Salut à tous et à toutes !

Je suis désolée ! tellement désoléééée... Je suis un boulet... Le plus gros boulet du monde et de toutes les dimensions... Pardon... Pendant 24h la mise en page n'était pas faite. J'avais totalement oublié que je devais le faire à la main (creuse pour s'enterrer elle-même)... Allez-y frappez-moi... Brûlez-moi... Mordez-moi... viol- On va s'arrêter là non ?...

Je suis encore et toujours, vachement, méga, ultra, trop, vraiment désolé... et pour me pardonner voici maintenant le chapitre number four !
Mais avant...

réponse à la review :

Minimiste : Merci pour tes reviews à chaque chapitre. Franchement, mais franchement, tes commentaires me font vraiment très plaisir. Dès que je les lis, une bouffée d'espoir et de volonté m'envahis. Réellement je te remercie !

Pour la « famille pirate » je te demande un p'tit peu de patience ;) (comme on dit : « Rome ne s'est pas faite en un jour ») Je sais que les pirates de barbe blanche se considèrent comme une grande famille, c'est ce qui fait leur charme ! Mais ils restent quand même des pirates pur-souche. Il ne faut pas oublier que Lola est une véritable plaie (elle s'est quand même attaquée au siège de barbe blanche et à un tonneau d'alcool !, chose qu'il ne faut jamais faire avec ce capitaine.) Ça évoluera, mais en temps et en heure. J'ai déjà un p'tit tableau des comments et pourquois, où tout est classé, détaillé, étiqueté, ordonné jusqu'à la fin de l'histoire normalement. Si tout se passe bien dès le début, je trouve que ça casserais un peu tout... (mais tu n'es pas la seule à penser comme ça... héhé... en même temps c'était l'effet que je voulais nyark nyark niark !)

Sinon je te remercie encore et espère te satisfaire avec ce chapitre;)

Et c'est parti !


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 4: « Comment se débarrasser d'un gêneur ?: -b) L'enfermer à double tour dans une prison haute sécurité»

Lola déglutit. Une goutte de sueur coula le long de son visage. Au final, si elle voulait quitter cette ville le plus rapidement possible elle allait devoir trouver ce foutu accord. S'il existait, évidemment et elle devra le ramener à Barbe Blanche... Elle allait se mettre à dos le Gouvernement Mondial en plus du Yonko. Et avec sa chance, elle allait devoir infiltrer le palais, car c'est là-bas qu'il devait se trouver. Elle allait pénétrer dans un palais fortifié et gardé par la crème de la marine à cause d'un mariage d'un Dragon Céleste. Elle risquait de se faire abattre à vue si on la voyait. C'était trop risqué, mais il semblait que c'était sa seule solution pour partir d'ici.

Chouette ! Elle allait mourir...


Lola retraversa la ville, mais dans l'autre sens cette fois-ci. Au bout d'un petit moment, elle arriva devant une grande place blanche complètement dégagée. Le soleil s'y reflétait intensément, l'éblouissant à moitié.

Les yeux plissaient, elle regardait le ciel purifié de tout nuage puis le soleil. D'après sa position il devait être onze heures. Lola fit un rapide calcul. Elle avait quitté le navire des pirates de Barbe Blanche vers sept heures du soir. Il lui en restait un peu plus d'une trentaine pour rapporter le document qui signerait sa future et douloureuse mise à mort. Ce n'était pas beaucoup, mais elle devrait y arriver si elle ne se fait pas chopper.

Elle reprit sa marche rapide et grimpa le long d'un chemin de pierre assez pentu. Le grand château se rapprochait de plus en plus. Arrivée enfin en haut, elle l'observa et l'étudia rapidement. Il était vraiment très grand ! Des petits remparts l'encadrait. Du haut de leur dizaine de mètres, ils défendaient le palais aux tuiles couleur charron, de toute intrusion indésirable.

Lola se faufila derrière une haie d'arbustes parfaitement taillés. Le seul passage qui semblait mener à l'intérieur était une grande porte en marbre, gardée par une grande escouade de marines surentraînes, forcément. À l'intérieur, une petite cour caillouteuse semblait servir d'allée. De là où elle se trouvait, la jeune femme ne pouvait qu'apercevoir les toits de quelques tourelles.

Maintenant elle n'avait plus qu'à chercher un moyen d'entrer sans se faire repérer... Facile à dire...


