Une Fleur de Cerisier

Disclaimer : Je ne possède aucun droit sur l'univers de Naruto, tout comme je ne fais aucun bénéfice sur cette fanfiction. L'intrigue de cette histoire est cependant la mienne et j'apprécierai beaucoup qu'aucun copié-collé ne soit à l'œuvre. Cela ne serait certainement pas apprécié !

Mot d'auteur : Le manque de reviews est douloureux mais je ne perds pas espoir ! À ceux qui pourraient laisser un avis sur ce chapitre vous auriez ma gratitude éternelle et une réponse assurée au prochain chapitre ! :D J'espère que cette partie vous plaira, et je m'excuse pour toute faute d'orthographe éventuelle. Je n'ai pas beaucoup de temps pour corriger donc je ne peux relire qu'une fois ce qui est malheureusement insuffisant.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Plume de Nuit (PS : Dans mes autres histoires je signe juliefanfic. Pas de panique, c'est mon ancien pseudo.)

Réponse review : (ajouté juste avant la publication car la review est arrivée juste avant ! :D) Je te remercie, Miko2005 pour ton commentaire ! Je suis heureuse que mon style d'écriture puisse te plaire et j'espère que cela continuera. La suite est postée sitôt après ta première visite, on peut donc dire que tu n'auras pas longtemps à attendre ! J'aime aussi Sakura bien que je dois admettre avoir eu à quelques reprises la furieuse envie de l'étrangler (comme pas mal de personnages de Naruto en même temps...). Je te souhaite une bonne lecture et avec un peu de chance, à bientôt !


CHAPITRE 2

Prétendre que ma vie était foutrement merdique et qu'elle n'aurait pu être pire aurait été un odieux mensonge porté par le dur sentiment d'amertume et de colère aveugle qui refusait de me quitter. Car peu importe la rage qui pouvait me saisir lorsque je pensais aux enfants qui avaient été envoyés à la guerre par ce système pourri au possible, je savais que ma situation était bien idyllique comparée à celle d'un grand nombre de gamins de mon âge.

Mebuki et Kizashi Haruno n'étaient pas de mauvais parents. Ils n'étaient certainement pas les meilleurs non plus mais je devais avouer, à leur décharge, que j'avais probablement été le pire gosse de tous les temps et que toute cette affaire avait très certainement été causée par moi-même. Car si le couple pourvoyait à tous mes besoins matériels sans rechigner, on ne pouvait définitivement pas dire que le bonheur était dans tous les cœurs. La maison des Bisounours n'était pas pour tout de suite.

Le principal indice de notre relation tendue aurait très probablement été mon refus pur et simple de les appeler «Otou-san» et «Okaa-san». Ce n'était pas que je ne les appréciais pas, j'éprouvais après tout à leur égard un grand respect pour avoir pris autant soin de moi malgré toutes les difficultés que je leur causais, mais j'avais déjà eu des parents et j'étais tout bonnement incapable de lâcher prise sur ma vie passée et de les remplacer.

Mon précédent père, lorsque j'avais été Emilie, ne méritait pas certainement pas d'éloges sur son ego surdimensionné et son hypocrisie à toute épreuve. J'avais toujours pensé qu'il était un insupportable connard aux qualités rédemptrices absentes et il était sûrement l'une des rares personnes dont je ne pouvais regretter la séparation. Malgré tout, il restait l'un des responsables de celle que j'étais aujourd'hui. Je l'avais appelé «Papa» et avais désespérément prié pour qu'il puisse me voir, un jour ou l'autre, comme une fille dont il serait fier et non pas comme la «gamine stupide qui n'aurait jamais due venir au monde». Dire que cela avait été vain aurait été un euphémisme, mais cela m'avait au moins appris que trop compter sur quelque chose pouvait être mauvais et qu'il fallait toujours s'en tenir à des rêves réalisables sans quoi la chute serait d'une dureté sans égale.

Ma mère, quant à elle, avait été une personne très différente de mon père. Séparée de lui depuis que j'étais toute petite, j'avais toujours grandi à ses côtés et malgré toutes les disputes et les histoires qui avaient pu à un moment donné nous séparer nous avions toujours su revenir l'une vers l'autre. Elle n'avait certainement pas été parfaite et j'avais toujours eu certains griefs à son égard, mais elle avait au moins eu le mérite de toujours avoir été là. Elle avait toujours su m'écouter, m'épauler quand j'en avais eu besoin et ne m'avais jamais laissée tomber. Elle avait vendu ses affaires pour remplir mon frigo lorsque mes bourses d'études avaient tardé à venir, avait frappé un idiot qui me harcelait, m'avait bottée les fesses quand j'avais pu être dépressive et avait toujours ri, pleuré ou souri avec moi selon mon humeur du moment. Elle était ma mère, la femme qui avait été à l'origine même de mon existence, et je l'aimais de toutes mes forces. Alors peu importe les qualités de Mebuki, peu importe l'amour qu'elle pouvait porter à Sakura, je ne pouvais tout simplement pas la voir comme mon «Okaa-san». Je n'y arrivais pas, malgré toute la volonté que j'avais pu y mettre. On ne commandait pas son cœur après tout.

