Bonsoir à tous !

Me revoilà avec le chapitre 15 ! déjà ! (ça fait un an quand même et il n'y a pas vraiment grand chose... hum). Je suis vraiment désolé pour l'attente... Comme on le dit si bien « longtemps mais sûrement! » ! J'ai eu énormément de boulot avec l'école et mes vacances servaient juste à rattraper les retards que j'avais accumulés ! (le pire c'est que ça fait un bon moment que ce chapitre était pratiquement fini...) je suis vraiment navré pour l'attente !

Je souhaite une bonne lecture à ceux qui sont toujours présents malgré attente cet interminable ! Et aux nouveaux aussi d'ailleurs !

Réponses aux reviews :

Rustal D Amandine : ah bon ?! Je suis un peu repassée derrière, il doit y en avoir un peu moins maintenant... j'espère... mais le truc c'est que je n'ai pas envie de te les envoyer, ça te fais un p'tit truc à lire en plus comme ça, c'est une petite surprise , (remplis de fautes évidemment...) ouaip, je l'avoue... et elle n'a pas fini de foutre son grain de sel la madame dragon céleste! Merci pour tous tes encouragements !

Recma : salut ! Ça fait plaisir de voir une nouvelle tête (enfin... de lire...). Je suis contente de voir que Lola tient la route ^^ et pour qui lui en veut... il me semble qu'effectivement « l' ex » de Vista a plus qu'une dent contre elle ! Pour le bonus avec Marco je ne sais pas encore... vu toutes les questions je pense sûrement en faire deux ^^ (en même temps c'est un personnage plutôt populaire) et pour quand... tel est la question ! En fait je n'en ai aucune idée pour l'instant, j'ai décidé de glisser les FeF quand je n'ai plus de petit bonuX intéréssant en réserve. En tout cas toutes tes petites questions sont notées dans un petit coin et sont prêtes à ressortir à tout moment ! Merci pour ton soutien ! Cela me fait vraiment plaisir !

Minimiste : je suis contente que ce chapitre t'ait plus ! Et pour tout t'avouer moi aussi je me pose la question... heureusement pour elle il y a marqué « only alive » ! Quoique vu celle qui veut absolument lui mettre la main dessus, je ne suis pas sûre qu'elle puisse le rester très longtemps ! Merci pour ton com et voici la suite !

Merci à tous ceux qui laissent un commentaire ou qui suivent cette fiction malgré l'interminable attente...


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 15 : «C'est MA carte»

Lola traînait des pieds et errait comme une âme en peine sur le vaisseau. Complètement absente, elle circulait sans but dans les couloirs pendant une bonne partie de l'après-midi en tirant mollement son balais derrière elle avec son avis de recherche toujours coincé sous son aisselle. Elle était totalement imperméable aux salutations et aux félicitations de ceux qu'elle croisait. Elle tournait et retournait inlassablement dans sa tête sa discussion avec le Phénix.

- Je ne pense pas que cette affiche soit authentique, réfléchit Marco en attrapant et en observant à nouveau un bon moment le dit avis de recherche posé sur le sol. On dirait qu'elle a été reprise après son impression. Regarde le montant, yoï.

Lola se redressa et tira sur la feuille de mise à prix pour observer à son tour ce que le zoan mythique pointait de son doigt.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?! On dirait que des zéros ont été rajoutés au stylo bic ! Hallucina la fille.

- Ça veut dire que quelqu'un a vraiment une dent contre toi...

- Mais qui ?! Lui demanda-t-elle.

Lola soupira. Elle avait vraiment le don de se mettre les gens à dos. Mais pourquoi elle ? Qu'est ce qu'elle avait pu bien faire dans une vie antérieure pour mériter ça ? Depuis l'âge de douze ans elle naviguait sur les mers comme clandestin le plus anonymement possible. Elle ne restait jamais sur une île plus de quelques semaines, pour ne pas de se faire remarquer... mais là... c'était fichu... 900 millions d'un seul coup... elle ne pouvait pas faire mieux... son affiche avait déjà dû faire le tour du monde au moins vingt fois !