Allongé sur une pelouse très bien entretenue, un homme profitait de ses derniers moments de répit. Il somnolait sous le soleil chaud de l'été. Son chapeau haut-de-forme était posé sur son visage pour lui protéger les yeux de la lumière vive. Une brise souffla doucement et apporta une petite sensation de fraîcheur éphémère. Dans deux jours tout allait changer. Se prélasser dans le jardin du château ne serait plus possible avant un bon moment. Il sera sûrement trop occupé à cause de la paperasse et il devrait probablement quitter son pays. Il n'était pas très attaché à son île. Il n'avait jamais vraiment quitté le palais et un paysage neuf lui ferait beaucoup de bien, mais il avait quand même un petit pincement au cœur à l'idée de partir. Il avait passé toute son enfance dans ces jardins.

Après le mariage à l'église, la fête allait se dérouler ici. Les buis avaient été taillés pour l'occasion et une estrade de danse était en train d'être installée. Les toits de vignes et de rosier grimpant étaient au summum de leur beauté et les roses bleues se mélangeaient gracieusement aux grappes mûres des raisins. Le résultat était vraiment splendide. De nombreux décorateurs de grande renommé avaient été engagés pour l'occasion et leur travail était à la hauteur de leur réputation.

Parmi ce décors idyllique, les serviteurs et des ouvriers chargés comme des ânes courraient dans tous les sens. L'homme allongé ne comprenait pas pourquoi tout le monde se prenait la tête à ce point. Ce n'était qu'un mariage.

Tous ces journalistes le faisait bien rire à interroger et à courir après toutes les personnes qui passaient à côté d'eux: « Comment évoluent les préparatifs du mariage ? », « Savez-vous quel sera le menu du banquet ? », « Avez-vous une idée de la robe de la future mariée ? ».

Les premières fois, les concernés qui étaient flattés d'être ainsi interviewés et d'être au centre de l'attention, répondaient volontairement et du mieux qu'ils pouvaient à leurs questions. Mais désormais, fatigués de répondre au journalistes très tenaces qui n'étaient jamais rassasiés, ils se contentèrent de les chasser comme de vulgaires mouches.

Il s'était amusé à répandre des rumeurs étranges, plus farfelues les une que les autres. Cela avait causé des énormes quiproquos. Et ça lui était retombé dessus bien évidemment. Il avait ensuite été chassé des préparatifs. Ce n'était pas comme si cela le dérangeait. Maintenant il passait son temps à dormir, à somnoler et à regarder les autres travailler. Mais il s'ennuyait. D'ailleurs, tout au long de sa vie il s'était ennuyé.

Une agitation non loin de lui le fit se redresser en baillant. C'était le moment d'y aller. Il se releva en époussetant son costume sombre, arrangea son chapeau et enleva deux-trois brins d'herbes de sa chevelure. Il partit d'un pas traînant à l'intérieur du château. Il allait devoir retourner voir les invités.


Accroupie derrière un petit bosquet, Lola regardait et surveillait les allés et venues des organisateurs du mariage. Ils transportaient des objets en tout genre, bouquets de fleurs, cartons de décorations, éléments de tables et d'autres trucs tout aussi encombrants. Les serviteurs étaient contrôlés par huit marines capées et bien armés. Un badge devait être présenté à chaque passage.

Réfléchissant à toute vitesse, Lola jetait de rapide coups d'œil dans tous les sens. Sur les créneaux des remparts, d'autres marines circulaient le long des chemins de rondes et guettaient de haut les préparatifs.

Par moment, quelques gros bras tractaient de grosses caisses en bois montées sur des roues. À Chaque fois qu'ils arrivaient aux portes du château, ils enlevaient le couvercles et les marines jetaient un coup d'oeil dans le bric-à-brac. Cela devait faire plusieurs jours voire plusieurs semaines que ce petit rituel s'était installé, car les marines étaient très superficiels et laxistes dans leurs inspections. Ce qui donna à la fille une petite idée.

Lola remonta du regard la file des serviteurs qui passaient les portes. Elle respira une énorme bouffée d'air, essayant de faire redescendre la montée d'appréhension. Elle allait commettre une folie... Silencieusement elle se faufila jusqu'à l'endroit où toutes les caisses étaient rassemblées en attendant d'être acheminées jusqu'au palais. Quelques personnes surveillaient distraitement l'amas de coffres.

Vers quatorze heures, la vigilance fut nettement plus laxiste sûrement dû à la pause déjeuner. Lola en profita pour atteindre une des plus grosses caisses. Elle l'ouvrit et grommela. La boite contenait un immense lustre en cristal qui devait peser plus que son propre poids. Elle referma le couvercle et se dirigea vers une autre caisse. Elle dut chercher pendant dix bonnes minutes tout en surveillant les allés et venues avant d'en trouver une qui soit à son goût. L'immense coffre en bois qui pouvait contenir à lui seul cinq Lola était rempli de tissus en soie bleue marine qui semblaient être des rideaux. Un autre cageot similaire contenait les mêmes étoffes en vrac. Sans hésiter, la fille commença à transférer une partie des tissus dans l'autre caisse. Il faudrait un peu d'espace pour qu'elle puisse s'y glisser. Quand elle estima qu'elle avait assez de place, Lola entra distraitement dans la caisse. Très maladroitement elle essaya de repositionner le couvercle de l'intérieur quand une voix grave se fit entendre pas très loin.

