Bon, eh bien j'imagine que la mort n'est pas pour aujourd'hui.
Lentement, je descendis jusqu'à la terre, puis me dirigeais vers Wells Jaha qui regardait le ciel, ou peut-être le haut des arbres. Je m'en fichais franchement mais il n'était pas obligé de le savoir…
- Qu'est-ce que tu regardes ?
- Les antennes au-dessus de la navette.
Bien, c'est encore moins excitant que ce que je pensais…
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda-t-il en faisant redescendre son regard jusqu'à moi.
Nos yeux s'accrochèrent et je lui souris de façon coquine.
- On dirait bien que je regarde les antennes avec toi.
Il haussa un sourcil peu convaincu. En même temps, je n'avais pas levé les yeux une seule fois. En fait, je ne l'avais pas quitté des yeux une seule seconde.
- Tu sais que tu es plutôt mignon dans ton genre ? L'informais-je clairement.
Il s'empourpra un peu mais reprit rapidement contenance. Pas mal…
- Dans mon genre ?
- Oui, dans le genre gentil garçon. Je ne suis pas du genre toutou, mais je serais prête à suivre certains ordres s'ils… sortent de ta bouche.
Je passais mon doigt sur sa poitrine en me mordant la lèvre. Je ne pouvais pas faire plus clair que ça, à moins de lui arracher ses vêtements ici et maintenant.
Il recula brusquement, mais pas avant que j'ai pu apercevoir un frisson parcourir son corps. Ses joues étaient rouges et son souffle un peu plus court, mais ses yeux restèrent fermes. Enfin un défi ! Pensais-je avec soulagement.
- Je sais ce que tu fais. Déclara-t-il finalement. Et ça ne marchera pas.
- Qu'est-ce que je fais ? Taquinais-je, continuant à lui faire mes yeux doux.
- J'ai entendu SpaceWalker le dire dans la navette, tu as tué quelqu'un. Dit-il brusquement.
Je fis la moue. Alors c'est de ça dont il voulait parler ? Vraiment ? Et dire que je commençais tout juste à m'amuser…
- Plutôt comme 5 quelqu'un, oui. Acquiesçais-je avec flegme. Mais éclaire-moi, en quoi y a-t-il un rapport avec le fait que je te drague ? Est-ce que tu penses que j'essaie de t'entraîner dans les bois pour te tuer ? Je n'aime pas particulièrement ton père, mais je n'ai rien contre lui, et encore moins contre toi !
- Comme l'a dit SpaceWalker, je ne suis pas ami avec les meurtriers.
- Mais qui a dit que je voulais être ton ami ? Demandais-je innocemment avant de continuer plus sombrement. Tu penses que je te manipule pour quelque chose de plus grand ? Tu penses que je veux le réel pardon de ton père ? Une place sûre auprès des privilégiés envoyés ici ? Tu ne peux pas plus te tromper. Je ne veux rien de ton amitié, de ta confiance ou de ton allégeance éternelle, voire de la sécurité que tu pourrais éventuellement m'apporter. Tout ce que je veux, c'est ton corps Wells. Je veux que le fils du chancelier réside sur mon tableau de chasse. C'est tout.
Il sembla stupéfait par mes mots crus, mais secoua la tête en soupirant et voulu me dépasser pour retourner dans la navette. Au dernier moment, je lui attrapais le bras et le tirais un peu pour qu'il me fasse face.
- Réfléchis bien Wells. Nous sommes sur Terre. Les radiations sont peut-être déjà en train de nous tuer. Si ce n'est pas le cas, je crois que tu as remarqué que le chancelier n'est pas très apprécié ici. Combien de temps avant qu'un de ces criminels ne s'en prenne à son fils ? Tu peux mourir à n'importe quel moment ici. On le peut tous. Et tu voudrais prendre le risque de mourir vierge ? Ce n'est pas en attendant après Blondie, qui a apparemment une dent contre toi et je ne veux vraiment pas savoir pourquoi, que tu vas apprendre ce qu'est le VRAI plaisir. Je peux t'initier si tu veux.
- Et qui te dit que je suis vierge, Mademoiselle l'expérimentée ?
- Oh s'il-te-plait Wells ! Gloussais-je en lâchant son bras. Comme tu l'as dit, je suis expérimentée. Je sais reconnaître un puceau quand j'en vois un, rien qu'à sa démarche. Vous êtes tellement coincés !
Il s'offusqua, ne faisant que redoubler mon rire. Je lui tapotais le bras.
