Bonsoir à tous !
Ça y est ! Ça y est ! On a bien dépassé les 1000 vues ! Trop trop cool ça ! (danse de la joie)
Bien, sur cette petite note joyeuse, laissez-moi vous présenter le chapitre 9 de Boniface (à titre provisoire). J'ai eu pas mal de soucis avec ce chapitre... Je l'ai réécris plusieurs fois avant de reprendre le premier essaie... Mais le voici !
Je vous remercie encore de suivre cette fanfic et vous invite à poster un Coms ! Ça fait toujours plaisir ;)
mais avant...
Réponses aux reviews :
Rustal D Amandine : Ah les nobles, faut pas chercher ! X) mais cela fait un moment que Vista apparaît dans les sections des personnages, 2 ans au moins. Je me rappelle j'ai sélectionné chaque personnage l'un après l'autre (j'avais du temps à perdre...) et il y était... Là... tout seul... sans rien... abandonné... esseulé... Sinon je pense pas qu'il apparaisse plus que Thatch... Perso à part dans les tiennes, il n'apparaît pas vraiment comme personnage important... Finalement, j'ai posté celui-là. En l'arrangeant il était mieux...
Minimiste : Merci ! Elle a dû naître sous une mauvaise étoile je pense... et ses tourments ne sont pas terminés ! Loin de là ! Néhéhéhéhé !
Celmon : heureuse de t'avoir fait rire ! « Femme de ménage en CDD »... Ça me fait penser à Joséphine, l'aide soignante dans l'hôpital des inconnus... Va savoir pourquoi;)
Et c'est parti mon kiki !
« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »
Boniface
Chapitre 9 : « Le Mâche-Fer »
La chasse avait commencé. L'homme-bête sauta de son toit et se mit à courir à quatre pattes dans les ruelles. Il passa sa langue sur ses canines avec délice. C'était enfin à lui de rentrer en scène, il n'en pouvait plus d'attendre.
Lola et Thatch descendaient les grandes marches du casino. Dehors le temps commençait à se rafraîchir grâce à la brise du soir. Les lumières des magasins éclairaient la ville comme en plein jour. D'une main, Lola saisit son partenaire par le col de son costume et le secoua comme un prunier.
- On est riche ! Tu entends ! Riche ! Hahahahaha ! Lola sautillait maintenant dans tous les sens en agitant la mallette pleine à craquer. 200 millions ! 200 MILLIONS ! TU IMAGINES ?!
Thatch essaya de la calmer.
- Viens on va fêter ça ! On va boire un coup ! Et sois heureux, je te donne 30% ! Non 35% ! je suis tellement généreuse ! 70 000 000 Berrys, ça te suffit non ? Après tout c'est moi qui ai tout gagné !
Elle l'attrapa par le bras et le tira à travers des petites ruelles étroites sans attendre sa réponse. Une fois entrée dans un bar minuscule, ils s'essayèrent face à face. Lola regardait les boissons alcoolisées et les apéritifs sur la carte.
- Profites, c'est moi qui paye !
Thatch soupira.
- Écoute, je la sens mal cette histoire. Ce n'est pas normal de gagner autant d'un coup...
- Tu remets en cause ma chance légendaire ? Demanda Lola sans lever le nez du menu.
- Tu n'as pas remarqué que tous les vigiles avaient leur attention sur toi ? Quelque chose de louche se trame à l'intérieur..., expliqua Thatch.
- Tu t'en fais pour pas grands choses. À douter de tout, tu vas finir par avoir des cheveux blancs.
- Je suis sérieux Lola. Je te dis qu'on va avoir de gros problèmes avec cet argent...
- Très bien et que compte faire ? L'interrogea Lola en posant la carte devant elle. Ramener la mallette au casino et leur expliquer que tu te sens mal d'avoir dépouillé des gens aussi droits, francs et magnifiques ? Les casinos sont tous tenus par des gars louches et tous plus malhonnêtes les uns que les autres. C'est normal qu'il s'y trame toujours quelque chose ! L'inverse serait plutôt inquiétant ! De toute façon, j'ai gagné ! Et c'est le jeu. Je ne vois pas où est le problème, dit elle en reprenant le menu. Tu commandes quoi ?
