Bonjour à tous !
Je suis fière de vous publier le chapitre 19 dans un délais plus que respectable pour une fois ! On entame la 5eme année de publication de cette histoire et on en ait qu'au chapitre 19 ! Je suis vraiment désolé pour tous ce retard. Je vais essayer d'améliorer tout ça !
Mais pour l'instant place à la lecture ! Bisous à tous !
« Les pirates de Barbe Blanche. Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece, de l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas. »
Boniface
Chapitre 19 : «Disparus»
- LOLAAA !
À travers l'épais brouillard, la fille aperçut une silhouette humaine qui se précipitait vers elle. Au même moment les deux créatures reculèrent, la grosse bête creusa dans le sable, s'enfonça et disparut dans le sol. Avant de s'éclipser à son tour, la petite créature engloutit le reste du dîner étalé sur le sol. Des cris d'alerte retentirent autour de la fille et Lola ne vit plus que du noir.
Lola ouvrit les yeux, mais tout restait sombre autour d'elle. La nuit devait être tombée. Elle était couchée seule sous une tente dans des couvertures bien chaudes. Une aiguille était plantée dans son bras et était reliée à une pochette d'un liquide transparent à l'aide d'un tuyau. Que c'était-il passé ? La fille essaya de se remémorer ses derniers derniers souvenirs.
Elle avait dîné avec une partie de l'équipage. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'ils allaient se suicider en allant dans le Nouveau Monde et qu'en conclusion si elle restait avec eux elle se condamnait elle aussi. Puis Stéphan s'était mis à aboyer comme un fou. Stéphan ! Lola se redressa brutalement sur son lit en embarquant au passage une machine médicale. Elle fut soudainement prise d'un vertige et d'une puissante crise de toux. La fille chercha à enlever le tuyau planté dans son bras. Au même moment Héléna entra dans la tente et l'en empêcha.
- Ne touche pas à ça.
- Qu'est ce qui se passe ? Où est mon chien ? Il a été enlevé ! Et mon repas aussi !
L'infirmière recoucha la fille dans le lit de camp et vérifia tous les branchements. Elle avait l'air très inquiète et triste. Lola attendait que l'infirmière réponde, mais visiblement elle cherchait à prendre le plus de temps possible. Au bout d'un moment la femme en rose finit par céder. Elle baissa la voix et lui raconta les événements qu'elle avait manqués.
- Le groupe de Joz a disparut. Ils ne répondaient pas à leur escargophone donc Père et Marco sont partis à leur recherche. Personne n'a été retrouvé, mais on sait qu'ils se sont battus. Oyaji pense qu'ils du être emporté par la bête qui t'a attaquée. Il y a peu d'espoir de les retrouver. Ils ont dû être dévoré par ces créatures.
Lola sentit son cœur se serrer. Son chien avait été enlevé par ces monstre lui aussi. Stéphan était mort littéralement gobé cru. Il avait aboyé pour les prévenir d'un danger et elle, comme une idiote, elle était allée le réprimander et le faire taire. La fille sentit les larmes monter à ses yeux. Elle détourna la tête pour que l'infirmière ne la voit pas pleurer. Un reniflement qui ne venait pas de l'alitée attira soudainement l'attention de la convalescente. Héléna pleurait. La femme de ménage se trouva désemparé devant l'infirmière quadragénaire. La fille savait grâce à ses copines de chambre que la matrone de l'infirmerie avait une relation particulière avec le trésorier de l'équipage.
Lola se trouva impuissante face à Héléna qui avait fondu en larme. Par solidarité, elle lui attrapa la main.
- Je suis désolé, sanglota la femme en rose. Joz était mon petit frère. Je n'avais plus que lui.
Elles restèrent ainsi quelques bonnes minutes avant que Marco n'entre à son tour sous la tente. Il resta devant l'entrée et Héléna retira vite sa main et essaya de sécher les larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle se dépêcha de sortir un mouchoir. Le phénix glissa un regard compatissant sur l'infirmière puis s'approcha de l'alité.
- Hey, ça va ?
- J'ai déjà été mieux. Je ne peux pas me redresser sans être pris de violents vertiges, mais sinon je me sens bien. Qu'est ce qui s'est passé ? Qu'est ce qui m'arrive ?