- Réfléchis à ma proposition Wells. Tu sais où me trouver ! En attendant, je pense que je vais aller voir John Mbege ! Il ne t'arrive pas à la cheville, mais il est plutôt pas mal, non ?
Wells secoua la tête, déjà exaspéré de mon comportement, mais un sourire ornait toutefois ses lèvres alors qu'il remontait dans le vaisseau. Je haussais les épaules. Il viendrait, je le savais. Ce n'était qu'une question de temps. Après tout, il avait répondu à mon flirt, même inconsciemment. Et son corps ne mentait pas. Il me désirait.
XXXXX
Lincoln observa la fille dont il ne connaissait même pas le nom aller draguer le garçon noir tout seul. Il ne pouvait pas entendre ce qu'elle disait, mais son comportement le révulsa. Allait-elle se donner de cette façon à tous les garçons de son camp ? Apparemment… Pensa-t-il en la regardant se diriger vers un groupe de garçons, son regard félin retrouvé.
Et puis, soudain, elle changea de cap. Elle marcha jusqu'à un grand garçon qui semblait plus âgé et la belle brune qui était sortie en première du vaisseau. L'amusement brilla sur son visage. Un amusement malsain. Tout en elle criait DANGER !
XXXXX
- Alors Bellamy, comment vas-tu depuis la dernière fois qu'on s'est vu ?
- Ca allait bien jusqu'à ce que je te revoie dans le même vaisseau en direction de la Terre que moi. Répondit-il avec un sourire narquois semblable au mien.
Je posais théâtralement la main sur mon cœur, le visage plissé d'une fausse douleur.
- Tu me brises le cœur Bell ! Moi qui pensais que tu étais venu sur Terre rien que pour revoir mes jolies petites fesses !
Bellamy éclata de rire et enroula un de ses bras sur mes épaules.
- De quelles fesses parles-tu ? Me taquina-t-il sous le regard confus de sa sœur. Je ne vois rien.
- Oh s'il-te-plait tu adores mes fesses musclées et rebondies à souhait !
- Oui, bien sûr ! Les meilleures fesses du monde !
- Elles sont inclassables ! Acquiesçais-je avec sérieux avant qu'un sourire en coin ne s'épanouisse sur mon visage.
Bellamy vint me serrer rapidement dans ses bras.
- Ca fait longtemps Em.
- Eh bien, un an est long.
Il roula des yeux devant mon accusation sous-jacente.
- Tu sais bien que je ne pouvais plus venir te voir, Em, ne me regarde pas comme ça.
- Ouais, ben en attendant, j'ai du me taper un petit puceau fou d'amour, SU-PER !
Il éclata de rire alors que je tapais du pied par terre, les bras croisés sur le torse. Pendant près de 6 mois, ce fut Bellamy qui m'emmena prendre ma douche presque chaque soir. Il avait au début été récalcitrant à coucher avec moi. Il disait qu'il était en train de travailler et que l'amusement n'avait pas sa place au travail. J'avais finalement réussis à le casser au bout d'un certain temps. J'avais été récompensé pour ma persévérance, il était vraiment bon. Et puis, le fait qu'il ait un humour semblable au mien aidait les choses au quotidien. Bellamy était définitivement amusant. Mais jusqu'à quand ?
C'est à ce moment-là qu'Octavia intervint.
- Euh… Je vois que vous vous connaissez bien…
- Je suis Emily.
Je souris et lui tendis la main qu'elle serra immédiatement avec un grand sourire.
- J'ai été emprisonnée à 15 ans mais heureusement Bellamy… m'a tenu compagnie quand il était apprenti garde, si tu vois ce que je veux dire.
La fille en face de moi fit un bruit dégouté.
- Je ne veux pas savoir avec qui mon frère a couché !
- Je peux toujours te montrer, si tu veux.
Je lui fis un clin d'œil sous son regard médusé, obtenant une grimace de son grand frère.
- Arg ! S'il-te-plait Em, pas ma sœur !
- J'ai une réputation à tenir Bellamy. Gloussais-je en réponse. En plus, laisse la pauvre fille prendre ses propres décisions et avoir des expériences, elle a été enfermée toute sa vie, relâche un peu le mode protection veux-tu ? Je ne suis même pas sûre qu'elle sache ce que veut dire le mot amitié. Pas que tu manques vraiment quelque chose. Finis-je pour la brune.
- Tout le monde ne peut pas être comme toi, Emily.