Thatch soupira à nouveau. Elle était très butée. Une jeune serveuse en mini jupe arriva à leur table et attendit leurs commandes.
- Un punch planteur avec des toasts, s'il vous plaît ! Je meurs de faim ! La victoire ça creuse !
La petite serveuse prenait des notes sur son carnet. Elle se tourna ensuite vers le jeune cuisinier.
- Pour moi ce sera un gin fizz, dit-il d'une voix qui se voulait sensuelle et en se redressant.
La serveuse le regarda septique. Derrière, Lola se mit à pouffer discrètement. Une fois l'employée partie, elle ne se gêna pas pour se moquer ouvertement de son jeune ami en riant comme une baleine.
- Sérieusement ? C'était quoi ça ? Lola essuyait une larme qui perlait du coin de ses yeux. On aurait que tu vas l'attirer avec des bonbons ! Ce n'est pas comme ça que ça marche !
- Qu'est-ce que tu en sais d'abord ? Se défendit le commis d'office très gêné que sa technique de drague soit ouvertement remise en question.
- On dirait que tu n'es pas au courant... Mais je t'informe que je suis moi-même une femme. Je les vois venir de loin les lourdauds dans ton genre, plaisanta-t-elle.
- Whoua... Je ne le savais pas, répondit ironiquement le garçon.
La serveuse revint quelques instants plus tard avec leurs commandes. Elle déposa les verres devant leur commanditaire respectif, avant de s'éloigner voir d'autres clients.
…
- Je t'avais prévenu...
Thatch avait la main sur sa joue écarlate. Il avait l'impression d'avoir été marqué au fer rouge. Après le troisième verre, ils avaient été foutus à la porte du bar sans ménagement. Enfin, lui avait été foutu à la porte. Lola s'était contenté d'admirer le spectacle en finissant son verre.
- Elle avait quand même un sacré crochet cette serveuse, continua la fille.
Le cuisinier ne pouvait qu'être d'accord avec sa partenaire. Il l'avait bien sentie passer ! Il était étonné de ne pas avoir perdu de dents. Il avait juste frôlé « accidentellement » le derrière de l'employée, pas de quoi en faire tout un drame ! Mais il avait fallut qu'elle prenne ça pour du harcèlement sexuel... Et depuis quand les simples et jolies serveuses sont des anciennes catcheuses professionnelles ?!
Lola et Thatch se trouvaient dans l'escalateur et descendaient vers la Sous-Ville. Après l'annonce du haut-parleur et l'ouverture des portes métalliques, le duo avançait tranquillement en direction du troisième port, là où était amarré depuis trois jours leur navire.
Lola avait voulu attendre d'autres membres de l'équipage pour redescendre, mais Thatch qui avait été très vexé, voulait quitter au plus vite cette cité de sauvage. Ils circulaient prudemment dans les rues sombres, en évitant les bars malfamés sur leur route en déviant quelque peu leur chemin. Ils mettraient plus de temps à rentrer, mais ils auraient ainsi moins de risques de tomber sur des poivrots de mauvaise humeur.
Lors d'un de leur détour, ils entendirent un objet ou bien une tuile tomber du toit avant d'exploser littéralement à leurs côtés. Ils sursautèrent. La ruelle était pourtant déserte et totalement silencieuse. Soudain, quelques bruits de pas se firent entendre au-dessus d'eux. Ils relevèrent la tête... Personne... Les bruits continuèrent. Ce n'étaient pas humains. Des tic-tics retentissaient en même temps que les bruits plus sourds, comme des griffes de chiens sur un carrelage.