Ni une ni deux elle s'enterra sous les étoffes bleues à la manière d'un blaireau. Elle s'assura que tout son corps et ses affaires furent entièrement recouverts. Maintenant il ne lui restait plus qu'à attendre et à prier pour que personne ne la découvre.

Lola avait chaud, très chaud et elle avait, à vue de nez, passer au moins mille ans enterrée sous les tonnes de soie empilées. Bon, elle exagérait un peu, au moins personne ne l'avait repérée. Mais l'ennuie c'était que personne n'avait transporté sa caisse. Elle n'avait pas bougé d'un pouce et elle restait là comme une idiote. Et si elle s'était trompée et qu'elle était dans la mauvaise caisse ? Elle pourrait aller jeter un coup d'œil pour voir ce qu'il se passait à l'extérieur. C'était une mauvaise idée... Mais s'il faisait nuit ? Et si personne ne la déplaçait avant le lendemain ? Elle ne pourrait jamais récupérer l'accord à temps ! De plus, à force de rester dans cette même position elle commençait à avoir de sérieuses courbatures. Son ventre se mit soudain à gargouiller. Lola soupira et de grosses gouttes de sueur coulèrent de son front et s'écrasèrent sur le plancher de la caisse.

Soudain des voix retentirent juste à côté d'elle. Et un bruit de raclement de bois résonna juste au-dessus d'elle. Lola se raidit et s'arrêta de respirer. Des bruits de tissus se firent entendre. Quelqu'un était en train de fouiller la caisse ! Lola ferma fermement les yeux. Elle allait être découverte !

- Bon sang Mec ! Qu'est-ce que tu fais ?!

- La caisse était ouverte. Je vérifie qu'il ne manque rien !

- Aller ! Dépêche-toi ! On n'a pas le temps ! La nuit va tomber et on est très en retard !

D'après le bruit le couvercle fut remis en place. La boite se mit à tanguer violemment.

- Elle pèse un âne mort cette caisse ! Souffla quelqu'un.

Après avoir été déposée brutalement, le coffre fût agité de remous. Il était sûrement posé sur un chariot et était tracté. Lola pouvait sentir et entendre les bruits sourds des roues sur les pavés. Ce n'était pas un voyage très agréable. Au bout de quelques minutes le convoie s'arrêta et le couvercle s'ouvrit de nouveau. Quelqu'un devait inspecter la caisse. Ils étaient probablement à l'entrée du palais ! Il eut à nouveau quelques frottements de tissus.

- C'est vraiment pratique le Haki quand même. Pas la peine de se décarcasser à fouiller tous les cageots.

Lola se tenait immobile. Le Haki ? Qu'est-ce que c'était que cela ? Elle l'avait déjà entendu quelque part, mais où ? S'ils pouvaient la sentir elle était mal ! La fille se concentra et essaya de se calmer. Si elle n'avait jamais été découverte jusqu'ici - sauf chez les pirates de Barbe Blanche, mais ça s'était à cause d'une de ses erreurs idiotes – elle ne risquait rien. Elle avait déjà réussit à s'infiltrer dans des vaisseaux de la marine avec des vice-amiraux à leur bord et personne ne l'avait jamais repérée !

Le chariot se remit en mouvement. Elle était passée. Lola soupira de soulagement. Elle sourit. Première étape : Rentrer dans le château... Check!

Le palais était vraiment immeeeense ! Deux énormes tourelles de chaque côté de la façade principale s'imposaient magistralement sous ses yeux. Les murs de pierres claires chatoyaient d'un blanc éclatant malgré la nuit qui était tombée. Ils contrastaient avec les jardins qui étaient maintenant entièrement noirs. Ils devaient être magnifiques le jour. Des grandes fenêtres finement ouvragées, perçaient la surface claire des murs de manière non-symétrique qui lui rajoutaient une touche d'originalité et de caractère. Ce palais était plus qu'un chef-d'œuvre architectural. De la lumière irradiait de grands balcons où semblait se dérouler une fête d'après les tintements de verres et les discutions qui en réchappaient.

