Le grincement métallique retentit dans ma cellule et je fronçais les sourcils. Ce n'était pas l'heure de la douche et il était vraiment rare que les gardes viennent me voir en dehors de cet horaire là. Alors que se passait-il ? Je me relevais de ma position assise habituelle en voyant les yeux écarquillés d'un des plus jeunes gardes.
- Matt ? Appelais-je, les sourcils froncés.
Le garçon, qui était un garde officiel depuis à peine un an maintenant, sursauta et fixa ses yeux presque paniqués sur moi.
- Emily…
Il s'approcha à grand pas vers moi et attrapa mon visage entre ses mains gantées. Un frisson de dégoût me traversa mais je me forçais à lui faire un doux sourire. Après tout, grâce à lui, j'avais parfois droit à deux desserts…
- Qu'est-ce qu'il se passe Matt ?
- Le conseil…
- Quoi ? Ils ont décidés de me faire flotter un peu plus tôt ?
Je ricanais sans réelle émotion, ni amertume, ni colère, ni tristesse. J'avais eu trois ans pour me faire à l'idée de mourir. Même avant ça, je savais très bien ce qu'entraîneraient mes actions.
- Non, le conseil envoie des prisonniers sur Terre.
- Sur Terre ? M'étonnais-je. Pourquoi ?
- Pour tester si elle est habitable, je ne sais pas trop pourquoi. Il faut que tu y ailles.
- Absolument pas ! Refusais-je nette et il m'envoya un regard suppliant, comme si je me souciais de ce qu'il voulait.
- Si tu restes ici, tu meurs dans une semaine avec certitude. Là-bas, tu auras peut-être une chance de survivre.
- Je ne crois pas que le conseil veuille m'envoyer, MOI, avec des jeunes sur Terre. Expliquais-je en dernier recours mais il secoua simplement la tête.
- Aucun membre du conseil ne le veut, mais j'ai trouvé une solution. Tu iras à la place d'un autre prisonnier.
Il avait tout préparé. Merde son amour pour moi, ça m'avait bien arrangé quelques privilèges cette dernière année mais ça allait aujourd'hui être ma mort ! En même temps, si je n'avais pas joué avec lui, il ne serait jamais tombé amoureux de moi… Merde moi et mes manipulations pour égayer mon quotidien morne !
- Je crois que je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ?
- Pas vraiment, non.
Il me sourit narquoisement et je roulais presque des yeux avant de me retenir au dernier moment. Est-ce qu'il se croyait sexy ? Il ressemblait plutôt à une chèvre qu'à un homme, avec ses yeux marron, ses cheveux blonds platine et ses regards d'idiots amoureux. Mais bon, on lui avait souvent assigné le travail de m'emmener à la douche ces derniers temps et là-bas… disons qu'en terme de sexe il était vraiment endurant. Plus que tous les autres gardes que j'avais pu essayer… C'est pourquoi je l'avais gardé bien enroulé autour de mon petit doigt. Maintenant, à vrai dire, je commençais à le regretter…
- Bien… Soupirais-je. De toute façon, mourir dans une semaine ou maintenant, quelle est la différence ?
- Tu ne vas pas mourir.
Il roula des yeux devant mon air dramatique.
- Garde Smith ? Est-ce que tout va bien ? Retentit soudainement une voix dans la pièce.
Matt posa un doigt sur son oreille et appuya sur quelque chose dedans.
- Tout va bien, commandant. Le prisonnier a été récalcitrant mais la batte que vous m'avez donnée a très bien joué son rôle. Je m'occupe du bracelet et l'emmène directement dans la navette.
- Très bon travail Garde Smith.
- Merci Commandant.
Je roulais réellement des yeux cette fois-ci.
- Lèche boules. Lâchais-je avec un sourire narquois.
- Oh, crois-moi Emily, commença-t-il d'une voix grave, j'aimerais vraiment avoir autre chose à lécher mais comme tu vas partir, il faut bien que je me rabatte sur quelque chose.
- Dommage alors, puisque moi je serais avec pleins de jolis garçons… Jouais-je.
Je le vis faire la moue mais il ne répondit pas. Il déclara juste que nous n'avions plus beaucoup de temps. Il sortit d'un sac des vêtements et me les donna, m'ordonnant de les mettre. Je pinçais les lèvres. Pas que je n'aimais pas les ordres, j'adorais les ordres mais… seulement pendant le sexe. Ca, c'était sexy, dominant et brutal comme je l'aimais. Mais dans la vie quotidienne, suivre les ordres, ce n'était définitivement pas mon truc. Toutefois, je m'exécutais.
