Une Fleur de Cerisier

Disclaimer : Naruto ne m'appartient pas. Tous les droits vont à Kishimoto et cie, et je ne fais pas non plus de bénéfices sur cette fanfiction.

IMPORTANT :

Le sujet ayant touché une personne extrêmement proche de moi ces dernières semaines, j'aurais aimé que cette dernière puisse lire ce petit mot avant de tenter de commettre l'irréparable (elle va physiquement bien aujourd'hui, heureusement, mais je me souviendrai toujours de l'angoisse que j'ai ressenti à la nouvelle).

La vie peut être particulièrement pourrie, c'est vrai. Les saloperies peuvent s'accumuler, les mauvaises choses aussi, ou parfois ce n'est que notre esprit qui nous plonge dans un abîme de noirceur, mais je pense que tout à chacun a déjà éprouvé cette sensation de se noyer, de ne plus pouvoir respirer et d'être incapable de voir comment remonter à la surface.

Aller terriblement mal est quelque chose qui arrive. La vie est n'est pas un chemin goudronné et balisé, alors parfois on trébuche, on tombe, on se perd. Parfois il fait noir et on ne sait plus comment avancer, et d'autres nous avons l'impression que nous n'arriverons jamais au bout. Mais il faut s'accrocher, encore et encore. Il y a tant de choses pour lesquelles vivre vaut la peine. Ne laissez pas la noirceur vous abattre. Vous êtes forts, même si vous n'en avez pas l'impression. Car la nuit passe toujours, et un beau jour vous verrez que tout sera derrière vous.

Mais si vous n'y arrivez vraiment pas, si vous n'êtes plus capable de continuer, si cette route vous paraît beaucoup trop difficile et que vous envisagez d'abandonner, de commettre l'irréparable, alors appuyez vous sur vos proches. Si vous n'êtes plus capable de marcher, ils vous porteront. Si vous ne savez plus où aller, ils vous guideront. Que ce soit un ami, une amie, un père, une mère, un frère, une soeur, ne sous-estimez jamais l'amour qu'il vous porte. Vous êtes importants. Vous êtes aimés. Et il y aura toujours quelqu'un pour vous épauler si vous prenez la peine de demander de l'aide, même si vous ne vous en rendez pas forcément compte.

Et si vous avez besoin de parler à quelqu'un d'étranger à votre entourage, si vous avez besoin d'une aide immédiate car vous sentez que vous allez finir par commettre l'irréparable, je vous laisse le numéro suivant. N'hésitez jamais à les contacter, il n'y a aucune honte à avoir.

SOS Amitié : 09 72 39 40 50

Il y en a probablement d'autres. Si vous me les communiquez je les inscrirai.

Avec toute mon affection.


Mot d'auteur :

Hello compagnie !

Je sais que j'ai mis un moment à publier ce chapitre, mais j'ai eu pas mal de problèmes ces dernières semaines et psychologiquement ça n'allait pas très fort. Heureusement, je suis assez rapide à reprendre du poils de la bête, ce qui sidèrent pas mal de personnes de ma connaissance, mais c'est tant mieux pour voux car je reviens avec un nouveau chapitre.

J'ai cependant eu du mal à l'écrire et il existe ainsi en quatre exemplaires différents. Autant dire que ça en fait pas mal. Je voulais voir Naruto dans ce chapitre, mais finalement ce sera au suivant. Ce chapitre risque donc de vous paraître morne et j'en m'en excuse, mais je vais tâcher de publier le 6 le plus rapidement possible pour vous satisfaire, ok ?

J'espère que vous laisserez trace de votre passage ceci-dit, et je vous souhaite le meilleur.


REPONSE A L'ACCUSATION DE PLAGIAT (Parce que oui, j'ai été accusée de plagier. De traduire, même. Alors il est juste que je me défende, non ?)

J'admets que la première lecture de la review, m'a suffisamment refroidie pour me couper toute envie d'écrire. J'allume mon ordi à 20h, et le trois quart du temps je suis encore dessus à 2h du mat' le tout pour me détendre mais surtout faire rêver les gens dans une histoire sortie tout droit de mon imagination et d'un manque évident de sommeil. Mais après pas mal de réflexion et un coup de pied au cul de la part de mes amis les plus proches, j'ai surmonté ça et je l'ai mis de côté. Ce n'est pas cette review qui m'aura, non !