Lola avait réussi à se glisser hors de la caisse de rideaux et se retrouvait désormais dans un immense hall qui la laissa bouche bée. Elle s'était attendue à tomber sur un intérieur remplis de sculptures de marbre, d'armures et d'armes anciennes, mais rien de tout cela n'apparaissaient. Des colossales peintures contemporaines ornaient les murs. De l'orange criard, du jaune, du vert anis, du violet plus qu'agressif... Très tape à l'œil, tout détonnaient avec l'extérieur doux et plus traditionnel.

Elle monta les marches de l'escalier de marbre deux par deux. En arrivant dans un couloir, elle entendit des bruits de pas. Quelqu'un venait vers elle. Lola se faufila dans la première pièce qu'elle vit. Elle referma vite la porte et attendit, son oreille plaquée contre le bois. Elle n'avait pas été vue. La jeune femme soupira de soulagement, une main sur le cœur pour se calmer. Une fois rassurée, elle se retourna. Elle s'était retrouvée dans une chambre pas trop vaste, ni trop petite. Une chambre d'invités... Des valises vides étaient rangées en évidence dans un coin de la pièce. Il n'y avait personne. Le jeune fille fouilla rapidement dans le dressing.

Elle en ressortit une assez jolie robe de soirée jaune poussin un peu bouffante. Elle l'enfila sans plus tarder. Elle était trop grande, mais devrait faire l'affaire. Elle saisit ensuite les escarpins assortis... trop petits... Elle abandonna l'idée des chaussures. Heureusement que la robe était longue et qu'elle cachait un peu ses pieds. Tant qu'on ne les scrutait pas attentivement, ses converses un peu sales et déchirées devraient passer inaperçues.

La fille se recoiffa rapidement avant de réajuster la robe et de nouer son sac sous ses jupons. Avec ça, elle se fonderait plus facilement dans la masse. Au moment de sortir, elle prit un petit briquet en argent qui était posé en évidence sur le meuble de l'entrée. Ça peut toujours servir... elle le rangea dans son soutien-gorge (pas de poche oblige...)

Elle ressortit de la chambre et referma doucement la porte sur laquelle était écrit en lettres dorées :« Sir Jean-Batiste Fringuant & Dame Potance Fringuant ». Elle se mit à déambuler dans le couloir. Maintenant elle allait devoir trouver le bureau du grand manitou.

- Vous vous êtes perdue Madame ? Demanda une voie suave et grave derrière elle.

Lola se raidit et se retourna doucement avant de répondre de la façon posée et un peu trop caricaturale :

- Oui effectivement, je voulais regagner ma chambre pour m'arranger un peu, mais maintenant, impossible de retourner aux réjouissances ! Hohoho !

L'homme haussa un sourcil. Et la dévisagea de la tête au pied. Il arrêta son regard sur la poitrine de la jeune femme. La robe baillait légèrement. La tunique n'était pas adaptée.

- Venez, je vous raccompagne, le château est plutôt grand, vous risquerez de vous égarer à nouveau, dit-il en lui tendant le bras.

Lola le lui prit silencieusement. L'homme devait faire pratiquement le double de sa taille. Il semblait avoir légèrement plus de la vingtaine. Ses cheveux noirs, frisés, coiffés en catogan lui arrivaient au-dessus de ses épaules. Il portait un chapeau haut-de-forme bleu marine assortit avec son costume. Il ne la quittait pas de ses yeux améthystes

Ensemble, ils marchaient sans un bruit dans le couloir. Au bout d'un moment, il demanda à la jeune fille :

- Veuillez m'excuser, je suis navré, mais je ne sais pas qui vous êtes.

Crotte !

- Je suis... Euh...Clémence !... Du...Dussouflet ! Clémence Dussouflet ! S'écria-t-elle.

- Je ne connais aucun Dussouflet. Que faisiez-vous dans la loge de Monsieur et de Madame Fringant ? Ce n'était pas votre chambre.

- Je me disais bien que je ne reconnaissais pas mes affaires ! Hohoho ! J'avais seulement besoin de me rafraîchir.

L'homme était septique, mais ne posa pas plus de question. Il continuait de la dévisager. Bras dessus-dessous, ils passèrent une porte qui les menèrent à une grande salle bondée de monde. Plusieurs centaines de personnes étaient regroupées dans la pièce. Ils discutaient et blablataient entre eux avec des coupes de champagnes et de cocktails dans les mains. La salle était remplie de décorations dorées et lui donnait une atmosphère de contes de fées.

L'homme à ses côté lui relâcha le bras en la saluant. D'une démarche souple et légère, il disparut en se fondant dans la masse des invités.

