Yellow à tout le monde !
J'espère que tout se passe bien de votre côté ! Je suis désolée pour le retard de cette fic (en fait je vais m'excuser à chaque chapitre, je le sens!) Depuis le confinement, je suis retournée chez mes parents et je pense que vous devez le savoir, quand on est chez ses parents ont est TOUJOURS interpellé pour ci ou pour ça et ça devient IMPOSSIBLE d'écrire !
Moi, je suis comme une locomotive ! Longue à démarrer mais efficace dans l'élan ! Donc, si on me coupe, ben c'est foutu...
Mais retournons vers le côté positif et répondons à la review (bande de radins!) :
Yui Hattake : Salut ! Je suis contente qu'elle te plaise ! Je n'aime pas les personnages principaux trop balèzes avec des pouvoirs trop puissants et forts dans tous les domaines. Ils m'énervent ! J'espère aussi que je vais pourvoir continuer cette fic encore un moment ! J'ai plein d'idées mais je suis tellement lente dans l'écriture que c'est la galère d'avancer ! Mais je ne perds pas espoir ! En ce qui concerne son background, je te garantis qu'il va y avoir du bien lourd ! Héhéhé ! Merci pour tes encouragements et pour ta review ! Elle m'a fait très plaisir et m'a donné du courage ! Encore merci !;)
« Les pirates de Barbe Blanche. Tout le monde connaît l'équipage de l'Homme le plus proche du One Piece, de l'Homme le plus fort du monde... Mais cela n'a pourtant pas toujours était le cas. »
Boniface
Chapitre 20: « Cauchemar »
Le bateau était complètement couché sur le flan gauche et s'était déplacé plus profondément sur le littoral. Un des mâts était brisé. Le navire était dorénavant complètement sorti de la mer. Les cordes qui lui servaient d'attache pendouillaient inutilement le long de la coque. Elles avaient été tranchées net par quelque chose.
Le zoan légendaire fit plusieurs fois le tour de la plage à la recherche d'indices sur ce qu'il s'était passé. Il était soulagé de n'avoir trouvé aucun corps. Le problème était que tout le monde avait disparut.
Bon sang ! Où étaient-ils tous passés ?! Toute la plage avait été retournée et une multitude d'empreintes menaient dans tous les sens. Au centre de ce qui restait de l'ancien camps, la lune très lumineuse ce soir-là, éclairait les restes de caissons et de fournitures de l'infirmerie, éparpillés un peu partout. Des caisses de vivres étaient éventrées et des tonneaux d'alcool et d'eau avaient fini de déverser leurs contenus dans le sable. Quelques douilles d'armes à feu traînaient aussi à droite et à gauche.
Heureusement qu'aucun corps n'était présent. Ses frères devaient être encore vivants. À moins qu'ils aient été emporté par les créatures... Marco secoua la tête pour chasser cette horrible pensée de son esprit. Il ne fallait pas penser à ce genre de choses et rester positif. Le phénix se pencha au sol pour suivre les pas dans le sable.
Il longea une des traces qui le menèrent à la lisière de la forêt. L'équipage avait dû trouver refuge en s'enfonçant plus profondément dans l'île. Marco jura en jetant un rapide coup d'œil aux alentours. D'autres pistes s'enfoncèrent plus profondément dans l'île, mais dans d'autres directions. Les idiots ! Ils s'étaient tous séparé ! Ils avaient couru dans tous les sens comme des canards décapités dans une forêt qui abritaient des créatures assez puissantes pour détruire une de leurs expéditions ! Le bras droit de l'équipage jura à nouveau.
Le pirate récupéra son bébé den den mushi et appela directement son capitaine. L'animal sonna quelques secondes dans le vide avant qu'une connexion ne s'établisse.
- Marco ?
- Je suis au campement Oyagi. Il n'y a plus personne. Tout le monde a fui dans la forêt.
Le gastéropode entre les mains du phénix soupira avant de lui répondre d'une voix gutturale :
- Reste près du navire. Nous te rejoignons le plus vite possible
Sans rien rajouter de plus le capitaine raccrocha. Marco rangea son animal de communication et s'avança vers l'Intrépide qui était lamentablement couché sur le côté.
