! J'INFORME QUE CETTE FIC A ÉTÉ ENTIÈREMENT RÉÉCRITE DU DÉBUT !

L'histoire reste globalement la même, mais quelques intrigues et informations ont été rajoutées dont l'arrivée d'un nouveau personnage !

Pour ceux qui ne veulent pas tout relire du début vous pouvez recommencer au chapitre 9, si vous avez une très bonne mémoire.

Salut tout le monde ! On se retrouve pour le chapitre 17 ! j'espère que vous passez un été pas trop chaud ! Moi je suis un vrai blobfish hors de l'eau ! Je fonds !

Réponse aux reviews :

Cookie : Hello ! C'est vrai que ça fait longtemps ! Merci pour tes encouragements ! Ça me fait chaud au cœur ! Je suis contente que cette fic te plaise et je suis contente d'avoir repris son écriture, elle m'avait un peu manquée cette petite histoire. Merci pour tous ces compliments:) ! Je n'ai pas encore prévue de l'abandonner ! Pour l'instant je suis super motivée ! SUPEEEEEEER !

Mausu-chan : Oh ! Tu es à fond ! Merci pour tous tes coms ! Ça m'a fait vraiment très plaisir ! J'espère que la réécriture te plaît et tu as une bonne mémoire dis-donc ! Effectivement elle avait accepté au départ, mais au final en réfléchissant bien je n'arrivai pas à trouver pourquoi elle aurait pu accepter la mission dès le début surtout que c'était hyper dangereux pour elle. Au départ Stephan devait arriver quelques chapitres plus tard, mais j'aimai bien l'idée de l'avoir avant ! Et oui il va encore grandir ! Un peu trop même ! Encore merci pour tes reviews, ça m'a donné un bon coup de fouet !;)

Merci à tous de suivre cette fic ! Je vous présente maintenant la suite ! Bisous !

« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 17 : «EMBUSCADE»

Barbe Blanche n'eut besoin que d'une seconde pour comprendre son second. Il se redressa et dit d'une voix puissante qui résonna dans les oreilles de tous ses fils :

- C'EST UNE EMBUSCADE !

Le vaisseau de la Marine continuait de se rapprocher. Barbe Blanche frappa l'extrémité de son arme sur le pont. Le bruit sourd attira l'attention de tous ses enfants qui s'étaient mis à murmurer entre eux malgré les bruits de canons. Le navire ennemi continuait de les provoquer. Le Phénix prit la parole d'une voix puissante pour se faire entendre sous l'intensité des canonnades ennemis

- Deux autres navires de la marine sont cachés derrière le premier ! Ils voulaient nous surprendre en se camouflant dans l'obscurité !

- Nous allons nous séparer en trois groupes ! Ordonna de capitaine. Les deux premiers iront chacun sur un vaisseau et le dernier restera à bord pour protéger le navire et pour garder à distance et abattre le dernier bâtiment avec les canons ! Montrons leurs de quel bois on se chauffe à ces morveux !

La horde de pirate se mit à rugir puissamment. Le premier navire ennemi était à portée de tirs. Les brigands armés de fusils commençaient à faire feu sur les marines. Les pirates de Barbe Blanche avaient un petit avantage sur leurs ennemis. Leur vaisseau était plus grand donc ils se retrouvaient plus haut que les soldats et avaient une meilleure visée sur les marines qui se trouvaient en léger contre-bas. Les deux navires rivaux étaient maintenant flan contre flan.

- Premier groupe ! Avec-moi ! Ordonna Marco.

Une petite quarantaine de pirates rugirent et se précipita derrière le vice capitaine. La horde dirigeait par une boule de feu bleu aborda le premier vaisseau en sautant sur le pont ou à l'aide de cordes et de grappins. Les forbans se jetèrent sur les marines et les armes s'entrechoquèrent. Le Phénix qui avait pris entièrement son apparence animal, attrapa deux tireurs en uniforme dans chacune de ses serres et les lança à la mer.

Les deux autres navires de la marine toujours cachée dans le noir, contournaient vicieusement le bâtiment de Barbe Blanche pour l'encercler, mais leur manœuvre surprise échoua. Ils avaient déjà été repérés avant même d'avoir commencé l'attaque. Le bateau ennemi qui se trouvait le plus proche au niveau de leur poupe fut lui aussi envahit par un bon groupe de bandits. Barbe Blanche atterrit à son tour sur le pont du navire de la marine et fit tournoyer son bisento entre ses mains.

- C'est terminé pour toi Barbe Blanche ! Rugit un des soldats qui paraissait être un des supérieurs du navire.

L'homme capé menait un petit groupe de marine en uniforme. Armes aux poings, ils chargèrent ensemble le gigantesque capitaine au jolly roger noir qui les accueillit avec un grand sourire et les balaya d'un simple coup.

Resté sur le navire, Vista qui faisait partie du groupe de défense trancha subrepticement des boulets de canons avec ses sabres. Les boules de bronze se fendirent symétriquement en deux avant de retomber dans la mer causant quelques remous. Les autres salves tirés par les canonniers ennemis subirent le même destin. Le bretteur était déterminé à mener à bien la mission qui leur avait été confiée par leur capitaine.

