Salut à tous !
Voici le nouveau chapitre de Boniface (à titre provisoire... mais comme vous le savez, dès que c'est provisoire ça dure !...). Bien tout d'abord...

Réponses (remerciements) aux reviews :

Rustal D Amandine : hé hé ! Je suis trop diabolique ! Mais voyons il ne faut pas être sociopathe comme ça ! En tout cas Vista est un gentleman né alors pas de soucis à se faire avec lui !

Minimiste : Merci pour ton encouragement ! Et j'espère que la suite va te plaire !

Je remercie Amandine encore une fois ! Elle s'est gentiment sacrifiée proposée de partir en croisade avec moi, contre ces abominations que sont ces fautes d'orthographe... Veuillez acclamer haut et fort cette très chère Ama ! Ma SUPER Bêta ! (se prosterne...)

Et pour finir, même si tu n'es qu'un tout petit chiffre sur mon diagramme de popularité... Je voudrais te remercier TOI ! Oui tu as bien compris TOI mon cher lecteur ! Pas le gars ou la meuf de derrière ni celui ou celle à côté de toi, mais TOI ! Je voudrais te dire que... je t'aime. Je trouvais que c'était important... JE T'AIME GROS COMME UNE VACHE ! COMME UN ELEPHANT ! COMME UN 6 TONNES !... JE T'AIIIIIIME !


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 6 : « Passage en force »

Le regard du grand pirate se posa sur Vista.

- Que nous ramenez-vous là ? Demanda le Capitaine de sa voix gutturale.

Vista s'avança devant le fauteuil, s'agenouilla en retirant son couvre-chef. Les deux épées de l'épéiste raclèrent le bois du pont dans un bruit métallique.

- Je suis Vista, Monsieur. Je viens de cette île et je souhaiterai rejoindre votre équipage.

- Vu tes armes, je suppose que tu sais te battre ?

- Oui monsieur.

Barbe Blanc étudia rapidement le jeune homme. Un sourire se forma sous sa grande moustache blanche.

- Bienvenue dans l'équipage, Vista !

Des sifflements et des félicitations résonnèrent chez les spectateurs. Le capitaine les calma en levant doucement la main puis la reposa. Son regard dévia sur la jeune fille mal-alaise.

- Et toi ?...


Barbe Blanche fixait intensément Lola avec ses yeux ambrés. Au moment où elle allait parler, elle fut coupée par Stan qui s'avança de nouveau :

- Père ! Si je peux me permettre... Je vous demanderai de bien vouloir reconsidérer votre offre en ce qui la concerne. Elle a été très utile. Sans elle et sans Vista, jamais nous aurions pu nous en sortir vivant. Malgré tous les problèmes qu'elle a causé depuis qu'elle est à bord, elle a quelques compétences qui pourraient nous servir.

Lola était surprise et émue. Il avait pris sa défense malgré son aversion pour elle. Peut-être qu'il ne la détestait pas tant que ça ? Elle sentit son visage rougir et remercia à voix basse l'homme qui la soutenait.

Barbe Blanche poussa un énorme soupir en se calant plus profondément dans son siège. Il réfléchissait. Son regard vacillait entre la fille et son fils. L'équipage attendait la réponse du capitaine. Au moment où il allait faire part de sa décision, Lola s'avança vers lui avec une démarche un peu mécanique. Elle se posa devant le fauteuil, fière comme un petit coq et le regard défiant. Elle s'exprima avec hargne :

- On avait un contrat ! Disons plutôt que vous m'avez proposé un deal !

Sous les yeux dubitatifs de l'équipage et méfiants du capitaine, elle plongea sa main dans son soutien-gorge et en ressortit une feuille qu'elle déplia. Elle la brandit haut et fier, comme la médaille d'or du vainqueur d'un long marathon.

Vista pouffa discrètement. Trois signatures étaient présentes en bas du document. Les quatre hommes de l'équipage qui l'avaient raccompagnée la regardaient les yeux exorbités. C'était impossible ! L'accord s'était envolé sous leurs yeux ! Elle n'avait pas pu le récupérer !

- Fière de son petit effet, Lola brandissait son trésor encore plus haut.

- C'est... c'est le vrai ? Hésita le Gamin.

- Bien sûr ! Rétorqua la jeune fille outrée mais fière. C'est un duplicata, mais c'est la même chose.

Elle avait un sourire jusqu'aux oreilles. Marco allait s'avancer pour prendre la feuille, mais d'un mouvement brusque elle la ramena vers elle.

