Alena Aeterna: merci encore pour tes reviews, tu sais à quel point je les apprécies ^-^
Héhé oui, je fais durer (un peu) le suspens. Mais voici la suite ;)
62 heures et 27 minutes.
C'était autant de temps depuis lequel Luis était parti, sans aucune nouvelle de sa part. Charlie faisait bonne figure, mais intérieurement, Ellie bouillonnait. Il pouvait aussi bien être en train de siroter une bière avec ses nouveaux amis que d'agoniser au pied de rochers d'une plage déserte.
Elle ne lui avouerait jamais avoir compté les heures, et encore moins les minutes, déjà qu'elle avait du mal à l'admettre elle-même. La jeune femme avait contacté Gibbs le soir du départ de Nick, dès qu'elle avait pu rejoindre leur planque, et depuis, quand elle n'était pas au club, elle faisait les cent pas dans le studio réquisitionné par le NCIS le temps de la mission.
Luis absent, Charlie avait tout de même continuer à fréquenter le club. Maintenant que Nash avait mordu à l'hameçon, il fallait continuer à profiter de l'opportunité et entre dans ses bonnes grâces.
Ce fut en partie chose fait quand Luis fût de retour au milieu de la nuit, un soir ou Charlie avait de nouveau était conviée, parmi d'autres acolytes, dans le bureau de Nash. En un seul morceau et sans égratignure - du moins rien de visible - constata Ellie avec joie et un poids s'évapora instantanément de ses épaules. Elle avait envie de se jeter sur lui, tant pour le prendre dans ses bras que le frapper de lui avoir causé tant d'inquiétude, mais il lui fallu une fois de plus réfréner ses envies personnelles. Elle devait rester professionnelle, et Charlie était une personne plus réservée, qui avait l'habitude de ce genre de situation.
Ellie se savait épiée par les autres personnes dans la pièce, et particulièrement par Nash, elle se leva donc pour déposer un simple baiser sur la joue de Luis et échanger quelques mots, lançant tout de même à Nick un regard soulagé.
Et quand il lui répondit "Je t'avais dit que je trouverais un moyen" en l'embrassant sur le front, elle ne sût pas dire si ses mots venaient de Nick ou de Luis.
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Quelques heures, c'est à peine le répit dont bénéficièrent Charlie et Luis. À peine le temps pour Ellie et Nick d'échanger sur ce qui s'était passé durant ces derniers jours, tant pour la mission de Luis que du côté du NCIS.
Nash avait de nouveau convoqué le couple dans la matinée, dans son bureau à la décoration douteuse imprégnée de fumée de cigare.
- Tu es une chanceuse Charlie, ton copain à bien travailler, dit-il en étirant ses pieds sur une caisse remplie d'armes. On va bien s'amuser.
- Qu'est-ce qui est au programme, demanda une Charlie nonchalante, presque amusée.
- Je vais enfin pouvoir utiliser ces beautés, déclara-t-il en pointant les armes comme s'il parlait de la septième merveille du monde.
Ellie comprit qu'il s'agissait des dernières armes dérobées sur la base de Fairfax. Celles que Nick était allé vendre à des cartels au Mexique. Nash avait dû vouloir en garder une partie afin de faire ses propres affaires.
Du menton, elle l'incita à continuer, et il ne lui fallut pas longtemps pour dévoiler la suite du programme. Un braquage était prévu ce midi dans une banque du centre-ville donc il tut le nom, et Charlie partait avec eux sur le champ.
Elle serait infiltré à l'intérieur avant l'attaque, afin de distraire le personnel de la banque. Son joli minois servirait de diversion avait-il dit.
La soudaineté de sa demande était une nouvelle surprise pour les agents, et le même soupçon passa dans l'esprit des deux agents. Voulait-il juste tester Charlie, ou bien leur couverture avait été découverte et Nash tentait de se débarrasser d'eux ?
Son attitude n'était pas plus suspect que d'habitude, pour un trafiquant, mais Victor les avais prévenus qu'il était un homme intelligent et sournois.