- On t'a retrouvé étendue sur le sol à côté de la corde de Stéphan, yoï. Tu n'es pas restée incontinente très longtemps. La nuit vient tout juste de tomber.
Lola acquiesça. Cela expliquait l'absence de soleil à l'extérieur, mais pourquoi était-elle prise de nausées quand elle essayait de se lever ? Héléna qui s'était calmée, mais qui avait les yeux gonflés, comprit son interrogation et lui expliqua :
- On pense que ce qui t'a attaqué, t'a en quelque sorte empoisonné.
- Empoisonné ?! Comment ça en quelque sorte ?! Je vais mourir ?! Vous avez l'antidote ?!
L'infirmière hésita. Elle ne savait pas par où commencer.
- On pense que tu as dû respirer quelque chose qui a étrangement contaminé tes poumons. Ce n'est pas vraiment du poison car cela ne se propage pas dans ton corps, mais une étrange particule a commencé à couvrir tes alvéoles pulmonaires. Un peu comme une pellicule de roche.
- J'ai essayé de te soigner avec mes pouvoirs, mais il ne s'agit pas de blessure physique à proprement parler. D'après ce qu'on a pu déduire de ton « empoisonnement », on suppose que cette substance couvre les parois de tes poumons et empêche les échanges gazeux de s'effectuer correctement dans ton sang. En cas d'effort physique, ton cerveau se retrouve avec trop peu d'oxygène. Ça expliquerait tes vertiges. Mais ne t'inquiète pas ! On pense qu'il faut être en contact prolongé avec la substance pour que le phénomène puisse continuer de se développer, yoï.
- Père a dit que la forêt avait subi le même sort, ajouta la femme en rose. Elle est aussi recouverte de croûtes de pierre, mais à un stade cent fois plus avancées. L'intérieur de l'île a été entièrement pétrifiée.
- D'accord, mais comment ça se soigne si même tes capacités ne peuvent rien faire ? Demanda Lola avec crainte au phénix.
Les deux pirates restèrent silencieux. Héléna détourna ses yeux rougis de ceux de la fille. Lola sentit son cœur rater un battement. Elle déglutit.
- Vous allez pouvoir faire quelque chose, n'est-ce pas ? Implora la jeune femme. Je ne vais pas rester comme ça !
- On va essayer de trouver une solution ! Je te promets ! Essaya de rassurer Héléna.
Le silence retomba dans la tente. Au bout d'une minute Lola demanda :
- Tu penses que ça pourrait être l'œuvre de ces créatures ?
- Je sais que quelque chose sur cette île a transformé la jungle, Répondit Marco. Je sais aussi que la même chose a réussi à te contaminer et peut-être dévorer nos frères, mais tant que ces créatures restent cachées dans la brume, on ne peut pas les identifier et en être sur à cent pourcent.
- Je les ai vus, affirma Lola.
Le second de l'équipage de Barbe Blanche détailla à nouveau la malade. Les empreintes de créatures retrouvé sur les lieux de la disparition de ses frères étaient inconnues, mais coïncidaient avec celles des bêtes qui avaient attaqué la fille et il avait espéré que Lola puisse les identifier. Il avait effectué quelques recherches dans la maigre bibliothèque du navire, mais il n'avait rien trouvé qui puisse correspondre.
La femme de ménage frissonna. Les bêtes gigantesques ne l'avaient pas quittées des yeux et elle se rappelait clairement de la large bouche qui parcourait toute la largeur du visage du plus gros. Elle l'avait à peine eut le temps de l'apercevoir que la fumée empoisonnée l'avait directement frappée. Heureusement qu'elle l'avait à peine respiré. Elle s'était immédiatement retrouvée au sol impuissante. Si elle avait inhalé à plein poumon la substance toxique, elle serait actuellement morte et sûrement entièrement statufiée comme la jungle. Après sa chute elle avait vu un des monstres engloutir Stéphan d'un seul coup.
Lola se dépêcha de raconter le peu qu'elle avait vu et de dessiner les monstres sur un morceau de carton. Il n'y avait d'après ses deux visiteurs sûrement aucune chance de retrouver les pirates et son animal en vie. Mais dans tous les cas, elle espérerait que le capitaine ou que Marco retrouvent ces monstres et leurs fassent payer la mort de son chien.