Je mettais le soutien-gorge de sport couleur corail en grimaçant à la couleur. Bien, ça allait bien avec mes yeux verts mais ce n'était pas non plus ma couleur préférée. J'enfilais un débardeur kaki collant mes formes, mettant en avant mes yeux et surtout mon bonnet C, et par-dessus un sweat militaire à capuche. Pour ce qui est du bas, Matt m'avait donné un pantalon noir avec des poches sur les cuisses, du genre legging de sport, fait à partir d'un matériau souple et résistant. Je souris : ça remontait mes fesses déjà bombées par tous les exercices de sport que j'avais continué à faire même en prison. Merci à mon papa chéri pour son apprentissage. Je glissais ensuite mes pieds dans des bottes en cuir noir, qui remontaient jusqu'à mi-mollet. Il me tendit aussi deux élastiques pour mes cheveux et je me fis rapidement une tresse pour tenir à distance mes longs cheveux de mon visage.
Ensuite, il me mit le fameux bracelet… eh bien, ce n'est pas vraiment ce que j'appellerais un bracelet, mais plutôt une menotte unique qui m'empêche d'être vraiment libre. Mais bon, encore une fois je n'avais pas vraiment le choix.
Matt m'observa un instant avec un sourire fier.
- Il ne reste plus qu'une chose pour parfaire la tenue de l'aventurière. J'ai entendu dire qu'il l'avait trouvé sur toi le jour où ils t'ont arrêtée, alors je me suis dit que peut-être… ça comptait pour toi et que tu voudrais le récupérer.
Il sortit soudainement de derrière son dos une grande lame familière, qui était un mix entre un couteau de cuisine et une dague. Un grand sourire, un vrai sourire, étira mes lèvres. Je la pris entre deux doigts pour soupeser à nouveau son poids puis l'empoignais correctement. La lame était en acier si pur que je pouvais me voir en réflexion dessus. Le manche était de la taille exacte de ma main, noir avec des branches d'arbre et des feuilles d'un doux vert qui s'enroulaient autour. Elle n'avait pas changé. Elle était toujours aussi parfaite.
- Tiens, je lui ai faite moi-même un fourreau pour la protéger. Je me suis inspiré du manche à vrai dire.
Il le glissa dans ma botte droite alors que je l'observais, les sourcils froncés. Je ne comprenais pas pourquoi il avait fait ça. Personne n'avait fait quelque chose d'aussi gentil et d'aussi attentionné pour moi depuis la mort de ma mère, il y a bientôt 8 ans. M'aimait-il tant que ça ?
- C'est parfait… Murmurais-je, hésitante.
Quand il se releva, j'accrochais mon regard au sien et y cherchais la vérité. Lentement, il enroula ses bras autour de ma taille et me colla à lui. Je pinçais les lèvres avec humeur.
- Promet-moi que tu ne m'oublieras pas et je te promets que je te rejoindrai sur Terre. On pourra refaire notre vie là-bas. Dit-il avec tant de conviction et d'espoir que j'eu envie de rire.
Je le croirais presque si j'étais amoureuse de lui. Berk, je ne voulais pas me le coltiner toute ma vie ! Tout ce que je voulais c'était m'amuser avant de mourir et le voilà à me parler mariage et enfants !
- Bien sûr Matt. Souris-je doucement.
Je l'embrassais sur le coin de la bouche et bien qu'il sembla un peu déçu, il ne dit rien. Il savait mieux. C'était l'unique règle que j'ai jamais mise en place dans chacune de mes relations avec les gardes. Pas de bisous sur la bouche. Ce n'était que du sexe.
Ensuite je lui pris la main et l'entraînais vers la porte entrouverte.
- Allons-y.
Il me dirigea à travers tous les prisonniers jusqu'à la navette, où il m'installa sur un siège à côté d'une fille blonde endormie. Il fixa les attaches en place sur mon torse et attrapa mon visage entre ses mains.
- Em ?
Je lui accordais toute mon attention comme il le demandait.
- Reste en vie s'il-te-plait.
- J'essaierai. Acquiesçais-je.
- Nous nous reverrons.
Je ne pense pas… Après tout, quand les membres du conseil verront que le prisonnier qui était censé partir est toujours dans sa cellule et que je ne le suis plus, ils feront forcément le lien et Matt sera punit. Et puisqu'aujourd'hui, tout crime est passable de la peine de mort, ce qu'ils appellent gentiment « se faire dériver » pour ne pas faire de vagues, il y avait de nombreuses chance que je ne revois plus jamais Matt. Dommage, il est si bon quand il est en colère… Pensais-je en faisant la moue.
