Salutation à vous tous !
Voici la suite ! Je vous informe juste que le temps d'attente entre les chapitres est actuellement court. (je suis encore en vacance ! Héhé...)
Ne vous inquiétez pas ! Ça ne durera pas !

Réponses aux reviews :

Rustal D Amandine : Je reconnais qu'ils ne sont pas très sympathiques avec Lola. Je compte introduire une bonne partie de l'équipage dans ma fic, mais je pense l'arrêter avant de faire tout le monde, sauf si d'un coup j'ai une illumination de la mort qui tue ! Sache que Lola te remercie !

Minimiste : Je suis contente qu'il te plaise et j'espère que ça continuera ! Merci !

... Et voici la suite !


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 5 : « Comment se débarrasser d'un gêneur ?: -c) en fait quoi qu'on fasse on ne peut pas s'en débarrasser»

- DE TOUTE FAÇON DEPUIS QUE TU ES ARRIVÉE TOUT VA MAL ! Cria un pirate.

- C'EST TOI QUI NOUS CAUSE TOUS CES PROBLÈMES ! Gronda un autre.

Les cinq hors-la-loi enfermés dans deux cellules bien distinctes, s'envoyaient des insultes à tout va.

- MA FAUTE ?! C'EST À CAUSE DE VOUS QU'ON EST ENFERMÉ DANS CETTE PRISON, CRÉTINS ! SI VOTRE FICHU CAPITAINE N'AVAIT PAS ESSAYÉ DE SE DÉBARRASSER DE MOI, RIEN DE TOUT ÇA NE SERAIT ARRIVÉ ! Hurla lola, toutes dents dehors. ET VOUS N'AVIEZ QU'À ME LAISSER CE PUTAIN DE PAPIER!

- MAINTENANT C'EST À CAUSE DE NOUS ?! ON ACCOMPLISSAIT SEULEMENT LA MISSION QUE PÈRE NOUS AVAIT CONFIÉE ! DE TOUTE FAÇON ON N'AURAIT JAMAIS LAISSÉ ENTRE TES MAINS UN OBJET D'UNE TELLE VALEUR ! PÈRE NOUS AVAIT MÊME MIS EN GARDE CONTRE TOI ! Beugla le dénommé Stan.

Profondément offusquée, Lola s'apprêtait à répliquer quand un marine énervé débarqua et frappa contre les barreaux des cellules.

- MAIS VOUS ALLEZ ENFIN LA FERMER OUI !?

Un silence de mort résonnait désormais dans prison. Il repartit comme il était venu.

Agrippée aux barreaux, Lola grogna. Quelques dizaines de minutes plus tôt, les cinq criminels avaient dû être séparés de force.

- j'te jure, j'sors d'ici, j't'étrangle ! Chuchota Stan assez fort pour qu'elle puisse l'entendre.


Lola avait tout son temps pour lorgner les pirates de l'autre cellule, dépouillés de leur uniforme de garde de l'ile. Les hommes avaient dû être séparés d'elle. Ils avaient tenté de l'assassiner ! Si elle n'avait pas crié comme un goret, elle serait sortie de cette prison les pieds en premier.

Ils avaient l'air de s'être calmés. Dos à elle, le quatuor était placé en demi-arc de cercle, discutant et échafaudant un plan à voie basse. Lola tendait l'oreille pour essayer d'entendre des bribes de leur conversation, mais la seule chose qu'elle avait réussi à obtenir c'était des regards courroucés.

D'après ce qu'elle avait compris, l'homme du milieu, celui avec la queue de cheval c'était Stan, un homme de pratiquement quarante ans. Il avait un visage pas si désagréable quand il se déridait un peu... Le teint plutôt halé comme un pirate digne de ce nom et les quelques cicatrices le long de ses bras prouvaient qu'il était bel et bien un vrai combattant. Un bandage très vite élaboré, protégeait son épaule entaillée. Il ne saignait plus. Ce n'était pas si profond que cela au final. Il avait une carrure non négligeable. Il se débrouillait très bien à l'épée. C'était même lui qui avait envoyé Vista valdinguer. Le cœur de Lola se resserra. Vista était mort à cause d'elle... personne n'aurait pu résister à une telle chute surtout avec sa blessure. Il y avait au moins sept ou huit étages. Et c'était de sa faute.

