! J'INFORME QUE CETTE FIC A ÉTÉ ENTIÈREMENT RÉÉCRITE DU DÉBUT !
L'histoire reste globalement la même, mais quelques intrigues et informations ont été rajoutées dont l'arrivée d'un nouveau personnage !
Pour ceux qui ne veulent pas tout relire du début vous pouvez recommencer au chapitre 9, si vous avez une très bonne mémoire, pas comme moi.
(Couiiiiiiic... La porte finit par s'ouvrir avec un peu d'efforts.)
Euh... il y a quelqu'un ? (seul l'écho de sa propre voix lui répondit) Youuuhouuuu... Lola ? T'es là ? AHHH ! (une femme momifiée par le temps gisait au sol) NON ! Ne soit pas morte ! Je reviens ! Je suis là ! Noooooonnnnnn !
Bonjour à tous ! Vous vous souvenez de moi ? Non ? Voyons ça fait juste deux ans ! Non ? Toujours pas ? … Je suis désoléééééée ! Pardon ! j'ai eu tellement de choses à faire pour l'école et pendant les vacances j'étais occupée par mon job d'été ! Je suis vraiment désolée, (s'incline lamentablement) mais je reviens ! Et j'ai trois chapitres d'avance !
Réponses aux reviews (enfin!):
Mausu-chan : Héllo ! Il y a eu un petit changement de programme à ce niveau ! Elle a encore une toute petite chance ! En tout cas tu as raison, il y avait bien une erreur. Merci de m'avoir prévenue ! J'ai rectifié ! Marco est sadique c'est vrai ! Mais je pense que ça vient surtout de son côté perfectionniste. Il veut que tout soit impeccable (surtout que Lola veut en faire le moins possible) comme son propre travail ! Mais je suis d'accord : « le travail c'est la santé, mais ne rien faire c'est la conserver ! »
Rustal D Amandine : Voui c'était ma faute... Je voulais réécrire deux-trois trucs avant de le publier et j'ai pas eu le temps (j'ai surtout oublié moi aussi en fait! ^^') Moi aussi je suis contente de revenir (Après deux ans XD) Je n'ai pas osé te recontacter après tout ce temps, mais si tu veux repartir en guerre avec moi n'hésite pas à me le dire !;) merci pour tout ce que tu as fait pour moi !
9 : Salut nouvelle tête ! Je suis contente que cette histoire te plaise ! La suite va enfin arriver ! Promis ! Comme dis plus haut j'ai trois autres chapitres de pratiquement prêts ! Ça fait plaisir de voir une référence comprise ! J'aime bien cette petite série vieillotte, elle change de ce qu'il sort en ce moment ! Merci pour tes encouragements et la suite est enfin arrivée !
Minimiste:Bonjour première camarade ! Je te remercie d'avoir laissé à chaque chapitre ton avis. Ça a été une de mes meilleurs sources de motivation ! Après deux ans d'attente, voici enfin la suite !
Mudy Judy : Merci pour tes encouragements ! Ta review a été elle aussi une de mes nouvelles barres d'énergie ! Et voici enfin la suite ! Je suis contente que Lola te plaise. Elle est dure à bouger mine de rien ! J'exècre moi aussi les Marie-sue. C'est toujours cliché et au final très redondant. Je te remercie encore et je suis fière de t'annoncer la suite !
Je vous remercie encore pour votre patience. Je tiens à vous préciser que si un jour j'abandonne cette fic ce sera précisé. Sans plus tarder je suis fière de vous présenter après ces deux ans d'attente le nouveau chapitre !
« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »
Boniface
Chapitre 16 : «La vie à bord»
- Pfff... Bande d'enfoirés, grogna hargneusement la jeune femme de ménage.
Depuis l'arrivée des premiers rayons de soleil, elle était bloquée entre les quatre murs du réfectoire et condamnée à nettoyer tout le fatras bien étalé de la fête de la veille. À laquelle elle n'avait bien sûr même pas participé. Il faudrait que ces fichus pirates aient à nettoyer leurs propres saloperies à tour de rôle, comme ça ils verraient ce que ça faisait de se retrouver seul face à ces tâches incommensurables ! À quatre pattes sous les tables, armée de sa serpillière et de son seau d'eau savonneuse, elle frottait furieusement les tâches d'alcool bien collantes renversées négligemment sur le sol de la pièce en imaginant à leurs places la tête alcoolique des fichus responsables. Heureusement que les pirates avaient décidé d'aller profiter des rayons du soleil matinal pour déguster leur petit-déjeuner dehors en lui laissant tout le réfectoire, car elle n'était vraiment pas d'humeur à voir une seule de leurs sales têtes. Elle n'appréciait pas vraiment les « pirates » et dès aujourd'hui elle les exécrait dorénavant au-delà du possible et leurs foutues fêtes comprises ! Surtout quand c'était elle qui devait se taper tout le nettoyage par la suite !