- Tut tut tut... Reste à distance toi avec ta tête de piaf.

Marco s'arrêta. Lola sortit un autre petit objet de son bustier. Il était rectangulaire, pas très gros et brillant. Avec un sourire fourbe, elle le plaça sous le document. Non... Stan écarquilla des yeux horrifiés. NON ! Elle n'allait pas faire ça ! L'imbécile !

- Biiiien ! Maintenant c'est moi qui dicte les règles ! Et j'ai un otage ! Cria-t-elle pour que tout le monde l'entende et elle secoua le morceau de papier.

Barbe Blanche la regardait en fronçant les sourcils. Elle actionna le briquet sous la feuille. Tout l'équipage fit un bon en avant puis se mit à protester violemment.

- Au moindre geste je n'hésiterai pas ! continua-t-elle en défiant des yeux les pirates présents puis les ancrant dans ceux du phénix à quelques mètres d'elle.

Elle rapprocha le papier de la flamme. La guerre était ouverte...

- Voilà mes revendications. Tout d'abord, vous devez me promettre que peu importe ce qu'il se passera à l'avenir, je serai la SEULE à décider de QUAND je quitterai définitivement CE navire ! Deuxièmement, je veux toucher moi aussi et c'est bien normal, une part égale à celle de l'équipage sur la distribution des trésors en fin de mois. Sinon c'est de l'esclavagisme pur et dur et vu l'état du bateau je suis plus que raisonnable !Et pour finir... Je veux la cabine du capitaine !

Les hors-la-loi la regardèrent scandalisés. Toujours les sourcils froncés, Barbe Blanche serra les accoudoirs de son vieux fauteuil de ses larges mains. Le phénix la lorgnait d'un air pas très amical.

- Comment peux-tu…

- GURARARARARARARA ! Très bien, c'est d'accord moucheron ! Je t'accorde tes deux premières demandes, mais pas la dernière. Je garde ma chambre !

Réfléchissant rapidement, elle referma son briquet.

- C'est une promesse ?

Le grand pirate acquiesça. Lola tendit la main droite en direction du grand pirate. Amusé, Newgate se pencha et la serra doucement avec deux de ses doigts. Fière d'elle, Lola donna la feuille au second qui la lui prit sèchement des mains. Comment pouvait-elle s'adresser à Père de la sorte ? Elle était totalement irrespectueuse !

Les yeux de la jeune fille parlaient d'eux-mêmes : et toc le poulet, je t'ai rabattu le caquet ! Marco lui répondit silencieusement avec un regard de killer, avant de s'éloigner et d'étudier l'accord d'un peu plus près.


- On est vraiment obligé de faire ça ? Demanda Lola, la voix tremblotante.

- Oui c'est la règle, répondit doucement la femme intransigeante devant elle.

- Mais je ne fais pas officiellement partie de l'équipage ! Et en plus je ne me bats pas.

- Tu aurais peur des médecins Lola ? La questionna Vista amusé.

- Mais pas du tout !

Elle ne persuada pas grand monde. Les deux nouveaux arrivants suivaient dans les couloirs du vaisseau une grande femme avec une haute queue de cheval brune répondant au nom de Héléna. La femme en rose et d'une petite quarantaine d'années les avaient interpellés après l'échange sur le pont et les avait fortement intimée de la suivre. D'après elle, tout nouveau venu devait passer obligatoirement le check-up de bienvenue à l'infirmerie. Lola était persuadée qu'elle venait d'inventer cette règle. Elle était déjà restée plus de dix jours sur l'Intrépide et personne ne l'avait forcée à passer sur la table d'auscultation. Semblant lire dans ses pensées l'infirmière en chef lui dit :

- Normalement tu aurais dû nous voir dès que Père t'avait accepté la première fois.

La femme aux longs cheveux bruns ouvrit la porte au fond du couloir. Quatre filles étaient en train de préparer des lits d'hôpitaux et de ranger les armoires à médicaments. Héléna les énuméra une par une en souriant :

- Voici les infirmières du bateau : Rody, Marie-Charlotte, Fanfan et enfin notre apprenti Osis. Je suis l'infirmière en chef de l'équipage. Au moindre problème n'hésitez pas à venir nous voir. Nous sommes là pour ça.