Un chuchotement la sortit de ses pensées. Un gros bras chauve écoutait ce que le plus petit de la bande lui murmurait. Souris... C'était le nom du gros gars. Même si son nom ne correspondait pas à son physique, tous s'obstinaient à l'appeler comme ça. Ça n'avait pas l'air de le déranger. Grosses épaules, gros pectoraux, gros tatouages... tout était disproportionné chez lui. Même si cet homme était très grand, il l'était moins que celui assis à son opposé, à la droite de Stan : Ed

Lui, c'était le réfléchi de la bande, long et filiforme. Il n'arrêtait pas de chuchoter avec Stan (qui semblait être à la tête de la petite expédition) et ne l'interrompait que lorsqu'il n'était pas d'accord sur tel ou tel idée. Il remettait en cause le raisonnement de chacun, leur montrant ainsi leurs erreurs, cherchant toujours une autre option. Il avait des idées. Ses cheveux pourpres dressés sur son crâne et ses lunettes de soleil lui donnaient un petit air de rockeur.

Et le dernier, le plus petit - il devait avoir la taille de Lola, mais comparé aux autres il paraissait minuscule -, tout à droite, n'était pas très discret. Il était incapable de chuchoter. Les trois autres l'appelaient le Gamin. En effet, le plus jeune du groupe avec dix-sept ans tout mouillé. Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire même enfermé dans cette cellule. Le petit nez retroussé et des cheveux fins, blonds et bouclés, il ressemblait comme deux goutte d'eau à une représentation en marbre d'un angelot.

Comment il avait réussi à passer inaperçue avec leur dégaine ? C'était un groupe très hétéroclite et pas vraiment discret. Mystère... Assise seule sur une couchette crasseuse, Lola les observait. Elle n'avait que ça à faire de toute façon. Elle soupira. Il faisait très humide dans la prison et quelques gouttes d'eau suintaient des murs en pierre.

La porte de la prison grinça et deux marines entrèrent, s'arrêtant devant les barreaux des quatre prisonniers. Un interrogatoire très rapide eut lieu. Les officiers furent renvoyés expressément à leurs affaires. Ils repartaient plus qu'énervés. Après leur départ, les chuchotements reprirent.

Le temps semblait long quand on ne faisait rien...

...

Une heure plus tard, des bruits étouffés de chocs se firent entendre derrière la porte, puis le silence revint. Les cinq hors-la-loi se tendirent, plus qu'attentifs. La porte s'ouvrit doucement dans un long grincement. Une large silhouette massive et sombre se tenait dans l'encadrement. Elle s'approcha des cellules sans un bruit.

- Vistaaa ! J'ai cru que tu étais mort ! Chuchota-t-elle les yeux écarquillés et visiblement très soulagée.

- Il en faudrait plus que ça, répondit-il dans un sourire.

Il tenait dans ses mains une grosse clef rouillée, qu'il inséra dans le verrou de la cage de la jeune femme. La porte s'ouvrit dans un grand bruit strident. Elle se jeta immédiatement dans les bras de son sauveur avec les yeux embués. Le Noble grimaça à cause de sa blessure. En le remerciant, les yeux de la fille fûrent attirés par les quatre hommes dans la cellule d'en face. Ils étaient debout et s'agrippaient aux grilles de leur prison. Lola se pavanait devant eux comme un petit paon. Elle s'arrêta à un mètre des barreaux, les pointa du doigt et dit d'une voix mielleuse :

- Alors, Stan ? Tu voulais m'étrangler une fois que tu sortirais, non ? Malheureusement ce ne sera pas maintenant ! Et sûrement jamais d'ailleurs ! Hohoho ! Elle est confortable cette cellule ? Qu'est-ce que vous allez faire maintenant, hein ? Un sourire fourbe s'empara de ses lèvres. Aller, je vais être sympa, appelez-moi Lola-sama et peut-être que je ferai un p'tit effort.

- Gros thon oui ! Répondit violemment le Gamin les joues rougies

- … Bah, tant pis pour vous... dit Lola d'une voix chantante, pas vexée le moins du monde.

- Non ! Attends !

Elle s'arrêta avant de passer la porte. Et se retourna gracieusement avec un sourire éblouissant.

- Oui ? Que veux-tu ?

- Lo... Lola-sama... HÉÉ ! Reviens ici ! On avait un accord ! Dit le Gamin.

La fille repassa la tête par l'encadrement de la porte et nargua les captifs.

- Hein ? Quel accord ? Mais voyons, je n'ai jamais dit que je vous libérerai ! Un rire machiavélique résonna dans les escaliers de la prison, s'éloignant en même temps que son hôte.

Se rendant, compte que son sauveur ne la suivait pas, elle fit demi-tour.