Lola poussa violemment un banc qui la gênait en pestant contre cet équipage qui ne savait pas boire sans en mettre partout. Une tâche plus tenace que les autres tentait de lui tenir tête, mais finalement la saleté ne put que s'incliner face à tant d'acrimonie.
Elle s'en souviendrait longtemps de la compassion des pirates de Barbe Blanche ! Forcée à servir de bonniche à une armée de truands fêtards alors qu'elle était blessée, faible et toujours en état de choc. Tout ça parce qu'elle était en partie la « principale responsable » du séjour chez les fous de deux de leurs compagnons et qu'elle avait été surprise à tenter de déserter ses tâches obligatoires pour la première fois de sa vie! Le capitaine l'avait donc condamnée à nettoyer intégralité du pont et du réfectoire jusqu'à ce que mort s'en suive ! Et vu la taille du vaisseau, elle sera effectivement morte avant d'avoir terminé ! Et pour couronner tout ça, Dihn était de nouveau introuvable ! Elle avait eu pour plan de le harceler jusqu'à ce qu'il cède et qui lui rende enfin SA carte, mais s'il restait introuvable donc elle ne pouvait pas mener à bien son projet !
À la mémoire du félin boiteux, Lola balança haineusement sa serpillière gorgée d'eau grisâtre à l'autre bout de la pièce qui atterrit dans un gros « SPLOTCH ! » pas très glamour sur une des tables à manger du réfectoire. Elle se fichait que ce ne soit pas hygiénique, de toute façon ce n'était pas sa table ! La femme de ménage fulminait sur place. Quand elle retrouvera ce maudit kleptomane elle lui fera la tête au carré et ravaler toutes ses dents ! Il allait regretter d'être venue au monde le matou galeux ! Car oui, elle s'était trompée tout ce temps et le capitaine des Vautour avait eu raison. La hyène était un félin et n'appartenait pas à la famille des canidés.
Après le nettoyage du réfectoire ce fut ensuite au tour du pont. Une bonne trentaine de bouteilles vides traînaient encore sans que personne n'ait eu l'idée de les mettre à la poubelle, évidemment ! Pourquoi s'embêter à les ramasser si Bobonne allait le faire ?! À se demander comment faisait cet équipage de cochons avant son arrivée ! S'employant à la basse besogne, Lola rassembla péniblement les cadavres de verre et les fourra dans un énorme sac, sans oublier de jeter deux-trois regards haineux aux glandeurs de garde qui se complaisaient à la regarder tournoyer furieusement dans tous les sens. Ils n'avaient rien d'autre à faire ?
Elle faisait des allées et retours avec son énorme sac remplis sur une épaule puis à genoux en frottant le plancher avec sa brosse dure et sa fidèle serpillière crasseuse. Stephan avait dû sentir sa mauvaise humeur, car il ne montra pas une seule fois le bout de sa truffe. Le petit chiot était devenu la mascotte de l'équipage. Tout le monde venait le caresser, jouer avec lui ou lui donner quelque chose à manger. Mais quand il faillait nettoyer ses crottes, il n'y avait plus personne !
Son travail sur le pont ne fut réellement terminé que lorsque le soleil commença enfin à décroître dans le ciel. Complètement épuisée par sa journée de boulot, elle se rendit directement dans sa chambre encore déserte de ses bruyantes colocataires et s'effondra sur son lit qui grinça sous son poids. La tête complètement dans l'oreiller et sans prendre la peine de se changer elle s'endormit immédiatement.
Quelque part sur une île dans le nouveau monde :
Un homme armé courrait dans les entrailles d'un immense château en pierre. Il avait dans une main un journal qui datait de quelques jours et dans l'autre un avis de recherche. L'île sur laquelle son équipage se trouvait était dans une zone très difficile d'accès. De ce fait, les nouvelles avaient tendance à arriver avec un peu de retard. Il toqua à une porte qui devait mesurer dans les dix mètres de hauteur et attendit quelques secondes puis poussa difficilement un des colossales battants. Il rentra prudemment dans la grande pièce. Un homme gigantesque était assis au fond de la salle. Il avait dans une main une immense choppe l'alcool et cinq jolies jeunes femmes posées sur son ventre. Le nouveau venu savait que les filles étaient là contre leur grès, mais le sourire factice qu'elles avaient constamment collé sur le visage arrivait à paraître presque réel.
L'homme s'inclina devant le géant et sa coure. Il posa les nouvelles et l'affiche sur une table basse devant le colosse puis il s'inclina de nouveau les mains sur les genoux.