D'autres boulets de canon furent de nouveau envoyés par le troisième bâtiment de la marine, mais les canonniers de Barbes blanches ne pouvaient pas répliquer, car le bâteau ennemi s'était positionné pile devant le navire et se trouvait dans un de leurs angles morts. L'Intrépide possédait seulement des canons sur les flans et le vaisseaux de la marine s'était placé devant la proue et n'était donc pas à portée de tirs. La marine coupait la route aux pirates. Constatant ce problème, les canonniers s'étaient ravisés sur le premier vaisseaux où Marco s'y donnait à cœur joie et qui était bien mieux positionné. Ils faisaient confiance à l'équipe de défense pour s'occuper du dernier vaisseau furtif. Les canons brûlants à cause de la chaleur crachaient sans interruption leurs lourdes munitions sur la coque de leurs ennemis. Le bois éclatait en milliers d'échardes aussi grosses que des avant-bras en laissant de gros trous.

- ATTENTION ! Hurla soudainement une voix.

Emporté par les vagues, le navire de Barbe Blanche heurta brutalement le bâtiment qui lui coupait la route. L'intrépide fut brusquement arrêté net. Emportés par la force du choc, certains canons en acier lourd de plusieurs quintaux basculèrent sur le côté et rencontrèrent violemment le sol et la plupart des membres à bord subirent le même traitement. Quelques-uns avaient réussi à se rattraper à temps à une rambarde ce qui leur permis de rester debout. Le flan gauche de la corvette ennemie était défoncé et son pont était à moitié détruit. La proue de l'Intrépide s'était enfoncée à l'intérieur du bateau devant lui

- Vista ! Ça va ?!

Le chapeauté acquiesça, se releva et se mit immédiatement en position de combat face au navire accidenté de la marine.

- Mettez vous en position ! Les soldats arrivent ! Ordonna l'ancien Noble.

Ses compagnons obéirent immédiatement. Ils étaient prêts à accueillir leurs ennemis. Les marines qui avaient eux aussi subit le choc commençaient à se relever. Quelques soldats alertes profèrent de l'étourdissement de certains pirates pour atterrir sur le navire de Barbe Blanche.

- CHARGEEEEZ !

Ils brandirent leur sabres au-dessus de leur tête en se ruant sur les bandits. L'équipe de défense réussit tout de même à les contrer. Mais les soldats étaient beaucoup plus nombreux que prévu. Une bonne soixantaine de marines entraînés et armés déboulèrent des entrailles du navire accidenté en hurlant sur le pont de l'Intrépide. Les soldats étaient en supériorité numérique totale. Les deux tiers de l'équipage de Barbe Blanche se trouvaient sur les deux autres bâtiments de la marine et la moitié des brigands restés sur l'Intrépide était des canonniers qui tiraient actuellement sur le premier navire dans la soutes aux canons un étage plus bas. Ils étaient pour le moment un peu moins d'une vingtaine sur le pont à défendre le navire et les hordes de marines pugnaces se jetèrent sur eux avec acharnement.

Sur la première corvette ennemie, les marines tenaient vaillamment tête aux pirates combatifs. Les soldats de la mer tentaient de les abattre, mais les brigands leur résistaient.

Marco qui était à la tête de la première équipe se battait comme un lion. Il parait facilement les lames de ses ennemis avec ses serres avant de les laminer avec ses griffes. Il restait néanmoins attentif aux combats de ses compagnons et il était prêt à intervenir en cas de faiblesse de leur part, mais son groupe ne semblait pas en mauvaise posture.

- Soit maudit sale pirate !

- Meurs !

Une petite dizaine de marines se jetèrent sur lui. Le Phénix esquiva les sabres et trancha la gorge de quelques soldats et envoya les autres hors service au sol. Marco n'aimait pas tuer ses adversaires, mais certaines fois il se trouvait contraint de le faire. Son capitaine pratiquait la même idéologie. Il était fort, mais humain. C'était une des raisons qui lui avaient donné envie de rejoindre l'équipage de ce grand homme.

De temps en temps les canons de l'Intrépide touchaient profondément la corvette ennemie en la faisant chanceler. À quelques mètres de lui, Teach était aux prises avec le gradé du vaisseau. Il se débrouillait bien, le second l'avait laissé faire. Armé de trois griffes en métal à chaque main, le gros pirate arrivait à tenir à distance le colonel et à l'acculer contre une des rambardes du navire.

Un grand fracas suivi de cris attirèrent l'attention du second de Barbe Blanche de l'autre côté de la scène. L'Intrépide et un des vaisseaux de la marine étaient entrés en collision ! Marco enflamma ses bras devenu des ailes et s'apprêta à s'élancer dans le ciel pour rejoindre ceux qui étaient restés sur le navire et qui semblaient avoir besoin d'aide quand d'autres soldats de la marine se jetèrent sur lui. Il réussit à les éliminer rapidement et prit finalement son envole.

- TEACH ! JE TE CONFIE LA SUITE !

Le dénommé acquiesça avant de reprendre son combat. Le groupe du premier abordage se débrouillait très bien. Il pouvait s'éloigner sans problème.

- BAISSEZ-VOUS ! Hurla un marine.

Mais pratiquement aucun de ses compagnons ne purent obéir assez rapidement à leur camarade. Une grande lumière bleue passa au-dessus de leur tête et s'écrasa sur quelques soldats. Le feu-follet prit une forme humanoïde et d'un rapide coup balaya six marines devant elle.

- Yoï, Vista ! Je viens en renfort !

- Marco !

À quelques pieds du phénix Vista se démenait. Il tranchait vaillamment tous les soldats à sa portée en essayant de protéger l'arrière de ses camarades encore debout et blessés. Il faisait preuve de beaucoup d'adresse et il éliminait trois fois plus d'ennemis que tous ses compagnons réunis.