Stephan n'arrêtait pas de la suivre où partout où elle allait en la regardant avec adoration. Oui, elle avait appelé son chien Stephan au grand déplaisir des trois Stéphans humains de l'équipage qui n'arrêtaient pas de se retourner quand elle appelait son chien. Et elle prenait un malin plaisir à parler à l'animal quand l'un d'eux était à côté. Mais que tu es mignon mon petit Stephan ! Allez-donne la patte Stephan ! Oh que tu es un bon chien-chien mon Stephan ! Thatch avait bien essayé de changer le nom du chien, mais il n'obéissait étrangement qu'à Lola et parfois quand il était de bonne humeur au capitaine. Mais elle avait fini par se lasser de cette plaisanterie. Ça l'avait amusé un moment de faire tourner en bourrique les trois membres de l'équipage, mais elle finissait toujours par retomber dans le désespoir que lui avait apporté cette fichue prime. Inconsciemment, ses pas traînants la conduisirent devant la porte de de l'infirmerie. BONG... Sa tête heurta doucement la porte en bois de la salle de soin adjacent à son dortoir. Elle marmonna dans sa barbe. Avachis contre l'encadrement, elle fut soudainement violemment bousculée.

- Excuse-moi ! Lança un docteur en blouse blanche qui disparut en courant dans un angle du couloir.

Soudain toutes les infirmières en uniforme sortirent rapidement à leur tour de la salle de soin et passèrent à côté de la femme de ménage et de son chien en galopant derrière le médecin. Elles étaient suivies par de nombreuses autres personnes en blouse blanche.

Lola réussit à attraper au vol le poignet d'une de ses amies, l'arrêtant soudainement dans sa course.

- Qu'est ce qu'il se passe ?! Demanda Lola.

Fanfan papillonna des yeux avant de se reprendre.

- C'est le patient que vous nous avez ramené ! Il a disparut ! Il est introuvable ! Répondit l'infirmière aux cheveux Parme. Il ne devrait pourtant pas pouvoir marcher !

- Dihn ? Lola relâcha l'aide soignante qui se remit à courir et finit par disparaître à son tour à la suite de ses collègues. Sans attendre, la femme de ménage posa son balais contre le mur et se mit elle aussi à la recherche de son sauveur. Il fallait le retrouver rapidement, si ses blessures se rouvraient elles pourraient être plus graves ! … et elle avait surtout deux-trois mots à lui dire, à ce gus-là !

Trottinant dans le navire, elle prit soin d'inspecter toutes des cales et toutes les pièces sur son chemin en insistant particulièrement sur celles encore inoccupées ou réaménagées. Surpris par l'arrivée subite de la fille, Stan attacha en catastrophe une serviette autour de sa taille.

- MAIS À QUOI TU JOUES ?! Aboya le pirate. ICI, CE SONT LES DOUCHES DES HOMMES !

Lola se tourna rapidement dos au spectacle et se retrouva face à la porte d'entrée.

- Dis-moi, tu n'aurais pas vu Dihn par hasard ? Il s'est enfuit de l'infirmerie, commença-t-elle à raconter.

- NON ! JE NE L'AI PAS VU !

- Tu es sûr ? Il est peu-

- SORT ! Rugit le pirate encore dégoulinant d'eau en lui balançant sa serviette qui était le seul objet à sa portée.

Mise violemment à la porte, Lola esquiva le tissu et s'ébroua contrariée. Mais quel caractère ! … Mais il n'est pas si mal... pas très jeune, mais il n'était pas moche. Elle ne put empêcher un frisson d'appréhension la parcourir. Non... Il était beaucoup trop effrayant... Ignorant les images internes que lui envoyait son cerveau, elle se remit à la recherche du fugitif en traînant les pieds avec son animal sur les talons encore plus collant que sa propre ombre.

...

L'homme était finalement introuvable, Lola se résolut à remonter sur le pont en abandonnant ses recherches. La nuit venait de tomber et le vent se faisait toujours désirer. Son estomac gronda bruyamment. Massant son petit ventre vide, elle se dirigea d'un bon pas vers le réfectoire surpeuplé à cette heure de la soirée. Elle poussa les deux battants de l'entrée et s'orienta automatiquement vers la table réservée aux infirmières. Elle se glissa entre deux rangés de pirates sans oublier de saluer d'un léger geste de main ses amis attablés un peu plus loin qui lui renvoyèrent la politesse...

Lola arriva à la table et s'assit entre Rody et Osis qui se décalèrent un petit peu sur le banc pour lui laisser de la place.

- Vous l'avez retrouvé ? S'empressa de savoir la fille.

