Bonsoir ! J'ai mis beaucoup de cœur dans ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira tout autant que j'ai aimé le faire !
Disclaimer: Rien ne m'appartient si ce n'est les mots. Si ça dérange je supprime !
Perdant :
Il arrivait des soirs où il se distinguait des événements particuliers chez les Sommet : par moment des cris s'échappaient d'entre les murs; hantant tout l'immeuble et le quartier d'une sinistre symphonie ,et, de temps à autres, des rires cultivaient l'instant présent harmonisant l'atmosphère d'un calme accru. Cette soirée s'approchait plus d'un bonheur accueillant que d'un lugubre trépas armé de colère et de traumatismes.
La famille Sommet reposait dans le salon après une énième soirée ensembles à se divertir autour de diverses alcools et de jeux à boire. C'est ainsi qu'avait vu le jour, autour d'une discussion, un vieux défi dont le vainqueur n'avait encore exigé son dû.
-Tu exiges quoi alors Mat'? Questionna maître panda
-Un kilo de beuh.
-On t'a pas demander ce que tu voulais le camé.
-Je peux exiger n'importe quoi...hmmm
-Arrête de faire durer le suspens gamin!-
Tu dis ça parce que t'as perdu. Répondit le geek, enveloppé dans le plaid.
Le criminel grinça des dents en murmurant quelques insultes dans sa barbe. Inutile de lui rappeler qu'il avait perdu, non pas parce qu'il est un mauvais perdant mais parce qu'il était sûr que jamais ça ne reviendrait sur le tapis. Et le voilà à attendre le verdict de leur créateur, curieux et impatient de savoir la sentence pour enfin être tranquille avec tout cela. Il n'aurait jamais imaginé qu'il puisse être autant anxieux pour quelque chose d'aussi stupide et vide d'intérêt.
Il prit une lampée de bière en s'allumant sa cigarette, zieutant distraitement le présentateur pensif.
-Ça demande de la réflexion de savoir. Qu'est-ce que je veux bien vouloir de toi Patron ?
-Je sais pas une branlette ?
-Non je peux me débrouiller tout seul pour ça. Hmmm...que tu passes la semaine avec moi !
-Très drôle et sérieusement ?
-Je suis sérieux, t'as perdu, t'assumes le prix.
Tout le monde ne savait quoi répondre, hébétés par ce curieux choix. Seul maître panda souriait discrètement, nullement surpris de ces paroles presque désespérées du châtain. Qu'avait-il à redire sur cela? Leur créateur avait une proximité étonnante avec le criminel sans qu'il ne sache réellement la raison; sûrement son apparition lointaine bien avant le hippie et le geek. En parlant d'eux, le drogué abordait un magnifique sourire aux lèvres subjugué de l'amour émanant de Mathieu et des petites boules roses dansant à côté de lui, et, le gameur semblait estomaqué de la nouvelle en préparant une argumentation digne de la rhétorique grecque pour prendre la place de l'homme en noir. Ce dernier pouffa légèrement, amusé de cette étrange demande qui sonnait clairement comme une envie de passer plus de temps ensembles. Une semaine entière paraissait pourtant une longue période sans sortir aux bordels ou gérer ses traffics...de quoi le mettre facilement sur les nerfs.
-Et ça commence quand gamin ?
-À partir de -il regarda l'heure- demain matin neuf heures. T'es libre jusque là.
- Mathieu. Souffla le musicien.
Il n'en fallut pas plus pour que le Patron grommelle et s'en aille profiter un dernier moment, c'est-à-dire cinq heures, de sa liberté. Pas étonnant pour les autres qui rigolèrent en le voyant fuser vers la porte d'entrée et disparaître sous le début de l'aube. Mathieu ne pût s'empêcher un sourire, satisfait de la réponse face à son prix. Enfin il allait pouvoir passer du temps avec le criminel sans que ça paraissait bizarre ou inattendu.