Une nouvelle vague de marins chargea la petite ligne de défense. Le phénix n'attendit pas une seconde de plus et se jeta dans la mêlée. Au même moment, une forme sombre tomba du mât et s'écrasa sur un marine qui se trouvait dessous. Dihn se redressa et bondit sur un des soldats. L'homme tenta de trancher le pirate avec son sabre, mais les crocs de la hyène se refermèrent sur l'acier de l'arme. En une pression de la mâchoire l'épée fut complètement brisée et le triste propriétaire se retrouva qu'avec une poignée dans les mains. Dihn ne portait pas le surnom de « Mâche-Fer » pour rien. La bête envoya d'un coup de griffe et le marine s'écrasa sur un autre. Le Phénix salua d'un léger coup de tête l'animal qui le lui rendit.

Les deux zoans se mirent dos à dos.

- Alors ? Tu t'es enfin décidé le minou ?

- Il est hors de question que je vous rejoigne ! Mais je déteste les marines ! Répondit la hyène en assommant un soldat à sa droite. Et ne m'appelle pas comme ça, sale perroquet !

- C'est ça ta répartie ? Plaisanta le zoan mythologique.

Ils étaient toujours en large infériorité numérique, mais les deux utilisateurs de fruit du démon et Vista faisaient un incroyable nettoyage. Dihn se jetait à mains nues sur les soldats qui tentaient de se défendre inefficacement contre lui. Quand un des hommes en uniforme cherchait à atteindre le flan de la bête, Marco les envoyait valser avec ses serres et à l'inverse quand le Phénix était vilement ciblé, la hyène le défendait. À quelques mètres d'eux, Vista continuait de trancher furieusement les marines qui ne cessaient de revenir en vague pour les attaquer.

Une vingtaine de pirates sortirent des entrailles de l'Intrépide et se lancèrent à leur tour dans le combat. Les canonniers avaient dû être alertés de l'invasion de la marine sur leur vaisseau à cause de bruits des combats sur le pont principal. Avec leur sabre ou leur pistolet en main, ils chargèrent les soldats de la mer.

Sur la deuxième corvette de la marine, les bandits arrivaient à tenir tête à leurs ennemis sans aucun effort. Barbe Blanche qui les avait accompagnés s'occupait du contre-amiral responsable de la manœuvre. Le haut-gradé avait du rapidement intervenir, car Edward Newgate avait balayé une bonne partie de son équipage. Les soldats avaient eu pour consigne de rester éloignés convenablement de l'homme et de l'abattre à distance avec leurs armes à feu, mais la portée de l'arme du grand capitaine était facilement venue à bout de leur recule. La puissance des coups avaient envoyé à la mer une bonne quantité de marines.

Le contre-amiral tentait de parer difficilement l'immense bisento avec ses deux katana, mais les coups du grand pirate étaient forts et le marine lui cédait de plus en plus de terrain.

Du coin de l'œil, Barbe Blanche avait vu Marco se précipiter sur leur navire après la collision. Il avait confiance en son second. Il était fort. Il saurait être capable de s'occuper du contre temps. Heureusement, l'Intrépide avait toujours l'air d'être opérationnels.

Le capitaine pirate abattit soudainement l'extrémité de son immense arme sur le gradé. Surpris par son soudain changement de vitesse le marine n'eut pas le temps de parer ou d'esquiver et la lame trancha son buste. L'homme était toujours vivant, mais il s'effondra au sol incapable de continuer son combat.

Le reste des pirates continuait de se battre contre les derniers marines qui cherchaient encore l'affrontement, mais la plupart des hommes avaient perçu leur défaite inévitable. Les pirates avaient gagné la bataille, mais les soldats continuaient leur lutte vaine par fierté.

Thatch était aux côtés de Stan qui l'épaulait en cas de coups durs. Le cuisinier se battait encore vaillamment contre ses ennemis. Il avait réussi à dénicher deux sabres et avait parfaitement appliqué les conseils de ses deux entraîneurs. S'il continuait sur cette lancée, le jeune cuisiner finirait par un être un combattant implacable et Vista pouvait en tirer beaucoup de mérite. Barbe Blanche était fier de la corrélation son équipage. Il était fier de ses enfants.

Les derniers marines furent interpellés et maîtrisés. Une fois désarmé, ils furent tous assis et rassemblés en cercle au centre du pont. Quelques membres de l'équipage se portèrent volontaires pour surveiller les captifs et les autres se précipitèrent au secours de leurs camarades estropiés. Heureusement il n'y avait pas beaucoup de blessés graves dans le troisième groupe. En même temps, ils avaient eu largement moins d'ennemis que les deux autres, car le capitaine s'était déchaîné et les marines s'étaient envolés dans le ciel comme des nuées de moineaux. Ce fut plutôt une petite ballade de santé. Les heureux rescapés étaient maintenant rassemblés et baissaient la tête, honteux de leur défaite malgré leur supériorité numérique. Ils attendaient maintenant la sentence qui les amèneraient sûrement à rejoindre leurs ancêtres et leurs compagnons tombés pendant la bataille dans l'au-delà.

Les combats étaient tous terminés. Barbe blanche regagna son vaisseau en laissant les rênes à Stan qui avait déjà prouvé maintes fois sa valeur. Sur l'Intrépide beaucoup de marines étaient étendus morts. Un peu à l'écart des cadavres des marines, cinq corps étaient respectueusement alignés les uns contre les autres. Cinq de ses enfants avaient perdu la vie en se battant pour lui cette nuit.

Marco était un peu plus loin et venait en aide aux blessés. Ses flammes régénératrices pouvaient soigner les blessures superficielles, mais son pouvoir restait limité sur d'autres personnes que lui. La main droite du second était placée sur le flan ensanglanté d'un de ses frères. Il repéra son capitaine du coin de l'œil et après avoir terminé le soin, il vint à sa rencontre.