Le capitaine Edward Newgate attendait que son premier fils ressorte de la tente de l'infirmerie avec des informations supplémentaires. Il avait senti que la fille s'était réveillée, mais il ne pouvait pas accéder à la petite infirmerie de fortune à cause de sa trop grande taille. L'ancienne clandestine était leur dernier espoir d'obtenir quelque chose de concret sur cette attaque. Personne n'avait vu les agresseurs et heureusement les seules victimes du camp avaient été le petit chien et la gamine. La corde qui retenait le chien avait été tranchée net et de grosses traces de pattes griffues avaient piétiné le sol puis s'étaient volatilisés. D'après les médecins la petite était sortie d'affaire pour l'instant.
Le groupe d'exploration du capitaine était rentré au moment où elle avait été évacuée et ils étaient restés en alertes jusqu'à présent. Les créatures n'étaient pas revenues, mais il manquait toujours le groupe d'excursion de Joz. Il avait appelé plusieurs fois l'équipe du trésorier avec le Den den mushi, mais personne ne lui avait répondu. Il avait aussi mené un nouveau groupe à la recherche des absents, mais sur le chemin ils n'avaient trouvé personne. Des traces de combats et de sang ainsi que des empreintes de créatures identiques à celles qui avaient attaqué la jeune femme recouvraient le sol. C'était étrange, car aucun des autres groupes n'avaient trouvé de signes de vies. Cette île semblait morte.
Le grand pirate soupira de lassitude. Il avait sous-estimé Grand Line. En deux jours, il avait perdu treize de ses fils. Combien de ses enfants allait-il encore perdre avant même d'avoir atteint le Nouveau Monde ? Était-il un si mauvais père ?
Marco finit enfin par sortir de la tente et mettre fin à ses interrogations. Il se dirigea vers lui. Le phénix avait entre les mains un bout de carton qu'il n'avait pas en entrant sous la tente de l'infirmerie. Arrivé à son niveau, son second lui tendit le morceau où quelque chose avait été rapidement griffonné.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est Lola qui l'a dessiné. Elle dit que c'est cette chose qui l'a attaquée.
Le capitaine regardait toujours le bout de carton et soupira à nouveau. Bon, et bien malgré ses espérances, ils n'étaient pas plus avancés au final. L'horrible dessin ne ressemblait à rien du tout. Une sorte de patate avec six pattes avait été gribouillée et l'espèce de chose qui pourrait vaguement ressembler à une tortue-vache-hérisson avait une bouche en dent de scie et des yeux ronds comme des soucoupes.
- D'après elle, les créatures étaient entourées de gaz qui serait responsable de la pétrification de tout l'environnement. Il ne faut pas le respirer.
- Bien. Je voudrais que tu réunisses l'équipage et que tu les mettes au courant. Je veux aussi que les masques que les charpentiers utilisent lorsqu'ils vaporisent des produits sur le vaisseau soient mis à la disposition de l'équipe de sauvetage.
Il y avait peu d'espoir de retrouver Joz et les autres kidnappés, mais en tant que Père il ferait tout son possible pour retrouver leurs corps et leurs offrir une cérémonie digne. Il était hors de question de les laisser en pâture à ces monstres.
- Je doute que des masques soient utiles pour ce genre de situation, hésita Marco.
- Je le pense aussi, mais c'est mieux que rien. Regarde combien il y en a. Je veux que les combattants qui surveillent le camp puissent eux aussi en avoir en cas de nouvelle attaque. Je veux que l'équipe soit prête à partir dans cinq minutes. On a déjà trop attendu, répondit le capitaine en se levant.
Marco acquiesça et partit réunir les quelques élus. Il allait partir en excursion avec son Père et quelques hommes et il devait vite organiser la surveillance du camps avant de partir.