C'est ainsi que le lendemain matin, ou plutôt cinq heures plus tard, le présentateur se réveilla impatient de commencer cette longue semaine qui l'attendait. Il sortit de son lit et se dirigea vers la cuisine où sa sombre personnalité l'attendait entrain de siroter un café sur son téléphone.
-Salut gamin bien dormi?
-Avec la gueule de bois super ouais.
Sans un mot de plus le Patron se leva et lui prépara un café avant de le lui tendre avec du citrate de bétaïne dans un verre d'eau. Agréablement surpris, Mathieu ne se priva de le remercier et s'assoir en face de lui, curieux de cette attention peu commune à sa personnalité.
-C'est pas en étant gentil que ça va changer la donne tu sais
.-Je peux toujours essayer Mat'. Tu vas jamais tenir une semaine avec moi.
-Oh crois moi j'en suis capable. On l'a fait des dizaines de fois avant, surtout quand y avait pas le gosse et le hippie.
-C'était différent.
C'est vrai, mais, ça lui manquait terriblement, à eux d'eux pour être sincère. Ils n'avaient plus eu l'occasion de passer autant de temps ensembles; avec l'émission et les trois autres trouver du temps paraissait compliqué voire impossible. Le châtain bût sereinement son café avant de tirer le criminel par le bras sur le canapé; il comptait bien ne pas perdre un seul instant.
-Tu m'expliques peut-être ?
-Y'a rien à expliquer. Répondit-il naturellement en tapotant à côté de lui.
L'homme en noir soupira nerveusement et s'assit à côté de son créateur visiblement excité comme une pute sans apparente raison. Il mit Adventure Time en sirotant son café qui ne fit long feu, à moitié avachi. Le Patron tentait de comprendre le comportement de Mathieu sans succès; pourquoi diable passait-il du temps avec lui de cette manière ? Il pourrait très bien faire cela tout seul, sans sa présence, il n'avait besoin de lui.
-Tu remets en doute ma récompense Patron?
-Hmrf. Je comprends pas l'intérêt gamin. Si tu voulais ne pas être seul il te suffit d'appeler quelques filles ou le gamin, y'a pas besoin que je sois là.
-Justement ça perdrait tout l'intérêt de passer une semaine avec toi si t'es pas là.
Il y avait peut-être une raison plus profonde que le faire chier finalement. Non, impossible que son créateur veuille passer plus de temps avec lui. De toute façon il aurait pu simplement lui demander...
-Et tu aurais refusé, je te connais comme si je t'avais crée.
-C'est pas du jeu ça.
-Ouais c'est vrai. Va me refaire un café temps que tu cogites.
L'homme en noir coupa ses réflexions, conscient que ses songes n'étaient pas privés aux alentours de Mathieu. Il s'exécuta et en profita pour ramener les viennoiseries qu'il avait apporté sur le chemin du retour à l'appartement, satisfait de voir l'effet escompté d'une mine émerveillée sur le visage du présentateur.
-Tu as prévu un programme ?
-Nope, juste profiter de mon dû au maximum. Dit-il en se collant contre la chemise de son double.
Ce dernier avait haussé les sourcils, intrigué de cette soudaine proximité. Un peu gêné, il l'enlaça d'un bras pour le ramener plus contre lui en caressant distraitement le bas de son dos à travers son tee-shirt mauve. Il y avait quelque chose de presque apaisant dans l'atmosphère de la pièce, tel un cocon confortable où nul n'entrait. Ils restèrent longuement comme cela, collé l'un à l'autre sans un mot ou un geste comme par peur d'infortuner l'autre. Mathieu ne laissait rien paraître, si ce n'est ses joues teintées d'un carmin rosé et l'esquisse d'un sourire satisfait; il profitait tout simplement.