Que l'on m'accuse d'avoir une self-insert (ce qui n'est pas le cas des deux autres fanfictions, il me semble. Non ? ^^) qui s'est réincarnée en Sakura, alors je suis coupable ! Comme un très grand nombre d'auteurs de fanfictions à ce niveau-là. Oui, aucune originalité, je sais. Qu'importe ! C'est les aventures qui comptent et c'est mon récit, mon histoire, et j'en fais ce que je veux. C'est mon moment de détente, après tout.

Ensuite, il y a Obito. Oh, je peux voir le soucis avec lui. Avoir une Sakura qui parle à un Obito est dérangeant car c'est aussi le cas de «Sakura's Glasses» et «Reincarnate of Obito Uchiha». Sauf qu'il s'agit de mon personnage préféré, que le choix de Sakura n'est qu'un trait issu de la logique (car comment l'obliger à faire partie de l'équipe 7 sinon ? Elle qui déteste tant l'idéologie shinobi...) et que c'est à peu près le seul foutu point commun entre mon histoire et la leur. Sinon dans ce cas là, autant accuser Tobee d'avoir plagié Elena Parker ou inversement. Tu leur as envoyé un message ? ^^

Quant à la similarité entre Obito et Sakura qui apparaîtra au fur et à mesure, ce ne sera pas tant pas son idéologie shinobi (inexistante, elle les déteste tous !) que son incapacité à nier le souhait des morts, ce qui l'amènera à aider plus de gens dans le besoin qu'elle ne pourra en compter. Ça, et le fait que (SPOILER !) le fantôme d'Obito va l'encourager dans cette direction et appuyer sur les délicats boutons de sa moralité, elle va inévitablement attirer une attention indésirable pour elle. Trop proche du vieux comportement de l'Uchiha, mais différente dans sa tête. Elle aidera par devoir, pas parce que c'est son credo.

Au passage, point absolument essentiel de cette histoire et totalement absent des autres fanfictions : les fantômes. Une grande partie de l'histoire va tourner autour de ça, ce qui change pas mal de ce que j'ai pu lire il me semble... ^^

Autre différence majeure : le grand méchant de l'histoire. (SPOILER) Puisqu'Obito est mort, on peut se douter que Monsieur Tobi ne sera pas lui ! À qui aurons-nous l'occasion de faire face alors ? Suspens. Mais information pertinente : cela sera de très grande importance.

Donc non, Kathrara, je ne vois pas pourquoi j'aurais du demander une autorisation pour écrire mon histoire que je m'évertue à rendre la plus réaliste possible. L'intrigue, ce qu'il va se passer, vient de mon cerveau, de mon imagination, et je ne vais certainement pas quémander le fait de pouvoir écrire ce qu'il se passe dans ma tête. Cela fait des mois que je n'ai pas lu de fanfictions sur Obito, et ce n'est pas pour rien. J'en ai lu une centaine d'autres depuis, alors qu'on ne me dise par que je copie quelque chose car alors ce serait véritablement fortuit.

DERNIER POINT et pas des moindres, probablement ce qui m'a le plus énervé dans ta très courte review qui aura suffi à me faire péter les plombs, le fait que j'aurais «carrément traduit les textes anglais». Amen. Je prends vraiment sur moi, là. Cite-moi ne serait-ce qu'un passage. Une phrase. Un putain de chapitre. Je t'attends. Vraiment, je l'attends avec impatience.

Pour finir, je ne vois même pas comment je peux être accusée de plagiat alors que mon histoire n'en est qu'à ses balbutiements. Tu ne sais même pas ce qui va se dérouler, pour l'amour de Dieu ! ! ! Alors comment peux-tu juger sans même savoir ? ! C'est tout bonnement incroyable...

Je te souhaite de pouvoir t'éclater dans tes prochaines lectures. En souhaitant aux auteurs que tu suis de meilleurs commentaires ceci-dit.

Au revoir.


Réponses aux reviews (les autres ! ^^)

Hello Naoli ! Merci beaucoup pour ton commentaire qui m'a vraiment fait plaisir ! C'est sûr que les droits des enfants pourraient être sérieusement améliorés. Cela ne se fera pas en un jour, mais Sakura changera probablement ça à un moment ou un autre ! ^^ La rencontre entre Naruto et Sakura me paraissait importante. D'une part parce que Sakura ne voulait absolument pas avoir quelque chose à faire avec lui au départ, d'autre part parce qu'elle va devenir une amie extrêmement importante pour Naruto. J'ai vraiment essayé de rendre cela réaliste, et j'espère avoir réussi. Tu devras cependant attendre encore un peu pour voir Naruto, ce chapitre est réservé aux tendances Obitesques de Sakura ! ^^ Quant au fantôme, mystère ! Tu verras en temps voulu ! C'est une partie importante de l'histoire... Au prochain chapitre ! Bis et prends soin de toi ! Julie (alias Plume de Nuit, mais on s'en fiche ? ^^)

Merci Pasaje ! Ravie de constater que cette fanfiction semble de plaire ! J'espère que la suite te plaira tout autant, mais tu risques de trouver ce chapitre un peu morne. Pas de panique, le prochain réserve davantage de surprises ! En te souhaitant une bonne lecture et à toute !

