Hey ! Voici donc le chapitre III ! Pas eut des masses de reviews pour le deuxième chapitre, j'espère que ça ne veux pas dire que ça devint nulle x) Cela dit je comprend si certain décroche, le deuxième tome sonne bien différent du premier.
Bonne lecture !
Réponse à L'incroyable Super Guest J :
Oui je ne pouvais pas ! Malgré ce que j'en fais, j'adore Kara, je le promet xD
Oui en dix ans, c'est devenu la merde ! Qu'est ce que j'ai fais !
Y'a plusieurs dates clés durant ses dix ans et ce qui c'est passé i ans et sans doute la plus importante. Qu'est-ce que Kara à pu faire ? Surprise :p
Oui, Kara à bien grandit et je pense qu'on va le voir au fil de l'histoire. Du coup, elles ont un peu inversé les rôles les deux jumelles, Kara est devenu la "populaire" et Keira "l'oubliée"
Dépendante aux médocs ? Maybe. La douleur après 10 ans, oui, inquiètant.
Il y aura un flashback de la rencontre entre Kara et Kate, ne t'inquiète pas ^^ et ravi que tu l'aimes déjà x)
La conversation avec son fan était absolument pas prévue xD Ça devait être un fan lambda puis c'est parti en cacahuète encore.
Keira eh bien... L'air de rien c'est une grosse angoissée de la vie x) elle aurait pas pris autant d'antidépresseur au lycée sinon. Quoique, avec son passé pourri, on peut pas vraiment lui en vouloir xD
Haha merci beaucoup ! J'aime beaucoup semer des indices partout, je trouve ça très drôle xD Y'en à pas mal dans ce chapitre là, arriveras-tu à tous les trouver et les comprendre ? :p
Mais peut-être qu'elle est prise, j'ai encore rien précisé :p
Oui, je rajouterais des adjectifs à chaque review aussi longue que tu m'as laissé xD Amplement mérité ! Je ne sais pas si tu sais, mais elle faisait environ 800 mots ta review xD (oui oui, j'ai vérifié) pour te rendre compte de la chose, c'est presque 1/3 d'un chapitre de Rao's Daughter alors pour te dire xD
Bien sûr que ça ne dérange pas ! Je pense qu'aucun n'auteur ne te dira, laisse moi des reviews plus courtes xD
Bonne lecture à toi et encore merci pour être aussi incroyable :p
CHAPITRE III
•••
Samedi 5 Février, Appartement Kara Danvers, National City :
Kara était assise en tailleur sur son canapé, habillée d'un simple tee-shirt et d'un pantalon de pyjama, une tasse fumante à la main alors qu'elle fixait le vide d'un air pensif, en soufflant sur son chocolat chaud. Elle était rentrée très tard hier soir, suite à sa sortie improvisée avec Kate et Mary, qui lui avait fait beaucoup de bien pour éloigner ses noires pensées. Cependant, le décalage horaire, une journée presque complète dans un avion et la nuit blanche qu'elle venait de passer en pensant pendant des heures, la laissait complètement lessivée.
Elle pensait à tellement de chose à la fois, qu'elle en avait mal à la tête. Cela dit, un nom était récurrent dans ses pensées et celui-ci était celui de sa soeur jumelle. Elle savait bien que plus les années passaient, plus leur relation se dégradait toujours un peu plus. Elle l'avait senti lorsqu'elle rentrait au pays, à travers ses lettres, ses messages, ses appels. Elle l'avait senti, mais elle n'avait rien fait et résultat ? Keira ne voulait même plus la voir… Ça en revanche, elle ne l'avait pas vu venir… Elle ne pensait pas que Supergirl était tellement en rogne contre elle, qu'elle préférait tout simplement ne plus entendre parler d'elle.
Ça lui faisait mal. Très mal même. Cependant, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même… tout ce qui se passait était entièrement sa faute et plutôt que d'essayer de tout arranger, de tout expliquer, d'essayer de faire comprendre à ses proches ses décisions, elle avait préféré fuir et se renfermer sur elle-même… La vérité, c'est qu'elle ne savait même plus quand elle avait eu une conversation à coeur ouvert avec quelqu'un. Chaque sujet sérieux, elle l'esquivait, évitant de s'impliquer émotionnellement, parce qu'elle savait que si elle le faisait, elle craquerait et ne parviendrait sans doute plus à se relever.
Elle ferma les yeux, épuisée et elle laissa sa tête basculer en arrière, après avoir déposé sa tasse sur la table basse face au canapé. Comment, alors qu'i peine quelques années, elle se sentait au comble du bonheur, tout avait pu basculer de la sorte ? Cette question était stupide… Elle le savait très bien et elle se demandait ce qu'elle avait pu faire dans une autre vie, pour que le destin s'acharne ainsi sur elle.
Des coups à la porte la firent soudainement sursauter et elle soupira en apercevant la distance qui séparait son canapé à la porte d'entrée. Elle avait tellement la flemme… Tant pis, si c'était important, ils repasseraient, là, elle voulait juste dormir un peu, avant de s'envoler pour le journal.
— J'ai des beignets sortis tout droit de chez Noonan's ! Prévint une voix derrière la porte.
Kara redressa immédiatement la tête et se précipita en direction de la porte, l'ouvrant à une telle vitesse qu'elle surprit son visiteur surprise.
— Eh bien, ravie de voir que la nourriture à toujours un te-
Alex n'eut pas le temps de terminer sa phrase dite avec un sourire taquin, que celle-ci sentit un corps s'écraser avec force contre le sien, la surprenant encore, la force du choc la faisant reculer de quelques pas et elle faillit s'écraser contre le mur du couloir derrière elle.
— Karaaa….. tu m'étouffes, réussit à lâcher difficilement sa soeur.
La blonde relâcha immédiatement l'agente du FBI s'excusant alors que celle-ci reprenait sa respiration. Kara avait toujours autant de force visiblement.
— Alex ! Je suis tellement contente de te revoir ! Lança la journaliste avec excitation, sautillant sur place avant de reprendre sa soeur dans ses bras, avec un tantinet plus de délicatesse. Tu m'as tellement manqué !
Son aînée sourit, l'enthousiasme de sa cadette lui donnant une joie plus que bienvenue. Elle était toujours un petit soleil, dommage que celui-ci adorait tellement voyager autour du monde. Sans plus se plaindre de la force maladroite de Kara, Alex lui rendit son étreinte du mieux qu'elle put, avec ses mains occupées par deux boissons chaudes et un paquet de beignets.
— Tu m'as manqué aussi Kara si tu savais, souffla la plus âgée des Danvers, plus que ravie de pouvoir enlacer sa soeur après plus de 8 mois d'absence. Est-ce que tu comptes me laisser entrer, ou l'on va continuer nos retrouvailles dans le couloir ? S'amusa-t-elle, alors que cela faisait bien plusieurs minutes que la blonde à lunettes était cramponnée à elle comme si sa vie en dépendait.
— Euh, bien-sûr, rentres, invita Kara, après s'être soudainement écartée du corps de l'agente fédérale, son visage se détournant aussitôt, empêchant sa voisine d'apercevoir son regard larmoyant.
Elle était tellement contente de voir sa soeur. Si il y avait bien un problème à tous ses voyages, c'était d'être aussi loin des deux femmes de sa vie, enfin… trois, mais la troisième n'apprécierait certainement pas si elle le lui disait…
— Alors, chocolat chaud à la crème et assortiment de beignets comme tu l'aimes, lança Alex en présentant ses présents avec un petit clin d'oeil.
— Merci, mais tu n'étais pas obligé Alex, sourit Kara en fixant sa soeur avec adoration.
— Oh allez, je suis sûr que dans les coins perdu ou tu étais, tu n'as pas réussi à trouver des beignets aussi bons que ceux-là ! S'amusa l'agente en ouvrant la boite, découvrant une palette de beignets parfaitement alignés de toutes les couleurs.