Nick et Ellie masquèrent leur inquiétude sous un masque de bonne volonté, si ce n'est que Luis insista pour venir.
- Partout où elle va, j'y vais aussi !
La phrase n'était pas inconnue aux oreilles d'Ellie, mais une fois de plus, cela ne suffit pas.
Ellie était une grande fille, il le savait, mais Nick avait maintenant un aperçu de ce que sa coéquipière avait ressentit avant qu'il ne parte quelques jours plus tôt. L'inquiétude qui s'était logée en lui et refusait d'en partir. Mais Nash s'était montré ferme. Charlie irait seule avec eux, s'il voulait lui dire au revoir, c'était le moment.
S'il y a bien une chose de Nick Torres ne se serait pas imaginer faire, c'était de suivre les instructions d'un trafiquant d'armes. Puisqu'il se retrouvait impuissant, au moins il pouvait essayer d'encourager Bishop, et de lui dire au revoir pour un temps qu'il espérait très court.
Alors Luis s'approcha de Charlie, toujours debout à côté d'un gros fauteuil en velours. Il prit son visage entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Il sentit le goût le sont rouge à lèvres et le bout de son nez froid qui contrastait avec ses joues chaudes.
Quand il se détacha de ce contact grisant, il vit les prunelles de Ellie s'écarquiller légèrement. Elle ne s'attendait pas à cela, et il songea que c'était un juste retour des choses. Heureusement pour elle, la stature de Luis masquait son trouble de la vue de Nash.
- Je te revois bientôt Charlie, déclara Luis avec une dernière caresse sur sa joue avant de s'éloigner. Je te la confie, ajouta-t-il à l'intention de Nash.
Puis il dû se contenter de les regarder partir. À l'instant où il fut hors du club, il fonça vers la voiture. Il n'y avait aucun moyen qu'il fasse confiance à ce type, et ce braquage était l'occasion de pouvoir le coincer. Nick allait devoir agir, et vite.
Nick détestait quand son instinct avait raison. Enfin, si, il aimait cela, mais pas dans ce genre de situation.
Quand il revit Ellie de nouveau, elle se trouvait au milieu du hall de la banque, une arme pointée sur la tempe par Nash.
À la seconde où Charlie et Nash étaient partis, Nick avait contacté Gibbs et McGee pour les prévenir des plans de Nash, et les localiser par la même occasion. Il avait ensuite foncé en trombe jusqu'à la localisation que McGee lui avait indiqué pour rejoindre le reste de l'équipe, et avait dû faire un gros effort pour les attendre et ne pas foncer tout seul à l'intérieur de cette banque pour porter secours à Ellie.
En prenant position autour du bâtiment, accompagné par la police, ils aperçurent une poignée de personnes étaient recroquevillées au sol, contre un mur. L'un d'entre eux se tenait la jambe, les mains maculées de sang. L'autre pressait un vêtement, lui aussi tâché de rouge, en haut de sa poitrine, assorti d'une vilaine plaie au front.
Nick comprit que, au moment où Nash avait commencé à faire des blessés, Ellie avait probablement dévoiler sa couverture dans l'espoir qu'il concentre son attention sur elle plutôt que sur les civils. Et que les renforts arrivent rapidement pour la sortir de ce mauvais pas.
Pendant un dernier moment, il y eu Nash, un sac rempli de billets à ses pieds, qui continuait d'aboyer sur les otages. Puis un énorme "bang". La porte de la banque qu'on enfonçait, le martèlement des bottes, les ordres donnés par l'équipe du NCIS en première ligne.
Une cacophonie de sons qui déstabilisa, et paralysa, tout le monde l'espace d'un instant.
Mais les plans qui fonctionnaient sans accrocs faisaient partis de ces choses trop rares. Contrairement à leurs attentes, l'effet de surprise ne suffit pas à distraire Nash suffisamment, qui devint plus menaçant envers Ellie et le reste des otages. Sous ses ordres, ses hommes de mains commencèrent à tirer des rafales avec leurs fusils. en quelques secondes, ce qui était une banque se transforma en un amas de vitres brisées, de murs et de comptoirs criblés de balles.
