Bienvenue dans ce vingt-quatrième chapitre. Han ! 24 ? Déjà ? Mais combien en reste-t-il ? J'en sais rien...

Disclaimer : Seuls mes OCs sont à moi, juste à moi. Ils sont mes esclaves. Je les ai payés chers à Shabaondy. Cinquante Berrys le lot... On m'a dit que c'était une bonne affaire. Je suis sceptique.

/!\ Rating M pour le langage et les scènes crues. Je vous aurais prévenus !

Désolée pour cette attente mais entre-temps, j'ai accouché et j'ai un peu moins de temps pour écrire. Mais pas de panique, la suite viendra quand elle viendra. La fiction ne sera pas abandonnée.

Réponse aux reviews :

Anneso280990 : Oui, Anastasia a bien besoin de voir un psy ! Mais elle te répondra :" Mais je l'aiiiiimeuh !" et tu auras envie de lui donner plus de baffe. Désolée pour l'attente. Merci pour ton commentaire et bonne lecture.

Bonne lecture à tous.


Une infirmière était venue dans l'après-midi pour m'apporter une chemise d'hôpital, me poser un cathéter au pli du bras et me conduire au scanner. J'avais bu un grand verre d'eau avant qu'elle m'injecte un produit me brûlant le buste et me donnant des nausées au début. J'avais cru que j'allais dégueuler la tarte de Ace. Heureusement que Marco avait été là pour superviser dans la salle d'à côté car j'avais un peu peur pendant l'examen. Le boucan de la machine m'avait vrillée les tympans. A la fin, j'avais dû pisser puis rester je ne savais combien de temps dans une petite pièce en me gavant d'eau et à encore pisser aux chiottes. C'était crevant et ennuyant. Je n'avais pas pu prendre mon portable.

Après l'examen, j'avais dû faire ma valise pour ma nouvelle chambre. L'infirmière qui m'avait ramenée m'avait aidée à la faire et heureusement car j'en avais du bordel. Elle m'avait ensuite conduite au rez-de-chaussée, faite passer devant l'accueil et la cafétéria avant de me déposer dans ma nouvelle chambre bien plus spacieuse que l'ancienne. J'avais droit à un canapé deux places sous la fenêtre donnant vu sur le parc, à une table où j'avais posé mes fleurs avec quatre chaises et un petit meuble de rangement en plus. La salle de bain était la même par contre. Ça ne me changeait pas. En rangeant mes affaires sans l'infirmière, cette fois-ci, j'avais envoyé un sms à Sasha pour lui donner des nouvelles.

Dorénavant, je l'attendais allongée sur mon nouveau lit, fatiguée, vêtue de ma robe. Il était 17h44 et j'étais déjà morte. Mon nouveau frère ne devrait pas tarder à arriver et j'avais envie de fermer les yeux cinq minutes. Ce que je fis. Juste cinq minutes. Pas plus. Mais impossible de me reposer. Les images de Ace en train d'essayer de me forcer à baiser avec lui et celles où il me caressait contre mon gré me hantaient. Thatch, lui, ne m'aurait jamais fait ça. Si ça avait été le cas, il aurait déjà profité de moi le mois dernier dans sa voiture lorsqu'il m'avait offert le collier. Il était une bonne personne malgré ses habitudes de coureur de jupon. Ça me fit sourire. Thatch avait toujours été honnête envers moi contrairement à Ace. Si ce dernier me disait explicitement la vérité à chaque fois, je ne serais pas si sceptique à chacun de ses mots.

J'étais dingue de lui et c'était seulement maintenant que je me rendais compte que j'avais fait une double connerie. J'avais laissé couler sa tentative de viol. Ace me bouffait de l'intérieur. Je l'avais constamment en tête. Je savais au fond de moi que ça me faisait du mal et que ça empirerait au fur et à mesures. Je ne savais pas quoi faire. Je l'aurais bien rayé de ma vie en l'ignorant et surtout en ne lui parlant plus mais c'était impossible depuis qu'il m'avait fait comprendre qu'il me nuirait sur le web. Bref Ace était... Comment ça se disait déjà ?... Ah oui, une personne toxique. Je ne pourrais pas me défaire de lui toute seule. J'avais besoin d'aide sauf que si j'en parlais à Sasha, forcément j'allais devoir mentionner ce qu'il s'était passé aujourd'hui et il allait littéralement le tuer. Vitali, ce serait la même. Ma mère en parlerait obligatoirement à mon père et Ace passerait tout de même de vie à trépas. Thatch ? Ça reviendrait au même et vu son état physique, ça pourrait très mal se passer. Marco ? Nan, je n'oserais pas lui en parler. Nous n'étions pas assez proche tout comme avec Deuce. Ah la merde...

Toutefois, j'esquissais un sourire en entendant toquer à la porte avant de voir la tête de con de mon cousin.

- Salut Princesse ! Tu ne devineras jamais qui je viens de voir arriver à l'accueil. Sourit-il railleur en fermant derrière lui.

- Salut ! Euh je ne sais pas. Dit ! Souris-je en m'asseyant sur le lit.

- Je te donne un indice. Je me suis retenu d'aller l'enculer devant tout le monde. Dit-il en posant son sac sur le lit et de s'asseoir ensuite à côté de moi.

Oh nan ! Ace ! Qu'est-ce qu'il foutait là ? S'il venait encore me voir, Sasha allait cette fois-ci faire un meurtre.

- Ace ! Dis-je surprise.

- Ouais, ton chien d'ex. S'il vient te voir, je le bute direct ! Mais d'abord raconte-moi comment ça s'est passé avec lui !

Je pris une petite moue embêtée. Devrais-je tout lui dire ? J'avais envie de me confier mais j'avais peur qu'il se barre ensuite pour lui sauter à la gorge. Je me pinçais les lèvres, hésitante.

