Euuh... Salut ?
Oui je sais le chapitre est un petit peu en retard ! Vous connaissez la chanson non ? École, page blanche et tout le tsoin-tsoin !
… Désolé... J'ai surtout pas arrêté de regarder Guilty Crown, hahaha... (C'est pas si mal quand on passe le début... je le boycottais avant...)
Réponses aux reviews ( j'arrive jamais à écrire ce mot du premier coup...) :
Rustal D Amandine : éffectivement, les pauvres meubles... J'ai toujours su que tu étais une chieuse ! J'arrive à reconnaître mes confrères ! En tout cas je suis heureuse d'avoir réussit à te captiver (espérons que cela dure!) je te remercie de me corriger... (sans elle c'est impossible de déchiffrer!)
Celmon : Mouhahahaha ! Je suis . C'est vrai ? Tu m'aimes bien (*rougit*) moi aussi je t'aime bien ! Et oui gentille ;). Je suis contente de savoir que ma fic te plaise !
Minimiste : Pour tout t'avouer moi aussi j'ai eu peur... en plus quand j'écris je m'emballe pas mal et à cause de ça je m'éloigne un peu de mon idée principale... je fais des slalomes ! Donc il y a plein de passages qui sautent et qui se rajoutent... on verra bien ce que ça donnera !
Merci pour ces encouragements ! Et voici la suite !
« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »
Boniface
Chapitre 11 : « Calmez-vous ! »
Lola resta collée à son sauveur de longues, très longues minutes. Sa respiration s'était calmée. Les yeux fermés, elle restait assise contre le vieil homme, bercée par les battements de son cœur.
Lola reniflait. Sa joue gauche était collée contre le vêtement chaud du soixantenaire. Une forte main calleuse caressa doucement ses cheveux courts. Deux ou trois mètres plus loin, le corps sans vie de son agresseur était étendu au sol avec deux fines lames enfoncées dans le dos et une dans le bas de la nuque. Au bout d'un moment, la jeune fille se redressa et se détacha quelque peu de son protecteur en essuyant d'un revers de main les traces de ses larmes séchées. Embarrassée, elle gardait la tête baissée. Elle s'était quand même précipitée sur un inconnu et l'avait enlacée à moitié nue... À moitié nue ?!
Brusquement, elle repoussa le vieil homme abasourdit et cacha le haut de son corps avec ses maigres bras. Les mains toujours liées, elle frissonna au contact du métal glacé des menottes. Le sauveur s'approcha doucement d'elle sans se relever. Accroupis à son niveau en attrapant une petite bourse rouge dans sa poche arrière, il lui demanda de lui tendre les poignets. Très hésitante, elle finit par lui obéir, gênée. Après que ses entraves furent crochetées, elle ramena ses bras contre son corps. Rouge de honte, elle s'éloigna grâce à ses jambes en glissant sur ses fesses contre le plancher en bois. Elle dévisageait scrupuleusement le vieil homme en plissant les yeux, méfiante.
Une forme humaine bougea près de la porte qui se referma dans un claquement sec. Lola sursauta. Maintenant que l'adrénaline était redescendue, elle commençait à frissonner de froid. L'unique lumière de la pièce sombre chancelait et se balançait au même rythme que les vagues. Quelques tonneaux étaient alignés au long des murs. Le corps du deuxième de son deuxième agresseur traînait derrière quelques barils en ne laissant apercevoir que ses jambes inondées de sang. La silhouette humaine s'approcha du vieil homme. Des yeux luisants dans l'ombre étaient posés sur la jeune fille assise sur le sol. Le vieil homme se retourna doucement.
- Je pense qu'il est temps... dit-il doucement.
La silhouette apparut sous le faible éclairage. Il acquiesça sans un bruit.
- Toi ! Rugit Lola. Tout ça c'est de ta faute !
Ferme-la. Tu vas rameuter tout l'équipage en criant de la sorte, gronda-t-il.