- Boss ! Nous avons trouvé quelque chose qui pourrait vous intéresser dans le journal !
Le mastodonte se pencha et attrapa en premier l'avis de recherche. Le papier apparaissait aussi petit qu'un timbre poste dans la main gigantesque de l'homme. Il plissa les yeux pour pouvoir lire le nom avant de les écarquiller. Lola. Il se mit à rire puissamment, mais sans joie en faisant trembler les murs de la pièce. Les filles et le messager s'éloignèrent promptement de l'homme avec la tête toujours basse. Le rire du géant finit enfin par s'arrêter. Un grand sourire étira ses lèvres.
- Après tout ce temps, elle refait enfin surface. Je pensais qu'elle était morte.
L'homme regarda à nouveau l'affiche rose.
- Dommage qu'on n'ait pas son visage. Ça sera plus difficile de la retrouver. En cinq ans la petite a dû changer. As-tu d'autres nouvelles la concernant ?
- D'après le journal, elle voyagerait avec l'équipage d'Edward Newgate, aléas Barbe Blanche. Elle l'aurait sous ses ordres. Il commence à être assez connus dans le milieu. Ils sont pratiquement sur le point de passer dans le Nouveau Monde.
- Barbe Blanche ? Ce n'est pas lui qui a foutu en l'air toutes nos transactions avec le Gouvernement Mondial de Tiara Diamond?!
Le messager eut un mouvement de recule en acquiesçant d'un signe de tête. Une étincelle furieuse parcourut soudainement les yeux du grand homme et l'accoudoir en bois entre ses mains se fissura. Les immenses fenêtres de la pièce s'ouvrirent brutalement dans une puissante rafales et les vitres explosèrent en un millier de morceaux avant d'être projetés dans la salle. Les bouts translucides aussi tranchants que des lames se plantèrent profondément dans les murs. La bourrasque traversa la pièce en arrachant au passage les rideaux. Le messager cacha son visage dans son bras pour se protéger du vent et dû renforcer ses appuis pour ne pas être balayé. Une véritable tornade se forma dans la pièce.
- Fais venir les meilleurs mercenaires que tu possèdes ! Je suis près à les payer une fortune pour qu'ils me ramènent leur tête ! Je veux que l'équipage de l'Alezan et de Balios partent à leur recherche dès qu'ils auront terminé avec leurs îles ! Je les veux morts le plus rapidement possible ! Et je ne veux aucun échec ! Si elle s'est alliée avec des pirates et qu'elle se dirige vers le Nouveau Monde c'est qu'elle s'est enfin décidée à me tenir tête ! je ne tolérerais pas qu'elle vienne contrecarrer mes plans après tout ce temps ! Je la veux morte !
Le messager se précipita à l'extérieur et partit transmettre les ordres. Dans la salle qu'il venait de quitter la tempête s'accentua et les murs se mirent à craquer. Les tapisseries se déchirèrent et des morceaux de cloisons furent arrachés et broyés par la pression de la tornade. Sous la force du vent le toit s'arracha. Les cinq filles qui n'avaient pas pu s'éloigner du cataclysme furent soulevées par le tourbillon et furent disloquées dans de gros hurlements et craquement secs. Elles furent projetées haut dans le ciel comme des poupées de chiffon désarticulées.
Des nuages d'orages se rassemblèrent en cercles noirs autour de l'île. Compressés les uns contre les autres, des éclairs furent créés et la foudre s'abattit en continu sur le sol. Un colossal cyclone tournoyait désormais autour de la tornade en balayant les flots déchaînés sur plusieurs kilomètres à la ronde.
Sur le navire de Barbe Blanche :
Le réveil bipa. Les quatre filles qui étaient profondément endormies se retournèrent. Rody couvrit sa tête avec sa couette en grommelant. Un bras fin sortit de l'amas de couvertures du lit de Marie-Charlotte et chercha à tâtons l'horrible appareil pour enfin stopper ses cris stridents qui étaient sur le point de les rendre sourdes. Une fois la machine de torture arrêtée, le membre se rétracta sous les édredons chauds. Fanfan se redressa sur sa couchette en s'étirant. Un incroyable épis avait élu domicile sur sa tête pendant la nuit. Elle se frotta les yeux avant de descendre l'échelle de son lit en hauteur et de se diriger vers la salle de bain.
