Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre de Boniface.
Je vous remercie encore de lire cette fanfic et vous encourage à laisser un commentaire ! C'est toujours intéressant d'être critiquée ! (pouce en l'air... NICE !)

Je n'ai pas grand chose à dire à part que je n'abandonnerai pas ! Je continuerai écrire même si les publications seront dorénavant beaucoup plus espacée. Je m'excuse mille fois...

réponses au reviews :

Rustal D Amandine : encore merci de me suivre et de me donner quelques p'tits coups de pouces ! Tes idées m'inspirent ! Et pour l'avis de recherche il faudra attendre encore un peu ;)

Minimiste : merci de ne pas m'en vouloir ! Snif... Malheureusement je suis une personne affreusement lente et qui fait tout à la dernière minute. Je vais essayer de publier le plus rapidement possible la suite, mais je ne sais pas encore quand, malheureusement... Merci pour tes encouragements ! Cela me fait très plaisir !

Voici sans plus tarder la suite ! Bonne lecture !


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 8 : « Une chance très rancunière»

Après le long et assommant monologue de l'oiseau chanteur, Lola descendit du navire, épaulée par les infirmières du vaisseau. Une sortie shopping entre fille... Elles allaient rendre cette île plus que riche !


Le quintuor féminin avançait le long des quais très animés en papotant. De nombreux matelots sur le port ou avachis contre les rambardes de leurs bateaux, reluquaient le petit groupe de filles et les sifflaient avec envie. Lola vit de nombreuses fois des marins se redresser et faire gonfler leurs biscotos à leur approche. Elle devait s'empêcher de lever les yeux au ciel à chaque fois qu'elles croisaient ce genre d'énergumène. Les uniformes roses fushia et bien moulant des infirmières attiraient un peu trop le regard des mâles aux alentours. Quelques hommes excités comme des mouches sur un pot de miel avaient tenté leur chance, mais ils furent sèchement remballés par Héléna, la matriarche des infirmières. Les plus insistants avaient été dégagés par un bon coup de pied très bien placé de Rody qui était la seule à s'être changée. Elle s'était empressée de vite remplacer ses habits criards contre une tunique en dentelle aussi noire que ses cheveux. Rody n'appréciait pas l'uniforme. Dès qu'elle le pouvait, elle l'échangeait contre ses vêtements foncés.

Héléna qui prenait très à cœur son rôle d'aînée de l'infirmerie, avait décidé de les accompagner jusqu'au haut centre-ville. Elle avait elle aussi quelques achats à faire à la librairie. Thatch avait regardé partir le petit groupe avec envie. Il s'était retrouvé à devoir faire l'inventaire des denrées alimentaires avec Joe, le maître coq de l'équipage. Stan et les trois autres de Tiara Diamond avait réussi à emmener Vista dans un bar. Celui-ci s'était montré très heureux visiter ce genre de lieux qui lui étaient totalement inconnu.

Après avoir quitté le port, la petite équipe vagabondait bruyamment dans les rues très étroites et sinueuses de la « sous-ville ». Les bâtisses devenaient de plus en plus sales au fur et à mesure qu'elles s'enfonçaient au cœur de l'île. L'atmosphère était pesante et trop calme. Les cinq filles marchaient désormais rapidement et silencieusement. Elles regrettaient de ne pas avoir attendues les hommes de l'équipage avant de partir. Les infirmières avaient quelques notions de combat, mais l'atmosphère malfaisante n'était pas du tout rassurante. Il faisait de plus en plus sombre et humide. Les rayons du soleil n'atteignaient pas la sous-ville. Le soleil s'était retrouvé caché par la 'cité-coupole' de la ville en forme de champignon. Des réverbères aux ampoules trop fatiguées ou court-circuitées remplaçaient dérisoirement l'astre chaud. Des plaques de moisissure escaladaient les façades des maisons délabrées, abandonnées ou totalement en ruines.

Les minutes paraissaient très longues. Une affreuse odeur de décomposition et de renfermée flottait dans l'air. Les bâtiments voûtés se touchaient pratiquement en les surplombant et paraissaient vouloir les prendre en étau. Les filles se collaient les unes aux autres pour se rassurer, tous leurs sens en alerte. De temps en temps, des bruits étranges et lointains se perdaient en écho dans la ruelle.

- On… on devrait peut-être faire demi-tour non ? Demanda presque en suppliant Osis avec une toute petite voix.

