Bonsoir (ou bonjour) à tous !

Voici le chapitre number 18 ! Il m'a fallu plus de quatre ans pour en arriver là ! Mais quelle limace je fais... J'ai un peu honte...
En tout cas j'espère que vous allez bien et que vous passez de bonnes fêtes ! Chez moi c'est un peu humide en ce moment avec les inondations qu'il y a eut tout autour on a eu chaud !

Mais trêve de bavardage !

Réponses aux review :

Mausu-chan : Hello ! Je suis désolée je ne t'ai pas répondu ! Miiiiilles excuses ! Je voulais le faire, mais j'ai complètement oublié... Au moment de publier mon chapitre je me suis souvenue de ton MP ! PARDON ! PARDON ! PARDOOOON ! C'est vrai que ça peut être sympa de faire comme tu as dit pour la régularité, mais je suis trop lente et trop impatiente pour ça...
Mais voyons ! Si tu as une histoire complète il faut la publier ! Le plus long est déjà fait ! Moi j'en ai une autre en tête, aussi sur le thème de One piece, mais avant d'en commencer une autre je dois terminer celle-là, sinon je publierais encore moins et ce n'est pas peu dire ! XD
C'est bien Wattpad ? Je ne connais pas. Sinon concernant le chapitre précédant j'ai pris en compte ce que tu m'as dit et j'ai rajouté quelques lignes de paroles, mais je ne suis pas encore satisfaite de ce chapitre. Je le modifierai encore certainement.
Pour Marco, je le trouve pratiquement overcheaté dans beaucoup de fic... Et maintenant tu en as un de chapitre à lire ! X)

Uchiha Yamii : Je suis contente que mon histoire te plaise ! C'est vrai qu'elle est plutôt lunatique, mais c'est surtout un boulet de première ! Pour son histoire personnelle ça ne devrait plus tarder et je te garantis qu'il y aura beaucoup à dire dessus. On ne dirait pas comme ça, mais elle en cache beaucoup la cocotte !
Je me suis un peu renseignée pour la hyène (décidément on a les mêmes sources!) elle n'appartient effectivement pas à la famille des felidae, mais au sous-ordre des féliformia qui englobe aussi les félins. C'est vrai que les hyènes vivent dans la savane africaine qui est une zone avec relativement peu de reliefs. Je vais prendre en compte ta remarque et changer deux-trois trucs. Merci ! Moi aussi j'aime bien les guépards. Ils sont vraiment uniques et profilés pour la vitesse ! C'est trop la classe ! Mais, je crois que j'ai un faible pour les panthères des neiges. J'adore leurs grosses pattes et les motifs de leur pelage (mais je déteste la neige) !
Et le voici le nouvel épisode ! J'espère que cette histoire continuera de te plaire !
(Ne t'inquiète pas pour ton orthographe ! Si tu me demandais d'écrire en espagnole ce serait une véritable catastrophe! Tu as beaucoup de courage !)

Je vous laisse avec le nouveau chapitre ! N'hésitez pas à laisser un p'tit com ! C'est toujours appréciable d'avoir un retour sur son travail ! ;)


« Les pirates de Barbe Blanche... Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece... De l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas... »

Boniface

Chapitre 18 : «Wraith»

Dihn allait devoir rester encore un peu avec l'équipage de Barbe Blanche, mais ce n'était pas le pire. Sur cette île, il n'y avait aucun chantier naval, aucun matériel pour la réparation de navire un peu fendu et qui commençait à prendre l'eau. Ils étaient bloqués pour un bout de temps.

Et ils semblaient être seuls.

Ils étaient dans le caca.


L'Intrépide n'était plus très en forme. La proue était maintenant deux fois plus profondément enfoncée dans la mer que la normale. Le problème c'était que plus l'avant était immergé plus le navire devenait lourd et plus il devenait lourd plus la proue s'enfonçait. C'était un cercle vicieux qui s'accélérait au fur et à mesure que le temps passait.

La nouvelle île était en vue, mais la question que tout le monde se posait maintenant était : Pourraient-ils arriver sur la plage avant d'avoir coulé définitivement ? L'angle du navire était très inquiétant et les pirates avaient accéléré la cadence du vidage des cales, mais c'était comme remplir un tonneau percé.Ce n'était pas très efficace. L'autre problème auquel ils étaient aussi confrontés était la perte de vitesse dû au surpoids de la proue. Même avec des conditions de navigation optimales la vitesse continuait de se réduire de plus en plus.

Marco était reparti en reconnaissance sur l'île pour trouver une plage adaptée à leur besoin. Ils allaient devoir tirer le navire hors de l'eau et faire cale sèche pendant un bout de temps. Il fallait une plage avec une bonne distance de sable et une inclinaison idéale. Heureusement dans leur malheur, ils avaient quand même un peu de chance, car ils se trouvaient actuellement en marrée haute. La mer allait se rétracter en laissant le navire au sec sur la terre pour pouvoir entamer les réparations plus rapidement.