Lola analysait la salle et les riches qui s'y trouvaient. Quelques Dames avec leurs grosses robes colorées et miroitantes, actionnaient leur éventail en caquetant énergiquement avec des hommes tout aussi bien habillés. Quelques groupes de quatre-cinq soldats en uniforme bleu marine, faisaient leurs rondes en surveillant les festivités. Lola s'avança dans la foule quand une femme un peu potelée légèrement plus grande qu'elle l'interpella. Elle avait un grand chapeau à plumes roses qui virevoltaient sur la tête.

- Mais quelle maâagnifique robe, vous portez lààà ! s'écria-t-elle d'un geste plus qu'exagéré, les mains sur les joues attirant au passage l'attention d'autres bourgeoises. Elle est de chez Élisa Östisheim ? N'est-ce pas ?

- Euh... oui effectivem-

- Tournez-vous pour que je puisse l'admirer, la coupa-t-elle en la retournant sans attendre sa réponse. Elle est splendide ! Spleeendide ! C'est normal, j'ai la même. Je l'ai emmenée pour la mettre lors de la cérémonie de demain après-midi, se venta-t-elle auprès de sa petite cour personnelle. Vous avez beaucoup de goût Madame... ?

- Dussouflet, Clémence Dussouflet.

-Je n'ai jamais entendu parler de la famille Dussouflet, dit-elle sèchement le regard méfiant. Encore une famille qui se croit assez Noble pour venir s'affilier avec nous les Hauts-Nobles !

Lola l'entendit commérer avec quelques femmes tout aussi bien habillées :« Vous avez déjà entendu parler de la famille Dussouflet vous ? », « non pas du tout », « ils ne manquent pas de toupet !», « mais j'aurai trop honte de mettre la même robe qu'une vulgaire roturière ! », « moi qui croyais qu'Élisa Östisheim ne créait que des robes uniques... » De nombreuses paires d'yeux grossièrement maquillaient la scrutaient hargneusement.

Lola s'éloigna le plus possible des femmes médisantes et se retrouva pile devant le buffet. Elle avait tellement faim ! Un choix astronomique d'apéritifs était posé soigneusement sur la table : des petites bouchées-à-la-reine, des toasts de caviars ou de foie gras, du saumon au confis d'orange, des verrines de poisson, des plateaux en bois garnis de charcuterie, des makis de courgettes à la crème d'aneth, des magrets de canard séché sur canapé... Au centre, nombreuses bouteilles de Champagnes étaient débouchés devant des flûtes en cristal, les écritures en lettres d'or sur leur flan bien en évidence.

Lola n'avait jamais mangé quelque chose d'aussi bon ! Elle se servit de tout sous le regard hagard des quelques convives. Elle se désaltéra avec un délicieux champagne qui semblait être de l'or liquide.

...

Elle prit sa septième coupe de champagne. Elle devait peut-être se calmer, actuellement elle n'arrêtait pas de sourire. C'était drôle !

Au moment où elle portait son verre à ses lèvres, une grande main gantée de blanc attrapa le pied du verre et le lui enleva gentiment des mains avant de le reposer délicatement sur la table. Lola s'apprêtait à protester, mais une voix grave l'en empêcha.

- Je pense que vous avez assez bu, vous ne croyez pas ?

La jeune femme reconnut la voix de l'homme qui l'avait accompagnée dans le château. Elle se retourna et se retrouva face à lui. Ils se dévisagèrent tous les deux.

- C'est bon ! Je l'mérite ! Ces enfoirés ! Ils m'ont abandonnée et maintenant je suis bloqué à moins que je récupère ce fichu papier! Parce que sinon je suis morte !

L'homme au chapeau haut-de-forme écarquilla des yeux. À la vue de sa réaction, Lola retrouva sa lucidité. Et merde ! D'une pirouette elle tenta de s'éloigner, mais une des grandes mains de l'homme la rattrapa par la taille. Elle allait protester verbalement, mais une autre main la muselât. L'homme l'emporta distraitement par une porte cachée. Lola voulut se défendre mais l'homme était cent fois plus fort qu'elle. Personne ne les vit disparaître.

L'homme la plaqua contre un mur et bloqua toutes ses échappatoires. Il la tenait fermement, mais sans la blesser. Lola tremblait d'anticipation. Il allait la dénoncer. Elle s'était fait attraper et elle allait soit finir sa vie à Impel Down, soit livrée comme jouet à un Dragon Céleste ou tout simplement mourir. La mort était sûrement la meilleure solution.

Les yeux de la jeune femme se remplirent de larme, déstabilisant son oppresseur. L'homme soupira et sortit de sa poche un mouchoir en soie et le tendit à la jeune femme. Elle hésita, mais finit par le prendre. Elle essuya ses larmes avant de se moucher avec un bruit de trompette. L'homme leva les yeux au ciel. Une fois calmée, il commença son interrogatoire.