En plus des trous qui éventraient la coque de chaque côté, une partie des rambardes à bâbord et un des mâts avait cédé. Le vieux navire avait vécus de mauvaises choses dernièrement. Le phénix posa ses mains sur le bois usé et bien abîmé. Le capitaine voulait attendre d'arriver sur une certaine île dans le nouveau monde spécialisée dans les bateaux de très gros calibre pour changer de navire mais à cette vitesse, ils risquaient de revoir leur projet plus tôt que prévu. Le zoan soupira. Il savait que le vieux navire ne durerait pas éternellement, mais il avait tout de même un petit pincement au cœur. Il avait beaucoup appris sur cette grande et vieille corvette. Il y avait trouvé une famille qu'il ne quitterait pour rien au monde. Et l'Intrépide faisait partie de sa fratrie et il l'aimait. Même si il râlait dans son lit lorsque le bateau grinçait férocement quand certains types de vagues tapaient contre la coque et l'empêchaient de dormir. Même les jours de pluie lorsque l'air était trop humide et que le couloir des dortoirs sentait les vieilles chaussettes mouillées, sales et négligées - ce qui arrivait moins souvent maintenant que Lola s'occupait du ménage -. Même les écoulements d'eau mal conçus et souvent bouchés lui manquerait. L'Intrépide resterait toujours et à jamais la première maison des pirates de Barbe Blanche.
Un bruit à la lisière de la forêt sortit Marco de ses pensées. Le zoan se mit immédiatement en position de combat. Si ce qui venait lui chercher des ennuis voulait tâter de ses serres, il les lui ferait goutter volontiers. Le phénix se rapprocha furtivement du bruit. Un homme sortit du bois à toute vitesse. Il manqua de tomber dans le sable en trébuchant sur une racine mais il finit par se rattraper. Il n'avait pas vu Marco à quelques pas de lui. Paniqué, il sortit son sabre en retournant sur ses pas. Quatre autres personnes surgirent à leur tour de la forêt, essoufflés.
- Il nous a suivi ? Demanda l'homme qui tenait toujours son arme à la main.
- Je ne crois pas ! Répondit un des autres en se retournant à son tour face au centre de l'île.
Au milieu des hommes une jeune femme en vêtement rose bonbon très moulant tentait de reprendre son souffle. Elle avait perdu ses escarpins pendant sa course et ses bas léopard s'étaient déchirés par endroit laissant apparaître quelques égratignures. En se redressant elle vit le Phénix un peu plus loin.
- M-Marco !
Le reste des hommes se retournèrent immédiatement vers leur vice-capitaine. Reconnaissant ses compagnons, le Phénix se détendit et les rejoignit. Il les détailla avant de demander :
- Que c'est-il passé ici ? Où sont les autres ?
- On ne sait pas ! On les a perdus dans la forêt ! Des monstres de pierre nous ont pourchassés ! On a dû se séparer pour les semer ! Répondit un des hommes.
- J'étais avec Rody. U-Un des monstres nous a suivi dans la forêt. Elle m'a poussé derrière un arbre, raconta la jeune apprentie de l'infirmerie. Elle m'a dit de rester cacher et elle a attiré une de ces choses plus loin dans la forêt pour la semer. J'ai attendu, mais elle n'est pas revenue. P-Puis j'ai vu des hommes de l'équipage alors je les ai suivi. J-J'espère qu'elle va bien...
Osis avait les larmes aux yeux en parlant de sa supérieure de l'infirmerie. Cependant, Marco connaissait bien Rody et il savait qu'elle se débrouillerait seule. En rentrant dans l'équipage, l'infirmière taciturne aux cheveux noirs avait longtemps insisté auprès du capitaine pour aller se battre à l'instar des hommes de l'équipage. Barbe Blanche avait refusé à chaque fois. Il voulait que ses filles soient confrontées le moins possible aux dangers. Une volonté que Lola avait fâcheuse tendance à ne pas respecter.
Au final, Rody n'avait jamais pu participer officiellement aux combats de l'équipage. À la place elle s'était retrouvée responsable de la sécurité de l'infirmerie. Elle avait quand même continué d'insister pendant un bon moment jusqu'à ce que lors d'une des batailles quelques pirates ennemis s'étaient faufilés dans le domaine médical pour éliminer les soigneuses et affaiblir l'équipage. Elle les avait mis hors d'état de nuire en quelques secondes et avait compris l'importance de son rôle et obtenue le doux surnom du Pitbull médical. Depuis, elle prenait la sécurité de ses sœurs très au sérieux et les pirates de Barbe Blanche avaient aussi tous compris qu'ils ne pouvaient plus se servir en cachette en cachet contre la gueule de bois tant que le chien de garde guettait au grain.
- Est-ce que l'un de vous est blessé ? Demanda Marco.
Deux des cinq hommes s'approchèrent pour faire soigner leurs blessures. Un des deux avait un bras cassé et l'autre avait de méchantes coupures au niveau de l'épaule et de la clavicule droite.