Sous sa forme d'oiseau légendaire, Marco survolait l'île. Il fit plusieurs cercles dans le ciel pour avoir un meilleur aperçu, mais l'épais brouillard ne semblait pas vouloir se lever. La brume avait l'air d'être formée au centre de l'île et planait au-dessus de la mer en volutes épais à une bonne distance des côtes. Le Phénix était obligé de se rapprocher du sol pour pouvoir distinguer quelque chose. L'île avait l'air pratiquement circulaire. Elle n'était pas grande, mais pas petite non plus. Les plages de sable étaient parsemées de gros rochers arrondis et hauts de plusieurs mètres chacun. Le centre de l'île était principalement composé de jungle et une petite chaîne de montagnes perforaient la brume avec leurs sommets couverts uniquement de caillasses.

Au bout d'un moment le navigateur à plume finit par trouver une plage de sable qui serait idéale. Il fit quelques cercles au-dessus de la zone pour identifier les éventuelles problèmes, mais la place semblait sécurisée. Il se posa tout de même pour avoir une meilleure idée du lieu.

La plage était spacieuse et avait une forme de croissant. À une bonne centaine de mètres, la sombre et épaisse forêt formait une haute barrière végétale. La brume était toujours présente et semblait être une option inéluctable. Marco activa son Haki pour avoir une vision optimale de l'endroit. Il était plutôt satisfait.

Le phénix s'enflamma de nouveau et s'élança dans le brouillard opaque. Il remonta au-dessus du nuage de vapeur et regagna le ciel dégagé. L'Intrépide était un peu pitoyable vue de dessus. L'oiseau se dirigea vers le bâtiment où ses compagnons l'attendaient avec des visages anxieux. Le zoan mythologique se posa sur le pont aux pieds de son Père de cœur. Les pirates à proximité se précipitèrent pour entendre les nouvelles en espérant recevoir enfin du positif.

- Il y a une plage convenable à l'ouest d'ici. Il y a beaucoup de récifs et la visibilité est quasi-nulle. Il va falloir être prudent avec les manœuvres, car certaines zones sont peu profondes. Heureusement, la plage n'est pas très loin et on peut y arriver rapidement.

- Ça a l'air d'être notre unique option, soupira le capitaine. Que tout le monde aille à son poste ! Repliez la grande voile !

L'équipage semblait soulagé et chacun prit sa place immédiatement. Ils allaient devoir faire volontairement échouer l'Intrépide sur la plage de l'île. C'était une manœuvre risquée, mais ils n'avaient pas d'autre choix.

Lola était anxieuse, mais le professionnalisme de l'équipage la rassura. Ils avaient l'air de savoir ce qu'ils faisaient. La femme de ménage s'était posée contre une des rambardes où elle ne risquait pas de gêner. Elle se contentait de regarder les pirates s'affairer et courir dans tous les sens en obéissant à un charabia qu'elle ne comprenait pas.

Lola leva soudainement la tête. Les rayons chauds du soleil furent soudainement obstrués : ils avaient pénétré dans le nuage de brume opaque. Elle ne put s'empêcher de frissonner face à ce brusque changement de climat. L'air était froid et humide. Elle ne pouvait plus voir l'autre bout du pont. De temps en temps une silhouette humaine passait devant elle, mais elle ne pouvait plus différencier ses compagnons s'ils se trouvaient à plus de quelques mètres d'elle.

Le capitaine avait pris la barre et suivait les directions de Marco. Lola s'était tournée vers la mer. Malgré le brouillard, elle apercevait de temps en temps des morceaux d'épaves prisonniers entre deux rochers qui dépassaient d'un récif. Ce n'était pas très rassurant et l'atmosphère était très pesante. Joz passa à côté d'elle avec quelques autres pirates. Ils avaient dans les bras une bonne vingtaine d'épaisses cordes et attachaient les extrémités autour des mâts et des rambardes. Le navire vira légèrement sur la droite. Quelques pirates rejoignirent la fille au bord du navire et se penchaient pour essayer d'apercevoir l'île malgré l'opacité du brouillard. Mais c'était inutile. Le soleil avait lui aussi été complètement effacé par la brume grise.

- On doit se rapprocher de la plage. Marco avait dit qu'elle était encore plus entourée de brouillard et qu'on ne pouvait rien voir à plus de vingt pieds, murmura un des hommes en coupant le silence pesant.

À quelques mètres du navire, trois grosses pierres parfaitement lisses et ovales dépassaient dangereusement de la surface de la mer.

- Tu ne trouves pas que ces rochers ressemblent à des visages, demanda Tony qui s'était placé à côté de la fille en se penchant pour essayer d'avoir une meilleure vue.

- C'est peut-être des visages qui ressemblent à des rochers, répliqua Lola. Ils vont sûrement attendre la nuit tombée pour attaquer et tous nous dévorer.

Tous les pirates qui l'avaient entendu se tournèrent vers elle. Certains étaient choqués et les autres médusés. Au même moment une des gigantesques pierre frôla de peu la coque du navire. L'immensité rocailleuse avait effectivement une vague ressemblance avec une face humaine. Le géant de pierre paraissait fixer la plage de l'île. À bien regarder, toutes les pierres qui dépassaient, ressemblaient à des figures humanoïdes gigantesques.

- Ne dis pas des choses comme ça !

- Oh ! J'ai l'impression que celui-ci te regarde, dit la fille en pointant du doigt une des pierres face à eux. Tu dois être à son goût !

- Arrête ça ! Trancha le jeune pirate en essayant de se rassurer et en posant sa main sur son arme à feux, prêt à dégainer.

- Peut-être qu'ils clignent des yeux en même temps que toi, continua-t-elle avec un grand sourire.