- À voir ta gueule, ça sent pas bon pour lui. Qu'est-ce qu'il t'a fait encore ?

Son ton était dur et sévère. Il commençait à bouillir de l'intérieur.

- Tu promets de ne rien faire et de ne pas te mettre en colère ? Fis-je d'une petite voix.

Sasha me fixa longuement en silence, les sourcils froncés. Je lui pris la main le suppliant du regard de me répondre.

- Je suis déjà sur les nerfs, Nastia, mais je peux te promettre de ne pas m'emporter. Maintenant raconte-moi tout ! Déclara-t-il avec froideur me donnant des frissons.

Je débutais mon récit par ce que j'avais vu hier soir dans la buanderie, puis le midi avec Marco, enchaînais sur ma mâtiné avec Deuce sans lui dire pour notre tripotage, continuais avec la venue de Ace et j'avais hésité à lui raconter les incidents mais l'avais quand même fait en voyant son regard sceptique sur le fait que ça s'était bien passé. Je n'avais pas pu lui dire les détails de mon scanner et de mon déménagement car j'avais remarqué sa forte et vive respiration, et son corps tremblotant de rage. J'avais pardonné à Ace mais lui ne le ferait jamais. Sa main tremblante serra fortement la mienne me tirant une grimace. Ses yeux remplis de rage fixaient un point imaginaire sur le mur en face du lit me terrifiant. Je n'aurais pas dû lui dire tout compte fait. Je ne voulais pas défaire notre étreinte me disant que c'était le seul moyen de le retenir de faire une connerie. Ses yeux se posèrent sur moi ensuite me faisant lâcher un hoquet de surprise.

- Ce qui m'énerve le plus, c'est que tu lui as vite pardonné. Il a essayé de te violer et avant ça, il t'a doigtée sans ton consentement. C'est très grave et toi, tu lui pardonnes car tu es amoureuse de lui. J'ai envie de te baffer !... Un mec amoureux ne fait pas ce genre de chose. Il n'est pas amoureux de toi, Nastia ! Il ne veut que ton cul et toi, t'es suffisamment conne pour croire tout ce qu'il te dit. Je te ferais jamais ça, moi !...

Hein ?

- ... Oublie ce type ! Tu ne fais que souffrir à cause de lui. Si tu as peur qu'il poste tout sur le web, je peux t'aider et faire en sorte que ça n'arrive jamais. Tu n'as juste qu'à me le demander. Je le ferais sans hésiter pour toi. Je t'aime Nastia et je compte te protéger quoi qu'il en coûte. Tu m'entends ?

Il était ferme dans son ton et je hochais de la tête dans l'impossibilité de le contredire. Je finis par lui sourire soulagée. Une lumière s'offrait à moi sauf que...

- Merci Sasha ! Mais et si ce que dit Ace est vrai ?... soufflais-je.

- J'en ai rien à foutre. Son baratin qu'il ressent quelque chose pour toi mais qu'il ne sait pas si c'est de l'amour n'excuse pas ce qu'il t'a fait. Tu es beaucoup trop gentille, Nastia. Ouvre les yeux un peu ! Tu dois t'endurcir si tu veux intégrer l'A.R. Tu ne vas rien faire quand un soldat te dira : "Ne me faites pas de mal ! J'ai des enfants et une femme" ?

- Non ! Ça n'a rien à voir. Me défendis-je.

- Si ! Ça a à voir ! Tu laisses tout couler car tu es trop naïve. Ce chien peut se permettre de t'endormir avec de belle parole car il sait que tu es amoureuse de lui et il pourra faire tout ce qu'il voudra de toi justement parce que tu es trop gentille. Tu n'oses pas faire du mal aux gens, Nastia. Je suis passé par là aussi et j'ai dû faire un énorme effort pour ne plus me faire avoir.

Je le regardais hébétée. Vraiment ? Je pourrais vraiment changer ? Moi ? J'en avais envie. J'en avais marre de pleurer, d'avoir peur et de stresser pour tout. Je voulais réussir à tout envoyer chier et lâcher enfin prise. J'avais envie d'être libre et de m'évader de tout sans scrupules. Je voulais être comme lui. Forte !

- J'ai essayé mais c'est dur ! Me justifiais-je.

- La seule chose qui est dure, c'est ma bite quand je mate tes seins. Je suis là, Nastia. Je peux t'aider. Dit-il, la voix plus calme.

Je hochais de la tête en souriant doucement.

- Je veux bien. Merci Sasha. Je suis heureuse de t'avoir.

Il me sourit puis desserra son emprise sur ma main pour la caresser doucement du pouce.

- Le début n'est pas simple mais après, tu verras, ça sera facile. Tu dois juste être plus sceptique sur ce que disent les gens et t'informer quand c'est nécessaire. Ça t'évitera de te faire avoir. Si tu le veux bien, je mènerais ma petite enquête sur ton putain d'ex et comme ça tu verras par toi-même qu'il n'est pas sincère. D'accord ?

- D'accord ! Souris-je en hochant de la tête.

Nous nous sourîmes en nous regardant dans les yeux. J'étais heureuse de pouvoir compter sur lui.

- Ne t'en fais plus pour lui ! Je ferais tout ce qu'il faudra pour te protéger et que tu te sentes mieux, Ma princesse. Je t'aime ! Me dit-il avec gentillesse.

- Merci Sasha ! Je peux compter sur toi. Moi aussi je t'aime !... Mais c'est vrai que ta bite est dure lorsque tu mates mes seins ? Le taquinais-je à la fin.

- Ouais ! Mais pas qu'avec tes seins. Ton cul également. Tu es mon fantasme. Honnêtement, je me disais avant que si je baisais avec toi pour l'assouvir, une fois allait me suffire mais en fin de compte, je veux toujours autant recommencer à chaque fois.