Elle avait une voix très douce qui mettait vraiment en confiance. Lola détaillait chacune des filles. Elles portaient toutes le même uniforme (si on peut appeler ça comme ça...), composé d'un décolleté rose pétant très moulant qui s'arrêtait en haut de leurs jambes, d'une coiffe de la même couleur et de très hautes cuissardes léopard à talon aiguille. Comment elles faisaient les jours de tempête où le plancher n'était pas stable ? Et qui avait décidé d'imposer ce genre d'uniforme ?!

Lola imaginait très bien le capitaine lorgner du coin de l'œil les nénettes en rose pétant tout en sirotant son eau de vie. Elle soupira en dodelinant de la tête. Elle jeta un coup d'oeil à Vista qui essayait de ne pas fixer les filles en mini-jupe. Par respect évidemment ! Mais la teinte rose qui colorait ses joues ne disparaissait pas. Pfff ! Les hommes ! Tous les mêmes !

Fanfan, s'acharnait à faire et à refaire les lits parfaitement. Elle veillait à ce qu'aucun plis ne viennent entacher son travail impeccable. Ses très longs cheveux violets se balançaient au même rythme que ses gestes.

La deuxième un peu rondelette sur les bords était Marie-Charlotte. Elle tenait dans ses mains un grand bac de rouleaux de bandes de plâtre. Elle leur fit un magnifique sourire.

Perchée en haut de l'escabeau, la tête dans la réserve, la petite apprentie Osis, mettait de l'ordre dans les placards. Très timide, elle jetait de petits regards très discrets par-dessus son épaule, sous sa frange.

Et la dernière... Appuyée sur un mur à l'écart des autres, elle les ignorait totalement. Elle portait comme surnom Rody. Ses cheveux raides, noir corbeau, tombaient en cascade sur ses épaules. Sa tenue vive contrastait énormément avec son humeur renfermé et plutôt maussade.

Héléna fit s'asseoir les deux nouveaux face à face sur deux lits différents.

- Marie-Charlotte et Rody vont s'occuper de vous.

Les deux appelées s'approchèrent avec plus ou moins d'enthousiasme. Elles commencèrent leurs auscultations.

- Stan ! Appela Lola.

Le nommé venait de rentrer dans l'infirmerie. Il se tourna vers elle et lui fit un petit salut discret de sa tête. Il s'assit sur un lit un peu plus loin.

- Je voudrais te remercier pour ce que tu as fait... Si tu ne m'avais pas protégée... je serais sûrement morte... Et sur le pont aussi... merci d'avoir pris ma défense !

Stan resta silencieux en la dévisageant un petit moment. Les cheveux bruns de la jeune fille lui arrivaient légèrement au-dessus des épaules et cachaient son regard déviant. Elle était gênée. Ses mains n'arrêtaient pas de s'entortiller. Lola releva la tête et riva ses yeux couleur marais dans ceux du pirate.

- J'avais une dette en quelque sorte, répondit-il après un petit moment. Et pour Père, j'ai cru que tu allais tout gâcher. Pourquoi tu as fait ça ? Il allait t'accepter.

- Au cas où, dit-elle en fixant le sol. J'ai bien vu que Marco ne m'appréciait pas. Je ne veux pas qu'il essaie de se débarrasser de moi. Je sais que le capitaine est un homme de parole, en cas de problème je suis maintenant sûre que plus rien ne pourra me faire partir du navire !

L'infirmerie était silencieuse, tout le monde suivait la conversation avec attention.

- Mais comment as-tu fait pour retrouver le document ? Il s'était envolé non ?

Lola se mit à rire doucement.

- Ça, c'est grâce à Vista ! Avant que vous rentriez dans le bureau, il avait vu le signe des dragons célestes sur un coin du recueil qui contenait la feuille. Et les nobles mondiaux veulent toujours être au courant de tout et posséder ce qui va avec. Comme un Dragon Céleste avait lui aussi signé le papier, il en a déduit qu'ils devaient forcément il y avoir une copie quelque part. Heureusement qu'il y avait une tenryuubito dans le coin et comme par hasard c'était sa famille qui avait signé ! Si tu avais vu sa tête ! Elle n'a rien compris de ce qu'il se passait ! Ricana-t-elle.


Vista observait les quatre hommes, plongé dans ses pensées. Sans un bruit il fit demi-tour et sortit de la pièce, Lola sur les talons.

- Si tu changes d'avis tu sais où nous trouver, cria Stan.

La porte claqua. La prison plongea à nouveau dans un silence profond. Les pirates étaient toujours debout, immobiles dans l'ombre. Ils attendaient.

- Bon... Et maintenant ? Demanda le Gamin.

Le silence lui répondit. Une longue minute passa. Rien...