Tony la foudroya du regard quand Lola se mit à ricaner. Déjà qu'il n'était au départ pas très serein avec l'atmosphère de l'île, maintenant il était complètement mal à l'aise.

Soudain un étrange raclement et une secousse se firent ressentir. Tous les pirates attrapèrent la rambarde pour se tenir. Au même moment le navire s'arrêta brusquement. Certains tonneaux sur le pont se renversèrent sous le choc. L'Intrépide était maintenant totalement immobilisé. Ils avaient pratiquement atteint la plage et le navire avait touché le fond. Il devait rester quelques mètres de mer avant de pouvoir atteindre le sable.

Deux grandes chaloupes furent mises à la mer et un groupe d'une trentaine de pirates volontaires se retrouvèrent à pagayer en direction de la plage. Les hommes restaient à bord regardaient leurs compagnons disparaître dans la brume en emportant les bouts de cordes reliées aux mats. Il fallut une bonne dizaine de minutes avant que les câbles soient tendus.

Marco réunit le reste de l'équipage sur le pont. Il avait des informations et des consignes à faire passer avant de débarquer tout le monde. Lola se trouvait au deuxième rang à côté de Tony. Ils étaient incapables de voir leurs camarades dans le cercle rassemblés à leur opposé. L'écran de fines gouttelettes d'eau ne voulait toujours pas disparaître.

- Bien ! Nous allons devoir former quelques groupes pour commencer, mais les consignes pourraient évoluer. Personne ne devra s'éloigner seul pour le moment. Je veux que tout le monde soit sur ses gardes et reste attentif à leurs compagnons. Nous ne connaissons rien de cette île et je ne veux pas que quelqu'un prenne inutilement des risques.

- Voyons Marco, ce n'est pas la première île que nous explorons sans avoir d'information et ce ne sera sûrement pas la dernière. On a vu largement pire sur Grand Line. On est des pirates. C'est de nous que les gens devraient se méfier, objecta un des pirates attroupé.

Les hommes rassemblés autour de l'homme-oiseau acquiescèrent. Leur vice-capitaine était en train de les déprécier. Pour de nombreux membres de l'équipage qui combattaient sur les mers déchaînées depuis des années, une île non répertoriée c'était de la rigolade ! Ils venaient de foutre la raclée de leur vie à la marine qui était largement en supériorité numérique ! Ils n'avaient pas peur de ce bout de cailloux !

- Un excès de confiance apporte toujours son lot de désolations, répliqua le phénix en croisant les bras.

Son mauvais pré-sentiment s'accentua. Ses compagnons étaient en train de sous-estimer l'île. C'était mauvais. De nombreux équipages avaient été complètement anéanti avec ce genre de réaction. Marco décida d'ignorer la remarque pour l'instant sans pour autant l'oublier. Il allait de voir traiter ce problème plus tard.

- Pour commencer, nous allons nous séparer en plusieurs équipes avec un responsable à chaque tête. Johan, tu dirigeras l'équipe de réparation. Tous les charpentiers s'occuperont du navire en priorité.

Un grand homme aux cheveux gris et proportionnellement court sur patte à quelques mètres du duo acquiesça suivis par une bonne dizaine d'hommes.

- Joz, tu dirigeras une des équipes qui partira en excursion au nord-est dans la fôret. Choisis quelques hommes avec toi. Vista, tu feras la même chose vers l'est en suivant la plage.

Le Noble était surpris. Il était nouveau et il se retrouvait à la tête d'un groupe. Marco sourit face à l'incompréhension de l'épéiste. Ses compétences de bretteur avaient impressionné le capitaine et le paternel voulait voir ses aptitudes à diriger une équipe.

- Père mènera celle du nord-ouest et je mènerais la dernière à l'ouest en suivant la mer. Pour finir, Stan, tu t'occuperas de monter le camp et de protéger la plage avec ceux qui restent.

À la fin des consignes tous les pirates commencèrent à se séparer en groupe. Certains allèrent demander à ceux choisi comme tête de groupe de les prendre dans leur équipe, car tous voulaient partir en exploration. Vista se trouva pour la première fois assaillit par ses camarades et ne savait plus où donner de la tête, mais il finit par réussir à former son petit groupe et à se faire entendre.

Les canots n'étaient pas assez nombreux pour transporter tout l'équipage et les affaires pour le camp du premier coup. Un système de navette fut organisé. Lola se retrouva embarquée sur le troisième voyage avec sept autres pirates, Stéphan à ses pieds et une bonne quantité de caisses de nourriture. Les quatre groupes d'excursion étaient déjà partis, mais une bonne quarantaine d'hommes étaient restés pour mettre en place le camp et s'affairaient sur la plage. Du bois sec avait été rassemblé en plusieurs monticules et recouvert de bâches pour empêcher l'humidité ambiante de la nuit de venir le ramollir plus qu'il ne l'était déjà. Les cinq feux de camps avaient du mal à prendre et ils laissaient une fumée sombre et acre disparaître dans le brouillard. Quelques bûches et rondins avaient été placés autour pour faire des sièges et les caisses de provisions avaient été déplacées au centre de tout l'attroupement. Même si cette île semblait sauvage et inhabitée, il ne faudrait pas que quelqu'un ou quelque chose puisse voler les vivres. Un roulement de surveillance fut organisé pour les protéger.