Lola s'assit sur son lit et jeta un coup d'œil au réveil. 6H30. Elle se leva à son tour en baillant et rejoignit l'infirmière aux cheveux lavande dans la salle de bain. Une fois son visage savonné, rincé et séché, elle retraversa la chambre pour récupérer des vêtements propres pour la journée. Au passage, elle regarda dans la couchette au-dessus de la sienne. Osis avait dû être de garde, car elle était absente. Une fois habillée, elle se pencha dans la caisse en bois aux pieds de son lit. Stéphan était toujours roulé en boule dans les couvertures et semblait être imperméable à l'agitation de la pièce. Lola le caressa pour le réveiller. Il passait tout son temps de la journée à dormir ou à jouer, il ne pouvait pas être fatigué. Une truffe sombre finit enfin par émerger du demi-tonneau. Les charpentiers du navire lui avait construit un panier avec un fond de tonneau d'alcool vide. Il était rempli de tissus bien moelleux, mais il continuait d'émettre une odeur de vieille vinasse malgré tous les lavages qu'il avait subi. Heureusement que l'effluve commençait enfin à s'estomper, car le premier jour cela avait été insupportable.
Le chien finit par s'étirer et se jeta aux pieds de sa maîtresse. Lola le prit dans ses bras et ils sortirent ensemble de la chambre pendant que Rody et Marie-Charlotte essayaient de rentrer en symbiose avec leur lit. Lola remonta le long des couloirs jusqu'au réfectoire.
Il n'y avait pas encore grand monde et le soleil commençait à peine à montrer le bout de son nez. La fille posa le chiot au sol et récupéra un plateau et plaça une assiette dessus. Elle prit un croissant qu'elle couvrit de confiture d'abricot, une tasse de thé au lait et une pomme. Elle posa son plateau sur une des tables vides puis s'assit sur le banc. Stephan se posa bien en évidence sur son derrière et regarda sa maîtresse avec des petits yeux implorants. Thatch rejoignit son amie attablée avec son propre petit-déjeuner et une gamelle remplie de viande. Le chiot lui donna immédiatement son attention.
- Aller, donne la patte Stephan ! Demanda le jeune cuisiner.
Le chien s'exécuta illico et un des Stéphans humains assis plus loin dans la salle se retourna en grommelant. Thatch adorait nourrir le chiot. C'était le seul moment où l'animal acceptait de lui obéir.
- Il est vraiment trop mignon, dit le garçon en posant la gamelle parterre.
Le chien blanc se rua dessus en remuant la queue. Thatch le caressa avant de se mettre à manger silencieusement son croissant sans quitter des yeux la boule de poils blanche. Il buvait pensivement son café.
- Dis-moi, tu ne le trouves pas un peu plus grand qu'avant ?
- C'est un chiot, c'est normal qu'il grandisse, répondit Lola en buvant sa propre boisson.
- Non, je suis vraiment sérieux. Je trouve qu'il a grandi. En quatre jours, il est impossible qu'un animal grossisse autant.
Lola se pencha au-dessus de la table pour regarder la bestiole. Stéphan qui avait déjà engloutit goulûment son repas et remua la queue. Maintenant qu'elle le regardait de plus près, il semblerait que Thatch avait raison. L'animal avait pris pas mal de poids. Quand elle l'avait récupéré sur le navire des Vautours il était à peine plus gros qu'un poivron. Maintenant, il avait la taille d'une grosse pastèque.
- Peut-être qu'il mange trop ? Hésita la fille.
Thatch paraissait dubitatif.
…
Lola avait passé la matinée à nettoyer les douches. Comme elle avait réussi la veille à récurer entièrement le pont et le réfectoire, elle pouvait enfin passer un après-midi comme bon lui semblait. Elle s'était posée dans un coin tranquille et faisait bronzette sur le pont. La fille profitait de son temps libre en emmagasinant de plus vitamine D possible. Le soleil n'était pas très chaud, mais il était très agréable.
Stephan la laissait tranquille pour une fois. Il s'était découvert une véritable passion pour les bottes. Il mordillait les pieds de tous ceux qui en portaient. Celles du capitaine étaient ses préférées. Il passait son temps à tirer les lacets et à s'acharner sur le bout de la chaussure. Barbe Blanche essayait constamment de le repousser gentiment du bout du pied pour ne pas le blesser, mais la petite boule furieuse aux dents de lait et qui n'avait pas pour ambition d'abandonner son nouveau jouet, revenait sans cesse à l'attaque toujours plus vaillamment.
Thatch, lui, échangeait des coups d'épée avec Vista sur le pont. Il avait demandé à l'ancien Noble de l'entraîner. Le cuisinier s'était senti très frustré de ne pas avoir réussi à défendre son amie quand ils avaient été en danger sur Texas Primes. Il avait décidé de devenir plus fort. Vista le trouvait plutôt doué avec deux lames. De temps en temps, Stan qui était lui aussi un bretteur qualifié et qui s'était assis juste à côté de leur zone d'entraînement, regardait le combat en glissant quelques conseils avisés au jeune garçon.