Marco avait eu un mal de chien à réunir ses hommes. Beaucoup de ses frères désireux de venger leurs camarades voulaient aussi les accompagner, mais il avait été intransigeant. La protection du camps était une des priorités absolues et la majorité des combattants devaient rester sur le qui-vive près du navire. Si l'Intrépide se retrouvait visé et était malencontreusement mis hors service, ils seraient tous bloqués pour un bon bout de temps et il était hors de question de rester plus longtemps sur cette île. À cause de la forêt pétrifiée et la présence de ces créatures empoisonnées, une bonne partie de l'équipage risquerait de se retrouver décimé avant d'avoir terminé les nouvelles réparations. Ils avaient déjà eu beaucoup de chance dans leur malheur, car ils avaient eu peu d'attaques et de victimes pour l'instant, mais pour combien de temps encore ? Si un groupe entier avait été décimé, les agresseurs devaient être fort et le capitaine avait un mauvais pressentiment, mais ils ne feraient pas deux fois la même erreur. Ils ne sous-estimeraient plus cette île.
Lola fixait le toit en tissus taché de la nouvelle infirmerie. Elle était seule sous la tente depuis que Marco l'avait interrogée. Elle avait demandé à Héléna de la laisser pour qu'elle puisse se reposer tranquillement, mais elle n'avait pas sommeil. La fille ne voulait voir personne. Elle avait entendu un peu de remue-ménage tout à l'heure. Le capitaine avait dû s'organiser et partir à la recherche des deux monstres. La fille espérait que le grand homme les retrouvent et les éliminent.
Lola serra les poings. Elle n'arrêtait pas de ressasser en boucle la mort de son chien. La grosse bête en avait fait qu'une bouché et elle l'avait regardé sans rien faire. Elle avait été pétrifiée par la peur, encore.
Pourtant, cette fois elle avait été armée. Elle avait écouté Tony et n'avait jamais quitté son pistolet. Il était continuellement dans son étuis, accroché à sa hanche ou sur sa table de chevet dans son dortoir pendant son sommeil. Même maintenant elle l'avait ré-accroché à ses côtés sur sa ceinture. Il était toujours à portée de main, prêt à être dégainé. Le jeune pirate lui avait même appris à tirer et elle touchait peut-être sa cible une fois sur trois pour l'instant, mais le bruit de détonation aurait sûrement suffit à effrayer les créatures. Mais elle avait échoué, comme d'habitude. Elle s'était promie de devenir plus forte. Elle l'avait juré devant Marco. Il devait la trouver terriblement pitoyable.
Lola se roula sur le côté et se recroquevilla dans son lit. Elle était si faible et continuellement un poids pour tout le monde. Elle était toujours dépendante de quelqu'un et elle était incapable de protéger ceux à qui elle tenait. Une larme coula et s'écrasa sur son oreiller. Elle n'avait pas remarqué qu'elle pleurait. Son cousin était trempé et collait désagréablement à son visage. Lola renifla et couvrit sa tête sous sa couverture. Il faisait trop chaud dessous. Elle était si pitoyable. Elle n'aurait pas dû embarquer clandestinement sur le navire de Barbe Blanche. Elle aurait dû laisser Marco la foutre sur une barque quand elle avait été repérée la première fois. Elle aurait dû attendre et trouver un autre navire sur l'Archipel de Tiara Diamond ou sur Texas Primes. Elle n'était douée que pour se cacher, pour disparaître et abandonner ceux à qui elle tenait. Lola sanglota. Elle ne changera jamais et restera toujours une lâche.
Un bruit de tissus se fit entendre à l'entrée de la tente. Lola cessa de sangloter. Elle ne voulait pas que quelqu'un la voit pleurer. Elle renifla le plus silencieusement possible et s'essuya le nez puis fit semblant de dormir cachée sous ses couvertures. La tente était silencieuse, mais la fille savait que Héléna devait avoir des choses à préparer, car elle était responsable de l'infirmerie le temps de l'excursion. L'infirmière devait penser que la jeune femme de ménage dormais profondément et qu'elle pouvait revenir continuer ses petites affaires.
Lola attendait en silence le temps que la soignante termine ses tâches et reparte, mais aucun bruit ne perturbait le silence de la tente. L'infirmière ne semblait rien faire. À moins qu'elle était assise sur une des chaises pliantes et lisait un de ses magasines de mode comme elle en avait l'habitude. La fille patienta encore quelques minutes, mais aucun bruissement de page ne résonna. Peut-être qu'elle était repartie ? Lola était pourtant sûre que quelqu'un se trouvait dans l'infirmerie. Elle le sentait.
L'alitée se retourna le plus discrètement possible dans son lit en direction de l'entrée de l'habitation de toile et souleva sa couette pour jeter un petit coup d'œil dans la tente.
