Une Fleur de Cerisier

Disclaimer : Naruto ne m'appartient pas. Tous les droits vont à Kishimoto et cie, et je ne fais pas non plus de bénéfices sur cette fanfiction (même si, honnêtement, ce serait le pied !)

Mot d'auteur :

Hello tout le monde !

Voici ce nouveau chapitre arrivé un peu en avance, dix jours au lieu des «un mois» qui vont, je le crains, devenir habituels.

Un peu plus d'actions au programme, vous allez voir Sakura friser la crise de nerfs, et pour les amoureux des personnages canon vous allez être enfin servis !

Je vous souhaite de lire ce chapitre avec autant de plaisir que je n'en ai pris à l'écrire.

En vous souhaitant une excellente fin de weekend et une bonne semaine.

Plume de Nuit.


Réponses reviews :

Comme toujours au rendez-vous, Naoli ! Si, si, je mords, je te jure ! Juste pas souvent... ^^ Faut pousser le bouchon un peu trop loin ou m'accuser de certaines choses pour que je pète un câble ! La liste des gens qu'elle aidera augmentera, oui. C'est tout simplement impossible de ne pas y couper ! Une future Obito / Kakashi ? Mah, peut-être un peu, écoute... ^^ Tu verras bien ! :D Pour compter dans ce monde, le pouvoir est essentiel (politique et / ou force physique). Sans ça, tu te la fermes et tu suis le mouvement. C'est pour ça qu'elle commence doucement à réfléchir. Aujourd'hui, Sakura ne vaut rien. Mais plus tard, peut-être réussira-t-elle à compter enfin. J'espère sinon que ce nouveau chapitre te satisfera ! Bye, bisous et prends soin de toi. Julie. (PS : merci pour ton soutient !)

Cache-moi cette pelle, Lia9749 ! ^^ Tu risquerais d'avoir des ennuis ! ;) Contente que tu aies tout de même apprécié mon précédent chapitre. Il était plutôt calme, du coup je vous donne de quoi vous rassasier maintenant ! Ce chapitre devrait assez te plaire, compte tenu de la présence de plusieurs personnages canon ! ^^ Je me suis amusée à l'écrire (en deux jours ! ! ! J'ai commencé hier soir...) et j'espère que tu l'appréciera autant que moi. J'aime bien écrire Sakura quand elle s'énerve ! ^^ Je suis heureuse que tu ne penses pas que je plagie sinon. Je t'avoue que lire la review de Kathrara (même si elle était très courte) m'avait vraiment fait mal au cœur. Pour les fanfictions, j'en ai des bonnes oui ! Malheureusement sur Naruto les seuls que j'apprécie vraiment (que j'adoooore !) sont en anglais. Alors je ne sais pas si tu les voudras. Et certaines sont malheureusement en pause. Dis moi si tu les veux quand même et je te les enverrai en MP très rapidement ! ^^ Je te souhaite une bonne lecture en tout cas, et merci de toujours être au rendez-vous ! Fais attention à toi. Julie.

Merci, Wei Wuxian ! Non, pas de review précédente mais celle-ci compense largement ! Les compliments me vont droit au coeur, vraiment. C'est sûr que le fait de jouer avec un self-insert ne sort pas des sentiers battus, mais c'est quelque chose qui m'éclate. Et comme tu l'as remarqué, le réalisme de mon personnage est à mon sens essentiel. Évidemment, je suis humaine donc tout ce que j'écris n'est pas parfait, mais si tu prends plaisir à me lire alors j'en suis ravie. C'est ce genre de chose qui motive un auteur ! Quant à ta découverte, tu m'as scotchée ! Sherlock en herbes, bienvenue ! J'ai été épatée de voir comment tu as réussi à comprendre ça ! (Même si j'avoue que je l'ai presque dit dans la réponse à l'accusation de plagiat, mais personne sauf toi ne l'a vu ! ^^) Pas sûre que mon orthographe soit impeccable ceci-dit. Pour publier vite, je corrige un peu trop rapidement et je vois souvent des fautes qui me brûlent les mirettes ! Mais si cela n'est pas trop visible, alors je suis contente. Je ne veux pas écrire quelque chose d'illisible ! Je te souhaite une bonne lecture en tout cas et espère te revoir au détour d'une review ! Bye et prends soin de toi ! Julie.


