sourire et lui rendit l'étreinte, posant la tête sur l'épaule musclée du blond et se laissa bercer par sa respiration.
Entendre Teach et Jesus parlaient de ce qu'elle avait subi à leur bord avait réveillé des blessures qu'elle aurait voulu garder sous clef.
- Bébé… il y a une autre raison pour laquelle je préfère que tu continues de rester discrète, avoua Marco.
- Ah ?
Ann se redressa et regarda son amant avec curiosité.
- Tu es toujours partante pour qu'on ait un enfant, yoi ?
Ann piqua un fard mais hocha la tête.
- C'est la raison de ma demande. Toi, enceinte, si ça s'apprend, ça sera des ennuis à n'en plus finir. Et je suis certain que ne serait-ce que le stress compromette les chances que notre enfant voit le jour, yoi. Je te veux en sécurité, avec notre bébé. Je préfère te savoir dans le Purgatorio, un flingue en main pour remettre les anges à leur place, plutôt que dehors, face à un marine qui a une chance de s'en sortir et de crier sur tous les toits que tu attends un enfant, yoi.
- On en est pas encore là, Marco.
- Peut-être, mais tu es mon bras droit, ma compagne, ma moitié, ma partenaire. On travaille ensemble, on vit ensemble. Depuis que tu as accepté la marque de cet équipage, tu sais quoi faire pour couvrir mes arrières, et moi les tiennes. Il n'y a qu'avec Thatch où je pouvais trouver une complicité pareille, et encore, c'est parce qu'on avait grandi ensemble, yoi. Il est normal que je te parle à cœur ouvert, parce que tu en fais de même avec moi. Je t'aime trop, Ann, pour te perdre de nouveau. Je ne le supporterai pas, et il n'y aura personne pour parvenir à m'empêcher à finir en Inferno s'il arrive quelque chose à toi, ou à notre possible enfant, yoi.
Ann eu un sourire et l'embrassa tendrement. Marco lui rendit le baiser avant de conserver une joue de la brune dans le creux de sa main, la regardant avec amour.
- Monsieur devrait faire un peu mieux son travail, d'après moi, commenta avec amusement la D. Je ne le vois toujours pas venir ce bébé. Et j'ai Luffy qui m'a laissé entendre qu'il espérait être toujours vivant quand je le ferai tonton. Je lui ai promis de porter la demande à qui de droit.
Marco eu un reniflement hilare et embrassa la brune sur le front.
- Cass' t'attend. On reparlera de mon travail ce soir, tous les deux, sous la couette.
- Bien entendu, mon capitaine.
Ann se détourna en riant.
Quelque chose dans le rire sonnait faux aux oreilles de Marco. Il baissa piteusement la tête. Sa compagne faisait encore une fois celle pour qui tout allait bien, alors que ça allait mal.
Cela commençait aujourd'hui.
On avait laissé le choix de la cible, et Ann avait proposé les différentes options à sa flotte. Les votes avaient fait le reste.
D'où le pourquoi la Première flotte des Shirohige était mêlée à la foule des potentiels acheteurs d'esclaves dans une salle de vente du Shin Sekai.
Doflamingo n'était plus aux commandes, mais il restait tant de crapules en ce bas monde.
Patrick échangea un regard avec Edwin qui était deux rangs plus bas dans l'amphithéâtre où avait lieu la vente.
Ils étaient excités et nerveux.
Cela faisait longtemps qu'ils n'étaient pas partis en mission.
La gâchette de ses flingues le démangeait méchamment.
Une légère tape sur son épaule d'une main invisible lui dit qu'il était l'heure.
- Maaa, c'est pas sympa de gaspiller votre argent comme ça ! N'avez-vous donc aucun respect de la vie humaine ?
La voix moqueuse et froide raisonna sans difficulté dans l'assistance, venant de partout à la fois.
Clic !
Ann était apparue de nulle part sur la scène, sa tête inclinée pour masquer ses yeux avec son chapeau, mais pas son sourire. Un de ses flingues était sur le meneur des enchères pour les esclaves.
- Hands up, everyone ! Ceci est un braquage ! Merci d'avance pour votre contribution dans la reconstruction de notre équipage ! sourit largement la D. en relevant la tête, permettant à tout le monde de la voir correctement.
Le hurlement était musique à ses oreilles. Et elle apprécia d'autant plus quand elle tua sans hésitation un des nobles qui sortit un denden pour appeler au secours.
Tout le monde voyait clairement le flingue dans le talon de la chaussure de la jeune femme, encore fumant, et le pauvre gars avec une aération dans le cerveau.