Thatch cherchait son origine en reculant et gardant Lola dans son dos. Une bouteille en verre se brisa à sa gauche. Le garçon continuait de reculer en pressant la fille. Il dégaina un poignard qu'il avait caché sous sa veste de costume. Une grosse ombre noire traversa rapidement la rue à une dizaine de mètres du duo. Ils eurent à peine le temps de l'entrapercevoir qu'elle était vite retournée dans l'ombre des bâtiments. Les bruits de marche reprirent au niveau des balcons du premier étage et se rapprochait d'eux. Une immense bête atterrit soudainement en face d'eux.
Thatch empoigna brutalement la main de la fille et hurla :
- COURS !
Ils s'élancèrent à toute allure dans les petites ruelles. La créature les poursuivait en hurlant. Le duo slalomait entre les petites rues. Ils trébuchaient et glissaient sur les pavés humides et usés par le temps. Lola en petite chaussure à talon se retrouva vite pieds nus. Les dénivellements de la rue les ralentissaient dans leur fuite. Ils entendaient la bête courir derrière eux.
Thatch tira soudainement la jeune femme dans un petit passage extrêmement étroit. Ils ne pouvaient passer que sur le côté l'un après l'autre. Le cuisinier s'était déjà faufilé à l'intérieur. Lola le suivait. Sa robe s'accrochait sur le crépi des murs et des mèches de cheveux s'échappaient de la fière coiffure de Thatch. Leurs fesses et leurs genoux raclaient les parois glacées, humides et parasités de moisissures.
L'animal arriva à l'entrée de la faille qui était large d'une quarantaine de centimètres. Il essaya de rentrer à son tour, mais il était beaucoup trop gros. Voyant ses proies juste devant lui, mais hors de sa portée, il commença à s'énerver. Il essayait de happer avec ses dents la fille qui se trouvait être la plus proche et donnait de puissants coups de griffes dans tous les sens. Ses longues pattes entaillaient profondément la pierre à chaque coup. Le gros chien gris foncé leur arrivait au niveau des épaules. Il claquait sa puissante mâchoire à quelques centimètres des oreilles de Lola. Ses dents d'une blancheur éclatante étaient mises en valeur par un museau et une truffe entièrement noirs. Une touffe de poils roux était dressée sur le sommet de son crâne. Ses très longues pattes sombres continuaient à battre furieusement le sol derrière eux. Le duo avançait encore en s'éloignant de la bête.
L'animal recula et disparut. Seul le bruit de respirations saccadées des deux jeunes troublait le silence. Ils haletaient en tendant l'oreille.
- Ça va ? Tout va bien ? Demanda Thatch
- THATCH BAISSE-TOI ! Hurla Lola.
Le cuistot eut juste de temps de se précipiter au sol en râpant son visage contre la pierre quand le gros chien surgit au-dessus d'eux. Il avait légèrement entaillé l'épaule du garçon d'une de ses pattes antérieures. L'animal était passé par le toit et s'était glissé silencieusement au-dessus de lui là où les murs étaient plus espacés. Il tentait de les attraper par le haut mais l'espace était toujours trop étroit pour lui.
Tous les deux au sol avancèrent le long du passage à quatre pattes. La créature semblait bloquée. Une fois arrivés au bout, le jeune homme tira Lola hors de la faille et se remirent ensemble à courir et descendirent la rue en direction des ports. Un craquement de pierre retentit derrières le duo. Voyant la créature qui s'était libérée gagner du terrain sur eux en ricanant, Lola balança le plus fortement possible sa mallette sur l'animal. Surpris, la créature rattrapa la valise au vol avant de s'arrêter et de l'ouvrir délicatement. Ouvrir ?
Lola jeta un coup d'œil en arrière. La bête avait maintenant une forme humanoïde. Un zoan ! L'animal sortit un vieux parchemin de la mallette et le renifla. Le monstre dévisagea la fille de son regard luisant. Il hésitait...