- Et bien Vista, tu viens ? Ne te fatigue pas à parler avec ces trucs ils n'en valent pas la peine !

Mettant sa main devant sa bouche, le petit doigt en l'air, elle rigola de manière la plus snob qui soit.

- Donc tu es vivant, dit Stan ignorant les provocations irritantes de la jeune fille. J'avoue que j'aurais été déçu si ça n'avait pas été le cas, Vista. Si tu n'avais pas reculé pour atténuer le coup, tu serais mort. Tourner le dos à un adversaire pendant un combat, ce n'est pas une très bonne idée.

- Et s'attaquer à plus faible que vous ce n'est pas très noble de votre part.

Son regard se tourna vers les trois autres.

- Allez Vista, on y va... dit Lola déçut d'être totalement ignorée.

- On est des pirates, pas des enfants de cœur ! Répondit le Gamin du tac au tac.

Vu sa tête d'ange, il avait un peu de mal à être crédible. Ses compagnons le fixaient. « Quoi, C'est vrai » dit-il plus pour lui-même que pour les autres qui le regardaient septiques.

- Donc vous êtes des pirates. Qui est votre chef ? Demanda Vista.

- Oh ça t'intéresse ? Attiré par la voie criminelle ? Être un pirate ce n'est pas une vie tranquille. Pour se prélasser et se la couler douce il faudra repasser plus tard. Être un bohème, c'est tout un Art, expliqua Ed, l'homme aux cheveux bordeaux.

- Hé ho ! J'suis là ! Appela la jeune fille. Ne m'oubli-

- Nous faisons partie de l'équipage d'Edward Newgate, dit « Barbe Blanche ». Cet homme est un des hommes les plus puissants qui m'ait été donné de voir. Il deviendra l'homme le plus puissant du monde. On fera de lui le roi des pirates ! Un épéiste comme toi dans notre équipage serait un atout considérable, continua Stan.

- Le roi des pirates ? Lola renifla. C'est ridicule...

Quatre regards noirs la firent taire immédiatement. Vista observa les hommes derrière les barreaux, plongé dans ses pensées. Sans un bruit, il fit demi-tour et sortit de la pièce, Lola sur les talons.

- Si tu change d'avis tu sais où nous trouver, s'écria Stan.

La porte claqua. La prison plongea à nouveau dans un silence profond. Les pirates étaient toujours debout, immobiles dans l'ombre. Ils attendaient.

- Bon... Et maintenant ? Demanda le Gamin.

Le silence lui répondit. Une longue minute passa. Rien...


Le soleil commençait à décliner. Les quatre pirates étaient toujours assis sur les couchettes grinçantes et nauséabondes. Les vieilles couvertures trouées et grignotées par les souris leur servaient de coussins ou d'oreiller. Ils observaient deux rats qui se battaient pour un malheureux cafard à moitié mort. Ça faisait plusieurs heures, voir mêmes plusieurs dizaines d'heures que le Boulet et l'épéiste avaient filés.

Une grande quantité de marines étaient partis à la recherche de la fuyarde, mais visiblement ils ne l'avaient pas encore retrouvée.

La lumière du soleil de la fin d'apres-midi éclairait la bataille acharnée des deux rongeurs. Dire qu'un rat ne vivait que cinq ans. Ils n'avaient rien d'autre à faire que de se battre pour une cochonnerie pareille ? Ils devraient parcourir le monde ! Profiter de la vie ! Plutôt que de rester ici, enfermés dans des sous-sols sombres, humides et déprimants, à se disputer une vulgaire blatte agonisante.

Mais bon... ce ne sont que des rats... Ils ne savent rien de tout ça... pour eux la vie n'est que cafards...

Des petits bruits précipités de pas de firent entendre, se rapprochant de plus en plus. Deux lames tranchèrent la porte de la prison, sous les yeux abasourdis des prisonniers. Vista courut à toute vitesse en passant rapidement devant eux sans leur accorder la moindre attention. Il disparut à l'autre bout de la pièce sous le regard abasourdi des quatre prisonniers.

- Quoi ! Mais ne restez pas là sans rien faire ! S'écria la jeune fille devant eux en les faisant sursauter.

Elle avait ouvert leur cellule et se tenait devant la porte grande ouverte, le souffle un peu court. Ils avaient l'air de ne pas avoir arrêté de courir. La fille retourna sur ses pas et reprit dans sa course, directement rejoint par Vista qui leur lançait leurs armes à la figure.