- YAAAAAAAH !
Lola se plaqua immédiatement contre le mur de tissus qui longeait son lit à l'opposé de l'entrée. Dans son mouvement brusque, elle avait emporté la potence en aluminium qui soutenait la poche transparente. La grande tige médicale sur roulette s'écrasa au sol dans un bruit sourd en arrachant la seringue qui était plantée dans le creux du coude de Lola. La fille avait le souffle coupé par l'effroi. Ce n'était pas une infirmière qui se trouvait devant elle et certainement pas un des membres de l'équipage.
Elle écarquilla des yeux. Une grande statue humanoïde se tenait au centre de la pièce. La forme en pierre devait faire un peu plus de deux mètres de haut et ce qui lui servait de tête était disproportionné par rapport au reste de son corps. Une roche ovale était reliée à un corps massif et devait faire la moitié de sa carcasse.
- B-bonjour ?...
La chose restait silencieuse. Le cœur de Lola battait la chamade, mais elle restait immobile. La créature minérale tourna doucement ce qui lui servait de tête dans sa direction. Elle n'avait pas de visage à proprement parler, mais deux trous et une esquisse de bouche en fente étaient profondément gravés dans la pierre circulaire. Une des mains de la jeune femme glissa doucement jusqu'à sa cuisse. Lola avait son arme accrochée sur sa hanche droite. Cette fois, elle serait prête à se défendre en cas de problème. Sans un bruit et le plus discrètement possible, elle réussit à détacher la courte sangle qui clipsait un son revolver. Elle l'avait pratiquement en main.
- ON EST ATTAQUÉ ! Hurla un des gardes à l'extérieur.
Autour de l'infirmerie, des cris et des bruits de courses retentirent dans tous les sens. Cela sembla soudainement réveiller la statue de pierre qui se précipita sur le lit en direction de la fille. Lola eut juste le temps de se reculer jusqu'à une des extrémités de son lit avant que la chose ne l'atteigne. La pierre s'écrasa sur le fin futon qui servait de matelas. Le poids de la roche brisa en deux le lit d'appoint. Sous la puissance du coup, le sommier de la couchette fit levier et la fille se trouva projeté directement sur son attaquant. Lola s'agrippa par réflexe la première chose qui lui passa sous la main.
La statue se secoua dans tous les sens pour désarçonner le poids qui se cramponnait sur son dos. Le monstre de pierre essaya d'attraper la fille avec ses bras trop courts en se contorsionnant, mais ils ne pouvaient pas l'atteindre. La créature furieuse rugit en se débattant. Dans sa folie, il fit tomber des caisses de matériels qui s'éclatèrent au sol en répandant des compresses, des désinfectants et des boites de comprimés. Tête baissée, la créature fonça dans un des murs en toile.
Groupe de Barbe Blanche :
- Au final, les masques ne servent à rien du tout, grommela pratiquement inaudiblement un pirate en réajustant une énième fois l'objet qui pendouillait inutilement autour de son cou.
Contrairement à la journée, la nuit était complètement dégagée. La brume s'était levée, mais les pirates ne pouvaient toujours pas avoir un clair aperçut de ce qui les entouraient. La forêt occultait la faible source lumineuse des étoiles. Malgré les torches tenues par certain de leurs congénères, le chemin restait à peine visible. Le peu de lumière produite par les flammes semblait être absorbée par les troncs recouverts de pierre sombre. Marco était en tête et illuminait lui aussi le sentier avec son pouvoir.
Cela faisait deux bonnes heures voire trois qu'ils avaient quitté le camps, mais comme précédemment rien ne s'était interposé sur leur chemin. Malgré leurs recherches et leur inspection au haki, cette île paraissait toujours aussi vide que leurs bourses en lendemain de soirée à terre. Barbe Blanche avait décidé de suivre l'itinéraire du groupe des disparus. Au bout d'un moment, ils débouchèrent sur une clairière. Les herbes hautes et pétrifiées s'élevaient agressivement face à eux et allaient ralentir leur progression.
- D'après les empreintes, c'est ici qu'ils ont fait demi-tour.