CHAPITRE 6

La lèvre mordue à sang, le souffle court et serrant les poings si fort que mes ongles s'enfoncèrent dans la peau tendre de mes mains, je m'obligeai à prendre une profonde inspiration afin de ne pas invectiver le shinobi auquel je faisais face. Une sourde angoisse habitant mon esprit tendu à l'extrême par l'ignorance qu'était la mienne, son imbécilité me mettait les nerfs à vifs et une furieuse envie de hurler me saisit. Je ne savais pas ce qu'il fallait pour lui faire comprendre la gravité de la situation, mais s'il ne se décidait pas à me prendre enfin au sérieux, j'allais vraiment finir par m'énerver.

-Puisque je vous dis que ça fait douze jours que je ne l'ai pas vu ! m'exclamai-je rageusement avant de baisser légèrement le volume en avisant le regard sévère que posaient sur moi les autres policiers du commissariat. Et ça fait presque aussi longtemps que personne ne l'a aperçu à l'orphelinat !

Dire que j'étais inquiète aurait probablement été un euphémisme. Terrorisée aussi. Mais après avoir passé près de deux semaines à rechercher le gosse Uzumaki et n'avoir, à aucun moment, pu mettre la main sur lui, je trouvais cela compréhensible. Je savais que le morveux finirait inévitablement par être mis à la porte de l'établissement, mais son très jeune âge et son affreuse tendance à s'attirer des ennuis ne me rassuraient guère.

Me souvenant avec force de son séjour dans les bois que j'avais pu admirer grâce à mon écran de télévision, je me sentis pâlir. Combien de temps était-il resté dans cette forêt humide et infestée de créatures sauvages ? Combien de champignons vénéneux avait-il cueilli en pensant avoir trouvé de la nourriture comestible ? Seigneur, à quel point avait-il dû avoir froid pendant ces fraîches nuits de début de printemps, ne pouvant compter que sur son indésirable locataire pour survivre ?

Mon cœur meurtri se serrant douloureusement, les propos suivants de l'Uchiha ne firent qu'attiser les flammes de ma révolte intérieure :

-L'Uzumaki est surveillé par les meilleurs shinobi du village, gamine ! souffla-t-il d'un ton glacial. Le poste est surchargé de travail depuis des semaines, alors ne pense pas que je vais envoyer des effectifs pour de stupides inquiétudes d'enfant !

Le fusillant du regard, ce ne fut que la prompte intervention du vieux fantôme du commissariat qui m'empêcha de me jeter sur l'abruti. Absolument furieuse d'être ainsi peu considérée, je songeai un instant à porter cette affaire devant l'Hokage avant de me rappeler qu'il était en visite à la capitale. C'était Hiroko-san qui me l'avait appris la semaine précédente, m'informant avec une certaine tristesse mêlée de résignation du décès de son oncle et du fait que se serait désormais à son cousin d'être investi du titre de Daimyo de Feu.

-Calme-toi, m'exhorta le vieil homme mort qui avait suivi toute la conversation. Cet idiot ne vaut largement pas les ennuis que tu aurais si tentais de le frapper...

Il n'avait sûrement pas tort, mais je ne supportais pas la stupidité chronique et ce connard en avait plus qu'il n'en fallait. Maîtrisant difficilement la rage qui m'habitait, je relevai la tête et tournai mon regard de glace vers le sien. Il n'était peut-être pas conseillé de faire ainsi face à possesseur du sharingan, mais je n'allais sûrement pas courber l'échine devant ce con ! Le môme n'avait probablement personne d'autre que moi pour veiller à ses intérêts à ce moment-là...

-Je me contrefous de savoir qui sont ses gardiens ! m'emportai-je sans me soucier cette fois-ci de qui mes cris pourraient déranger. Ils sont probablement aussi incompétents que vous ! Alors si je vous dis que Naruto a disparu et qu'il a des problèmes, bordel, c'est votre boulot d'enquêter ! C'est aussi un citoyen de Konoha jusqu'à preuve du contraire !