Le bras de Marco s'enflamma d'un feu azur. Il concentra son pouvoir dans sa main et la posa sur les blessures ouvertes de son frère. L'homme blessé fit une grimace. Au bout d'une trentaine de secondes, la peau commença à se reconstituer et à se rejoindre en gommant la blessure. Il ne restait qu'une fine entaille blanchâtre sur l'épaule du pirate et du sang séché. Le zoan passa ensuite à la fracture de son autre camarade. Un os cassé mettais beaucoup plus de temps à se ressouder qu'une blessure ouverte. Il lui fallut cinq bonnes minutes pour rafistoler un minimum le bras.
- Je ne peux pas faire mieux pour l'instant. Il va falloir que tu le portes en écharpe quelques jours.
Le pirate acquiesça. Au moment où il ouvrit la bouche pour remercier son supérieur, des bruits de pas sourds se firent entendre. Les six pirates se mirent immédiatement sur leurs gardes. La source du bruit se rapprochait de leurs positions.
- Père !
Les pirates de la baie laissèrent échapper des soupires de soulagements. Le capitaine gigantesque venait d'arriver sur la plage suivi par le reste de son expédition essoufflé par les larges et grandes foulées de leur chef. Si le capitaine était arrivé aussi rapidement, ils avaient dû trinquer derrière lui pour suivre le rythme et ne pas se faire semer.
Barbe Blanche analysa à son tour le décors chaotique qu'était devenu leur ancien campement. Son attention se dirigea ensuite vers Marco et ses autres enfants. Au moment où il allait sûrement demander des explications, une autre personne surgit d'un des sentiers en titubant. Voyant le capitaine, le nouvel arrivant s'effondra à genoux aux pieds du géant et s'inclina.
- Je suis désolé. C'était moi qui étais responsable du campement. J'ai été pris par surprise !
Au moment où le capitaine allait répondre, il fut coupé par un de ses fils.
- Qu'est-ce que tu racontes, Stan ?! C'est pas t'a faute ! On sait tous fait avoir ! Contredit le pirate au bras cassé.
- J'étais celui à qui Oyaji avait confié le campement ! S'énerva l'homme au sol.
Une croûte de sang mi-coagulé suinté de la chevelure rouge de Stan. Même proscrit au sol, le pirate n'avait pas l'air très stable. Du coin de l'œil, Marco vit l'apprentie infirmière commencer à se diriger vers le nouvel arrivant, inquiète. Grâce à ses facultés de phœnix, Marco avait commencé à s'intéresser à la médecine et avait effectué quelques « stages » à l'infirmerie pour optimiser efficacement ses compétences de guérisons sur autrui. Il voyait bien que Stan n'allait pas bien.
- J'étais de garde avec trois autres gars et c'est nous qui n'avons rien vu venir ! Contra un autre homme.
Avant que l'épéiste rouge ne puisse répliquer, Barbe Blanche fixa le pirate au sol de ses yeux dorés et implacable. Il posa enfin la question qui trônait sur toutes les lèvres des hommes de l'expédition.
- Peu importe qui était responsable pour le moment. Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Un peu avant, au campement :
- ON EST ATTAQUÉ ! Hurla un des pirates.
Stan évita de justesse un bras de pierre qui avait tenté de le saisir. Il roula sur le sol et dégaina son sabre. Sans attendre il s'élança vers la chose qui l'avait attaqué. Pourquoi personne dans ce fichu campement avait donné l'alerte ?! En moins d'une minute, une bonne quinzaine de monstres avaient surgit du sol. Les pirates avaient été complètement pris au dépourvu. Les rochers qu'ils pensaient être des simples pierres toute la journée, étaient toutes en train de s'animer. Elles étaient restées à moitié ensevelies sous le sable tous ce temps et avaient surgit dès que le soleil s'était couché pour les attaquer ! Il para un autre poing de roche avec le plat de sa lame, mais au moment où il voulut répliquer, un nouveau rocher se mit à son tour à sortir du sol sous ses pieds. Le remous soudain de sable sous ses jambes manqua de le faire tomber. Déséquilibré, il eut à peine le temps de protéger ses points vitaux qu'un coup du nouvel arrivant le projeta plus loin. Il atterrit brutalement au sol dans un bruit sourd. Il se releva et cracha le sable humide qu'il avait ingurgité lors de son roulé-boulé.
Autour de lui c'était la débandade. Ses compagnons étaient tous submergés et d'autres pierres s'étaient réveillées. Plus d'une trentaine d'humanoïdes difformes parcouraient la plage de leurs pas traînants et balayaient tout sur leurs passages. Sans aide, les marins ne pouvaient pas leur tenir tête. La plupart des pirates étaient contraints de se replier vers la forêt.
L'épéiste au sol se dépêcha de sortir l'escargophone que son capitaine lui avait confié en espérant que son vol-plané n'avait pas trop abîmé l'animal. L'homme à queue de cheval entra rapidement le numéro de son capitaine.