Soudain, il s'élança beaucoup plus rapidement sur les deux jeunes et en moins d'une seconde il se retrouva au-dessus d'eux. Il atterrit souplement devant le cuisinier qui avait pilé en se mettant en position de défense sa lame en avant. D'un mouvement très souple, la créature envoya sa jambe vers le garçon qui n'eut pas le temps d'esquiver. Le genou de l'homme-chien heurta violemment le flan du jeune homme et l'envoya valser plus loin. Un horrible craquement résonna dans la ruelle. Lola recula et trébucha sur un des pavés proéminent de la route. Elle tomba en arrière les fesses au sol. La créature se tenait juste devant elle en la surplombant entièrement. La jeune femme cherchait du regard son ami et le vit inconscient un peu plus haut. Au moment où l'animal allait la saisir par la gorge, une lumière bleue vive fonça sur lui.
La créature sombre esquiva de justesse la comète lumineuse. Devant la jeune fille, Marco se tenait en position d'attaque. Ses bras avaient laissé place à de longues ailes enflammées et ses jambes à des serres acérées. Sous la lumière bleue glacée des flammes du zoan mythique, les bâtiments des alentours avaient pris une teinte fantomatique. La bête humanoïde se redressa et dévisagea le nouveau venu. Attentivement, il étudiait Marco devant lui. Sa puissante mâchoire très proéminente et carrée laissait apercevoir une bonne rangée de dents tranchantes sur ses babines retroussées. Il grognait. Ses courtes oreilles rondes étaient dressées sur sa tête et pointaient en avant, attentives au moindre geste de ses adversaires. Son pelage sombre et tacheté semblait absorber toute la lumière environnante. Seul ses yeux noirs luisaient pas très amicalement dans la pénombre. Un foulard brun était noué autour de son cou. Ce n'était pas un chien ou un loup, mais une immense hyène.
Les deux zoans s'élancèrent en même temps ! Ils échangèrent quelques coups qui furent tous parés. Ils finirent tous les deux par se repousser et atterrir à quelques mètres l'un de l'autre. Le carnivore tournait comme un fauve. Il étudiait son ennemi dans tous les angles.
Profitant du moment d'inattention des deux combattants, Lola se précipita auprès de Thatch, assommé plus loin dans la rue.
- Tu es le « Mâche-fer » n'est-ce pas ? Ta tête est à 315 000 000 Berrys, yoï.
La créature sombre étira ses lèvres noires dans un sourire carnassier.
- Et toi Marco le Phénix, 295 000 000 Berrys. Tu es le second des pirates de Barbe Blanche.
Les deux combattants continuaient de se tourner autour. L'hybride carnassier gris et tacheté continua de parler en ricanant :
- Tu as peut-être un fruit du démon mythologique, mais aucun pouvoir ne peut être physiquement plus puissant que celui d'un zoan carnivore !
Il se jeta sur l'oiseau de feu surpris et l'envoya voler à travers les bâtiments d'un coup de patte griffue. Il s'élança à la suite du phénix. Marco se releva. Les flammes bleues commencèrent à soigner ses dommages. La grosse griffure sur son torse disparaissait doucement. L'homme-hyène arriva au-dessus de lui et abattit une de ses jambes. Marco l'évita à la dernière seconde. L'oiseau de feu essayait d'entailler son ennemi avec ses serres, en vain. Il arrivait à contrer la plupart de ses coups. L'homme-carnivore faisait de même avec le phénix qui l'évitait avec sa vitesse. Marco était peut-être plus rapide, mais les coups du Mâche-fer étaient bien plus puissants et destructeurs. Une de ses serres entailla le cou de l'homme-chien. La créature grise se jetait corps et âme dans la bataille sans prêter attention aux dommages qu'il subissait. Il surprit de nombreuses fois le phénix avec ses feintes vicieuses. C'était un combattant incroyable !