— Oh mon Dieu ! T'as raison ! Lâcha la journaliste de Catco en s'emparant d'une des pâtisseries et croquant dedans à pleines dents avant de fondre sur place sous le regard amusé de sa soeur.
Bon ok, à son prochain voyage, elle demanderait au cuisinier de chez Noonan's de la suivre, peut-être même devrait-elle lui demander de l'épouser, tous ses plats étaient un véritable délice pour les papilles gustatives de la blonde à lunettes.
Les deux Danvers émigrèrent en direction du canapé et Kara commença à s'exciter comme elle seule savait le faire, en parlant de son voyage et de tout ce qu'elle avait fait. Alex se contentait de sourire et d'écouter, l'enthousiasme de sa cadette lui faisant un bien fou. Mon Dieu, ce qu'elle lui avait manqué.
— Mais regarde-moi ça, commenta Alex, attirant la curiosité de Kara. Mais en fait t'as une peau parfaite ! Lança-t-elle en avisant la peau dorée par le soleil de sa soeur. Moi qui pensais que les magazines te retouchaient et que tu faisais pareille avant de publier sur Instagram ou YouTube !
— Hé ! S'outra immédiatement la journaliste, amusant sa voisine. Je ne me retouche absolument pas ! Ma peau et ma personne sont naturellement parfaites, ajouta-t-elle avec un faux air arrogant.
Alex rit. C'était dingue, il y avait une telle différence d'atmosphère entre sa soirée d'hier avec Keira et son début de matinée avec Kara... Hier soir avait-été essentiellement silencieux, les deux soeurs s'étaient contentées de s'installer devant la télé et de commander une pizza. Alex avait alors essayé de faire la conversation, mais le mutisme de plus en plus élevé de sa deuxième cadette se faisait de plus en plus ressentir durant leurs "discussions", qui ressemblaient de plus en plus à de longs monologue de la part de l'agente du FBI.
La femme aux reflets rouges, avait très bien compris que Supergirl luttait pour ne pas se lever du canapé et s'enfuir pour retrouver sa jumelle, car malgré ce qu'elle pensait, malgré qu'elle en voulait à Kara de l'abandonner comme elle le faisait, elle l'aimait plus que tout et résister pour ne pas aller la retrouver avait été un combat intense. De plus, elle avait très bien compris que l'ex-footballeuse avait été touchée qu'elle reste auprès d'elle, malgré son envie d'aller chercher Kara à l'aéroport. Keira n'avait rien dit de ce qu'elle pensait et ressentait, mais Alex n'en n'avait pas besoin. À force de côtoyer son côté de plus en plus taciturne, elle avait fini par apprendre à la comprendre au-delà des mots et il était de plus en plus difficile pour Supergirl de cacher son mal-être profond à Alex.
Kara de son côté, semblait tellement lumineuse et pleine de joie. Ce contraste faisait beaucoup de bien à l'agente, qui malgré qu'elle aimait Keira plus que tout, appréciait la légèreté que lui apportait sa deuxième soeur, qui elle aussi, elle aimait plus que tout. Cependant, elle n'était pas dupe. Elle avait bien plus de mal à percer les véritables sentiments de Kara qui se cachait derrière un masque rayonnant, que celui de Keira, mais elle savait, que derrière toute cette joie, se cachait un mal au moins aussi profond que celui que ressentait sa jumelle et ça, ça brisait le coeur d'Alex.
— Je suis désolé, soupira finalement l'agente. De ne pas avoir pu venir hier. Je voulais vraiment mais-
— Ne t'inquiète pas, la coupa Kara avec un sourire timide, avant qu'elle ne termine. Tu n'as fait que faire ce que je t'ai demandé : Prendre soin de Keira.
La blonde lui envoya un autre sourire, un qui se voulait rassurant, mais qui sonnait tellement plus triste. Il était la, le véritable visage de sa soeur. Ce n'était pas cette joie lumineuse, pas seulement du moins. C'était ce sourire triste, las, brisé... et Alex déglutit difficilement à ce constat. Pourquoi le destin ne pouvait-il pas se montrer un peu plus clément envers ces deux incroyables femmes qui avaient déjà tellement morflé dans la vie ?
— Comment elle va ? Demanda Kara, essayant de paraître entièrement composée, alors qu'elle débarrassait les gobelets de boissons ainsi que la boite à beignets vide, pour s'occuper l'esprit.
Alex soupira, observant sa soeur agir avec raideur dans ses gestes. Depuis quand Kara cachait-elle autant ce qu'elle ressentait ? Keira l'avait toujours fait, mais Kara bien que renfermée à bien des égards, surtout lorsqu'elles avaient atterri chez les Danvers, s'était toujours montrée plus émotive. Là en revanche, Alex était incapable d'estimer le niveau de détresse de sa cadette, elle ne pouvait que l'imaginer.
— C'est….. De pire en pire Kara. Je sais plus quoi faire. Dis-moi que tu vas aller lui parler et que tu ne comptes repartir je ne sais où, avant plusieurs semaines, mois, voire même années.
La journaliste qui tournait le dos à son aînée se tendit encore plus à ces mots. Elle ferma les yeux, se mordant la lèvre en essayant de contrôler le puits de larmes, qui ne demandaient qu'à sortir depuis maintenant plusieurs années. Elle renifla, se dissimulant toujours à Alex et elle finit par pousser un long soupir avant de reprendre et de se diriger vers sa soeur avec un masque de neutralité parfaite. À force de trainer avec Lena lorsqu'elles étaient plus jeunes, elle avait fini par apprendre deux trois trucs…
— Je ne sais pas Alex. Je ne sais pas quand je repartirais. Et évidemment que je veux aller parler à Keira, mais…. est-ce vraiment une bonne idée ?
— Bien-sûr que ça l'est ! Confirma Alex avec force. Elle a besoin de toi Kara. Pas de moi, de Barry ou même de maman. Non. Elle a besoin de TOI. T'es la seule qui arrivera à lui faire remonter la pente qu'elle dégringole depuis plusieurs années.
Kara déglutit difficilement, détournant le regard et peinant à maintenir son masque en place alors que tout ce qu'elle voulait, c'était pleurer toutes les larmes de son corps.
— J'en suis pas aussi sûr, lâcha-t-elle le souffle tremblant, serrant le coeur d'Alex qui voyait clairement que sa soeur essayait de dissimuler ses émotions. Après tout, c'est moi qui l'ai poussé dans cette pente…
Alex secoua la tête.
— Non, non c'est un ensemble de chose qui la poussée. Maintenant, ce que tu as à faire, c'est de la rattraper avant qu'il soit vraiment trop tard, répondit l'agente du FBI avec conviction. Tout ce dont Keira à besoin, c'est de son soleil et que tu le veuilles ou non, tu es son soleil, lui souffla-t-elle enfin, avant de déposer un baiser sur la joue de sa soeur et de la prendre dans ses bras.
Kara se laissa faire, reniflant péniblement, les yeux brillants, mais retenant toujours ses larmes. Elle ne devait pas les laissaient tomber. Elle ne devait pas. Pas maintenant. Pas avant que son combat soit terminé…
•••
Samedi 5 Février, L-Corp, National City :
Lena salua sa secrétaire d'un signe de tête et s'engouffra dans son bureau ou elle passait le plus clair de son temps. Elle avait toujours préféré être enfermée dans un labo à effectuer de la recherche et inventer de nouvelles technologies qui révolutionneraient le monde, mais son nom en avait décidé autrement et la direction de l'une des plus grosses entreprises mondiales lui revenait. Elle passait toujours du temps dans son laboratoire évidemment, mais bien moins qu'elle ne l'aurait voulu.