- Mais dépêchez vous avec vos têtes d'ahuris ! cria Lola qui s'était déjà éloignée avec l'épéiste.

Se mettant d'accord en une fraction de seconde, ils décidèrent de les suivre. Le quatuor à nouveau armé, s'élança à leurs suites. Ils couraient dans les longs couloirs sombres sous les directives du Noble. Des cris retentirent derrière eux. Des centaines de bruits de bottes les poursuivaient.

- Bordel ! Mais qu'est ce qui se passe, hurla Stan au duo en tête.

- On est poursuivis ! Répondit la fille.

- Ça, on avait remarqué ! Rétorquèrent en cœur les anciens captifs.

Dévalant et remontant des escaliers, ils arrivèrent devant une immense porte en granit à double battant visiblement verrouillée. La garde se rapprochait. Vista lança le passe-partout à Lola et dégaina ses deux lames en se mettant en position de défense. Il fut imité par le quatuor.

À tâtons, elle essayait de trouver une serrure dans le sol. Il n'y en avait pas !

Les soldats en blanc et bleu, accompagnés de quelques uniformes entièrement bleu marine apparurent au bout du couloir. Ils s'apprêtèrent à se jeter sur eux, les sabres en mains. Quelques coups de feu furent tirés. Les mains sur ses oreilles, Lola fermait les en yeux attendant la douleur. Mais rien ne venait... Doucement elle les rouvrit et vit Vista devant elle. Il l'avait protégée. Ses lames avaient déviées les tirs qui s'étaient flanqués dans les murs à côté. Il était... impressionnant ! Il était fort, très fort.

- Je te protège, ne t'inquiète pas ! Ouvre cette porte !

Malgré leur situation, elle ne pouvait s'empêcher d'être heureuse. Même s'ils risquaient à tout moment de mourir, elle se sentait bien et bizarrement complètement en sécurité. Elle n'avait plus peur. De nouveau revigorée, elle s'attarda à la recherche du trou pour déverrouiller la porte. Elle était entourée par les cinq hommes qui faisaient face aux marines. Vista et Stan à l'avant du groupe, s'acharnaient à dévier les munitions ennemies avec le plat de leurs épées, pendant que les trois autres vidaient leurs cartouches sur les marines. Sous leurs armes, de nombreux combattants tombèrent.

D'un accord commun silencieux, les deux bretteurs s'élancèrent droit devant jusqu'au fond du couloir derrière les soldats. Les gardes furent tous tranchés net. Le silence revint pendant quelques secondes avant qu'une nouvelle vague d'officiers ne se présente à nouveau. Les deux combattants reprirent leur place, se préparant au nouvel assaut.

Lola accroupit, la tête posée au sol, cherchait toujours désespérément dans la pénombre. Là ! Elle introduisit la clef dans un petit trou tout en bas du battant gauche et tourna. Un claquement sec de fit entendre derrière la pierre. Elle essaya de pousser les battants. Ils étaient trop lourds. Les trois hommes aux armes à feu se levèrent et vinrent à son aide. Avec de sinistres bruits, les lourds battants pivotèrent, s'ouvrant sur un autre couloir qui n'avait apparemment jamais été pratiqué. Il était en pierre brute et descendait très profondément sous le palais.

Le groupe s'y engouffra et ils refermèrent la grande porte qui se verrouilla automatiquement devant leurs ennemis. Les pirates furent entièrement plongé dans le noir. Des coups sourds résonnaient derrière la porte. Ils essayaient de la défoncer, en vain. Plongés dans l'obscurité, ils tentèrent d'avancer, mais le manque total de visibilité les ralentissaient.

Au bout de quelques instants, Lola sortit du haut de son vêtement, le briquet en argent qu'elle alluma immédiatement. Mais il ne fut pas suffisant. En avançant en touchant les murs, ils trébuchèrent de temps en temps sur des objets qu'il ne valait mieux pas identifier.

- Bon sang ! Mais qu'est ce qui se passe ?

Avec Vista on s'est mis à dos tous les gugusses en uniforme ! Ils n'ont pas apprécié qu'on s'échappe sous leur nez.