Ma façon de penser ne lui plaisant vraisemblablement pas, pas plus que les quelques insultes implicites que j'avais jetées sur sa personne, je vis les traits de son visage se durcir avant qu'une lueur rougeâtre ne commence à apparaître dans ses sombres iris. Me demandant un instant si je n'étais pas allée trop loin et si je n'allais pas être pulvérisée sur place, je poussai un bref hurlement de terreur en sentant une main se poser sur mon épaule.

Me retournant vivement une fraction de seconde plus tard, je fus étonnée de constater que je faisais face à un jeune adolescent qui ne devait pas avoir plus de douze ans. Son visage était plein d'une douceur enfantine que ses bouclettes brunes n'atténuaient en rien, mais la préoccupation sincère que je pus lire dans ses yeux me détendit presque instantanément.

-Qu'est-ce que c'est que tous ces cris, Rose-chan ? s'enquit-il en fronçant les sourcils.

Grimaçant au surnom, je finis rapidement par le considérer comme sans importance. J'avais des affaires beaucoup plus urgentes à traiter. M'interrogeant brièvement et avec une certaine dose d'incrédulité sur la folie de ce monde qui forçait mes derniers espoirs sur un gosse, je poussai tout ce qu'il me restait de ma dignité de femme du vingt-et-unième siècle aux oubliettes, et priai pour que l'on m'écoute enfin.

-Mon ami a disparu depuis presque deux semaines, le pressai-je désespérément. Je me suis présentée tous les jours à l'orphelinat, j'ai cherché dans tout le village... Il n'est nul part et cela fait plusieurs jours que personne ne l'a aperçu !

Son ancienne inquiétude vague se transformant visiblement en une véritable alarme, il se tourna précipitamment vers l'autre policier.

-Elle parle de l'Uzumaki, lui clarifia l'imbécile d'un air nonchalant, visiblement peu touché par la situation.

Le dégoût avec lequel il prononça le nom de famille du gosse me faisant monter la bile aux lèvres, je me mordis si fort l'intérieur de la joue pour ne pas l'insulter que le goût du sang envahit ma bouche. Provoquer une nouvelle esclandre ne me servirait certainement pas, et j'avais besoin de toutes les bonnes volontés possibles pour mettre la main sur le gamin. Sa vie était peut-être en jeu à ce moment-là, qu'importe ses gardes dont la tâche n'était vraisemblablement pas une priorité !

Accueillant l'information avec une mine fermée, le jeune shinobi sembla réfléchir intensément pendant quelques minutes. À bout de nerfs, épuisée par tous les cauchemars qu'avaient nourri mes songes au cours de la dernière semaine, je me sentis presque défaillir lorsque le gamin acquiesça finalement dans ma direction.

-J'ai fini ma journée, Roku-sempai, déclara-t-il simplement à son supérieur hiérarchique.

-C'est ton temps que tu perds inutilement, se contenta de répondre l'aîné des Uchiha en haussant les épaules avant de grimacer et d'ajouter beaucoup plus sévèrement. Méfie-toi et n'attire pas d'ennuis au clan, compris ?

Prenant la recommandation au sérieux, l'adolescent accepta avant de s'incliner si profondément que je me sentis impressionnée malgré moi. Puis, se tournant vers moi, il m'offrit un clin d'œil complice avant de m'agripper le bras et de me tirer à sa suite.

La cadence de ses pas bien trop rapide pour que je puisse le suivre, je volai plus que je ne courrai derrière lui. S'arrêtant finalement à un peu plus d'une centaine de mètres du poste de police, il m'obligea à m'asseoir sur un banc avant de s'agenouiller juste devant moi et de m'exhorter à tout lui dire.

Lui contant alors ma rencontre avec le gamin, la façon de je l'avais percuté avant de le ramener et de lui promettre de lui rendre visite un peu plus tard, je vins à lui parler de mes nombreuses escapades infructueuses dans le village pour mettre la main sur lui, mais aussi de toutes les fois où je m'étais rendue à l'orphelinat pour me rendre compte qu'il n'y était pas. Le manège durant depuis des jours et n'ayant eu aucune nouvelle du môme depuis, cela commençait vraiment à me mettre les nerfs en boule. Ce n'était pas normal.

