Bonjour tout le monde! J'espère que votre reprise c'est bien passé et que vous avez passé de bonne vacance! Wow ça fait longtemps que je n'avais pas publié ^^'. J'étais un peu occupée je l'avoue :p. Mais, l'avantage avec la reprise c'est que je reprends un rythme régulier et que j'écris beaucoup plus qu'en vacances! Je tiens à dire que d'ici quelques jours je vais publier une fanfiction Matron! Déjà écrite, plus qu'à la taper à l'ordinateur.
P.S : Il y a plus de 6K views, c'est juste ENORME, pour ça merci beaucoup beaucoup
Bref, c'est un OS Song-Fic, une de mes chansons préférées, sûrement ma préférée: Stand by me de Ben e King sorti en 1961.
Disclaimer: La chanson et les personnages ne m'appartiennent pas, si cela gêne, je supprime.
Stand By Me
Comment on en était arrivés là ? Je ne sais plus vraiment, tout est flou. Mes pensées sont embrumées par ces cachets, infâmes et horribles. Mon esprit s'est perdu trop loin de la lucidité pour que je sache le pourquoi du comment. Ma conscience m'a quitté pour rejoindre un endroit sûrement mieux, tout est mieux qu'ici de toute façon. Mes réflexions semblaient confuses, je ne discernais plus le faux du vrai. Y'avait-il quelque chose de vrai ? Ne suis-je pas dans une illusion ? Un monde créé de toute pièce ? Je ne semblais pas maître de moi-même, vous savez comme quand vous avez l'étrange sensation de n'être que spectateur de votre propre vie.
Mais, entre mon cœur qui ne cessait de battre la chamade et mon cerveau qui ne demandait qu'à comprendre je repensais à nous. Il y a encore quelque temps ce mot m'aurait fait doucement rire, nous, c'est assez amusant de qualifier notre relation par ce pronom. Il y a encore quelques temps ce mot m'aurait fait rougir, nous, ça annonçait beaucoup pour ce que c'était. A l'époque, on rêvassait de ce qui pouvait y avoir plus tard. On ne serait plus embêtés par personne, pas par mes parents qui n'ont jamais voulu de lui, je me demande encore s'ils voulaient de moi…Et encore moins par tous ses médecins qui nous ont jamais compris…
Quand je repensais à nous, j'avais surtout cette musique dans la tête, la musique de notre rencontre, notre musique. Tu te souviens ? Tu me l'avais chantonné de ta voix grave et rauque qui te va si bien. J'y cogite maintenant, vraisemblablement parce que je suis seul, enfin je crois. Que je suis encore loin de toi, parce que la société ne veut pas de toi, ne veut pas de nous. Je fermais les yeux pour me rappeler, ignorant difficilement ces tambours frappant dans mon crâne.
Oo_-X..xXx..X-_oO
C'était la première fois que j'allais dans un hôpital psychiatrique, mes parents à l'époque m'avaient dit que tout se passerait bien. Foutaise. Je ne savais ce qu'il y avait là-bas, pour moi c'était un endroit accueillant, où tout le monde souriait et ne voulait qu'une chose, t'aider. Foutaise. Le Patron était avec moi, je tenais sa main, assez intrigué. Il n'arrêtait pas de me dire qu'on devrait partir, que ce n'était pas une bonne idée. Et moi, je lui répétais que tout allait bien se passer, que les médecins voulaient juste savoir quelques trucs. Foutaise. S'il seulement j'avais su, je n'aurais jamais dit oui aussi facilement…
Mais, ce n'est pas le plus intéressant, savoir à quel point les êtres humains sont capables des pires atrocités ne vous captivent pas, je suis sûr que vous le savez déjà. Non, c'est quand j'y suis sorti. J'étais jeune encore, on ne m'avait pas donné de médicaments, de camisole et autres choses mais on m'avait laissé entrevoir le pire. Qu'ils me le prennent. Que je finisse comme dans le film : « Vol au-dessus d'un nid de coucou. », complètement vide. Et ça m'avait terrifié, ça m'a terrifié pendant longtemps, même encore aujourd'hui j'en ai peur.
On était rentrés à la maison après deux semaines dans cet enfer. Je n'avais pas réussi à dormir la première nuit, ni la deuxième. Malgré le fait qu'il dormait juste à côté de moi, je n'y arrivais pas. J'avais beau entendre son souffle, savoir que son cœur battait, qu'il se reposait paisiblement, j'avais peur.