Le Mâche-fer se tenait droit à côté du vieil homme qui se relevait. Toujours sous sa forme d'hybride, le regard agressif et distant, l'homme scrutait la jeune fille en sous-vêtement. Honteuse, la jeune fille brisa le contact visuel en essayant inutilement de cacher un peu plus son corps pratiquement dévêtu. L'homme-hyène leva les yeux au ciel et enleva sa chemise et la lança à la jeune femme au sol. Lola l'attrapa et sans demander son reste, elle s'empressa de l'enfiler en fusillant du regard l'homme-chien qui ne se gênait pas pour la reluquer. S'il n'était pas un chien-chien surpuissant elle lui en aurait bien collé une à celui-la...
- Ça va ? Le spectacle t'a plus ? Demanda-t-elle ironiquement.
- Pas vraiment...
Comment ça pas vraiment ?! Lola insulta intérieurement le molosse. L'ignorant totalement, la bête ouvrit doucement la porte et inspecta le couloir. Voyant que le vieil homme la regardait Lola s'inclina en rougissant.
- Merci pour tout ce que vous avez fait... vous-vous m'avez sauvée...
- C'est Dihn que tu dois remercier. C'est lui qui t'a entendu, répondit-il.
Surprise, elle se redressa. La jeune femme scruta le dos tacheté de l'homme-chien qui écoutait discrètement leur conversation en faisant semblant de surveiller le couloir.
- Nous devons récupérer tes amis, continua le soixantenaire. À cinq nous aurons plus de chance de fuir ce maudit navire. Ton ami le phénix peut voler non ?
Voyant l'air étonné de la jeune femme, il reprit :
- Aasfresser doit maintenant être au courant pour Dihn et la carte je suppose ? Tu as dû voir qu'il n'aimait pas trop être contrarier. On ne peut plus rester ici, ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne trouve un lien entre Dihn et moi. Il est peut-être fou, mais pas stupide...
- Mais c'est quoi cette carte ? Pourquoi la veut-il à ce point ? À quoi mène-t-elle ?
- On y va, siffla soudainement le Mâche-fer en coupant le soixantenaire avant qu'il n'ait eu le temps de répondre.
Sans attendre la fille et le vieil homme qui soupirait exaspéré, Dihn s'élança rapidement dans le couloir. Tous ses sens en alerte, il partit en reconnaissance.
À quoi pouvait donc conduire cette carte pour qu'elle soit si importante ? Le Vautour avait parlé de barbesque, qu'est-ce que ça pouvait être ? Un bon nombre de questions tournaient sans cesse dans l'esprit de la jeune femme. Et ses deux sauveurs ? Qui sont-ils ? Pour qui travaillaient-ils ?
La fille et le vieil homme à l'arrière se glissèrent à leur tour par la porte et partirent à la suite du canidé. Trottinant souplement comme un fantôme, le Mâche-fer ouvrait la marche toujours à l'affût sous sa forme d'animale. Ses oreilles rondes dressées pivotaient sur son crâne, attentives au moindre bruit suspect. Le museau en avant, il humait l'air. Les deux autres le suivait silencieusement. Arrivé à une des intersections, le chien tacheté s'arrêta brusquement. Automatiquement, le vieil homme plaqua Lola dans l'ombre contre le mur sombre. D'un geste suggestif, il lui intima de ne plus faire de bruit. Une vingtaine de pirates armés couraient dans le couloir perpendiculaire au leur. Sans apercevoir les trois fuyards cachés dans l'angle du mur, ils continuèrent rapidement leur route.
Une fois parti, un petit sifflement agacé sortit de la gueule du chien. La mine soucieuse du soixantenaire attira l'attention de la fille.
- Ils viennent de renforcer la garde des cellules, dit le canidé.
- Pas le temps de trouver un nouveau plan. Ils risqueraient de s'en prendre aux prisonniers pour nous forcer à sortir, répondit le vieil homme ennuyé.
- On pourrait les laisser, ils risqueraient plus de nous gêner qu'autre chose.
Lola jeta un regard de tueur à la hyène. Il était hors de question d'abandonner son ami et le Phénix ! En voyant la mine pincée de la fille il leva les yeux au ciel.
- Je plaisantais.
Mais Lola n'en était pas convaincue. Finalement, d'un accord commun, les trois compères s'élancèrent à leur tour dans le couloir de droite à la poursuite du groupe armé. Les deux hommes s'élancèrent, prêts à faire un massacre.