Le groupe avançait à la file indienne pendant une période indéterminée. Heurtant par hasard un bâton qui s'avérait être une vieille torche, Souris la tendit à la jeune fille qui s'empressa de l'allumer. Vu l'état dans lequel elle se trouvait, elle n'allait pas faire long feu. La faible flamme vacillante éclaira quelque peu le couloir en repoussant une petite partie des ténèbres. Le long couloir noueux semblait s'étendre à l'infini dans les profondeurs de la terre. Des escaliers taillés grossièrement dans la pierre descendaient dans les ténèbres. Le groupe avançait péniblement. La galerie de roche rétrécissait de plus en plus. Vista en tête ouvrait la marche, suivi de très près par Lola, puis Souris avec la torche, le gamin, Ed et enfin Stan qui fermait la marche en assurant les arrières. Même si les soldats n'avaient pas pu les suivre, il surveillait prudemment.-

- Tu es sûr de ton coup Vista ? On va vraiment déboucher dans la forêt ? S'inquiéta Lola.

- Cette galerie a été creusée il y a des siècles en cas de siège du château. Le seul moyen d'ouvrir le passage est le passe que tu as dans les mains. Le seul à savoir où ce couloir mène exactement, est mon père. Je ne sais pas où il débouche dans la forêt, je ne l'ai jamais pris.

- Donc on aura le champ libre quand on sortira, n'est pas ? Demanda le Gamin.

- Pour l'instant oui, mais ils vont envoyer du monde après nous.

- Ton père serait capable de te vendre aux marines ?

- Après ce qu'on a fait... aucun doute... affirma Lola. Donc si ton père sait où débouche la sortie on devrait se dépêcher avant qu'une armée de soldats nous encercle !

Vista gardait le silence, les yeux concentrés sur leur chemin. Ils devaient garder leur attention sur le chemin. La galerie rétrécissait à vue d'œil. Vista et le rouge devaient marcher la tête baissées pour ne pas heurter les rochers qui dépassaient. Les épaules de l'épéiste et du gros bras frottées contre les parois dorénavant suintante d'eau. Ce n'était pas si mal de ne pas être grande finalement. Des gouttes glacées tombaient du plafond et s'écrasaient sur la tête et dans la nuque des pirates. Les bruits de pas résonnaient dans le noir accompagné des plic-plocs incessant de l'eau. À leur gauche, dans un petit renfoncement de la roche, un début de source se formait. Il grossissait de plus en plus, jusqu'à empiéter totalement sur le chemin. Les pieds dans l'eau glacée, ils continuaient leur route. Le feu de la torche commençait à décliner et plus ils avançaient plus le niveau de l'eau montait. Il arrivait maintenant à mi-cuisse de la jeune femme et en dessus du genou de Vista. Finalement, être petite c'était pas cool du tout ! La horde accéléra la cadence.

Au bout d'un moment, ils arrivèrent dans un espace plus vaste. La pièce s'était enfin agrandie. Le plafond n'était plus discernable, mais vu du bruit et de la vitesse de l'eau qui y tombait, il devait être plutôt haut. Désormais, la flotte arrivait maintenant aux hanches de Lola. Elle frissonnait de froid. Vista s'arrêta soudainement. Tout le monde s'immobilisa.

- Qu'est ce qui se passe ? Chuchota Stan.

Après un long moment, le noble lui répondit d'une voie neutre :

- Le chemin est condamné.

Souris sortit de la formation et s'approcha de l'éboulement. Il releva la torche affaiblie qui éclaira les rocs. De l'eau coulait abondement de l'éblouit. Ed s'approcha à son tour et colla son oreille contre un gros rocher.

- Mieux vaut éviter d'y toucher, j'entends un grand bruit d'eau derrière. Il doit y avoir une source. Si on enlève quelque chose, on risquerait de finir noyé, expliqua-t-il.

- Mais il y a forcément un passage pour sortir, nan ? L'eau se vide bien quelque part ! Dit le gamin, suivant le courant de la petite source. Il est hors de question de faire demi-tour !

- De toute façon on ne pourrait pas. La porte ne s'ouvre que dans un sens, souffla Vista.

- Donc on est coincé ici ?! S'apostropha le petit.

- Il semblerait...

Cela faisait maintenant un bon moment que le petit groupe était coincé dans la pièce inondée. Heureusement que le niveau de l'eau ne montait pas. Lola, le Gamin et Souris étaient assis tous les trois, côte à côte sur un gros rocher qui émergeait de l'eau. La torche agonisante dans les mains du gros bras risquait à tout moment de s'éteindre et de les replonger dans le noir.

Stan et Ed continuaient à écouter les pierres en les tapant avec les pommeaux de leur poignard pour entendre les échos. Vista un peu plus loin cherchait un passage sur les autres murs. Le trio soupira.