- Tous les dendens sont réquisitionnés, tout comme votre argent et vos objets de valeurs. On n'en prendra largement plus soins que vous, pointa la D. en abaissant sa jambe. Je vous conseille de cesser d'acheter des esclaves… la prochaine fois que je vous vois faire, je pourrais refaire une aération dans le cerveau de l'un d'entre vous au hasard.
Elle se foutait de donner raison à présent à ceux qui la considéraient comme un monstre. Avec ces gens, ça n'en valait pas la peine. Autant qu'on la haïsse pour une bonne raison. De toute façon, elle avait toujours été coupable. Seuls ceux qui valaient la peine et la voyaient telle qu'elle était, lui importaient. L'opinion des autres, aujourd'hui, elle s'en contrefichait dans la grande majorité.
Rapidement, tout ce que les nobles avaient de précieux passa dans les rangs jusqu'aux pirates. Pour certains, cela signifiait aussi finir en sous-vêtement quand ils avaient des fringues de luxes ou en matériaux précieux. Deux pirates étaient partis dans les coulisses pour libérer les esclaves et revinrent avec une mission bien accomplie.
- On a fini nous aussi, Portgas-taisho ! annonça Edwin en refermant un dernier sac d'objet précieux.
- Eh bien on se barre !
Elle appuya sur la détente, tuant son otage. Elle souffla sur le canon pour en chasser la fumée et ce fut un signal. Les bombes fumigènes furent lancées et les pirates évacuèrent.
Quand la fumée disparut, il n'y avait plus aucun esclave, ni aucun pirate.
Shanks n'y croyait pas.
C'était trop beau.
Il se frotta les yeux et regarda de nouveau devant lui.
Non, confirmation, même si le style était différent, c'était bien elle.
Benn regarda son capitaine courir vers une jeune femme un peu plus loin sur le port où ils avaient jeté l'ancre, comme s'il avait perdu la raison. Il leva les sourcils en le voyant l'attraper dans son bras et la secouer en tous sens comme une poupée de chiffon, pleurant comme un idiot.
- Okashira… okashira ! Stop ! C'est bon ! On se calme ! Laissez-la ! intervint Benn en se précipitant vers le duo pour les séparer.
La fille fut plus rapide.
Elle mordit sauvagement Shanks jusqu'au sang et… se désagrégea en un nuage de scarabées.
Clic !
Benn n'avait pas eu le temps de cligner des paupières qu'il était en joue. La jeune femme était entre lui et Shanks, les menaçant tous les deux avec des fusils à canon scié.
- Vous saurez que ça ne se fait pas d'agresser les gens comme ça dans la rue. On pourrait vous accuser d'être un pervers, ossan. Refaites ça, et je vous colle une balle entre les deux yeux.
Benn s'arrêta et observa la femme.
Le chapeau orange disait tout et ses yeux s'arrondirent de surprise.
- Ann-kun ? C'est bien toi ?
Ann releva la tête et identifia ceux qui lui faisaient face.
- Beckman-san ? Shanks-san ?
- ANN ! sanglota Shanks. DANS MES BRAS ! JE SUIS SI HEUREUX !
Et Ann se retrouva de nouveau dans le bras du rouquin qui sanglota, bava et déversa de la morve sur son épaule.
- Lâchez-moi… grinça Ann en essayant de ne pas s'énerver.
- Okashira, lâchez-la, conseilla Benn en essayant de ne pas rire.
- Il vaudrait mieux, en effet, yoi.
Ann disparut de nouveau dans un nuage de scarabées et se reforma à côté de Marco qui venait de les rejoindre.
- Eurk… j'ai de la morve partout… c'est dégoûtant… grimaça Ann en regardant les dégâts. T'es le Yonkou le plus chiant de l'histoire, Akagami no Shanks.
Et elle marcha jusqu'à l'eau.
- Tu comptes faire quoi ? demanda Benn.
- Piquer une tête pour me nettoyer ça.
Avant que Benn ne puisse dire quoi que ce soit, Ann avait déjà plongé.
- Je vais la repêcher, soupira le second de Shanks.
- T'en fais pas, Marine Ford a changé plus d'une chose pour mademoiselle, rassura Marco en chassant l'inquiétude du tireur.
Comme pour l'expliciter, Ann refit surface et se frotta énergiquement le corps et les vêtements en grommelant. Shanks en laissa tomber sa mâchoire.
- T'es pas censé être une noryokusha ? demanda Benn.