- Moi aussi...

Nous ricanâmes en même temps sans nous quitter des yeux.

- Dommage que l'on doit attendre, j'aurais bien aimé qu'on s'amuse. Sourit Sasha malicieusement.

- Ouais, c'est dommage !...

- Tiens ! Pour nous faire patienter, j'ai pensé à apporter quelque chose pour nous éclater. Tu connais le Poppers ?

Ce sourire railleur. Lui, il préparait une connerie. Mais Poppers ? Je ne connaissais pas.

- Poppers ? Ça sonne comme un truc qui fait des bulles. Me moquais-je.

- Nan, ce n'est pas ça. Mais viens dans la salle de bain, il vaut mieux qu'on ne soit pas dérangé. S'exclama-t-il en se levant avec son sac à dos.

Un peu confuse, je m'installais dans mon fauteuil et le suivis dans la salle d'eau. J'étais un peu excitée de savoir ce que c'était et encore plus en me disant que ça devait être quelque chose d'interdit pour qu'il souhaite me le montrer dans un endroit tranquille.

Il ferma la porte à clé derrière moi puis posa son sac sur le bord du lavabo avant de l'ouvrir avec un ricanement. Il farfouilla dedans avant de sortir un flacon noir avec écrit Jungle Juice dessus. Qu'est-ce que c'était que ça ?

- C'est de l'alcool ? Demandais-je innocemment.

- Nan enfin il y en a dedans mais je ne te conseille pas de le boire. Ça te brûlerait. C'est du Poppers, Princesse. Ce n'est pas une drogue mais ça y ressemble un peu. Tu le snifes ou bien tu le laisses se diffuser dans la pièce pour en avoir les effets sauf que ça ne dure que quelques minutes à chaque fois. Le meilleur moyen reste de le snifer direct pour que ça monte plus rapidement. Ça te tente alors ?

Oh ouais ! Nous étions à l'hôpital et il me proposait de faire un truc de dingue alors j'étais grave partante. Je hochais de la tête avec un grand sourire et d'un geste de la main, il me demanda de venir près de lui. Je m'avançais pour me stopper devant le lavabo tandis qu'il s'installait à côté de moi sur le petit tabouret pliant.

- Et qu'est-ce que ça fait au juste ? Questionnais-je enjouée.

- Tu vas voir ! Dit-il en ouvrant le flacon.

Mon cousin rapprocha le goulot de mon nez et je fus surprise de reconnaître une odeur de solvant. Ça montait vite à la tête. Je commençais à avoir chaud, très chaud puis ma tête tournait et mon corps devenait lourd. J'avais l'impression d'avoir trop bu. Je regardais Sasha me sourire en respirant lui aussi le produit.

- Ca va ? Me demanda-t-il.

J'allais lui dire oui mais à la place je me mis à glousser. Je me sentais euphorique et pleine de vie. Il se mit également à rire puis me fit de nouveau sentir le flacon. Nous rîmes ensemble alors que j'avais de plus en plus chaud. J'agitais ma main devant ma poitrine pour me ventiler ce qui le fit rire de plus belle.

- Il fait chaud ! M'exclamais-je joyeusement.

- Ouais c'est normal ! Moi aussi, j'ai chaud. Ça dilate les vaisseaux sanguins. Regarde !

Il passa son doigt sur mon avant-bras et je frissonnais de plaisir. Mon cœur cognait comme un dingue dans ma poitrine augmentant donc la vitesse de ma respiration. J'avais tellement chaud putain ! Nous reniflâmes chacun notre tours le produit riant sans cesse. Sasha avait également très chaud et il avait enlevé son T-shirt pour être torse nu. Qu'il était sexy comme ça ! Je le matais sans gêne en étant toujours aussi euphorique. Mes yeux se posèrent sur le tatouage de son sein gauche me disant qu'il avait été dingue de le faire à cause de moi puis mon regard descendit sur ses abdominaux. Putain ! Sa peau commençait à perler de sueur le rendant encore plus sexy. Sasha était vraiment attirant. Je n'étais pas amoureuse de lui mais si les circonstances avaient été différentes, j'avouais qu'il m'aurait fait craquer. Ce n'était pas un laideron.

Le Poppers rendait plus sensible le corps et je me souvenais qu'il avait dit que ses piercings rendaient ses tétons plus sensibles au plaisir. Alors du bout de l'index, j'en touchais un lui tirant un gémissement avec un secouement des épaules, les yeux clos. Sasha snifa encore le flacon avec un sourire sans faire de commentaire puis je le fis à mon tours.

Amorphe et euphorique, je m'écroulais dans mon fauteuil avant d'ouvrir les boutons du devant de ma robe pour tenter de me rafraîchir mais en vain.

- J'ai l'impression d'être en Été ! Riais-je en écartant les jambes pour être plus à l'aise.

- Cet Été, si tu es sortie et que je suis toujours au pays, on s'éclatera un max. Sourit-il de toutes ses dents.

- Ouais ! J'aimerais que tu restes pour toujours avec moi. J'aurais dû mal à le supporter si tu devais repartir même quelques jours en Russie. Je serais obligée de venir avec toi.

Je riais mais mon cœur était triste. Sasha me sourit sincèrement, renifla le Poppers puis se pencha pour déposer un baiser sur ma joue. C'était très agréable ce qui me tira un gloussement.

- Moi aussi, Ma Nastia ! Mais si ton Thatch me fait un contrat d'embauche, je devrais obligatoirement rentrer au pays pendant le temps d'attente pour avoir mon Visa. Ce serait trois mois maximum, moins si ton mec ne traîne pas. Si tu viens avec moi, on se prendra une petite location à deux et puis si tu viens, ton Thatch se pressera pour faire les papiers rapidement pour que tu reviennes vite ici.

