Bonjour la compagnie!Je vous ai manqué? Oui c'est vrai, j'ai mis du temps à écrire quelque chose. J'attendais l'épisode 103 pour m'y remettre et puis après il me fallait l'idée^^ Et bien sûr, c'est quand je suis sous la douche qu'elle est arrivée x) Bref j'arrête de vous embêter et je vous souhaite une bonne lecture! Le style d'écriture est différent des autres fois, c'est normal je voulais aborder cela d'un différent angle. Et je vous remercie pour vos reviews qui me font énormément plaisirs!
Disclaimer: Non, rien de rien, non je ne possède rien.
-Mathieu?
Il n'y avait pas eu de gamin, ce mot qui rythmait chacune de ses phrases, ou même un léger Mat' affectif, qu'il disait habituellement d'un ton las. Non, il n'y avait eu rien de tout cela. L'homme si sûr de lui d'habitude était penaud et perdu. Il voyait le tic si familier de son double qu'il avait de triturer son briquet quand il était stressé. Sa tête c'était inclinée, fixant les tâches de café sur le parquet.
-Oui? Qu'est-ce qu'il y a?
Le schizophrène avait demandé cela, d'un ton craintif et d'une voix légèrement aiguë. Oui, il redoutait la raison de la venue de son double. Jamais il venait le voir comme ça, en plein milieu de la journée, dans son bureau, en plein montage, sans arrière-pensée ou du moins il l'espérait, embarrassé et intimidé. Il avait mis son casque et ses mixages de côté pour se concentrer sur sa personnalité.
-Ça fait quoi d'être heureux?
Il avait énoncé ces mots comme un jeune enfant qui demanderait le sens de la vie à un adulte. Et ça lui fit un choc, un grand, un immense choc. Voir le premier membre de sa famille lui poser cette question qui n'est en aucun cas anodine le fit bloquer. Que devait-il répondre face à cela?
-Po-pourquoi tu me demandes cela?
Le créateur avait réussi à bafouiller cette phrase après quelques minutes de blanc. C'est vrai, après tout, il ne comprenait pas pourquoi il lui demandait ça. Il avait une "famille" composée de frères, si on pouvait appeler cela comme ça, un "père", un travail et même une vie convenable. Il avait tout pour être bien et joyeux. Alors pourquoi?
-Parce que je ne sais pas ce que c'est.
C'était pire qu'une claque, plus comme un coup, un poing, une douleur insoutenable. Comment pouvait-il lui annoncer cela?! Surtout maintenant?! Après toutes ces années?! Mathieu le regarda de long en large, chercha les prunelles de son double qu'il ne trouva pas.
Comment peut-on définir un sentiment que chaque personne est censée avoir depuis l'enfance. Il déglutit difficilement, cherchant les bons mots.
-Viens là, je vais t'expliquer.
Le schizophrène sourit faiblement et ouvrit ses bras pour inciter le Patron à venir s'y loger. Il n'avait pas l'habitude de faire cela. Ce genre d'affection était plus pour le geek, quand il faisait des cauchemars la nuit, pour le rassurer. Il vit le criminel se reculer d'un pas, ne sachant quoi faire. Il paraissait troublé, c'est vrai, rare était les fois où il se refugiait dans l'étreinte de son créateur...
-Je veux juste une réponse, si tu es capable de m'en donner une.
Mathieu soupira et lui fit un léger signe de tête. Il acquiesça et l'invita à se rapprocher. Son double arriva doucement vers lui. Il se mit sur ses genoux, posa sa tête sur son épaule et se fit tendrement enlacer. Ses muscles crispés se détendirent, quand il fut enveloppé de l'aura rassurante de son créateur. Celui-ci attendit un peu que le souffle du pervers se calme avant de commencer.
-Être heureux c'est un dérivé du bonheur. C'est comme un état de plénitude. Quand tes actes sont en harmonies avec tes pensées. Que tu es bien sans réellement savoir pourquoi. C'est un peu comme la sensation quand tu jouis...
Il avait dit la dernière phrase presque honteusement. Comparer un des sentiments les plus essentiels à celui procuré par un orgasme est assez étrange. Il n'aurait jamais pensé expliquer ce genre de chose…La main du schizophrène alla caresser distraitement quelques mèches brunes de sa personnalité. Celui-ci se colla un peu plus, l'écoutant avec attention.
-Et c'est tout? Pourquoi ça t'arrive d'être triste alors et de tirer la gueule, si c'est aussi simple?
Mathieu s'arrêta pour le regarder. C'est vrai, dans un sens, la vie serait tellement plus facile si on ne ressentait pas ce genre de chose. Mais, ce qui fait que nous sommes humains, se sont nos émotions. Alors nous priver de cela, reviendrait à réduire notre condition d'homme.