Pour passer le temps, Lola lançait des pierres qui retombaient dans l'eau en faisant de gros « ploucs ». Mais elle finit par se lasser et tenta d'engager la conversation avec le pirate assis à côté d'elle. Souris, le porteur du feu se contenta de l'ignorer. Elle souffla d'exaspération.

- Il ne parle pas.

Surprise, Lola se pencha et regarda le Gamin de l'autre côté du gros bras. Il continua :

- Personne ne l'a jamais entendu parlé. Je ne sais même pas s'il en est capable. Tu peux lui poser toutes les questions que tu veux, il ne te répondra pas. Il ne te regardera pas non plus d'ailleurs. Il n'écoute que ceux qu'il estime.

Lola lui jeta un regard noir que le pirate à tête d'ange lui renvoya. Il n'avait pas oublié la mauvaise plaisanterie qu'elle lui avait faite dans les cellules. Il était très rancunier. Stan poussa quelques jurons près des éboulis. Il commençait à perdre patience. Ed vint à son tour près du rocher et s'assit à côté du jeune blond, irrité. Il passa sa main dans ses cheveux en réfléchissant. Le temps continuait de s'écouler.

- Et toi ? Demanda au bout d'un moment Lola au petit pirate qui devait avoir son âge. Pourquoi tu as rejoint l'équipage de Barbe Blanche ?

Le gamin n'avait pas l'air de vouloir répondre au début, mais il finit tout de même par parler.

- J'étais un simple voleur sur une île de South Blue. Père m'a tendu la main et m'a offert une nouvelle vie. Je lui en serais éternellement reconnaissant pour ça. Sans lui je ne serai rien, même si être pirates aux yeux de certains est la pire chose qui soit. Il m'a redonné goût à la vie, grommela-t-il. Et toi ? Pourquoi tu as embarqué sur notre navire ?

Lola hésita. Elle n'avait jamais dit à personne pourquoi elle voyageait clandestinement de vaisseaux en vaisseau.

- La première fois que j'ai embarqué clandestinement j'avais douze ans et c'était dans le Nouveau Monde. Depuis, je voyage continuellement.

- D-douze ans ?!

Elle avait visiblement capté l'attention de tout son public. Ed et le Gamin la regardaient avec des yeux ronds. Même souris le taciturne la fixait désormais intéressé.

- Comment tu as pu rester caché sur un navire à l'âge de douze ans ?! Et pourquoi ?! Et dans le nouveau Monde en plus ! Les pirates et les marines sont hyper balèzes là-bas !

- Ça, je le sais, merci bien ! Tu ne m'apprends rien ! Lola renifla. J'ai finalement quitté le Nouveau Monde et au bout d'un moment je suis tombé sur vous.

- Pourquoi tu ne te poses pas quelque part ? Demanda Ed, le pirate aux cheveux rouges. Tu n'aimes pas naviguer. Ça se voit.

- Ça, c'est personnel, trancha la jeune femme en resserrant contre elle son vieux sac élimé.

Lola fixait la torche. Elle se releva et descendit du rocher, atterrissant dans l'eau froide. Elle lui arrivait pratiquement au nombril et la jeune femme peinait pour atteindre le mur de roche. Elle n'avait pas envie de continuer à parler de ses aventures donc s'éloigner de leur regard incessant lui semblait être la meilleure solution. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait commencé à raconter ça, surtout à des pirates qu'elle n'allait plus jamais revoir. Elle s'approcha à son tour de l'éboulis et tâta la roche. Ils ne pouvaient par rester ici. Il devait forcément il y avoir une sortie ! L'eau arrivait à s'écouler, mais le trou était trop étroit pour que quelqu'un puisse s'y glisser et pour finir noyé, non merci. Mais bon sang! L'air devait forcément venir de quelque part lui aussi !

L'air ?

Elle sortit à nouveau son briquet et claqua l'allumoir. La petite flamme plus lumineuse que jamais se tenait immobile. En retenant son souffle, elle refit les mêmes gestes en se déplaçant le long du passage enseveli sous le regard désabusé des trois pirates toujours assis sur le rocher derrière elle. Soudain, la petite flamme vacilla. Bingo ! Elle referma rapidement le couvercle son allume-feu dans un petit claquement sec. Elle leva la tête à la recherche d'un passage quelconque. La jeune fille grimpa agilement sur les rochers et commença à fouiller. Là ! Elle crut voir une toute petite ouverture. D'un saut très gracieux, elle atterrit dans l'eau en s'aspergeant un peu au passage. En quelques foulées, elle se retrouva à côté des trois pirates. Elle prit soudainement la torche des mains de son propriétaire surpris et la jeta dans l'eau. La flamme mourut sur le coup.