Nash avait réussi à créer sa propre diversion. Il n'avait pas non plus relâché sa prise sur Ellie. Il la tenait toujours sous son joug, un bras autour du cou, l'autre pointant l'arme contre sa tête, menaçant quiconque s'approchait de lui.
Cette technique fut efficace un moment. Personne, y compris du NCIS, n'osant affronter de face le trafiquant au risque de la vie de l'agent Bishop.
Ellie elle-même les enjoignait à ne pas s'approcher. Elle ne savait pas exactement comment se tirer de ce mauvais pas, mais puisque personne ne pouvait venir à elle, c'était elle qui devait agir.
Elle tentait d'activer les rouages de son cerveau à toute vitesse, autant qu'il le lui était possible sous les balles qui continuaient de pleuvoir.
Un par un, les hommes de main de Nash tombèrent au sol, abattu, et le bruit des balles stoppa soudainement. Puis Ellie aperçut un mouvement du coin de l'oeil. Et la seconde d'après, Nash était plaqué au sol, entraînant Ellie dans sa chute.
Nick venait de le percuter.
Ellie se dégagea en Nash pendant qu'un combat au corps à corps entre les hommes s'engageait. Nick était fort, mais Nash restait un coriace qui savait se défendre. La jeune femme profita que Nash soit distrait pour récupérer son arme tombée au sol, et retourna la situation à leur avantage.
Les deux hommes s'arrêtèrent de bouger. Nash le visage rempli de colère. Nick grimaçant, puis en voyant Ellie , il afficha un sourire rempli de fierté
- Je t'avais dit que tu étais dangereuse !
Adossés contre l'un des véhicules du NCIS, une veste de l'agence sur les épaules, Ellie et Nick regardaient les autres s'affairer autour d'eux. Leurs collègues, les forces de l'ordre de la ville et une poignée de secouristes appelés à la fin du braquage afin de s'occuper des autres otages à l'intérieur de la banque. Au loin, ils aperçurent Nash, menottes aux poignets, que l'on chargeait dans l'une des voitures du NCIS.
Gibbs avait insisté pour qu'ils restent à se reposer dans un coin, estimant qu'ils avaient largement fait leur part du travail. Alors ils étaient là, à regarder leurs collègues s'occuper du bazar qu'avait provoqué Nash. Ellie pouvait encore sentir l'odeur de poudre et la terreur des employés de la banque qui flottait dans l'air, même s'ils étaient dehors maintenant. Le vent frais de cette soirée ne pouvait pas tout emporter avec lui visiblement.
- Merci, déclara finalement Ellie. Pour avoir couvert mes arrières tout à l'heure.
- Tu sais que je ferais tout pour ma Charlie, répondit Nick en se tournant vers elle, son habituel aux lèvres.
Ellie lui flanqua un petit coup de coude, se joignant malgré tout à son rire.
Elle savait qu'il essayait de détourner la conversation sur le ton de l'humour pour rendre la situation plus aisée pour tous les deux. Pour essayer de mettre de côté le fait, qu'à peine une demi-heure plus tôt Ellie avait une arme pointée sur la tempe, et un taré prêt à presser la détente.
Mais il semblait qu'il était encore un peu tôt pour ça, car l'ambiance retomba rapidement dans un silence que seul le son des gyrophares venait percer.
- J'ai eu peur pour toi, dit Nick en posant son regard sur Ellie.
Ce qui venait d'arriver lui avait douloureusement rappelé l'incident du lac, quelques mois auparavant, où il avait dû faire face aux sentiments que lui provoquait l'idée de la disparition d'Ellie. Une fois avait été largement suffisant, et il se serait bien passé que cela recommence aujourd'hui.
- Je sais. Moi aussi, avoua Ellie d'une petite voix.
Elle avait beau être une dure à cuire, habituée aux missions sur le terrain et aux situations à risques, ce qu'elle venait de vivre l'avait chamboulée plus qu'elle ne voulait bien l'admettre.