-C'est plus compliqué que cela...on a pas que des bons sentiments et des bons moments dans notre vie, sinon dans un sens se serait trop facile...
Le schizophrène souffla, pensif. Oui, son double le faisait longuement cogiter sur des questions qui ne se seraient jamais posé. C'est compliqué d'expliquer ce genre de chose à une personne qui n'y connait rien. Surtout à lui-même. Il fixa son alter-égo, le regardant avec intention. Celui-ci écoutait sa douce voix lui avouer le sens des émotions.
-C'est pour ça que c'est rare que tu souris avec nous? C'est que t'es pas heureux Mat'? On te fait autant chier?
Le criminel avait relevé la tête pour lui annoncer cela. Et une deuxième douche froide en 5 minutes. Un frisson avait traversé son échine au surnom affectif qui lui avait donné. Il ouvrit sa bouche pour la refermer tout de suite après, le souffle coupé. Il prit une longue inspiration pour reprendre contenance. Ses doigts descendirent au menton de l'homme en noir pour le mettre à son niveau.
-Bien sûr que je suis heureux avec vous, vous êtes ma famille. Soit une famille bizarre, chiante et extravagante mais une famille quand même. Je souris à longueur de journée mon petit Patron.
Celui-ci sourit à son créateur. Il était assez content de cette réponse et ces explications. Il alla se sortir de son étreinte et repartir quand le brun le colla contre lui. Il passa ses doigts sur sa nuque pour l'attirer contre son épaule.
-Tu crois que je vais te lâcher maintenant? Ah non tu restes là. Après ce que tu viens me dire, tu ne pars pas.
Le criminel rougit faiblement et se nicha dans le creux de son cou. Il n'était pas affectif, les câlins et autres ne le plaisaient guère. Mais, avec Mathieu, c'était différent. Leur lien était beaucoup plus fort qu'avec les autres, sûrement parce qu'il était là depuis plus longtemps. Le schizophrène caressait délicatement ses cheveux.
- Ça fait longtemps que tu poses ce genre de question?
Cette phrase avait traversé le bout de ses lèvres toute seules. C'est vrai, ça lui trottait dans la tête mais il n'oserait pas lui demander, pourtant c'était trop tard. Son double le regarda, désorienté. Il reposa sa tête, honteux. Devait-il lui dire la vérité ou non? Il soupira, de toute façon il ne pouvait lui mentir.
- Ouais un peu...ça m'arrive de temps en temps de me demander ce genre de conneries...
Conneries?! En quoi se sont des conneries?! Mathieu regarda son alter-égo avec de grands yeux. C'était de sa faute, il l'avait créé incapable de ressentir quelque chose... Le rendre le plus inhumain possible c'était ce qu'il avait voulu au départ...mais il l'avait vite regretté... En effet rare étaient les moments où il avait vu le Patron pleurer ou même rire sincèrement. Il était toujours neutre face à chaque chose, que cela soit horrible ou non.
-Ce n'est en aucun cas des conneries! Je suis tellement désolé Patron...
Cette fois c'était au criminel de le regarder, les yeux écarquillés. Pourquoi son créateur lui disait cela? Après quelques temps il comprit pourquoi il c'était excusé. Il soupira et posa doucement ses lèvres sur celles du schizophrène. Celui-ci rougit faiblement et caressa la nuque de son double comme réponse.
-Tu sais très bien que je ne t'en veux pas et que je n'en ai rien à foutre. Tu veux déjà de moi, c'est déjà ça.
Il avait toujours eut cette capacité à relativiser toute chose. Mathieu sourit avant de l'embrasser langoureusement. Cette fois-ci ils ouvrirent leurs bouches pour faire valser leurs langues dans une danse ardente. Le criminel se mit à se mouvoir contre lui, pour se rapprocher un peu plus.
-Je peux te faire goûter au bonheur si tu veux.
Il lui avait susurré cela d'un ton aguicheur, le regard voilé par la luxure. Sa main descendit lentement vers le bas du dos de son double pour venir caresser ses reins et ses fesses. Il laissa passer un grognement en mordillant la peau de son cou.
-Mais je n'attends que ça gamin.
Le schizophrène s'accorda un léger sourire, oui il lui ferait goûter au bonheur autant de fois qu'il le souhaiterait.
Voilà! J'espère que vous avez aimé ce petit OS aussi. J'aime bien diversifier les idées, histoires et styles. N'hésitez pas à me donner vos impressions ça fait toujours plaisir!
Sur ceux bonne soirée!
Bisou