- Mon côté salope ne t'a jamais vraiment dérangé jusqu'ici… Marmonnais-je dans un souffle mais il ne m'écoutait déjà plus.
Il observait un groupe de garçons, celui vers lequel je me dirigeais initialement, s'arrêter près de Wells et Blondie, dont je ne connaissais toujours pas le nom, remarquais-je avec amusement.
- On veut juste savoir où on est. Disait Wells.
- On est sur Terre, ça te suffit pas ? Intervint Bellamy.
Déjà, un rassemblement se formait et Wells le remarqua bien, au vu de son air renfrogné. Finalement, il se dirigea vers nous. Certainement parce qu'on avait l'air moins débiles que la bande de Murphy et Mbege. Blondie le suivit.
- On doit trouver le Mont Weather. Mon père a été super clair, c'est notre priorité.
- On l'emmerde ton père. Répondit nonchalamment Octavia. Et puis quoi ? C'est vous les chefs ici ? Je veux dire, toi et ta… petite princesse ?
Je souris au mépris flagrant. On va définitivement bien s'entendre elle et moi ! Ensuite, Blondie fit un grand discours que j'écoutais à peine. Je savais déjà quel parti elle avait pris, à quoi bon l'écouter ? Je remarquais seulement à quel point elle semblait croire en ses mots. Elle y mettait de la force et de la conviction et j'eu presque envie de la croire et de la suivre partout où elle irait. Presque seulement…
- J'ai une meilleure idée. Proposa Bellamy. Vous deux allez-y. Trouvez et ramenez le stock. Que les privilégiés fassent le sale boulot pour une fois.
Octavia acquiesça, rapidement suivit par les autres. Je roulais des yeux. On est mal barré si ça commence comme ça… Deux privilégiés pour cent bouches à nourrir…
- Vous comprenez rien. Commença Wells. On va tous être obligés d'y aller…
- Non mais écoutez-le celui-là ! Ricana Murphy en poussant le noir. Le chancelier de la Terre…
- Carrément ? Ca te fait rire ?
Murphy ne répondit pas immédiatement. D'abord, il lui fit un croche-pied méchant qui le fit tomber par terre. Blondie essaya de l'arrêter mais Mbege la retint.
- Non, mais ça, ça me fait rire.
Wells se releva en boitillant, la douleur inscrite sur son visage. Au moins, il ne se laisse pas faire, c'est déjà ça… Il se mit en position de combat alors que l'autre se moquait de lui, feintant une attaque. Je décidais d'intervenir avant que ça ne finisse mal pour l'un ou pour l'autre. L'un et l'autre allait pouvoir me servir. Wells était mignon et je sentais en Murphy la colère qui rendait le sexe si puissant.
- Assez Murphy. Il est avec moi.
- Et t'es qui toi ? Grogna-t-il en faisant un pas vers moi.
- Emily Black. Me présentais-je théâtralement en me courbant légèrement.
Il y eut une seconde de silence avant que des murmures ne se propagent rapidement dans la foule.
- C'est celle qui a tué 5 gardes.
- C'est elle.
- C'est LE serial killer des 80 dernières années.
- Ma mère dit que c'est une sociopathe frénétique.
Une sociopathe frénétique ? Ben tiens, celle-là on me l'avait encore jamais fait !
Je m'avançais légèrement devant la foule.
- Toutes les rumeurs, peu importe ce qu'elles sont, sont vrais mes chers amis ! Je pris une voix dramatique. J'ai tué 5 gardes ! Ouhh, quelle horreur de la nature ! Est-ce que quelqu'un veut rajouter quelque chose ?
Seul le silence me répondit. Un sourire malveillant se forma sur mes lèvres.
- Bien, je vois que la compréhension passe bien entre nous. Et juste pour vous prévenir, je ne tuerais personne ici si personne ne tente rien contre moi. Et si vous pensez un jour à tenter quelque chose, demandez-vous juste comment j'ai réussis à tuer l'ancien commandant à 15 ans. Peut-être que ça vous évitera de perdre la vie inutilement. Maintenant, déguerpissez ! Hors de ma vue, le spectacle est fini !
Tout le monde se précipita loin de moi et je roulais des yeux en me tournant vers Wells et Murphy. C'est à ce moment-là que Finn se manifesta en sautant de l'endroit perché duquel il observait tout. Il se plaça entre les deux combattants.
- Il est blessé à la cheville. Déclara-t-il.
Il baissa les yeux une demi-seconde pour analyser le corps de Murphy. Il méprisa clairement ce qu'il vit.