Le second de Barbe blanche avait complètement oublié le monde extérieur. Tout ce qui comptait actuellement c'était son combat. Un sourire se dessina sur son visage. Voyant une ouverture dans la garde de l'hybride carnivore, Marco envoya ses pieds tranchants en sautant au-dessus de lui. Sa serre gauche frappa profondément une des omoplates tachetées du canidé humanoïde.
Mais trop tard, c'était une ruse... Le temps que le pirate de Barbe Blanche se rende compte de son erreur, son ennemi s'était entièrement transformé en animal. Le Mâche-fer sauta à son tour et saisit en entre ses dents l'aile droite du phénix. Brutalement, il secoua sèchement la tête de gauche à droite. Les crocs tranchants pénétrèrent la chair de l'oiseau et un sinistre craquement en sorti. Tirant et serrant encore plus sûr sa prise, l'aile s'arracha brutalement.
Marco retomba lourdement sur le sol. Les flammes bleues s'occupaient déjà à reconstruire son bras qui avait fini arraché.
- Tu es beaucoup trop sûr de toi, tu sais ? Dit le gros canidé en devant lui, la gueule entièrement couverte de sang. Ma mâchoire est capable de broyer du métal !
Il se jeta à nouveau sur le phénix qui le dévia de sa trajectoire en lui griffant le museau et en l'envoyant rouler plus loin. Reconstruire une partie de son corps prenait plus de temps que de soigner n'importe quelle autre blessure...
PAN !
Un coup de feu surprit les deux combattants et stoppa leur combat. Une quinzaine d'hommes les tenaient en joue avec leur fusil. Un grand homme large aux cheveux en brosse pratiquement blanc et un tatouage sur le visage, maintenait Lola par le cou et son pistolet sur sa tempe.
- Reprends entièrement forme humaine l'oiseau ou ta petite copine et l'autre gamin y passent ! Ordonna-t-il.
Thatch était toujours au sol inconscient. L'aile brillante et les serres du phénix reprirent leur aspect initial. Seul le bras droit qui se soignait encore était toujours recouvert de flammes. L'homme accentua la prise sur la jeune femme. Marco dut stopper sa guérison en laissant son bras blessé à vif.
D'un geste de tête très explicite, le baraqué ordonna à ses sous-fifres d'enchaîner le phénix. Une fois le second de Barbe Blanche menotté avec du granit marin, il jeta la fille violemment au sol qui s'écroula un peu plus loin à côté de son ami. Il s'approcha de l'homme-oiseau et lui administra une droite monumentale. Marco, au sol, se mit à cracher du sang. Il essaya de se relever, mais son tortionnaire lui administra de violents coups de pieds dans le ventre en le maintenant par terre en appuyant vicieusement sur son épaule meurtrie.
- Espèce de sale voleur !
Le Phénix avait le souffle coupé. La douleur tétanisait tout son corps. Son fruit du démon était annihilé par les menottes en granit marin qui le rendait faible.
- Marco ! Gémit Lola les mains devant sa bouche complètement horrifiée.
Un des pirates la fit taire en lui donnant un coup de crosse de fusil dans la taille. La fille s'écroula sur les pavés en pierre en couinant. Des larmes de douleur perlaient ses yeux.
- Attends ton tour ma jolie. Il viendra bientôt, ricana un des sous-fifres.
- Enfoirés ! Laissez-la ! Rugit le phénix.
Le chef se retourna vers l'oiseau cloué au sol. Il l'empoigna et se mit à le frapper, encore, encore et encore, avant de l'envoyer traverser un mur.
Une fois calmé, il se tourna vers le Mâche-fer qui avait reprit son apparence d'hybride.
- Tu as fait du bon boulot, Dihn. Ramenons-les au capitaine.
Les matelots attrapèrent et sortirent des décombres le phénix semi-inconscient qui sombrait de plus en plus. Ils prirent au passage le jeune cuisinier avant des les tirer dans la rue pavée. Le chef avait récupéré la mallette. Deux autres pirates incitaient brutalement la jeune fille à suivre le groupe. Elle obéissait, tête baissée attendant le miracle qui les sauverait.