-D'accord, je comprends, souffla le jeune Uchiha avant de s'enquérir avec le plus grand sérieux du monde. Tu n'as peut-être pas envie de l'entendre, mais es-tu absolument certaine qu'il ne se cache pas tout simplement de toi ? La façon dont vous vous êtes rencontrés n'était pas la meilleure, après tout.

Secouant vivement la tête, je me remémorai ses yeux brillants et son sourire ravageur. Il avait été heureux, ce soir-là. Vraiment heureux. Et j'étais certaine qu'il ne m'aurait même jamais laissé le quitter s'il l'avait pu.

-Non, déclarai-je sans lui laisser la possibilité de me contredire. Pas lui. Je... Ça peut paraître complètement égocentrique mais quand il me regardait, on aurait dit qu'il voyait Kami-sama lui-même. Il se réjouissait vraiment à l'idée de nous revoir. Il était même plutôt impatient !

L'expression sérieuse de l'adolescent ne le quittant pas, je me mis à remercier les dieux d'avoir enfin réussi à trouver quelqu'un qui me croyait. L'espoir de pouvoir retrouver le môme renaissant, je laissai le doux sentiment du soulagement m'envahir. Je n'étais pas encore certaine du succès de notre future enquête, mais au moins venais-je de me faire un allier plus que bienvenu...

-Bien, Rose-chan, annonça-t-il finalement en se redressant, je pense qu'un premier interrogatoire de la matrone de l'orphelinat est en règle, non ?

Satisfaite, je laissai un début de sourire poindre sur mon visage avant de me rendre compte du surnom stupide dont il continuait de m'affabuler. Grimaçant, car de tous les défauts que pouvait posséder ce nouveau corps la chevelure rose bonbon était le pire, je gémis bruyamment. De toutes mes caractéristiques physiques, pourquoi avait-il fallu que ce soit celle-ci qui le marque le plus ?

-Sakura, le suppliai-je presque. Je m'appelle Sakura.

Un rire un peu moqueur sortant de sa poitrine, le gamin m'offrit quelques instants plus tard l'un des ses plus beaux sourires.

-Compris, Sa-chan, s'amusa-t-il avant de se présenter à son tour. Et moi c'est Shisui. Shisui tout court ou Shisui-kun, comme tu veux. Mais surtout pas de Uchiha-san, ok ?

Me figeant brièvement, je sentis le nom de l'adolescent me percuter aussi fort qu'un trente-huit tonnes. Son identité rentrant difficilement dans mon cerveau, je me mis à maudire mon karma merdique. Tant pis pour rester loin des personnages canon, pour le coup c'était foutu. Et le pire était que cette fois-ci, cela n'était même pas de ma faute.

Déglutissant, forçant un sourire sur mes lèvres meurtries, j'acquiesçai finalement. Mon jeu d'acteur épouvantable ne semblant pas vraiment le convaincre, il le laissa toutefois filer et m'invita plutôt à le suivre sans rien montrer de sa suspicion. Profitant du silence plus que bienvenu du trajet, je me mis alors à faire le tri dans mes pensées bouleversées et finis par arriver à la conclusion que ma présence bousillant déjà l'intrigue originale, ce n'était pas cela qui conduirait Konoha à sa fin.

Le poste de Police ne se situant pas excessivement loin de l'orphelinat, nous mîmes moins de dix minutes pour arriver. Le cœur battant la chamade, j'écoutai les recommandations du gamin d'une oreille distraite.

-Reste derrière-moi, Sa-chan. Pour que ce soit un tant soit peu officiel, il faut que ce soit moi qui l'interroge, ok ?

Lui accordant ce fait, je me plaçai un peu en retrait et le laissai mener la danse. Mon côté vindicatif hurlant de joie en observant la pâleur maladive de la matrone lorsqu'elle nous aperçut, je ne me sentis pas le moins du monde capable de compassion pour elle. Peu m'importaient les raisons pour lesquelles elle pouvait tant exécrer le Kyûbi, seule son affreuse négligence comptait. Par sa faute la vie de Naruto avait été un véritable enfer...

-Uchiha-san, salua-t-elle un peu nerveusement Shisui. Puis-je vous être d'une quelconque utilité ?