- Tu sais que je serais toujours là pour te couvrir, B.
- Je savais que tu viendrais. Je ne savais pas quand, ni comment, ni qui tu pourrais ramener en renfort, mais je savais que tu ne me laisserais pas tomber.
Et elle était sincère. Nick était du genre tenace, s'il y avait une personne sur laquelle elle pouvait compter pour sauver sa vie, c'était bien lui.
Le silence était retombé entre les deux agents. Aucun des deux n'était adepte des grandes déclarations, et les quelques mots de Ellie suffirent à Nick pour comprendre sa gratitude, et la confiance qu'elle lui portait. Le regard qu'ils échangèrent était plus trouble de sens. Durant de longues secondes, ils se fixèrent, comme si leurs yeux s'étaient accrochés l'un à l'autre, refusant de se détacher.
C'était l'un de ces moments où le monde autour d'eux s'évanouissait. Peut importait la nuit qui tombait, les flash et le son des gyrophares, et les dizaines de personnes qui s'affairaient autour d'eux. Il n'y avait plus que Nick et Ellie, leurs craintes, leurs espoirs et tous ces non-dits entre eux.
Nick fut le premier à détourner le regard, pour se concentrer à nouveau sur ce qui se passait devant eux. Il considérait toujours comme un risque de se comporter de la sorte avec Ellie, la regarder avec tant d'intensité. À chaque fois, cela lui donnait l'envie d'en faire plus, d'en dire plus. De suivre le conseil de Ziva. Mais il devait rester professionnel, à défaut de pouvoir être impassible.
- Je crois que c'était la dernière apparition de Charlie et Luis, finit par déclarer Ellie pour rompre le silence.
Nick approuva dans un soupir. Ellie avait raison, la couverture Charlie et Luis était définitivement hors d'usage. Ils avaient déjà eu de la chance de pouvoir l'utiliser une seconde fois, mais il était temps de dire au revoir au couple d'escrocs.
Ellie Jura avoir vu une lueur de déception passer sur le visage de Nick à cette évocation, et elle due admettre que la sensation était partagé. Malgré tous les rebondissements, jouer la belle Charlie avait été une expérience intéressante.
Ils se mirent à échanger quelques anecdotes, sur cette mission et la précédente, riant et plaisantant du comportement de leurs alter ego et de certaines situations dans lesquels ils s'étaient retrouvés. Ellie repensa tout particulièrement à l'homme dans le bar quelques jours plus tôt. La jeune femme réalisa qu'elle gardait même quelques bons souvenirs avec ces deux personnages.
L'un en particulier lui revint en mémoire.
- Est-ce que c'est moi, où ça devient une habitude de s'embrasser pendant une mission ? lança Ellie sur le ton de la plaisanterie. C'était la seule façon avec laquelle elle se sentait à l'aise de parler du souvenir du baiser de Nick.
- Est-ce que c'est vraiment une mauvaise chose ? répliqua Nick du tac au tac, son habituel sourire en coin plaqué sur le visage.
À nouveau ils échangèrent un regard complice, sans avoir besoin d'ajouter un mot.
Encore un moment qui n'appartiendrait qu'à eux. Le souvenir d'un moment fugace, mais dont la sensation ne les quitterais pas. Qui resterait dans un coin de leur tête pour ressortir par moment, quand elle le verrait faire la moue à propos d'une énième chose qu'il n'avait pas envie de faire, ou quand il l'observerai travailler derrière son bureau, en train de manger le bout d'un stylo.
Et pendant qu'ils reprenaient une conversation habituelle, l'un d'entre eux se demanda s'il y aurait une prochaine fois. L'autre, s'il lui serait possible d'attendre jusqu'à la prochaine mission pour recommencer.
Je sais, écrire des enquêtes ce n'est pas mon fort. Raison pour laquelle j'ai essayé de ne pas trop allonger cette partie, même s'il en fallait obligatoirement un peu pour le contexte de cette histoire. J'espère juste que c'était un minimum convainquant.