…
Ils marchèrent un bon moment dans la Sous-Ville. Les lueurs claires du matin commençaient à prendre le dessus sur le ciel encore sombre. Thatch et Marco n'avaient pas encore repris connaissance et étaient toujours tirés sans ménagement. Lola avait gardé le silence tout le long du trajet. Elle marchait au centre du groupe de ravisseurs qui la bousculaient violemment quand elle traînassait un peu trop.
La horde sortit enfin de la ville et arriva sur un des ports devant un grand bateau sombre. En se rappelant des informations que le phénix leur avait fournis trois jours plus tôt, elle se souvînt que l'île comportait cinq ports différents : Le premier était pour les bateaux marchands et les quatre autres étaient destinés aux visiteurs de courte durée.
Vu que le navire des pirates de Barbe Blanche n'était pas présent, ils devaient forcément se trouver dans le premier, le deuxième ou le quatrième port. Le bateau devant elle était à vue d'œil plus petit que le navire de Barbe Blanche, mais contrairement à ce dernier il ne dégageait aucune atmosphère sympathique. Le vaisseau était beaucoup plus sombre et plus malsain. La figure de proue représentait un lugubre vautour au bec entrouvert. L'animal était aussi présent sur les deux Jolly Rogers qui ondulaient au-dessus des mâts. Les pirates poussaient la fille en direction de la grande l'embarcation. Une passerelle en planche reliait le ponton en bois au pont du navire. Une bonne cinquantaine de matelots se trouvaient déjà à son bord et préparaient leur prochain et imminent départ. Ils arrêtèrent leurs occupations quand ils virent leurs partenaires de voyage accompagnés par les trois prisonniers. Ils se regroupèrent autour en arc de cercle en criant et hurlant des obscénités aux trois captifs.
Attiré par le vacarme assourdissant, un homme très long et très mince sortit des entrailles du navire en ouvrant les portes à la volée. Il se planta devant le groupe et se plia pratiquement en deux à cause de sa taille pour pouvoir voir leurs visages. Il encra ses yeux anthracites dans ceux de la fille qui déglutit. Une lueur étrange brillait au fond de ses pupilles. Cet homme n'était pas normal... Il se redressa brusquement et leva ses bras au ciel dans un geste théâtral très exagéré.
- Mes amis ! Mes compagnons. Mes frères... dit-il gravement. Cette fille... Ces gens. Cet équipage ! ILS NOUS ONT DÉFIÉS ! S'époumona l'homme avec une voix éraillée en regardant ses hommes qui huaient les prisonniers. VOUS ! L'équipage du Vautour et moi ! Votre capitaine ! Le Capitaine Geier Aasfresser !... Nous ne pouvons pas laisser passer ça..., rugit-il.
Décidément, il aimait se donner en spectacle... Ses cheveux gris métal se balançait au même rythme que ses grands gestes démesurés. Son long manteau en cuir noir sans manche virevoltait derrière lui quand il tournoyait plusieurs fois sur place, les bras en croix et le visage vers le ciel.
- Il faut leur dire que ça ne se fait pas ! C'est malpoli ! On ne doit pas voler les affaires du vautour ! Non ! Non ! Continua-t-il avec sa voix éraillée. Surtout si c'est pour son chef !
Il se mit à rire comme s'il riait à sa propre blague. Au bout d'un moment, il finit par se calmer.
- Comme si j'allais obéir à ce chien. Messieurs, la première carte de La Barbesque est à nous !
