Hého ! Voilà le deuxième chapitre ! (je n'en crois pas moi-même!)
Réponse à la review :
Minimiste : Encore merci ! En ce qui concerne Marco il y a une raison à sa réaction. Mais ça c'est pour plus tard ! Héhéhé ! Voici le nouveau chapitre et encore merci à toi...
Comme d'habitude si quelque chose vous turlupine sur mon histoire où si vous voyez des ^dfpkù de fautes (il y en a beaucoup je sais...) qui s'y sont glissées, prévenez-moi svp
Je remercie infiniment les gens qui prennent la peine de me lire (se prosterne)
« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »
Boniface
Chapitre 2 : «C'était trop injuste ! »
Ses lunettes sur le nez et une plume dans la main, Marco essayait de garder son self-control. Cette fille avait plus qu'une dent contre lui. Il en était certain !
Il a dû recommencer deux fois sa carte marine. Deux fois ! La première c'était normal. Comme d'habitude, le premier essaie lui servait de brouillon et de base pour « LA » Deuxième, « LA » Véritable. Jamais, au grand jamais il n'eut besoin d'en recommencer une. Pas une fois. Jamais ! Tout était toujours parfais. Calculé au quart de millimètre près. Le trait parfaitement lisse, sans tâche, sans tremblote, sans bavure. Rien ne devait rompre cette parfaite harmonie, quadrillée avec la plus grande précision. Personne ne devait le déranger, rien ne devait le perturber quand il était plongé dans ses profonds calculs. Ce n'était pas pour se vanter, mais il était quand même l'un des meilleurs cartographes vivants sur les océans.
Mais elle... Avec son petit sourire en coin que l'on avait envie de voir disparaître à coups de baffes, elle faisait tout son possible pour l'emmerder ! Il le savait très bien ! Elle lui en voulait et pas qu'un peu. Cela faisait cinq jours qu'elle était devenue « la femme de ménage en CDD du bateau ». Cinq jours qu'elle lui montrait qu'elle ne le portait pas dans son cœur ! En même temps il n'avait rien fait pour depuis leur dispute lors de son arrivée chaotique.
Au début, il avait décidé de l'ignorer, la comparant à une vulgaire tache sur le navire. Elle n'était qu'une gêne provisoire qui disparaîtrait au prochain amarrage. Malheureusement ça n'avait pas très bien marché. Puis il l'avait pris à part et lui avait expliqué deux-trois trucs et mis les points sur les i avec elle, mais peut-être qu'il n'avait pas été assez clair ? En même temps elle paraissait un peu bouchée voire un peu limitée. Enfin, c'était ce qu'il s'était dit au départ, mais son petit regard en coin et la petite étincelle vengeresse qui brillait de temps en temps dans ses yeux l'avait vite fait changer d'avis. Cette fille était diabolique !
Elle savait qu'il ne l'appréciait pas et c'était réciproque, mais elle faisait visiblement une concession sur ce point pour appliquer sa vengeance. Et ça marchait très bien ! La voilà tranquillement dans SA cabine en train de faire le ménage, plutôt en faisant semblant de faire le ménage à côté de SES papiers et de SES rapports pour SON capitaine. Elle secouait volontairement le plumeau poussiéreux et laissait au passage un nuage de poussière qui retombait comme de la neige sur son lit. Elle s'activait énergiquement et de bon cœur à la tâche.
Marco la surveillait du coin de l'œil, mais quand il recommença à tracer sa troisième carte...
Bam !
Elle tapait le balai contre le bureau. Il relevait la tête pour la énième fois et la regarda en train de balayer innocemment la pièce. Elle le faisait exprès la sale p... ! Marco souffla un bon coup et se pencha à nouveau sur son œuvre.
Bim ! Bam !
Une veine se forma sur sa tempe. Ne pas s'énerver... Rester calme... Il devait maintenir au minimum son image de commandant impassible. Déjà que la colère qu'il avait poussée lors de l'arrivée de la fille avait fait jaser pas mal de monde, il ne voulait pas que sa fierté de bras droit normalement imperturbable prenne à nouveau un mauvais coup.
Il se passa la main gauche dans sa nuque en soupirant, pensif. Comment avait-il pu perdre son sang froid à ce point-là ? Mais cette Lola ressemblait trop à une personne qu'il avait connue et qu'il avait préféré oublier. Il avait maintenant un bon équipage qu'il considérait comme sa propre famille. Des frères certes plutôt turbulents, mais un père qui veillait sur eux. Rien ne justifiait une telle réaction excessive de sa part, mais dès qu'il la voyait il ne pouvait s'empêcher de la comparer à L'autre.