Marco était assis sur le sol, adossé contre les barreaux de sa prison. Il soutenait douloureusement son bras blessé. À côté de lui, Thatch restait silencieux. Les bras autour de ses genoux, il fixait un point devant lui le regard dans le vague. Il n'avait pas dit un mot depuis le départ forcé de Lola. Sa respiration sifflait doucement à chaque inspiration. Ils n'étaient pas en très bon état. Marco rejeta sa tête en regardant le plafond. Il ne pouvait s'empêcher de penser à Lola. Que lui avaient-ils fait subir ? L'imaginant se faire violenter voir pire par le capitaine et l'équipage, le poing valide du phénix se serra... Il n'appréciait pas cette enquiquineuse de première, mais il ne pouvait pas s'empêcher de s'en vouloir... Les cris de la fille continuaient de hanter ses oreilles. Personne ne devait subir ce genre de choses... C'était tout bonnement inhumain !
La pièce continuait de tanguer en même temps que les vagues. Depuis combien de temps avaient-ils quitté Texas primes ? Quatre heures ? Dix heures ? Un ou deux jours ? Il n'avait aucun moyen de savoir. Père et l'équipage s'étaient rendu compte de leur disparition ? Les cherchaient-ils ? Allaient-ils leur venir en aide ? Comment pouvaient-ils savoir qu'ils avaient été embarqués de force sur un navire ennemi ?
Marco releva ses poignets menottés de granit marin au niveau de ses yeux en grimaçant. S'il avait été plus fort, il aurait pu sauver les deux jeunes. Il avait volé inutilement à leur secours quand il les avait entendus crier... Et il avait été incapable de leur venir en aide... Ils se retrouvaient dans ce merdier à cause de lui... Ses bras retombèrent mollement sur ses genoux dans un chuintement de métal. Ignorant la douleur cinglante de son bras droit, il ferma ses yeux.
Soudain une foule de pas précipités se fit entendre au loin derrière la porte. Des cris de rages et de douleurs accompagnés de coups de feux et de bruits de lames retentirent. Au bout de quelques minutes le silence revint. La porte de la prison s'ouvrit brusquement. Une fine silhouette se tenait sur le seuil, essoufflée. Pieds nus et uniquement habillée d'une chemise qui lui arrivait à mi-cuisse et beaucoup trop grande pour elle, Lola se dressait devant la prison. Elle hurla un « me voilà ! » très héroïque avant de se précipiter fièrement sur le verrou, brandissant le trousseau de clefs. La cellule s'ouvrit enfin dans un grincement sinistre.
- Lola ! Cria Thatch en se jetant sur elle puis en la serrant très fort en ignorant la douleur de ses côtes blessées. J'ai cru que je ne te reverrais plus jamais !
La jeune femme eut un rire forcé et se détacha de l'apprenti cuisinier en le tenant fermement par les épaules. Elle lui dit d'une voie forte et déterminée :
- Voyons ! Personne ne peut me vaincre ! Je suis Lola la mauvaise herbe ! On peut toujours me piétiner ou essayer de se débarrasser de moi, je reviendrais toujours !
- Je confirme, yoï, appuya le phénix amusé en se relevant.
L'adolescent rigola doucement en essuyant des larmes de joies qui menaçaient de couler. Lola détacha ensuite leurs menottes. Elles tombèrent sur le plancher. Le jeune cuisinier se frotta énergiquement les poignets.
- Tu ne te soignes pas ? Demanda La fille au second de Barbe Blanche qui soutenait toujours son bras blessé.
- Je ne peux pas.
Marco voyait le visage de la jeune femme se décomposer, de plus en plus horrifiée. Ce n'était pas possible ! C'était une blague ! Il était l'oiseau légendaire, le phénix ! Voyant l'air perdu de la fille il lui expliqua :
- J'ai interrompu ma guérison sur l'île, quand ils m'ont mis le granit marin. Je ne peux pas la reprendre tant que j'ai de la pierre marine sur moi. Ils m'ont mis un bracelet en granite quand tu es partie.
Marco leva son bras valide. Un épais anneau sombre entourait son poignet. Il était tenu fermé par un solide cadenas.
- Mais tu devais nous emmener sur ton dos ! Tu es le phénix ! Une créature surpuissante ! On devait s'envoler loin d'ici et retourner sur l'île ! Dit-elle en paniquant.