- Si j'avais encore le mera mera no mi, explique-moi comme un enfoiré de putain de connard de Révolutionnaire a pu le bouffer à Dressrosa à cause de ce fils de…
- Ann… y'a que toi que tu incommodes en insultant ces personnes, sans les avoir en face. Même si je suis d'accord sur l'idée, yoi, coupa Marco.
Ann revint vers le port et se hissa sur le quai en grommelant. Elle marcha avec détermination jusqu'à Shanks et lui plaqua son Onyx Rose sous le menton, le faisant grimacer.
- La prochaine fois que tu me fais ce coup, satané rouquin, je te jure, je t'en colle une ! Capiche ?
- Limpide !
Ann rangea son arme et revint auprès de Marco pour bouder.
- Je pensais que c'était les journaux qui devenaient parano, mais en fait, t'es bel et bien vivante, sourit Benn. C'est bon de savoir que la tombe qu'on t'a faite est inutile, au final.
- Je dois, pour la seconde fois, ma survie ma mère, Beckman-san. On m'a dit pour la tombe et votre tentative pour nous aider.
Ann s'inclina.
- Merci infiniment.
- Avec plaisir, sourit Benn.
Shanks continuait de pleurer en silence, une moue de gamin à qui l'on refuse son nouveau jouet. (Et c'est censé être un terrifiant Yonkou ?! Y a pas une erreur quelque part ?)
- Tu me détestes ? pleura le rouquin.
Marco inspira profondément pour ne pas perdre son calme.
- Non, lui répondit Ann. C'est simplement que jusqu'à nouvel ordre, les deux seuls hommes qui peuvent se permettre de me sauter comme ça dessus sont Luffy et Marco. Et encore, y'a que Luffy qui ferait ce genre de chose.
Marco passa un bras protecteur autour des épaules d'Ann. Les Akagami ne loupèrent pas le regard d'avertissement que leur jeta le blond. Ils firent le lien immédiatement.
- Qui ? demanda Shanks, une rage sourde lui montant à la tête.
- Qui tu crois ? siffla Marco. Marshall D. Teach, pour ne pas changer.
- C'est bon, coupa Ann. Je devais retourner au navire.
Ann voulut faire demi-tour, mais Marco la retint.
- C'est pas toi qui voulais me traîner dans des boutiques pour refaire ta garde-robe ? On peut bien prendre un verre avec ces messieurs, avant que tu me traînes dans du lèche-vitrine.
- Allez, viens, Ann ! On va boire un coup pour fêter ta résurrection et les derniers exploits de ton frangin ! encouragea Shanks avec un immense sourire.
Ann hésita un instant, puis se laissa guider la poigne douce de Marco sur sa main.
Un verre entre ami, où était le mal ?
- Tu as tout intérêt à nous raconter comment tu as survécu ! exigea Shanks en se voulant sévère.
- Non, moi je veux savoir où tu as trouvé tes flingues, coupa Benn. Je sens que Yassop et moi on va devoir y faire un tour.
- Gates of Hell. C'est des œuvres du marchand d'armes Rodin, explicita Ann.
- Tu la laisses avoir de drôles de fréquentations, Fushisho, gronda Shanks.
- Elle les avait déjà avant. Je ne vais pas aborder le sujet de la nonne la plus dévergondée de l'histoire, yoi, soupira Marco.
- Tu peux rajouter à la liste une prof d'Histoire qui joue les super héroïnes ! pouffa Ann.
- Misère… quel clan de malades, yoi.
Ann esquissa un sourire, séparée des Akagami par Marco qui la tenait par les épaules.
Tout irait bien, Marco était avec elle.
- Oh, et Shanks-san…
Ann prit un peu d'avance, marchant à reculons pour voir les trois hommes.
- Les circonstances de ma survie sont un secret qui partira en enfer avec moi. Littéralement. L'Umbra a bien trop à perdre pour que je puisse me permettre de parler.
Et elle lui tira la langue avant de les devancer dans le premier bar qu'elle trouva.
Pendant un instant, Shanks faillit la comparer à Roger, mais se retint.
La ressemblance était lointaine, dans le caractère malicieux et joueur, mais Ann était une femme. Peut-être un peu trop par rapport à ce qu'elle était avant (il n'avait pas honte de dire qu'il faisait partie de la majorité l'ayant prise pour un homme à l'origine), mais une femme quand même. Juste en ça, elle était différente de Roger.
- T'as fait fort pour qu'elle tombe pour toi, commenta Benn en s'allumant une cigarette à l'adresse de Marco.
- Je suis tombé pour elle, pas l'inverse, yoi. Elle a toute ma vie et ma mort dans le creux de sa main, sourit Marco. Je suis rien sans elle, yoi.