Ainsi, ma relation avec le couple Haruno s'apparentait davantage à celle d'une nièce venant vivre chez un membre de sa famille éloignée. Pas d'embrassades, de moments complices trop francs ou encore de surprotection parentale maladive. Nous étions des étrangers partageant un même logement et nous nous contentions de garder une certaine forme de respect les uns envers les autres tout en nous assurant de ne pas déroger aux règles de base. De véritables colocataires, si on voulait s'amuser à comparer la situation à quelque chose se rapprochant de notre monde.

oOo

Ce fut le jour de mon quatrième anniversaire que ma vie eut la soudaine envie de prendre un tournant beaucoup plus intéressant que le chemin qu'elle avait déjà pu emprunter lors de ma réincarnation. Loin de tout ce que j'aurais pu imaginer, ce que je découvris sur moi-même ce jour-là me frappa aussi fort que la découverte du Kyûbi et me terrifia tout autant. Je n'étais absolument pas certaine que cela soit une bonne chose et je me mis sérieusement à douter de ma santé mentale.

Par le passé, mes tuteurs avaient toujours semblé comprendre mon manque total d'envie de côtoyer des gosses au nez plein de morve et aussi bruyants que des foutus rhinocéros dans une exposition de sculptures en verre. Mon jeune âge les avait sûrement convaincu de me laisser un peu de temps et que ma «timidité» naturelle finirait par s'estomper en grandissant. Cela ne s'étant visiblement pas encore produit et pensant certainement que mon manque de compétences sociales était dû à une absence d'interaction active avec le monde extérieur, ils prirent alors la traître décision de me larguer en plein après-midi dans le parc de jeu où se réunissaient quotidiennement quelques familles civiles et leurs enfants.

Furieuse de cette décision inattendue et prise sans mon consentement, je n'étais pas arrivée de très bonne humeur au parc et m'étais directement assise sous un arbre sans prendre la peine de regarder ce qui m'entourait. On m'avait peut-être forcé la main pour me rendre sur les lieux, mais cela ne voulait certainement pas dire que je devais interagir avec ces fauves si je ne le souhaitais pas. M'apprêtant à m'assoupir afin de faire passer le temps, je me mis à gémir en entendant Mebuki s'approcher de moi avec une telle dose de contrariété que cela s'avéra impossible à ignorer. Il semblait, sous toute logique, que mon plan A ne lui plaisait pas des masses. Cela divergeait beaucoup trop de ses projets initiaux pour moi.

-Sakura, commença-t-elle en tentant un sourire tremblant, je sais que tu préfères être seule, mais cette fois ton père et moi souhaiterions vraiment que tu te fasses un ami. Tu sais, c'est un peu triste d'être toute seule. Je suis sûre qu'il y a plein d'enfants de ton âge avec lesquels tu pourrais bien t'entendre.

Avant d'être une gamine qui venait tout juste de fêter son quatrième anniversaire, j'avais été une jeune femme d'une vingtaine d'années. Alors, et malgré toute ma mauvaise foi, je ne pouvais ignorer qu'elle pensait agir pour mon bien et qu'elle s'inquiétait réellement pour moi. J'étais sa fille après tout, l'être qu'elle avait mis au monde. Je savais que je lui faisais peur, à toujours rester dans mon coin et à ne jamais vouloir sortir.

-Je ne veux pas, protestai-je en secouant la tête. Ils sont trop stupides.

Ils n'étaient probablement pas stupides en eux-mêmes, me contredis-je mentalement, mais notre différence d'âge rendait tout simplement n'importe quelle amitié impossible. J'avais plus de vingt ans, pour l'amour de Dieu ! Je n'allais certainement pas copiné avec des gosses qui n'avaient même pas le quart de mon âge ! J'aurais pu être leur mère...

-S'il te plaît, m'implora alors ma tutrice avec un tel désespoir que je sentis mon cœur se serrer douloureusement. S'il te plaît.