- Tout va bien aller, Emily. Je t'aime
Il embrassa mon front et partit rapidement avant que je ne puisse répondre, sachant très bien quelle aurait été la réponse. Il n'aurait pas aimé.
Dès qu'il eut le dos tourné, je grimaçais et croisais les bras en m'affalant sur le siège très inconfortable. Une ou deux minutes plus tard, des gardes fermèrent la porte et quasiment tout de suite, une secousse traversa la navette. Ca y est, c'était fait, nous partions pour la Terre…
Un bruit à ma droite me fit me tourner. La fille se réveillait. Elle était jolie, avec ses grands yeux bleus verts. Elle sembla confuse un moment avant que son regard ne se focalise sur moi. Je lui fis mon sourire narquois habituel.
- Il était temps de te réveiller Princesse Aurore, nous venons de quitter l'Arche. Me moquais-je doucement.
Elle fronça les sourcils puis grimaça en se redressant et en attrapant son poignet.
- Ca va, ca ne fait pas SI mal que ça !
Je roulais des yeux mais le garçon noir de son autre côté lui vola son attention.
- Bienvenue parmi nous.
Tiens, ils semblaient se connaître. Je me désintéressais de la conversation, n'écoutant que d'une oreille jusqu'à ce que j'entende Wells, car c'était son nom, avouer n'être là rien que pour la blonde, je ricanais. Ce que l'amour pouvait faire aux gens était incroyable !
- Rooh, trop mignon !
Ils firent que si je n'étais pas là et ça m'allait très bien. Ensuite, de petits écrans que je n'avais même pas remarqués s'allumèrent et le chancelier Jaha apparut. Il commença à blablater mais je n'écoutais rien. Je n'avais rien contre lui, mais je me fichais de ce qu'il pouvait dire, je savais déjà le plus important. On nous envoyait sur Terre, point final.
- Ton père c'est un vrai con, Wells ! Hurla un garçon.
L'affirmation fut suivie de rires provenant de gens qui ne pouvait être que des idiots. Je roulais des yeux mais plaçais cette information bien rangée dans un coin de ma tête. Ca pouvait toujours servir.
- Dis donc, on dirait que ton père t'aime pas beaucoup pour t'envoyer sur Terre, Wells. Ca doit être dur. Je pris un ton faussement compatissant.
Il tourna la tête sans répondre, les lèvres serrées alors que la blonde me jetait un regard noir. Je souris simplement, amusée.
- Hey, regardez ça ! Bravo Finn !
Je roulais des yeux en entendant ça. Evidemment qu'il est ici et qu'il fait l'intéressant !
- SpaceWalker a encore frappé !
Je n'eu même pas à me tourner pour le voir, il vint flotter à l'horizontal devant le garçon noir à deux places de moi.
- Tu as vu ça Wells, ton père a finit par me faire dériver. Fanfaronna-t-il, les bras croisés sur le torse et son vieux bonnet enfoncé sur la tête.
- Tu ferais bien de te rattacher avant que les parachutes s'ouvrent. Grinça le fils du chancelier sans répondre à sa remarque sournoise.
Il n'avait pas tord, c'était dangereux de se détacher. Et puis, j'étais assez étonnée qu'il n'ait pas réagit aux remarques. C'était intelligent.
- Hey vous deux ! S'exclama la blonde juste à mon oreille, me faisant grimacer et m'éloigner d'elle. Bougez plus si vous voulez rester en vie !
Finn tourna son regard vers elle, intéressé.
- Alors, c'est toi la traitresse mise en isolement pendant un an ?
- C'est toi l'idiot qui a gâché un mois d'oxygène pour une balade dans l'espace ? Répliqua-t-elle avec verve.
- Une balade très cool. Acquiesça-t-il avec un petit sourire fier.
Je roulais des yeux. Typique de lui.
- Cet idiot s'appelle Finn, intervins-je, et maintenant que tu lui as répondu, il ne va plus te lâcher. C'est un vrai pot de colle, je sais de quoi je parle. Mais bon, on a finit par former des liens et a devenir les meilleurs amis possibles, n'est-ce pas Finn ?
Je dirigeais mon sourire narquois dans sa direction, attendant avec impatience sa réaction. D'abord, il me fixa, médusé.
- Em ?
- En chair et en os, mon cher ami.
Et juste comme ça, on visage s'assombrit, ses sourcils se froncèrent et il pinça ses lèvres.
- Nous n'avons jamais été amis.