Marco inspectait le sol. Les autres membres du groupe s'étaient rapprochés du second et restaient sur leurs gardes. Même s'il était réconfortant de quitter enfin la sombreur de la forêt pour une clairière dégagée et un peu plus claire, ils se trouvaient maintenant à découvert. Heureusement la lune ne tarderait pas à se montrer et éclairer plus convenablement leur environnement.
- Oyaji, il y a des traces qui semblent traverser les herbes, remarqua un de pirates en pointant du doigt le centre de la clairière vers la silhouette sombre et rabougrie d'un arbre.
- On dirait que nous allons devoir traverser.
Barbe Blanche ne sentait pas beaucoup d'engouement de la part de ses fils à l'idée de s'aventurer dans la jungle de ronces aussi tranchantes que des lames.
- Je m'en occupe, réagit le phénix.
Les pirates soupirèrent de soulagement. S'ils devaient traverser cet enfer, ils en auraient eu pour la nuit en gagnant au passage de belles cicatrices. Certaines plantes arrivaient au niveau de leur cou tout de même.
Sans attendre Marco laissa son fruit du démon interagir avec son corps. Ses bras se transformèrent en ailes, suivi immédiatement par le reste de son corps. En un battement, il prit son envole et survola la zone dangereuse. Il mit quelques secondes pour atteindre l'arbre couvert de fruits pétrifiés. C'était quand même très pratique d'avoir un zoan volant comme fruit du démon. Grâce au haki, Marco sentit son père et ses compagnons se remettre en mouvement et commencer à contourner la plaine. L'oiseau se posa sur une des branches en pierre qui ne ploya même pas un demi-millimètre sous son poids.
Attentif à l'environnement autour de lui, Marco étudia ce qui l'entourait. De grandes traces de pas avaient marqué la poussière du sol sous les branchages de son arbre. Quelqu'un était venu jusqu'ici puis avait rebroussé le chemin. Ce devait peut-être être Joz. Il était le seul de son équipe à être aussi grand et donc d'avoir d'aussi grands pieds. À quelques mètres du tronc, une petite dizaine de grosses formes bizarroïdes étaient étrangement rassemblées. Curieux, le phénix s'approcha et se posa sur l'une d'elle. Vu de près, elles ressemblaient à des animaux. C'était la première fois qu'il voyait ce genre de rocher sur cette île. Marco pensa immédiatement à la jeune femme de ménage alitée dans le camps. Si les animaux avaient respiré eux aussi le gaz et s'étaient transformés totalement en pierre ? Si Lola avait inhalé plus de gaz, elle se serait peut-être elle aussi statufiée ?
À part les cervidés difformes et pétrifiés, il n'y avait rien d'intéressant dans cette clairière. Les créatures qui avaient attaqué ses frères étaient bien vivantes et ne semblaient pas vivre ici. Le phénix s'envola à nouveau en direction de son groupe. Du coin de l'œil, l'oiseau légendaire vit une lumière pointer à l'horizon. La lune avait entamé son ascension et éclairait l'île avec sa lumière pâle. Marco piqua en direction du sol et rejoignit ses frères. Ils avaient à peine contourné la moitié de la clairière. Mine de rien elle était plutôt grande et de nombreux buissons et racines entravaient le chemin des pirates au sol.
Le second eut tout juste le temps de se poser et de reprendre sa forme humaine que le Den den mushi dans la poche de la cape de son capitaine se mit à sonner. Le géant attrapa la créature de communication et décrocha. Ses fils autour de lui s'arrêtèrent pour écouter.
- PÈRE ?! IL FAUT QUE VOUS REVENIEZ IMMÉDIATEMENT ! ON EST ATTAQUÉ ! ILS SONT TROP NOMBREUX POUR QU'ON PUISSE LES GÉRER!
Les pirates se tendirent se le champ. Des bruits de lames et des coups de feux rendaient la conversation difficilement intelligible.
- Stan ? Que se passe-t-il ? Les créatures vous attaquent ? Ne respirez surtout pas le gaz qu'ils dégagent !
- Non ! Ce ne sont pas les mêmes !
- Qu'est-ce que tu racontes ?! Il y en a d'autres ?! Questionna un des pirates paniqués.
- Ils sont plus d'une trentaine et ils– VISTA ! LE NAVIRE ! COUPE LES CORDAGES ! Hurla soudainement l'escargophone.