Absolument ravie que ton amour pour cette fanfiction soit si intense, Yasumin J ! Sakura passe carrément inaperçue, oui ! Mais elle le fait tout à fait délibérément. Pourquoi se ferait-elle connaître de gens qui pourraient la considérer comme une menace et l'anéantir ? ^^ Et il est certain que les Nations Elémentaires vont se mordre les doigts. Sakura n'a pas sa langue dans sa poche et même si pour le moment elle ne peut pas faire grand chose, le tout va bientôt changer. (Attends juste un tout petit peu. Ce chapitre est un peu morne, mais tu vas te régaler plus tard !) Pour les fantômes qu'elle pourra voir, mystère ! Cela faisant littéralement partie de l'intrigue, je ne peux définitivement pas te le révéler! ^^ Je te souhaite une bonne lecture, et surtout n'hésite pas à laisser une trace de ton passage !

De rien, Lia9749 ! Si mon histoire t'avait manquée, je m'excuse du temps mis pour celui-ci ! Des problèmes personnels à gogo et une insatisfaction total de mes écrits n'aidant pas, ce chapitre a eu du mal à sortir. Il est un peu morne comparé aux autres, mais le prochain s'annonce beaucoup plus passionnant. Indice ? «police militaire». Et c'est tout ce que tu auras comme info ! ^^ Et oui, Naruto a vraiment eu une enfance merdique. Mais Sakura ne peut malheureusement pas changer ça d'un coup de baguette magique. Elle n'est une petite fille civile de quatre ans tout juste, quel pouvoir a-t-elle ? Mais elle peut être là en tant qu'amie, et ça c'est super important. Prends bien soin de toi. Julie. PS : la suite ne devrait pas trop tarder (compte 15 jours max au lieu d'un mois ! ^^ )

Merci, Gesto ! Que cela te rassure, j'aime vraiment l'idée d'une histoire réaliste pour cette fanfiction. Donc Kakashi ne va pas soudainement jongler avec des bananes en faisant des claquettes, hein ! Les personnages resteront donc assez cohérents avec leur personnalité d'origine et j'espère bien que cela sera visible. Je suis très heureuse que tu aimes l'idée des fantômes. C'était un pari risqué mais j'avais choisi d'informer dans la première partie les lecteurs afin de ne pas les prendre au dépourvu. C'est une partie très importante de l'histoire, et j'y tiens beaucoup. Alors ravie de savoir que tu approuves l'idée. Je te souhaite une bonne lecture et ne t'inquiète pas, le prochain chapitre sera beaucoup plus divertissant !

La voilà, Habiibaa ! La suite est là ! Il m'aura fallu un mois pour la sortir, mais la voici ! ^^ Je te souhaite une bonne lecture ! Bye !


CHAPITRE 5

Les jours s'écoulèrent lentement, et je commençai doucement à planifier mon avenir. J'avais apprécié le manga de Masashi Kishimoto de mon vivant, vouant une certaine fascination à ce monde si différent du mien, et pourtant tellement semblable d'une certaine manière. Je n'avais pas été une fan inconditionnelle, non. La brutalité de cet univers et sa moralité douteuse me révoltant, j'avais souvent délaissé les livres ou éteint la télévision lorsque trop de choses m'avaient déplu. Pourtant et malgré toutes les critiques négatives que j'avais pu en faire, j'avais continué de visionner les épisodes qui passaient sur Game One et avais emprunté régulièrement les différents tomes du manga à la bibliothèque. Par conséquent, je possédais une quantité non négligeable de connaissances sur l'histoire de ce monde et sur ce qu'aurait dû être la vie des différents personnages.

Il ne m'était pas inconnu que Sakura, qu'elle soit aimée ou détestée par les fans de Naruto, avait été une figure importante de cette univers. Béguin du jeune Uzumaki, membre de l'équipe 7, apprentie de la puissante Tsunade, elle avait eu un véritable rôle à jouer. Et maintenant que les conséquences de l'identité de ma réincarnation s'insinuaient doucement dans mon esprit, je me sentais absolument déchirée.