Marco trempa la pointe de sa plume dans l'encre et traça avec grande concentration une ligne claire et précise. Il sourit en entendant le léger frottement de sa plume qui glissait sur le papier sans aucune gène dans le profond silence de la pièce...
Silence ?
Marco tourna la tête par-dessus son épaule pour localiser la source de ses conflits. Son visage se retrouva à quelques centimètres de celui de la jeune fille qui fixait intensément sa carte. Il fit un énorme bond sur sa chaise. Comment s'était-elle retrouvée là sans qu'il ne puisse la remarquer ?! C'était impossible ! Il ne l'avait pas senti alors qu'il ne relâchait jamais sa garde ! Depuis quand elle était aussi proche ?!
- Ah... Tu viens de faire une tâche, lui informa-t-elle en pointant son travail.
Il regarda à son tour son Chef d'œuvre. Une énorme flaque d'encre indélébile s'était renversée et maculait la moitié de la feuille. Son travail était complètement recouvert de noir et était totalement foutu ! ...Indélébile !
Son cœur s'arrêta de battre... Non... !
Ce n'était pas possible... il rêvait… Après quelques secondes de flottement, il examina son coude qui était lui aussi entièrement souillé. Une vague de colère monta en lui, se transformant en un tsunami de rage... C'était elle ! C'était sa faute !
Franchement, quelle idée de faire de si grands gestes aussi, soupira-t-elle en secouant la tête de gauche à droite et en haussant les épaules, quel dommage...
Marco se leva brutalement et renversa sa chaise au passage. D'un geste vif, il attrapa férocement la fille par le col de son tablier. Choquée elle se laissa traîner rudement en direction de la porte. Elle était sur le point de protester quand un regard plus que noir et une soudaine tension dans l'atmosphère qui lui sembla familière la réduit au silence.
Tu as intérêt à ce que tout le pont soit impeccable ce soir ! Rugit le phénix.
Lola se retrouva rudement jetée hors de la cabine. Son matériel de nettoyage la suivi et Marco claqua violemment la porte avant de tourner la serrure. Lola siffla de douleur en se frottant le derrière. Le phénix n'y était pas allé de main morte ! Elle finit par se lever et rassembler hâtivement tout son matériel éparpillé. Elle tremblait de la tête au pied. Elle se souvenait et elle connaissait la sensation effrayante que l'autre avait dégagé dans sa colère. Elle l'avait déjà ressentit ça quand elle avait voyagé dans le Nouveau Monde...
La fille frissonna. Si les tous les pirates du navire étaient capables eux aussi de faire une telle chose, ils étaient très dangereux ! Lola serra ses affaires contre elle et s'éloigna rapidement de la cabine.
Des bruits de pas se firent entendre à l'autre bout du couloir. Elle garda la tête basse et passa rapidement sans s'attarder à côté des quatre hommes trapus. Ils la zieutèrent avec curiosité.
- Hé, c'est elle ? Demanda un des hommes.
- Ouai.
- Elle est bizarre, murmura le dernier.
Lola disparut prestement à l'angle du couloir. Elle désirait installer le plus de distance possible entre elle et le Phénix.
Cela faisait maintenant quelques heures qu'elle s'activait à sa dure tâche et qu'elle essayait de ne plus penser à sa mésaventure du matin. Nettoyer le pont vu l'état dans lequel il se trouvait, s'avérait être une épreuve plus difficile que l'on aurait pu penser. Surtout que la jeune femme essayait de maintenir une bonne distance de sécurité avec les gros bras qui la reluquaient curieusement. Ce qui n'était pas très pratique et très malaisant. De nombreuses tâches sombres récalcitrantes refusaient, même en frottant énergiquement, de partir (mais ce n'était pas du sang ça?!).
Sous le soleil tiède du milieu d'après-midi, dans un coin, quelques pirates riaient agglutinés autour d'une caisse en bois pour jouer aux cartes, pendant que d'autres vérifiaient les cordages ou déplaçaient quelques tonneaux en les faisant rouler.
- Hey, salut !
Lola sursauta et se tourna vers l'origine de la voix, se stoppant dans son travail. Un jeune homme d'une quinzaine d'année habillait entièrement de blanc et coiffé d'une pompadour, l'observait en souriant. Il était assis sur un baril posé négligemment sur le pont. Ils s'observèrent quelques secondes en silence. Sans un mot, elle lui tourna le dos et commença à s'éloigner en l'ignorant complètement. Pas découragé pour autant, le jeune homme sauta de son siège et suivi la fille à l'autre bout du pont.