Stan arriva en courant dans des gerbes d'eau et la secoua comme un prunier.

- MAIS ÇA VA PAS ! QU'EST CE QU'IL T'A PRIS DE FAIRE ÇA ! Rugit Stan dans ses oreilles.

Lola se débattait.

- j'ai trouvé la sortie ! Dit-elle en colère.

Seul les pliquetis de l'eau lui répondaient. On pouvait très bien imaginer la surprise des pirates dans le noir. Lola retourna devant le mur. Une fois leurs yeux habitués au noir, en haut, une minuscule et très faible petite source de lumière pouvait être aperçue entre deux rochers. Lola ralluma son briquet et les pirates grimpèrent sous sa faible lueur. Ils commencèrent à enlever les grosses pierres qui bloquaient le passage.

Le chemin était enfin dégagé ! Chacun à leur tour ils s'y glissèrent, mais avec plus de difficultés pour les trois géants. Le couloir continua ensuite sur une vingtaine de mètres et se termina sous un rideau de lierres et de branchages. Une fois dégagés, ils levèrent les bras au ciel. Enfin sortit !

Mais leur bonheur fut de courtes durée. Des cris et des aboiements se firent entendre au loin. Ils se mirent à courir dans la forêt.

Le point de rendez-vous est bien à l'Est n'est ce pas ? Demanda Lola au Gamin à côté d'elle.

Il acquiesça. La petite troupe couraient à l'opposé du soleil qui commencait à virer à l'orange en se couchant. Les arbres défilaient à toute vitesse. Quand des troncs leur barraient la route, ils sautaient par-dessus. Ils avaient perdu trop de temps dans la galerie souterraine. L'herbe crissait sous leurs pieds. Les chiens se rapprochaient.

- Vite ! Dépêchez-vous ! Haleta Stan.

Les ronces entaillaient leurs chevilles. Les branches des arbres fouettaient leur visage. Ils s'essoufflaient. Leur cœur battait la chamade et la sueur coulaient le long de leur dos.

Les aboiements étaient de plus en plus proches. Ils traversèrent un large torrent, avant de replonger dans la forêt.

- Stop ! Les interpella Lola. Il faut faire demi-tour ! On est beaucoup moins rapide que les chiens ! Il faut gagner du temps !

- Mais t'es pas bien ! Rétorqua le Gamin. C'est pour ça qu'il faut courir le plus loin possible et non faire marche arrière !

- On peut les ralentir avec la rivière ! Je connais bien les chasses de ce genre, faites moi confiance ! Supplia Lola.

Les aboiements continuaient. Les cinq hommes hésitaient...

- Allez on y va ! Chuchota-t-elle assez fort pour se faire entendre. Marchez bien dans le même sillon ! On va redescendre la source, ça va perturber l'odorat des chiens !

Les criminels la suivaient. Arrivés au torrent, ils se remirent à courir dans l'eau en redescendant le courant le plus rapidement possible. Heureusement qu'elle n'était pas profonde et qu'ils étaient déjà trempés.


Les chiens galopaient dans la forêt à en perdre l'haleine, les babines retroussées. La meute suivait l'odeur des fuyards avec précision. Les Maîtres-chiens derrière leurs bêtes, les encourageaient de leur voix. Avec une rapidité hors du communs, les gros molosses traversèrent le torrent, avant de retourner à l'intérieur des arbres.

Au bout d'un moment, l'énorme meute ralentit puis s'arrêta. Les chiens, nez au sol tournaient et retournaient. Ils gémissaient, grattaient et tournaient encore. Les chiens s'éloignaient puis revenaient pour repartir en sens inverse, pour au final revenir.

Le régiment de marines les rattrapa et ils s'arrêtèrent à leur tour.

- Où sont-ils ? Demanda un des gradés.

- Les chiens pisteurs ont perdu leurs traces, contre-amiral ! Répondit le chef des Maîtres-chiens.

Les Malinois continuaient de gratter la terre et de glapir en virevoltant la truffe au sol.

- Ils ne se sont pas volatilisés tout de même !

- Ils ont dû suivre la rivière pour perturber les chiens ! Informa le Pisteur.

Obligé à faire demi-tour, les soldats durent se séparer dans la forêt.

La chasse n'était pas finie !