- Nous avons eu cinq morts. Huit sont gravement blessés et ont été immédiatement emmenés à l'infirmerie. Je ne connais pas encore le quota de mon groupe. J'ai dû les laisser sous la tutelle de Teach.

- Et le navire ? Demanda le grand capitaine.

Le pont avait l'air d'être en bon état, mais la partie la plus proche de la collision semblait avoir quand même souffert. L'Intrépide était toujours profondément enfoncé dans le flan de la corvette marine.

- On va devoir retirer la corvette de la marine de notre proue, mais j'ai bien peur que la houle ait fait travailler la partie encastrée, yoï. Quelques charpentiers y jettent déjà un coup d'oeil.

À quelques mètres d'eux, Dihn grogna. Un marine prisonnier s'était un peu trop agité. Le prisonnier s'immobilisa immédiatement en entendant l'avertissement de la hyène. Le Mache-Fer semblait apprécier son rôle de chien de garde. Barbe Blanche n'avait pas eu l'occasion d'échanger quelques mots avec lui, car dès sa sortie de l'infirmerie, il s'était subrepticement planqué dans un coin du navire. Mais Edward Newgate était un homme patient (certaine fois) et lui parlerait quand le nouvel arrivant se sentirait plus en sécurité et acclimaté à l'équipage.

Quelques pirates du premier groupe d'abordage rejoignirent à leur tour le navire. Deux hommes portaient un de leur compagnon blessé et se dirigèrent immédiatement vers l'infirmerie.

Tous les marines captifs et désarmés furent rassemblés sur la corvette la moins abîmée. Barbe Blanche était contre les massacres inutiles. Il laisserait partir les soldats même si certains avaient pris la vie de cinq de ses enfants. Il ne chercherait pas vengeance. Dans cette bataille, plus de soixante marines avaient perdu la vie. Ils avaient compris la leçon: il ne faillait pas chercher l'équipage de Barbe Blanche !

Les pirates s'étaient tous alignés pour regarder les vaincus défiler silencieusement devant eux jusqu'à leur navire. Ils ne pouvaient s'empêcher de regarder haineusement les soldats de la mer, mais par respect pour leur Père et capitaine, ils ne firent aucun commentaire en les suivant des yeux. Les marins rejoignirent leur vaisseau qui avait été vidé de toutes les armes, munitions et poudres, mais qui contenant une quantité suffisante de vivres et d'eau potable à leur survie. Les pirates n'allaient pas risquer une nouvelle attaque de leur part. Les marines étaient surveillés par des brigands qui n'avaient pas l'air très commode. Le contre-amiral était toujours vivant, mais il était inconscient et paraissait sérieusement blessé. Les nouveaux captifs furent à leur tour mis silencieusement à genoux sur le pont aux côtés de leurs camarades. Ils avaient tous les mains posées en évidence sur le haut de leur crâne.

Stephan s'était enfin calmé et était tranquillement couché comme si de rien n'était sur la couette du lit de sa maîtresse. Lola était seule dans le dortoirs. Quelques instants auparavant, elle avait entendu de nombreuses courses et des portes claquer dans le couloir. La pièce à côté de sa chambre était l'infirmerie et il semblait que pas mal de monde commençait à s'y rendre. La bataille devait être terminée.

- Tu penses qu'on peut sortir ? Demanda la fille en regardant son animal tranquillement installé.

Le chiot pencha la tête sur le coté en réponse. Au bout de quelques minutes Lola se décida et ouvrit la porte de la chambre qu'elle avait fermée à clef. Elle se risqua à passer le bout de son nez derrière. Le petit chien blanc avait quitté le confort des couvertures et l'imita. Dans le couloir des dizaines de pirates blessés étaient alignés en file indienne en attendant les soins des docteurs et des infirmières. L'intérieur de l'infirmerie était complètement surbookée. Les soignants couraient dans tous les sens en allant aux chevets des blessés plus grave. Certains pirates qui patientaient à l'extérieur s'étaient assis à même le plancher et pressaient des tissus imbibés de sang contre leurs blessures plus légères. Lola fut rassuré en ne trouvant aucun de ses amis sur les brancards. Elle s'approcha de la porte et héla une de ses colocataires submergée de travail.

- Besoin d'aide ? Demanda la jeune femme de ménage.

La jeune femme fut accueillit comme le Messie en Terre promise.

- Tiens ! Prends ça, ça et ça !

Fanfan lui lança immédiatement une bassine d'eau tiède, des torchons propres et une caissette des premiers secours. Lola se retrouva assaillit de bandages et de boites à pansements neufs. Elle n'avait aucune compétence en médecine, mais si elle pouvait ne serait-ce que désinfecter et bander les plaies légères ou tenir compagnie aux blessés, elle pourrait peut-être être utile.

Sans attendre et les mains débordées, elle se dirigea vers le premier pirate de la file d'attente. Il était assis en tailleur à l'embrasure de la porte de l'infirmerie et il tenait sa chemise couverte de sang en guise d'éponge sur son œil gauche. Il n'était au début pas très serein à l'idée d'avoir une pire que novice comme infirmière, mais il se laissa tout de même faire.

Lola nettoya la plaie. Une lame avait entaillé le front et le sourcil du combattant. Ce n'était pas profond, mais les plaies à la tête étaient toujours impressionnantes, car elles saignaient beaucoup. Le pirate ne pouvait pas garder l'œil ouvert à cause du sang qui ruisselait le long de son visage. Au bout d'un moment le flot se calma et Lola put désinfecter la coupure et coller des strips adhésives pour la maintenir fermée. Une fois soigné, le pirate la remercia et quitta le couloir d'attente. Lola s'approcha de son prochain patient.