L'équipage se mit à hurler de joie. Une cacophonie monumentale résonna pendant quelques minutes. Du coin de l'œil, Lola crut voir l'homme-hyène se raidir. Ses oreilles animales devaient être trop sensibles pour tout ce tumulte. Au bout d'un moment le capitaine du vaisseau finit enfin par calmer le chahut. Il se retourna vers la jeune fille qui était la seule prisonnière consciente. Pendant une très longue minute, il la fixait sans bouger et sans parler, peut-être même sans respirer. Personne ne broncha. Il trottina ensuite en se pavanant jusqu'à elle sans rompre le contact visuel. Plus il avançait plus Lola se contractait d'appréhension. Elle était effrayée. Une aura malsaine se dégageait de cet homme. Il posa brutalement ses mains sur les épaules de la fille qui sursauta et lui colla sa bouche contre son oreille en chuchotant des mots et des débuts de phrases sans queue ni tête qui ne voulaient absolument rien dire.
Lola avait les yeux ronds comme des soucoupes. Il prit ensuite entre ses dents l'oreille de la jeune femme et la lui tira légèrement en la mordillant. Il planta à nouveau ses yeux gris dans le regard tétanisé de la captive.
- Qui t'a envoyé ? Qui a essayé de passer devant moi ?
D'un léger coup de tête il indiqua le phénix inconscient.
- C'est Barbe Blanche qui t'envoie ?
Ne recevant pas de réponse, il attrapa d'une main la mâchoire de la jeune femme et commença à la serrer très fortement. Il se mit à gronder en sur-articulant :
- TU VAS ME DIRE QUI VEUT ME DEVANCER ! Hurla-t-il.
Aussi rapidement qu'il s'était énervé il se calma.
- Tu as de la chance d'être ici avec nous. Tu vas pouvoir nous aider. Est-ce que tu es heureuse ? Lui susurra-t-il. Est-ce que tu es heureuse de nous aider ?
Il resserrait sa poigne de plus en plus. Il allait finir par la lui broyer la mâchoire !
- Ou... oui... je... je suis heureuse ! Se mit pratiquement à pleurer Lola.
Satisfait, il la relâcha en caressant les plis de sa robe bleue déchirée et lui offrit un sourire jouissif. Le grand homme blond demanda ensuite à son chef avec une grimace amusée s'il comptait s'occuper de la fille sur-le-champ. Lola se raidit, ses jambes menaçaient de lâcher. Elle se mit à supplier intérieurement...
Le capitaine regarda son homme sans aucune expression.
- Voyons Dilinger, je n'ai pas encore déjeuné, dit-il comme si c'était une évidence.
Il s'éloigna ensuite dans les profondeurs du navire en virevoltant et tournoyant gaiement, emportant avec lui la mallette remplie d'argent. Le blond attrapa la fille par le cou et la conduisit à son tour à l'intérieur du navire. D'autres pirates les suivaient en traînant ses deux compagnons menottés et inconscients. Le dénommé Dilinger ouvrit brutalement une lourde porte en bois et ils jetèrent sans ménagement leurs prisonniers dans deux cellules distinctes.
- Ne t'inquiète pas petite, on ne te tuera pas ! Tu sais les filles se vendent plus facilement que les hommes et Shabaoddy est l'endroit parfait pour ça !
Lola regardait l'homme tatoué avec terreur. Le pirate s'éloigna en riant. Dès que l'homme eut disparut, elle se précipita sur la porte et attrapa les barreaux en métal pour essayer de l'ouvrir désespérément. Rien à faire, la cellule était totalement verrouillée.
…
La salle était complètement hermétique. Aucune ouverture sur l'extérieur ne permettait de savoir quelle heure il pouvait être. Complètement isolée du dehors, Lola s'assit à même le sol et prit ses genoux entre ses bras avant de commencer à prier silencieusement. Cela faisait faire plusieurs heures qu'ils avaient quitté le port.
Les geôliers étaient partis depuis un bon moment et les avaient laissés seuls dans la prison complètement vide et sale. Lola regardait l'autre cellule. Thatch était toujours inconscient sur le plancher, mais le phénix semblait commencé à émerger. Il mit encore quelques minutes avant de se relever douloureusement. Il se remémora ce qu'ils leur étaient arrivés et grimaça de douleur à cause de toutes ses blessures. Les pirates du Vautour avaient été plutôt brutaux. Toujours sans un mot, il se tourna vers la jeune femme qui ne le quittait pas des yeux.