- Non, mais on a mis père au courant. Il ressortira quand il aura faim, grogna l'infirmière aux cheveux noirs en se servant un blanc de poulet entreposé dans le plat au centre de la nappe.

Lola imita son amie après avoir servie la fidèle sentinelle à quatre pattes qui était encore plus collante que du papier attrape-mouche. Lola se servit d'une bonne portion de poulet et dévora goulûment son assiette. Posé devant une très haute table, Barbe Blanche surveillait ses enfants qui faisaient les pitres devant lui puis il s'intéressa à la conversation que Joz entretenait avec un autre colosse de l'équipage assit en face de lui. Au même moment, Stan passa les portes du réfectoire et s'avança en saluant quelques hommes qui l'interpellaient. Quand ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune femme, son regard se changea soudainement en envoyant des éclairs et des menaces visuelles du style « reviens ne serait-ce qu'une seule fois pendant que je prends ma douche et je te pends par le nez aux vergues* du grand mât !».

Ignorant l'intimidation du pirate à la queue de cheval, Lola fit semblant de s'intéresser à la discution des infirmières sans oublier de continuer de guetter Stan qui s'installait tranquillement à droite de Vista avant de rire aux plaisanteries qu'un pirate racontait en face de lui.

Après avoir engloutit leurs repas, les pirates ressortirent les tonneaux d'alcools et remplirent leur choppes à ras bord avant de se mettre à chanter et à danser sur les tables en renversant leurs bières et leurs rhums sous les rythmes de début de chansons guillerettes et paillardes. Lola bondit vers les fêtards en hurlant. Elle menaçait de mille morts ceux qui seraient les futurs responsables de sa prochaine journée de dur labeur.

Profondément dégoûtée par leur manque de considération, elle finit par abandonner et elle sortit en grommelant sur le pont. Elle se dirigea d'un pas rageur vers la poupe du vaisseau et donna au passage un bon coup de pied dans une bouteille vide de la fête du midi qui traînait sur son chemin. Elle se laissa glisser le long du mât d'artimon** et s'assit en tailleurs les bras croisés en s'ébrouant et bougonnant dans sa barbe en pensant au futur foutu nettoyage du grand réfectoire et de celui du pont qui était déjà encrassé par leur festivité du matin.

L'air frais de l'extérieur et l'odeur salée de la mer eurent le don de l'apaiser. Les sons étouffés des rires et des quelques notes de musique de la nouvelle petite fête improvisée résonnèrent jusqu'à ses oreilles. Lola soupira et leva les yeux vers le ciel. Une nuée d'étoiles scintillait vaillamment dans la nuit quand le croissant argenté de la lune s'élevait et se reflétait doucement sur la mer d'huile d'un calme olympien. Elle éclairait de sa douce lumière blanchâtre l'intégralité du pont pratiquement désert. Une légère brise parcourut le vaisseau en gonflant délicatement les voiles du mât principal comme une lente respiration animale.

Lola ressortit son affiche de mise à prix plié en quatre dans une de ses poches, les yeux plantés sur le montant. Comment pourrait-elle éclaircir ce malentendu ? Elle n'avait jamais eu l'intention de devenir pirate, surtout pas avec une prime aussi élevée ! Avec une telle somme sur sa tête, elle risquait d'attirer l'attention des hauts gradés de la marine et celles de célèbres chasseurs de primes du nouveau monde voire même des yonko en personne ! Elle était maintenant devenue un danger pour cet équipage si de telle pointure décidaient de la pourchasser... Ce n'était pas comme si elle se souciait vraiment de ces pirates, mais elle avait quand même finis par s'attacher à quelques personnes...

- 900 millions ?! incroyable ! Je n'aurais jamais imaginé. Tu caches bien ton jeu, susurra une voix masculine.

Dans un sursaut la jeune femme replia sa prime brutalement et la refourra sans attendre dans la poche de sa veste. Elle tourna la tête dans tous les sens en cherchant l'origine de la voix.

- En haut...

Lola leva le nez. En partie cachée par la voile, une forme humanoïde s'était installée sur une des poutres verticales et se distinguait grâce à quelques nuances argentées. Une courte queue poilue pendouillait mollement dans le vide quand deux points brillants la guettaient en contre-haut.

- Dihn ! S'exclama-t-elle. Que fais-tu là-haut ?! Tu es blessé, tu ne devrais pas grimper ! Mais comment tu as fait avec ta jambe ?! On t'a cherché de partout !