La journée se passa rapidement, trop rapidement au goût du créateur. Ils étaient restés collés ensembles, sauf pour prendre une douche, à savourer la proximité de l'autre et les quelques marques d'affection du criminel, un trait légendaire pour ce dernier. Curieusement, le geek et le panda s'étaient fait très discrets, comme pour leur laisser une certaine intimité. Seul le hippie n'avait changé d'un iota, les ayant rejoint au milieu de l'après-midi pour phaser sur l'écran en sortant des questions philosophiques aux personnages des dessins animés et films regardés; en somme une chose bien ordinaire.
Le soir se fit et l'approche du repas bondissait à grand pas. C'était au tour du panda de cuisiner, trop concentré à composer un nouveau morceau il avait supplié Mathieu de s'en occuper. Une idée germa dans l'esprit de ce dernier.
-Tu vas m'aider à faire à manger !
-Et puis quoi encore gamin? J'ai une gueule à cuisiner ?!
-C'est pas une question, ça fait parti de la récompense patron.
-Te servir de boniche pendant une semaine c'est de l'esclavagisme.
-Non c'est une aide vouée sur une réussite d'un des deux partis.
Le criminel grogna, vaincu sans pour autant arrêter le débat qui se profilait à l'horizon. Il n'avait pas dit son dernier mot ! Malheureusement le présentateur était tout éloquent et très vite ils rigolèrent gaiement en se taquinant tout en cuisinant. Par moment les insultes jonchaient les murs de la cuisine puis l'écho d'un rire se faisait entendre.
Une fois à table tout le monde fût étonné de la joie de Mathieu, clairement visible et rare d'après les temps qui courraient et la pression qui aggravait leur situation. Il pourrait rapidement s'habituer à cette ambiance et ces instants de pur bonheur réchauffant son cœur et calmant son esprit. Il se sentait curieusement comblé.
Le repas se finit et le soir vint. Le hippie comaté sur un pouff, satisfait de son digetspliff. Le geek était retourné devant sa console pour jouer à Animal Crossing et faire son île. Le panda composait avec ardeur dans sa grotte comme depuis le début de la journée. Le patron fumait distraitement une cigarette à la fenêtre, passif de l'heure, songeur. La journée avait été inhabituelle pour lui, sans sortie, sans délit, sans sexe; l'incarnation de la trivialité et pourtant ça ne l'avait pas déplu. À dire qu'il voudrait bien refaire cela était un peu trop mais de temps à autres ça le tenterait bien. Et puis passer un moment proche de son créateur n'était pas mauvais, bien au contraire, ça le calmait presque de toutes ses pulsions. En parlant du loup, ce dernier finissait de débarrasser la table en se faisant un thé.
-Et maintenant ?
-Ça te dit de sortir faire un tour?-Pourquoi pas, c'est calme la nuit.
Ni une, ni deux une fois le thé bût et une légère veste mise les deux compères sortirent pour profiter de la brise d'été et de ses derniers rayons. Ils marchèrent le longs des rues, s'arrêtèrent boire une bière fraîche, s'assirent dans un parc en discutant de leurs anecdotes passées avant de prendre le chemin du retour. Ils souriaient sans le cacher, fumant chacun sur la cigarette de l'autre sans croiser une âme qui vive. Mathieu réfléchissait à acquérir des marques d'affections; comme emmêler leurs mains ou se tenir à son bras , désireux et presque en manque des contacts de sa sombre personnalité.
Celle-ci sentait les tensions émaner de son créateur si bien que sans dire un mot il lui prit délicatement la main, emmêlant ses doigts aux siens avec une telle douceur que même lui n'y crût en lui prétextant qu'il ne connaissait pas la direction. Mathieu sourit tendrement, rentrant dans son jeu en le taquinant tout en resserrant sa prise, frémissant au contact de la peau chaude de son double.
Ils rentrèrent une vingtaine de minutes plus tard, prolongeant le chemin en zigzaguant entres les pavés et les rues sans issue, désireux de continuer cet idyllique moment. Une fois rentrée, le criminel n'osait se sortir, attendant calmement les envies du châtain qui regardait à moitié ses pieds.