Une autre créature tenta de l'attraper, mais le bretteur esquiva et riposta en envoyant un bon coup de pied en plein dans le visage de pierre de la chose. Sous la force du coup, Stan ressentit une forte douleur à la jambe, mais la créature bascula en arrière et atterrit sur la plage. Le sable amortit sa chute et la laissa coincée sur le dos comme un scarabée pitoyable. L'humanoïde de pierre remua en vain ses membres rabougris pour se redresser.
Le Den den mushi sonna quelques secondes avant d'entendre le gatcha habituel qui indiquait le retour de la communication. Sans attendre, l'épéiste hurla dans émetteur pour se faire entendre malgré le capharnaüm dût aux combats autour de lui.
- PÈRE ?! IL FAUT QUE VOUS REVENIEZ IMMÉDIATEMENT ! ON EST ATTAQUÉ ! ILS SONT TROP NOMBREUX POUR QU'ON PUISSE LES GÉRER!
À quelques mètres du pirate à queue de cheval, un groupe de sept hommes s'était fait encercler par quatre colosses. Le bretteur s'élança immédiatement à leur rescousse sans quitter le den den mushi des mains.
- Stan ? Que se passe-t-il ? Les créatures vous attaquent ? Ne respirez surtout pas le gaz qu'ils dégagent ! Répondit l'escargot à moustache.
Mais pourquoi il lui parlait de gaz ?! Arrivé au niveau de l'humanoïde le plus proche, l'épéiste dégaina sa lame et trancha promptement ce qui semblait être l'arrière du genou droit de la statue. La pierre semblait plus tendre à cet endroit. La jambe se scinda en deux et déséquilibra la créature qui s'effondra sur le côté. Sa brusque chute attira l'attention de ses trois autres camarades qui se concentrèrent désormais sur le nouvel arrivant. Le monstre au sol ne resta pas longtemps à terre. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, sa jambe de pierre se recomposa et il se releva. Bon sang ! Ils étaient impossibles à tuer ! Comment détruire des créatures capables de se reformer à l'infini ?! Stan avait cependant réussit à secourir ses compagnons qui s'éloignèrent des statues animées en portant un blessé. Ils contournèrent une tente en toile et s'éloignèrent des combats.
À la vue de l'infirmerie de fortune dressée à la va vite, Stan se souvint soudain de l'attaque de la jeune femme de ménage en début d'après-midi. D'après Marco elle avait été empoisonnée par des créatures.
- Non ! Ce ne sont pas les mêmes !
- Qu'est-ce que tu racontes ?! Il y en a d'autres ?!
- Ils sont plus d'une trentaine et ils– VISTA ! LE NAVIRE ! COUPE LES CORDAGES ! Hurla soudainement le bretteur.
À l'entente de son nom malgré la cinquantaine de mètres qui les séparait, le Noble tourna immédiatement la tête vers son camarade. Le chapeauté était seul face à deux grandes statues mais il semblait réussir à les garder à distance. Il n'eut besoin que d'un seul coup d'œil vers le bateau pour comprendre le message de son homologue à épée.
Vista s'élança d'un bond vers la source du problème. Les cinq rochers qui servaient de supports d'amarrage au navire venaient eux aussi de prendre vie. Les créatures attachées aux cordages se dirigèrent à leur tour vers le centre de la plage en direction du chaos. Grâce à leurs forces, elles commençaient à tracter le bateau plus profondément dans leurs sillons sur la plage. Soudainement tirées à l'avant, les cales qui le maintenaient verticalement cédèrent. L'Intrépide bascula sur le flan dans un gros craquement sec. Sous l'élan de la bascule et du choc soudain sur la plage, un des mats céda dans un craquement sinistre.
Le Noble qui était plus rapide que les monstres attelés contre leur gré, réussit à les rattraper et arriva enfin au niveau de la proue. Comme un chat, il esquiva les attaques des cinq créatures qui l'avaient repéré. Il bondit vers le cordages et d'un coup expert, il trancha net les attaches qui étaient reliées aux monstres. Le navire s'immobilisa immédiatement sur le sable. Stan soupira de soulagement.
- Stan ?! Tout va bien ?! Demanda l'escargot.
Avant qu'il n'eut le temps de répondre, un cri féminin retentit à côté de lui. Soudain une énorme masse s'échappa de la tente des infirmières qui se déchira dans un gros CRAAAC et le heurta de plein fouet. Sous le coup du choc, le pirate à queue de cheval lâcha l'escargophone qui fit un magnifique vol plané et atterrit dans le sable. Un scroutch retentit ensuite à ses oreilles, mais il ne pouvait pas en voir l'origine. Étourdit par le coup, il aperçut tout de même son immense agresseur s'éloigner en courant et s'ébrouant dans tous les sens pour déloger une masse qui se cramponnait sur son dos. Vista s'était lancé à ses trousses et l'étrange trio disparut dans la forêt.