- C'est vrai ! M'exclamais-je heureuse.

Je me jetais à son cou pour le prendre dans mes bras et sûrement trop enthousiaste, il scella ses lèvres sur les miennes dans un baiser clos avant de me sourire puis d'éclater de rire en snifant le flacon et enfin de me le faire sentir également. Je riais avec lui. Contre lui, je pouvais sentir à travers l'odeur de solvant son parfum. Il sentait bon ! La chaleur de nos peaux l'une contre l'autre, cette proximité avec lui et cette ambiance euphorique me donnaient envie d'être intime avec lui. Sauf que nous ne pouvions pas si nous voulions prendre à donf notre pied.

Soudainement, une vague d'énergie percuta mon sternum et je savais direct que c'était lui qui tentait de se connecter avec moi. Je lui autorisais l'accès et ses émotions m'envahissaient brutalement. Tiens ? Son envie de sexe était plus forte que la mienne. Des scènes érotiques apparaissaient en flash dans ma tête. Certaines montraient mes seins, nos ébats de l'autre nuit, ma jouissance dans la salle de bain, -la honte quand le jet de je ne savais quoi sortait-, des images de films pornos, puis une qui me laissa confuse. C'était moi endormie hier matin dans ses bras. Toutes ses visions m'émoustillaient encore plus alors embrumée par le Poppers, je défis mon étreinte pour me détendre dans mon fauteuil. Je remontais le bas de ma jupe en écartant mes cuisses lui offrant donc une vue sur ma culotte et défis le reste des boutons dévoilant mon soutien-gorge.

- J'ai trop chaud ! M'exclamais-je en riant encore.

- Moi aussi ! Pouffa-t-il en retirant ses bottines à lacets.

Il se leva pour faire de même avec son jeans et j'écarquillais les yeux en apercevant sa queue pointant sur la droite dans son caleçon. Il était excité et c'en était de même pour moi qui avait ma culotte trempée. Lorsqu'il se tourna pour poser ses affaires au bord du lavabo, je matais sans gêne ses fesses.

"Quel cul, putain !" Pensais-je en me mordant la lèvre inférieure.

- J'entends tes pensées, Princesse... commença-t-il, un regard railleur vers moi.

Je gloussais prise sur le fait puis me ventilais la poitrine de la main. Il vint en face de moi montrant fièrement sa queue pointant maintenant dans ma direction. Son caleçon était tiré et je pouvais voir la naissance de ses poils pubiens. J'avais envie d'abaisser son sous-vêtements pour enfin le sucer avec vigueur. Seigneur !

- J'aurais bien aimé aussi, Ma Nastia, mais tu sais bien que nous avons un marché. S'il n'était pas en place, je t'aurais déjà sautée dessus aussi. Tu es tellement bandante comme ça et j'ai vu ta petite culotte toute mouillée. Ça va être difficile de garder mon self-control. Sourit-il faisant référence à mes pensées.

- C'est pareil pour moi. Ce qu'il s'était passé hier soir avec Ace dans la buanderie m'avait dégoûtée comme ce matin mais te voir surtout comme ça aussi sexy commence à me rendre dingue. J'ai tellement envie de toi. Râlais-je peinée.

Sa queue eut un soubresaut dans son caleçon. Bordel ! Tant pis... Je tendais ma main pour la toucher et ainsi assouvir ma soif qui me brûlait le bas-ventre mais Sasha se recula avec un ricanement. Mais-euh !

Les effets du Poppers s'estompaient et nous n'étions plus aussi euphoriques mais j'avais encore un peu chaud.

- Hey pas touche ! Je peux encore me contrôler donc tu vas devoir attendre. Je savais que tu ne tiendrais pas longtemps, ma Princesse. Je vais devoir me rhabiller pour te calmer un peu. Ricana-t-il avant de renifler le flacon.

Je fis une moue boudeuse tandis qu'il me passa le produit pour que j'en prenne un peu le temps qu'il enfile son pantalon sauf que j'esquissais un sourire moqueur en le voyant se débattre avec sa bite qui ne voulait pas rentrer dans son jeans. Il tentait de la mettre sur un côté mais elle revenait toujours en face de lui. Ça me fit éclater de rire à cause du produit. Mon euphorie était revenue tout comme la sienne. Finalement, il laissa tomber pour s'asseoir sur le tabouret en riant, sa queue à l'étroit dans son sous-vêtements.

- Elle veut pas se ranger ! S'exclama-t-il.

- Ca, c'est parce qu'elle veut se ranger... Ici ! Riais-je en pointant du doigt ma culotte humide.

Mon cousin éclata de rire puis secoua de la tête, peu convaincu de ma tentative de baiser. Cependant, j'écartais lentement ma culotte sur le côté dans un bruit humide attirant son regard. Sa bouche s'entrouvrit pour sortir un Putain murmuré. Sa verge eut plusieurs soubresauts et j'aperçus la tâche au bout de son gland sur son caleçon. Nous étions toujours connectés et son excitation grandissait en moi. Ma respiration s'accélérait et mon vagin se contracta pour vite se relâcher à cause du désir qui envahissait le creux de mes reins.

- Je ne crois pas... souffla Sasha sans quitter mon entrejambe des yeux avant de rire à cause du Poppers.

- Et moi, je crois que si ! Tu remues de la queue, mon Chevalier. Riais-je.

- Je ne suis pas un chien !

Je pouffais de rire et eus au même instant un flash de nous deux en levrette. Un beau souvenir. Je retirais ensuite mon sous-vêtement difficilement et le lui balançais au visage. Il le rattrapa par réflexe, se lécha les lèvres puis le renifla avec un sourire.

- Tu n'es pas un chien, c'est vrai, mais n'empêche que ta queue remue de contentement. Elle veut pas rester dans tes vêtements mais là... Car elle sait où elle doit être. A sa place en moi ! Dis-je joyeusement en écartant mes petites lèvres avec mon index et mon majeur.