La chaloupe de Lola finit par atteindre la plage. Stéphan sauta immédiatement sur le sable et s'ébroua de bonheur avant de partir renifler les odeurs du sol avec attention. Une bonne quinzaine de rochers polis et identiques à ceux qui émergeaient de la mer étaient parsemés sur toute la plage. Certaines tentes commençaient à être montées derrière eux pour qu'ils puissent servir de protection contre un éventuel mauvais temps. Stan arriva devant une vieille souche déteinte par le sel au pied d'un gros roc et leva la patte pour se soulager.

Des hommes de l'équipage arrivèrent devant le canot pour aider à décharger le matériel. Lola sauta à son tour à terre pour dégager la place. Le sable était humide et la plage était à l'opposé complète des images de littoraux tropicaux et paradisiaques des cartes postales. À quelques mètres d'elle de grosses cordes étaient tendues et attachées autour des arbres et des rochers les plus proches pour garder le navire immobile et serviraient à le maintenir en place lors du retrait des eaux. Un peu plus loin les cuisiniers débutaient la préparation du repas. Thatch s'était assis sur une vieille bûche et commençait à éplucher quelques légumes en grommelant dans son coin.

Lola s'approcha de lui et plaça ses mains près du feu pour profiter de la source de chaleur. Elle avait mis un pull sur ses épaules en plus de son gilet, mais l'humidité de l'île refroidissait davantage l'atmosphère. Elle ne serait pas contre une petite laine supplémentaire, mais toutes ses affaires étaient restées dans son armoire sur le navire.

Thatch s'affairaient en ignorant le regard de son amie. Lola l'avait entendu demander à chacun des chefs d'excursion s'il pouvait se joindre à leur groupe, mais ils avaient tous refusé. Ils lui avaient dit qu'il était encore trop tôt pour qu'il les accompagne, qu'il n'était pas assez fort et qu'il risquerait de les ralentir. Il avait été brutalement piqué dans sa fierté.

- Tu as à peine commencé à t'améliorer à l'épée. Je suis sûre qu'il faudra peu de temps pour que tu deviennes très fort. D'après Vista tu es très doué.

Le jeune cuisinier lança la patate qu'il épluchait dans une bassine et se tourna vers la jeune femme de ménage.

- Si j'étais si doué il m'aurait prit dans son groupe !

- Tu as à peine 14 ans et tu t'es déjà battu contre la marine ! Tu as encore le temps de faire tes preuves. Et moi je suis contente de t'avoir à mes côtés. Tu me serviras de bouclier humain en cas de problème.

Thatch renifla et leva les yeux au ciel face à la tentative de réconfort ratée de son amie. À plusieurs reprises, il dut empêcher Stéphan de se brûler les pattes en s'approchant trop près du feu en voulant le renifler.

La mer commençait à se retirer. La marée basse emporta avec elle quelques branches mortes vers le lointain. Au bout d'un moment l'eau se retira complètement sur une bonne centaine de mètres en laissant le navire abîmé de Barbe Blanche sur le sable de la plage. Le retrait de la mer l'avait laissé pencher sur le côté et permettait l'accès à son flan et à la zone endommagée sous la ligne de flottaison. Des échafaudages de cordes et de planches avaient été installés et quelques charpentiers étaient en train de percer des trous dans la coque pour vider l'eau des cales. Des litres et des litres de flottes salées coulèrent le long des brèches. L'eau devait être entièrement évacuée avant d'entamer les grosses réparations.

Sur la plage, un doux fumet de viande grillée montait dans l'air et fut suivi par de nombreux gargouillis d'estomac. Cela faisait deux bonnes heures que les équipes de découvertes étaient parties et elles ne tarderaient plus à rentrer pour le dîner. Des assiettes et des couverts avaient été rapportés du navire pour la distribution des rations du soir. Stéphan était en train de ronger un os encore sanguinolent aux pieds de Thatch. Les cuisiniers avaient dû en avoir marre de voir l'animal rôder autour de leur cuisine de fortune et lui avait donné quelque chose pour l'occuper.


Groupe de Joz, direction nord-est :

Le groupe de huit pirates avançaient en file indienne. Un épéiste était en tête et s'appliquait à trancher énergiquement les buissons et les herbes qui bloquaient l'avancé de son équipe. La forêt était épaisse et sombre. Les arbustes étaient particulièrement coriaces. Joz qui se trouvait au centre de la formation, était plutôt embêté à cause de sa grande taille. À de nombreuses reprises, il avait dû se démêler des lianes qui pendouillaient mollement des branches basses.

- Putain ! Marre de cette île ! Pesta un des pirate qui venait de trébucher pour la millième fois dans ce qu'il semblait être une racine. Il n'y a rien ici !

Le brouillard ne voulait pas se lever et ils avaient du mal à voir le bout de leurs pieds. Il faisait frais et l'atmosphère était poisseuse. La jungle était très haute, mais étrangement aucun animal ne faisait de bruit et les oiseaux semblaient avoir désertés les lieux. Seul le bruit de leurs pas et les craquements des végétaux se faisaient entendre.

Dès que le groupe avait pénétré dans la forêt, ils avaient été immédiatement isolé des bruits de leurs camarades. Les arbres avaient occulté les sons. Pour communiquer avec les autres équipes ou leur camp en cas de danger, Père leur avait confié un escargophone, mais en attendant rien de dangereux ne se profilait. Ils se demandaient même si quelque chose de vivant subsisté sur cette terre.