Sa secrétaire franchit la porte avec le sourire, lui apportant un café ainsi qu'une pile de dossier et de magazines en tous genres. Elle les déposa sur son bureau et commença une brève conversation avec sa patronne. Depuis qu'elle avait reprise la société familiale et qu'elle l'avait renommé L-Corp, Lena avait vu passer une tonne d'assistantes différentes et aucune n'avait convenue, du moins, jusqu'à Jess. La jeune femme était assidue, organisé, souriante et polie. Elle était attentionnée envers sa patronne, sans être envahissante et Lena devait avouer que cela la touchait souvent.
— Au fait, merci de faire annuler mes rendez-vous pour l'après-midi, je suis prise, signala la PDG.
— Bien sûr mademoiselle Luthor. Autre chose ? Demanda Jess avant de repartir à son travail.
— Oui. Pour la énième fois, s'amusa la Luthor. C'est Lena.
— Bien sûr, Lena, sourit son assistante avant de sortir du bureau en refermant derrière elle.
La femme d'affaires sourit légèrement, avant de feuilleter rapidement les dossiers que Jess lui avait déposés. Elle soupira, elle avait un travail monstre, la semaine prochaine s'annonçait chargée. Prenant son café en main, elle décala les nombreux dossiers sur le côté, observant maintenant les magazines avant de réellement se mettre au travail jusqu'à son après-midi, qu'elle avait promis de passer avec sa nièce.
Soudainement, son regard se posa sur un magazine de press people, qui n'avait absolument rien à faire ici. Sans doute sa secrétaire l'avait-elle laissé là par mégarde. Ses sourcils se froncèrent alors immédiatement, sa mâchoire se serrant avec force, alors qu'elle avisait la photo de couverture. Kate Kane, la milliardaire, qui avait un bras enroulé autour des épaules d'une certaine blonde qu'elle préférait oublier et qui déposait un tendre baiser sur la tempe de Kara. "Nous connaissons enfin les raisons des hausses de températures en Laponie !" était-il écrit sous la photo. Son sang ne fit qu'un tour et si son éducation ne l'obligeait pas à toujours garder le contrôle sur elle, sans nulle doute que ce "journal" aurait appris à voler du 56ème étages.
— Jess ? Dit-elle froidement en appuyant sur le bouton de l'intercom sur son bureau.
— Oui mad- Lena ?
— Merci de venir récupérer votre… Magazine.
La brune raccrocha sans plus de manière, son irritation grandissant à mesure qu'elle observait cette photo dont elle ne pouvait détourner les yeux. Jess se précipita à l'intérieur, envoyant un sourire désolé à sa patronne, qui semblait prête à la balancer par la fenêtre à ce moment-là. Elle s'excusa platement et ressortit aussi vite qu'elle était arrivée, fuyant le regard noir de la femme d'affaires.
Lena souffla de manière tremblante, s'appuyant dans le dossier de son fauteuil en se frottant le front de façon irritée. Elle ne savait pas ce qui la mettait le plus à fleur de peau. Que Kane soit aussi proche de Kara ? Que la blonde soit de retour à National City et donc non loin d'elle ? Que Sam est réussie à la convaincre de s'installer ici ? Ou qu'elle ne pouvait empêcher cette jalousie dévorante de monter en elle, malgré toutes ses années à essayer d'oublier la Danvers ?
— Mad- Lena ? Résonna de nouveau la voix de sa secrétaire.
La milliardaire soupira profondément, essayant d'oublier cette maudite photo, qui venait d'entacher la bonne humeur qu'elle avait réussie à trouver en se levant ce matin.
— Oui ?
— Votre mère en ligne, dois-je faire passer l'appel ?
— Oui, oui, allez y, confirma la brune en s'emparant de son téléphone.
Lena se passa une main sur son visage. Depuis la fin du lycée, la brune c'était étrangement "rapprochée" de sa mère. Disons que le rachat de Darhk Compagnie et sa façon de faire les choses avaient "impressionnée" Liliane. Leur relation s'était donc amélioré avec le temps et sa mère ne passait plus son temps à la rabaisser comme elle le faisait. Bon, elle ne l'encourageait pas non plus, mais ce changement avait véritablement aidé la Luthor à s'alléger le coeur.
— Bonjour, lâcha neutrement Lena.
— Eh bien, je vois que d'avoir des nouvelles de ta mère t'enchante, ricana la plus âgée d'un ton pince sans rire.
— Excuse-moi, mauvaise journée voilà tout, répondit sa fille, toujours aussi dénuée d'émotions.
— La journée vient de commencer.
— Justement, marmonna la PDG.
— J'espère que cela n'a rien à voir avec le retour en ville de cette fausse Sainte, lâcha sa mère avec un dédain certain.
— Non, cela n'a rien à voir, mentit Lena, serrant la mâchoire.
Pourquoi fallait-il que Kara ait-elle encore tant d'emprise sur elle, malgré les 7 ans écoulés depuis leur rupture catastrophique ?
— Bien, je préfère ça. Si tu veux mon avis, tu devrais lâcher à la presse ce que cette misérable fille a osé te faire. Cela lui remettrait sans doute les pieds sur terre !
— Ça serait lui accorder beaucoup trop d'importance, reprit difficilement Lena, qui malgré tout ce qui avait pu se passer, ne voulait aucunement nuire à la journaliste qui s'était extrêmement épanouie professionnellement.
Une partie d'elle était si faire de ce fait. L'autre en revanche, était particulièrement irritée de ressentir autant de fierté pour la réussite de la blonde à lunettes.
— M'as-tu appelé uniquement pour me parler de Kara ?
— Bien-sûr que non. Je suis ta mère, n'ai-je pas le droit de prendre des nouvelles de ma fille ?
— Évite-moi ton cinéma maman, qu'est-ce que tu veux, soupira Lena, exaspérée par le comportement de sa mère.
— Bien, puisque tu insistes. Où en sont les négociations avec les frères Durtel ? Nos ingénieurs n'attendent plus que mon feu vert pour commencer leurs travaux.
— J'ai envoyé Sam s'en occuper. Elle devrait revenir cet après-midi avec une réponse.
Lilian ricana à l'autre bout du fil.
— Tu envoies l'artillerie lourde à ce que je vois. Cette femme est peut-être aussi rustre qu'un paysan du moyen-âge, mais au moins, elle sait parfois se montrer un tant soit peu efficace.
— Je savais que tu l'adorais, se moqua la brune en s'emparant d'un des dossiers.
— Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Elle a juste son utilité à certaine occasion.
— Tu peux le nier autant que tu veux, je sais que tu adores quand elle te tient tête. Ce qu'elle fait souvent d'ailleurs.
— Je pense que cette conversation à assez durée, tu divagues.
Lena eut un autre rictus et elles échangèrent encore quelques banalités avant de raccrocher, laissant de nouveau la brune dans le silence de son bureau. Habituellement, ce silence, elle l'appréciait. Aujourd'hui, étrangement, il l'oppressait. Quand parviendra-t-elle à vivre tranquillement, sans que Kara ne perturbe chacune de ses émotions et de ses actions ?
•••
Samedi 5 Février, Commissariat, National City :
Keira enleva sa veste avec un geste raide et irrité, sa mâchoire serrée, son expression fermée, elle était au comble de la colère, il ne suffirait que d'une étincelle à ce moment-là et elle exploserait.
— Non mais c'était quoi leur problème à ses paparazzies à la cons ! Grogna Maggie en posant rageusement son café sur son bureau. Pourquoi ils te collent comme ça ?