Plongeant mes yeux dans ceux de la mère de Sakura, je dus détourner précipitamment le regard sous la honte que je ressentais. La douleur que je lisais sur son visage était loin d'être factice et je me sentis incroyablement coupable pour toute la souffrance que je pouvais lui causer. Dans une autre vie, les Haruno avaient eu droit à une petite fille tout à fait normale et ils s'étaient avérés être de dignes parents malgré leurs quelques erreurs de parcours. Ils ne méritaient certainement pas tous les tracas que je leur causais. Ils étaient trop bons, même encore maintenant.

-Bien, abdiquai-je finalement en me levant avant de poser ma condition. Mais après, on s'en va.

Heureuse de me voir faire enfin quelques efforts de socialisation, Mebuki ne fut que trop prompte à accepter les termes de notre accord. Inclinant la tête vers elle une dernière fois, je finis par sortir de l'arbre et me mis en quête d'une potentielle victime aux souhaits de ma nouvelle mère. Cela n'allait pas être agréable.

Détaillant minutieusement chaque gamin présent, je me rendis très vite compte que je ne reconnaissais aucun d'entre eux. Ils étaient peut-être dans ma tranche d'âge mais ils ne faisaient certainement pas partie des personnages canon de l'histoire d'origine. En un sens, cela me rassura. Je ne savais pas ce que j'aurais fait si j'avais dû me retrouver face à un chibi Sasuke ou un Naruto solitaire. J'aurais peut-être crié assez fort avant de courir très vite, me serais évanouie sans cérémonie ou aurais laissé mon côté maternelle prendre le dessus et les aurais adoptés sans le consentement du village. J'étais trop imprévisible, même pour moi.

Les premiers enfants sur qui mes yeux se posèrent ne me donnèrent pas plus envie que ça de les rejoindre. Ils semblaient se battre dans le bac à sable pour déterminer lequel des quatre avait réussi la plus belle construction. Sans surprise personne n'était d'accord et les coups de poings volèrent bientôt. J'espérais que leurs parents ne sauraient tarder. Ce n'était pas franchement un comportement acceptable. Enfin, qui savait ce qui était acceptable ou non dans un monde qui transformait les morveux en meurtriers ? Si ça se trouvait, c'était peut-être même encouragé. Qui voudrait d'un ninja pacifique après tout ?

Après quelques essais visuels peu productifs, je finis par être attirée par une petite silhouette courbée qui semblait attendre quelque chose dans le plus grand des calmes. Intriguée par ce gamin que je ne distinguais pas très bien de là où je me trouvais, je m'approchais lentement de lui, l'air de rien. Assis sur une balançoire qui ne bougeait pas, il avait les yeux dans le vague et semblait extrêmement pensif. Ses petits habits troués ne semblaient pas être de la meilleure des qualités et étaient certainement passés de mode depuis longtemps. Mais ce qui me marqua le plus et qui me donna la furieuse envie de hurler, de m'arracher les cheveux et de réclamer le Service de Protection de l'Enfance inexistant de ce monde, ce fut les nombreux bleus que je pus apercevoir sur lui. La lèvre gonflée, une de ses pommette toute tachée de bleu et de vert, les bras bariolés, il ressemblait à une carte dénonçant les abus parentaux. Je ne pouvais pas laisser passer ça.

Regardant autour de moi, je m'aperçus très vite que personne ne faisait attention au gamin, qu'aucun adulte présent dans le parc ne semblait s'inquiéter de la maltraitance évidente que subissait le morveux et je sentis un élan de rage me traverser. C'était comme s'ils l'évitaient sciemment, comme s'il était un petit secret honteux sur lequel on ne pouvait s'attarder.

On m'avait ordonnée de me faire un ami et pour la première fois je fus d'accord avec cette décision. Ce petit garçon qui ne devait pas avoir plus de huit ans semblait en avoir définitivement besoin. Et qui savait, avec un peu de chance je pourrais peut-être trouver un moyen de l'aider.

M'asseyant sur la balançoire à côté de lui, je tergiversai un moment avant de finir par le saluer d'un «Salut !» faussement joyeux. Semblant toujours perdu dans ses profondes réflexions, je ne reçus aucune réponse de sa part. Soupirant doucement, incapable de me sentir contrariée par son manque de réaction et sachant très bien que toute action négative de ma part pourrait ruiner l'aide que j'essayais de lui apporter, je fis bien attention à ne pas râler contre lui.

-Toi, sur la balançoire à côté de moi ! l'interpellai-je un peu plus vivement. Salut !

Cela, au moins, eu le mérite de le faire réagir même si ce ne fut pas tout à fait de la façon dont je le désirais. Sursautant violemment, ce dernier se retourna vers moi si vite que je pus douter un instant qu'il ne m'ait jamais regardé. M'observant bouche-bée, il secoua finalement la tête et se pointa du doigt.

