Salut à tous me voici pour un nouveau os matron en espérant qu'il vous plaise !disclaimer: si ça dérange je supprime !


Aéroport

S'il avait pensé un jour croiser l'homme qui allait sublimer sa vie, il ne l'aurait cru. De surcroît au beau milieu de nulle part dans une des pires journées de son existence. Il sortait d'une semaine de vacances chez sa famille éloignée résidant aux États-unis, dans l'Oklahoma. Tout s'était bien déroulé entre la nourriture en abondance et l'alcool coulant à foison sous fond de vieilles musiques traditionnelles. Alors, quand il s'était réveillé le matin du départ, à la hâte et s'était fait conduire jusqu'à l'aéroport, un étrange pressentiment surgissait de tout son organisme. Naturellement, il comprit en voyant son vol retardé de deux heures. Nullement impressionné, et, ayant l'habitude de recevoir des incidents fâcheux, Mathieu se décida d'enregistrer ses bagages et d'attendre tranquillement en lisant les dernières pages de son livre à suspens.

Deux heures plus tard, l'avion n'avait quitté la piste en raison de fortes neiges et l'annonce d'une tempête peu prometteuse pour l'évolution de son retour. Il alla donc se renseigner pour connaître le prochain décollage, qui n'arrivait malheureusement que le lendemain. Les aléas climatiques l'empêchaient de rentrer chez sa famille pour s'y coucher et toutes les chambres des plus proches hôtels avaient été réservées ; autant vous dire que ce n'était point une partie de plaisir.

Mathieu, défaitiste et contraint de patienter, se décida à aller fumer une cigarette au fumoir à l'autre bout du hall histoire de se détendre et se divertir ne serait-ce qu'un instant. Bien évidemment son feu ne voulait s'allumer, malgré ses plusieurs tentatives plus ou moins énervées.

-Putain manquait plus que ça ! Pourquoi c'est toujours à moi que ça arrive ?! Surtout sur le retour...ça n'aurait pas pu arriver à l'aller ?!-Woaw du calme gamin, c'est pas en hurlant que ça va changer quelque chose. À part pour ton briquet.

En effet, l'homme qui venait de parler se trouvait derrière lui, possédant une voix grave et rocailleuse. Il arpentait entres ses doigts un briquet de couleur rouge et une cigarette à peine consumée. Il était tout de noir vêtu par un costard et abordait une paire de lunettes de soleil teintée légèrement rectangulaire cachant un regard bleu azur intriguant. Il lui tendit son feu en inspirant sur sa clope, un sourire indescriptible aux lèvres. Son visage semblait identique à l'autre, mise à part leur pilosité et leurs expressions faciales. Mathieu le remercia d'un hochement de tête en reprenant contenance, les bras de nouveaux remis dans son sweatshirt, la cigarette prônant sur ses lipses. Dans un léger rire son interlocuteur se posa à côté de lui, hagard d'une conversation.

-Qu'est-ce qui amène une si belle créature dans un endroit si sinistre ?-La famille. Mon avion est coincé à cause du temps alors j'attends. Et vous ?-Je sors d'un séminaire pour le travail et mon avion a été reporté à demain matin.-Je crois qu'on va être coincés un bon moment, content d'avoir trouvé quelqu'un avec du feu.-Si tu as besoin d'autre chose...-Un verre et un café? Je ne dis pas non.-Pour tes beaux yeux gamin je t'offrirais tout le bar.-Sublime et classe. Quel nom appartient à mon sauveur ?-Patron.-Original, moi c'est Mathieu.

Ils décidèrent ainsi d'un commun accord de finir leurs sucettes à cancer et partir trouver un bar dans les environs, priant pour que l'alcool y soit bon et l'endroit bien chauffé. Au bout de trois kilomètres de marche ils s'arrêtèrent devant une grande porte bleue où une pancarte " Oklahoesma" prônait devant, un jeu de mot laissant deviner aisément l'ambiance derrière le bâtant en bois. Des femmes en petites tenues, des grognements d'ivrognes avoisinant le glapissement des porcs avant leur saignée, un vieux jukebox repassant un accord de guitare électrique en boucle, les peintes éclatées contre les murs laissant l'odeur de l'orge dans sa plus pure essence sans oublier l'aqua de fumée des cigares présent dans toute la salle.

Les deux compagnons se regardèrent et le Patron alla commander deux litres d'une bière blanche artisanale, comptant plus sur la teneur en alcool que sur le goût avant de rejoindre Mathieu assis sur une des banquettes dans un coin. Chacun désirait trouver le temps un peu moins long jusqu'à l'aurore.

-Merci à toi. Alors, tu devais prendre quel avion?-Celui menant à Paris; j'ai laissé mon ami drogué dans mon appartement et je sens qu'il ne va pas être dans le même état à mon retour.-Qui ça ? L'appart ou ton pote ?-L'appart, j'en ai pour des fortunes en mobilier, arts et sextoys.