Plus le temps passait et plus ils s'enfonçaient dans la jungle, plus l'étrange brouillard s'accentuait. Ils avaient du mal à voir leurs voisins devant eux. Leur rang avait dû être resserré.

- Joz, il y a quelque chose de bizarre, héla un des hommes du groupe au bout d'un moment immobile devant un des grands arbres.

Le géant s'avança vers l'origine de l'appel. Tous les hommes s'arrêtèrent. Le grand trésorier de l'équipage arriva à côté de son compagnon d'arme et se pencha pour regarder ce qui l'avait interpeller. Le pirate chauve montra un des troncs d'arbres à son chef d'expédition. Après une longue observation, Joz vit enfin une fine poudre grisâtre qui semblait être incrustée dans l'écorce.

- Ce n'est que de la poussière, John, soupira le chef.

- Non, c'est impossible.

Joz dévisagea son camarade malgré la brume opaque qui cherchait à effacer son visage.

- Il fait beaucoup trop humide ici pour que la poussière puisse atteindre le haut des troncs des arbres comme ici, car l'humidité empêche sa volatilité, exposa le dénommé John en pointant la cime du grand végétaux. Et comment expliquer qu'il y en ait sous les feuilles alors que la poussière reste normalement sur le dessus ?

- Oh ! Mais tu es super observateur ! Le félicita un de ses compagnons impressionné en tapotant son épaule.

Le visage de John se mit à rosir et il se gratta machinalement la joue droite.

- Comment tu sais pour la poussière ? Demanda un autre.

- Euh... Disons que Lola m'a forcé à l'aider à nettoyer une des cales du navire il y a quelques temps... donc elle n'arrêtait pas de blablater à ce sujet et j'ai eu le temps d'observer, répondit machinalement le dénommé John.

- AH ! TOI AUSSI ! Tu lui as demandé de nettoyer ta chambre !

- C-comment tu le sais ?!

- Elle m'a fait le même coup ! Je lui avais gentiment demandé de nettoyer mon dortoir et de faire ma lessive ! Je ne comprends pas pourquoi elle s'est énervée ! Elle m'a insultée et m'a forcé nettoyer le couloir qui mène au pont ! Qu'elle diablesse ! On ne va quand même pas nettoyer nos propres chambres et laver nos fringues nous-mêmes !

Joz leva les yeux au ciel. Ses frères étaient parfois tellement affligeant ! Le trésorier se concentra à nouveau sur le tronc d'arbre pendant que ses compagnons continuaient de geindre et de se lamenter du mauvais traitement qu'ils subissaient de la part de la seule femme de ménage de l'équipage. Joz gratta un peu la substance qui recouvrait l'écorce. C'était une pellicule de pierre qui craquelait quand il passait son doigt dessus. En regardant autour de lui il s'aperçut que son camarade avait raison. Tous les végétaux et le sol étaient recouverts de cette discrète particule de pierre durcie qui moulait parfaitement le feuillage et rendait la plante solide.

L'équipe reprit la route en restant attentif à leur environnement. Le nuage de vapeur était toujours très intense et les croûtes de pierre qui recouvrait les végétaux devenaient de plus en plus épaisses. Au bout d'un moment les plantes étaient tellement recouvertes qu'elles devenaient complètement pétrifiées et aussi dure que du marbre. Les fines herbes qui au début de la forêt chatouillaient leurs chevilles étaient maintenant comme de longues griffes solides et les égratignaient jusqu'au sang. Leur excursion s'était transformée en véritable calvaire. La forêt était maintenant entièrement faite de roches et l'intensité de la brume commençait à les faire tousser.

Au bout de quelques temps, les arbres finirent par se raréfier et la forêt de pierre laissa sa place à une large plaine elle aussi entièrement faite de roches. Comme si toutes les plantes avaient été sculptées dans de la pierre, elles restaient droites et les brindilles pouvaient pratiquement soutenir le poids des plus petits membres de la petite équipe sans se briser. Il était pratiquement impossible d'avancer dans la clairière sans se blesser. Les pirates se forcèrent tout de même à faire quelques pas qui leur lacérèrent les mollets pour avoir un meilleur aperçut de la petite plaine à travers le brouillard. Un peu plus loin, de gros rochers sombres, étranges et imposants étaient apparus à travers la brume. Ils étaient différents de tous ceux qu'ils avaient vu jusqu'ici. Les pirates se consultèrent du regard. Certaines herbes de pierre montaient jusqu'à leurs épaules et empêcher toute progression et aucun d'eux ne semblaient avoir envie de se labourer le corps pour aller regarder de plus près les étranges formes. Joz leva les yeux au ciel et finit par se dévouer.

Le géant se concentra sur son chemin. Un seul pas de travers et il se retrouverait avec des mollets en lambeau. Il avait de la chance, grâce à sa taille les crochets de pierre acérés comme des lames ne dépassaient pas ses genoux contrairement à ses camarades. S'il calculait bien son coup il pourrait rejoindre l'autre bout de la clairière sans trop de blessures.