Les chiens semblaient s'être éloignés. Le groupe des hors-la-loi courait depuis un bon moment dans les hautes herbes. Ils avaient quitté le torrent. Les arbres commençaient à être moins nombreux. La forêt s'éclaircissait avant de laisser place à une étendue de sable blanc. L'écume de la mer s'échouait au bord de la plage. À l'horizon l'Intrépide était en vue.

Trottinant au bord de l'eau, les quatre pirates de Barbe Blanche cherchaient des yeux le canot qu'ils avaient pris deux jours auparavant pour gagner l'île. Ils le retrouvèrent dans les buissons un peu plus loin.

Ils retournèrent et tirèrent la barque jusqu'à la mer. Une fois à l'eau, Stan intima à Lola de monter dedans avec un signe de tête silencieux. Elle s'exécuta et fut rejoint par Queen. Les quatre autres beaucoup plus grands qu'eux tirèrent la barque plus profondément dans l'eau salée. Stan grimpa à son tour et s'installa à côté d'elle. Ed les rejoignit, puis Souris et enfin Vista. Ces trois derniers prirent les rames pendant que le garçon à tête d'ange s'occupait de la barre.

Après quelques coups de rames et s'être un bien éloigné de la plage, les marines et les chiens déboulèrent en tirant avec leur fusil. D'un coup Stan se coucha brutalement sur Lola dans le fond de la barque et l'écrasa de tout son poids. Elle allait protester et repousser l'homme quand elle sentit un liquide chaud et poisseux sur sa poitrine. Elle toucha la substance et regarda sa main. Du sang !

Au moment où elle allait ouvrir la bouche, Stan se releva et lui dit :

- Ne t'inquiète pas. Ça ma juste un peu éraflé.

Les centaines de marines à genoux dans le sable, vidaient leurs cartouches sur la malheureuse embarcation. Les six criminels continuèrent de ramer le plus rapidement possible. Les balles sifflaient à leurs oreilles.

Un coup de semonce venant de l'Intrépide en direction de la plage résonna. Les tirs cessèrent. Seul les chiens continuaient d'aboyer. Ils étaient maintenant hors de portée. Le canot continuait d'avancer. Il ralentit ensuite et finit pas s'arrêter aux côtés du grand deux-mât.

Une échelle et deux cordes leur furent lancées. Ed et le Gamin attachèrent des cordes à chaque extrémité de la chaloupe pendant que Stan, Souris, Lola et Vista grimpèrent. La fille eut plus de mal. Ed juste en dessous la poussait gentiment pour l'aider. Au moment où elle arrivait en haut, une main la hissa. L'équipage regardait mutuellement Lola et le nouveau venu. Allant faire promptement son rapport au capitaine, Stan conduisit les deux arrivants devant le Paternel.

Fidèle à lui même, Barbe Blanche était assis sur son fauteuil. Marco se tenait debout à sa droite.

- Tu es blessé fils ? Demanda-t-il inquiet.

- Ce n'est rien Père... Stan baissa la tête en fixant le sol. Malheureusement, notre mission a été un échec. Nous n'avons pas réussi à ramener l'accord de Moore. Je vous prie de me pardonner, Père. Si une punition doit avoir lieu, j'en prendrai seul l'entière responsabilité.

Lola se sentait gênée et anxieuse. Elle ne pouvait pas s'empêchait passer d'un pied à l'autre en suivant l'échange. Edward Newgate regardait son fils et dit dans un soupir :

- Je me doutais que cette mission ne serait pas aisée. Je suis heureux de vous revoir en vie.

Stan, le Gamin, Ed et Souris gardaient la tête baissée, silencieux. La centaine d'hommes de l'équipage regardaient l'échange. Un silence pesant régnait sur le pont. Le regard du grand pirate se posa sur Vista.

- Que nous ramenez-vous là ? Demanda le Capitaine de sa voix gutturale.

Vista s'avança devant le fauteuil, s'agenouilla en retirant son couvre-chef. Les deux épées de l'épéiste raclèrent le bois du pont dans un bruit métallique.

- Je suis Vista, Monsieur. Je viens de cette île et je souhaiterai rejoindre votre équipage.

- Vu tes armes, je suppose que tu sais te battre ?

- Oui monsieur.

Barbe Blanc étudia rapidement le jeune homme. Un sourire se forma sous sa grande moustache blanche.

- Bienvenue dans l'équipage, Vista !

Des sifflements et des félicitations résonnèrent chez les spectateurs. Le capitaine les calma en levant doucement la main puis la reposa. Son regard dévia sur la jeune fille mal-alaise.

- Et toi ?...