Chacun vaquait tranquillement à ses occupations. Cela faisait du bien d'avoir un peu de calme. Après toutes les aventures désastreuses, un moment de détente était toujours le bienvenue. Bon, toutes les péripéties n'avaient pas été complètement catastrophiques. Il y avait eu quelques petits points positifs : Vista les avait rejoints, elle avait trouvé Stephan (même si le Capitaine ne paraissait pas apprécier les coups de dents sur ses chaussures, mais le petit chien était trop mignon donc on lui pardonnait tout) et elle était à l'heure actuelle l'heureuse propriétaire d'une carte aux trésors dont elle n'avait même pas vue la couleur à cause du matou flippant qui restait continuellement introuvable. Il aurait pu quitter le navire à la nage que personne ne s'en serait rendu compte. Lola leva la tête vers l'endroit où elle lui avait parlé la dernière fois, mais le vergue du mât ne soutenait aucune hyène.
Elle était quand même curieuse. À quoi pouvait donc mener cette carte ? C'était logique que ce soit un trésor, mais elle était persuadée qu'il y avait quelque chose de plus dans cette histoire. Quelque chose d'unique. Geier Assfresser avait parlé de barbesque, mais qu'est-ce que cela pouvait bien être ?
Une ombre passa et s'arrêta au-dessus de son visage en lui coupant l'accès aux rayons du soleil. Lola entrouvrit un œil et vit Marco qui la regardait avec son flegme habituel. Lola se redressa en grommelant.
- Quoi ? Je n'ai pas le droit de prendre le soleil ? J'ai fini toutes mes tâches pour la journée, dit la fille en s'étirant comme un chat.
- J'aurais pensé que tu profiterais de ton temps libre pour t'entraîner un peu. Tu avais dit que tu deviendrais plus forte, non ? Ça pourrait être une bonne chose d'apprendre enfin à tirer droit.
Lola lui jeta un regard mauvais.
- Je n'ai peut-être pas bien visé sur le vaisseau des foldingues, mais mon tir a quand même été efficace. C'est un petit peu grâce à moi qu'on s'en ait sorti, tout se même.
- Et c'est aussi à cause de toi qu'on y est arrivé, lui rappela le Phénix.
- J'ai demandé à Tony de m'apprendre à tirer, mais il était occupé. Il m'a dit qu'il m'aiderait plus tard quand il aurait terminé avec les cordages. Satisfait ?
Le second du navire ne parut pas convaincu, mais il commença à s'éloigner.
- Attends Marco ! J'ai une question à te poser ! Est-ce que tu aurais déjà entendu parler de barbesque ?
Le Phénix s'arrêta et se retourna pour regarder la fille.
- Bien sûr que j'en ai déjà entendu parlé. Tout le monde connaît La Barbesque.
La conversation avait attiré l'attention de quelques pirates qui se prélassaient autour d'eux.
- Zhéhahaha ! Que de souvenirs ! Ça ne nous rajeunit pas ! Ria un gros pirate aux cheveux noirs et crépus à qui il manquait quelques dents.
- Oui j'étais vraiment fan de Lionel Galley quand j'étais petit !
- J'ai vraiment été triste quand ils ont arrêté de le publier. J'arrachais tous les matins le journal des mains de mon père pour avoir la suite.
- Oui c'était vraiment dommage, qu'ils aient décidé de l'arrêter !
Lola suivait le palabre avec attention sans en comprendre le moindre sens. En les entendant parler d'un sujet qu'ils semblaient eux aussi apprécier, d'autres groupes se joignirent à la discussion. Ils semblaient tous connaître. Vingt-cinq pirates étaient maintenant attroupés et plaisantaient sur le sujet qu'elle avait lancé et sur lequel elle ne comprenait toujours rien. Voyant sa mine déconfite l'homme aux cheveux sombres et crépus reprit la parole.
- Quoi ? Tu ne connais pas ?
- Voyons Teach, c'est une fille. Elle jouait à la poupée quand elle était petite. Elle ne pouvait pas suivre les aventures de Lionel Galley.
Lola jeta un regard noir au pirate qui la dénigrait, mais décida qu'il ne valait pas la peine d'intervenir. Le dénommé Teach lui expliqua enfin :
- Lionel Galley était une bande dessinée destinée aux enfants. Elle était publiée quotidiennement dans le journal, il y a quelques années. C'était les péripéties d'un aventurier qui parcourait vaillamment les mers. Ça parlait d'aventures et de trésors et tous les gamins ne parlaient que de ça. Je crois qu'un livre qui regroupe tous les chapitres a été publié il y a quelque temps.
- D'accord, mais au final, c'était quoi La Barbesque ?