Je ne ressentais pas la moindre envie de devenir shinobi, d'avoir à tremper mes mains dans le sang et de laisser l'obscurité envahir mon âme. Je ne voulais pas devenir une assassin, une arme du village missionnée pour frapper des cibles, un kunai sans libre arbitre et dont le seul objectif était de répondre à celui qui le maniait. Car si la haine et le dégoût profond que je ressentais pour ce monde disparaissaient peu à peu, beaucoup de choses me restaient cependant intolérables. Tuer pour de l'argent me paraissait invraisemblable, quand bien même cela s'était également fait dans l'ombre de mon ancien monde. Je savais aussi qu'un pays ne pouvait pas se permettre de laisser certaines personnes vivre pour la sécurité de sa population, mais l'idée de viser des civils qui n'avaient rien demandé était, à mon sens, inacceptable.

Pourtant, et malgré ma puissante révolte interne à l'idée de faire partie de ces gens dont je méprisais activement le mode de vie, je ne pouvais m'empêcher de songer qu'il était de mon devoir de remplir le rôle qu'avait été celui de la précédente Sakura. J'avais déjà foiré tellement de choses dans cette vie-ci... Comment savoir si m'assurer un avenir civil ne conduirait pas ce monde au chaos ou ne le condamnerait à une fin misérable ? Mais plus qu'un devoir, une partie de moi, la plus naïvement optimiste probablement, me faisait miroiter l'idée de pouvoir changer ne serait-ce qu'un peu les choses.

Je ne me faisais pas d'illusions sur le fait qu'il m'était impossible de modifier radicalement le mode de vie des hommes de ce monde, mais avec un doigté suffisamment délicat et un peu de manipulation je réussirais peut-être à protéger les enfants de ce village. Car si Konoha possédait un orphelinat et un poste de police pour gérer les affaires courantes, le manque de lois concrètes concernant la protection du bien-être des gamins et l'absence d'éclaircissement entre ce qui pouvait ou non être considéré comme de la maltraitance me sidérèrent. Il y avait d'énormes progrès à faire dans ce domaine, et j'en fis mon tout premier objectif de cette vie.

Je ne savais pas comment j'allais bien pouvoir convaincre les gens de me laisser bosser sur le sujet, mais une vérité que je ne désirais pas connaître s'imposa toutefois à moi : seule une puissante position dans ce village pourrait m'assurer d'être écoutée. Née dans une famille civile, je n'avais pas beaucoup de choix pour acquérir une notoriété suffisamment importante, et seuls un mariage dans la haute société ou une carrière shinobi exemplaire pourraient m'aider. La première solution étant inenvisageable pour moi, les risques étant trop élevés que je sois reléguée au rang de simple femme au foyer, je dus difficilement convenir que devenir une kunoichi surpuissante pourrait bel et bien être ma seule échappatoire. Une compréhension qui me déchira, compte tenu de mon aversion pour cette terrible façon de vivre.

J'espérais simplement que mon choix final, quel qu'il soit, ne serait pas source de regrets.

oOo

Je n'étais pas une personne à faire souvent des promesses mais lorsque j'en faisais une, je tenais absolument à respecter la parole que j'avais donnée et cela peu importe les coûts. Alors, un peu moins d'une semaine après ma rencontre avec le fantôme de la ruelle, je commençai à travailler sur un plan pour aider la vieille Hiroko sans paraître folle ou suspecte. Mon aventure avec l'Uzumaki n'étant sûrement pas passée inaperçue, je ne tenais pas à attirer une attention indésirable sur moi. Je n'étais pas suicidaire, merci beaucoup, quand bien même ma nouvelle vie devait être merdique au possible.

Profitant donc de l'une de mes nombreuses escapades en compagnie de Daiki, je suivis discrètement la vieille femme jusqu'à son commerce. Fronçant les sourcils en remarquant les lourdes caisses qu'elle devait décharger elle-même d'un vieux chariot en bois poussiéreux, je jetai un regard mauvais en direction de l'homme qui venait lui apporter de nouvelles marchandises. D'une trentaine d'années, le corps bien portant et bâti comme un ours, il fumait comme un pompier et s'amusait du triste spectacle que faisait la vieille dame au dos voûté.

Écrasant sa cigarette contre le mur extérieur du commerce, il eut un rictus de pur mépris condescendant avant de s'exclamer bruyamment :

-Ce n'est pas contre vous, Mazami-san, mais si vous pouviez vous presser cela m'arrangerait ! Je suis attendu de l'autre côté de la ville.