- De toute façon, sans Éternel Pose nous n'aurions pas pu la rejoindre.
Complètement perdue, Lola tomba à genoux sur le sol. Comment allaient-ils faire maintenant ?! Ils étaient bloqués ici ?!
- Je m'en doutais. De toute façon je ne pense pas qu'il aurait pu porter quatre personnes en même temps. C'est peut être une créature mythologique, mais ça reste quand même un vulgaire canard.
Lola, toujours au sol soupira en acquiesçant. D'un bon Marco se mit en position de défense, Thatch à ses côtés. Le mâche-fer se tenait appuyé contre l'encadrement de la porte. Les bras croisés, il les observait. Un rictus inquiétant étirait ses fines lèvres noires. Du sang avait éclaboussé la toison plus claire de son poitrail. L'homme-chien s'avança vers le phénix, défiant. Ses crocs acérés luisaient comme des miroirs. Des filets et des taches pourpres entouraient et coulaient de sa puissante mâchoire.
- Tu veux te battre ? Que vas-tu faire dans cet état, Phénix ? Le provoqua-t-il.
De sa bouche le mot « Phénix » sortit pratiquement comme une insulte. Dressée devant la jeune femme, face à la créature mi-humaine mi-carnivore, Marco répondit d'une voix grave et menaçante :
- Tu me défies le chien ? Tu ne viendras pas couiner après, yoï ?
- C'est quand tu veux, l'estropier. Que veux-tu que je t'arrache cette fois ci ? la tête ? Proposa le Mâche-fer en ricanant. Elle ne me revient pas... On a un combat à terminer.
Les deux combattants se tenaient à moins de trois mètres l'un de l'autre. Face à face, aucun ne semblait vouloir céder. Dihn avait l'avantage de la taille. Il dépassait pratiquement d'une tête l'oiseau légendaire et était en plein possession de ses moyens, contrairement à son adversaire. Marco se tenait droit et défiant, décidé à ne pas se laisser faire. La tension dans l'air était plus que palpable.
Lola attrapa doucement la chemise colorée du second en se relevant. Les yeux bleus clairs de l'homme-oiseau ne quittaient pas les orbes noirs et luisants du Mâche-fer. Elle tira délicatement le vêtement cherchant à attirer l'attention du phénix décidé à ne pas la lui donner.
- Marco... Dit-elle sans lâcher le tissu. C'est grâce à lui que nous sommes libres. Je n'ose même pas imaginer ce qui aurait pu m'arriver s'il n'avait pas été là... Nous devons en priorité trouver un moyen de partir d'ici ! Avec le raffut qu'on a fait, d'autres risqueraient de se ramener !
Elle attendait l'approbation du Phénix, mais elle ne venait pas.
- Bon sang Marco ! On n'a pas le temps de se battre ! Ils sont tous les deux de notre côté ! Enfin je crois... Ils peuvent nous aider !
Le vieil homme se posa à côté du Zoan carnivore. Marco réfléchissait à toute allure sans quitter une seule fois le Mâche-fer des yeux. Thatch et lui n'étaient pas vraiment en état pour battre pour l'instant et Lola ne valait rien en combat... Le phénix grimaça. Ils n'avaient pas le choix, ils allaient devoir compter sur eux...
Marco reprit son air nonchalant pour montrer son accord, mais il continuait tout de même de garder à l'œil les agissements de l'homme-chien. Sans faire attention aux regards méfiants et prévenus des deux pirates de Barbe Blanche, Dihn dit en se dirigeant vers la sortie :
- Nous devons quitter les cellules. Si le capitaine nous trouve maintenant, nous ne tiendrons pas le coup.
- Il est si fort que ça ? Demanda Lola inquiète
Rien que le fait de parler de l'homme fou, elle frissonna et sentit son cœur paniquer.
- Plus que nous cinq réunit en tout cas. Il a navigué de nombreuses fois dans le nouveau monde et vaincu à lui tout seul plusieurs équipages assez puissants. Il faut se méfier de lui, sans un plan il nous sera impossible de le battre.
- N'oublie pas Mocha, lui rappela le vieil homme.