...

Les marines assommés traînaient toujours au sol. Vista et Lola grimpèrent les marches deux par deux laissant seulement leurs pas résonner dans le couloir. Ils continuèrent encore et encore de monter et finirent par quitter les cachots sombres et sinistres.

De retour dans l'espace clair et exagérément décoré, Vista se déplaça un longeant les murs. Dans un angle, il s'arrêta et vérifia le coude du couloir, en attrapant Lola qui ne s'était pas arrêtée et la ramenant derrière lui. La zone était dégagée, il tourna à droite avant de prendre un nouvel escalier un peu moins large que celui de l'entrée. Il ouvrit la cinquième porte sur la gauche et Lola s'y glissa. Après être entré à son tour, le noble referma la porte et la verrouilla.

La pièce était une immense chambre au moins cinq fois plus grande que celles des invités. Au centre de la pièce une table basse était entourée de fauteuils et d'un canapé bleu. Un très grand lit baldaquin était appuyé contre le mur du fond et à côté se trouvait une penderie aux mesures astronomiques.

- C'est ta chambre ? Demanda Lola.

L'épéiste acquiesça. La fille commença à fureter. Une grande salle de bain était accolée au mur de droite et une immense baignoire décorée de mosaïque de la taille d'une mini piscine s'étendait sur toute la longueur. Sur le mur opposé, une double porte fenêtre fermée, cachée par d'épais rideaux indigo, conduisait sur un grand balcon qui continuait sur toute la largeur de la chambre.

Lola ouvrit la penderie à droite du grand lit et commença à l'inspecter. Une multitude de chemises, de costumes riches et de capes élégantes étaient repassés et pendues sur des cintres. Juste au-dessus, une bonne quantité de chapeau était entreposée. Lola sur la pointe des pieds en prit un avant de le mettre... largement trop grand... il lui tombait sur les yeux. Elle le remit à sa place et elle continua son furetage à la recherche de choses plus intéressantes.

Vista lui fouillait dans une grande malle derrière la porte. Il en ressortit deux épées plus longues et plus épaisses que celles qu'il portait à la ceinture. Elles étaient mieux que les armes décoratives du bureau. Les deux grandes lames étaient plus aiguisées et mieux adaptées à son style de combat.

Il referma le coffre et regarda la fille. Lola se retourna au même moment, les mains remplies de choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence dans son placard. Où avait-elle dénichée cette paire d'escarpins ?!

- Je peux prendre tout ça ?

- Fais ce que tu veux.

Accompagnée d'un « Yes » plein de volonté, elle replongea, tête la première dans les affaires personnelles de Vista. Le Noble poussa un long soupir. Lola essayait de faire désespérément rentrer dans son vieux sac la paire de chaussures quand des bruits à la porte les firent sursauter.

- Sir Viscentzo, ouvrez la porte !

On tambourinait. La marine cherchait la fille. Courant vivement vers elle, Vista la poussa dans la penderie.

- Non, attends! C'est le premier endroit qu'ils vont vérif-

Les portes de l'armoire se refermèrent alors que celle de l'entrée s'ouvrit à la volée. Une vingtaine de soldats débarquèrent fusils chargés. Ils s'éparpillèrent dans la pièce vérifiant chaque recoin.

- Que me voulez-vous ? Demanda Vista à la fois tendu et impatient.

Le plus haut gradé lui répondit sans politesse avec un sous-entendu :

- Un prisonnier s'est évadé. Il a dû recevoir de l'aide extérieur. Quelqu'un qui maîtrise l'escrime. Nous avons pour ordre de retourner toutes les pièces, il en est de la sécurité de la tenryuubito Sainte Marie-Jeanne Sophie-Victoire. Nous ne pouvons pas laisser courir un criminel dans le château.

- Vous me soupçonnez ?

- Aucunement, vous sentez ciblé pour une raison ? Rétorqua l'officier cauteleux. Nous devons seulement nous assurer de la sécurité de votre futur compagne...

Les deux hommes se tenaient face à face se défiant mutuellement. Un des soldats s'approcha de la penderie. Vista se glissa rapidement sur son chemin.

Les marines braquèrent leurs armes sur le noble. Un froid pesant se fit sentir dans la pièce.

- Écartez-vous Sir, demanda un soldat.

- Vous avez quelque chose à cacher ? Si vous ne collaborez pas, nous serons contraint d'utiliser la force ! Prévint le colonel.