Elle avait très peur et tremblait déjà depuis un moment. La petite infirmière au centre du groupe s'était accrochée au bras de la plus âgée qui essayait elle même de paraître décontractée et indifférente. Héléna continuait d'avancer en tête, mais ne semblait plus aussi sûre d'elle.

Un amas d'ordures était éparpillé sur les pavés. Des cadavres cachectiques de chats et de chiens en partie décomposés étaient disloqués le long des murs. Ils grouillaient de vers et dégageaient en pourrissant des effluves insupportables de charogne.

- L'emplumé avait dit que c'était une ville de vacances. Mais je crois que nous n'avons pas la même notion de vacances...

Les cinq femmes mettaient leurs mains devant leur nez pour éviter de respirer ces odeurs nauséabondes, en vain. Sans bruit, elles évitaient souplement les déchets dispersés en continuant d'avancer. Du coin de l'œil des silhouettes sombres semblaient les surveiller furtivement. Leurs soupçons s'accentuèrent quand une d'elles crut entrapercevoir une forme probablement humaine sur un des balcons près des toits tortueux. Les filles hésitèrent de plus en plus à faire demi-tour. Mais au moment où elles furent sur le point de repartir de grandes silhouettes apparurent derrière elles et un grincement strident retenti.

Les infirmières et Lola se mirent à courir droit devant elles. Vu tout le chemin qu'elles avaient déjà parcouru, elles étaient sûrement plus proches du centre-ville que du port. Elles devaient absolument retourner à la civilisation. Héléna et Rody avaient empoigné Osis par chaque poignet et la tiraient à leur suite. Marie-Cha ne pouvait s'empêcher de jeter des regards derrière elle, guettant un signe de l'ombre du balcon et des silhouettes. Son imagination avait sûrement dû lui jouer un mauvais tour. Lola courrait à la suite les infirmières. Une sueur moite commençait à lui couler dans le dos. Des bruits sourds résonnaient de temps en temps derrière elles.

Le petit groupe continuait à slalomer dans les rues grisâtres encore quelques minutes en tournant intuitivement à gauche ou à droite dans les intersections. Au bout d'un moment, elles finirent par arriver sur une grande place, plus éclairée. Au centre, une gigantesque colonne de pierre grise montait jusqu'au ciel de béton. En levant la tête on pouvait clairement apercevoir la coupole de la grande ville supérieure. Elles se trouvaient piles sous son centre.

Ralentissant leur course, puis s'arrêtant totalement, le quintuor reprenait son souffle en jetant quelques coups d'œil furtif en arrière.

La place était circulaire. La seule « véritable » touche de lumière venait le long des fenêtres de la colonne qui montait jusqu'au sommet. Des lampadaires étaient éparpillés à la périphérie de la place, mais ne semblaient être que de vulgaires vers luisants avec la faible lueurs qu'ils émettaient. Reprenant leur marche, les filles se dirigèrent curieusement vers la grande source lumineuse en faisant le tour du très gros pilier qui devait faire dans les clinquantes mètres de diamètre.

Une ouverture lumineuse creusait la pierre de l'immense pylône et donnait accès à une pièce assez spacieuse. Les cinq femmes se regardèrent silencieusement et d'un accord commun, elles passèrent la grande entrée. À l'intérieur, une bonne trentaine de personnes étaient éparpillées. Certaines les regardaient, intriguées par les vêtements criards avant de reprendre leurs discussions. La grande salle ne semblait pas avoir de plafond, mais elle était baignée de lumière. Elle devait probablement monter jusqu'à la coupole. S'attardant à la contemplation, elles sursautèrent quand le sol se mit légèrement à trembler. Les cinq filles se retournèrent en vitesse, mais trop tard. La grande porte d'entrée venait de se refermer dans un bruit sourd.


Accoudé sur un balcon qui tenait toujours en place par l'opération du Saint Esprit, un homme avait suivi de ses yeux noirs le petit groupe de filles en rose qui passaient au-dessous de lui. Dans les ruelles quelques-uns de ses collègues avaient eux aussi repérés les cinq petites minettes qui n'avaient pas l'air très rassurées. Un large sourire peu avenant était placardé sur leurs lèvres. Certains s'étaient cachés dans les ombres, prêt à les saisir quand elles se rapprocheraient d'eux. L'homme en hauteur se pencha un peu plus et la rambarde du balcon grinça.