Il mit bien dix minutes à atteindre les roches situées à moins de trente mètres de ses compagnons. En s'approchant, il put apercevoir que les formes qui lui arrivaient à la taille étaient placées en masse près d'un arbre en pierre un peu rabougri. En regardant de plus près les gros rochers, Joz pu voir qu'il s'agissait de sculptures d'animaux grotesques. Ils ressemblaient vaguement à un troupeau de biches et de cerfs en pleine course. Les quadrupèdes devaient mesurer dans les deux de haut. Et si les animaux de l'île avaient été recouverts de roche comme les plantes de l'île ? Il se passait des choses étranges ici.

- Hey Joz ! Ça va ? Tout va bien ? Appela un de ses compagnons.

Le trésorier ne voyait plus ses camarades qui étaient restés à l'entrée de la forêt, cachés par la brume. Quand il voulut répondre et faire demi-tour, il fut pris d'une crise de toux. Au même moment son attention fut attirée par l'arbre rachitique. Il était à peine plus grand que lui et semblait être couvert de fruits eux aussi transformé en pierre, sauf une seule baie. L'étrange fruit était blanc et avait une vague forme de fraise. En s'approchant, Joz put le détailler plus précisément. La baie était couverte d'arabesques. Le trésorier écarquilla des yeux. C'était un fruit du démon !

Précieusement, il cueillit doucement la fraise. Elle était toute petite dans sa main. Le pirate ne pouvait pas la quitter des yeux. C'était la première fois qu'il voyait un fruit du démon, mais il avait su d'instinct que ce fruit était unique. Il le retourna entre ses doigts. L'espèce de fraise devait mesurer dans les huit centimètres de long au grand maximum et elle ne pesait que quelques grammes. Quel pouvoir pouvait contenir cette toute petite chose ?

À l'autre bout de la clairière ses amis s'impatientaient et ils l'appelèrent de nouveau. Le géant mat finit par les rejoindre.

- Qu'est-ce que... c'est un fruit du démon !

Les pirates tendaient le cou pour apercevoir la trouvaille que leur compagnon gigantesque tenait précieusement au creux de la main. Pour eux aussi c'était la première fois qu'il voyait un fruit du démon sous sa forme originelle. Ils étaient extrêmement rares et il n'y avait qu'un seul utilisateur de fruit du démon dans l'équipage (Dihn ne comptait vu qu'il n'était pas avec eux et que personne ne le croisait jamais). Un jour Marco leur avait décrit son fruit, mais celui tenu par le trésorier ne lui ressemblait aucunement.

Les hommes de la petite équipe retournèrent sur leurs pas pour retourner au campement. Le trésorier ne pouvait toujours pas quitter des yeux le minuscule fruit et ses compagnons le regardaient avec envie, mais ne firent aucun commentaire, car ils connaissaient tous une des règles les plus importantes de l'équipage : Ce que tu trouves est à toi.

Joz hésitait. Avoir un nouveau fruit du démon dans l'équipage serait un véritable atout, mais voulait-il sacrifier sa faculté de nager pour un pouvoir dont il ignorait les capacités ? Pour un pirate l'impossibilité de nager serait fatal, mais la puissance qu'il pourrait tirer de ce fruit ferait de lui un combattant surpuissant et unique. En même temps, il avait un bon équipage et ses camarades serait là et prêt à intervenir et à venir le tirer de l'eau en cas de problème. Il avait confiance en ses frères et en son Père. Il pourrait aussi le donner à son capitaine. L'homme était fort et avec le pouvoir d'un fruit du démon, il serait inarrêtable.

- John ! Ça va ? Qu'est ce qui t'arrive ?!

Joz fut soudain tiré de ses pensées. Un des hommes était tombé au sol et fut pris d'une crise de toux. Un de ses compagnons essaya de le relever, mais les jambes du dénommé John ne voulaient plus le tenir debout. Un craquement soudain retentit non loin du groupe. Sans attendre les pirates se regroupèrent en cercle et se mirent en position de défense autour de l'homme à terre. Ils ne pouvaient toujours pas voir à plus de cinquante centimètres devant eux à cause de la brume qui était complètement opaque.

Attentifs aux sons des alentours, les hommes tendirent l'oreille. Aussi soudainement que le bruit s'était fait entendre le silence revint. Plus aucun son ne leur parvenait hormis les respirations de leurs camarades. L'écran de fumée opaque était étouffant et tournoyait autour d'eux. Un autre membre du groupe toussa. Joz se sentait lourd sur ses jambes et un léger tournis le fit légèrement vaciller. Il mit immédiatement sa main devant sa bouche. C'était le brouillard ! Il était empoisonné ! Ses camarades qui comprirent à leur tour l'imitèrent.

Malheureusement un autre de leurs compagnons s'effondra au sol. Deux des hommes les plus proches le tirèrent au centre de leur formation. Il était toujours conscient, mais il était incapable de tenir seul sur ses jambes. Les autres brigands de la petite équipe étaient déployés autour de leurs camarades.

- Il faut retourner au campement en vitesse ! Ordonna Joz sans enlever la main de sa bouche.

C'était inutile. Il ne pouvait pas s'empêcher de respirer le gaz opaque qui tournoyait autour d'eux. Il fut pris à son tour d'une crise de toux comme quelques autres de son groupe. Il ignora les légers vertiges qui le parcourraient et força son équipe à bouger.

Au moment où le groupe se mit en route un autre craquement encore plus proche d'eux se fit entendre. Quelque chose dans la forêt les épiaient. Les pirates se tournèrent tous face au chemin qu'ils avaient parcourut depuis la carrière. Deux gros yeux ronds et brillants les observaient.