Stan se releva difficilement. Du sang coulait de sa tête et un soudain vertige faillit le faire s'effondrer. Il chercha des yeux l'appareil de communication tombé au sol. Il le vit un peu plus loin. Du moins, ce qui l'en restait. Le pauvre animal avait été écrasé par l'humanoïde fou et n'était plus qu'un mélange de coquille en miette et d'une flaque bleuâtre gluante.
L'épéiste jura. Des bruits de pas sourds dans son dos attirèrent son attention. Stan se retourna prestement en ignorant son mal de crane et son vacillement. Quinze colosses de pierre avancèrent dans sa direction. Il n'était pas de taille à les affronter seul. Autour de lui, tous ses frères s'étaient repliés dans la forêt et éparpillé dans toutes les directions. Il était le dernier humain sur la plage face à une grande troupe de pierre. Le pirate tenait son épée en main, prêt à se défendre, mais il savait qu'il ne pouvait pas rivaliser pour l'instant. Un filet de sang coulait dans un de ses yeux en l'aveuglant. Petit à petit, il amorça à son tour sa retraite en reculant vers la jungle.
Prenant les statues de vitesse, Stan bondit soudainement vers l'orée de la forêt et disparut à la suite de ses comparses entre les arbres. Les colosses de pierre se lancèrent à sa poursuite mais ils étaient beaucoup moins agiles et rapides que lui.
- Quand je cherchais les autres, j'ai vu une lumière bleue passer au-dessus de la forêt vers le camps. J'ai supposé que c'était Marco. J'ai fait demi-tour et je suis arrivé, termina l'épéiste rouge.
Barbe Blanche resta silencieux quelques minutes en pleine réflexion, sans quitter des yeux ses enfants devant lui. D'après les dires de Stan, le camp avait été attaqué par des humanoïdes de pierre et sa propre équipe par des statues d'animaux géants, eux aussi faits de roche. Cela faisait deux nouvelles créatures indigènes à cette île et dangereuses pour son équipage qui avaient échappé à leurs premières reconnaissances de la journée. Comment avaient-ils pu les manquer ? D'autres créatures pourraient être cachées dans la forêt, là où tous ses enfants s'étaient réfugiés.
Pendant sa réflexion, la jeune infirmière avait commencé à inspecter le nouvel arrivant sous les yeux analytiques du Phénix. Stan avait l'air encore un peu étourdi par le violent choc qu'il avait reçu à la tête. Les autres pirates étaient rassemblés autour de leur gigantesque chef et attendaient ses ordres.
Au bout d'un petit moment Osis finit par couper le silence pesant qui semblait s'éterniser et s'adressa à Barbe Blanche.
- Il faut que Stan se ménage. Il a un léger traumatisme crânien. Ce n'est pas grand chose, Marco a soigné le plus important des dégâts, mais il faut qu'il reste tranquille.
- Quoi ! Mais je me sens bien ! Hors de question d'être mis à l'écart !
L'épéiste semblait en effet avoir reprit contenance. Ses yeux étaient moins dans le vague et il était moins pris de vertiges.
- Tu as reçu un très mauvais coup dans la figure ! Ton crâne était fêlé ! Sans l'intervention de Marco tu aurais dû être mis en convalescence pendant plusieurs semaines ! Rouspéta l'apprentie infirmière, toute timidité envolée.
- Très bien miss, mais comment veux-tu que je me repose repose sur cette île ? C'est pas comme si on pouvait rester tranquillement sur le navire ! Répondit Stan en cherchant des yeux le soutient de son capitaine.
Osis se tourna à son tour vers Barbe Blanche, les mains sur les hanches. Le géant qui avait silencieusement suivi leur débat regarda ses deux enfants tour à tour. Il soupira.
- La petite a raison, Stan.
L'épéiste grimaça et une lueur de victoire apparut dans les yeux de l'apprentie soignante. Barbe Blanche se tourna ensuite vers ses autres enfants.
- Cependant, la priorité pour l'instant est de retrouver le reste de l'équipage et de garder ce qui reste du navire en état jusqu'à ce qu'on puisse le réparer, soupira le géant. Marco, il va falloir que tu survoles la forêt pour que les autres puissent te voir. Essaye de ramener le plus de monde possible. Personne ne doit rester seul dans cette forêt trop longtemps.