-Qu'est-ce qu'il y a Mat' ? Dit-il, d'une voix endormie.
-R-rien, tout va bien.
-C'est ça ouais et j'suis une gonzesse aussi ! Répondit-il en se relevant.
Je souris faiblement à ces propos. Il se rapprocha de moi pour venir m'enlacer doucement. C'est vrai qu'à cette époque, il était là juste pour moi, pour que je ne sois pas seul, pour que je puisse compter sur quelqu'un, avec le temps c'est différent. A cette époque notre relation était assez particulière, on profitait sans avoir à poser un mot à tout cela, sans vouloir surtout. On se câlinait, s'embrassait, se taquinait, se disputait, on avait une relation assez ambiguë.
-Ouais en dit pas plus, viens on va sur le toit.
Il me mit son pull noir où il y était marqué « I'm not perfect ». C'est vrai qu'il faisait frais, en octobre aussi…On monta sur le toit par ma fenêtre, on le faisait de temps à autres, pour s'échapper de ce monde, juste un instant. Je me mis dans ses bras et il commença à caresser tendrement mes cheveux. Machinalement il commença à chantonner, comme à chaque fois qu'on venait ici, cette chanson, notre chanson.
When the night has come
Quand la nuit est venue
And the land is dark
Et que la terre est sombre
And the moon is the only light we see
Et que la lune est la seule lumière que nous voyons
Je me rappelle très bien ce moment, c'était la pleine lune, les chiens hurlaient leurs désespoirs dans la nuit, pendant que nous, nous regardions ce magnifique spectacle. C'est vrai que Saint Etienne ne bougeait pas vraiment quand le soleil se couchait. On pouvait voir quelques personnes rentrant de soirée tituber dans les rues, des hommes fortement alcooliser s'énerver contre un poteau ou encore des animaux se balader à la recherche d'un foyer. Je n'aime pas vraiment l'obscurité, ça nous confronte à nos propres démons. Et la seule lumière qui nous éclaire est celle de la Lune, c'est assez poétique dans un sens.
No, I won't be afraid
Non, je n'aurai pas peur
Oh, I won't be afraid
Oh, je n'aurai pas peur
Mais ça me rappelle aussi l'hôpital, mes moments de solitude et de doutes, ton absence et ce sentiment qui me ronge…La peur…Mais je sais que temps que tu es là, ça ne m'arrivera pas. Je ne laisserai plus personne nous séparer pour nous affaiblir. Je ne laisserai plus personne me faire croire que tu n'existes pas. Et surtout, je ne laisserai plus personne me faire penser que tu es nocif pour moi. Tout simplement parce que ce ne sont que des foutaises, des mots dit pour faire peur voilà tout. Faire peur…non je n'aurai pas peur…
Just as long as you stand
Tant que tu restes
Stand by me
Tu restes contre moi
Mes yeux se fermèrent à ses paroles. J'aime l'entendre chanter, il chante à ma place ces mots trop dur à dire, ces mots bien trop vrais. Dès que je suis contre lui je me sens invincible, tout simplement parce qu'il est là. Parce que j'entends son cœur battre de manière régulière, que ses bras entourent ma taille me donnant un sentiment de sécurité, que je sais qu'il est là et c'est tout ce qui m'importe au fond. Tant qu'il reste avec moi rien ne peut m'arriver, je me sens complet. Tant qu'il reste contre moi je me sens rassuré et j'oublie tout ce qui s'est passé. Tant que tu restes contre moi je n'ai plus peur de rien.
So darling, darling
Alors chérie, chérie
Je me collais contre son torse. Il commençait le refrain qui me donnait à chaque fois des frissons. Sa voix grave semblait percer toute chose, je la sentais vibrer d'où j'étais et c'était une sensation assez agréable. Un rictus prit possession de mes lèvres à ces mots. Chérie, il me le disait de temps à autres pour déconner. C'était le seul moment où il le disait sérieusement et qu'il était sincère. Et j'aimais bien. Je relevais la tête pour le voir fixer un point inconnu droit devant, l'esprit ailleurs. Il était toujours comme ça quand il la chantait.
Stand by me
Reste contre moi
Oh, stand by me
Oh, reste contre moi
Même encore aujourd'hui, il lui arrive de la chanter quand je suis dans ses bras, juste ce refrain qui a fait toute mon enfance. Juste pour me rappeler qu'il est là, comme hier et demain. Ça m'arrive aussi de temps à autres de la chantonner pour me rassurer, surtout quand tu n'es pas là…Dommage que j'en ai pas la force maintenant, ma bouche est trop sèche et pâteuse pour que je puisse l'ouvrir. Mes cordes vocales sont trop abîmées pour que je puisse chanter. Je me contentais seulement de me remémorer ses paroles.