Campement sur la plage :

Lola avait terminé les tâches qu'elle s'était confiée pour la journée. Avec les infirmières elles avaient étendu les draps et les serviettes de l'infirmerie qu'elles avaient lavé. Après la bataille contre les marines la salle de soin avait été complètement assaillie et elles avaient dû faire de nombreuses lessives express pour continuer à avoir du matériel médical propre. Les liens qui tenaient en place de navire avaient été reconvertis en corde à linge. D'autres fils avaient été tendus du bateau jusqu'à quelques rochers pour créer un autre étendage provisoire. Mais vu l'humidité de l'île, il faudrait au moins un mois pour que les draps sèchent.

Le dîner était prêt et seul le groupe de Marco était rentré. Ils avaient tous décidé d'un accord commun de commencer leur repas sans attendre les retardataires. Les assiettes remplies de victuailles avaient été distribuées et laissaient leur délicieuse odeur s'échapper autour d'elles. Stéphan avait déjà été nourris, mais il avait pris la mauvaise habitude de venir réclamer un supplément. Lola en avait eu marre de le réprimander à chaque fois qu'il harcelait quelqu'un et l'avait attaché au pied d'un autre rocher en bordure de forêt. Il avait tiré un bon moment sur la corde autour de son cou pour se détacher, mais sans résultat. Il avait enfin abandonné et s'était couché sur le flan en boudant et gémissant dans son coin.

Un bruissement de feuille attira l'attention de quelques pirates du camps. Ils se mirent directement en position de défense.

- Hey, c'est nous ! Tony sortit des buissons en levant ses bras en signe de paix.

Vista suivit de quelques hommes apparurent de la forêt et les sentinelles baissèrent immédiatement leurs armes. Quelques accolades amicales furent échangées.

Le groupe d'explorateurs affamés se dirigea immédiatement vers les cuisiniers. Une fois leurs assiettes remplies de brochettes fumantes cuites au feu de camps replies, ils se séparèrent. De nombreux pirates avides de connaître les détails de leur excursion rejoignirent les explorateurs. Vista se dirigea immédiatement vers Marco qui était déjà rentré. Le Noble s'assit sur une des souches et posa son écuelle sur ses genoux. Le Noble souffla sur son repas pour le refroidir.

- Cette île ne semble pas habitée. Pas le moindre animal, rien. Et vous ? Demanda le chapeauté.

Marco dodelina de la tête.

- Rien de notre côté non plus. Nous avons suivi la plage, mais rien à part des rochers et du sable. Père et Joz ne sont pas encore rentrés. Ils avaient tous les deux la zone de la forêt.

- J'espère qu'on finira par trouver quelque chose, soupira Vista. On risque vite de faire le tour de cette île sinon.

Lola avait réussi à trouver une bûche inoccupée dans un coin et l'avait faite rouler juste à côté des deux hommes. Elle avait dû jouer des coudes pour trouver sa place et elle était décidée à ne la laisser à personne. Elle avait une assiette remplies de brochettes et de quelques légumes sautés sur les genoux et elle écoutait distraitement les conversations autour d'elle.

La viande partait à une vitesse folle, mais les cuisiniers guettaient à ce qu'il en reste assez pour les deux équipes retardataires. C'était leur boulot de veiller à ce que tous les membres de l'équipage puissent manger correctement et à leur faim.

Lola était très concentré sur son repas. À maintes reprise elle avait vu des petites mains chipeuses qui avaient essayé de chaparder ses morceaux de viandes, mais elle les avait vite remises à leur place avec quelques petits coups de fourchette pointue et bien placés. Les charpentiers s'étaient regroupés non loin pour le repas. Ils avaient pratiquement fini d'évacuer l'eau des cales et s'étaient imposés comme objectif de terminer les réparations avant que la mer ne revienne le lendemain soir. Mais malgré leurs compétences en matières de réparations et d'efficacité, ils seraient loin d'atteindre leur but.

- Espérons que cette fois le navire ne sera pas endommager. Il n'y aura plus assez de bois pour faire d'autres réparations de cette envergure, dit un charpentier assis sur le sable.

- Il faudra faire de plein de matériaux à Shabaody de toute urgence, soupira un autre. Vu tout ce qu'il faudra acheter pour le Nouveau Monde, notre paye à la fin du moi va en pâtir.

- D'après Marco, on aura quinze jours en mer avant de rejoindre l'île et peut-être que d'ici là-

- ON SE DIRIGE VERS LE NOUVEAU MONDE ?! Coupa Lola en sortant de sa rêverie.

Les pirates à côté d'elle sursautèrent.

- Euh... Oui ?

C'était une catastrophe ! Après tout le mal qu'elle s'était donnée pour quitter cette mer de damnés, elle allait y retourner !

- Hey, ça va ? Tu as l'air toute pâle, s'inquiéta Thatch assis à quelques places d'elle.

- Je ne savais pas qu'on allait dans le Nouveau Monde !

- Oh ! C'est vrai que tu y as déjà été ! C'est comment là-bas ? Demanda le jeune cuisinier.

Tous les regards convergèrent vers la fille.

- Tu as été dans le Nouveau Monde ? Interrogea Marco.

Le vice capitaine et Vista dévisagèrent la jeune femme. Comment avait-elle pu survire là-bas ? Elle était faible et de nombreux hommes cent fois plus puissants et robustes qu'elle y avaient péri. Une simple femme n'aurait jamais pu survivre face aux dangers de cette mer.