Marco acquiesça et se transforma immédiatement en phénix. Il se propulsa dans les airs grâce à de puissants battements d'ailes et fit un rapide tour du camps avant de s'éloigner au-dessus de la forêt. Après avoir regardé son second partir, le gigantesque pirate se tourna vers ses autres enfants.
- Faites le tour de ce qui reste du campement et récupérez ce qui peut être encore sauvé. Nous allons tous rester sur le navire et organiser des rondes.
- Oyagi ! Stan doit se reposer ! Râla la jeune femme.
Sans attendre la réponse du capitaine, l'épéiste rouge se faufila immédiatement avec ses frères et commença à les aider dans leurs tâches, loin de la petite infirmière.
- Malheureusement, on a pas trop le choix pour l'instant. Quand les autres reviendront, je lui demanderais de prendre du repos. Ça te convient ?
La jeune femme allait protester, mais se ravisa. Elle ne pourrait rien obtenir de mieux, elle le savait. Elle acquiesça à contre cœur et parti à son tour. Elle tenterait de sauver le plus de matériel médical que possible.
Marco devait plisser des yeux pour pouvoir distinguer un minimum les arbres sous lui. Le zoan pesta. C'était comme si l'île avait deviné leurs prochaines actions et cherchait à les entraver. Peu de temps après son décollage, la brume avait de nouveau envahie l'île et l'empêchait de repérer ses compagnons au sol. À cause de l'opacité de la masse grise, il n'était certainement pas visible par ses camarades non plus malgré son pouvoir qui le faisait biller comme un feu follet. Il pouvait plonger mais il n'aurait plus aucun moyen pour se repérer. Cependant, il n'avait manifestement pas l'air d'avoir le choix. Décidé, l'oiseau se dirigea directement dans le brouillard et se fondit dans la brume.
Il ne voyait pratiquement rien et le clair de la lune était totalement obstrué. Heureusement que ses propres flammes étaient assez lumineuses pour éclairer un minimum à quelques mètres autour de lui et qu'il avait commencé à développer son haki de l'observation. Il avait pu esquiver au dernier moment quelques cimes d'arbres rocheux cachés et ainsi éviter de se manger violemment dans les troncs. Mais quelque chose d'étrange faisait interférence avec son haki.
Il ralentit son vol jusqu'à faire du surplace et finit par se poser sur une branche fossilisée. Il avait cru sentir des êtres vivants dans les alentours. Les voix étaient imprécises comme si elles étaient cachées derrière un large écran. Une fois immobile, Marco se concentra uniquement sur les présences humaines qu'il avait senti pas très loin. Il les avait presque localisées, mais elles furent soudainement totalement brouillées. Le phénix ouvrit immédiatement les yeux. La brume autour de lui s'était intensifiée pendant qu'il méditait et devenait encore plus étouffante. Et si c'était elle qui perturbait son haki ?
Décidé à vérifier son hypothèse, Marco déploya à nouveau ses ailes et prit de l'altitude. Il monta très haut, jusqu'à rejoindre enfin le ciel pur, loin au-dessus de la brume. Immédiatement son impression de malaise s'évanouit. En haut, il faisait clair et les étoiles brillaient comme à leur habitude. Il pouvait enfin respirer de l'air frais, loin de la fétidité du brouillard qui couvrait le sol comme une épaisse couverture d'hiver collante. Il n'avait pas eu conscience de la pestilence du manteau de brume jusqu'à ce qu'il prenne une petite distance avec l'île. Son instinct de zoan le mettait en garde contre ce phénomène.
Soudainement son attention fut attirée par de nombreuses « boules » de brume éparpillées sur l'île qui semblait plus compacte par endroit comme si elle était devenue solide et seulement concentrée sur de quelques petites zones. Le zoan fronça ce qui lui servait de sourcils. Immédiatement, tout en ignorant son instinct, il descendit vers l'une d'elles et plongea dans le concentré de nuage fétide.
Il se posa à nouveau sur une des branches de la forêt et replia ses ailes et tendit l'oreille. Dès qu'il avait pénétré à l'intérieur du nœud de brume, son haki s'était à nouveau instantanément troublé jusqu'à ne plus rien sentir. C'était perturbant. Comme s'il avait soudain perdu un sens. Le brouillard n'avait jamais été aussi opaque et Marco devait retenir son phénix intérieur de vouloir s'enfuir. La brume agressait son nez et ses poumons au point de le faire toussoter.
Un bruit attira l'attention de Marco. Immédiatement, il plana vers une autre branche qui le rapprochait de la source. Il réitéra plusieurs fois son action jusqu'à se retrouver capable de distinguer un minimum l'origine du bruit en contre bas.