Tous les marins autour de l'engin sursautèrent. De nombreux cris retentirent de la bouche de l'escargot.
- Stan ?! Tout va bien ?! STAN ! Bon sang ! Retournons au campement ! Ordonna le grand pirate.
La communication s'était coupée. Au moment où les pirates s'apprêtèrent à revenir sur leur pas, d'étranges crissements se firent entendre à côté d'eux. Le groupe se figea à nouveau, attentif aux alentours. Le chef se mit en position de défense et fut rapidement imité par ses subalternes. De lourds bruits de courses et des craquements secs provenaient du centre de la clairière et se dirigèrent vers eux.
Dans un reflex sur-humain, le capitaine bondit devant un de ses subordonnés positionné à sa droite. Il abaissa son lourd bisento pile dans la face d'une créature qui s'était jetée vicieusement sur un de ses fils. Sous le choc, la tête de la créature explosa en une multitude de débris et de poussière avant que le reste du corps ne s'effondre lourdement. Au contact du sol, la créature s'émietta entièrement en une multitude de morceaux et souleva un nuage de poussière. Les pirates furent couverts par les particules minérales et tentèrent de ne pas respirer les résidus.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ?! Demanda un pirate en utilisant son bras comme éventail pour disperser le nuage de poussière qui volait dans l'air.
Aucun des hommes n'eut le temps de répondre, car huit autres choses identiques à celle qui les avait attaquée avaient surgi de derrière les hautes herbes et s'étaient mises en position de combat devant eux. Certaines des créatures avaient des sortes de ramures qui dépassaient des formes ovales et disproportionnées qui leur servait de tête. Elles étaient entièrement faites de pierre et leur corps ressemblait grossièrement à celui d'un cheval grotesque. Campées sur leurs quatre pattes, elles semblaient déterminées à empêcher les pirates de passer. Une des créatures plus grosse que les autres s'était positionné en avant de son groupe et mugit.
Sans attendre les pirates qui étaient pourvus d'armes à feux tirèrent sur les animaux. Les balles ricochèrent sur la roche en arrachant quelques éclats par endroits. Les quadrupèdes répliquèrent en chargeant. Les hommes autours du capitaine se dispersèrent pour pouvoir les éviter, mais ils ne les quittèrent pas des yeux. Le plus gros cervidé se jeta sur le géant, les bois en avant. Barbe blanche intercepta facilement la créature avec le manche de son arme. L'animal poussait le plus qu'il pouvait, mais le grand pirate restait sans difficulté ancré sur ses deux pieds et parvenait à maintenir la créature à distance.
- Marco, pars en premier. Va aider tes frères. On s'occupe de ces choses, ordonna le capitaine.
Le second acquiesça et s'élança à nouveau dans le ciel sous sa forme animale. En bas les combats continuèrent, mais au bout de quelques secondes le phénix qui s'éloignait vers la plage perdit ses camarades de vu. Marco savait que ses frères et son père s'en sortiraient sans problème. Il était plus inquiet pour le reste de sa famille. Au bout de quelques minutes, l'oiseau aperçut la fin de la forêt. Il accéléra encore le rythme et piqua en direction de la plage. Marco atterrit au sol et se mit immédiatement en position de défense.
Il n'y avait cependant personne pour l'accueillir. Le camp était désert et le clair de lune illuminait ce qui restait d'un champ de bataille.
Le sable semblait avoir été piétiné et retourné dans tous les sens. Une bonne dizaine de cratères profonds de plusieurs mètres parsemaient les lieux. Les feux de camps avaient tous été éteints et fumaient encore lamentablement. En inspectant les lieux, le pirate marcha sur un épais bout de tissus. Le phénix se pencha et le ramassa puis l'épousseta. Du sable tomba de la toile déchirée de l'ancienne infirmerie. Qu'est ce qui s'était passé ici ?! Plus loin, le navire avait perdu les cales qui le maintenaient à la verticale. Le bateau était complètement couché sur le flan gauche et s'était déplacé plus profondément sur le littoral. Un des mâts était brisé. Le navire était dorénavant complètement sorti de la mer. Les cordes qui lui servaient d'attache pendouillaient inutilement le long de la coque. Elles avaient été tranchées net par quelque chose.