Les filles durent entendre le bruit, car elles se mirent soudain à courir au même moment. Il lui avait même semblé que la rousse s'était retournée pour le regarder. Les sept hommes qui avaient voulu les attraper sortirent de l'ombre pour l'engueuler.

- Merde, Dihn ! Tu as fait fuir notre butin ! On aurait pu les revendre à un bon prix ! Il y en avait des biens mignonnes dans le lot !

Le dénommé Dihn qui n'était pas désolé pour un sous leva la main, ou plutôt une patte griffue pour s'excuser. Il sourit et ses lèvres noires s'étirèrent sur une impressionnante rangée de dents tranchantes et sur deux grosses canines proéminentes. Une fourrure grise tachetée de brun recouvrait tout son visage et une grosse truffe noire pointait au bout d'un large museau court. Un foulard brun un peu déchiré était attaché autour de son cou et cachait en partie une profonde cicatrice qui montait jusqu'à sa joue gauche.

Son rictus fit trembler quelques-uns de ses compagnons.


Lola et les infirmières étaient enfermées. La forte lumière continuait de les éblouir. Elles se tenaient serrées les unes contre les autres. Le sol se mit de nouveau à trembler. Une sensation très étrange les parcourait. Elles se sentaient légèrement ratatinées sur elles-mêmes ce qui ne dura que quelques minutes avant que les tremblements ne reprennent. La foule se dirigea vers la porte fermée. Une voix féminine assez mélodieuse et sensuelle, mais au fond un peu mécanique sortit des haut-parleurs autour de la pièce :

- Tous les voyageurs doivent descendre. Veuillez vous assurer de n'avoir rien oublié dans l'escalateur. Nous espérons que vous avez effectué une agréable ascension et nous vous souhaitons un bon séjour à Texas Primes.

La foule sortit précipitamment. Lola et les quatre infirmières descendirent à leur tour. Le paysage devant elles était radicalement opposé à ce qu'elles avaient traversé en dessous. Des bâtiments colorés, propres et extrêmement hauts, délimitaient les larges avenues peuplées de monde. Des luminaires très travaillés éclairaient les grandes rues en plein air. Le ciel du crépuscule était clairsemé de quelques cumulus orangés qui rougissaient de plus en plus quand le soleil commençait à disparaître. Il laissait sa place à la lumière de la grande ville.

Les filles se mirent à rire. Elles avaient été effrayées par un simple ascenseur. Décidées à oublier cette petite mésaventure, elles se dirigèrent vers une splendide fontaine d'eau pure qui clapotait et scintillait. Après s'être donné rendez-vous à ce même point à vingt-trois heures trente, Héléna quitta le groupe pour partir à la recherche d'une grande librairie. Les quatre autres s'enfoncèrent à leur tour dans les avenues surpeuplées.

Les grands magasins de sous-vêtements, de chaussures et d'habits de grands couturiers étaient alignés le long des rues et exposaient leurs plus beaux atours en vitrine. Des manteaux de fourrures, des robes de soirée et des costumes hors de prix trônaient fièrement devant les foules de touristes agglutinés contre les grandes vitres. Au loin, un immense bâtiment surplombait tous les autres. Décidées, elles y entrèrent.

Un couloir carrelé de marbre s'étendait sur toute la longueur et traversait entièrement l'édifice. Elles étaient rentrées dans un immense centre commercial où une quantité astronomique de boutiques y étaient accordées. Les filles avaient du mal à circuler entre les piétons beaucoup trop nombreux. Au centre, un deuxième couloir coupait perpendiculairement le premier. Des escaliers mécaniques permettaient d'accéder au sous-sol aussi grand que le rez-de-chaussée et aux trois autres escalator menaient aux étages supérieurs.

Elles parcouraient vaillamment les grandes étendues de boutiques en s'arrêtant de temps en temps pour se montrer quelques articles intéressants ou complètement loufoques. Une paire de lunette en fausse fourrure, un chapeau de cow-boys orange fluo avec deux gros smileys accroché sur le devant, un maillot de bain avec un radiateur intégré, un soutien-gorge de punk à longs clous... mais qui aurait envie d'acheter ce genre d'objets ?!