- Maintenant plus de mensonge ! Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ? Demanda-il très sérieusement, les yeux violets ancrés dans ceux de la fille.

Le cœur de la jeune femme s'arrêta. Une vague de sueur coula le long de son dos. Elle fut prise d'un vertige. Le grand homme la prit par les épaules alors qu'elle chancelait légèrement. Elle fut la première à détourner le regard. Elle répondit d'une voie monotone aux questions. Sa mission était de rapporter au capitaine du vaisseau pirate qui l'avait emmenée jusque ici, un document compromettant mettant en scène l'alliance du Gouvernement Mondial et du sanguinaire Yonkou Hector Moore à propos de marchandises illégale.

L'homme frissonna au nom du Yonko. Tout le monde avait entendu parler de ce tyran. Buvant ses paroles avec une grande attention, il répondit :

- Il n'y a jamais eu d'alliance avec le Yonkou. C'est impossible. Pour quel motif ? Quels sont ces marchandises ?

Je ne sais pas. Je vous ai dit tout ce que je savais. Vous allez me mettre en prison n'est-ce pas ? Me livrer aux marines ? Me couper la tête ?! Demanda-t-elle d'une voix tremblante.

Ses yeux étaient à nouveau remplis de larmes et ses mains étaient jointes contre le mouchoir comme dans une prière silencieuse. Le noiraud la regardait en réfléchissant. Maigre comme un clou dans la robe trop grande, elle faisait un peu pitié.

- Et pour les quatre autres ?

- Quels quatre autres ?

- Ceux qui sont habillés comme les gardes du château, mais qui n'en font manifestement pas parti.

Devant sa mine déconfite, il la guida jusqu'à l'entrée et passèrent tous les deux la tête par l'entre-bâillement de la porte. Il pointa du doigt quatre soldats en uniforme qui passèrent par une porte opposée à la leur. Il attendait sa réponse.

- Je ne les reconnait pas... Mais je n'étais pas trop proche de l'équipage. Ils étaient plutôt nombreux. S'ils avaient envoyé du monde sur ce coup, ils m'auraient prévenus et ils auraient été avec moi dès le début. Ce serait idiot sinon. On risquerait de se tirer mutuellement dans les pattes.

L'homme ramena la jeune femme dans le couloir. Il réfléchit pendant de bonnes minutes. Lola essayait de se faire toute petite. Peut-être qu'il allait l'oublier ? Il avait l'air d'être totalement dans ses pensées. Elle commença à s'éloigner furtivement mais l'homme la coupa.

- Vous êtes sûre que cette alliance existe ?

- Euh... moi je ne sais pas mais le capitaine en était persuadé.

- S'il y a la preuve d'une telle alliance, elle doit se trouver dans le bureau de mon p... du gouverneur. Je ne vois que là. Allons-y.

Lola regardait incrédule l'homme passer à côté d'elle. Il n'allait pas alerter la garde ? L'enfermer ? Pourquoi allait-il l'aider ? Il répondit à ses questions muettes :

- Je suis juste curieux. Je n'aime pas l'idée que cette île est quelque chose à voir avec ce monstre. De plus, il y a quelque chose de louche ici et je veux savoir ce que c'est... Tu pourrais te rendre utile. Je le sens.

Elle ne savait pas si elle devait se sentir flattée ou non. Servir à quelque chose... C'était la première fois qu'on le lui disait. Elle se sentait un peu émue.

- Merci. Euh... c'est quoi ton nom ?

- Je m'appelle Vista.

La jeune femme sourit et se laissa conduire dans le château. Il connaissait mieux les lieux qu'elle, c'était obligé. Le duo passa devant une grande pendule en bois d'acajou. Il était pratiquement vingt-trois heures. Il lui restait moins de vingt-quatre heures pour accomplir sa mission, mais maintenant il semblerait qu'elle avait une précieuse aide.

Le duo marcha encore un petit moment. Ils montèrent et descendirent de nombreux escaliers et traversèrent une multitude de couloirs. Sur leur route, ils croisèrent quelques gardes et serviteurs qui s'arrêtèrent pour saluer et féliciter Vista. Le féliciter de quoi ? Peut-être qu'il venait d'être promu ? Lors des interruptions, il s'arrangeait pour se mettre devant elle et la cacher avec sa grande carrure pour qu'elle ne se fasse pas repérer. Elle devait lui arriver au nombril et il possédait une large stature ce qui lui facilitait grandement la tâche.

Ils arrivèrent enfin devant une grosse et épaisse porte en bois. Lola essaya de l'ouvrir, mais elle était fermée.

- Il faut chercher la clef... dit-elle en poussant un juron.