L'homme-hyène leva les yeux au ciel et répondit nonchalamment :

- Visiblement non, vu que vous ne m'aviez pas trouvé.

- Ne bouges pas ! J'arrive ! Répondit Lola en ignorant le sarcasme de la bête.

Au moment où Lola encerclait le large mât de ses maigres bras pour grimper, la hyène atterrie maladroitement au sol derrière elle. Dihn dévisagea la fille et se redressa en s'appuyant sur son unique jambe valide tout en reprenant son apparence d'hybride. Maintenant qu'elle y pensait, elle n'avait jamais vu Dihn sous forme entièrement humaine. Dépassant la jeune femme d'au moins trois têtes, il se mit face à elle en la surplombant dangereusement en gardant appuis contre le grand pilier de bois.

- 900 millions... c'est vraiment quelque chose... Sourit mauvaisement le félin en montrant une large rangée de dents qui étiraient quelques unes des blessures qu'il avait obtenues contre Mocha, aurais-tu un pouvoir caché ? Félicitations, il est vraiment très bien dissimulé. Mais 900 millions... c'est beaucoup trop pour une petite fille comme toi.

Malgré sa jambe toujours bandée et inutilisable, son aura était encore bien imposante. Il ne cessait de fixer du regard la jeune fille en empêchant de possibles mouvements de retraites. Pratiquement acculée contre la rambarde, Lola paniquée chercha une sortie quand l'homme-hyène tendit une main pleine de griffes dans sa direction.

- Je ne te le conseille pas.

Vista se tenait en retrait juste à côté de l'homme-bête et venait d'attraper le poignet de son bras. Un reflet soudain attira le regard de la bête vers l'arrière. L'ancien Noble tenait fermement une de ses lames déjà à moitié dégainée. Il était prêt à la sortir rapidement au moindre geste suspect de la part de la hyène. Les deux combattants se jaugèrent quelques secondes avant que Dihn arrache son bras de l'emprise du chapeauté et s'éloigne des deux pirates en boitant douloureusement sans oublier de leur jeter un regard amusé.

- Il y a quelques personnalités intéressantes sur ce navire.

Le Mâche-Fer tournant le dos au duo et se dirigea vers une porte qui menait dans les profondeurs du vaisseau.

- Mais qu'est ce qui lui arrive ? Demanda Lola en partie cachée derrière la carrure de l'épéiste sans quitter des yeux la hyène qui s'éloignait en claudiquant. Il n'était pas comme ça avant. Pourquoi il est aussi froid soudainement ?

- Tu sais, il se trouve seul sur un navire inconnu, souffla Vista. Je pense qu'il cherche à se montrer fort. En plus, il a devant les yeux une grosse prime facile d'accès, désolé mais... Euh...

Un flash soudain illumina les yeux de la fille. Au moment où elle allait se jeter à la suite du Mâche-fer, de puissants bras l'attrapèrent et l'immobilisèrent.

- Hey ! Lâche-moi Vista ! Ordonna la jeune femme. Dihn ! Rends moi ma carte ! Je sais que c'est toi qui l'as, voleur ! Tu me l'as prise la nuit dernière ! C'est moi qui l'ai gagnée au casino !

Juste avant de passer la porte du couloir , Dihn s'arrêta et toisa la jeune femme encore immobilisée sur le pont.

- Attends ! Rends-la-moi ! Brailla-t-elle.

Ignorant la demande de la fille, la hyène disparut à l'intérieur. Lola se débattait pour se libérer de l'emprise de son ami et se lança à son tour dans le couloir, Vista sur les talons. Dihn avait de nouveau disparu. Lola jura avant de se retourner vers l'épéiste qui se tenait derrière elle.

- Pourquoi tu m'as retenue ! S'énerva-t-elle. Il a MA carte !

- Tu n'es pas de taille contre lui. Tout ce que tu risques c'est de te faire écraser, se justifia l'ancien Noble. Viens, on retourne avec les autres.

Lola cala une main contre son front avant de jurer une nouvelle fois.

- Et pourquoi tu n'as rien fait ?! Toi, tu aurais pu facilement le maîtriser, il était blessé ! Et j'aurais pu reprendre ma carte !

- Se battre contre un blessé n'est pas loyal, répondit l'ancien Noble apparemment offusqué.