Vista ne bougeait plus. Deux marines le contournaient et ouvrèrent violemment les deux portes de l'armoire, armes pointées vers l'intérieur.

Vista dos à la penderie ferma les yeux. Il réfléchit rapidement à ses prochains mouvements. Ses lames n'étaient pas trop loin, il pourrait s'en saisir rapidement pour se débarrasser des gêneurs, mais cela reviendrait à se vendre lui-même et Lola serait sans défense ! Si des corps de marines étaient découverts dans sa chambre, il n'était pas sûr de pouvoir expliquer le pourquoi, mais il n'avait pas le choix. Le Noble tendit ses muscles et se prépara à passer à l'action.

Doucement les marines refermèrent doucement les portes en dévisageant l'épéiste très raide. Ils se dirigèrent vers la sortie un sourire aux coins des lèvres. Le colonel se retourna en s'inclinant et s'excusa très gêné :

- Nous sommes désolés d'avoir dérangé votre dernière nuit de célibataire... Nous vous souhaitons une... une bonne... très bonne soirée...

La porte se referma doucement et les bruits de pas s'éloignèrent de l'entrée. Vista restait devant le placard perturbé. Que c'était-il passé ? Pourquoi sont-ils partis ? Intrigué, il ouvrit à son tour les portes de la penderie...

MAIS QUE... !

Dans le meuble une jeune fille entièrement nue était assise sur ses capes posées au sol et lui tournait le dos. Elle jeta un coup d'œil par-dessus ses épaules à la recherche des soldats. Ils étaient partis.

- C'est bon ? Tu as fini de te rincer l'œil ? Demanda la jeune femme sarcastique.

Le visage complètement rouge, le duelliste s'empressa de se retourner.Mon dieu... Il espérait que les imbéciles de marines n'allaient pas raconter tout ça sur les toits. Si ça tombait dans certaines oreilles, il était mort...

En quelques bruissements de tissu, Lola se rhabilla en laissant la robe jaune traîner dans un coin. Elle n'était pas très pratique, heureusement qu'elle avait gardé ses vêtements à elle sous sa robe. D'un petit bond très agile, elle sortit de la penderie en passant rapidement à côté de Vista qui n'osait pas la regarder avant de se jeter brutalement sur le lit. Elle se roula et se frotta dessus comme un chat puis étendit ses bras en imitant une étoile de mer sur la couverture en satin. Elle n'avait jamais été sur un lit aussi confortable ! Les yeux concentrés sur les voilages, elle réfléchissait.

Vista se coucha à son tour au-dessus des couvertures à côté d'elle. Tous les deux fixaient le plafond, plongés dans leurs pensées.

- Comment on va faire ?

Il méditait lui aussi sur la question.

Tu ferais mieux de me laisser me débrouiller. Tu vas t'attirer des ennuis. En plus tu dois te marier... Demain c'est ça ? Si tu continues de m'aider, tu risquerais de tout perdre, soupira Lola.

Le Noble resta silencieux en regardant le plafond, les bras croisés. Demain il deviendrait un tenryuubito. Pour le marché de son père ce serait un atout considérable. Déjà que les principaux acheteurs étaient les hauts nobles mondiaux, en avoir un dans la famille lui permettrai d'étendre encore plus son influence. Pour de l'argent et pour le pouvoir, son géniteur serait capable de se vendre lui-même.

C'était lui qui lui avait tout organisé : la première rencontre avec les tenryuubitos, le mariage, les cérémonies...

Son chemin était tout tracé, de sa naissance à sa mort. S'il continuait et suivait cette voie, Vista était persuadé de vivre riche, sans difficulté et sans aucun problème. Il serait projeté au sommet du monde sans rien avoir accomplis hormis un « oui » qui sonne plus que faux.

Le Noble tourna la tête vers la jeune fille. Elle s'était endormie. Ce qu'il avait vu dans le bureau de son père lui revint à l'esprit. Un commerce d'esclaves... Cet homme était vraiment prêt à tout pour arriver à son but. Vendre d'autres hommes... et il y avait la signature du Gouvernement Mondial... Ceux qui se disaient Protecteurs et Justiciers... Ils avaient de blanc que l'uniforme. Un monde plus que corrompu. Quand on y réfléchissait, les pirates à côté pourraient presque pour des messies… Presque... Pour eux la liberté était tout ce qui comptait.

La liberté...

...

- Rév...-toi !

La jeune fille se retourna sur le lit, la tête dans la couverture. Elle fut secouée par une force très obstinée.