-Ça te dérangerait de dormir avec moi? J'fais des cauchemars et des insomnies en ce moment. Se justifia-t-il, gêné.
-Tu veux que j'apporte les capotes ?
-Très drôle, une prochaine fois peut-être... alors ? Tu veux bien ?
-Tu sais que je peux rien te refuser gamin, surtout quand tu me proposes de venir dans ton pieux.
Pour seule réponse Mathieu lui adressa un sourire en le tirant dans sa chambre. Cette première journée de la semaine se terminait tout aussi bien que le déroulement qu'elle avait prise; leur proximité s'était accrue et les taquineries sexuelles ne faisaient que montrer la tension naissante qui se préparait. Le Patron laissa son créateur s'installer dans le lit pour ensuite le rejoindre, sentant deux bras l'entourer et l'amener contre un torse chaud où un rythme cardiaque vif et relaxant se faisait entendre. Ô grand jamais il était dans ce genre de situation à reposer captif d'une étreinte, mais, avec Mathieu il pouvait bien faire une exception. Le présentateur posa sa tête dans la touffe de cheveux à sa portée, inspirant le parfum enivrant s'y dégageant en caressant paresseusement le creux des reins du criminel, la seule chair à sa portée. Ce dernier ne pût s'empêcher un "tu vas me coller une mi-molle gamin" avant de fermer les yeux et profiter des sensations qui l'envahissaient. Mathieu rit faiblement et embrassa ses cheveux avant de s'endormir , réalisant qu'il allait enfin avoir une vraie nuit de sommeil.
Le soleil attaquant leurs peaux et le geek hurlant à la mort contre le panda sonnèrent une nouvelle journée. Aucun des deux protagonistes ne se sentaient de bouger, désireux de continuer à se reposer encore quelques heures. Qui n'a jamais procrastiné le matin en ne désirant rien faire que de profiter de la chaleur de l'autre ? Au cours de la nuit leurs jambes s'étaient enchevêtrés, leurs mains s'étaient retrouvées à s'accrocher à une parcelle de peau à leur portée et leurs têtes s'étaient mises dans le creux du cou de l'autre. En bref une position toute classique de couple à la nuance qu'ils n'étaient pas ensembles.
-J'vais aller l'étriper s'il continue à gueuler comme ça.
-Non reste là on verra ça plus tard...le panda peut se débrouiller tout seul.
Le patron ne prit la peine de répondre, de nouveau endormi. Mathieu caressa tendrement ses cheveux, encore grogui par le sommeil, désirant profiter de ce rare instant. Il observait le criminel se reposer paisiblement en contemplant son visage presque innocent. Il releva doucement ses lunettes pour apercevoir des cernes creusées noirâtres qui résumaient ses dernières semaines de repos. Il pouvait bien utiliser une de ses journées pour se reposer et laisser son double rattraper son sommeil perdu. Il n'en fallut pas plus pour qu'il se rendorme lui aussi, de nouveau dans un silence accueillant.
Quatre jours étaient passés dans une atmosphère aussi étrange que le premier. Leur relation semblait être devenue beaucoup plus ambiguë si bien qu'il était devenu courant de voir le présentateur dans les bras de l'homme en noir pendant des heures ou leurs mains timidement enlacées dans le canapé. Pourtant, ils n'en parlaient point. Ils en avaient profité en allant même au cinéma, au théâtre et dans des bars comblant Mathieu de joie.
Hélas, il ne savait comment s'y prendre pour conquérir le Patron. Bien évidement il avait élaboré des plans dans son esprit; du plus simple au plus cliché abreuvé par des films romantiques jusqu'au plus tordu nécessitant beaucoup de figurants et de ressources. Rien ne lui paraissait pouvant faire effet et toucher le criminel.