- C'était le navire du capitaine Lionel Galley. C'était un bateau magique aussi rapide qu'un faucon qui pouvait voler dans le ciel au-dessus des nuages et dans l'espace. Il pouvait se rendre invisible de ses ennemis, traverser les tempêtes les plus violentes même se transformer en monstre marin. Personne ne pouvait le rattraper et l'équipage était composé des guerriers les plus forts du monde et certains avaient des pouvoirs sur-naturels.
- Le bateau était aussi armé de canons qui tiraient des lasers et il pouvait naviguer sur la lave ! Rajouta un des pirates.
- Ahlala... C'était le bon temps.
- Et il existe ce navire ?
Un grand silence parcourut les hommes agglutinés qui regardaient la fille du genre « t'es sérieuse ?».
- POUAHA HAHA HAHA ! Tous les pirates se mirent à rire.
Certains étaient pliés en deux d'autres avaient les larmes aux yeux. Lola vira à l'écarlate. Elle avait juste posé une question ! Les membres de l'équipage avaient du mal à reprendre leur souffle. Cependant, au bout de quelques minutes l'un d'eux finit par se calmer et lui répondre.
- Voyons, miss. C'était des histoires pour les enfants. Ce n'était qu'une bande dessinée, il n'existe pas !
Les pirates la regardaient tous avec des yeux qui semblaient dire « pauvre petite, elle perd complètement la boule » ou « ses produits nettoyants ont atteint son cerveau ». Lola avait toujours le rouge aux joues et essaya de paraître indifférente en grommelant dans sa barbe. C'est vrai qu'un bateau volant, invisible qui tire des lasers et se transforme en monstre marin était plutôt risible. Heureusement, Tony arriva sur le pont au même moment et la fille en profita pour se précipiter dans sa direction et échapper aux regards des pirates qui pour certains avaient toujours du mal à reprendre leur souffle.
Elle n'avait pas pu le voir, mais Dihn l'avait attentivement suivi des yeux pendant toute la conversation jusqu'à ce qu'elle disparaisse avec le pirate à face d'ange derrière le gaillard* arrière en direction de la poupe du bateau.
Quelques membres de l'équipage étaient réunis dans une petite pièce couverte, mais ouverte face à l'océan. Certains nettoyaient leurs armes à feu démontées sur des tables en bois et d'autres étaient assis sur des bancs disposés en quart d'arc de cercles au fond de la salle et papotaient entre eux ou regardaient quelques-uns de leurs compagnons s'exercer aux tirs.
Cinq cibles étaient montées sur des tréteaux et se tenaient debout à quelques mètres les unes des autres, face aux pirates et dos à la mer. Quelques hommes les tenaient en joue et tiraient en rafales. Des boites entières de cartouches étaient posées à côté d'eux et ils piochaient dedans pour recharger leurs armes. La plupart des coups faisaient mouches. Les cibles qui avaient une silhouette d'êtres humains étaient marquées d'anneaux concentriques au niveau de la tête et du cœurs et étaient numérotés de un à dix. De temps en temps, les tireurs se rapprochaient de leurs cibles pour admirer leurs coups.
Tony conduisit Lola devant une table vide. Il prit quelques exemplaires armes qui étaient rangées un peu plus loin et les étala devant la fille. Les trois revolvers ne semblaient pas de toute première jeunesse. Une des crosses était particulièrement usée. Le pirate à tête d'ange les présenta une par une en commençant par le revolver le plus à gauche.
- Celui-là c'est un Flintlock. C'est un pistolet à silex. Il faut souvent le recharger, mais c'est un plus gros calibre que les autres. Le deuxième est un Taurus 82, il est classique donc on trouve très facilement les cartouches. Le dernier est un Colt Singer Action. Les deux ont une capacité de six balles.
Lola prit le premier revolver qui était pratiquement deux fois plus long que les autres. Elle fut surprise par le poids de l'arme, c'était lourd !
- Tu devrais commencer par celui-là, dit Tony en lui tendant le Colt. La première chose à savoir c'est que tu tiens dans les mains une arme. Tu dois toujours la garder pointée vers le sol. Tu ne la lèves uniquement quand tu vises ou pour tirer. Un coup peut partir très vite et on ne veut pas d'accident ! On va tous les essayer, après tu choisiras celle avec laquelle tu es le plus alaise.
Lola passa la fin de l'après-midi à tirer plus ou moins habilement sur les cibles même si pour l'instant les munitions finissaient plus souvent à la flotte que dans la cible. Mais à force de s'entraîner, elle finirait par s'améliorer. Au final et sans surprise pour les pirates autour d'elle, la fille finit par garder le Taurus. Il était moins lourd que les autres donc elle pouvait le tenir plus longtemps dans les mains sans trembler sous son poids et son recul. Après la séance de tirs, elle apprit comment nettoyer son arme, chose qu'elle devrait faire après chaque utilisation. Au prochain port, elle devra s'acheter son propre revolver et ramener celui qu'elle tenait actuellement dans les mains dans les réserves de l'armurerie du navire. C'était une arme de secours pour l'équipage.