Ressemblant à un félin qui venait de trouver une proie particulièrement savoureuse, l'adolescent eut l'air plutôt satisfait de lui-même lorsqu'il lui demanda de voir Naruto. Évidemment incapable d'accéder à sa requête, elle se mélangea peu à peu les pinceaux dans ses explications au gré des questions du jeune shinobi. Parvenant finalement à lui faire avouer que le gosse n'avait pas remis les pieds à l'orphelinat depuis le lendemain de notre rencontre, Shisui sembla absolument sidéré par le manque de soin de la femme envers le jinchûriki du village.

-Et vous n'avez pas pensé, à aucun moment, en avertir les forces de police ? s'indigna-t-il. Vous vous rendez donc que l'Uzumaki peut être en grand danger à l'heure actuelle ?! S'il lui arrive quelque chose, soyez certaine que vous en serez tenue pour responsable, Kahori-san !

Ses récriminations abattant chaque argument que put lancer la femme dans sa veine tentative de se justifier, l'Uchiha fulmina encore un long moment après que la matrone ait fermé sa porte et ne se soit réfugiée à l'intérieur de la bâtisse.

-Non mais quelle garce ! jura-t-il à nouveau avant de s'interrompre brutalement en entendant mon reniflement moqueur.

Les yeux s'écarquillant, il rougit violemment un instant plus tard. Comprenant qu'il avait momentanément dû oublier ma présence, je sentis une pointe d'humour réchauffer mon cœur hargneux.

-Ne répète pas ça à tes parents ! se hâta-t-il de me supplier en me regardant avec un léger désespoir.

Ne pouvant m'empêcher de rire à ses dépends, je le rassurai toutefois et n'hésitai pas à lui confier sincèrement :

-Ce n'est pas la pire chose que j'ai jamais entendu. Et ça ne prends même pas en compte toutes les injures qui sont déjà sorties de ma bouche ou de mes pensées, avouai-je un peu piteusement.

Satisfait, le shinobi hocha alors la tête avant de redevenir beaucoup plus sérieux. Les yeux se tournant une dernière fois vers l'orphelinat, il s'enquit sincèrement :

-Aurais-tu une idée de l'endroit où Naruto aurait pu s'enfuir ?

Dans les faits, Sakura n'aurait jamais dû le savoir. Mais je n'avais pas toujours été une Haruno et mon passé en tant qu'Émilie pouvait parfois être relativement bénéfique. Tâchant de me souvenir de tout ce que je pouvais, je pris le risque d'être honnête. En espérant que cela ne reviendrait pas me mordre les fesses plus tard.

-La forêt, admis-je. Il y a de fortes chances pour qu'il soit là-bas à mon avis.

Je n'en étais pas absolument certaine, trop de choses différaient depuis ma renaissance, mais c'était la seule piste que le manga m'avait laissée. Et allez savoir pourquoi, mais je préférais mille fois la saisir plutôt que de l'ignorer.

Bourdonnant une réponse vague, son regard se posant sur les vastes étendues de verdure entourant le village, l'adolescent soupira bruyamment d'un air un peu défait. Puis, semblant penser à quelque chose d'incroyablement important, il reprit du poils de la bête plus vite que je ne l'aurais cru possible. Pénétrant d'un pas résolu dans l'orphelinat, il revint quelques minutes plus tard sous les cris effarés de la matrone, emportant avec lui un drap et une taie d'oreiller.

Un sourire stupide collé au visage, il s'accroupit au sol avant de rapidement m'inviter à lui monter sur le dos.

-Grimpe, m'exhorta-t-il. Il va falloir se dépêcher de trouver de l'aide si on veut mettre la main sur l'Uzumaki avant la nuit.

Fronçant les sourcils, l'esprit fumant sous la force avec laquelle je le faisais travailler, j'obéis sans rechigner. Quel était donc le plan de ce gamin ? Mille-et-une idées naissant de mon cerveau surproductif, luttant pour ne pas perdre mon déjeuner alors que je me sentais ballottée dans tous les sens, je jurai silencieusement en remarquant quel était l'endroit dans lequel nous nous rendions. Moi qui avais à tout prix voulu éviter les shinobi, j'étais servie !