- C'est vrai que c'est sa place mais on a un marché, Princesse. Pas de baise ! Ricana-t-il.

- Oui, je le sais mais là ce n'est pas de baise dont il s'agit mais juste de rangement. Expliquais-je souriante.

- Ah je vois ! Et bien si c'est juste pour du rangement, dans ce cas...

Il se leva et abaissa son pantalon et son caleçon jusqu'à ses genoux. Oh bordel de merde ! Son érection était très veinée et bien gonflée. Son gland rouge décalotté naturellement laissait couler un filet de lubrifiant naturel qui goutta finalement sur le carrelage avant de recommencer à couler.

Mon cousin se rapprocha pour me porter et ainsi s'asseoir à sa place. Je soulevais ma robe et m'empalais sur sa verge en douceur. Les yeux clos, je gémissais au plaisir de son contact en moi.

- La bonne taille... souris-je en enlaçant son cou.

- Ouais. On est fait pour parfaitement s'emboîter.

- Ouais ! Mais tu ne trouves pas que tu es un peu mal placé à l'intérieur ?

Son sourire amusé était contagieux.

- Un peu ? Nan, beaucoup ! Tu devrais recommencer pour voir.

Je hochais de la tête souriante puis le sortis un peu avant de le rentrer de nouveau.

- Encore ! Ce n'est toujours pas bon. Me dit-il avec un sourire.

Je recommençais et gémis faiblement commençant à sentir le plaisir monter.

- Toujours pas ! Fais-le jusqu'à ce que ça soit bon, Ma Nastia !

- Oui, Mon Sasha !

Je voulais qu'il soit à moi, qu'il m'appartienne pour l'éternité. Il n'y avait rien de mal à ça car nous étions des âmes jumelles, non ?

Je pris un rythme soutenu à cause de mon excitation et ça n'avait pas l'air de le déranger car il m'aida en soulevant mes hanches à chaque mouvement. Notre respiration haletante se mêlait à nos gémissements. C'était bon ! Nous nous embrassâmes langoureusement.

" Ta chatte est bonne..." entendis-je de sa part dans ma tête.

J'avais oublié que nous étions toujours liés.

"Ta queue aussi..." pensais-je à son intention.

Ah que c'était bon ! Nos gémissements et râles étaient étouffés par notre bécotage. Sasha cessa notre jeu de bouche, choppa le flacon de Poppers sur le bord du lavabo, renifla un coup dans chaque narine puis me le passa pour que je fasse pareil. L'ivresse m'envahit, ma tête se mit à tourner, la chaleur monta dans mon corps et je gloussais en continuant mon déhanchement.

- Je viens de me souvenir d'un truc, Ma Nastia... Quand j'étais tout gamin, je disais tout le temps à ma mère que je voulais me marier avec toi et qu'on aurait plein de bébé... ria-t-il.

Vraiment ?

- Et tu veux toujours le faire ? Demandais-je hilare.

Sous mon euphorie, je ne m'étais pas rendue compte de sa réponse. J'augmentais le rythme sentant le point de non retour qui était précipité par les effets du Poppers. Sasha me parla mais dans ma jouissance, je ne compris rien et de toute manière, je m'en foutais. Je ne pensais qu'à moi et à ce putain d'orgasme qui me faisait perdre pied dans un état d'euphorie. Je riais comme une dingue, les larmes aux yeux en arrêtant tout mouvement, les yeux clos. Néanmoins, je repris contact avec la réalité lorsque mon cousin me souleva pour se retirer de mon antre puis fit tomber sa tête sur mon épaule, tremblotant et haletant fortement avec quelques râles, sa semence souillant en plusieurs jets ma robe au niveau de mes cuisses et de mon ventre.

- Putain... Nastia... grogna-t-il, essoufflé.

Je riais doucement et il ria également par réflexe à cause du produit.

- J'ai eu un putain d'orgasme ! M'exclamais-je joyeusement.

- Moi aussi !... C'est à cause du Poppers. Ça augmente aussi les sensations sexuelles... Et on a frôlé les emmerdes !... Une seconde de plus et je te mettais la dose... gloussa-t-il, malgré lui.

J'éclatais de rire sans contrôle et pourtant il n'y avait rien de drôle. Il releva la tête pour me regarder dans les yeux avec un gloussement incontrôlable. Heureusement qu'il était là pour y penser car moi, ça m'était complétement sortie de la tête que nous n'avions pas de capote. J'avais été égoïste de n'avoir pensé qu'à mon plaisir en cet instant. Je ne m'étais pas un seul moment occupé de son sort.

- Ouais, ça, je le savais que tu ne pensais qu'à ta gueule, Princesse ! ricana-t-il railleur.

Ah ! Il avait entendu mes pensées. J'avais oublié que nous étions toujours connectés. J'éclatais encore de rire tout comme lui. Nous finîmes par nous calmer après un moment et je me dévêtis avant de rejoindre mon fauteuil et me trouvais une nouvelle robe propre ainsi qu'une culotte.

- Je la garde ! Entendis-je dans mon dos.

Je me tournais en attachant la fermeture éclair. Garder quoi ?

- Ta culotte ! Répondit-il moqueur.

Je pensais si fort que ça ?

- Ouais ! Ça résonne dans ma tête au point que je n'entende plus mes pensées.

Oups !

Sasha s'était rhabillé après s'être nettoyé au lavabo et avait mit ma robe souillée dans le sac en plastique de linge sale. Une mèche de ses cheveux tomba sur son front le rendant sexy lorsqu'il regarda l'écran de son portable.

- Ah ! Vi' m'a envoyé un sms. Il demande si on serait ok pour manger tous les trois ensemble. Moi, ça ne me dérange pas. Me dit-il.