Rody voulait absolument jeter un coup d'œil à un des magasins gothiques de la Grande Galerie : The Hell Sing. Une boutique disons... atypique... à peine rentrée, elles furent saluées par un des vendeurs derrière le comptoir. Il était tatoué de la tête au pied et ses cheveux étaient rasés sur son côté droit. Il les invita ensuite à s'asseoir sur de grands et confortables canapés en cuir noir.

Une vendeuse avec une courte robe lolita noire et un piercing au nez ramena quelques boissons sur un plateau en argent. Elle le posa sur la table basse devant les invités. Elle ne pouvait s'empêcher de dévisager les étranges invitées en rose flashy. Il fallait le reconnaître, mais les deux infirmières toujours en uniforme claquaient énormément avec leur couleur et leurs cuissardes léopards dans ce magasin entièrement coloré de noir et d'argent.

Lola, Osis et Marie-Charlotte regardaient intensivement leur amie tout de noir vêtue qui tenait dans sa main une tasse en porcelaine décorée de petites têtes de morts. Elle était en grande conversation avec la vendeuse. C'était la première fois que Lola voyait Rody sans son masque de 'je me fous de tout et même de vous'. En voyant les visages choqués des deux autres filles en roses, ça devait le cas pour elles aussi.

- Tu les connais ? Demanda Osis, curieuse.

Rody souffla sur son thé brûlant avant de le boire en quelques gorgées silencieuses.

- Du tout.

Les trois filles la regardaient avec des yeux ronds. Rody renvoya un regard sombre.

- Quoi ?

- C'est la première fois que je te vois sourire à quelqu'un, répondit Marie-Charlotte.

Rody leva les yeux au ciel. Le premier vendeur revenait avec un chariot remplit d'une multitude de vêtements noirs accrochés sur une grande tringle en métal. Il les présenta ensuite à Rody qui ne se gêna pas pour les commenter. Pendant ses essayages, les autres commerçants montraient d'autres vêtements aux accompagnatrices.

Une petite heure plus tard, la petite équipe ressortit du magasin. Rody avait les mains pleines de ses achats. Elle avait acheté une quantité pharaonique de vêtements et Lola s'était elle aussi laissée tenter par une petite chemise noire. Ces vendeurs étaient forts. Très forts !

Après avoir visité d'autres boutiques de tout genre, les quatre filles étaient retournées à la fontaine surchargées de sac de courses qui contenait tous leurs nouveaux achats. Elles attendirent à la fontaine une quinzaine de minutes en savourant des glaces avant qu'Héléna ne les rejoignit. Elle était accompagnée de Joz, de Thatch qui avait enfin pu profiter de l'île et de quelques autres pirates de l'équipage encore inconnus pour Lola.

- Hey ! Je vois que vous avez bien fait le plein ! Dit Thatch en se jetant comme par hasard sur un des seuls sacs qui ne contenait que des sous-vêtements féminin.

Rody le repoussa en grommelant. Joz prit la tête du groupe.

Les escaliers sont là-bas.

- Les escaliers ? Mais ça va être trop long ! Il y a un ascenseur juste là, montra Héléna.

- Sérieusement ?! On s'est tapé les 1 248 marches alors qu'il y avait un ascenseur ?! S'offusqua le petit cuisinier.

- 1251, rectifia un autre pirate en soupirant.

Les pirates suivirent les infirmières et Lola jusqu'à l'entrée de l'escalateur. Les filles avaient réussi à refourguer leurs sacs remplis aux pirates qui avaient au début gentiment accepté de les aider, mais qui commençaient à le regretter. Arrivé devant les portes de la machine, la petite équipe attendit devant un petit écriteaux lumineux qui leur demandait de patienter.

Une fois en bas, ils durent traverser à nouveau toute la sous-ville. Inutile de préciser que cette zone la nuit faisait encore plus peur que la journée, n'est-ce pas ? Les soûlards du soir vagabondaient dans les rues crasseuses et urinaient contre les maisons sales. La carrure de Joz devait intimider les ivrognes, mais quelques suicidaires qui avaient quand même tenté une approche des filles avaient tous reçu un bon coup de pied au cul.

Une fois ressortit de ce coupe-gorge nauséabond, les pirates se séparèrent sur le port. Les fêtards rejoignirent le reste de l'équipage dans une taverne à côté du navire pendant que les filles épuisées de leur sortie shopping, s'enfermèrent directement dans les douches avec la volonté de se désinfecter intégralement.