Il était beaucoup plus rassuré que le premier, sûrement parce qu'il avait vu la fille s'occuper de son frère avant lui. La jeune femme continua de « soigner » les pirates de la file d'attente avec quelquefois l'aide de ses amies infirmières jusqu'au petit matin.

Une fois que les marines furent réunit sur le vaisseau, le capitaine ordonna à ses fils de récupérer les vivres et les armes qui leur semblaient intéressantes sur les deux autres navires ennemis. Les pirates s'organisèrent à nouveau en groupes. Deux iraient sur les dernières corvettes, un évacuerait les corps du pont de l'Intrépide et le dernier, composé des charpentiers de l'équipage, tenterait de démêler les navires sans trop accentuer les dégâts déjà apparent. Une des cales du vaisseau commençait à prendre l'eau, mais tant que la proue était enfoncée dans le flan de la corvette il était impossible de la réparer. Il commençait à devenir urgent d'intervenir.

Les nouvelles vivres étaient les bienvenues. Celles actuellement sur le vaisseau qui se trouvaient dans la cale inondée d'eau salée et étaient devenues immangeables pour certaines.

Les pirates récupérèrent de nombreux tonneaux et caisses, mais sans surprise aucun d'eux contenaient d'alcool. Les marines n'étaient pas des gens très marrants. Les provisions furent stockées dans une des cales sèches à l'arrière du navire.

Même au bout de plusieurs heures, l'Intrépide restait toujours profondément planté dans le navire ennemi. Des pirates armés de masses et de haches s'acharnaient à découper et à broyer la corvette petit à petit. Barbe Blanche avait proposé son aide. Il pouvait facilement trancher un navire de guerre en un seul coup de bisento après tout, mais tous ses fils charpentiers s'étaient brutalement opposés à leur capitaine. Vu le placement des deux vaisseaux n'importe quelles poutres pouvaient perforer la coque déjà bien endommagée de leur navire si elles subissaient un choc trop importants et le capitaine était toujours un peu trop bourrin. Un nouveau trou, selon sa taille, pouvait définitivement endommagée leur navire et les faire couler. Voilà pourquoi ils se trouvaient toujours coincés.

C'était à peine perceptible pour le moment, mais l'Intrépide avait commencé à légèrement piquer du nez dans la flotte. Il était entraîné par l'autre bâtiment qui commençait à s'enfoncer dans l'océan. Tous les membres de l'équipage en état s'étaient rangés en plusieurs files côtes à côtes et se passaient des seaux remplis d'eau puisée au fond du bateau. L'eau de la cale qui avait été évacuée de tout son chargement pour l'alléger au plus possible, arrivait maintenant au buste des pirates.

Le soleil commençait à se lever. Les hommes qui avaient tous passés une nuit blanche pour se battre et à tenter de vider rapidement la cale avaient les traits du visage tirés. Le capitaine ordonna à la moitié de ses fils d'aller se reposer. Les autres devaient rester éveillés et actifs pour dégager le vaisseau. Le roulement d'équipe était prévu dans quatre heures, juste le temps pour les petits veinards de se reposer un minimum et de prendre le relais. Il faillait un équipage en forme pour naviguer sur Grande Line. La baisse d'adrénaline s'était faite ressentir et tous les hommes encore éveillés et épuisés étaient pataud. L'équipage avait passé toute la nuit à se battre férocement et à évacuer énergiquement l'eau des cales du vaisseau, ils commençaient à se fatiguer.

La flotte avait commencé à atteindre une autre réserve et l'Intrépide n'était toujours pas dégagé. Barbe Blanche voulait attendre que leur navire soit opérationnels avant de relâcher les marines qui avaient passé toutes la nuit à genoux sur le pont de leur corvette. Il ne voulait pas que les soldats puissent donner leur position et demandent du renfort avant qu'ils soient opérationnels. Ses fils s'étaient relayés à la surveillance, mais les soldats étaient complètement vaincus et anéantis. C'était le problème avec les marines, il suffisait de couper la tête pensante et les soldats se retrouvaient complètement démunis. Pas que ça ne le dérangeait au contraire, c'était plus facile pour eux, mais c'était décevant de voir des hommes capables de tenir tête (pas très longtemps) à son équipage, abandonner complètement. À l'inverse, quand des pirates étaient vaincus, ils n'hésitaient pas à verser toutes leurs vergues sur les vainqueurs en aboyant comme des petits chiens fous tout en gardant la flamme vive dans les yeux.

La corvette accidentée se trouvait pratiquement coupée en deux maintenant. Marco était harnaché de cordes et sous sa forme d'oiseau, il servait de treuil aux charpentiers. Grâce à sa force d'animal légendaire, il était capable de soulever pas mal de poids. Le plus gros des planches et bois était évacué de cette manière.

Il eut besoin d'encore une bonne heure pour libérer complètement l'Intrépide qui se dégagea en tanguant soudainement. La proue avait finalement subi plus de dégâts que prévu. Le côté droit de la pointe de la coque était fendu dans la hauteur et laissait passer l'eau qui remplissait les cales avants. La partie gauche avait été épargnée sous la ligne de flottaison mais au-dessus six gros trous allants de quarante centimètres à pratiquement un mètre de diamètre perforaient le bois. Si la mer était trop agitée ou si une tempête se déclarait, il risquait d'y avoir une forte pénétration d'eau. L'Intrépide devait subir de lourdes réparations de toutes urgences.