Mathieu ne pût s'empêcher d'éclater de rire, quel étrange individu se discernait devant ses yeux. Il prit une lampée du liquide ambrée tout en acceptant avec plaisir la cigarette lui étant tendue. Il sentait aisément le regard du criminel sur lui, détaillant chaque centimètre apparent. Curieusement, un frisson parcourut son échine face à son instinct lui hurlant deux choses opposées sur l'homme en face de lui; un mélange entre appréciation et dangerosité. Néanmoins, cela ne le bloqua point pour continuer la conversation et la soirée, nullement ébloui par ses charmes masculins...ou peut-être un peu.

-On doit sûrement prendre le même avion. Contrairement à toi j'ai seulement mon chat qui m'attend chez moi. Tu veux voir une photo ?-Avec plaisir gamin, j'adore les boules de poil démoniaques.

Mathieu souffla du nez, amusé en lui tendant son téléphone. Il lui présenta Wifi allongé de tout son long sur ses genoux entrain de somnoler, ce qui lui avait permis de capturer l'instant. Un petit chat blanc au museau tâcheté de noir ainsi que sur les pattes avec deux grands iris bleus perçants. Comment ne pas craquer ? Visiblement, il eût l'effet escompté car le criminel en craqua un sourire, charmé. Son petit protégé faisait mouche même chez les plus dangereux. Le Patron but la moitié de sa peinte, peu touché du reste, concentré sur le visage de son acolyte. Il devait l'avouer, il lui plaisait beaucoup contrairement à la majorité de ses conquêtes, plus souvent d'un soir, dont il ne se rappelait même plus le lendemain. Il y avait quelque chose de différent dans ce regard vainqueur du monde, à la lueur hypnotisante qui était si rare dans cette société. Clairement, il désirait qu'il se passe plus qu'un simple bavardage. De toute façon, ils avaient tous deux besoin d'occuper leur temps en bonne compagnie.

-T'as raison gamin il me filerait presque une mi-molle.-Il fait souvent cet effet ! Qu'est-ce que tu fais dans la vie Patron? Je sais, c'est un peu bateau comme question, m'en veux pas trop je suis pas très doué en conversation.-Je suis traducteur pour les traités en tout genre; légal, illégal, officiel, officieux surtout pour les criminels. On m'appelle en même temps que leurs avocats pour faire et régler les finalités. C'est assez divertissant , surtout avec un flingue pointé sur la tempe, l'adrénaline n'est jamais de trop !-C'est le métier le plus dément et débile que j'ai jamais entendu.-C'est plutôt sympa, des femmes, de l'alcool et de la drogue à foison. Tu bosses dans quoi toi que je me moque aussi ?-À macdo, j'envisage de me lancer sur YouTube et y faire des vidéos.-Ton métier est sujet à beaucoup de moqueries, je vais t'épargner les miennes.-Trop d'honneur.-N'abuse pas trop gamin.-Moi?! Jamais ! Encore moins en sachant que y'a des chances que je finisse dans un fossé couvert de spermes et de sang ce soir, les vêtements déchirés sans personne pour être capable d'identifier mon corps.-Je ferai attention à ce que ton visage ne soit pas trop amoché trésor.-Je commence à déceler une part de bonté de ta part.

Le Patron éclata de rire, en lui prouvant l'infime différence entre cette rencontre et celles qui lui étaient usuelles ; il occupait son intérêt en lui filant optionnellement la trique. Curieusement, Mathieu éclata de rire apparemment contenté de cet étrange compliment.

Une dizaine de verres ingurgités, quelques arrêts aux toilettes et trois heures plus tard les deux protagonistes flânaient bras dessus bras dessous en riant à gorge déployée, fortement alcoolisés. L'écho de leurs voix richochait entres les murs décrépis de la ville déserte plus fortement que le vent hurlant à tout va. Ils ne s'étaient rendus compte de l'évolution de la neige, ce qui hélas leur empêchait d'y profiter ; une épaisse couche immaculée trottait sur les toits et les pavés.

-C'était bien sympa Patron mais faut que je rentre à l'aéroport pour y pioncer un coup avant demain et pas rater mon avion.-Viens dormir à l'hôtel, j'ai une chambre juste à côté -il se pencha à son oreille- j'ai même un jacuzzi.-Pourquoi tu l'as pas dit plutôt ?!-J'pensais que t'avais trouvé une solution face à l'annulation des avions puis avec l'alcool j'ai oublié.-Compréhensible. Bon on y va ou on se touche merde ?!-On peut faire les deux Mathieu.-Avec plaisir, allez j'te suis comme ça j'peux même mater ton cul.

Le criminel l'invita à le suivre, enfin, il le guida en le tirant tendrement par le bras, profitant pour emmêler ses doigts avec les siens. Rapidement, ils rejoignirent l'hôtel en question, et, une fois la porte claquée ils s'embrassèrent à en perdre haleine, à en perdre la notion du temps, à y perdre la réalité. Soudainement, ils formaient un tout. Ils avaient toute la nuit voire le reste de leurs vies pour profiter.

Croyez-moi, ce n'était que le début.

FIN


VoilàN'hésitez pas à commenter ou likerà une prochaine !kit