Supergirl ne répondit pas, s'écrasant dans son fauteuil en se plongeant directement dans son travail, recherchant tout ce qu'elle pouvait trouver sur Ivan Malik. Elle avait réussi à convaincre ses supérieurs que cette overdose n'était pas accidentelle et elle comptait bien connaitre le fin mot de l'histoire. Peut-être arriverait-elle au moins à résoudre celle-ci, à défaut de celle qui lui tenait vraiment à coeur. Son regard glissa en direction du dossier qui trainait sur son bureau. Le dossier qu'elle lisait et relisait depuis des mois. L'enquête de sa vie se trouvait là, dans cette chemise en carton et elle était incapable de trouver le moindre indice pour avancer.
— Sérieusement, on a failli manquer d'attraper ces voleurs, parce que ces sales cons te suivaient comme ton ombre, alors j'aimerais bien comprendre.
— Tu crois que ça m'amuse qu'ils me suivent comme ça ? Grogna la Danvers en tournant enfin son regard vers l'Hispanique.
— Je n'ai pas dis ça. J'aimerais juste comprendre, pour qu'à l'avenir, je sois au moins un peu mieux préparée.
— Eh bien c'est pas moi qu'ils cherchaient, mais ma soeur. Et désolé, à part changer de visage, je n'ai pas trop de choix de les supporter, alors tu vas devoir t'y faire, continua Keira sur le même ton, en se tournant de nouveau vers son écran.
— Mais c'est qui ta soeur pour attirer autant de crétins ? Et pourquoi ils débarquent que maintenant ? En deux mois qu'on a travaillé "ensemble", c'est la première fois que je les vois.
— Mais tu débarques d'où sérieusement ? Lâcha Supergirl exaspéré. Ça se voit que t'es pas ici depuis longtemps, sinon tu serais qui s'est. Ils me lâchaient un tant soit peu quand elle n'était pas là, mais maintenant qu'elle est de retour, t'as intérêt à t'y habituer parce que ça va être comme ça pendant un certain temps.
— Génial, grogna Maggie.
Un silence s'installa dans la pièce, Keira fixant son écran avec concentration et sa binôme buvant son café d'un air pensif.
— Et tu sais quoi ?
— Quoi ?! Se tourna encore une fois Supergirl en direction de Maggie, complètement exaspérée d'être sans cesse dérangée.
— C'est la première fois que tu emploies autant de mots pour me parler. Je sens qu'une grande amitié est sur le point de naître entre nous, ricana la femme à la peau bronzée.
Keira lui lança un regard incrédule, avant de rouler des yeux et de se concentrer de nouveau sur ses recherches, alors que Maggie se mettait à rire. Avec de la patience, du cran et beaucoup de détermination, peut-être la brune parviendrait-elle à créer un semblant de relation avec l'autre détective. Peut-être.
— Pendant que tu discutais avec nos supérieurs pour les convaincre que l'on devait enquêter sur la mort suspecte d'Ivan Malik, j'ai effectuée quelques recherches sur lui, reprit enfin Maggie d'un ton professionnel.
C'était leur première vraie affaire toutes les deux, il était temps qu'elles commencent à se parler, sinon leur duo n'irait pas bien loin. Malgré que Keira était une grognasse sans nom du point de vue de l'Hispanique, elle semblait aussi être un excellent flic, alors elle trouverait ça vraiment dommage qu'elles ne puissent pas s'entendre.
Supergirl reporta son attention sur sa collègue, attendant silencieusement la suite. Satisfaite qu'elle est réussie à capter son attention, Maggie reprit :
— C'était un généticien travaillant dans l'une des nombreuses filiales de L-Corp, basée à Hong Kong, ça, tu devais déjà le savoir. Il vivait là-bas avec sa femme et son fils depuis maintenant plus de 10 ans. Il n'a jamais quitté la Chine depuis qu'il a mis les pieds là-bas. D'après ses collègues c'était un type discret, nerveux qui passait son temps à travailler. On ne sait pas encore ce qu'il faisait ici, à National City, mais d'après que j'ai pu trouver, il a débarqué ici juste deux jours avant sa mort.
— On a une idée de où il a pu se rendre ou dormir durant son séjour ici ? Demanda Keira.
— Non, je n'ai pas eu le temps d'approfondir encore.
— Je m'occupe de ça alors, j'ai un contact qui pourra nous faire gagner beaucoup de temps, fit la blonde en se levant, attrapant sa veste en cuir, tout en saisissant son téléphone.
— Parfait, je m'occupe d'essayer de contacter ses supérieurs et sa femme pour me renseigner de mon côté.
Supergirl hocha la tête et sortie du bureau, se faufilant comme à son habitude par l'issu de secours afin de passer son appel tranquillement et loin de toute oreille indiscrète. Maggie de son côté, sourit une fois que sa binôme fut sortie. Peut-être pourraient-elles vraiment travailler ensemble. Peut-être.
•••
— Merci Winn. Oui, oui ça serait bien. D'accord. On se rappelle, salut.
Keira raccrocha, mettant fin à la conversation avec l'informaticien qui était maintenant devenu un collègue d'Alex. Son téléphone sonna de nouveau et elle allait décrocher en pensant que le geek avait oublié de lui dire quelque chose, mais elle se stoppa immédiatement en avisa une photo de Kara apparaître. Son coeur se mit à palpiter alors qu'elle déglutissait difficilement. Cela faisait bien 15 fois que sa jumelle essayait de la joindre depuis le début de la journée, mais elle avait toujours ignorés ses appels.
Son pouce se positionna au-dessus du bouton vert, tremblant légèrement. Kara lui avait tellement manqué, tout comme elle le faisait chaque fois que celle-ci décidait de partir à l'autre bout du monde… Mais elle en avait assez. Assez de la retrouver avec toute la joie qu'elle pouvait ressentir, pour finalement la voir partir de nouveau quelques semaines plus tard. Elle n'avait plus la force de supporter ses nombreuses absences. C'était égoïste, mais elle n'y pouvait rien, c'était ainsi qu'elle le ressentait. Finalement, son portable cessa de sonner et elle ferma les yeux. Pourquoi fallait-il que tout soit si compliqué…
— T'es pas facile à trouver, lança une voix qui la figea sur place, alors qu'elle avait sa main sur la poignée de la porte, prête à rentrer de nouveau dans le commissariat. Heureusement que je sais persévérer et me montrer convaincante.
Keira inspira profondément, essayant de garder le contrôle, alors qu'elle faisait volte face, laissant une main sur la poignée. Se retournant lentement pour faire face à une figure de son passé. Une figure qu'elle n'avait pas vu depuis plus de cinq ans maintenant. Son expression neutre, ses yeux bleus se fixèrent à ceux bruns de la nouvelle venue, qui la regardait avec un petit sourire sur le coin des lèvres.
— Lieutenant de police hein, t'as pris du galon depuis la dernière fois, sourit Sam en avisant la plaque qui était fixée à la ceinture de Supergirl.
— Qu'est-ce que tu veux, les gens continuent leur vie même quand t'es pas autour d'eux.
Sam grimaça en détournant la tête face à la réplique froide et cassante de l'ex-footballeuse. Ok, elles en étaient à ce point. Ça s'annonçait vraiment compliqué… Un petit silence s'installa entre elles, seulement dérangé par les bruits de la ville.
— Bien, si tu as rien d'autre à dire, lança la Danvers en ouvrant la porte.
— Non attends ! Intervint immédiatement la femme d'affaires, posa une main sur la surface en métal pour refermer la porte, laissant plus qu'un pas d'écart entre les deux anciennes amies.
L'inspectrice lui lança un regard noir, la mâchoire serrée avec force, ce qui fit légèrement frissonner Sam. Comment leur relation avait-elle pu s'effriter à ce point. Tout ça s'était de sa faute, elle le savait. Elle l'avait beaucoup trop négligée… mais elle avait eut tellement à faire. Entre ses cours, s'occuper de Ruby, de Lena, de Patricia, son boulot, elle avait eu l'impression d'être tirée dans tous les sens et quand enfin elle avait eu l'occasion de voir Keira, c'était déjà trop tard. La blonde lui en voulait et cela avait été un véritable point de rupture. Keira c'était sentit tellement abandonnée… Par Lena, par elle, par Mike, par Kara…
— Bon parle plutôt que de me fixer comme ça ! Grogna Keira, faisant sursauter Sam qui s'était perdue dans ses pensées au pire moment.