- Ouais !... Ah mais... Mince. Fis-je en me souvenant de Sabo.

- Quoi ?

- J'aurais de la visite à 21h. Soufflais-je peinée.

- Et alors ? C'est qui ?

- Bah je ne suis pas censée dire qui sait. Répondis-je contrariée.

Sasha me sourit en coin avant de ricaner.

- C'est un nouveau plan cul ? Demanda-t-il avec un ton pervers.

- Nan ! Même si je le trouve beau. Souris-je amusée.

- Oh donc c'est bien un mec... ricana-t-il.

- Oui pourquoi ? Tu pensais à une fille ? Pour un plan cul ? Hallucinais-je.

- Possible ! Tu me l'aurais présentée et on aurait baisé, peut-être même tous les trois. Oh ouais ! Deux chattes toutes mouillées, deux grosses paires de seins rien que pour moi et deux bouches pour me sucer la queue. Oh ouais le rêve ! Fantasma-t-il, rêveur.

Je pris une moue boudeuse. Qu'il baise avec une autre fille ne me plaisait pas. Ça me rendait jalouse. La tête basse, je fulminais intérieurement. Ça me faisait du mal de l'imaginer avec une autre fille que moi.

"Moi aussi je t'aime Nastia !" Entendus-je joyeusement dans ma tête.

Hein ? Ah oui, c'était vrai ! Nous étions toujours connectés. La honte ! Il connaissait ma jalousie maintenant. Je lui esquissais un petit sourire, les joues roses.

- Ca me fait plaisir que ça ne te laisse pas indifférente. Moi aussi, ça me ferait chier qu'on baise avec un mec en plus. Sinon, j'avais raison ! Tu as tenu à peine un jour. Se moqua Sasha à la fin.

Je pris la moue mais avec un sourire.

- Toi aussi je te signale. Il me semble que tu m'avais dit une semaine, nan ? Le taquinais-je.

- Je ne vois pas de quoi tu parles... sourit-il avant de pouffer de rire avec moi.

Nous rîmes un instant avant de nous calmer.

- J'ai vite craqué à cause de toi et de ton histoire de rangement. Ça m'a grave excité. Et puis avoir ta culotte trempée avec ton odeur m'a achevé. Bordel ! Rien que d'y penser, ça m'excite encore. Sourit-il les yeux clos.

C'était très gênant qu'il parle de ma culotte. Elle était sale maintenant. La honte...

Une image de nous en train de nous embrasser percuta mon esprit puis une envie de cigarette me parcouru le corps.

- Bon allez, je vais fumer, moi ! Mais je réponds quoi à Vitali vu que tu as ton rendez-vous ?s'exclama-t-il.

Je haussais des épaules, ne sachant pas. Quoique...

- Vous venez après dans ce cas ? Proposais-je.

- Ouais à la rigueur mais on ne mangera pas avec toi et ça nous fera rentrer tard.

- Bah vous restez pour la nuit alors ? Je n'aime pas rester seule. Ça me déprime un peu. Émis-je tristement.

- Ca me tente surtout si on se refait un remake de l'autre fois. Quoique, il y aura peut-être Vitali. Ça m'arrangerait qu'il ne puisse pas rester. Ricana-t-il.

Ouais ! On avait passé une nuit de dingue même si ça m'avait bien crevée. Mais si c'était à refaire, je le referais.

- Bon allez ! Je vais lui téléphoner en fumant, Ma Nastia. Tu veux venir ?

- Nan, pause pipi ! Répondis-je.

- Ok ! Au fait, ton rendez-vous de tout à l'heure, pas la peine de le cacher. Tu penses tellement fort que je sais qui sait. Tu crois qu'il vient pour parler de l'A.R. ? Dit-il en sortant son paquet de cigarettes de son sac à dos.

- Ah... J'en sais rien. Sûrement ! Sinon je ne vois pas pourquoi il viendrait. Fis-je alors qu'il sortit un tube pour le placer derrière son oreille.

Ça lui donnait l'air cool !

- Tu lui as peut-être tapé dans l'œil. Tu baiserais avec lui s'il te cherchait ? Questionna-t-il avec un sourire malicieux en jouant avec son paquet.

- Il a une copine, je te signale ! Hallucinais-je surprise de sa question.

- Et alors ? S'il cherche à aller voir ailleurs, c'est que sa meuf est un manche au pieux. Sourit-il moqueur.

- Ou bien il est en relation libre avec elle ?! Rétorquais-je.

- Possible ! Mais je n'y crois pas trop. En tout cas, moi, ça ne me dérange pas de baiser avec une meuf déjà en couple. Tu en es la preuve.

- Sauf que moi, je suis en relation libre avec Thatch ! Souris-je amusée.

Sasha haussa des épaules, s'en foutant complètement.

- Tu sais, Nastia. Si tu t'arrêtes à ce genre de détails, tu te louperas tout le temps de bon plan cul et tu ne seras jamais pleinement comblée. Fait comme moi ! Arrête de trop te poser de question et vit ta vie à fond !

- Ouais, c'est vrai ! Mais je n'y peux rien...

- Tu es trop gentille, Nastia. Pense aussi à toi ! Tu verras que tu prendras ton pied. Bon allez ! Va pisser !

Il déverrouilla la porte avec un sourire puis me laissa seule dans la salle de bain. Je l'entendis quitter la chambre et donc je pissais mon coup. Une fois les mains propres, je me recoiffais et me remettais un petit peu de maquillage puis de parfum avant de sortir. Mon cousin n'était pas encore revenu. Je jetais un œil à mon portable et constatais qu'il n'y avait aucun sms, même pas un de Ace. S'il venait pas me voir alors qu'est-ce qu'il venait foutre ici ? Avait-il un rendez-vous médical ? Peut-être venait-il consulter pour une MST ? Ça serait marrant. On toqua à la fenêtre me faisant sursauter. Je levais la tête et vis Sasha me souriant derrière la vitre, accoudé au rebord avec sa cigarette au coin de la bouche et son téléphone à l'oreille. Mon portable dans la main, je vins ouvrir la fenêtre en la faisant coulisser sur le côté.