- Aller ! Debout ! Je sais comment récupérer la feuille du contrat !

Mal-réveillée, elle loucha sur le noble. Ils n'étaient pas ensemble lorsqu'il s'était envolé ? Le chercher dans toute la ville était impossible. La feuille était perdue.

Comprenant la fille, le noble lui expliqua son plan : Ils devaient récupérer le double dans la chambre de sa future femme.

Vista se précipita vers son armoire. Il récupéra un de ses sacs à dos de luxe et fourra quelques vêtements à l'intérieur. Lola le regardait avec des yeux ronds, il avait perdu la tête.

- Il y a un double ? Tu es sur ? Dans la chambre de ta femme ?!

Vista s'immobilisa. Il ne pouvait pas s'empêcher de retrousser une lèvre de dégoût en s'imaginant avec 'sa femme'.

- Tu te rends compte que c'est la pièce la plus protégée du château ? Demanda Lola. Sur le chemin il doit y avoir... j'sais pas combien de gardes ! Et pour fuir le palais après, comment on va faire ? Parce que vu le coup foireux qu'on va tenter, ils ne nous laisseront pas partir gentiment !

- Pourtant, nous n'avons pas le choix. Pour sortir je sais comment faire. Le plus dur sera de rejoindre le passage.

- Et ton mariage ?

- Il est hors de question que j'épouse cette femme ! Je ne l'ai jamais voulu ! Je préfère mourir en m'enfuyant que de m'enchaîner à vie avec elle !

Lola pouffa.

- Tu imagines la tronche de tes enfants ! Très bien, coupa Lola en voyant le visage horrifié de Vista et on le vole quand ?

- Avant le mariage évidemment. Tu te débrouilleras pour attirer l'attention pendant que prendrai la feuille dans la chambre. Je passerai plus inaperçu que toi, il continua sous l'œil septique de la fille. C'est moi le marié n'oublie pas.

Il était quatorze heures trente. Lola était seule, cachée derrière une grosse plante. Le mariage commencera dans moins de deux heures. Elle suivait des yeux les rondes des gardes dans le couloir. Le signal ne venait toujours pas ! C'était une très fausse bonne idée ! Comment elle avait pu accepter le plan de Vista ?!

À quatre-pattes, les yeux fermés, elle avançait furtivement derrière les décorations du couloir. Pourvu qu'elle ne se fasse pas prendre ! Pitié ! Pitié ! Pitié !

- Hey ! vous là-bas !

HIRK... Cuite... Archi cuite !... Elle ne bougeait plus, les mains sur sa tête et le front posé au sol. Son cœur battait la chamade. Elle risqua un coup d'œil en biais. Mais personne ne vint l'arrêter. Un groupe de servantes s'était attroupées autour de quelques gardes et elles s'étaient mises à glousser.

- Salut mes mignons ! Susurra l'une d'elles.

- Mmmh... J'adore les mâles en uniformes... J'ai envie de les croquer !

- Doucement mesdames... Nous... Nous sommes en services ! Balbutièrent les soldats acculés.

Les autres marines de surveillance se précipitèrent au secours leurs camarades qui résistaient à l'invasion féminines. À bout de bras, ils essayèrent de les repousser.

Profitant rapidement de la diversion des jeunes femmes aguicheuses, Lola se releva en vitesse avant de se jeter corps et âme dans l'entrebâillement de la porte.

- Eh bien Vista, j'attends ton signal depuis un mom...

Là... Juste devant ses yeux... Une créature informe tenait fermement Vista à moitié étouffé dans ses bras et lui roulait le patin du siècle. Dans un sursaut, l'hominidé femelle la remarqua et desserra sa prise. L'épéiste en profita pour s'en échapper. Il vacilla un petit instant avant de s'essuyer la bouche, dégoûté.

- Toi ! La roturière ! Que viens-tu faire dans mes appartements ?! Retourne dans ta souillarde ! Dit-elle un cri strident très agressif.

Lola en resta sans voix. Depuis quand les rats-humanoïdes existent, parlent et portent une robe de mariée ?! N'obtenant aucune réponse, la créature se retourna vers le noble et lui dit d'un ton sec et sans appel :

- Sir Viscentzo, mon époux, mettez cette gaupe à l'extérieur ! Qu'elle ne vienne pas maculer ma parfaite robe avec ses mains de vulgaire camérière !

Époux ? Lola se tourna vers Vista. Lola se mit à rire comme un bossu. Non ! C'est une blague !? Vista paraissait de plus en plus gêné.