Lola massa son épaule droite qui était toute endolorie par les reculs des coups de feu en remontant les couloirs pour regagner le réfectoire. Elle avait récupéré en plus du revolver, un étuis un peu trop grand pour sa taille et elle avait eu pour consigne de le garder toujours sur elle. Une fois dans la salle à manger, elle remercia le petit pirate pour la leçon de tirs et regagna sa place. Elle était épuisée par sa journée et il faisait complètement nuit.
Stephan attendait avec impatience son repas et se mit à bondir à ses pieds pour attirer son attention. Lola lui mit des morceaux de poisson pêché par quelques hommes de l'équipage dans sa gamelle. Le chien n'était pas compliqué au niveau nourriture, il mangeait tout ce qu'on lui donnait.
Lola mangea lentement son délicieux ragoût de monstre marins pour profiter plus longtemps du plat. Les pêcheurs étaient particulièrement fiers de leur prise et ils avaient de quoi. Au milieu de l'après-midi, ils avaient remonté une énorme créature avec l'aides des gros bras de l'équipage. Le poisson faisait au moins quinze mètres de long et avait vaguement ressemblé à un blaireaux avec de très grosses dents, mais avec des nageoires et une grosse queue écailleuse. Il n'avait pas vraiment eu l'air appétissant, mais elle avait vite changé d'avis en gouttant le plat du soir. La cuisine était quand même un art incroyable. Les pêcheurs s'étaient pris en photo avec leur trophée et il fut vite encadré et accroché sur un des murs du réfectoire avec les autres photographies en créant le départ d'une nouvelle fête alcoolisée improvisée. Il en faillait peu pour commencer les festivités sur ce navire. Toutes les occasions étaient bonnes pour s'amuser.
Mais avant que tous les tonneaux ne furent tous sortis et que seulement quelques choppes eurent le temps d'être bues, un des pirates entra dans le réfectoire en courant. Il passa devant les tables de ses camarades qui le dévisagèrent et il s'arrêta devant la chaise du grand capitaine.
- Un navire ! Il se dirige droit sur nous !
Barbe Blanche se redressa en attirant l'attention de tous ses enfants. Les pirates s'étaient tous arrêtés dans leurs actions et attendaient les ordres de leur chef.
- Avez-vous son pavillon ?
- Pas encore Oyaji, il fait trop noir pour distinguer quoique ce soit ! On doit attendre qu'il se rapproche !
Newgate se leva et récupéra son bisento posé à ses côtés.
- Les enfants, il va il y avoir de l'action ce soir ! Préparez-vous !
Tous les pirates rugirent en cœur ! Les cloisons en bois tremblèrent sous la force cris des hommes. Ils dégainèrent leurs armes et les brandirent au-dessus de leur tête. L'atmosphère de la salle avait complètement changé. Les tonneaux d'alcool furent placés contre les murs et les restes du repas abandonnés sur les tables.
Barbe Blanche aboya les ordres et ses enfants s'exécutèrent en quittant la salle. Les yeux des pirates étaient maintenant sérieux, résignés et près au combat. Prêts à défendre leur navire et leur honneur, ils se bousculèrent sur le pont en prenant leur place.
Lola sortit à son tour du réfectoire. Le navire ennemi se trouvait à plusieurs centaines de mètres à trois heures et n'était qu'un simple point lumineux dans la nuit.
- Va dans ton dortoirs ! On viendra te chercher quand ce sera terminé !
Après lui avoir ordonné de quitter le pont Marco se transforma entièrement en Phénix et pris son envole en direction du bateau ennemis. Lola attrapa sous son bras le petit chien qui s'était mis à aboyer férocement face à la mer. Il était devenu complètement fou à cause de l'atmosphère des futurs combats. Il se débattait, mais elle réussit à l'emporter dans les couloirs. La fille arriva dans la chambre malgré le vacillement erratique du navire. La bataille avait commencé. Le chien était complètement enragé et ne se calmait pas. Le bruit constant des canons ne l'aidait pas. Il courrait dans toute la pièce en hurlant à la mort.
- Bon sang ! Tais-toi !
Au moment où elle réussit à attraper l'animal fou une immense secousse fit stopper le navire. Sous la puissance du bringuebalement la fille tomba au sol. Le réveil et les différents objets présents sur les tables de nuit des infirmières atterrirent brutalement sur le sol de la chambre. Le raffut qui provenait de la salle de bain indiqua à la fille que les affaires de toilettes venaient de subir le même funeste destin. Les flacons de parfum avaient dû éclater sur le carrelage, car une odeur d'eau de Cologne flotta dans le dortoir.