...

Le lendemain matin, les filles de l'équipage s'étaient entièrement consacrées à l'inventaire des médicaments, désinfectants et pansement de l'infirmerie. Lola avait accepté de les aider. Elle n'avait que ça à faire. De toute façon elle n'avait pas envie de traverser toute seule les ruelles morbides de la sous-ville. Mais elles avaient prévue de refaire un tour au sommet de l'île dans l'après-midi.

Lors de leur nouvelle sortie, Lola repéra un grand bâtiment qui détonnait royalement du lot. Son architecture extrêmement moderne et design l'isolait des autres bâtisses. Sur le devant, un immense toit courbé surplombait le petit jardin devant l'entrée. Un tapis rouge dévalait les grands escaliers principaux. Sur la façade, il était écrit en lettre d'or : « Casino Gô ». Toutes les bâtisses autour de lui ne servaient qu'à le mettre en valeur. Même le jour, des spots de lumière encastrés dans le sol éclairaient ses murs extérieurs. Lola attira l'attention de ses amies.

- Un petit tour au Casino, ça vous tente ? On va plumer les malheureux à l'intérieur ! Proposa-t-elle en ricanant et se frottant les mains.

- Non... pas vraiment... en plus Osis et toi, vous n'avez pas encore l'âge d'entrer dans ce genre d'endroit, argumenta Marie-Charlotte.

- Ha... Mais c'est rien ça. On peut passer sans problème quand on sait y faire, dit-elle en faisant un clin d'œil.

Voyant l'air non-enjoué des infirmières, elle se ravisa. Cependant, elle prit soin de mémoriser l'emplacement de la salle de jeux. Elle y retournerait seule le lendemain. Les infirmières du navire s'étaient mises d'accord avec les médecins de l'équipage pour réaménager plus efficacement l'infirmerie. D'après tout ce qu'ils avaient prévu, cela risquait de leur prendre plusieurs jours. Elle aurait donc champ libre.

Ce jour là, elles rentrèrent assez tôt sur l'Intrépide. Elles n'avaient pas trouvé grand chose de très intéressant à faire. Elles avaient déjà dépensé une bonne quantités de leur salaire.

Le jour suivant, les infirmières se levèrent tôt. Elles avaient rendez-vous à dix heures précises avec les médecins pour faire un plan de la réorganisation. Ne voyant rien d'autre à faire pour l'instant, Lola en profita pour se prélasser sur le navire. Le phénix étant à terre, il n'y avait personne pour la récriminer. Cela faisait deux jours qu'elle ne l'avait pas aperçu et elle ne s'en plaignait pas, au contraire !

Vers treize heures, elle alla manger un morceau à la taverne la plus proche du port. Une bonne partie des pirates s'y trouvait déjà. Le capitaine avait même réussit à déceler une chaise à sa taille qu'il n'abandonnerait pour rien au monde.

La voyant seule à une table, Thatch la rejoignit.

- Tu as prévu quelque chose pour cet après-midi ? Demanda-t-il.

Lola le regarda en mastiquant son repas.

- Je voulais aller au casino, répondit-elle.

L'apprenti cuisinier soupira. Il avait tenté d'y rentrer, mais n'avait pas réussi. À cause de son jeune âge, il avait été sèchement mit à la porte. Lola pouffa en imaginant sa tête de déconfit sur le pas du grand bâtiment. Lola sourit, elle venait de trouver son partenaire idéal.

- Ce soir vingt-deux heures ! Dit-elle.


21h45 :

Thatch arriva devant le casino. Lola l'attendait depuis déjà un petit moment. Elle s'était habillée chiquement pour l'occasion. Le dos nu de sa robe bleue nuit neuve mettait en valeur sa nouvelle coupe de cheveux. Son court dégradé plongeant s'arrêtait au début de sa mâchoire.

- Alors ? Tu en penses quoi ? Demanda-t-elle en tournant sur elle-même.

- Oh ! Parfait ! Tu es beaucoup mieux comme ça ! Tu ressembles plus à une fille !

Lola ne savait pas si elle devait se sentir flattée ou insultée. Elle reluqua son partenaire quelques instants avant de soupirer profondément. Ce n'était pas avec la tenue qu'il portait qu'ils réussiront à passer. Il avait gardé son costume blanc de tous les jours et son horrible coupe de cheveux habituelle... il n'aurait pas pu faire pire.