- Tu t'en prends à un mec qui peut plus se battre ?
J'avais toujours aimé la façon dont Finn jugeait les gens, de façon douce et implicite, te faisant passer pour un idiot en trouvant les failles de ton comportement au lieu de t'insulter de façon directe. Je devais au moins lui rendre ça.
Je lançais un regard appuyé à Murphy et le garçon recula lentement, le regard noir mais pointé au sol en signe de soumission.
- Hey SpaceWalker ? Appela Octavia d'une voix langoureuse. C'est moi que tu dois sauver.
Les dernières personnes encore présentes eurent un rire face à son flirt. Moi-même, je souris, amusée par sa tentative. Je me retournais pour partir après John Mbege mais Finn m'attrapa le bras et me tira avec lui.
- C'était quoi ça ? Autant peindre une cible sur ton dos ! Me sermonna-t-il.
Je roulais des yeux.
- Et alors Finn ? Je croyais que tu t'en souciais pas ? T'a pas entendu mon petit discours ? J'ai tué des gens, ouuhh ! Ricanais-je en le laissant me trainer jusqu'à Blondie et Wells.
- C'est vrai, j'avais oublié que tu es maintenant la sociopathe Emily. Railla-t-il.
Je le stoppais brusquement.
- Je crois que tu comprends pas bien, Finnou. Je crachais son ancien surnom avec hargne. La vieille Emily, celle que tu as connue, est MORTE, d'accord ? Elle est morte et enterrée, elle ne reviendra pas ! Il faut que tu arrêtes de t'accrocher à un simple souvenir !
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ces trois dernières années Em ? Souffla-t-il, confus, les sourcils froncés en cherchant la réponse sur mon visage et dans mes yeux.
- Encore une fois, Finn, tu as tout faux. Je secouais la tête, la voix maintenant plate et froide comme mon cœur. J'ai tué des gens. J'ai changé AVANT d'aller en prison. Toi et Raven avez juste toujours été trop obnubilés l'un par l'autre pour vous en rendre compte.
Il soupira lourdement, comprenant qu'il ne tirerait rien de moi. Du moins pour l'instant.
- Tu as raison. Tu as changé. L'ancienne Emily est morte. Mais ca ne veut pas dire que je vais laisser tomber son souvenir sans me battre. Je veux des réponses Em, et je les aurais un jour.
- Grand bien t'en fasses. Maintenant, si tu veux bien m'excuser.
J'essayais à nouveau de partir mais il me rattrapa encore une fois.
- Non, non, non, tu viens avec moi chercher des provisions pour tout le monde.
- Est-ce que j'ai la tête de Mère Teresa ?
- Qui ? Demanda-t-il, perdu.
- Inculte… Soufflais-je en roulant des yeux.
- C'est toi le rat de bibliothèque, pas moi ! Allez, viens, on y va.
Je décidais que me battre avec lui ne servait à rien, il était bien trop têtu et je n'avais vraiment pas la force pour ça. En fait, ça faisait bien longtemps que j'avais perdue la force de faire autre chose que de trouver mon prochain goûter. Et je ne parle pas de nourriture…
XXXXX
Je marchais derrière notre petit groupe composé de Jasper et Monty, Finn et Octavia, et tout devant, Blondie que j'avais découvert s'appeler Clarke. En réalité, je n'écoutais rien de ce qu'ils disaient. Je trainais quelques mètres derrière eux et m'occupais à tailler un morceau de bois que j'avais récupéré par terre pour en faire une arme. Après notre rencontre avec un cerf à deux têtes que j'avais trouvée très… charmant, dirons-nous, qui sait ce que nous pourrions croiser la prochaine fois ? Un loup avec six pattes ? Brrr, je préférais prendre mes précautions.
Soudain, je frappais dans Monty, qui s'était arrêté en plein milieu du chemin. Je grommelais quelque chose d'inintelligible et regardais ce qu'il regardait par-dessus son épaule. Ma bouche tomba. Octavia était en train d'enlever son pantalon et dévoilait ses jambes fines et sa peau parfaite et légèrement matte.
- Incroyable ! Ria Jasper. J'adore cette planète !
- Qui ne l'aime pas en voyant ce spectacle… Soufflais-je en me mordant la lèvre inférieure.
Monty se tourna avec amusement vers moi.
- J'ai pas l'impression que tu parles de la Terre.
- Pas seulement, en effet. Acquiesçais-je en gloussant.