Cette réflexion très mal venue lui attira les foudres du frère de l'octogénaire, et ce ne fut que sa qualité de fantôme qui empêcha le défunt de lui mettre son poing dans la figure. Injuriant copieusement l'enflure de tant de noms blasphématoires que je ne pus tous les retenir, il le menaça de lourdes représailles lorsque le moment de sa mort serait venu.

La situation plutôt comique malgré les circonstances, j'eus beaucoup de mal à cacher le sourire qui menaçait de fendre mon visage. Car malgré toute ma bonne volonté (ou ma mauvaise, selon les points de vue), je ne parvenais pas à faire taire mon imagination qui me forçait à voir le mort courir avec un grand bâton après une pauvre tâche hurlant d'effroi.

Jetant un coup d'œil à Daiki, celui-ci acquiesça d'un simple mouvement de la tête, me donnant par-là toute la liberté d'actions qui m'était nécessaire.

J'avais parlé la veille au Suzuki, l'informant de la promesse que j'avais faite quelques jours plus tôt. Ravi à l'idée que je puisse aider une vieille dame qui n'avait plus personne, il avait été le premier à me dire qu'il était peut-être temps que je m'y mette. Ne sachant pas par où commencer, c'était également lui qui avait eu l'idée de suivre la femme pour obtenir quelques informations vitales sur son emploi du temps. Me présenter au moment où elle se faisait un thé et profitait d'un moment de détente n'aurait en effet guère servi à grands choses...

Le remerciant brièvement avant de m'avancer en direction du chariot, je serrai brièvement les poings pour faire taire les tremblements anxieux de mes membres et collai un sourire faussement joyeux sur mon visage. Tournant plusieurs fois ma langue dans ma bouche en apercevant le regard dédaigneux du trentenaire, je me sentis un peu plus en confiance en admirant l'expression incroyablement soulagée du frère de la octogénaire. Ma présence était au moins appréciée par une personne du groupe, même s'il ne s'agissait que d'un mort.

-Merci, gamine, souffla-t-il quand j'arrivai à son niveau.

Le regard de la vieille s'étant braqué sur moi, je ne pris pas la peine de reconnaître les remerciements. Elle avait déjà commencé à douter de ma santé mentale, pas la peine de lui donner plus de munitions.

-Salut Obaa-san ! l'interpellai-je avant de me jeter tête la première dans le vif du sujet. Je peux t'aider ? Ça n'a pas l'air très léger...

C'était risqué, comme façon de faire. Mais honnêtement, comment aurais-je pu m'y prendre autrement ? Aurais-je dû lui balancer quelques banalités ? Je n'étais pas sûre, compte tenu de la situation, que cela aurait été très apprécié. Elle avait mieux à faire que de gérer une gamine bavarde à ce moment-là.

Ses yeux perçants se portant sur mes membres frêles, elle ne parut pas très enthousiasmée par l'idée. Me grandissant alors le plus possible, je posai mes mains sur mes hanches et tentai d'afficher une vaillance que je ne possédais certainement pas.

-Que veux-tu en retour ? s'enquit l'octogénaire en me toisant d'un regard inquisiteur.

Sur le cul de voir mes motivations ainsi remises en questions, je ne pus cacher la grimace qui naquit sur mes lèvres. Il fallait croire que les bonnes volontés ne devaient pas être si courantes que ça dans un village shinobi.

Respirant alors profondément, je sortis la première chose qui me vint à l'esprit :

-Je veux juste vous remercier pour vous être inquiétée pour moi la dernière fois, l'informai-je avec un soupçon de véracité. Vous êtes la seule à m'avoir demandée si tout allait bien.

Ce n'était pas un mensonge, mais ce n'était pas l'entière vérité non plus. Dans les faits, j'aurais sûrement continué ma vie tranquille et l'aurait superbement ignorée s'il n'y avait pas eu son frère et la promesse que je lui avais faite. Mais ça, elle n'avait certainement pas besoin de le savoir. Je n'avais définitivement aucune affection pour la camisole. Surtout si elle devait m'être mise de force.

Mes mots jetant vraisemblablement son cerveau par dessus bord, elle me dévisagea quelques instants sans savoir quoi répondre. Les yeux écarquillés, la mine stupéfaite, elle ne sembla pas savoir comment réagir à cet aveu inattendu. Se reprenant toutefois au bout d'une dizaine de secondes qui me parurent interminables, je vis son visage s'adoucir légèrement.

-Si tu veux m'aider, petite, aide-moi à porter ces caisses, accepta-t-elle finalement avec un début de sourire.