-Moi ? souffla-t-il avec une telle incrédulité que je ne pus que rouler des yeux.

-Tu vois quelqu'un d'autre sur la balançoire ? me contentai-je de lui demander en retour avec un sourire.

Ce qu'il se passa ensuite m'étonna beaucoup et me fit rire aussi très fort, mais comprenez bien que ce fut assez inattendu. Sautant en effet de son perchoir, le gamin regarda là où il s'était tenu quelques instants auparavant et, s'apercevant que non, il n'y avait personne d'autres, il se mit à rire aussi.

-Tu peux me voir ? m'interrogea-t-il avec émerveillement.

Ne comprenant pas tout à fait ce qu'il voulait dire par là mais me rappelant avec forte mauvaise humeur de la façon dont tout le monde semblait l'ignorer, je serrai les poings et me fis violence pour ne pas aller matraquer tous les adultes de ce putain d'aire de jeu, mes tuteurs y compris.

-Bien sûr que je peux te voir, grondai-je. Je ne suis pas aveugle, et ce que font les adultes est tout simplement mauvais. T'ignorer comme ça, c'est vraiment dégueulasse. Tu devrais te révolter contre ça !

Bien, peut-être que conseiller à quelqu'un qui était battu de se révolter n'était pas une excellente idée. Après tout qui savait ce que pourrait faire son bourreau en guise de représailles.

-Mais fais attention à toi quand même, rajoutai-je précipitamment. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose.

Me fixant comme s'il n'avait jamais vu de spécimen aussi intéressant que moi, semblant aussi assez choqué que je prenne le temps de lui parler et que je puisse m'inquiéter pour lui, il finit par se reprendre.

-Ce n'est pas de leur faute, me contredit-il avec un certain malaise. Ils ne peuvent tout simplement pas... Enfin je... Bien...

Je ne voyais pas vraiment ce qu'il essayait de m'expliquer. Aussi, alors que je m'apprêtais à l'encourager à se confier à moi, je fus brutalement interrompue par la voix de Kizashi qui s'enquit d'un ton assez concerné :

-Qu'est-ce que tu fais, Sakura ?

«Ce que vous m'avez dit de faire.» fut sur le bout de ma langue mais je me retins finalement de répondre de cette manière. Je ne voulais pas causer de problème au gosse, même par simple association. Qui savait si ses parents n'étaient pas dans le coin...

-Je parle avec un ami, déclarai-je d'un ton quelque peu menaçant.

Mon cerveau ne voyait pas beaucoup de raisons pour lesquelles mes tuteurs auraient pu vouloir m'interrompre en plein essai de liaison avec un autre gamin. Et l'explication la plus plausible ne me faisait guère plaisir : vu comment tout à chacun semblait ignorer délibérément le garçon, ceux-ci ne devaient pas être très heureux que mon attention se porte sur lui. Mais qu'à cela ne tienne, je n'allais pas abandonner le môme maintenant.

Semblant très malheureux de la situation, Kizashi soupira finalement d'un ton défaitiste.

-Notre faute de ne pas avoir été plus précis, sûrement, gémit-il pour lui-même avant de tourner à nouveau son attention vers moi. Lorsque nous t'avons demandée de te faire un ami, nous te parlions d'un vrai, m'informa-t-il avec un léger désespoir.

Mes sourcils se fronçant, une certaine colère naissant dans mon cœur à ses mots, je me sentis malade en comprenant qu'il était contre le fait que je puisse côtoyer le morveux de huit ans.

-C'est mon ami, ripostai-je. Et il est tout à fait suffisant. Je ne vois pas pourquoi...

-Non, me coupa mon tuteur d'un ton sévère qu'il n'employait jamais généralement. Les amis imaginaires ne comptent pas comme de vraies amitiés. Tu as besoin de plus que ça, Sakura-chan. Tu ne peux pas éviter les gens pour toujours.

Mon cerveau s'arrêtant quelques instants sur ce qu'il venait de dire, je me demandai s'il n'avait pas perdu la boule. Le gamin à côté de moi était tout à fait réel. Était-ce alors une manière détournée de le faire partir ?

-C'est ce que j'essayais de te dire, murmura douloureusement le môme en grimaçant. Les gens ne peuvent pas me voir. Je... Je suis mort.

Si je me suis évanouie lorsque ses paroles commencèrent à avoir un sens dans mon esprit ? On pourra assurément m'excuser en tenant compte des circonstances atténuantes entourant un tel acte. Ce n'était pas donné à tout le monde de voir les fantômes, après tout. Et encore moins de le comprendre ainsi.

Ne restait plus qu'à espérer que cela ne revienne pas me mordre les fesses.


Une review pour sa bonne action de fin d'année ?