Le zoan légendaire fit plusieurs fois le tour de la plage à la recherche d'indices sur ce qu'il s'était passé, mais ne trouva rien de plus. Il était soulagé de n'avoir trouvé aucun corps, mais le problème était que tout le monde avait disparut.
Bonus :
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda le grand capitaine.
- C'est Lola qui l'a dessiné. Elle dit que c'est cette chose qui l'a attaquée, répondit Marco quand son chef prit le morceau de carton gribouillé d'entre ses mains tendues.
Barbe blanche soupira en regardant le dessin moche et le rendit presque aussitôt à son second.
- Eh bien, on n'est pas plus avancé, grommela Newgate. Va rassembler ceux qui partiront à la recherche de l'équipe de Joz. Nous partirons le plus rapidement possible.
Le capitaine s'éloigna en laissant le vice-capitaine surplace. Marco se raidit soudain. Il avait perçut quelque chose avec son haki. Il se mit immédiatement en position défensive. Sentant que quelque chose s'approchait à grande vitesse dans son dos, il fit volte face. Il ne put apercevoir qu'un éclair de fourrure grisâtre du coin de l'oeil quand le papier lui était brusquement arraché des mains. Le voleur se réfugia immédiatement sur une des branches dans un des arbres le plus proche. Dihn était tranquillement assis et observait le bout de papier. Agacé, Marco s'approcha et s'arrêta sous le tronc où était perché l'homme-bête.
- Si tu voulais voir le dessin, il t'aurait juste suffi de demander !
La hyène détacha son regard du carton et dévisagea curieusement l'autre zoan.
- Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? Grommela le phénix. Dépêche-toi de répondre, car contrairement à toi j'ai plein de choses à faire.
- Tu es le cartographe de l'équipage, non ?
- Oui, pourquoi ? Demanda suspicieusement Marco.
Dihn retourna le papier pour montrer la grosse patate gribouillée sur le dessus au second. La hyène dévoila son impressionnante dentition dans un sourire moqueur.
- Je pensais qu'il faillait avoir un minimum de compétences en dessin pour cartographe. Je n'imagine même pas la tronche de tes cartes marines.
- Ce n'est pas moi, je n'ai pas dessiné ça. C'est Lola.
- Ben voyons. OH ! Attends j'ai une idée !
La hyène sortit un stylo d'on ne sait où et fit six-sept traits sur le dessin. Dix secondes plus tard, le zoan carnivore éloigna le papier à bout de bras pour observer de plus loin le gribouillis modifié.
- Voilà ! Parfait !
Le phénix imita la hyène et arracha à son tour l'esquisse des mains de l'homme. Marco atterrit souplement sur le sol et découvrit le nouveau dessin. C'était toujours la même patate, mais au lieu de représenter le corps d'un animal c'était devenu un visage. Les six traits qui représentaient au départ des pattes de monstre semblaient être maintenant la représentation d'une barbe mal taillée. Les formes rajoutés par la hyène constituaient une chevelure en épis et deux yeux blasés grâce à deux nouveaux traits qui barraient horizontalement les anciens yeux.
- Pfff, n'importe quoi, idiot. Si c'est censé me ressembler, c'est raté.
Marco froissa la feuille entre ses mains et jeta le déchet de papier sur la plage en s'éloignant. Sur sa branche, Dihn ricana. Thatch qui s'était rapproché un peu tardivement des deux zoans, curieux de l'échange, vit la boule froissée sur le sable et la ramassa. Il déplia la feuille avant d'observer à son tour le dessin modifié sous le regard amusé de la hyène.
- AH ! Mais c'est Marco ! C'est impressionnant ! Tu l'as hyper bien dessiné mec ! Il y a juste la bouche qui ne va pas !
Des dents pointues en biseaux dépassaient de la large bouche du portrait dessiné en empiétant sur une bonne partie de la mâchoire.
- Mais sinon, on le reconnaît trop ! Affirma le jeune cuisinier.
- PAS DU TOUT ! ÇA NE ME RESSEMBLE PAS DU TOUT ! Rugit le phénix plus loin toutes dents dehors.
- Ah si, en fait c'est parfait, rectifia le plus jeune.
Et voilà ! Quel dommage qu'on ne puise pas ajouter d'images dans les chapitres.
Je vous souhaite une bonne à année à tous et vous dis à la chepro !