- Il faut être bien habillé pour rentrer dans ce genre d'endroit, Thatch...

Elle le prit d'une main et le tira vers la boutique de vêtements masculins la plus proche. La fille fouilla dans les rayons. Au bout d'un moment elle ressortit un costume entièrement noir et très chic. Elle le lui donna et de poussa dans la cabine d'essayage. Grommelant, le jeune cuisinier l'essaya.

- C'est parfait ! On dirait un homme d'affaires ! Le seul truc qui ne va pas c'est cette coupe de cheveux.

Lola avançait sa main dans de but de détruire la coiffure, mais Thatch la dévia.

- On ne touche pas mes cheveux ! C'est mon identité personnelle ! Grogna-t-il.

Lola tenta par tous les moyens de défaire la coupe du jeune homme, mais celui-ci ne se laissa pas faire. Cédant finalement au caprice du garçon, Lola se dirigea vers les caisses.

- Cela fera 265 800 Berrys ! Dit la vendeuse avec un grand sourire commercial.

Lola tourna le dos à la femme derrière le comptoir et regardait innocemment Thatch.

- Eh ! Mais je croyais que tu allais payer !

- Et où veux-tu que je trouve l'argent ?

- Tu as fait exprès de prendre le plus cher ! Je t'ai vu ! Rugit le garçon.

- Tu veux rentrer dans le casino, oui ou non ? De plus, ce sont des vêtements pour toi, dit-elle indifférente.

Thatch suivait Lola d'un pas lourd. Il avait beau compter et recompter l'argent qu'il lui restait, il n'aurait pas assez pour passer la soirée. Il venait de claquer toute sa paye dans l'achat de son « pass ». Et maintenant il n'avait plus assez pour le dit Casino. À quoi ça lui servait de rentrer là-bas s'il n'avait déjà plus un rond ?!

Lola ignora la mauvaise humeur du cuisinier et le prit par le bras pour monter le tapis rouge des escaliers de la grande maison de jeux. Une fois en haut, ils se dirigèrent d'un pas sûr vers l'entrée du casino. Le vigile les regarda passer devant lui. Lola le salua et continua sa route. Ils étaient passés.

La grande salle était bondée de monde. Une douzaine de tables de jeux étaient dressées et peuplées d'une vingtaine de joueurs chacune. Quatre croupiers se tenaient devant et dirigeaient les jeux. Une douce et moelleuse moquette rouge couvrait le sol. Les hauts murs en marbres étaient éclairés par des chandeliers en métal étincelant qui se reflétaient dans les miroirs éparpillés partout dans la pièce. Des balustrades en fer forgé indiquaient que la maison se tenait sur plusieurs étages. Au centre de la salle un immense lustre en cristal pendait du plafond en scintillant. Au fond de la pièce, trois hommes tenaient le bar de la salle et abreuvaient continuellement les joueurs pendant que des serveuses en chemise blanche et tailleur noir circulaient entre les tables et proposaient différents alcools. À la droite du duo, on pouvait apercevoir une autre pièce qui donnait sur une énorme quantité de machine à sous. La principale richesse de l'île ne pouvait venir que d'ici.

La grande horloge murale indiqua vingt-deux heures. Les deux partenaires s'avancèrent jusqu'au comptoir. Lola et Thatch tendirent chacun le reste de leur économie, 22 900 berrys en tout. L'homme leur tendit quelques jetons. Ils n'allaient pas pouvoir jouer longtemps avec ça

- Fais-moi confiance ! On va gagner mon vieux !

Au moment où ils allaient s'avancer entre les tables, un grand homme en costard-cravate à rayure, aux cheveux parfaitement gominés et épaulé par trois armoires à glaces les aborda.

- Bonsoir et bienvenu à Casino Gô, la plus grande maison de jeux des environs, nous vous souhaitons bonne chance, susurra l'homme qui devait probablement être le patron des lieux.

- Haha ! C'est inutile, j'ai un système. Je parie toujours sur les impairs rouges !

La mimique subliminale sur le visage du gominé n'échappa pas au regard du jeune garçon. Méfiant, il suivit les hommes qui les plaçaient à une des tables de jeux. Lola prit place sur la chaise vide à côté de la roulette pendant que Thatch se plaça derrière elle sans quitter des yeux le patron du casino qui restait à les regarder pas très loin de leur table. Elle salua les trois croupiers en uniforme rouge.