Soulagée de ne pas avoir à batailler davantage, ne tenant pas particulièrement à attiser les flammes de sa suspicion précédente, j'acquiesçai vivement en m'approchant du bord du chariot d'un pas résolu. Une promesse était une promesse, et celle-ci serait tenue. Et puis ce n'était pas comme si cela exigeait un réel sacrifice de ma part. Je n'aurais qu'à me retrousser les manches quelques heures par semaine, tout au plus.

Saisissant la caisse d'un côté, j'attendis que la vieille dame compte jusqu'à trois avant de la soulever en même temps qu'elle. Jurant comme un charretier en constatant son poids ridiculement lourd, je me sentis rougir en avisant le regard sévère qu'elle me lança.

-Langage, jeune fille ! me rabroua-t-elle vivement.

-Ah, 'baa-san, soufflai-je simplement. Je vais essayer.

Parce que maudire et jurer était une habitude ancrée depuis des années dans ma façon de faire, je n'étais pas sûre de pouvoir le changer. Mais qu'à cela ne tienne, j'essaierai au moins de faire attention à mes mots devant elle. Les personnes âgées de ce monde étaient probablement encore plus arriérées que sa jeune génération machiste, et je ne tenais pas à transformer cette promesse en un véritable calvaire. Ma santé mentale fragile en dépendait certainement.

Déposant la caisse à l'intérieur de la boutique, je fus surprise de voir qu'il s'agissait en réalité d'une armurerie et que de nombreux kunais, shurikens et d'autres choses que je ne connaissais pas attendaient les clients sur des présentoirs. De tout ce que j'aurais pu imaginer sur la «Boutique Mazami», cela n'en faisait définitivement pas partie.

-Vous vendez des armes, Obaa-san ? m'enquis-je avec une certaine incrédulité.

-Hai, admit-elle avec fierté. La boutique appartenait à mon mari mais à sa mort j'ai repris le flambeau. Je ne vends pas d'armes trop sophistiquées, étant civile je n'ai pas les autorisations pour ça, mais la boutique est plutôt réputée pour l'excellence de ce que nous proposons.

C'était une information intéressante à connaître. Je ne m'étais pas encore décidée sur mon avenir, mais si je devais emprunter la sanglante voie des shinobi, je saurais au moins où faire le plein d'armes de jet.

Acquiesçant distraitement à ses paroles, je la suivis lorsque nous partîmes chercher le reste des marchandises. Dix-sept caisses en bois furent ainsi apportées dans le magasin sous la surveillance dédaigneuse du connard de marchand qui en avait profité pour griller une autre cigarette, et je me surpris à espérer que son addiction maladive envers cette substance toxique lui causerait de gros ennuis de santé. Je n'étais pas du genre à souhaiter du mal des gens, mais de telles enflures avaient toujours le chic de faire ressortir une partie de moi que j'aurais préféré faire taire à jamais.

M'étalant de tout mon long sur le sol de la boutique lorsque le bâtard et son chariot eurent enfin disparu, je gémis bruyamment en sentant le pied de l'octogénaire taper doucement contre mes côtes.

-Ce n'est pas en te reposant par terre que tu iras mieux, s'amusa la femme avec une certaine espièglerie. Allez, lève-toi. Je vais chercher des gâteaux et du thé.

Vous vous souvenez de votre tendre enfance quand vos parents vous disaient de ne rien accepter des inconnus, et surtout pas des friandises ? Et bien là, je n'en avais strictement rien à cirer de ces recommandations... Les muscles brûlant suite aux efforts inhabituels que j'avais fourni, le souffle court et les joues rouges, un voile de sueur recouvrant tout mon corps, l'annonce de la vieille dame sonna à mes oreilles comme la douce mélodie des Portes du Paradis. Le thé aurait pu être drogué ou empoisonné que cela m'aurait été égal.

Revigorée à l'idée de pouvoir manger un morceau et d'étancher la soif qui me tenaillait, je me relevai difficilement. Gémissant pathétiquement, je me demandai un instant comment l'octogénaire avait bien pu faire pour transporter les caisses avant mon arrivée. Un tout nouveau respect pour elle naissant dans mon esprit, je me mis à sourire en remarquant son retour.

Portant un large plateau composé d'une assiette remplie de biscuits secs et d'un service à thé, elle déposa le tout sur le comptoir et m'invita à m'asseoir en sa compagnie. Ne prenant guère le temps de tergiverser, mes jambes flageolantes menaçant de céder sous mon poids à tout instant, je m'écroulai plus que je ne m'installai sur le tabouret qui faisait face au sien. Avisant son regard légèrement moqueur, je claquai ma tête contre le meuble en bois.