Mais en pleine mer, il était impossible de réparer parfaitement la fissure. Il faillait absolument sortir le navire de l'eau. Les trous ne posaient pas vraiment de problème, ils pouvaient facilement être obstrués par des planches pour le moment, car ils ne se trouvaient pas sous le niveau de la mer. Mais la faille était longue et assez large. Ils ne pouvaient pas se contenter que de la rafistoler et de prier que cela tienne jusqu'à la prochaine île sans avoir de mauvais temps, car c'était impossible sur cette mer. Il faudrait faire escale dans un chantier naval dans la journée, mais leur destination n'était pas avant deux bonnes semaines de voyage et ils ne pouvaient pas faire demi-tour pour retourner sur Texas Prime qui était encore l'île la plus proche d'ici, car ils n'avaient pas d'Éternel Pose. Mais quelle erreur monumentale ils avaient commis en ayant pas acheté une de ces satanées boussoles !

Quelques charpentiers avaient attaché des longues cordes autour du mât et descendaient en rappel le long de la coque. Certains tenaient des planches en bois dans les mains et d'autres les caisses à outils. Ils devaient plonger dans l'eau pour réparer la partie immergée de la fissure.

À l'intérieur de la salle de stockage inondée, les pirates continuaient d'évacuer l'eau avec des seaux quand une autre équipe de menuisiers s'acharnaient à réparer en même temps la faille par l'intérieur. Ils avaient colmaté la brèche avec des tissus imperméabilisés et de nombreuses planches. Les réparations étaient moches, mais elles avaient l'air de tenir. Une légère intrusion d'eau qui ne pouvait pas être évitée continuait de couler sur le bois de la cloison comme du sang translucide le long d'une blessure grave. Il fallait maintenant garder à l'œil les réparations et veiller à ce que la pression de la mer ne fasse pas sauter les réparations provisoires tout en continuant d'évacuer l'eau qui risquait de s'amonceler.

Sur le pont les pirates avaient été relayés, mais les nouveaux arrivants ne semblaient pas avoir réellement récupérés pendant leur court sommeil. La corvette découpée en deux avait fini sa course au fond de la mer. Les marins venaient d'être relâchés et s'éloignaient à l'horizon. Le dernier vaisseau qui ressemblait plus à un gruyère flottant qu'à un navire, tenait miraculeusement encore à flot. Il avait été complètement dépouillé de toute sa cargaison et de tout son matériel. Ce n'était plus qu'une épave flottante prête à couler elle aussi. Ne voulant pas risquer le moindre problème, la corvette fut incendiée. Les hautes flammes consumaient le navire en laissant une fumée noire s'élever dans le ciel. Au bout d'une quinzaine de minute, la corvette rejoignit sa sœur jumelle au fond de la mer.

Les voiles avaient été affalées et l'Intrépide avait reprit la route vers sa prochaine destination. Ils n'avaient pas d'autres choix que de continuer leur route en suivant les indications du Log Pose.

- Oh Mon dieu, gémit Lola.

Elle venait de terminer d'aider à soigner les derniers blessés légers à l'infirmerie. Le soleil avait déjà commencé à pointer le bout de ses rayons depuis deux-trois heures et la fille n'avait pas fermé les yeux depuis la veille comme une bonne majorité de pirate. Debout avec un teint bien fatigué, elle se tenait devant un désastre indescriptible.

On aurait dit que l'apocalypse s'était déroulée dans la cantine. Les lourdes tables en bois massif étaient complètement couchées au sol en se déplaçant de plusieurs mètres et certains bancs avaient été détruits par le poids des lourds meubles qui leur étaient tombés dessus. Les assiettes qui avaient été encore pleines de victuailles étaient éparpillées et brisées en mille morceaux sur le sol et les ustensiles complètement disséminés dans le réfectoire. Les gros récipients de ragoût de monstre marin encore bien pleins s'étaient renversées en déversant la sauce dans toute la pièce. Les tonneaux d'alcool qui avaient été déposés avec soin au fond de la salle avaient l'air saufs aux grands plaisirs des poivrots du navire, mais ils avaient roulé partout en écrasant et mélangeant bien tout le fatras.

Cela prendrait plus d'une journée pour le remettre en état et le pont devait être absolument nettoyé et purifié en priorité. Lola avait tourné de l'œil en voyant l'état du pont. Elle était prête à se lancer seule à la chasse aux marines pour se venger, mais leur vaisseau avait déjà disparut à l'horizon.

Le pont était rouge. On ne pouvait plus y distinguer le bois du navire sous les croûtes encore fraîches de litres de sang séchés et une horrible odeur prenait le nez. Les corps des marines avaient été jetés à la mer et ceux de leur cinq frères décédés avaient été couverts d'une voile blanche et descendus dans une des pièces froides du vaisseau. Une cérémonie d'adieux leur serait dédiée quand tous les problèmes du navire seraient résolus.

Des litres d'eau de mer furent versés sur le pont et à l'aide de raclettes et de balais à brosse, le sang séché se décolla. L'eau rougeâtre fut évacuée dans la mer. Une bonne dizaine d'hommes avaient eu pour consignes d'assister la jeune femme qui dirigea les opérations avec brio. Il fallut plusieurs heures pour remettre le pont en état et tous les pirates durent manger leur repas de midi à même le sol fraîchement lavé, car le réfectoire n'était toujours pas nettoyé. Une autre équipe s'était occupée du rangement de la salle chaotique et il ne restait plus que le sol qui avait été débarrassé des meubles à laver. Avec une bonne équipe, le ménage était beaucoup plus rapide et efficace ! Seule elle aurait mis des plombes voire tout un mois !