- ... Ouais, 'faudra voir avec l'hôpital. Je vais me renseigner à l'accueil et je te tiendrais au courant en rentrant... A 21h... Nan, c'est pas lui. Elle n'a pas le droit de le dire mais j'ai ma petite idée... Nan, on bouffera par-là... Ouais sans elle !... C'est ça ! Elle veut pas de nous alors on bouffera entre mecs...

Puis il rigola. Sasha était en conversation avec mon frère et je fus piquée au vif.

- Mais c'est pas de ma faute ! J'aimerais bien manger avec vous mais j'ai un rendez-vous après. boudais-je.

- L'excuse ! Mais vu qu'on est sympa, on te ramènera la note que tu puisses savoir ce que tu auras loupé. Railla-t-il à mon encontre.

Je pris une expression à la fois choquée et dégoûtée. J'entendais mon frangin rire aux éclats dans le combiné. Les enflures !

- Si c'est comme ça, je vous boude ! Déclarais-je telle une gamine boudeuse avant de fermer à moitié la fenêtre.

J'entendis mon cousin s'exclamer un long Oh faussement surpris avec un sourire moqueur. Ça me rappelait les autres années avec lui. Sasha avait changé mais pas tellement. Je me sentais encore comme la gamine qu'il emmerdait tout le temps. Imbécile !

Oh tiens ! Un sms de Thatch. C'était vrai qu'il ne m'avait toujours pas répondu, celui-là. Même si, il n'était pas obligé de répondre à mon dernier message.

" Es-tu disponible pour un appel ? C'est très important."

Euh... Oulah ! Même pas un bonjour ni un Bébé et encore moins un Je t'aime et tu me manques aussi. Ça s'annonçait mal. Mon cœur tambourinait dans ma cage thoracique comme un dingue. Si Ace lui avait téléphoné, j'espérais qu'il ne lui ait rien dit sur ma confidence. Anxieuse, je lui répondis un peu tremblante.

" Oui, je suis disponible. Sasha me rend visite mais il fume dehors en téléphonant à Vitali. Qui a-t-il de si important ?"

Je jetais un œil à mon nouveau frère toujours aussi emmerdeur et vis qu'il discutait toujours au téléphone en fumant. Mon cœur rata un battement lorsque mon portable sonna dans ma main. Thatch ! J'avalais ma salive, anxieuse, inspirait un bon coup puis décrochais.

- Oui ? Dis-je d'une petite voix fluette.

- Anastasia, comment vas-tu ?

Ah toujours pas de Bébé et sa voix posée sans joie me fit de la peine.

- Ca peut aller. Et toi, comment vas-tu ?

Je n'osais pas trop lui parler. J'avais peur de ce qu'il voulait me dire.

- Ca va, ça va. C'est toujours douloureux mais je commence à faire avec... Bon je vais rentrer dans le vif du sujet. J'ai eu Ace au téléphone tout à l'heure et mis-à-part ses excuses qui m'ont laissé dubitatif, il m'a raconté qu'il était venu te voir ce matin et que vous aviez longuement parlé au point que tu t'es confiée à lui sur certaines choses...

Il marqua une pause, inspirant dans une cigarette. Merde ! Ace avait tout balancé ? Nan ! Il m'avait dit qu'il ne dirait rien pour ne pas être en froid avec moi. Qu'avait-il bien pu dire alors ?

- ... Je suis un peu sceptique sur ce qu'il m'a dit mais j'aimerais savoir ta version. Alors je vais te le demander qu'une seule fois et je souhaiterais que tu sois honnête envers moi, histoire que tu arrêtes de me prendre pour un con...

Son ton monotone me fit froncer des sourcils. Il avait beau parler calmement, il était sur les nerfs. Ça sentait vraiment pas bon pour moi.

- ... Ace m'a dit que tu es toujours amoureuse de lui et que tu sors seulement avec moi pour le rendre jaloux et lui faire payer ce qu'il t'a fait...

- Quoi ? Je n'ai jamais dit ça ! Me défendis-je.

Bon un petit peu. Ace n'avait pas menti sur une chose au moins. J'avais eu raison de me méfier de son comportement sympathique tout à l'heure. Ce n'était pas normal qu'il pardonne si facilement à Thatch et qu'il soit si tendre avec moi. L'enculé ! Pourquoi faisait-il ça ? Par jalousie ? Par vengeance ?

- Possible mais tu ne peux pas mentir sur tes sentiments, Anastasia. Tu aimes toujours Ace. Je le vois bien. Quand tu m'as dit que tu m'aimais, j'ai voulu y croire mais après réflexion et après ce qu'il m'a dit sur vous deux, je me suis rendu à l'évidence que mes sentiments n'étaient pas réciproques et ne le seront jamais.

- Thatch ! Je t'aime sinon je ne serais pas avec toi... tentais-je mais il me coupa la parole.

- Ca, c'est toi qui le dit. Je ne suis pas idiot !...

Bon ça me soûlait !

- Écoute Thatch ! Ace t'a raconté n'importe quoi. Tu me dis que tu es sceptique sur ce qu'il t'a dit mais j'entends le contraire. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu saches que je t'aime réellement ? A mon avis, rien du tout puisque tu vas croire tout ce que te dit ton pote ! Et quand bien même tu me dirais le contraire, tu ne me feras jamais confiance et tu seras toujours sceptique sur ma franchise. Donc autant arrêtez-là ! Je pensais que tu n'étais pas comme lui mais je me suis trompée. Tes questions sur mon cousin et moi l'autre fois auraient dû me mettre la puce à l'oreille mais je t'ai cru quand tu m'as dit que tu n'étais pas comme Ace. Je m'étais trompée... Je croyais vraiment que tu serais différent de lui et que je pouvais être heureuse. Au revoir, Thatch...