Une quinzaine d'hommes marchaient précautionneusement et groupés. Marco reconnu instantanément les hommes de son équipage.
- OÏ ! Tout le monde va bien ? Demanda-t-il.
Le second atterrit sans aucun effort dans sa forme humaine devant la troupe de pirates qui baissèrent automatiquement leurs armes en reconnaissant le bras droit de leur chef.
- Marco !
- Il y a des blessés parmi vous ?
Les pirates nièrent. Et se regroupèrent immédiatement autour du zoan.
- Retournez tous au campement. Oyagi vous attends ! Je dois trouver les autres.
- Quoi, tu pars déjà ?! Et qu'est ce qu'on fait pour les créatures ?! On ne peut même pas utiliser le haki pour les détecter ! On va se faire écraser !
- Je vais vous ramener des renforts. Je crois que j'ai trouvé un moyen de localiser les autres.
Avant que les pirates ne puissent le contre-dire, Marco se transforma à nouveau et s'envola. Il dépassa à nouveau la brume et rejoignit le ciel clair.
Il inspecta à nouveau l'île sous lui. S'il avait raison, le brouillard se concentrait essentiellement sur ses camarades, le reste de l'île n'était qu'une brume légère en comparaison comme s'il cherchait à les étouffer. S'il pouvait les rassembler, il pourrait réunir tout le monde !
Une bonne trentaine de masses concentrées de fumée parsemaient la forêt et certaines étaient très proches les unes des autres. Il commencerait par celles là. Marco plongea vers une des zones à proximité des frères qu'il venait de quitter. Il sentit à nouveau cette impression malsaine. Le brouillard était toujours aussi agressif et nocif. Il se posa sur une branche au-dessus de la tête de ses frères. Il avait eu raison. Quelque chose sur l'île cherchait à les séparer. Huit pirates pointèrent immédiatement leurs fusils sur lui avant de baisser leurs armes en le reconnaissant.
- Bon sang ! Tu nous as fait peur Marco !
Ses frères semblaient soulagés de le revoir. Le phénix analysa le petit groupe et s'approcha immédiatement d'un de ses frères qui soutenait un blessé. Le pirate n'avait appartement pas de blessures physiques, mais il était recouvert d'une pellicule grisâtre et sableuse qui collait son corps. Sa respiration était sifflante et il semblait constamment pris de vertiges.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? Demanda Marco.
- J'ai pas bien compris, mais il est comme ça depuis qu'on a fait explosé un des humanoïdes qui nous pourchassait.
- As-tu respirer une sorte de gaz ou quelque chose qui y ressemblerait ?
Le pirate chercha à répondre, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il fut pris d'une crise de toues et avant qu'il ne put ouvrir la bouche à nouveau pour répondre, il s'effondra. Une fraction de seconde avant qu'il ne touche le sol, il fut rattrapé par son camarade.
- Hé ! James ! Reste avec nous ! C'est pas le moment de nous lâcher ! Héla l'homme à son camarade inconscient.
- Vite ! Posez-le sur mon dos et attachez-le avec une ceinture ! Je le ramène immédiatement au camps ! Ordonna Marco.
L'utilisateur de fruit du démon se transforma en phénix et les pirates s'exécutèrent aussitôt. Une fois la charge installée et bien sanglée, le zoan mythologique se tourna vers ses compagnons agglutiné en cercle autour de lui.
- Si vous vous dirigez vers le sud-ouest vous tomberez rapidement sur un autre groupe. Rejoignez-les et ensuite retournez ensemble au campement ! On se retrouvera là-bas.
Les pirates acquiescèrent et Marco s'envola.
Malgré son pouvoir mythologique, le second de Barbe Blanche était considérablement ralenti par le poids. James n'était pas le pirate le plus léger de l'équipage et la ceinture qui le maintenait en place n'était pas le meilleur des harnachements. Au moindre écart trop rude, Marco risquait de perdre son chargement.
L'oiseau montait de plus en plus haut. Il était pratiquement sorti de la brume quand un violent choc le percuta dans le flan et lui coupa le souffle. Déséquilibré par le coup et la charge sur son dos, Marco mit plus de temps que d'habitude à se rétablir. Qu'est-ce que c'était ? L'air était trop opaque pour pouvoir distinguer quelque chose et son haki était toujours brouillé. Sur le qui-vive, le zoan tendit l'oreille. Il n'eut pas le temps de réagir. Une masse noire le heurta à nouveau par le haut cette fois-ci. Violemment projeté vers le bas, il empêcha son compagnon évanoui sur son dos de basculer sur le côté malgré la sangle. Le zoan ne put esquiver la troisième attaque que grâce à un heureux coup de chance.