Le Mâche-fer acquiesça en pinçant les lèvres en serrant les poings. Mocha était un assassin. On ne savait jamais quel mauvais coup il était en train de prévoir. Il fallait s'occuper de lui en priorité. Étant le plus fort membre de l'équipage, il était celui qui avait le plus grand champ d'action de sur le navire. Il vivait uniquement dans le but de tuer. Si le Vautour l'avait envoyé sur les traces des pirates de Barbe Blanche la nuit dernière, il aurait sûrement pris plaisir à les achever... peu importe les ordres.
- Allons-y, dit l'homme-hyène en passant la porte.
Le vieux pirate suivit son camarade. Lola légèrement en retrait sur sa droite se mit à les suivre. Les deux autres finirent à leur tour par les rejoindre en gardant une petite distance de sécurité avec eux. Une bonne vingtaine de corps sans vie longeaient les murs des couloirs. Tailladés, transpercés ou brutalement éventrés, ils gisaient face au plancher sur une quinzaine de mètres les yeux grands ouverts. Slalomant entre les cadavres encore chaud, les trois pirates de Barbe Blanche marchèrent rapidement en suivant les deux habitués du vaisseau ennemi qui prenaient de nombreux détours.
- Vous ne les avez toujours pas trouvé ? Demanda le second du navire, un grand homme aux cheveux blonds coupés en brosse en interpellant un des pirates de l'équipage.
- N-non ! Mais nous c-continuons nos recherches ! S'empressa de répondre prestement l'interrogé en suant de terreur.
Le pirate blond se leva de la caisse qu'il utilisait comme siège.
- Cherchez mieux ! Ils sont forcément quelque part ! On est sur un bateau en pleine mer ! Ils n'ont pas pu s'envoler !
Le capitaine apparut à un coin de couloir et passa en courant devant eux sans faire attention. Il continuait à beugler et à appeler la jeune femme puis disparut comme il était apparut dans un angle du couloir.
- Le capitaine n'est pas un peu perturbé ? Demanda visiblement une nouvelle recrue
- Pas plus que d'habitude, lui répondit un autre.
- Vous allez vous y mettre oui ou non ?! Aboya Dilinger.
Les pirates retournèrent en vitesse à l'intérieur du vaisseau en fuyant promptement le second. Si les fugitifs n'étaient pas capturés ou bien repérés rapidement, Dilinger n'aurait pas d'autre choix que de Le réveiller. Il ne pouvait pas laisser des ennemis vagabonder librement dans le vaisseau. L'homme frissonna. Il détestait l'idée d'être impuissant et de devoir faire appel à Mocha. Une fois laché, cet homme faisait un immense massacre sans distinction. À la prochaine île, les pirates du Vautour allaient devoir recruter une grosse quantité de membres d'équipage, car plus de la moitié allaient tomber aujourd'hui...
Dilinger se leva de sa caisse avec un air grave...
- Nous sommes vraiment en sécurité ici ? Demanda Lola.
- Non. Mais c'est le meilleur endroit pour l'instant, répondit Dihn en croisant les bras, appuyé contre un tonneau apparemment vide.
Les cinq fuyards étaient regroupés dans un coin d'une cale. Des caisses avaient été empilées les unes sur les autres et avait formées un petit abris un peu trop petit pour eux cinq. Dihn qui était le plus grand était plié inconfortablement, mais il ne se plaignait pas. La lumière de la cale leur parvenait à peine et leur permettait juste de pouvoir s'identifier.
- Mais arrête de me pousser ! Tu me fais mal ! Se plaignit le cuisinier.
- C'est toi qui m'écrase ! Répondit Lola.
- J'y peux rien si on est trop serré !
- Aïe ! Ça c'était mon pied, grogna le Mâche-fer.
- Désolé... s'excusèrent les deux jeunes, à l'unisson.
La cale sentait fortement le moisie et il ne fallait pas regarder de trop près les objets sur lesquels ils étaient assis. Cela faisait plus de quinze minutes que les trois adultes gardaient le silence et réfléchissaient à un plan. Ils ne pouvaient pas combattre l'équipage tout entier. Dans le quintuor, seuls Dihn et le vieux pirate possédaient tous leurs moyens et avaient assez de force pour se battre. Même si le Phénix assurait le contraire, il était plutôt mal en point et était limité dans les mouvements par l'anneau en granit marin qui l'affaiblissait. Thatch était encore un adolescent de quatorze-ans et Lola n'en parlions pas. Elle était complètement incompétente dans ce domaine.