Oh stand, stand by me, stand by me
Oh, reste, reste contre moi, reste contre moi
Collé contre lui à regarder le ciel et les étoiles, j'oublie tout. Le passé et ses erreurs pour me contenter du présent. Je veux marquer ce moment à jamais comme notre première rencontre dans cette rue miséreuse où à la radio passait cette chanson. Je me souviendrais toujours, il faisait nuit, nous nous sommes regardés puis nous avons souris. C'était une rencontre assez curieuse, même encore aujourd'hui je peine à savoir si c'était bien réel. Tout me semblait idyllique et parfait, un peu comme dans un film de romance…Je sentis sa prise se renforcer, me serrer un peu plus, pour accentuer ses paroles. Son regard était parti au-dessus de nos têtes et je fis de même.
If the sky that we look upon
Si le ciel que nous contemplons
Should tumble and fall
Devait dégringoler et tomber
Il entamait le deuxième couplet, le plus métaphorique, et le plus beau. Ces mots là aussi m'ont marqué. Ils étaient doux, simples mais voués de sens. Combien de fois j'ai imaginé cette scène ? Que le ciel tombe sur nos têtes ne nous laissant plus rien. Que notre monde s'écroule en une fraction de seconde nous laissant seul. Combien de fois j'en ai rêvé ? Même en cauchemar je retrouvais cette fin magnifique, plus que de mourir de vieillesse la main enlacée dans celle de son amant…Dès que j'en ai l'occasion je repense à tout cela, à lui, à cette chanson, à ce moment. J'aurais tout donné pour revenir à cette époque à cet instant…tout…
Or the mountains should crumble in the sea
Ou si les montagnes devaient s'écrouler dans la mer
Cette phrase me rappelle toujours les photos des Seychelles où étaient allés mes parents il y a longtemps. Les rochers qui tombent sur la plage comme s'il n'y avait pas de sable blanc. Les montagnes qui pourraient finir dans l'eau en un clignement d'œil. Tout un monde qui pourrait s'écrouler, que cela soit le ciel comme la terre. Toute une population qui serait anéanti en seulement quelques instants. Toute une vie qui n'aurait existé. J'aimais bien rêver à cette époque, je pouvais m'évader autre part, oublier que tout ceci n'est qu'un rêve, que malgré tout je suis terrifié. Sûrement parce que je sais que tout ceci est illusoire…Je sentis les larmes venir me piquer mes yeux…
I won't cry, I won't cry
Je ne pleurerai pas, je ne pleurerai pas
No, I won't shed a tear
Non, je ne verserai pas une larme
Pourtant, elles ne vinrent pas. À quoi bon pleurer de toute façon ? Je me sentais bercer entre mon souvenir doux et la dure réalité. Je savais très bien que je voulais pleurer dans cet horrible endroit, que mes yeux me brûlaient à cause de la fatigue, que ma gorge ne faisait que remonter le goût de mes sucs digestifs et que je ne voulais que le retrouver, me retrouver dans ses bras. Et, le pire, c'est que si je pleurais il n'y aurait personne pour me consoler, essuyer mes larmes ou même être présent à mes côtés…
Just as long as you stand
Tant que tu restes
Stand by me
Tu restes contre moi
Je ne pus m'empêcher un sourire. Pour le coup c'est vrai qu'il avait raison. Je n'ai jamais pleuré quand il était là. Il m'a toujours consolé et j'ai toujours été bien, tout simplement. C'est assez inexplicable, du moins la sensation que je ressens quand il est là. Je crois que je l'ai créé pour cela, pour qu'il combatte ma solitude, pour que dès que j'ai un problème il soit là, mais…où es-tu ? Pourquoi n'es-tu pas là ? Pourquoi je suis malheureux en ce moment-même dans un affreux endroit et tu es introuvable ? Tu es bien réel pourtant…toutes les nuits qu'on a passé ensemble sont véritables, toutes les journées qui n'ont fait que nous rapprocher le sont aussi...n'est-ce pas...?