Vista la décala gentiment avant de sortir une énorme clef de sa poche... Comment... ?

- Passe-partout, informa-il.

Elle l'observa tourner la clef et il ouvrit. Comment et pourquoi il avait un passe-partout ? C'était les quartiers du maître de la ville ! Le bureau était très vaste. Une petite dizaine de bibliothèques remplis de livres, de classeurs et de portes document longeaient les murs. Au centre de la pièce, sur un tapis bien moelleux, se trouvait un large bureau en chêne. De nombreux documents et chemises étaient posés dessus. Derrière, un grand fauteuil en cuir, à première vue très confortable était parfaitement et soigneusement aligné. Au fond de la salle une grande porte-fenêtre, encadrée de chaque côté par quatre longues épées croisées sur un bouclier au blason familiale, était ouverte et conduisait sur un petit balcon. Il y avait une vue imprenable sur la ville.

Lola s'avança et commença à fouiller dans les papiers posés sur le bureau pendant que Vista feuilletait rapidement quelques classeurs, probablement au hasard.

Elle s'attaqua au premier tiroir. Rien. Puis au deuxième. Toujours rien. Au troisième et quatrième tiroir. Même résultat. Elle regarda l'horloge au-dessus de la sortie. Le temps continuait de s'écouler. La jeune femme tira ensuite une caisse en métal où était classée et étiquetée une farandole de papiers. Pareil. Elle finit par rejoindre Vista à une des bibliothèques et se mit à fouiller dans les porte-documents.

L'homme s'arrêta soudainement. Elle releva la tête.

- Tu as trouvé ?

Il ne lui répondit pas, se contentant de tourner les pages de plus en plus rapidement. Au bout d'un moment il la regarda.

- Des esclaves, cracha-t-il. Les marchandises... Ce sont des esclaves... Mon père envoie les pauvres de nos îles comme esclave pour le Yonko !

Dégoutté, il lui tendit le manuscrit. Des centaines et des centaines d'esclaves étaient recensés. Certains noms étaient barrés. Elle tourna les pages à son tour quand une feuille un peu froissée tomba du livre. La voilà, ce papier, la preuve... trois signatures étaient présentes en bas, noir sur blanc : Hector Moore, Sir Artis De-La-Hoche-Blaise et celle d'un Dragon Céleste.

- Je suis désolé Viscentzo... s'excusa-t-elle.

Il la regardait un petit sourire forcé sur les lèvres.

- Ce n'est pas ta faute...Comment tu as su qui j'étais ?

- Tu connais le château comme ta poche, tu possèdes la clef du bureau de ton père et tout le monde te félicite pour ton mariage, dit-elle en esquissant un sourire. Ça ne te dérange pas que je prenne... cette chose ? Demanda-t-elle embarrassée.

- Non. Prends-le. Si ça peut t'aider et arrêter tout ça... C'est le mieux.

Elle le prit soudainement dans ses bras, le surprenant.

- Vraiment... je suis terriblement désolé Viscentzo...

- … Je préfère Vista...

VLAM !

La porte du bureau fut brutalement défoncée. Un groupe de quatre personnes se précipitèrent dans la pièce. Ils virent dans les mains de la jeune fille le papier de leur convoitise. Les Sabres sortis de leur fourreau, les gardes menacèrent le duo au sol.

- Donne-moi ce que tu as dans les mains ! dit un des soldats.

- Certainement pas ! gronda-t-elle.

Dans un mouvement souple et très rapide, Vista se saisit deux épées décoratives accrochées sur le mur. Il se mit ensuite en garde devant la demoiselle.

- Menacer une jeune fille sans arme. Quel manque d'élégance !

Le soldat coiffé d'une fausse queue de cheval attaqua. Vista para sans mal. Ils reculèrent en bondissant. Tous les deux s'étudièrent mutuellement pendant quelques secondes. Vista chargea. Des coups furent échangés. Les deux adversaires essayaient de se trancher. Les épées s'entrechoquèrent. Les deux armes de Vista n'étaient pas faites pour le combat : le tranchant des lames étaient émoussées.

Deux autres gardes essayèrent de s'approcher de la fille en contournant le duel. D'un coup de pied, il réussit à en dégager un en gardant l'autre à distance.

- Reste bien derrière-moi ! Réussit à articuler le noble sous l'effort.

Lola qui était toujours au sol se releva et se plaça au balcon derrière l'encadrement de la porte-fenêtre, pour laisser la place aux deux combattants. Le soldat à queue de cheval tenta une feinte qui fut parée de justesse.

Une coupure apparut dans le cou de Vista. Les deux hommes avaient tous les deux des sourires déments aux lèvres. Ils semblaient s'amuser.