- Oh, s'il-te-plait Finn, nous l'avons toujours été et nous le serons toujours ! Riais-je faussement. N'est-ce pas toi qui disais ça ?
- Je ne suis pas ami avec les meurtriers !
- Aoutch ! M'exclamais-je, posant théâtralement ma main droite sur ma poitrine. Tu me brises le cœur Finnou ! Pleurnichais-je en utilisant son surnom de quand nous étions petit.
- Hey ! Boucle ton harnais ! Hurla la blonde que j'avais complètement oubliée à deux garçons qui s'étaient détachés aussi.
- Laisse-les, Blondie, s'ils veulent mourir, tant pis pour eux.
Finn me jeta un regard noir mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, les parachutes se déployèrent et il se retrouva expulser en l'air. Ce qu'il se passa ensuite, ce fut l'instinct qui parla.
Je me propulsais en avant du mieux que je pu avec les attaches me coinçant contre mon siège. J'attrapais son bras et le tirais aussi fort que possible. Il s'écrasa au sol. Avec mes pieds, je le tirais pour qu'il soit protégé entre mes jambes et mon siège. Tout de suite après, un gros morceau de métal s'effondra juste là où il était une seconde auparavant. Finn serra mon mollet fort et me regarda avec les yeux écarquillés. La navette bougea de tous les côtés et j'entendis Blondie hurler quelque chose mais je ne brisais jamais la connexion entre lui et moi. Inconsciemment, j'imagine qu'on se rassurait mutuellement. On allait s'en sortir, tous les deux.
Et puis soudain, sur une dernière secousse, tout s'arrêta. Plus aucun mouvement, plus aucun bruit, plus aucune lumière. Rien. On était arrivé sur Terre, vivant…
XXXXX
Les harnais se détachèrent. J'enlevais rapidement le mien et me relevais, vite suivit par Finn qui se précipita vers les deux garçons qui l'avaient imité et s'étaient détachés en plein vol. Blondie le rejoignit mais au vu du signe de tête du garçon, ils n'avaient pas survécu. Je soupirais. Ca commence bien…
- Non, on peut pas ouvrir le sas comme ça ! Hurla la blonde en se relevant brusquement.
Je roulais des yeux mais la suivis tout de même jusqu'à l'échelle qui menait à la porte.
- Hey ! M'appela Finn m'attrapant le bras pour m'arrêter. Ce que tu as fait tout à l'heure… Je serais peut-être comme ces deux gars si tu n'avais pas réagis, alors merci. Il y a encore du bon en toi.
Je le regardais sans comprendre avant d'éclater de rire.
- Ne cherche pas trop loin alors Finn, je ne l'ai pas fait par bonté de cœur. Gloussais-je en essuyant une fausse larme. Comprend-moi bien : tu es certainement l'un des seuls pisteurs ici, et dans la logique, tu seras plus utile vivant que mort, non ?
Il me fixa, éberlué. Je lui tapotais l'épaule avec un sourire narquois et pris le même chemin que Blondie jusqu'en bas, où elle confrontait quelqu'un que je ne voyais pas encore.
- Dehors, l'air est peut-être contaminé. L'entendis-je dire.
- S'il l'est, on mourra tous très vite.
En entendant cette seconde voix, plus grave, mon sourire ne se fit que plus sournois. Je sortis enfin de la foule.
- Tiens, tiens… Ricanais-je. Bellamy Blake ! Dis-moi, n'es-tu pas un peu trop vieux po…
- Bellamy ? Me coupa une voix féminine.
J'entendis de nombreux murmures derrière moi, mais me concentrais plutôt sur l'étude de la fille qui descendait l'échelle et s'approchait. Une chose est sûre, on ne peut pas dire qu'elle est moche ! De longs cheveux bruns chocolat, des yeux clairs dont je n'arrivais pas à saisir la couleur, surmontés par des sourcils arqués. Sans parler de ses jolies lèvres roses et pleines, et de ses pommettes hautes. Elle était définitivement harmonieuse et attirante. Ses yeux brillèrent encore plus ils se posèrent sur Bellamy, à l'instar du garçon.
- Wow, c'est dingue comme tu as changé ! Murmura-t-il sous le coup de l'émotion.
Elle jeta ses bras autour de lui et le serra fort avant de reculer et de l'examiner. Moi, je commençais déjà à m'impatienter. J'avais croisé les bras et tapais du pied sur le sol.
- C'est quoi ce que tu portes ? Jugea-t-elle. Un uniforme de la garde ?
- Je l'ai emprunté pour monter dans la navette. Fallait bien quelqu'un pour te surveiller. Plaisanta-t-il.