Lola pesta. Ah, les hommes et leur maudite fierté ! Elle inspecta encore une fois les couloirs sans trouver trace du voleur. Les mains dans les poches et la mine complètement renfermée, elle finit par se diriger vers l'infirmerie qui était à côté de sa chambre commune. Stephan avait visiblement terminé de manger, car il était réapparut et s'était remis à la suivre. Vista marchait à côté d'elle. Il ne l'avait pas quitté des yeux une seule seconde soit disant par « sécurité ».

- Où vas-tu ? Finit-il par demander.

- Me coucher, grogna-t-elle. Il y a des jours où il faudrait mieux rester dans son lit.

- Les autres font la fête en haut.

Lola continuait son chemin comme si de rien était, le visage fermé.

- Pas envie, trancha-t-elle. Regarder les autres mettre le bordel que JE vais devoir nettoyer ne m'enchante pas vraiment.

Vista regardait la jeune femme disparaître dans un des couloirs. Il soupira. Ah, les femmes... Une fois la fille hors de son champ visuel, le Noble fit demi-tour et regagna le pont avant de retourner dans le réfectoire très animé.

- Vista ! Tiens goûte-moi ça !

À peine eut-il passé les portes que Stan venait lui mettre une choppe de rhum remplie à raz-bord dans les mains. Rejoignant la table la plus proche, Vista se retrouva face à Thatch et à quelques autres pirates qu'il avait déjà croisé sur le pont.

- Ah ! Tu ne devais pas ramener Lola ?

- Elle n'a pas voulu revenir, répondit le Noble au jeune cuisinier en commençant à boire.

- Elle n'est pas drôle cette fille. Elle ne fait jamais la fête avec nous !

- Ce n'est pas une perte de toute façon, elle plombe plus l'ambiance qu'autre chose, grommela Tony assis dans un coin en sirotant son verre.

Tous ses amis autour de la table, surpris, se retournèrent vers lui.

- Il est comme ça depuis qu'il a reçut sa prime ce matin. Je crois qu'il est jaloux, chuchota un pirate à l'oreille de l'ancien Noble.

- Je ne suis pas jaloux !

- Et amoureux...

- Je ne suis pas amoureux ! S'énerva le petit pirate blond les joues complètement rouges. Surtout pas d'elle ! Elle... elle est trop... Voilà vous m'avez compris ! C'est n'importe quoi ! En plus ce n'est qu'un boulet !

Il se leva d'un bond et récupéra une bouteille encore pleine sur une des tables avant de sortir à son tour du réfectoire en jetant un regard dédaigneux à ses frères.

- Et bien c'est joyeux aujourd'hui, quelle ambiance ! S'exaspéra le jeune cuisinier en portant à ses lèvres une choppe d'alcool.


De nouveau installé sur une des vergues d'un des mats, Dihn observait un point invisible dans l'obscurité. Il faisait frais cette nuit là, mais grâce à la fourrure de son fruit du démon il n'avait pas froid. Une petite brise glissa le long de son pelage gris et fit claquer le Jolly Roger au-dessus de sa tête en gonflant légèrement les voiles.

De son perchoir il pouvait surveiller les allées et venues les pirates de plus en plus ivres au fur et à mesure que le temps passait. Au bout d'un moment les quelques notes et les derniers rires de l'équipage finirent par s'estomper et laisser place à un profond silence quelques fois coupé par les bruits des rondes des « volontaires moins éméchés » de garde pour le reste de la nuit.

La hyène posa son museau entre ses pattes en faisant abstraction de sa malheureuse jambe blessée qui ne manquait pas de lui rappeler sa présence.

- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda une voix à côté de lui.

Le Mâche-fer redressa sa tête et fixa l'homme qui venait de le rejoindre sur son perchoir. La bête soupira dédaigneusement.

- Et moi qui pensais que les poulets s'endormaient dès que la nuit tombait... répondit-il en reposant sa tête entre ses larges pattes sombres.

Le phénix lui jeta un profond regard courroucé en faisant disparaître ses longues ailes enflammées.

- Tu ne m'as pas répondu, yoï.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Soupira la bête en se relevant avant de grimacer au contact de sa douloureuse jambe bandée. Je vois que tu t'es tout rafistolé, c'est quand même pratique d'être un zoan mythologique...

- Tu n'aurais pas dû quitter l'infirmerie, ta jambe risque de se réinfecter.

Dihn leva les yeux au ciel.