- Comment oses-tu roturière ?!

Elle inspira profondément sûrement pour appeler la garde, mais Vista se jeta sur elle, lui mettant la main sur la bouche. Ils tombèrent tous les deux sur le tapis.

- Ne commence pas à chercher surtout ! Gronda Vista.

Essayant de reprendre son sérieux, Lola se précipita sur un caisson métallique sous le bureau. Heureusement qu'il n'y avait pratiquement rien à l'intérieur. Lola saisit une pile de document qu'elle tria rapidement sur la volée en jetant quelques coups d'œil au farouche duel derrière elle. Vista tentait tant bien que mal, de maintenir la furie qui se débattait au sol dans une folle tornade de jupons.

- Là ! Je l'ai !

La mariée donna un violent coup de coude au poids qui l'écrasait. Elle réussit à se dégager à moitié.

- À MOI ! LA GARDE !

La porte s'ouvrit à la volée. Une quantité de marines entrèrent en criant bruyamment dans la pièce. Vista s'était relevé et se tenait au centre de la salle, Lola se faufila derrière lui.

- Posez vos armes Sir ! Exigea un soldat capé.

Plus personne dans la pièce ne bougeait. D'autres marines arrivèrent, pointant eux aussi leurs fusils sur le duo. Un grand homme à la chevelure et la moustache très épaisses et grisonnantes passa entre les gardes en les bousculant allègrement. Il portait un costume noir et ses épaules et sa carrure rappelait celle de Vista. Il se positionna face au duo de voleurs. Ses sourcils étaient très broussailleux et très froncés. Il les dévisageait durement de ses petits yeux noirs.

- Viscentzo ! Qu'est-ce que cela signifie ?!

Il continuait de les lorgner d'un air accusateur. Il remarqua la feuille dans les mains de la fille qui était cachée derrière Vista. Le regard haineux, il se tourna d'un coup et dégaina le sabre d'un marine à côté de lui. Il s'élança vers la jeune fille. Lame en l'air, il allait la trancher quand Vista s'interposa, parant le coup fatal. Il repoussa l'homme lui administrant un coup de pommeau. Il chancela. Profitant de la faille, Vista souleva Lola par la taille et courut vers le balcon. L'avant-bras protégeant ses yeux, il passa à travers le vitrail de la chambre. La vitre colorée explosa.

D'un bond, il atterrit sur la balustrade en pierre puis se projeta dans le vide. HAAAaaaaa ! Lola criait à n'en plus pouvoir. L'épéiste se rattrapa en glissant sur un toit d'une tourelle voisine.

- SALE PETIT ENFOIRÉ ! Hurla l'homme grisonnant. Tirez ! TIREZ !

Une pluie de balles accompagnait des deux fuyards. Courant sur le toit d'ardoise bleue, Vista déviait les projectiles en portant la jeune fille.

Hors de portée, il la reposa. Lola plia rapidement le document avant de le ranger au côté de son briquet en argent, en sécurité dans son soutien-gorge. Le Noble détourna les yeux.

- Bon sang ! C'était chaud ! C'était qui le vieil homme super rageux ?

- Mon père.

Lola le regardait sceptique. Vivre avec lui ne devait pas être très amusant. Comprenant ses pensées il s'empressa de répondre :

- Et encore tu n'as pas vu ma mère... Bon, il faut se dépêcher. Nous devons libérer les quatre pirates et regagner le passage souterrain, suis-moi.

Il réajusta son sac à dos et le duo longea la panne du toit. Ils arrivèrent à une fenêtre. Vista aida la jeune femme à grimper avant de s'y introduire à son tour. Leur course reprit. Dévalant des escaliers en colimaçon puis traversant les couloirs, ils se pressèrent à regagner les cellules. Descendant les derniers escaliers, Vista sortit ses lames et trancha la porte de la prison.

Il passa devant les prisonniers abasourdit. La clef en main, Lola leur ouvrit la cage. Attirant leur regard ahurit, elle les hâta :

- Quoi ! Mais ne restez pas là sans rien faire !


Stan et les infirmières avaient suivi avec attention toute l'histoire. Stan se mit à ricaner.

- Vous avez volé un tenryuubito ?

- Ouai ! Se vanta Lola.

- Vous allez vous retrouver avec une bonne prime, sourit-il en voyant le visage de la vantarde se décomposer. Mais Vista, tu étais tombé du balcon non ? Il y avait de nombreux étages. Comment tu as fait pour revenir sauf ?