- Je m'appelle Thatch !
Elle s'arrêta et se remit à balayer en grommelant voyant que jeune homme n'avait pas l'air de vouloir la laisser seule.
- On n'a pas trop eu le temps de faire connaissance, vu le peu de fois où on t'aperçoit... Tu dors où au faite ? Tu as une cabine ? Sûrement avec les infirmières non ? Ce sont les seules filles de l'équipage, blablata le garçon.
Lola continuait de nettoyer le sol en l'ignorant totalement. Sans se laisser abattre, il continua :
- Tu faisais quoi exactement sur ce navire avant qu'on te trouve ? Pourquoi tu as embarqué au faite ? T'as beaucoup voyager ? Tu viens d'où ? Je suis sûr que tu es originaire de North Blue ! Tu as de la famille là-bas ? Moi je suis né sur une île de West Blue ! J'ai suivi Joe quand il a été recruté par Pops ! Ah tu ne sais peut être pas qui c'est ! C'est le cuistot en chef ! Et moi aussi je suis cuistot ! Et l'meilleur ! Mais ne t'inquiète pas tu vas vite connaître nos noms ! Tout le monde aime les cuisiniers ! S'exclama-t-il.
Aucune réponse. Le dénommé Thatch soupira.
- Tu n'as pas l'air d'être très bavarde toi ! T'inquiète pas je peux parler pour deux ! Rigola le garçon. On doit avoir à peu près le même âge non ? Il faut qu'on se serre les coudes !
Lola s'arrêta de nettoyer et se tourna vers lui. Elle hésita quelques instants en voyant son regard encourageant mais fini par lui demander en baissant le ton :
- Ça fait longtemps que tu es arrivé sur ce navire ?
- Sur L'Intrépide ? Ouai, ça va faire bientôt deux ans, pourquoi ? Demanda-t-il avec un grand sourire, heureux qu'elle s'intéresse enfin un peu à lui.
Embarquer un gamin de treize ans sur un navire pirate... mais quelle idée...
- HÉÉ ! J'ai quatorze ans ! Pas treize ! Même pratiquement quinze ! S'indigna-t-il.
- T'es vraiment un gamin en fait.
- C'est totalement faux ! Sachez Madame que vous vous adressez au futur et plus gRAÂND maître Coq-pirate de tout Grand Line, dit-il avec fierté. De plus, je suis actuellement complètement indispensable en cuisine ! Sans moi ils ne s'en sortent pas, ajouta-t-il en bombant le torse.
Une voix dure venant de l'intérieur fit sursauter le garçon :
- THATCH BORDEL ! CES PUTAINS DE PATATES NE VONT PAS S'ÉPLUCHER TOUTES SEULES !
- En effet, je vois ça, répliqua-t-elle amusée.
Il lui tourna le dos, vexé. Les mains dans les poches de son pantalon, il s'éloigna, traînant des pieds en shootant dans des cailloux imaginaires.
Lola pouffa. Finalement, il y avait au moins quelqu'un de plutôt sympathique sur ce navire. L'intrépide hein ? Elle regarda rapidement l'emblème du navire qui marquait la grande voile. Elle n'avait pas réfléchi quand elle avait embarqué, laissant le hasard, la chance et son instinct décider pour elle. De toute façon, elle n'avait plus rien à perdre, mais elle souhaitait vivre encore un peu si c'était possible.
Dès qu'elle avait vu pour la première fois le grand deux-mât, elle s'était tout de suite sentie attirer par cette corvette claire à tête d'ours blanc (à moins que ce ne fut un chien...?). Il n'était pas comme les autres, elle l'avait senti. Il l'avait comme dévisagé, mis à nue. Elle était restée face au bateau, à l'observer de longues minutes avant de s'y glisser. Après son entrée furtive, elle s'était sentie en sécurité, comme protégée, n'étant plus autant sur ses gardes et méfiante (même si certaines personnes étaient plutôt louches...), toute peur envolée. Elle s'était trouvée... Bien ? Oui. Même très bien. Elle avait été loin, loin de tous ses soucis.
Du moins c'était ce qu'elle avait pensé au début, mais le Phénix l'avait complètement fait déchanter.
De tous les voyages qu'elle avait fait, c'était la première fois qu'on la repérait. Elle était de nature plutôt discrète, très discrète même. Personne ne pouvait la repérer. Elle n'avait jamais compris pourquoi. Aucune explication. C'était comme ça tout simplement et ça lui avait sauvé la vie plus d'une fois.