— Je…. Sam était à court de mots, c'était un comble !
Se retrouver de nouveau face à Supergirl après tant d'années et la voir la fixer ainsi avec un regard aussi noir lui faisait perdre ses moyens, mais elle devait se reprendre ! Si elle voulait récupérer l'amitié qu'elles partageaient autrefois, il allait falloir qu'elle se batte et pour ça, elle était prête. Elle avait réussi à convaincre Lena de venir s'installer ici malgré ses nombreux refus, maintenant, elle devait passer à la seconde étape de son plan.
— Écoute je… Je suis désolé. Je t'ai laissé tomber et je m'en veux beaucoup, mais…. Je veux vraiment arranger les choses entre nous. Entre nous tous. Alors s'il te plaît… juste… Laisse-moi une chance.
— Alors quoi ? Tout redeviens comme avant, jusqu'à ce que ça éclate de nouveau ? Merci, mais non merci.
Sur ces mots, Keira tenta une nouvelle fois d'ouvrir la porte, mais encore une fois, Sam l'en empêchant, se plaquant même à celle-ci pour empêcher tout passage. Ce geste fit bien évidemment gronder Supergirl, qui devait vraiment faire d'incroyable effort pour ne pas en balancer pleins la gueule à cette femme qu'elle appelait autrefois amie.
— Juste une chance Dany. Une seule, supplia Sam en levant un doigt en l'air.
La Danvers détourna le regard, les muscles de son visage crispés. Voir l'ex-pompom girl suppliée n'était pas une chose habituelle, c'était généralement l'inverse qui se passait. ON la suppliait, pas le contraire.
— Tu veux une chance ? Lança de nouveau Supergirl après plusieurs instants de silence.
— Oui, c'est tout ce que je veux, affirma la châtain.
— Très bien, je t'en donne une.
Sam fronça les sourcils, sachant pertinemment que ça ne pouvait pas être aussi facile. En dehors de Lena, il n'y avait que Keira pour être aussi butée.
— Qu'est-ce que je dois faire ? Demanda finalement la femme d'affaires en se redressant de la porte, se décalant même de celle-ci.
— Fait en sorte que Lena et Kara se parlent. Qu'elles puissent renouer de quelconque liens entre elles. Fait ça et tu l'auras ta chance, termina Keira en ouvrant la porte, Sam, la bouche entrouverte, la laissant faire cette fois.
— Mais, tu me demandes l'impossible là ! S'exaspéra la jeune maman.
— Bien, alors c'est pas la peine de me recontacter.
Sans plus un mot, la flic s'engouffra à l'intérieur du bâtiment, refermant la porte derrière elle, laissant Sam abasourdie derrière elle. La châtain pesta un moment contre la blonde pour être aussi têtue et lui avoir demandé un truc pareil, mais elle se recomposa rapidement. Elle était Sam Arias et si il y avait bien une personne pour réussir une mission aussi impossible et dangereuse, c'était bien elle ! Prépare-toi à me laisser ma chance Dany !
•••
Samedi 5 Février, Zone Industrielle, National City :
Cela faisait bien une heure que Lena et Ruby déambulaient dans les magasins de meubles et de bricolages, cherchant de quoi satisfaire la jeune fille pour décorer sa chambre dans l'appartement de la milliardaire. La mini Sam avait été claire sur le thème : L'espace. D'aussi loin que la brune se souvenait, Ruby avait toujours été fascinée par les nombreuses histoires que Lena lui comptait sur le sujet avant de s'endormir. La fillette trouvait cela tellement magnifique et était tellement curieuse de savoir ce qui se passait là-haut, s'en était devenue une véritable passion. La femme d'affaires sourit en avisant sa nièce en grande hésitation devant deux tableaux. Un sourire teinté d'une légère tristesse et d'une nostalgie profonde. Si Ruby avait eut l'occasion de connaitre Kara au-delà de ses trois ans, la petite fille de bientôt 10 ans aurait été au comble du bonheur, parce que s'il y avait bien une personne calée dans ce domaine, c'était bien la blonde à lunettes.
— Lena est-ce que tu m'écoutes ?
La brune papillonna des yeux, sortant brutalement de ses pensées qui l'avaient encore une fois mener à penser à la journaliste.
— Excuse-moi, tu disais ? Se reprit la milliardaire, mécontente de s'être encore perdue de la sorte.
Avant, elle arrivait un tant soit peu à éviter de penser à Kara, mais depuis qu'elle avait emménagé ici et qu'en plus de ça, la blonde était de retour en ville, elle avait l'impression de la voir partout, d'entendre tout le temps parler d'elle et donc, de penser à elle. Il fallait véritablement qu'elle arrête ça !
— D'après toi, lequel je prends ? Redemanda Ruby en montrant la paire de toiles qu'elle tenait en main.
— Celui de gauche. Sur celui de droite c'est indiqué que c'est la Nébuleuse d'Orion, alors que c'est la Nébuleuse de l'Aigle.
La fille de Sam fronça les sourcils, regardant de plus près la toile de droite. Elle réfléchit intensément, essayant de se souvenir de ce qu'elle avait appris dans les nombreux livres qu'elle avait lus ou de ce que Lena lui avait appris.
— Tu m'as déjà parlé de la Nébuleuse de l'Aigle ?
— Non je ne crois pas.
— Tu le feras ? S'enthousiasma sa nièce en reposant la mauvaise toile et en plaçant la bonne dans le caddie que poussait Lena.
— Bien-sûr, sourit la brune, Ruby la remerciant avant de reprendre ses emplettes sous le regard attentif de Lena.
Le téléphone de la milliardaire se mit soudainement à sonner et elle le sortit de sa poche, décrochant alors qu'elle avisait le nom de sa meilleure amie à l'écran.
— Dis-moi que Ruby n'est pas en train de dévaliser le magasin et que tu acceptes tout ce qu'elle te demande sans protester ? Lâcha Sam d'un souffle exaspéré.
Lena baissa un regard en direction du caddie que débordait presque de babioles en tout genre.
— …. Non ?
— Rhaaa Lulu j'ai dit non ! Tu la gâtes beaucoup trop !
— Eh bien, c'est le rôle des tatas, ricana la PDG, en levant silencieusement son pouce en direction de la fille de sa meilleure amie pour valider son choix de lampe de chevet.
— Tu es la pire des tatas…
— Non, je suis la meilleure, j'ai un tee-shirt qui le prouve, se vanta la brune.
— Bien, alors tu es la pire des meilleures amies ! Bouda l'ex-pompom girl.
— Là encore j'ai un tee-shirt qui prouve le contraire, ricana Lena. Ça t'apprendra à avoir une véritable passion pour les tee-shirts personnalisés.
Sam râla dans son coin pendant un petit instant, faisant ricaner encore plus la patronne de L-Corp.
— Au fait, tu peux donner le feu vert à Mama Luthor la coincée, reprit la châtain d'un ton plus sérieux. Les négociations avec les frères Durtel se sont passées sans aucun problème. Vraiment Lee, tu pourrais me donner des défis plus intéressants, c'était d'un ennuie, soupira faussement sa meilleure amie.
— Ça va, elles vont bien tes chevilles ? S'amusa la brune.
— À merveille, je te remercie. Fort heureusement, une personne m'a aujourd'hui proposé un véritable défi. Un VRAI ! Insista l'ex-cheerleader.
— Et quel est-il ?