So darling, darling
Alors chérie, chérie
Mes yeux s'ouvrirent subitement. Je suis devenu fou au point d'entendre parfaitement ces paroles ? Je suis devenu fou au point d'avoir l'impression qu'elles sortent d'un haut-parleur ? Je suis devenu fou au point de savoir que c'est toi qui chante ? Je me relevais difficilement, sans succès, mes jambes n'arrivaient pas à supporter mon poids. Ce « darling », il n'y a que lui qui le chante comme ça, de façon presque cynique mais tout de même enfantine. Je ne pus m'empêcher un immense sourire, il était venu, il est enfin là…
Stand by me
Reste contre moi
Oh, stand by me
Oh, reste contre moi
J'entendais ses pas dans ma direction et sa voix faire vibrer l'air dans un doux son mélodieux. Je me sentis mieux d'un coup. Je guettais son arrivé, comme si ce cauchemar allait se terminer, je n'espérais plus que cela, je n'inspirais plus qu'à cela…Après trois balles dans la porte et un coup de pied bien placé elle tomba à mes côtés. Le Patron, Mon Patron me regardait, un sourire aux lèvres. Il s'approcha de moi, m'enleva la camisole sale, qui, ne garda que le souvenir de mon passage et de mes cauchemars, et me prit tendrement dans ses bras. Et, enfin, je me détendis, j'étais contre lui…
Oh stand, stand by me, stand by me
Oh, reste, reste contre moi, reste contre moi
Mes yeux se fermèrent par automatisme. Doucement, je repris conscience de l'endroit et de la situation. Mes pensées devinrent petit à petit lucides comme mon esprit. Je sentis son cœur battre régulièrement, en accord avec la chanson. Il est là, j'en suis sûr. Ma tête se posa dans le creux de son cou et je me calmais. J'étais revenu à un énième asile, comme ceux quand j'étais enfant, comme ceux où j'ai passé la majeure partie de mon adolescence…
-Là doucement Mat', c'est fini. Je suis là, j'ai mis du temps à arriver mais j'suis là. Souffla-t-il faiblement, comme par peur de me brusquer.
-Tu restes là hein ? Dis-je péniblement, encore amorphe.
-Oui, on reste autant que tu veux. Finit-il.
Je ne savais réellement si c'était réel. J'aurais pensé à un rêve ou une illusion. C'est assez compliqué…malgré le fait qu'il était là, je ne savais réellement…Sûrement à cause du surplus de médicaments. Bizarrement, il n'y avait pas de médecins ou autres, c'est curieux…Comme s'ils avaient déserté, comme s'ils n'avaient jamais été là…Je me posais trop de question…On profita de cet instant et je crois m'être endormi après je ne sais combien de temps, tout ce dont je me souviens c'est mes paupières lourdes, mon crâne rempli d'hurlement et cette pièce différente que celle que j'avais vu auparavant…
Oo_-X..xXx..X-_oO
J'ouvris mes yeux en sursaut, le front recouvert de fines gouttes de sueurs. Tout ceci n'avait été qu'un cauchemar ? Ou suis-je encore en plein cauchemar ? Je tournais la tête de gauche à droite, je ne reconnaissais pas la pièce, elle me semblait tout bonnement inconnue. Ce n'était ni ma chambre, ni celle d'un de mes doubles. Elle était mal éclairée mais il y faisait chaud, vraiment chaud. Je sentis doucement mes muscles et mon corps amorphe. J'étais dans les bras d'une personne que je connaissais que trop bien. On avait dormi là ? Non impossible…Je levais difficilement la tête, tous les calmants et autres conneries commençaient à ne plus faire effet.
Il me berçait faiblement, à moitié endormi. Je souriais faiblement. J'allais mieux c'est vrai. Il était venu, il était resté et il m'avait consolé comme à chaque fois. Il embrassa doucement mes lèvres avant de se lever. J'étais toujours dans ses bras, il me portait comme quand on était gosses. Je fermais mes paupières et le laissais faire en souriant faiblement. Tout est fini, enfin, du moins... je l'espère…
Whenever you're in trouble
A chaque fois que tu es malheureux
Won't you stand by me, oh stand by me
Pourquoi ne resterai-tu pas contre moi, oh reste contre moi
FIN
Et voilà pour cet OS song-fic. Je tiens à préciser que le pov est bien celui de Mathieu mais je n'avais pas spécialement envie de le marquer. Ensuite la fin assez flou est fait exprès, à vous d'interpréter comme vous le souhaitez. Et les retours en arrières, passés/présents sont voulus aussi ^^
J'espère que cela vous a plu! N'hésitez pas à me donner votre avis, c'est toujours plaisant :)
Sur ce, bonne journée/soirée/nuit
Biz
Agathou~