Alors, il s'était résigné à aller en douceur et espérer que son alter-égo s'en rende compte par des remarques implicites et des gestes, et, surtout, qu'il en soit favorable. La drague n'avait jamais été son fort, préférant être franc directement et essuyer une rebuffade plutôt que s'hasarder pendant des jours voire des semaines vainement.
À cet après-midi du cinquième jour il devait commencer à passer à l'action, car il ne lui restait plus que deux jours pour agir avant que leurs vies reprennent leurs cours. Mathieu avait donc prévu son plan en s'inspirant des conseils d'Antoine, pas les meilleurs d'après lui mais étant désespéré il n'avait le choix. Ainsi, les rideaux obstruant la lumière, quelques bougies disposées avec parcimonie, des amas de nourriture décorant la table et des centaines de coussins jonchant le canapé, il avait le décor parfait pour lancer un bon film d'horreur et de fil en aiguilles se réfugier dans les bras de son futur amant. Il avait donc choisi de visionner The Flower of Flesh and Blood de Hideshi Hino, un bon classique de snuff movie comme le criminel apprécie.
Il patientait tranquillement dans la cuisine, son café à moitié bu en main, intérieurement rongé par le stress. Il guettait la porte d'entrée sachant que son double n'allait tarder du bureau de tabac , lui aussi impatient d'échapper à la mince pluie qui s'écoulait. En effet, à peine une gorgée du breuvage corsé avalé la porte s'ouvrit laissant place au Patron ruisselant de sang, visiblement il avait dû faire un détour par la case pulsion meurtrière. Il partit sans un mot se doucher et se changer avant de rejoindre son créateur une cigarette allumée en main.
- Alors, qu'est-ce qu'on fout Mat' ?
-Un film, enfin on va regarder un film. Je t'attendais pour le lancer...
Par conséquent ils s'assirent ensemble sans oser se rapprocher, d'une part parce que le criminel n'osait déranger son créateur et d'autre part parce que celui-ci était trop gêné pour faire quoi ce que soit ; au couleur d'une impression de deux idiots dans un salon. Instantanément le nom de l'œuvre apparut à l'écran faisant hausser un sourcil à l'homme en noir visiblement surpris du choix de l'œuvre. Il attendit quelques minutes que le décor s'installe dans une ambiance malsaine et oppressante avant de zieuter Mathieu qui observait avec attention le déroulement du film; comme quoi le présentateur le surprendra toujours.
Évidemment à la première scène sanglante il grinça des dents en regrettant amèrement cette idée; même après des années à écumer internet pour son émission il ne s'était toujours pas habitué à la violence mise dans sa chair la plus brutale et pure.
Au bout de dix minutes, l'envie de grignoter l'écœurait tandis que son double dégustait avec appétit les spaces cakes du hippie.
Cinq minutes plus tard le geek passa et s'en alla gerber tout son estomac, traumatisé pour des semaines.
Deux minutes après Mathieu avait timidement entamé son plan rapprochement en posant sa tête contre l'épaule du Patron tout en glissant furtivement son bras derrière lui pour venir caresser ses côtes. Ce dernier sursauta légèrement face au contact sans pour autant se retirer, intérieurement contenté. À vrai dire il ne savait pas quelle mouche avait piqué son créateur pour qu'il agisse comme cela ces derniers jours mais ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Il s'armait même de patience pour réprimer toutes ses pulsions en sa compagnie, c'est dire son abnégation !
-C'est franchement dégueulasse comme film.
-Moi ça m'excite. Te rapproche pas trop j'suis à deux doigts de bander.
-J'suis étonné que ce soit pas encore le cas.-
Et je suis stupéfait que tu n'aies pas encore arrêté de suivre.
Après quelques minutes où les cris perçants de la femme torturée résonnaient dans tout l'immeuble voire tout le quartier, Mathieu se cacha contre le torse de son double pendant que ce dernier relevait son pantalon cachant une magnifique érection qui tentait tant bien que mal de contrôler. Le présentateur baissa son regard et soupira nerveusement en observant l'état dans lequel était le Patron.