À la fin de l'après-midi, le réfectoire fut lui aussi remis à propre et était de nouveau opérationnel. L'équipage put de nouveau manger sur des tables, mais la bonne humeur n'était pas présente. Ils étaient tous trop épuisés pour avoir une conversation avec leur voisin et n'aspiraient qu'à la douce chaleur de leur lit.

Thatch passa devant les tables occupées et s'avachit sur le banc vide en face de Lola. La brusque arrivée du cuisinier surprit le pirate qui somnolait juste à côté de lui. L'adolescent croisa ses bras sur la table et posa sa tête dessus.

- Je suis mort. J'ai passé toute la journée à ranger les frigos et la cuisine. C'était le chaos complet. Il y avait plein de bouteilles explosées dans tous les sens. Et ta journée ? Comment elle était ? Demanda-t-il en baillant.

Le bâillement du jeune homme réussit à se propager à tous ceux qui étaient proches de lui.

- Horrible, répondit la fille en essuyant des larmes de fatigues qui perlaient ses yeux. Mais heureusement que c'est terminé ! Dieu, merci !

- J'ai entendu Chris discuter avec un des charpentiers, dit le garçon en baissant la voix. Il paraît que la première cale est complètement immergée et que la deuxième est maintenant bien inondée. Père a fait réunir tous les charpentiers dans sa cabine pour trouver des solutions et ils ont fait déménager ceux qui dormaient à côté de la brèche.

- Alors, on continue de couler ?

Thatch acquiesça. Tout le monde était inquiet à l'idée de passer la nuit sur un navire fendu qui laissait passer l'eau. Les pirates se relayaient incessamment pour puiser la flotte qui continuait de rentrer dans la cale malgré les réparations rudimentaires.

- Mais où vont-ils dormir ? Demanda la fille. Ils sont quand même pratiquement une trentaine !

- Je sais que deux gars vont déplacer leur matelas dans mon dortoir. Les autres vont sûrement faire pareil dans d'autres cabines.

- On aurait peut-être dû garder les vaisseaux des marines.

- Ils étaient irrécupérables et il est hors de question d'abandonner l'Intrépide ! C'est notre maison ! S'indigna le jeune commis aux cuisines.

Au même moment Vista entra dans le réfectoire. Il vit qu'il restait de la place à côté de Lola.

- Yo ! Le salua le cuisinier juste en face de lui.

Le bretteur lui répondit d'un léger signe de tête en s'asseyant. Lui aussi semblait très épuisé.

- Tu sais, j'ai entendu Marco dire à Oyaji qu'il avait été très impressionné par tes capacités pendant la bataille sur le pont.

Vista soupira en regardant tristement l'adolescent.

- Si j'avais été plus fort, il n'y aurait pas eu de morts.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?! Vous n'étiez que seize contre une horde de plus de quatre-vingt-dix marines ! C'était le vaisseaux qui avait le plus de soldats ! Et les autres c'est grâce à toi s'ils sont encore en vie ! Marco a dit que tu les avais protégés alors que tu étais toi-même encerclé et attaqué !

Thatch et Lola regardaient le Noble avec admiration et les joues du chapeauté se mirent à rosir.

Finalement, le trio finit par se séparer épuisés et regagnèrent chacun leur dortoir. Lola se força à prendre une douche rapide pour se nettoyer de l'odeur de transpiration, mais surtout de celle du sang qui l'avait tachée pendant le nettoyage. Elle s'était retrouvée comme femme de ménage sur un bateau pirate, donc elle s'était attendue à nettoyer un jour ce genre de carnage. Elle était surprise que ce ne fut pas plus tôt d'ailleurs. Elle avait encore l'odeur du pont taché en mémoire dans son nez malgré les savons et gel douche parfumés de la salle de bain.

Une fois sa douche terminée, Lola regagna à pas de loup son lit. La chambre était plongée dans le noir. Trois infirmières étaient déjà en train de dormir. Elles n'avaient pas arrêté de courir dans tous les sens depuis la bataille. La femme de ménage se glissa sous sa couverture. Elle avait vérifié le panier de son chien avant de dormir. Quand elle est arrivée dans sa chambre, Stephan avaient traîné la patte jusqu'au demi-tonneau, s'était roulé en boule et s'était immédiatement endormis. Lola posa sa tête sur son oreiller, ferma les yeux et se laissa à son tour gagner par le sommeil.

Le lendemain matin avait été particulièrement difficile pour tout le monde. Certains pirates s'étaient remis à l'entraînement, mais tous étaient inquiets.

Maintenant, on pouvait clairement voir que le vaisseau avait un petit problème. La proue était beaucoup trop enfoncée dans l'eau. Ça s'était beaucoup ressentit dans les lits au réveil, car ils avaient tous une inclinaison étrange sur un côté et ce n'était pas très confortable. La deuxième cale était remplie au trois-quart et une troisième commençait à se transformer à son tour en pédiluve.

Mais il fallait rester positif. Au moins, Lola avait l'avantage d'avoir moins de boulot vu que le nombre de pièces accessibles qu'elle devait entretenir continuait de se restreindre. Maintenant le capitaine avait interdit l'accès à tout l'avant du navire pour qu'il n'y ait pas trop de poids sur la proue. Toutes les munitions, gardes manger, boulets et canons avaient dû être entassés à l'arrière. Le réfectoire aussi était interdit vu qu'il se trouvait pile dans la zone limitée, seul les cuisiniers pouvaient aller dans la cuisine pour préparer à manger. Donc c'était dorénavant pique-nique à chaque repas. C'était plutôt convivial et aurait été très sympathique s'ils ne craignaient pas à chaque instant de se retrouver complètement dans la mer !