- Où sommes-nous ? Demanda-t-il enfin.
Dans le navire des pirates du vautour... Du capitaine Geier Aasfresser..., souffla-t-elle.
Elle lui raconta ensuite tous les détails de toute la nuit : Leur soirée au casino, les 200 millions de la mallette, l'attaque de la bête et la marche dans la ville jusqu'à leur emprisonnement. Marco restait de marbre. Il devait lui en vouloir, mais son visage ne laissait rien paraître.
- C'est quoi ces marques ? Dit-il en montrant les côtés de son visage au bout d'un moment.
- Ce n'est rien ! S'empressa-t-elle de répondre en plaquant rapidement ses mains sur ses joues douloureuses.
De gros bleus commençaient à apparaître là où les doigts du capitaine ennemi l'avait attrapée. Marco se pencha au-dessus du cuisinier toujours dans les vapes.
- Il doit avoir quelques côtes fêlées, parla-t-il pour lui-même.
Une bonne heure plus tard, Thatch se réveilla à son tour. Il regardait dans tous les sens. Un profond mal de tête lui lacérait le crâne. Après avoir été lui aussi mis au courant de leur enlèvement, il se referma comme une huître en jetant des regards féroces du genre « je te l'avais bien dit » à la demoiselle. Lola se contenta de détourner le regard, plein de remords. Il avait raison. Elle aurait du l'écouter...
Cela faisait un bon bout de temps qu'ils avaient levé l'ancre. Le bateau continuait de tanguer. Les trois prisonniers étaient assis à même le sol, appuyés contre les barreaux en acier. Thatch n'avait plus dit un mot depuis son réveil. Il était profondément plongé dans ses pensées, le regard dans le vide. Marco profitait de ce moment de calme. Il fermait à moitié les yeux. Dire que s'ils n'avaient pas été capturés, il serait en train de superviser la fin du ravitaillement et une bande de bras cassés... Il soupira et regarda la fille enfermée à sa gauche. Elle luttait contre le sommeil.
Soudain, des bruits de pas dans le couloir résonnaient dans la pièce en attirant l'attention des trois pirates de Barbe Blanche qui se redressèrent. La porte s'ouvrit dans un long grincement sonore. Un gros homme se tenait sur le seuil. Son nez épaté qui avait l'air d'avoir été plusieurs fois cassé et se retroussa quand le sourire de l'homme s'élargit à la vue de la jeune femme. Le voyant dangereusement s'approcher d'elle, Lola recula jusqu'à toucher la grille du fond. L'homme ouvrit la cellule avec une des clefs du trousseau qu'il portait à sa ceinture.
D'une main il empoigna la jeune fille. Lola se débattait en criant. Elle mordit brutalement la main qui l'agrippait. Soudain le gros homme la gifla violemment. Elle s'effondra sur le sol, étourdie. Un goût de sang remonta dans sa bouche. Le coup lui avait fendu la lèvre inférieure. Elle essuya ses lèvres du revers de sa main en y laissant une trace sanguinolente. La brute la saisit par les cheveux et la traîna jusqu'à la sortie. Lola hurlait et se débattait
- Marco ! Aide-moi ! Supplia-t-elle entre deux sanglots en essayant en vain de se libérer.
Le phénix tira sur les menottes de ses poignets. Les chaînes étaient beaucoup trop serrées. Bon Sang ! Détachez-vous ! Il tira encore et encore. Le granit marin s'enfonçait dans la chair de ses mains.
- LOLAAA ! Crièrent à l'unisson les deux prisonniers quand la fille disparut derrière la grosse porte en bois avec les yeux remplis de peur et de larmes.
Et non pas de Bonus cette fois-ci, ça cassait un peu l'ambiance de fin... Je vous remercie d'avoir lu et vous dis à la prochaine !