Je l'aime bien lui aussi. Sans compter qu'il connaît des plantes ici, ce qui pourra toujours être utile. Nous nous concentrâmes à nouveau sur le présent en entendant crier Clarke. Octavia avait sauté dans la rivière. Je les suivis tous plus doucement. Octavia souriait, ses pieds touchaient le fond de la rivière.
Immédiatement, je l'imitais. J'étais en train d'enlever mon pantalon quand Blondie, qui se débarrassait seulement de son sac, se rapprocha de moi.
- Je croyais que tu étais plutôt garçon. Commença-t-elle.
- Et alors ? Ca doit m'empêcher d'aimer aussi les filles ? Me moquais-je doucement. Tout le monde n'est pas si coincé que toi, Blondie. Pourquoi cette question ? Est-ce que tu serais intéressée ?
Elle roula des yeux et se retourna mais je pu apercevoir une rougeur due à la gêne se développer sur ses joues pales. Je ricanais en laissant mes affaires au bord de la rivière et en entrant dans l'eau. Elle était fraiche mais ca faisait tellement de bien ! Je plongeais ma tête dans l'eau et quand je la ressortis, tout le monde criait.
- Attention !
- Octavia, Emily !
- Revenez vite !
La chose que pointait Jasper arrivait à toute vitesse. J'attrapais brusquement Octavia par le bras et l'entrainait vivement jusqu'au bord. On était en train de remonter à l'abri quand la chose lui mordit la jambe et la tira dans l'eau. Octavia hurla de douleur. Elle s'agrippa à la roche et Jasper arriva à ce moment-là. Il l'attrapa dans ses bras et tira de son côté.
Je fronçais les sourcils. Si je ne faisais rien, la pauvre fille se retrouverait déchirée en deux. Sans réfléchir, je glissais à nouveau dans l'eau et enfonçais deux doigts dans l'œil de cette chose. Elle lâcha brusquement Octavia et disparut dans l'eau. Je me dépêchais de revenir sur le bord.
- Merci, merci, merci. Disait la brune en serrant Jasper sur lequel elle était tombée.
- Note à moi-même : sauver la fille.
Je gloussais avec les autres, soulagée d'être en vie. Clarke était déjà perchée au-dessus de sa jambe pour l'ausculter. Elle déchira un morceau du t-shirt de Finn et voulut l'enrouler autour de la jambe d'Octavia mais je l'arrêtais.
- Attend Clarke ! Ca pourrait s'infecter, on sait pas ce que cette chose a mangé avant ça.
- J'ai pas d'antiseptique ici, il faudra attendre qu'on arrive au Mont Weather.
Je soupirais lourdement, le cœur lourd par mes prochaines actions.
- C'est bon, j'en ai.
Je récupérais mon sweat et fouillais dans la poche pour récupérer une petite bouteille que je lui tendis.
- Tiens, c'est de l'alcool fort.
Elle l'attrapa et l'ouvrit, les sourcils froncés. Elle sentit ce qu'il y avait dedans et ses sourcils se haussèrent.
- Du clair de lune ? Comment tu as eu ça ?
- Matt, le garde qui m'a emmené jusqu'à la navette. Expliquais-je en m'asseyant à côté d'Octavia. Il était amoureux de moi, c'est lui qui m'a aussi donné ces fringues résistantes. Il a glissé cette bouteille dans ma poche quand il m'a attaché à mon siège. Essaye de pas tout utiliser, je voudrais bien en profiter aussi.
Elle acquiesça et versa une partie du liquide sur la plaie de la brune, qui m'attrapa la main et la serra fort en grimaçant.
- Je voudrais te remercier Emily. Tu m'as aidé aussi.
Je haussais les épaules, indifférente.
- Il devrait plus nous faire de mal, je crois que je lui ai percé l'œil.
Je grimaçais de dégoût en montrant le liquide blanc et rouge qui coulait de long de ma main droite.
- On prend pas de risque quand même. Déclara Clarke en se relevant après avoir fini d'enrouler la jambe de la plus jeune de la fratrie Blake. Il y en a peut-être plusieurs de ces trucs là. C'est trop dangereux.
- Ah ouais ? Alors, on fait quoi, Blondie ? Demandais-je en me lavant la main dans l'eau, les yeux fixés sur la rivière et tout mouvement qu'il pourrait y avoir.
- On verra demain. Le soleil est en train de se coucher, on va aller établir notre camp un peu plus loin.
Je roulais des yeux mais les suivit tout de même, laissant à Jasper le plaisir d'aider notre blessée.