- Arrête ton cinéma, tu m'agaces. Tu ne m'aimes pas et je ne t'aime pas. Maintenant laisse-moi tranquille et retournes faire mumuse avec tes soit disant frangins et ton p'tit papounet chéri. Vous êtes parfaitement ridicules à vous comporter de la sorte, siffla la hyène. Tu crois que se comporter comme une pseudo famille sert à quelque chose ? Vous finirez par regretter amèrement de vous être autant attachés les uns aux autres, parce que tout finira forcément par s'arrêter... Si un des membres de votre « famille » est trop faible ou ne vous est plus utile vous n'hésiterez pas à l'abandonner, comme n'importe quel équipage. La vie de pirate ce n'est pas quelque chose qu'il faut prendre à la légère comme vous semblez tous le faire. Il ne faut rien faire dans les sentiments après vous allez vous retrouver seul.

Marco et Dihn se dévisageaient silencieusement.

- Ça t'es arrivé, n'est-ce pas ? Demanda le second sans quitter des yeux les deux orbes brillantes qui le fixaient. Tu as perdu ce à quoi tu tenais.

- On peut dire ça... grommela la bête en hochant les épaules et en plongeant son regard nostalgique dans l'océan noir comme de l'encre. De toute façon, on a tous perdu quelque chose sur cet océan. Mais s'attacher aux autres quand on est un pirate, c'est la pire des choses à faire. Je me suis trop attaché et j'ai perdu. C'est une leçon que j'ai finalement bien comprise... Tout finit par nous être reprit... Il ne faut penser qu'à soi-même et à rien d'autre.

- Tu pourrais nous rejoindre, yoï. Nous, nous n'abandonnons personne.

La soudaine proposition du phénix eut l'effet d'une baffe et manqua de faire tomber le Mâche-fer de son perchoir. Sans attendre, Dihn attrapa le zoan mythologique par le col de sa chemise et le ramena face à lui.

- Tu comprends ce que je viens de dire ?! Vous me débectez, jamais je me soumettrais à tes ordres ou à ceux du guignol que tu appelles père ! Rugit la hyène en soulevant le phénix. Moi je ne suis pas un faible comme vous ! Je ai besoin de personne !

Sans attendre, les deux jambes du second se transforma en longues serres et projeta le carnivore sur pont. Il s'écrasa violemment. Marco remit en place le col de sa chemise froissée avant de se laisser tomber à son tour. Il atterrit souplement sur ses jambes devant le mâche-fer qui essuyait un filet de sang le long de son museaux en se redressant sur ses jambes en grimaçant. Sans lui jeter le moindre regard, le second du vaisseau passa devant lui et rejoignit la porte du vaisseau.

- Ne t'avise plus jamais d'insulter notre père, menaça le phénix.

- Vous finirez forcément pas vous faire trahir ! Aboya haineusement la hyène. Il n'y a pas de place pour les sentiments sur les océans ! Accorder autant de confiance envers vos soit disant frères ou votre capitaine sera votre plus grande faiblesse ! Un jour vous serez trahi ! et tu veux savoir le pire !? Ce sera que lorsque de vous vous en rendrez compte que ce sera trop tard ! Vous aurez tout perdu et vous n'aurez plus que des regrets et vos yeux pour pleurer !

Quelques pirates de gardes, alertés par tout le raffut finirent par arriver et entourer les deux combattants. Marco se retourna lentement et fixa nonchalamment la hyène toujours assit au milieu du pont la main sur son museau ensanglanté.

- Tu veux parier, yoï ?


*Longues pièces en bois en travers des mats qui soutiennent les voiles

**Mât arrière d'un trois mât


Bonus (suite) :

Quartier général de la marine, Marine Ford :

- Amiral-en-chef Kong ! S'exclama un jeune officier fraîchement gradé en se mettant fièrement au garde à vous sur le pas de la porte du bureau de son supérieur. Nous avons reçu de nombreuses demandes de renfort des casernes alentours, monsieur !

L'homme assis sur le large fauteuil leva doucement le nez de son journal. Ses cheveux blancs étaient dressés en quelques pointes claires qui contrastaient avec sa large figure mate où descendait trois autres mèches poilues en guise de barbe. Il reposa sa lecture sur son bureau à côté de quelques poids de musculation qui traînaient entre trois ou quartes piles de documents officiels. Sur le mur, accroché derrière le grand fauteuil, un large et long tableau où était calligraphié « Marine, force d'esprit » surplombait impérialement les deux combattants. L'amiral à la forte musculature souffla et croisa ses puissants bras.