Les voiles et les Jolly Rogers qui trônaient fièrement sur les mâts claquèrent, la ramenant à la réalité. L'heure du dîner approchait et le pont commencait à perdre en populace au profit du réfectoire. La jeune femme mit la main sur son ventre qui gargouillait. Elle n'avait rien mangé de toute la journée à cause de l'altercation avec le vice capitaine en fin de matinée. Elle ne s'était pas sentie prête à affronter tout l'équipage. Surtout s'ils se trouvaient être comme l'autre hystérique, capable d'utiliser cet effrayant pouvoir. De toute façon elle s'était habituée à sauter deux ou trois repas. La condition de passager clandestin n'étant pas la meilleure qu'il soit. Réussir à manger au moins tous les deux jours était une grande réussite.
Elle avait vu de nombreuses personnes dans le même cas qu'elle. Mais la plupart des clandestins mourraient de faim ou de maladies s'ils n'étaient pas lâchement exécutés par les équipages ou jeter par-dessus le bord quand ils étaient découverts. De temps en temps, leurs corps dérivaient jusqu'aux plages, mais tout le monde fermait les yeux. Personne ne les regardait. Personne ne faisait attention à eux. Qui cela intéresserait de toute façon ? Peut-être que son étrange pouvoir venait de là ? Le pouvoir caché de l'être humain quand il ne devenait rien, le rendant au final complètement invisible ? Sans présence ?
Au fur et à mesure que le pont se vidait et que le ciel s'assombrissait pour laisser place à la nuit, des bruits de fourchettes et des rires remontèrent des entrailles du navire. Seuls les vigiles qui se relayaient au nid de pie et quelques sentinelles le long des couloirs extérieurs, restaient à surveiller l'horizon.
Une musique et des chants se joignaient maintenant au rythme infatigable de la mer.
À l'intérieur l'ambiance était à son apogée.
L'équipage à moitié saoul comme chaque soir, dansait, riait et chantait à n'en plus pouvoir au son d'une fanfare un peu désordonnée (et oui, tout le monde buvait sur un navire pirate, les musiciens aussi). Les musiques s'alternaient entre shanti marins et chansons paillardes (ces dernières étaient visiblement largement plus populaire que la première catégorie, vu le nombre de voix nettement supérieur qui se joignaient à la mélodie).
Les quatre trèès loooongues tables disséminées dans la pièce étaient remplies de toutes sortes de mangeailles. Les cuisiniers s'étaient bien donnés du mal. De nombreuses viandes étaient mises en valeurs dans de grands plats en céramiques. Marinées, grillée ou rôties, elles avaient beaucoup plus de succès que les pauvres malheureux légumes qui se sentaient seuls et délaissés, disposés à leur côté.
Mais ce qui avait le plus de valeur aux yeux des pirates déjà bien amochés, c'était les litres d'alcools prêts à être engloutis. Des quantités astronomiques de chopes de bière et de rhum étaient entreposées partout dans la salle. Évidemment, personne n'arrivait à reconnaître sa pinte donc tout le monde buvait dans celles des autres.
Puis des compétitions toujours plus viriles et en tous genres commencèrent. Celui qui buvait le plus, celui qui mangeait le plus, celui qui rotait le plus bruyamment ou le plus longtemps, celui qui chantait le plus fort (et pas forcément le mieux), celui qui mettait le plus de nourriture dans sa bouche et bien sûr les éternels bras de fer (où trônait au sommet Barbe Blanche, fier et invaincu). Ces tournois servaient à classer l'équipage en deux catégories : Les VRAIS Hommes, ceux qui ont du poils aux pattes et qui en ont vraiment dans le pantalon et les autres, pauvres femmelettes, principalement les nouveaux qui avaient encore du chemin à faire et beaucoup d'entraînements avant d'être au niveau. Être un Homme dans un équipage est tout un apprentissage, on ne naît pas Homme. On le devient.
Prit par une envie pressante, un pirate un peu éméché sortit de la salle et disparut d'un coup de l'embrasure de la porte.
- PUTAIN ! Hurla-t-il.
Un grand bruit attira l'attention d'un groupe proche de la sortie.
- Alors Stan ? On a trop bu et on tient plus sur ses guibolles ? Rit un pirate largement plus saoul, vu son air euphorique.
Le premier pirate toujours étalé sur le sol, essayait en vain de se relever. Ses cheveux noirs lui tombait sur le visage rouge de colère.