Après avoir ordonné à la fille de se cacher Marco s'élança dans la nuit. Il survola la mer en direction des ennemis sous sa forme animale. Des tirs de fusils l'accueillit. Les blessures des balles se régénérèrent immédiatement grâce à ses flammes bleues. Marco fit gracieusement le tour du bateau en reconnaissance. Le vaisseau devait contenir une petite cinquantaine d'hommes habillés d'uniformes blancs qui vidaient inutilement leurs cartouches sur lui. Au moment de rentrer sur l'Intrépide une étrange sensation parcourut l'oiseau légendaire.
Le phénix finit à nouveau le tour du bateau sous les assauts des marines avant de s'éloigner davantage vers l'océan. Marco écarquilla les yeux et fit prestement demi-tour. Il rejoignit en vitesse le navire de Barbe Blanche et se posa immédiatement aux pieds de son capitaine et Père en reprenant forme humaine.
Avant qu'il n'eut le temps de dire un mot le bateau des assaillants tirèrent dans leur direction, mais les boulets de canon heurtèrent la surface de la mer à côté de leur flan. Le bateau vacilla à peine sous les remous des vagues. Habitué aux fortes houles de l'océan les pirates ressentirent à peine le mouvement et restaient aux aguets des ordres de leur capitaine.
Barbe Blanche n'eut besoin que d'une seconde pour comprendre son second. Il se redressa et dit d'une voix puissante qui résonna dans les oreilles de tous ses fils :
- C'EST UNE EMBUSCADE !
* c'est un morceau de pont qui est plus élevé que le pont principal
Bonus :
Dans une des suites de la Terre Sainte de Mary Geoise, demeure des Dragons Célestes :
La nuit venait de tomber et il était maintenant l'heure d'aller se coucher. La femme en blanc s'étira en baillant. Une de ses esclaves préférées avait l'immense privilège de brosser ses magnifiques cheveux divins. Une fois la somptueuse chevelure démêlée, deux esclaves l'habillèrent de sa tenue de nuit en soie bleue marine. La maîtresse fixa ses jouets d'un air courroucé. Les esclaves se mirent à trembler. La femme attrapa une cravache posée en évidence sur sa coiffeuse et frappa brutalement une des soumises à portée de main qui tomba au sol.
- Qu'est-ce que je n'ai pas arrêté de vous répéter ?! Personne ne doit être plus grande que moi ! Pauvres ânes ! Je vous ferais couper les jambes !
Toutes les esclaves se mirent immédiatement à genoux et baissèrent la tête pour se trouver en dessous de la femme. La Dragon Céleste finit par se calmer et elle claqua des doigts. Toutes les esclaves de la pièce quittèrent la pièce toujours sur leurs genoux et la tête inclinée.
La tenryubito attendit que la porte soit fermée avant de récupérer la clef incrustée de diamants qui pendait sur une chaîne en or cachée autour de son cou. Elle se dirigea vers une porte au fond de la salle et la déverrouilla dans de petits claquements secs. La porte pivota et la femme entra dans la pièce et s'enferma immédiatement à l'intérieur.
Elle se retourna rapidement en rougissant.
- C'est moi mon chéri ! Je suis rentrée, je t'ai manqué ?
Au milieu de la pièce, une photo d'un jeune homme aux yeux améthystes et aux cheveux noirs coiffés d'un chapeau haut-de-forme était encadrée et posée soigneusement en évidence sur une magnifique table nappée de soie blanche qui lui était entièrement dédiée.
Sans attendre, la femme se jeta sur le gigantesque lit en gloussant comme une adolescente pré-pubère.
- Ne t'inquiète pas, je te sauverai mon petit Viscentzo ~
Des milliers d'avis de recherche de Vista étaient placardés sur le plafond, derrière la porte et sur tous les murs de la pièce sans laisser d'espace à la tapisserie en dessous. La femme gloussa à nouveau et se roula dans les couettes du lit qui étaient un immense agrandissement de la photo de l'affiche de prime du Noble.
- Ici, c'est notre petit coin secret ~
Au même moment à plusieurs kilomètres de là :
Vista saisit immédiatement son ventre. Une nausée soudaine l'avait assailli et des horribles frissons parcoururent soudainement tout son corps.
- Hé ! Mec, ça va ? Lui demanda Stan qui était juste en face de lui.
- Je ne sais pas, je ne me sens pas très bien d'un coup, répondit le chapeauté qui avaient brutalement pris une teinte verdâtre. Je pense que j'ai dû manger quelque chose qui n'était peut-être pas très frais.
J'adore les cliffhangers !