- C'est à propos de la nouvelle prime, n'est-ce pas ? Je suis au courant. Envoyez toute l'assistance nécessaire, commandant. Je veux que les émeutes soient maîtrisées avant la nuit et faites réunir tous les hauts gradés présents, ordonna le grand dirigeant de la marine toujours assit derrière son gigantesque bureau

L'officier s'inclina avant de sortir exécuter les ordres. L'amiral-en-chef soupira une énième fois en s'appuyant contre le dossier de son large fauteuil où était posée sa longue cape blanche à l'effigie du gouvernement mondial. Il récupéra un papier plutôt singulier glissé dans le journal. Un vulgaire dessin qui semblait représenter vaguement un être humain illustrait vulgairement le nom du dit « démon ». Une solution drastique à son encontre devait être déployée. Comment une femme de cette trempe avait-elle réussi à rester inconnue de la marine aussi longtemps ?

Il reposa le papier rose sur son espace de travail avant de se masser les yeux. Une solution devait être rapidement mise en place pour régler ce problème.


- BWAHAHAHA ! 900 000 000 Berrys ! Les larmes aux yeux le grand vice-amiral aux cheveux grisonnants se tenait les côtes en riant allégrement.

- Garp ! Arrête de rire ! Grogna un autre haut gradé avec une coupe afro de cheveux noirs et une longue barbe tressée de la même couleur sombre placé à ses côtés.

Tous les regards étaient tournés dans leur direction. Le premier vice-amiral continuait de taper bruyamment la table de réunion à chaque tentative de respiration en faisant rebondir la coupelle de biscuits secs devant lui.

- Si elle arrivait à réunir sous son joug d'autres équipages de pirates renommés, elle pourrait devenir un des plus sérieux problèmes de la marine ! Continua sérieusement un des officiers. Elle a déjà réussi à rallier une des pires primes montantes de cette génération à sa cause. Ce n'est qu'une question de temps avant que d'autres équipages ne la rejoigne !

- Se soumettre à une parfaite inconnue jusqu'à lors... cela m'étonne de Barbe Blanche... réfléchit à autre voix la seule femme officier de la salle sans quitter des yeux le morceaux de papier coloré d'un horrible rose. Elle doit faire preuve d'un immense charisme et d'un pouvoir incommensurable pour réussir à contrôler un tel homme...

- Sans oublier une volonté de fer pour soumettre et s'imposer aussi rapidement à tout son équipage ! D'après nos sources, il considère ses hommes comme ses enfants.

- Ce démon doit les mener à la baguette. Nous allons devoir faire attention face à elle... chuchota l'amiral en chef assit au bout de la table, les doigts joins au niveau de son menton.


Au même moment dans un navire sur GrandLine :

Une jeune femme releva la tête de sa besogne et essuya son front poisseux de transpiration sur son bras droit en évitant ses longs gants roses en caoutchouc trempés d'eau sale. Elle étira ensuite ses membres groggy par son dur travail. Ses articulations craquèrent douloureusement. Recroquevillée sur le sol elle reprit sa dure tâche en frottant énergiquement l'émail blanchâtre encrassé par une étrange texture brunâtre malodorante avec une vulgaire éponge qui faisait pâle figure

Une tête blonde passa par l'entrebâillement de la porte en ignorant l'odeur pas très sympathique qui se dégageait de la pièce.

- tu n'as toujours pas fini, yoï ? Soupira le second du navire.

La jeune femme se contenta de lui envoyer un regard courroucé par-dessus son épaule. L'homme ignora l'air furieux de la jeune femme.

- Eh bien tu n'as qu'à m'aider ! À deux, ça ira plus vite !

Marco lui fit un grand sourire et s'appuya contre l'encadrement de la porte en croisant les bras nonchalamment. Il continua sans la quitter des yeux :

- Voyons je ne veux pas gâcher ton petit plaisir personnel ! N'oublie pas que tu as aussi les toilettes de l'autre côté du pont à nettoyer après celles-là. Les douches sont dans un état pitoyable et la lessive ne se fera pas toute seule... du rhum a été renversé sur le pont, il faudrait nettoyer. Ça colle désagréablement aux semelles...