— Oh non, t'es pas prête pour l'entendre maintenant ! On se voit plus tard ! Et arrête de pourrir ma fille !
Lena n'eut même pas le temps d'ajouter quelque chose, que sa meilleure amie rapprochait avec hâte, faisant froncer les sourcils de la Luthor. Qu'est-ce que Sam préparait ? La connaissant, les jours qui suivent allaient se montrer…. Intéressants.
•••
Samedi 12 Février, Appartement Kara Danvers, National City :
Kara lâcha un long soupir de lassitude, laissant son téléphone tomber sur le canapé dans lequel elle était assise depuis des heures. Elle souleva ses lunettes, les déposant sur le dessus de sa tête, qui était maintenant appuyée sur le dossier du sofa. Elle se pinça l'arête du nez, un mal de crâne épouvantable la prenait, alors qu'elle avait passé bien trop de temps sur son petit écran, à tenter de répondre au plus grand nombre de fans possible.
Cela faisait déjà plus d'une semaine qu'elle était rentrée et elle avait l'impression d'avoir passé ses journées enfermées, soit chez elle, soit chez Alex, soit à Catco. En fait, ce n'était surement pas une impression, elle l'avait vraiment fait. Elle ne pouvait pas sortir dehors sans être suivi ou harcelé et son esprit ne pouvait s'empêcher de penser, qu'avec sa malchance, elle tomberait sur Lena en plein milieu d'un magasin ou de la rue.
Cela faisait aussi une semaine qu'elle essayait en vain de contacter Keira, celle-ci filtrant toujours ses appels. Elle n'était pas allée la voir en personne, elle voulait lui laisser du temps, se disant que si elle n'était pas prête pour une conversation téléphonique, elle ne l'était sans doute pas avec une conversation en face à face. Cependant, Kara devait avouer, qu'elle n'était pas partie la voir, aussi par lâcheté. Elle craignait tellement la réaction de sa jumelle si elle passait la voir, que chaque fois qu'elle avait eu un bref élan de courage pour la retrouver, elle s'était dégonflée…
— Faudrait vraiment que tu penses à fermer ta porte à clé, tu ne sais pas quel malade pourrait rentrer, lança soudainement une fois, en entrant dans son appartement comme si c'était le sien.
— J'ai une petite idée du genre de malade, plaisanta faiblement Kara, en pivotant sa tête vers sa meilleure amie, lui lançant un regard entendu, la découvrant habillée sur son 31, avec un costume qui lui allait à merveille. Où est-ce que tu vas habillée comme ça ? Lança-t-elle en fronçant soudainement les sourcils. Et tu ne devais pas revenir de Gotham que samedi soir ?
Kate lui envoya un petit sourire en coin.
— Nous sommes samedi et nous sommes le soir, indiqua la femme aux cheveux courts, en montrant la nuit tombée à travers les baies vitrées du salon de la journaliste.
— Mais non on n'est pas samedi, je le serais quand même ! Ricana nerveusement Kara en remettant ses lunettes, se redressant légèrement dans son canapé. On est samedi ? S'affola-t-elle.
Sa meilleure amie se contenta de lui envoyer un sourire moqueur. Immédiatement, la blonde se redressa, s'emmêlant les pieds dans son plaid qui lui couvrait les jambes et se vautra par terre, sous les rires de la Kane qui ne se priva pas de se moquer allègrement.
— Mais t'aurais pas pu me prévenir plus tôt ?! Pesta Kara en se redressant difficilement, se précipitant vers sa salle de bain, commençant déjà à se déshabiller alors qu'elle n'était même pas encore dans la salle d'eau.
— Et manquer ce spectacle ? Certainement pas, ricana Kate. Mais qu'est-ce que tu faisais pour être aussi paumée ? Pas que t'ai vraiment besoin d'une excuse pour ça, mais quand même.
— J'ai passée ma semaine à écrire, lire, monter des vidéos et encore écrire ! Et aujourd'hui j'ai passé ma journée à répondre à tous mes fans ! Cria Kara, déjà sous la douche, alors que Kate attendait dans sa chambre juste à côté.
— Pourquoi tu n'engages pas quelqu'un pour le faire à ta place, ça te ferait gagner du temps quand même. Tu ne peux pas répondre à chacun d'entre eux, c'est humainement impossible, lança pensivement Kate, en attrapant un pyjama jaune et poilu du bout des doigts, le regardant en fronçant les sourcils.
Mais qu'est-ce que c'était ?
— Il en est hors de question ! Râla Kara. Mes abonnés adorent que je leur réponde personnellement ! Lança-t-elle en basculant sa tête hors de la douche, regardant son amie pour la porte ouverte de la salle de bain qui menait en direction de sa chambre. Mais qu'est-ce que tu fais avec mon kigurumi pikachu ?
— Tu mets vraiment ça pour dormir ? Lâcha dubitativement la milliardaire en montrant le vieux pyjama que Barry avait offert à Kara il y a maintenant 10 ans.
— Ça m'arrive oui, qu'est-ce qui y'a de choquant ? Fit la blonde en haussant des épaules et reprenant sa douche.
— Non rien, lâcha Kate, secouant la tête de gauche à droite avec incrédulité.
Pourquoi ça ne l'étonnait pas plus que ça en fait qu'elle puisse dormir avec un tel pyjama ?
— Pour revenir à ce qu'on disait, tu as plus de 7 millions d'abonnés Kara et ça ne cesse d'augmenter. Tu ne peux pas passer tes journées à leur répondre, où tu n'auras plus de vie.
— Je sais, soupira la blonde, sortant enfin de la salle de bain en enroulant une serviette autour de sa taille. Mais… En fait, je préférais comme c'était avant. J'avais pas beaucoup d'abonnés, mais je les connaissais tous et je pouvais vraiment discuter avec chacun d'entre eux. Maintenant c'est impossible.
— C'est les rançons de la gloire Sunny. Allez, bouge ton cul de blonde, on va finir par louper le gala. Arriver en retard c'est bien, ne pas y aller du tout, c'est nettement moins bien, lança Kate avant de se diriger vers le salon, laissant plus d'intimité à sa meilleure amie pour s'habiller.
— On est vraiment obligé d'y aller ? Râla la journaliste dans l'autre pièce.
— C'est un gala de charité pour l'hôpital des enfants malades. Évidemment que t'es obligée ! T'as un rôle à tenir en tant que Kara Danvers la plus sainte des Saintes.
La blonde soupira. Le problème n'était pas le gala, mais plutôt qui avait organisé le gala et qui y serait forcément. Elle avait passé sa semaine à essayer de l'éviter autant qu'elle le pouvait, mais maintenant, elle avait des gros doutes sur sa faculté à réussir à l'éviter durant cette soirée, pleine de riches fortunés, snobs et hautains. Mon Dieu ce qu'elle détestait ce genre de fête, heureusement que Kate était là...
— Au fait, tu as lu un peu l'actualité qu'on a manquée en se perdant au milieu de nulle part pendant 8 mois ? Lança de nouveau Kate, son ton étrange faisant froncer les sourcils de Kara.
— Pas vraiment pourquoi ?
— Non comme ça…
— Kaaaaate, insista la blonde.
— Je t'attends dans la limousine !
— KATE !
Trop tard, la milliardaire avait déjà fuit l'appartement, faisant rouler des yeux la blonde. Elle aurait sa réponse.
•••
Kara réajusta nerveusement sa robe alors que Kate et elle venait tout juste d'entrer dans le bâtiment où avait été organisé le gala. Son coeur tambourinait dans sa poitrine. Elle avait chaud. Trop chaud. Elle se trouvait pitoyable, elle stressait plus qu'une lycéenne à son bal de promo. Elle n'était plus lycéenne, ce n'était pas un bal de promo et elle n'avait pas vraiment de cavalier… Enfin, il y avait Kate, mais ce n'était pas vraiment sa cavalière donc… Elle soupira, tentant d'évacuer le trop plein de pression qui s'accumulait en elle. À peine étaient-elles entrées dans la salle bondée, que plusieurs personnes s'étaient retournées sur leur passage à Kate et elle, laissant une série de murmures derrières elles, lui laissant une désagréable impression de se retrouver au lycée.