Une épée dans chaque main, Vista enchaîna de plus en plus rapidement des coups de tailles. Son adversaire ne réussit pas à les parer complètement. Une profonde entaille saignait à son épaule gauche, tachant son uniforme. Les coups repartirent de plus belle. Des étincelles apparurent là où les armes s'entrechoquaient.

- Tu ne te débrouilles pas si mal finalement, ricana le soldat.

- Je te retourne le compliment, sourit le chapeauté. Quel est ton nom ?

- Stan Lazarson, épéiste de l'équipage de Bar-

- HAAAAAaaa ! Lâche-moi !

La jeune fille au sol se débattait essayant de tenir l'homme qui l'agressait à distance du parchemin. L'espace d'un instant, elle reconnut au poignet de son agresseur, un tatouage. Un tatouage très familier avec une moustache en croissant de lune. Mais que...

Le noble se jeta à la rescousse de la jeune femme en tournant dos à son adversaire. D'un bon il fut à ses côtés, dégageant le garde qui l'oppressait.

- Derrière-toi ! hurla Lola.

Trop tard. La lame du garde trancha le flan de Vista. La force du coup le fit basculer par-dessus la rambarde du balcon.

- VISTAAAAAA ! cria la jeune fille les larmes coulant de ses yeux.

Au moment où elle allait se précipiter à la balustrade, un des hommes en rouge se jeta à nouveau sur elle, la faisant retomber. Sous le coup du choc et du poids du soldat, la jeune fille eut le souffle coupé. Par réflexe lors de sa chute, elle lâcha le papier qu'elle tenait précieusement dans les mains.

Le temps s'arrêta. Tous les yeux se braquèrent sur la feuille libre de toute attache. Elle partait en virevoltant dans le crépuscule. Par réflexe, l'ancien duelliste essaya tant bien que de mal de la rattraper, mais elle filait déjà vers de nouveaux horizons.

Horrifiée, elle saisit par le col du veston le garde au-dessus d'elle et l'étrangla en le secouant.

- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT PUTAIN !

Il essaya de la faire lâcher prise. Alertée par les cris et les bruits du duel, une cinquantaine de gardes et de marines armés de fusils les mirent en joue.

- Rendez-vous ! Vous êtes cernés pirates !

L'ancien adversaire à la queue de cheval de Vista se mit à rire en se mettant à nouveau en garde.

- Jamais nous nous rendrons ! Nous sommes les fiers pirates de Barbe Blanche ! Celui qui dominera les océans ! J'en fais ma parole ! Jamais nou-

Lola leva brutalement les bras aux ciels, sous le regard étonné des quatre autres pirates en uniforme.

- J'me rends ! Cria-elle.


- DE TOUTE FAÇON DEPUIS QUE TU ES ARRIVÉE TOUT VA MAL ! Cria un pirate.

- C'EST TOI QUI NOUS CAUSE TOUS CES PROBLÈMES ! Gronda un autre.

Les cinq hors-la-loi enfermés dans deux cellules bien distinctes, s'envoyaient des insultes à tout va.

- MA FAUTE ?! C'EST À CAUSE DE VOUS QU'ON EST ENFERMÉ DANS CETTE PRISON, CRÉTINS ! SI VOTRE FICHU CAPITAINE N'AVAIT PAS ESSAYÉ DE SE DÉBARRASSER DE MOI, RIEN DE TOUT ÇA NE SERAIT ARRIVÉ ! Hurla lola, toutes dents dehors. ET VOUS N'AVIEZ QU'À ME LAISSER CE PUTAIN DE PAPIER!

- MAINTENANT C'EST À CAUSE DE NOUS ?! ON ACCOMPLISSAIT SEULEMENT LA MISSION QUE PÈRE NOUS AVAIT CONFIÉE ! DE TOUTE FAÇON ON N'AURAIT JAMAIS LAISSÉ ENTRE TES MAINS UN OBJET D'UNE TELLE VALEUR ! PÈRE NOUS AVAIT MÊME MIS EN GARDE CONTRE TOI ! Beugla le dénommé Stan.

Profondément offusquée, Lola s'apprêtait à répliquer quand un marine énervé débarqua et frappa contre les barreaux des cellules.

- MAIS VOUS ALLEZ ENFIN LA FERMER OUI !?

Un silence de mort résonnait désormais dans prison. Il repartit comme il était venu.

Agrippée aux barreaux, Lola grogna. Quelques dizaines de minutes plus tôt, les cinq criminels avaient dû être séparés de force.

- j'te jure, j'sors d'ici, j't'étrangle ! Chuchota Stan assez fort pour qu'elle puisse l'entendre.