- Faites vos jeux, mesdames, messieurs, faites vos jeux ! dit l'un d'eux.

Lola tendit une des plaquettes.

- Le 9, s'il vous plaît... Non plutôt le 25 !... Non le 9 !

L'homme qui les avait placés fronça légèrement les sourcils avant de tapoter l'épaule d'un des croupiers de la table et de s'éloigner doucement. Un de ses gardes du corps resta cependant derrière eux.

- Les jeux sont faits, rien ne va plus !

La bille en métal continuait à tourner dans la roulette et s'arrêta dans une des cases.

- 9 rouge impair et manque ! Plein pour la jeune femme en bleu !

Lola dansa heureuse sur sa chaise en criant des « C'est moi ! C'est moi » à tout va. Elle se retourna et fit un clin d'œil à son ami à côté d'elle. Elle remercia ensuite le croupier qui lui donnait ses gains avec la raclette. Elle se frotta les mains et une nouvelle partie commença.

- Faites vos jeux s'il vous plaît !

Lola tendit un autre jeton au croupier qui le plaça sur la case du 27 rouge.

- Mesdames, messieurs, rien ne va plus !

La bille finit par s'arrêter encore une fois sur la case de Lola. Heureuse, elle empêcha un petit cri strident de sortir de sa bouche.

Le petit jeu dura ainsi une bonne vingtaine de minutes. Des piles de jetons bien formées continuèrent de s'entasser devant elle. Un groupe de curieux se pressait derrière la table. De nombreux gardes s'étaient rapprochés et surveillaient le duo à distance. Thatch avait passé la soirée à guetter les allées et venues des armoires à glaces. Quelque chose de louche se tramait ici.

- Bon sang Lola ! Tu aurais trouvé un moyen de tricher à la roulette ? Chuchota Thatch à son oreille.

- C'est incroyable ! Je réussis tous mes jeux !

- Bien, maintenant qu'on a ramassé une bonne petite fortune, on file d'ici !

- Quoi ?! Mais ne sois pas ridicule ! Laisse-moi jouer encore quelques coups ! J'ai une chance phénoménale ! J'ai même demandé au croupier de m'épouser ! Hihihi ! Plaisanta Lola.

- Fais-moi plaisir et partons maintenant ! Allez !

- Bon ok. D'accord... Mais le dernier pour le service.

L'homme en rouge plaça sa mise.

- 22 paire noire et passe.

- Tu vois, on fait bien de partir. Ta chance vient de tourner ! Allez, on y va !

Le garçon pressait Lola vers le comptoir d'échange. Il voulait sortir d'ici le plus vite possible il avait un mauvais pressentiment. L'homme de la banque tendit à la jeune femme une mallette remplie de billets. Le directeur aux cheveux plaqués les rejoignit et leur souhaita une bonne fin de soirée. Une fois que les deux jeunes étaient sortis du Casino, le patron se dirigea vers l'homme derrière le comptoir.

- Une grande gagnante hein ? Dit ironiquement l'homme.

Le patron eut un sourire en coin et acquiesça. Voyant un grand homme tatoué aux cheveux blonds coupés en brosse entrer à son tour dans son établissement, il alla à sa rencontre.

- Bonsoir Monsieur.

- Bonsoir, c'est vous le directeur ? Demanda-t-il. Tout le monde m'appelle Dilinger, je suis un peu en retard.

Mais vous avez toute la nuit monsieur, toutes les tables sont ouvertes. Je vous souhaite bonne chance.

- C'est inutile, j'ai un système. Je parie toujours sur les impairs rouges.

Le patron rigola.

- Mais nous avons tous notre système.

Il s'apprêtait à faire demi-tour quand il se figea soudainement. Il se retourna en vitesse vers l'homme et lui demanda de répéter.

- Vous deviez vous présenter à quelle heure ?

- 22 heures.

- Vite dans mon bureau ! Pressa le directeur. Vous deux ! Rattrapez la fille en bleue et le garçon à la coupe démodée qui viennent de sortir ! Dépêchez-vous ! Aboya-t-il aux deux vigies de l'entrée qui se précipitèrent immédiatement vers la sortie.

Le patron conduisit le nouveau venu dans une pièce richement décoré et ferma vite la porte à clef.

- Vous avez fait quoi ?! Demanda Dilinger.