-J'ai presque envie de dire que je ne ferai plus jamais ça, avouai-je avant de marmonner légèrement défaitiste, mais ce serait sûrement un mensonge, Obaa-san. Alors la prochaine fois, ayez au moins l'obligeance de me prévenir que c'est encore plus lourd que ce que je pourrais penser.

La promesse que j'avais faite à son frère et ma moralité terrestre ne me rendant guère capable d'autres choses, je savais de source sûre que cela ne serait pas qu'un mauvais souvenir et que l'aider risquait bien de devenir une désastreuse habitude. J'espérais juste ne plus jamais avoir à porter de telles charges. Je n'étais pas certaine que mon corps de gamine pourrait le supporter très longtemps.

-«La prochaine fois» ? releva la vieille dame en mettant le thé vert à infuser.

Relevant finalement la tête du comptoir, j'avisai son regard inquisiteur et soupirai bruyamment.

-Comme si je n'allais pas vous aider, 'baa-san ! pestai-je avec une certaine mauvaise humeur. Vous avez vu le poids de ces caisses ? Je ne suis peut-être pas une bonne personne, mais je vaux mieux que de vous laisser vous débrouiller toute seule ! Je ne nierai pas que cela m'ennuie, mais si vous me refilez des gâteaux et du thé après, ça devrait pouvoir passer.

C'était très probablement malpoli et déplacé de ma part, surtout que c'était moi qui lui avais proposé mon aide, mais c'était aussi la chose la plus honnête que j'avais pu lui dire depuis notre toute première rencontre. Ne prenant heureusement pas ombrage de l'irritation qui transparaissait dans mes paroles, elle se mit plutôt à rire.

-J'en prends bonnes notes, souffla-t-elle avant de continuer un peu plus sérieusement. Mais parle-moi donc un peu de toi, petite. Je ne connais même pas ton nom...

Ce fut ainsi que nous vînmes à nous présenter et à raconter un peu de notre quotidien. J'appris ainsi que sa mère n'avait été rien d'autre que la sœur du Daimyo actuel et que, fiancée à un riche membre de la noblesse de Hi no Kuni, elle avait préféré s'enfuir et épouser en cachette un marchand dont elle était tombée follement amoureuse. Le Daimyo de l'époque voulant faire invalider ce mariage supposé honteux, il s'était cependant retrouvé bien démuni lorsqu'il avait réussi à mettre la main sur sa fille qui était alors enceinte jusqu'aux yeux. Ne pouvant faire grand chose pour contrer cette scandaleuse situation, il avait fini par renier son enfant et n'avait plus jamais voulu entendre parler d'elle.

L'affaire ayant fait grands bruits dans l'intégralité du Pays du Feu, sa famille s'était très vite retrouvée ostracisée et critiquée par de nombreux citoyens. Le père d'Hiroko-san, ne supportant plus les insultes qui lui étaient quotidiennement jetées, s'en alla un jour de chez lui et abandonna sans un regard en arrière sa femme, son fils et sa fille nouveau-née.

Sans le sous et mère célibataire de deux enfants, l'ancienne princesse avait réclamé de l'aide à son frère aîné qui avait fini par accepter et l'avait aidée à emménager à Konoha ainsi qu'à trouver du travail dans une Maison de Thé. À partir de là, les choses avaient commencé à aller mieux et même si tout n'était pas parfait, la vieille Hiroko me conta avec une certaine tendresse ses facéties d'enfant et l'amitié qu'elle avait dès lors nouée avec le jeune Mazami Haru, le garçon qui deviendrait plus tard son époux.

Ce fut au cours des récits de sa jeunesse que j'appris enfin le nom du fantôme qui m'avait extorquée ma promesse. Sato Isamu avait été de six ans son aîné, et s'était révélé être l'une des personnes les plus importantes de sa vie. Grand frère rieur et quelque peu surprotecteur, il ne l'avait jamais laissée tomber et sa mort l'avait absolument dévastée. D'un air tendu et quelque peu calculateur, elle me révéla qu'elle avait toujours trouvé extrêmement méfiant le fait qu'Isamu n'ait été victime d'une crise cardiaque que quelques heures à peine après une tentative d'assassinat contre son oncle, et elle m'avoua également se demander si quelqu'un n'avait pas voulu usurper le titre de Daimyo et n'avait pas tenté, pour arriver à ses fins, de détruire tous les héritiers potentiellement concurrents.