-T'étais sérieux tu bandes vraiment.
-Je te l'ai dit gamin ! Le sang, la violence, la torture moi ça m'excite !
-T-tu hm veux qu-que je m'en occupe?-Pardon?
-J'ai dit tu veux que je m'en occupe ?
-On est d'accord que tu parles de mon érection ?
-Oui. Tu veux oui ou merde ?
-Je dis jamais non Mat'...encore moins à toi.
Il n'avait suffit que de cela. Fini les plans foireux, les questionnements jusqu'à la nuit et les mots sensuels. Parfois il avait tendance à oublier pour qui il faisait tout cela, et, qu'être cru marchait un milliard de fois mieux avec le criminel. Il lui retira longuement son pantalon, jouant avec la boucle de sa ceinture en le laissant languir quelques instants avant de s'atteler à descendre son boxer au niveau de ses genoux. De sa main droite il fit d'abord des allées venues sur ses cuisses savourant la chaleur qui s'y échappait tout en arrivant peu à peu à effleurer son érection de sa paume, conscient des frémissements de l'homme en noir accentués par la scène de viol du film. Le présentateur déglutit avec soin, apposant la salive le long de ses lèvres en humidifiant un maximum son organe buccal. Il commença à découvrir le sexe de l'autre du bout de ses doigts; chaque relief de sa peau, chaque veine apparente, chaque cicatrice guerrière, de la plus fine terminaison de ses testicules à la douceur de son gland. Il se mit à composer une ballade aux gémissements de son amant visiblement comblé par les mouvements ardus sur sa verge et la bouche descendant méthodiquement pour rejoindre l'objet de sa futur jouissance. Machinalement quand il sentit une vague de pur plaisir l'envahir au contact de la gorge de Mathieu sur tout son appendice le Patron plongea ses mains dans ses cheveux, empoignant ses mèches tirées en arrière en l'incitant à poursuivre sa fellation. Son regard alternait entre le film et cette divine situation de son créateur entre ses cuisses. Malheureusement, cela ne dura longtemps; le criminel gémissant avec passion et sa semence se déversant le long de l'œsophage de son amant. Instantanément il releva la tête de Mathieu pour lui rouler la pelle de sa vie, un sourire carnassier aux lèvres.
-Putain.
-Ça fait des mois que j'avais envie de faire ça.
-Moi aussi.
Le sourire fût contagieux, bientôt rejoint sur le présentateur qui arracha quelques baisers au criminel. Il lui vola une cigarette pour la fumer calmement sur ses genoux, profitant des papouilles sur son torse et son crâne.
-Ça signifie quelque chose pour toi ?
-J'embrasse jamais Mat' et j'suis encore moins câlin. Ça répond à ta question ?
-Ouais.
-Parfait alors! C'est pour ça que tu voulais que je passe du temps avec toi? Questionna-t-il en caressant ses doigts.
-Ouais mais j'avais aucune idée de comment te faire part de mes ressentis.
-Tu sais pourtant que je suis pas quelqu'un de compliqué encore moins pour toi.
-Putain j'avoue t'es devenu niais.
-Tu viens de me sucer devant un bain de sang j'vois pas la niaiserie.
-C'est vrai que dit comme ça...
-Je suis tout à toi pendant encore deux jours gamin.
-Je sais monsieur perdant. Et après la fin de mon prix ?
-On verra...mais j'ai pas l'intention de partir.
Leurs regards plongèrent dans l'azur de l'autre, s'embrassant à en perdre haleine, leurs bras encerclèrent leurs torses à en briser leurs os; le film n'étant qu'un lointain écho. Finalement même en perdant ils demeuraient vainqueur...
FIN
Voilà j'espère que vous avez aimé ! Je dois vous avouez y avoir passé plusieurs heures mais ça valait le coût !!
À bientôt !
Tendrement K.