Du côté des ennemis, ils avaient à faire face à plus de soixante-dix pirates entraînés. Mais ce n'était pas eux le plus gros problème. Le capitaine Aasfresser était plutôt fort et le dénommé Mocha semblait être un expert en assassinat. La hyène et le vieux pirate semblaient le craindre particulièrement.
Marco avait appris tous les montants des mises à prix et il savait que le capitaine des pirates du Vautour était un des rares pirates qui était toujours présent dans le Paradis à posséder une prime au-dessus des 400 millions de Berrys (Barbe Blanche aussi en faisait partie. Il disait qu'il aimait prendre son temps).
- Tout d'abord, il faudrait vous trouver des armes, réfléchit le soixantenaire.
- Je me bas principalement au corps à corps, mais je pense que ça pourrait être utile. Il faudrait au moins trouver quelque chose pour Thatch et Lola.
En entendant son nom la fille se redressa.
- Je ne me suis jamais battue ! Je ne sais même pas tenir correctement une épée !
- Je serais rassuré si tu avais quelque chose pour te défendre. On n'est pas sur le bateau de Oyaji ici. Tu dois pouvoir te défendre seule en cas de problème. On ne pourra pas toujours t'aider.
Lola se raidit. C'était vrai. Depuis qu'elle était arrivée dans le bateau de Barbe Blanche elle avait toujours compté sur les autres pour la protéger. Vista l'avait sauvée plusieurs fois, Stan aussi. À Texas Primes, elle s'était appuyée sur les infirmières lors de la première traversée de la 'sous-ville'. Puis Thatch avait essayé de la défendre et Marco était venue à leur rescousse. Et enfin les deux anciens matelots du Vautour l'avaient sauvée de son funeste sort une heure auparavant. Tout ce dont elle était capable c'était de pleurnicher comme une gamine et d'attendre l'aide des autres.
- Lola serra des poings en baissant la tête. Tout au long de sa vie elle n'avait toujours été qu'un fardeau pour les autres. Que ce soit pour son père ou pour l'équipage, elle avait sans cesse mis les autres en danger à cause de son incapacité et de sa maladresse. Vista avait faillit mourir par sa faute et Marco était sérieusement blessé
Mais tout ça devait changer. Elle allait devoir devenir plus forte. Non ! Elle deviendrait forte ! Lola regarda le Phénix et hocha la tête, déterminée. Il sembla aimer ce qu'il vit, car pour la première fois depuis qu'elle était arrivée sur l'intrépide, Marco lui fit un sourire sincère.
Bonus :
La joue gauche collée contre le vêtement chaud du soixantenaire, Lola reniflait. Une forte main calleuse caressa doucement ses cheveux courts. Deux ou trois mètres plus loin, le corps sans vie de son agresseur était étendu au sol, deux longs couteaux enfoncés dans le dos et un dans le bas de la nuque. Au bout d'un moment, la jeune fille se redressa et se détacha de son protecteur. Elle renifla fortement. Un long filet gluant et transparent reliait son nez au tissue dorénavant mouillé de la chemise de son sauveur. Les yeux écarquillé de dégoût, le vieil homme contemplait son haut en tirant férocement dessus. Le devant était complètement barbouillé de la substance infâme
- Ma chemise ! Hurla-t-il. C'était ma préférée ! C'était aussi la dernière qui était propre !
Sans prêter attention aux puissantes lamentations et cris de rage du soixantenaire, Lola essuya son nez dégoulinant sur toute la longueur de son avant-bras en y laissant une large trace luisante.
Le vieux se leva soudainement. Il était sur le point de la réduire en bouillie quand une forte créature l'attrapa et l'immobilisa au sol. Le vieillard se débattait.
- Lâche-moi Dihn ! Je vais lui apprendre à ne pas se moucher sur les gens moi ! C'était un cadeau de ma défunte femme ! Et non un tire-jus ! Rugit-il toutes les dents dehors.