Obligée de convenir que quelque chose d'extrêmement suspect se cachait là-dessous, je me mis à remercier l'être divin qui avait choisi de me réincarner dans la peau d'une petite fille civile. J'avais beau avoir pu critiquer ce choix, il était certain que je n'aurais sûrement pas survécu aux machinations de la noblesse.

Le temps s'écoulant à une vitesse folle, nous fûmes toutes les deux surprises lorsque le soir s'installa suffisamment pour que la lumière extérieure ne suffise plus pour y voir clair. Sautant du tabouret que j'occupais depuis des heures, je me sentis pâlir en me rendant compte du retard monstrueux qui était le mien.

-Mes parents vont me tuer, gémis-je douloureusement en me demandant comment j'allais bien pouvoir éviter une pulvérisation instantanée.

M'inclinant respectueusement dans sa direction, je m'apprêtai à franchir la porte et à rentrer en courant comme si j'avais le feu aux fesses lorsqu'elle m'interpella vivement.

-Où penses-tu aller comme ça, Sakura-chan ? s'enquit-elle en haussant un sourcil.

Me demandant un instant si son âge avancé l'avait conduit à un début de sénilité, je m'interrogeai sur le véritable besoin de la question. N'était-ce pas évident ?

-Chez moi, pris-je tout de même le temps de répondre. Je suis vraiment en retard, là, tout de suite.

-Toute seule ? En pleine nuit ? me contredit-elle vivement en me lançant un regard sévère. Certainement pas de mon vivant ! Je te raccompagne, jeune fille. Tu es bien trop jeune pour sortir seule à une heure aussi impie !

Surprise par sa véhémence, je finis par laisser un doux sourire s'épanouir sur mon visage et attendit patiemment qu'elle enfile une veste de saison. Jetant un rapide coup d'œil en direction de son frère qui s'était tenu à l'écart pour nous laisser une certaine intimité, je le saluai brièvement d'un mouvement de la main. Isamu-san semblait beaucoup plus apaisé que le jour de notre première rencontre, et je me sentis fière d'en être partiellement responsable. Me demandant toutefois où pouvait bien se trouver Daiki, je me souvins finalement qu'il était parti pendant que j'aidais Hiroko-san à décharger le chariot. Espérant qu'il allait bien et qu'il ne m'en voulait pas pour l'avoir ignoré toute l'après-midi, je suivis la vieille dame lorsqu'elle sortit enfin de la boutique.

Marchant d'un pas rapide malgré sa vieillesse, je fus presque obligée de courir après la femme pour respecter sa cadence. Notre foulée rapide et la désertion des rues aidant, nous arrivâmes chez moi en une dizaine de minutes à peine. Me tenant aux côtés de la Mazami alors qu'elle patientait calmement après avoir appuyé sur la sonnette, je fus aux premières loges pour admirer l'air incroyablement surpris de Kizashi lorsqu'il nous remarqua toutes les deux.

Nous saluant promptement, il me lança un regard déconcerté et un peu méfiant avant de s'enquérir avec préoccupation :

-Est-il arrivé quelque chose ? Sakura-chan a-t-elle des problèmes ? A-t-elle causé des problèmes ?

Surprise qu'il puisse penser ne serait-ce qu'un instant que je m'étais provoquée des ennuis, je me renfrognai. Je m'étais toujours montrée respectueuse pour le moment, alors je ne voyais pas d'où il pouvait bien tirer une telle idée. Étonnamment et malgré le manque de familiarité que je ressentais envers eux, cela me vexa terriblement.

-Rien de tout cela, souffla une Mazami Hiroko souriante avant qu'elle n'ébouriffe gentiment mon horrible chevelure rose. Sakura-chan m'a été d'une grande aide aujourd'hui. Elle m'a aidée à transporter mes marchandises et je l'ai peut-être un peu trop gardée pour moi par la suite. Je m'excuse donc humblement pour son retard, mais comprenez que cela faisait longtemps que je n'avais pas eu le plaisir d'une aussi longue discussion avec notre jeune génération.

Ne m'y attendant absolument pas, je restais quelques secondes bouche-bée avant qu'une immense sourire ne vienne orner mes lèvres. Saluant chaleureusement la femme alors qu'elle s'en allait, je me surpris à penser que tenir cette promesse ne serait finalement peut-être pas un tel fardeau. Je pourrais peut-être même finir par aimer cela.

Après tout, l'avenir n'était pas écrit sur un bout de papier.


Un commentaire ? Je ne mords presque pas, promis ! ^^