Le phénix accéléra ses battements d'ailes pour reprendre de l'altitude, mais quoi que furent ces choses, elles n'avaient clairement pas l'intention de le laisser s'échapper. Plusieurs formes foncées de la taille d'un très gros chat apparurent de temps en temps dans son champ de vision au-dessus de lui mais elles étaient trop rapides pour que Marco puissent clairement les identifier. Trois nouvelles masses le heurtèrent lui et son fardeau. Avant qu'il ne puisse esquiver, une quatrième le cogna violemment sur son aile droite et la chose se planta dans sa chaire malgré les flammes régénératrices en lui arrachant un cri de douleur tout en le déséquilibrant. Il n'eut pas le temps de le dégager que d'autres créatures se jetèrent en sur lui. Six autres créatures se plantèrent dans les ailes avec ce qui leur servaient de dents. Submergé par le poids de son chargement par et les masses des créatures, Marco n'arrivait plus à garder l'altitude. Ses charges étaient trop lourdes ! Entraînés par les poids, l'oiseau et son frère chutèrent du ciel.
Marco sentait le sol se rapprocher de plus en plus. Il devait impérativement se dégager. Lui pourrait résister à la chute vertigineuse grâce à ses pouvoirs régénérateurs de son fruit du démon, mais son compagnon sanglé sur son dos plongeait vers une mort imminente. Le phénix parvint à se contorsionner et d'un habile coup de serres réussit à saisir deux des masses incrustées dans ses bras. Les choses qui se régalaient de son sang, ressemblaient à des chauves-souris faites de pierre. Sans attendre une seconde de plus, Marco arracha les vampires de roche à l'aide de ses griffes qui emportèrent dans leurs dents des morceaux de ses chairs qui se régénèrent instantanément.
L'oiseau sentit son dos soudainement plus léger et moins contraint dans ses mouvements. La ceinture qui maintenait son frère en place flottait dans l'air. Il écarquilla des yeux et plongea immédiatement son regard en dessous de lui juste pour apercevoir le pirate chuter et disparaître de sa vue dans le brouillard opaque.
Le phénix replia ses ailes en ignorant les cinq autres créatures toujours agrippées à lui et piqua immédiatement vers le sol. La vitesse augmentait de plus en plus. Il ne savait pas réellement à quelle distance se trouvait exactement le sol, mais il devait rattraper son frère le plus rapidement possible. Une silhouette en chute libre apparut devant l'oiseau. Plus vite ! Le vent sifflait dans ses oreilles. Du coin de l'oeil Marco vit une nuée de « chauves-souris » le prendre en chasse à travers la brume. Il y en avait plus d'une trentaine au-dessus de sa tête à quelques mètres de lui, prêtes à le recevoir dès qu'il chercherait à remonter, mais chaque chose en sont temps. Il devait rattraper son compagnon ! Il était à moins d'un mètre de son frère. Son instinct aviaire lui criait de se redresser, mais il continua. Il y était presque...
L'oiseau précipita ses puissantes serres qui se refermèrent in extremis sur la chemise de son compagnon. Sans attendre, il ouvrit ses larges ailes toujours contraintes et réussit à stopper la chute.
Marco n'eut pas le temps de reprendre son vol que les lourdes masses des poursuivants de roche le percutèrent violemment par le haut. Éjecté, le phénix lâcha inconsciemment son camarade et fut projeté au sol quelques mètres plus bas. Il heurta l'île brutalement. Le zoan toussa pour reprendre son souffle. Avant qu'il ne puisse se redresser, l'essaim de créatures vampiriques s'abattit sur lui comme une nuée de météorites en le clouant à terre.
Une bonne trentaine de créatures étaient plantées sur chaque parcelle de son corps et Marco se retrouvait enseveli sous plusieurs centaines de kilos de roche. Il essayait de se dégager, mais les masses étaient trop bien accrochées. Il ne pouvait pratiquement plus respirer et le peu d'air qu'il recevait lui semblait poisseux et putride. Le poids de ses entraves de pierre écrasait ses poumons et le manque d'air frais commençait à se faire ressentir. Les flammes régénératrices s'amenuisaient au fur et à mesure dû au manque d'oxygène. Marco se sentait de plus en plus faible et des points noirs commençaient à apparaître devant ses yeux.
Il dut retenir un cri de douleur quand quelques « chauves-souris » furent brutalement arrachées de son cou. Le phénix ne put que pencher légèrement la tête sur le côté pour observer le nouvel arrivant avant de sombrer vers l'inconscience. La dernière chose qu'il put voir, fut les deux grands yeux ronds d'une immense créature qui le fixait pendant que son frère de cœur évanoui disparaissait entre les canines d'un second monstre. C'était un cauchemars.