Passant en courant devant de nombreux membres de clan aux joues peintes de crocs de différentes couleurs, nous essuyâmes quelques regards sévères et désapprobateurs. Ne se souciant vraisemblablement que peu de ce que pensaient les gens dont nous envahissions l'enceinte, l'Uchiha profita de leur attention pour les saluer d'un vague mouvement de la main avant de leur envoyer de faux baisers, le tout à leur grande insatisfaction. Enfouissant mon visage dans la veste de chûnin de l'adolescent, je ne pus empêcher mes épaules de tressaillir alors que je tentais désespérément de ne pas rire. Shisui était un véritable clown quand il le voulait.

-Nous sommes arrivés, m'informa-t-il finalement avant de m'aider à redescendre.

Admirant l'immense bâtisse devant laquelle nous nous étions arrêtés, je fus plutôt ébahie par la chaleur qu'elle réussissait à dégager. En bois, elle ressemblait à un vieux chalet de montagne plutôt cosy et je me surpris à manquer de toutes les sorties au ski que j'avais pu faire avec ma fratrie. Me remémorant avec un certain amusement mêlé de nostalgie de la fois où ma petite sœur et moi-même avions atterri dans un arbre en tentant un misérable hors piste, je souris un peu tristement. C'était loin, tout ça.

-Sois polie, me conseilla le gamin qui n'avait pas encore remarqué mon étrange réaction. La matriarche des Inuzuka... Disons qu'elle peut avoir un comportement assez explosif, d'accord ?

Marmonnant une quelconque reconnaissance, je finis par accepter d'un bref hochement de tête. Le clan Inuzuka était un véritable clan canin, ninkens et humains vivant ensemble depuis leur naissance et apprenant à ne faire qu'un avec le temps. Je n'étais donc pas étonnée de découvrir que la maîtrise de leurs impulsions n'étaient pas des meilleurs. Cela dit et malgré toutes les critiques que l'on pouvait leur faire, je me surpris à les jalouser quelque peu. Leur mauvais comportement étant en effet légendaire, il y avait peu de choses que la société attendait d'eux. En conséquence, ils étaient beaucoup plus libres que n'importe quel autre citoyen de Konoha, civils y compris. Ce qui n'était définitivement pas mon cas, surtout si on ajoutait ma connaissance de l'histoire canon. La liberté d'actions n'était pas malheureusement pas pour moi...

Semblant relativement nerveux, le jeune chûnin essuya ses paumes moites sur son pantalon en toile avant de frapper à la porte d'entrée. Je me doutais que Tsume savait déjà que nous étions là, mais les conventions sociales complexes de ce monde nous obligeait toutefois à annoncer notre présence. C'était plus poli, qu'importe que vous entriez par la fenêtre une seconde plus tard.

La porte s'ouvrant à la volée, je poussai un glapissement plutôt aiguë avant de me réfugier derrière Shisui. Qu'importe son jeune âge, c'était cet idiot qui nous avait probablement condamné à mort. De plus, j'étais une civile et lui un shinobi. C'était son boulot de me servir de bouclier humain !

-Que veux-tu, Uchiha ? siffla d'un ton polaire la femme qui nous faisait désormais face.

Grande, le corps élancé et les muscles finement sculptés, elle semblait capable de nous massacrer avec son petit doigt. Me souvenant un peu tardivement que les Uchiha et les Inuzuka ne s'entendaient pas des masses, leurs comportements différant beaucoup trop et ayant un sacré paquet d'à priori les uns sur les autres, je croisai les doigts et espérai que quelque soit le plan du gamin, cela ne se terminerait pas avec nous deux à l'hôpital ou à la morgue.

-Ah, Tsume-sama, souffla l'adolescent en tâtonnant un peu. Nous venons requérir l'aide de votre clan.

«Nous» ? «Il», plutôt ! Je ne tenais pas à mourir trop précocement, merci beaucoup. Ayant toutefois été jetée en pâture au dangereux prédateur malgré mon manque de consentement, je pris à cœur d'assurer notre survie et, avec un peu de chance, de la convaincre de nous filer un coup de main.

-Naruto a disparu depuis douze jours, madame, l'informai-je en sortant de l'ombre du chûnin. On a besoin de votre aide pour le retrouver avant qu'il ne passe une nouvelle nuit dans la forêt. Il n'a que trois ans, et je suis vraiment inquiète pour lui.