- Je lui ai tout versé. J'ai suivi toutes les instructions ! Elle a prononcé la phrase « C'est inutile, j'ai un système. Je parie toujours sur les impairs rouges » !

- Et la seconde phrase « Le 9 s'il vous plait, non plutôt le 25, non le 9 » ?!

- Elle l'a prononcé, mots pour mots ! Se justifia le patron en se servant un whisky.

- Vous auriez dû vérifier !

- Ah oui ? Et comment ? On ne s'était jamais vu et nous ne devions en aucun cas avoir de contact ! C'est vous qui êtes arrivé en retard !

- LA FERME ! ET LA CARTE ?! OÙ EST LA CARTE !

Le grand homme soulevait le patron par le col de sa chemise et le plaqua contre le mur.

- Elle... Elle est dans la... la mallette de la fille... dans un des revers..., dit-il à moitié étouffé.

- Tu es au courant, n'est-ce pas ? Cet argent et la carte devait revenir à un des plus puissants Corsaire ? Si Funk Dog n'a pas son argent dans son intégralité et sa carte, il viendra détruire cette île et pouf ! Tout ce que tu as battit ne sera plus rien. Tu redeviendras une simple merde... si tu restes en vie, bien évidemment.

Dilinger relâcha le pauvre homme qui retomba sur le sol en suffoquant, puis lui administra une bonne droite qui l'assomma. Il tomba inconscient sur le sol. Le tatoué sortit de sa poche un escargophone et tapa un numéro sur le bord de la coquille. Son appel sonna quelques secondes dans le vide avant que quelqu'un ne décroche.

- Il y a un petit contretemps capitaine. Des petits malins sont passés avant nous. Ils ont l'argent et la carte.

Son interlocuteur restait silencieux. Soudain, il dit d'une voix neutre :

- Envoie Dihn. Il est temps qu'il fasse ses preuves. Voyons s'il est un aussi bon chasseur que ce que disent les rumeurs. Je ne veux aucun témoin. gatcha

La communication se coupa. Dilinger tapa un nouveau numéro.

- Le nouveau, c'est à toi. Tu as deux cibles, un jeune couple. La fille porte une robe bleue et le garçon est coiffé d'une coupe de cheveux démodée. Un des deux porte une mallette. Il nous la faut à tout prix. Tu as jusqu'à demain matin pour les retrouver. Ramène les vivants, on aura sûrement besoin de les interroger donc veille à ce qu'ils puissent encore parler.

- C'est comme si c'était fait ! Ricana l'homme au bout du fils avant de raccrocher.

Le tatoué rangea son escargophone dans sa poche et sortit un revolver qu'il pointa sur l'homme assommé. « Pas de témoin »... Il tira.


La chasse avait commencé. L'homme-bête sauta de son toit et se mit à courir à quatre pattes dans les ruelles. Il passa sa langue sur ses canines avec délice. C'était enfin à lui de rentrer en scène, il n'en pouvait plus d'attendre.


BonuX :

Après avoir monté les 1 251 marches, Vista arriva enfin dans la haute-ville. Il avait dû faire quelque chose qu'il n'appréciait pas beaucoup. Quelque chose à l'encontre de sa fierté. Mais il avait déjà vu son père le faire quand il était jeune, donc il ne devrait pas il y avoir de problème, n'est-ce pas ?

Vista comptait l'argent qu'il avait désormais en main. Plus de soixante-dix millions. Ce n'était pas grand chose mais déjà mieux que les malheureux 35 000 Berrys à tout casser qu'il avait au départ. Il s'était toujours demandé comment faisait ceux qui étaient dans une situation précaire pour survivre. C'était un vrai mystère. Ils suçaient les cailloux peut-être ?

Il avait dû emprunter un peu d'argent à ses compagnons d'équipage. 74 650 000 Berrys à taux de 25% pour être précis. Il n'avait aucune idée de ce que signifiait les 25%, mais ce n'était pas si important. Si ça se trouve, ses camarades auront tout oublié d'ici quelques jours.

Bah ! Pas la peine de s'en faire...


Et voilà ! Je tiens à vous préciser que j'ai récupéré et remodelé un p'tit passage de la série Amicalement vôtre, pour le passage du casino.

Je vous souhaite une bonne soirée (ou journée !) et vous dit à la prochaine ! Tcho !