— T'occupes pas de ce que ces vieux croutons peuvent dire, lança l'ex-militaire en posant une main rassurante dans le dos de Kara. Ils sont juste jaloux de voir deux belles filles comme nous.
Kara sourit de façon crispé par le stress, mais néanmoins amusée. Heureusement que sa meilleure amie était là, sinon, elle n'aurait vraiment pas eu le courage de venir ici et d'endurer cette soirée. Elles se faufilèrent à travers la foule, discutant et saluant des personnes par-ci par-là. Kara sentait sa vieille claustrophobie refaire peu à peu surface, la laissant de plus en plus mal-à-l'aise à travers cette masse de gens fortunée. Elle allait s'excuser auprès de Kate et du vieux couple charmant avec qui elles discutaient depuis quelques minutes, pour aller prendre l'air, quand une voix sonna derrière elle :
— Kara ?
La blonde se retourna immédiatement, reconnaissant la personne à qui appartenait cette voix qu'elle avait si souvent entendue au téléphone, mais qu'elle n'avait pas revu en chair et en os depuis maintenant bien des années.
— Sam ! Lança joyeusement la blonde, prenant immédiatement l'ex-pompom girl dans ses bras, la châtain lui rendant tout de suite son étreinte.
— Mais regarde-toi ! S'excita la femme d'affaires en prenant la blonde à bout de bras pour l'admirer correctement. T'es magnifique ! Je savais bien que le soleil de Midvale était arrivé, la salle a semblé plus lumineuse d'un coup ! Plaisanta-t-elle.
— Tu racontes n'importe quoi, sourit Kara, gênée par le compliment en triturant ses lunettes.
— Allons, tu sais bien que ce que je dis est vérité absolue ! Se vanta Sam dans un rire.
La blonde à lunettes rit à son tour, la présence de l'ancienne cheerleader la détendant suffisamment pour ne plus qu'elle pense à toute cette foule qui l'oppressait. Elle avait beaucoup travaillé sur sa claustrophobie ces dernières années. Ainsi, elle pouvait de nouveau entrer dans une voiture sans faire une attaque de panique monstrueuse, du moins, le risque avait grandement diminué. Cela dit, elle restait encore sensible et tous ses gens collés les uns aux autres n'aidait absolument pas le stress immense qu'elle ressentait toujours depuis qu'elle était arrivée ici.
— Alors, tu vas faire un don généreux à ce merveilleux hôpital ? Sourit Sam en levant un sourcil d'un air taquin.
— Toujours dans le vif du sujet hein ? Rit encore Kara.
— Que veux-tu, mon rôle ici et d'engranger le plus d'argent possible ! Avec mon sourire incroyable et ma personnalité génialissime, tu n'imagines pas l'argent que j'ai déjà pu récolter !
Encore un éclat de rire. Sam n'avait pas changé et ça, ça faisait vraiment du bien au coeur meurtri de la journaliste. Malgré ce qu'il s'était passé i ans, la jeune maman n'avait pas un seul instant douté d'elle. Elle l'avait soutenu du mieux qu'elle pouvait en se trouvant à des centaines de kilomètres d'elle et encore aujourd'hui elles essayaient de prendre régulièrement des nouvelles l'une de l'autre.
— Eh bien, ça c'est de la modestie à un niveau que je ne connais pas encore, ricana Kate, s'approchant de sa meilleure amie.
— Ça demande beaucoup de talent, crâna l'associée de Lena. Ravie de rencontrer enfin la femme sushi en chair et en os, reprit-elle avec un sourire en coin, alors que la Kane lui envoya un faux sourire, lançant un regard noir du coup de l'oeil à sa voisine blonde.
Kara se mit à rire nerveusement devant l'air mauvais de l'ex-militaire et elle s'apprêtait à rajouter quelque chose, quand son regard se stoppa sur une silhouette derrière Sam. Située à quelques dizaines de mètres d'elles, la femme était debout, en haut des escaliers, habillée d'une robe magnifique qui lui sied à merveille. Le coeur de la blonde s'emballa immédiatement, son regard ne pouvant s'éloigner de cette personne à la chevelure brune qu'elle aimait tant. Elle n'entendait même pas Kate et Sam se chamailler comme des enfants, son attention bien trop accaparée.
— T'es d'accord avec moi Kara ? Lança Sam, visiblement outrée par ce que venait de dire Kate, qui de son côté, ricanait moqueusement. Kara ?
— Faut… Faut que j'aille prendre l'air.
Plantant complètement ses deux amies en plein milieu de la salle, la blonde se faufila difficilement à travers la foule, son souffle de plus en plus court, alors que sa claustrophobie l'avait soudainement rattrapée. Son attention complètement détournée, elle ne remarqua pas le regard vert qui la fixait jusqu'à ce qu'elle soit sortie, l'emmenant sur un balcon nettement moins fréquenté à cause de la fraîcheur de la nuit.
Elle s'appuya automatiquement contre la rambarde en pierre, effectuant un exercice de respiration simple pour calmer celle-ci. Si la simple vue de Lena au loin la mettait dans un état pareil, elle n'osait même pas imaginer ce qu'il se passerait si elle se retrouvait face à face ! Elle était ridicule ! Il était tant de tourner la page bon sang ! 7 ans maintenant ! Lena avait sans doute déjà tourné la page elle. Cette pensée serra douloureusement le coeur de la journaliste, alors que son pouce jouait nerveusement avec la bague en plastique qui était toujours là malgré ces 10 années passées… Ce geste était devenu l'un de ses nombreux tics nerveux avec le temps et elle ne se rendait même plus compte quand elle le faisait. Oui, elle était certainement passée à autre chose…
•••
Kara avait passé bien dix minutes dehors, à essayer de se calmer, se recomposer et se donner le courage de continuer cette soirée. Peut-être pourrait-elle convaincre Kate de s'en allait maintenant, après tout, cela faisait déjà un moment qu'elles étaient là et elle savait que sa meilleure amie n'aimait pas plus ce genre de rassemblement qu'elle, en fait, ça devait même être pire. Poussant un énième soupir qui allait finir par la dégonfler complètement, la blonde se redressa enfin, réajustant ses lunettes sur son nez, avant de s'engouffrer de nouveau dans la salle noire de monde à l'atmosphère étouffante. Peut-être n'était-ce qu'une impression cela dit, mais après avoir passé 8 mois dans de grand espace de nature, elle n'était vraiment plus habituée à se retrouver avec autant de monde enfermé dans une salle aussi grande soit-elle.
La journaliste tenta de nouveau de se faufiler à travers la foule, retournant à l'endroit où elle avait laissé Sam et Kate, mais bien évidemment, celles-ci n'étaient plus là. Soupirant de lassitude, la blonde se retourna, prête à se diriger vers le buffet, quand elle entra maladroitement dans une personne.
— Excusez-moi, je ne regardais pas vraiment où j'allais, je suis vraiment déso- Commença à s'excuser platement la journaliste avec un sourire gêné, avant de freezer complètement quand elle avisa dans qui elle était entrée.
C'était une blague n'est-ce pas ? Avec le nombre de gens qui se trouvait dans cette pièce, il fallait qu'elle entre dans cette femme ?! Le destin lui en voulait vraiment, ce n'était pas possible autrement…
— Les vieilles habitudes ont la peau dure visiblement, lâcha Lena d'un ton neutre, vérifiant que son champagne n'avait pas été renversé sur sa robe.