La nouvelle faisant taire le commentaire désagréable qu'elle s'apprêtait à servir au jeune shinobi, elle prit un air beaucoup plus sérieux et se mit à m'observer attentivement. Semblant avoir trouvé ce qu'elle cherchait, elle soupira bruyamment avant de m'offrir un mince sourire encourageant, ignorant royalement l'Uchiha à mes côtés.

-Bien, chiot, approuva la matriarche. Je vais vous aider. Mais appelle-moi Tsume. «Madame» me fait me sentir définitivement trop vieille.

Un vent de soulagement me traversant jusqu'au plus profond de mon âme, je manquai de peu de me ramasser au sol. Rattrapée de justesse par la jônin, celle-ci parut un peu plus inquiète que par le passé.

-Oye, chiot ! s'exclama-t-elle en me remettant debout. Tout va bien ?

Ignorant volontairement l'inquiétude présente sur le visage des deux shinobi, je leur souris et leur déclarai d'une voix assurée :

-Tout est nickel. Je ne m'attendais juste pas à ce que vous acceptiez aussi facilement, Tsume-sama.

Ne paraissant pas très convaincue mais n'ayant rien pour me contredire, l'Inuzuka se contenta de lever les yeux vers le ciel avant de secouer la tête.

-Tu es presque pire que mon Kiba, pesta-t-elle avant de me regarder d'un air légèrement amusé. Ce petit imbécile ne s'est pas fait beaucoup d'amis en dehors du clan, mais je suppose que vous vous entendrez plutôt bien.

Ne voyant pas vraiment où elle voulait en venir jusqu'à ce qu'elle réclame à grands cris sa fille, je tressaillis violemment en voyant apparaître une jeune Hana qui ne devait pas être beaucoup plus âgée que huit ou neuf ans. Accompagnée d'un morveux de mon âge physique qui la suivait à la trace, elle nous fixa avec une curiosité que je lui comprenais très bien.

-Tu vas rester ici avec Hana-chan jusqu'à ce que nous ramenions le chiot, m'informa la matriarche du clan sans me laisser la possibilité de contester sa décision. Hana-chan, tu enverras un des triplets avertir ses parents qu'elle risque de rester tard ce soir et qu'elle passera peut-être même la nuit à la maison.

Me demandant si j'allais avoir voix au chapitre au moins une fois dans cette affaire, j'allais la prier de me laisser venir avec eux lorsque je fus interrompue par l'arrivée du plus grand chien qu'il m'eut été donné l'occasion d'apercevoir. De la taille d'un cheval et ayant l'apparence d'un loup, son manque de cache-œil ne m'empêcha toutefois pas de le reconnaître comme étant le ninken de la mère de Kiba. Ce ne fut d'ailleurs que cette connaissance préalable qui me permit de rester calme et de ne pas m'enfuir en hurlant à l'autre bout du village.

M'observant d'un air satisfait, visiblement heureuse de mon manque de réaction négative, je souris légèrement en remarquant l'approbation clairement visible sur son visage. Je venais de gagner un bon point selon ses codes, apparemment. M'apprêtant alors à faire ma demande qui avait été écourtée quelques instants plus tôt, je fus fatalement coupée une nouvelle fois.

-Tu as pu récupéré son odeur, Kuromaru ? s'enquit Tsume alors que son ninken reniflait la literie apportée par l'Uchiha.

-Hai. Allons-y, souffla le chien.

Et avant que je ne puisse désespérément l'ouvrir, priant pour récupérer enfin la capacité de m'exprimer, ils disparurent tous les trois en une fraction de seconde, me laissant complètement hébétée. Jurant devant la situation incroyable dans laquelle je venais malgré moi de me fourrer, je glapis lorsqu'un coup me fut rapidement asséné à la tête.

-Langage, me rabroua sévèrement la jeune fille avant de s'adoucir. Entre, on ne va pas te manger. Tu veux des gâteaux ? J'allais en donner à Kiba...

Jetant un coup d'œil au plus jeune des Inuzuka, je soupirai bruyamment et maudis pour la millième fois mon karma désastreux.

Au moins, me rassurai-je, ce n'était pas dans le clan Uchiha que je venais d'atterrir.


Une review ? Un com' ? Promis, je réponds toujours !