En ignorant les plaintes de la fille, il lui répondit :

- J'ai atterri sur le balcon du dessous. Et pour les primes, tu ne devrais pas t'en faire pour ça Lola. Ils sont beaucoup trop fiers pour annoncer publiquement qu'un dragon céleste s'est fait cambrioler dans leur château et que la garde a été facilement maîtrisée. Elle ne devrait pas être trop élevée.

Lola n'était toujours pas rassurée. Marie-Charlotte continuait son auscultation, lui faisant ouvrir la bouche. Après quelques manipulations, l'infirmière lui mit un garrot et farfouilla dans sa trousse. Elle ressortit une seringue. Lola déglutit.

- On... on n'avait pas dit de... de prise de sang.

La femme en rose la regarda surprise.

- C'est pour déterminer ton groupe sanguin. Après je vais remplir cette fiche avec toutes les informations essentielles, comme ça si un jour tu as besoin d'une transfusion, on gagnera beaucoup de temps, expliqua-t-elle en montrant son calepin avec un grand sourire. Il faudra que vous fassiez un don de sang pratiquement tous les deux mois pour garder les stocks à jour. C'est utile d'avoir pas mal de monde dans l'équipage.

Quand elle s'approcha avec l'aiguille, Lola se recula. L'infirmière s'approcha de nouveau, mais elle se déroba encore.

- Bon écoute ! Là, ça ne va pas être possible. Si tu bouges, ce sera beaucoup plus long et je risque de piquer à côté !

Elle siffla les autres infirmières. En groupe et aidées par Stan qui ricanait dans sa barbe, ils l'encerclèrent et l'immobilisèrent sur le lit. Lola se débattait.

- Tenez-la bien !

Marie-Charlotte la piqua. Une longue et puissante lamentation se fit entendre sur tout Grand Line.


BonuX :

Un jeune homme caché dans son grand manteau vert. Malgré la chaleur, il sirotait tranquillement son café. Il était assis sur une table extérieure d'un restaurant. Il lisait paresseusement le « Grands News », le journal officiel de Grand Line. En face de lui, une autre personne se tenait là, avachit sur la petite table ronde. Il la tapotait avec les doigts de sa main libre. Contrairement à son voisin d'en face, il était disproportionné. Emmitouflé dans son anorak clair, sa tête prenait des proportions énormes. Ennuyé par son compagnon, il soupira.

- Dis-moi Dragon-boy, qu'est-ce qu'on attend ici exactement ? Je sais que ton but est de mettre des bâtons dans les roues du Gouvernement et de ton père, mais ce n'est pas en attendant les bras croisés que l'on va trouver quelque chose !

Exaspéré, il continua :

- Ça ne va pas tomber du ciel quand même ! … ah... il fait trop chaud... Le soleil me brûle... je me sens si mal... je crois que je vais défaillir...

Au même moment un papier légèrement jaunis virevoltait doucement dans la rue et se colla sur son visage recouvert de maquillage. Rageur, il le récupéra vivement en râlant. L'homme en vert s'obstinait à l'ignorer. Il se concentra sur sa trouvaille avant d'écarquiller les yeux. Sa mâchoire cogna pratiquement la table. Il resta ainsi quelques instants, attirant son compagnon par son silence. Ne voyant pas son partenaire lui montrer sa découverte, il la lui prit des mains. Toujours pétrifié, le dépouillé ne réagissait pas. Dragon regarda à son tour le document. Un sourire sinistre s'étira sur ses lèvres.

- Ivankov, je sais ce que nous allons faire, dit-il d'une voix calme. Je vais créer un mouvement de rébellion. Je vais créer la plus grande organisation secrète de tous les temps ! Je me battrais contre le Gouvernement Mondial et contre leurs idéaux. Je vais créer L'armée Révolutionnaire !

D'un mouvement de cape plus que stylé, il s'éloigna dans la rue.

- Allons-y !

- Mais où ça Dragon-boy ?

Il s'arrêta et se retourna vers son compagnon. Une rafale de vent balaya la ruelle.

- Là où le vent nous mènera... répondit-il mystérieusement et très sérieusement.

- En fait, tu n'en sais rien... soupira Ivankov.

L'homme en vert acquiesça doucement en regardant l'horizon sans perdre son air énigmatique.

- Alors c'est parti ! YEEHAAA !


Un encore un petit truc, pour le passage de Lola dans l'armoire je me suis inspirée de Bridal Mask, un drama coréen super bien. Je vous le conseille !
Encore merci et à la prochaine !