Kara ouvrit la bouche, mais rien ne sorti. Que pouvait-elle dire de toute manière ? 7 ans qu'elles ne s'étaient pas vues, ni même parlées ou écrites, alors que pouvait-elle bien lui dire aujourd'hui ? La blonde n'était pas prête pour ça. Son esprit ne l'était pas, son coeur ne l'était pas, tout son être ne l'était pas…
Lena leva enfin son attention en direction de sa voisine, satisfaite qu'aucune tâche ne soit apparue sur son vêtement de haute couture. Son regard vert tomba alors dans le bleu de Kara et malgré son self contrôle impeccable, la brune sentit son coeur se serrer douloureusement. Pourquoi diable avait-elle accepté de venir habiter ici ! Si elle ne l'avait pas fait, jamais elle ne se serrait retrouvé dans cette situation ô combien inconfortable. Elle ne savait pas quoi dire. Elle avait tellement de question et en même temps, elle ne voulait pas les réponses. Elle voulait crier sa haine et sa souffrance au visage de la femme qui lui avait brisé le coeur, mais à quoi bon ? Cela faisait 7 ans maintenant et elle était passée à autre chose…. dû moins elle essayait de s'en convaincre.
"Mais dit quelque chose blonde stupide !" Pesta Kara contre elle-même, alors que les deux femmes se regardaient dans le blanc des yeux sans rien dire, ni même faire.
— Je- commença de nouveau la blonde, avant que son coeur ne loupe un battement à la scène qui se déroulait soudainement devant elle.
Un homme plutôt grand, brun avec une barbe bien taillée et la peau bronzée, venait de se pencher vers Lena, lui déposant un baiser amoureux sur les lèvres.
— Hey amor, lui susurra-t-il avec un sourire. J'ai bien cru que je ne te retrouverais jamais à travers cette foule.
— J- Jack, mais qu'est-ce que tu fais ici ? Je pensais que tu devais revenir de Metropolis que la semaine prochaine, s'étonna Lena, détournant son visage de son ex, n'avisant pas le visage de Kara se décomposer douloureusement.
La blonde n'écouta pas la réponse de l'homme, son cerveau soudainement hors-service, alors que son coeur saignait comme jamais. Pourquoi était-elle revenue de son voyage ? Pourquoi avait-il fallu que la brune emménage dans cette ville ? Pourquoi avait-il fallu que…. Elle renifla, déglutissant difficilement alors qu'elle devait utiliser tous ses efforts pour ne pas simplement s'enfuir en courant et pleurer toutes les larmes de son corps. À quoi elle s'attendait au juste ? Que Lena reste célibataire aussi longtemps ? Que quelque part, la brune avait compris que ce qu'elle avait fait i ans, n'était pas son choix ? Qu'elle l'avait fait par contrainte…. Elle était ridicule, pitoyable, minable…
— Oh, mais n'est-ce pas la célèbre Kara Danvers ? J'ai beaucoup entendu parler de vous, je suis enchanté de vous rencontrer enfin ! Sourit Jack, un bras autour des épaules de Lena. Votre reportage en Afrique était incroyable et cette enquête que vous avez résolue sur les fraudes interminables de la mairie de National City valait amplement votre Pulitzer !
Kara retomba durement dans la réalité, son regard un peu perdu tombant sur celui de Lena et de Jack qui la fixait en attente d'une réponse. "Tu t'es battu pendant 7 ans Kara. Jour après jour tu te rapproches toujours plus de ton but. Ce n'est pas le moment de flancher à cause de ce…. petit contretemps…." Se dit-elle. Elle n'était plus la petite lycéenne de 17 ans qui se laissait envahir par les émotions. Aujourd'hui elle était une journaliste et une enquêtrice accomplie et elle savait garder la tête haute en toute circonstance. Il le fallait. Alors, la blonde réussit à plaquer un sourire sur ses lèvres, faisant froncer les sourcils de la milliardaire.
— Ce n'est pas aussi incroyable que ça en à l'air, rit nerveusement Kara en tripotant ses lunettes, ce geste faisant immédiatement détourner le regard de Lena, qui se mordilla la lèvre avec force.
— Vous êtes trop modeste ! Sourit l'homme.
— Entre nous, c'est plutôt moi qui devrais être enchantée de vous rencontrer monsieur Spheer, sourit la blonde, son masque étant tellement parfait, que même Lena ne parvenait pas à lire à travers ce sourire lumineux, qui cachait pourtant une détresse et une douleur immense. Vous êtes l'un des hommes les plus éminents du moment après tout.
Jack se mit à rire de bon coeur, appréciant l'attitude rayonnante de la blonde dont il avait si souvent entendu parler.
— Suis-je éminent parce que je suis un brillant et sexy scientifique ? Commença-t-il en se vantant avec humour et second degré. Ou parce que je vais bientôt épouser la femme la plus magnifique et brillante sur Terre ?
Kara freeza de nouveau. Si son coeur avait loupé un battement plus tôt, là, il s'était complètement arrêté, c'était oublié, sinon, pourquoi ce sentirait-elle si mal ? Son masque se fêla immédiatement, son sourire tombant d'un seul coup. Avait-elle bien entendu ce qu'il venait de dire ? Avait-elle bien compris ce qu'il venait de dire ? Épouser ? Il allait épouser Lena ? Son regard se perdit lentement en direction de la main gauche de la jeune femme, avisant la bague de fiançaille qu'elle portait au doigt et qui devait sans doute coûter plus cher que la totalité des biens que la blonde possédait. Tout suite, Kara dissimula sa propre bague en croisant les bras, se sentant soudainement ridicule et honteuse.
— Est-ce que tout va bien mademoiselle Danvers ? Demanda le scientifique, légèrement inquiet par le teint soudainement blafard de la journaliste.
La Danvers porta un regard vide dans sa direction, ouvrant la bouche pour dire quelque chose, puis elle se tourna ensuite dans la direction de Lena, qui la fixait l'expression complètement indéchiffrable. Lena allait se marier avec ce type…. Comment pouvait-elle rivaliser ? Il était beau, riche, brillant, drôle, gentil, attentionné… et lui ne l'avait certainement pas….. Ok, il fallait qu'elle trouve une diversion, elle devait vraiment sortir d'ici. MAINTENANT !
— Je-
— Hé blondie ! Je t'ai promis une danse je crois ! Intervint soudainement la voix de sa meilleure amie, qui enroulait son bras autour du sien tel un cavalier. Vous m'excuserez, je vous l'empreinte ! Fit Kate en direction de Jack et Lena, la brune lançant immédiatement un regard noir à la deuxième milliardaire, qui ne se priva pas de lui renvoyer. Hé, ça va ? Murmura ensuite la femme aux cheveux courts dans son oreille, une fois qu'elles furent assez loin des fiancés.
Quand Kate avait enfin repéré sa meilleure amie et qu'elle l'avait trouvé en prise avec Lena et Jack, la sonnette d'alarme dans son crâne s'était immédiatement activée. Elle s'était alors précipitée pour la sortir de ce mauvais pas, mais au vu du regard dévasté de Kara que son masque peinait à dissimuler, elle était arrivée trop tard…
— Kara ? Reprit-elle, inquiète.
— J'ai besoin d'un verre. Non, une bouteille c'est mieux….
Sur ce, Kara s'éloigna prestement de Kate qui la suivit immédiatement, ne laissant aucunement la blonde seule dans l'état second où elle se trouvait. Bien, c'était un fait maintenant. Lena était vraiment passée à autre chose et tout ce qu'avait fait Kara jusqu'à présent pour espérer un jour qu'elles se retrouvent, n'avait servi à rien...
Oui bon, y'a vraiment moyen que je finisse par me faire taper avec des chapitres pareils...
Promis, ça va finir par s'arranger... normalement :p
À la prochaine !