La fille souffla un rire et le reprit dans ses bras juste pour se faire couper par Blondie. Enfin !
- Où est ton bracelet électronique ?
- Tu permets ? Intervint la fille avec condescendance. Ca fait un an que j'ai pas vu mon frère.
- Personne n'a de frère ici !
- C'est Octavia Blake ! C'est celle qu'on a retrouvé bloquée sous un plancher !
Le regard d'Octavia changea alors qu'elle cherchait du regard la fille qui avait parlée. Et soudain, elle se jeta sur la foule, prête à se débarrasser de tous ces idiots. Apparemment, sous l'apparence de gentille petite fille se trouvait une vraie guerrière ! Je l'aime bien elle…
- Octavia ! La stoppa Bellamy. Arrête s'il-te-plait. Tu ferais mieux de leur donner une autre image de toi.
- Ah ouais ? Du genre ? Demanda-t-elle avec hargne.
- Du genre, la première à poser le pied sur Terre depuis 100 ans.
- En fait, ça fait 97 ans, Bellamy. Cassais-je en roulant des yeux et en décroisant les bras.
Les deux se tournèrent vers moi alors que j'approchais de leur position.
- Mais je dois avouer que l'idée est plutôt bonne. Souris-je narquoisement.
Je posais ma main droite sur la poignée et fis un geste vague de l'autre main.
- Pas que vos retrouvailles ne soit pas pleines d'émotions et… de tout ce bordel là, mais si on pouvait tous mourir rapidement, ça serait plutôt cool, merci.
Je fixais mes yeux sur la brune.
- Alors Octavia, c'est ça ? Elle acquiesça. Si tu veux bien te donner la peine ?
Je montrais la porte d'un signe de tête et instantanément, elle me sourit et hocha frénétiquement de la tête. Je tirais la poignée. Une intense lumière blanche m'aveugla et je fermais étroitement les yeux, restant près de la poignée, attendant que les radiations me fasse… eh bien, je ne sais pas : imploser ?
XXXXX
Lincoln courrait rapidement dans la forêt. Il sauta par-dessus un tronc au sol et esquiva un arbre avant de brusquement tourner à droite. Il portait sa lourde fourrure mais ses mouvements restèrent souples et légers. Il avait l'habitude.
Puis subitement, il s'arrêta net. Il était arrivé. C'était là, cette chose en métal venue du ciel. Pourquoi les Skaikrus avaient-ils envoyé cette chose sur Terre ? Y avait-il des gens dedans ? Il pouvait déjà répondre à cette question, il les entendait de l'intérieur. Alors qu'étaient leurs intentions ? Il espérait qu'une guerre n'allait pas être déclarée mais si ces gens représentaient une menace, il savait que son peuple n'hésiterait pas à tous les exterminer.
Soudain, il y eu du bruit et un pan en métal tomba au sol. Lincoln monta furtivement dans un arbre et se cacha à travers son feuillage sans jamais quitter des yeux la brune qui aspira une grande goulée d'air et lentement, sortit du vaisseau. Elle sauta sur la terre après une hésitation et un grand sourire s'épanouit sur son visage, l'illuminant. Elle était belle, décida-t-il. Et puis elle leva les bras au ciel et hurla « On est de retour, bâtards ! ».
Et avec ça, toutes les personnes présentes dans la navette se précipitèrent dehors en criant et en riant. Ils se dispersèrent tous rapidement, souvent en bandes, et allèrent explorer les environs. Une blonde sortit après tout le monde. Elle ne profita qu'un instant seulement de ce qui l'entourait puis se concentra sur la carte qu'elle tenait en main. Lincoln se dit qu'il faudrait la garder à l'œil, elle serait certainement un leader.
Mais alors qu'il voulait retourner à l'observation de la première fille, une autre brune attira son regard. Elle venait d'entrer dans la lumière, juste à l'entrée du vaisseau. Des cheveux noirs et souples enroulés dans une tresse unique, une peau caramel, et des yeux verts. Elle observait les autres se propulser dans les bois, sourire, rire. Elle les examinait, les analysait, chacun seulement quelques secondes, les yeux plissés. Elle ressemblait à un prédateur observant son prochain repas. Pas à un seul moment, son regard ne dériva sur la nature environnante. Et puis enfin, elle bougea. Elle descendit la rampe d'une démarche féline, son regard fixé sur un garçon noir, un début de sourire en coin sur ses lèvres roses magnifiquement sculptées. Elle allait à la chasse.
Lincoln frissonna à son regard à peine amusé, à peine excité, à peine vivant.