L'après-midi s'annonçait au départ identique à la matinée, mais un cri dans la vigie attira l'attention de tous ceux présents sur le pont. Les pirates saisirent immédiatement leurs armes pour se préparer à une nouvelle attaque. La sentinelle reprit son souffle et s'exclama avec un grand sourire :

- Une île, Oyaji ! Une île se trouve à neuf heures !

- C'est impossible ! S'exclama Marco qui était navigateur. On atteindra Sabaody que dans quatorze jours !

- Je ne pense pas que ce soit Sabody, l'île ne ressemble pas à sa description.

- Il n'y a aucune île répertoriée entre Texas Primes et Sabaody ! Continua le Phénix en enflammant ses ailes et il prit son envole pour avoir une meilleure vue de la fameuse île.

Les pirates aux alentours soupirèrent de soulagement. Et certains crièrent de joie, ils pourraient faire réparer le navire dans un des docks de l'île ! Ils n'allaient pas couler ! Ils avaient enfin de la chance ! Ils étaient sauvés ! Thatch prit Lola dans ses bras et la fit tournoyer. Les pirates sautèrent de joie dans de grands cris d'allégresse. Barbe Blanche ria en voyant l'enthousiasme de ses enfants.

Marco revint de sa petite inspection et se posa devant les pieds du paternel. Il y avait effectivement une île, mais il n'était pas allé jusque là-bas. Il avait à nouveau un mauvais pressentiment. Il regarda le Log Pose à son poignet et son aiguille indiquait le parfait opposé de leur nouvelle destination. Elle ne semblait pas sentir son champ magnétique ce qui était d'après tous les livres de navigation dignes de ce nom, un très mauvais signe. Ce genre d'îles portait de nombreux noms différents, mais pas rassurant pour un sous : Terre Noire, île Corbeau, Wraith ou île Spectre.

Mais vu l'état de l'Intrépide, ils n'iraient pas très loin s'ils ne le faisaient pas réparé rapidement. Ils n'avaient pas d'autre choix que de débarquer. Ils étaient obligés de sortir le navire de l'eau pour le rafistoler. Les charpentiers avaient l'air vraiment ravis et soulagé par la nouvelle. Peut-être qu'un chantier naval se trouvait dans un des ports et qu'ils pourraient acheter du bois pour remettre entièrement l'avant de la coque à neuf. Elle avait aussi besoin d'un bon nettoyage.

Dihn avait reprit sa place habituelle sur la vergue du mat. Depuis qu'il avait mangé son fruit du démon il appréciait la hauteur. Ça devait être son nouvel instinct félin. De sa position il pouvait parfaitement voir l'île de leur nouvelle destination. Il pourrait quitter plutôt que prévu cet équipage et trouver un nouveau bateau pour continuer sa quête.

Mais plus ils se rapprochaient de l'île plus il sentait son malaise s'accentuer. Elle était étrange et elle dégageait quelque chose de lugubre et de malsain.

En bas, l'équipage de Barbe Blanche dansait de joie, mais le capitaine avait lui aussi visiblement sentit le problème. Le « Mâche-Fer » était très intrigué par cet homme. Il était fort, même très fort, mais il n'était pas comme les autres hommes puissants qui se complaisaient en haut de la hiérarchie et qui aimaient se sentir supérieure aux faibles en les brutalisant. La hyène l'avait observé pendant plusieurs jours du haut de son perchoir et le grand homme savait qu'il était surveillé, mais il avait respecté son besoin de rester à l'écart. Pas comme l'autre. La fille l'avait repéré plusieurs fois. Non, il ne se cachait pas particulièrement d'elle, mais elle était affreusement casse-couille à répéter encore et encore « rends-moi ma carte, sale matou kleptomane» donc il l'évitait, mais juste un peu.

Au bout de trois heures, ils avaient enfin un bon aperçut de l'île. Ceux qui dansaient quelques heures plutôt avaient été complètement refroidis dans leurs espérances, mais Dihn aussi. L'île était sombre et un épais brouillard avait aspiré le navire. Il faisait froid et humide et même le son des vagues de la mer étaient étouffés par un pesant silence. Personne n'osait émettre le moindre bruit à bord ni même un mot, mais tous avaient compris : l'île était inhabitée.

Le Mâche-Fer allait devoir rester encore un peu avec l'équipage de Barbe Blanche, mais ce n'était pas le pire. Sur cette île, il semblait il n'y avoir aucun chantier naval, aucun matériel pour la réparation de navire un peu fendu qui commençait à prendre l'eau. Et ils étaient bloqués sur cette île pour un bout de temps.

Et ils étaient seuls.

Ils étaient dans le caca.

Et non pas de Bonus aujourd'hui les loulous !

Bon sang, je viens de me rendre compte que Thatch est une véritable commère ! XD

Vous avez déjà eu un accident de bateau ? Moi oui. (donc un petit morceaux de la scène est un chouia authentique!;) ) Quand j'avais dix ans, on a heurté un rocher en mer de pleine face au moment d'arriver sur une île. Ce n'était pas très fort mais certains passagers ont dû être évacués par les pompiers. Tout était sens dessus dessous, il y avait plein de bonbons et de croissants par terre. Les chaises et les tables étaient renversées. Même à faible vitesse c'était vraiment impressionnant ! Je n'ose pas imaginer les dégâts que peuvent faire deux navires de cette taille en se rentrant dedans en pleine mer !

J'espère que ce chapitre vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une p'tite review, ça fait toujours plaisir d'avoir un retour ! Bisous à tous !