- MAIS VENEZ M'AIDER BORDEL ! Aboya l'homme au sol.
Un des spectateurs s'approcha et lui prit le bras.
- Hahaha ! T'as -
SWIIIIP...! VLAM !
Le deuxième pirate se retrouva à son tour le cul par terre. Pratiquement allongé sur le dénommé Stan. Les yeux ronds, ils ne comprenaient pas ce qui venait de se passer...
Des sifflements résonnèrent dans la salle. Les deux pirates au plancher viraient à l'écrevisse, rouge de honte. Une cohue de rires retentit.
- Sérieux les mecs vous pourriez faire ça ailleurs ! Dit quelqu'un d'une voix pleine de sous-entendus en essayant de se cacher les yeux.
De nombreux « frères » arrivèrent à leur tour pour les aider mais...
SWIIIIIIIIIIP ! BOOUM !
… Ils tombèrent à leur tour. Un tas de pirate était avachi sur le sol. Un air ahuri sur leur visage.
Ils commencèrent à s'insulter de plus en plus violemment en se rejetant la faute réciproquement. Un chaos infernal prit place.
Un des pirates plus réfléchi et surtout beaucoup moins saoul que les autres, posa sa main sur le plancher un peu trop brillant. Il était totalement lisse et doux. Doux ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
- De la cire ?
La dispute s'arrêta net. Toutes les têtes convergèrent vers leur ami, qu'ils regardaient comme si une nouvelle main venait de lui pousser sur le front. Silence... À leur tour ils touchèrent alors le sol.
...
- QUI EST LE CON QUI A CIRÉ LE BOIS DU PLANCHER !? Rugirent en cœur l'équipage présent dans la salle.
Tant bien que de mal, une petite partie de l'équipage (seulement ceux qui avaient réussis à rester sur leurs pieds), menée par le second du navire déboulèrent bruyamment sur le pont. Ils cherchaient le responsable quand ils la virent accroupie sur le sol, trempant son chiffon dans un gros bac où luisait une gelée plus que douteuse.
Lola étalait vaillamment la substance visqueuse en murmurant une chanson incompréhensible. Le pont était très propre. C'était indéniable. Mais visiblement trop propre.
Elle s'arrêta en plein action à la vue de la paire de sandale devant elle. Elle releva la tête et écarquilla les yeux en se trouvant face à deux perles bleues furieuses qui la fixaient.
- Euh... Un soucis ? Demanda-t-elle en déglutissant.
Pour toute réponse Marco pointa du doigt l'équipage derrière lui. Les pirates qui tentaient de les rejoindre chancelaient sur leurs jambes, les bras en avant pour amortir en cas de chute. Actuellement, ils ressemblaient plus à des petits faons ivres qui venaient de naître qu'à des pirates dignes de ce nom.
- Je t'avais dit de nettoyer le pont, pas de le transformer en patinoire yoï !
- Non tu m'as dit que tout devait être impeccable ! Et c'est ce que j'ai fait ! Se défendit le jeune fille.
Lola pointa du doigt le pot de cire
- Regarde ! C'est marqué « cire destinée à l'entretien du bois et à le protéger contre la chaleur et l'humidité ». En tout cas je suis pas sûre que ce soit quelque chose de vraiment bio leur histoire, lui dit-elle en plissant le nez. Je trouve que l'odeur n'est pas très naturelle... Mais bon, un pot de cinquante kilos aurait été le bienvenu quand même. C'est pas avec ce malheureux que je vais pouvoir faire tout le bateau...
Les yeux du phénix lançaient des éclairs. Elle se foutait de sa gueule ? Marco essayait de se calmer intérieurement.
- Ça c'est pour les rambardes yoï. Dis-moi qui aurait idée de cirer le plancher d'un navire à par toi !? Maintenant tu m'enlèves tout ça, répliqua le phénix.
- Quoi ?! Mais j'ai fait ce que tu m'as dit ! Je vais en avoir pour toute la nuit ! Même plus ! rétorqua la fille en colère
- Raison de plus pour ne pas continuer de parler et de t'y mettre immédiatement yoï.
Le second du capitaine s'éloigna en baillant, faisant attention où il mettait les pieds. Malgré quelques glissades plus ou moins contrôlées, il réussit à regagner l'intérieur du couloir sain et sauf.
Elle avait tout fait parfaitement ! Le bois a bien besoin d'être entretenu de temps en temps non ? Pourquoi elle était punie à nouveau !? Elle n'avait rien fait de mal cette fois ! Lola balança haineusement sont torchon gras dans le bocal. C'était trop injuste !