- Il paraît que le temps change toutes les heures ! C'est vrai ?

- Tu as déjà du voir des pirates célèbres ! S'exclama un pirate.

- Comment as-tu réussi à revenir ?! Demanda un autre.

- Tu as déjà vu l'île des hommes-poissons ?! Il paraît que les sirènes sont magnifiques !

Soudainement devenue le centre de l'attention, Lola se sentit oppressée. Les hommes autour d'elle n'arrêtaient pas de la harceler de questions sur le Nouveau Monde.

À l'autre bout de la plage, Stéphan s'était mis à aboyer furieusement. Profitant de la diversion de l'animal, Lola se précipita hors de l'attroupement de curieux pour échapper aux multitudes de questions incessantes.

Lola profita d'être seule pour respirer un bon coup et se calmer. Elle avait paniqué. Savoir que leur destination était cet océan qui n'apportait que le malheur la faisait trembler d'effroi. Elle n'avait pas l'intention de retourner là-bas. Elle avait pour objectif de regagner une des quatre mers, pas de partir à l'aventure ! Elle devait aller sur Est Blue, la mer la plus faible, là où la mort ne planerait pas continuellement au-dessus de sa tête ! Lola soupira. Elle fixa son regard sur son assiette encore remplie dans les mains. Elle ne pouvait pas continuer à voyager avec eux. Au prochain port, elle quitterait cet équipage et embarquerait sur un nouveau navire qui l'emmènerait loin du Nouveau Monde.

La fille s'arrêta et jeta un coup d'œil triste par-dessus son épaule. Vista mangeait son repas à côté de Tony et Thatch avait repris la conversation avec un de ses voisins et faisait de grands gestes enthousiastes. Elle était trop loin pour les entendre et la brume autour d'elle semblait aspirer les sons. Ils allaient lui manquer quand elle partirait. Une main sembla compresser son cœur. Dans quelques semaines elle allait devoir leur dire adieu.

Un volute de brouillard passa devant elle. Ses futurs ex-compagnons disparurent de sa vue et une profonde tristesse l'envahie. Stéphan se remit à aboyer à côté d'elle. Lola se retourna vers l'animal et leva les yeux au ciel. Ce chien était insupportable! Lola s'apprêta à le rouspéter, mais un écran de fumée opaque venait de lui obstruer à nouveau la vue et cacha la silhouette du chien attaché à quelques mètres d'elle. Le brouillard s'était fortement intensifié d'un seul coup et elle pouvait à peine voir le bout de ses pieds. Lola se dirigea à l'aveuglette. Le chiot continuait d'aboyer à s'en casser la voix.

- Stéphan, ça suffit !

Le chien apparut enfin dans son champ de vision, mais il ne l'écoutait pas. Son aboiement était devenue rauque à cause de la corde tendue autour de son cou et qui l'étouffait. Il grognait et montrait les dents à quelque chose que Lola ne pouvait pas apercevoir à cause de la vapeur. La fille plissa des yeux, mais ne vit rien.

- Arrête ça ! Il n'y a rien ici ! Maintenant tu te tais !

En instant, la fille sentit sa respiration se bloquer et une sueur glacée coulait dans son dos. En fait, il y avait bien quelque chose. Quelque chose qui devait faire la taille d'un bel éléphant. Quelque chose qui devait directement sortir de ses cauchemars.

Une immense créature la regardait avec des grands yeux ronds qui brillaient à travers la brume opaque. La grande gueule de la bête était ouverte et révélait une impressionnante dentition en biseau. Si Lola avait pu crier elle l'aurait fait, mais aucun son n'arrivait à sortir de sa bouche, sa respiration était bloquée. Le monstre devait mesurer dans les trois mètres voire quatre mètres de haut et être large d'au-moins quinze pieds. À sa droite une deuxième bestiole identique, mais beaucoup plus petite était apparue. Elle aussi la dévisagea, mais elle restait plutôt attentif à l'assiette que la fille tenait entre ses mains.

Lola prit une bouffée d'air qui lui fit tourner la tête. Elle vacilla et elle s'effondra silencieusement sur le sable meuble. L'assiette roula un peu plus loin en renversant au passage son contenu. Avant de plonger dans l'inconscience, la fille vit la gueule remplie de crocs acérés de la grande créature gober le chien blanc qui se débattait de terreur. La grosse bête tira d'un coup sec sur la laisse qui dépassait de sa bouche et la cassa net. La créature s'approcha de la fille au sol et s'apprêta à la dévorer à son tour quand un cri retentit dans le campement.

- LOLAAA !

À travers l'épais brouillard, la fille aperçut une silhouette humaine qui se précipitait vers elle. Au même moment les deux créatures reculèrent, la grosse bête creusa dans le sable, s'enfonça et disparut dans le sol. Avant de s'éclipser à son tour, la petite créature engloutit le reste du dîner étalé sur le sol. Des cris d'alerte retentirent autour de la fille et Lola ne vit plus que du noir.


Pas de bonus cette fois non plus. Ce chapitre était plus long que d'habitude, mais peut-être au prochain, qui sait ! ;)
J'espère que vous passez de bonnes fêtes et je vous dis à la prochaine ! (Je trouve qu'une petite review ferait un super cadeau de Noël, nan?)