Ma voix avait tremblé à la fin signe que je commençais à pleurer. Je raccrochais ne lui laissant pas le temps de parler. J'avais préféré le quitter plutôt que me faire larguer. Ça aurait été plus douloureux. Ace avait tout manigancer à mon avis pour que Thatch et moi ne soyons plus ensemble. Quel connard ! Il allait jubiler en l'apprenant.

Je pleurais bruyamment sans retenue. J'avais vraiment été conne de lui avoir dit mes sentiments à ce con ! Salopard de Ace ! Thatch tenta de m'appeler mais je laissais sonner. Il ne batailla pas plus mais me laissa un sms en suivant.

" Est-ce que tu viens de me quitter ?"

Ouais, Ducon !

J'étais triste et en même temps énervée. Tous les mecs étaient pareils ou quoi ? Je ne connaîtrais jamais le bonheur. J'entendis Sasha toquer à la fenêtre puis d'un signe de tête me demander ce qu'il se passait. Il n'était plus au téléphone et avait terminé sa cigarette.

- J'arrive ! gueula-t-il ensuite alors que j'avais gardé le silence.

Puis il partit. Thatch tenta de nouveau de m'appeler et je coupais la sonnerie en le mettant en silencieux, laissant l'appel émettre dans le vide. Je ne voulais plus lui parler. Ace avait raconté de la merde pour nous faire casser. Ça me faisait chier mais Thatch ne me laissait pas le choix. J'avais dû le quitter. Il faisait plus confiance à son pote qu'à moi. Bon je trouvais ça normal puisqu'il le connaissait depuis plus longtemps que moi mais il était censé être en froid avec lui. Je me sentais blessée et trahie par lui. Ça avait dû bien parler sur ma gueule pour qu'il réagisse comme ça et surtout qu'il croit ces conneries. Il ne me faisait pas confiance. Ace n'avait pas menti sur une chose. Oui, j'étais encore amoureuse de lui mais je ne me remettrais pas avec lui. Thatch n'était pas idiot mais de là à croire le reste... Ça aurait pu tenir la route d'un côté si ça avait été vrai et si j'étais une garce, mais ce n'était pas le cas. Je ne sortais pas avec lui pour me venger. Je voulais juste être heureuse. Tant pis ! Peut-être que je n'avais pas besoin d'être dans une relation amoureuse pour l'être.

La porte s'ouvrît rapidement en grand sur un Sasha essoufflé. Il la claqua pour la refermer et vint s'asseoir ensuite à côté de moi. Au même moment, Thatch essayait encore de m'appeler.

- Tu chiales à cause de moi ? Demanda mon cousin.

- Nan !... Répondis-je sèchement avant de fondre de nouveau en larme.

Ayant sûrement vu l'appel de Thatch cesser, il se permit de prendre mon téléphone et de regarder attentivement l'écran.

- Qui est-ce ? Demanda-t-il ne sachant pas lire les katakana.

- Thatch... pleurais-je avant de me jeter dans ses bras, le surprenant.

Il me réceptionna avec douceur et je me laissais envahir par son énergie bienfaisante permettant de nous connecter. Je savais qu'il faisait ça pour me consoler de quelque chose dont il n'avait pas connaissance et je le laissais faire. Ça faisait du bien.

- Qu'est-ce qu'il se passe, Ma Princesse ? C'est à cause de ton chien d'ex ? Il t'a fait du mal ?

Le ton chaleureux et doux de sa voix me tira un sanglot et je m'accrochais à son T-shirt.

- Je... Thatch... Je l'ai quitté... chialais-je.

- Pourquoi ? Pourquoi tu as fait ça ? Dit-il hébété.

Pour réponse, je lui ressassais la conversation difficilement à cause de mes pleurs. Il finit par soupirer même si je ressentais sa colère et ses envies de meurtre.

- C'est sûr que tu n'avais pas été maline d'avoir dit à cet enculé tes sentiments. Mais bon, tu as sûrement bien fait de larguer Thatch. Le gars t'en met plein la gueule sans se douter une seconde que son pote lui raconte de la merde pour foutre le bordel dans votre couple. A mon avis, il doit maintenant le regretter. Bien fait pour sa gueule ! Fallait être moins con ! Et puis, tu n'as pas besoin de lui pour être heureuse. Tu m'as moi, Princesse ! Sourit-il à la fin en me caressant les cheveux.

- Oui ! C'est vrai... Tu es mon chevalier. Merci d'être là, Sasha. Je t'aime. Pleurais-je, un peu calmer.

- Moi aussi, je t'aime ma Nastia. Nous avions fait un pacte que je tiendrais. Je te protégerais et serais toujours là pour toi. Je te le promets. Murmura-t-il avant de déposer un baiser sur ma tempe.

- Moi aussi. Personne ne nous séparera.

- Ouais et si on nous raconte de la merde sur l'autre pour nous faire du mal, ce sera très simple de connaître la vérité.

- Oui ! Nous sommes unis. Tu m'as emmerdée plus d'une fois mais jamais tu ne m'as déçue. J'ai confiance en toi, Sasha. Souris-je en essuyant du revers de la main mes joues mouillées.

- C'est la même pour moi... Je trouve ça bizarre quand même que Thatch ait cru si facilement les conneries de ton ex. A mon avis, l'autre a dû bien le baratiner avec de la merde. Il a dû inventer plein de trucs qui pouvaient tenir la route. Cet enculé avait prévu son plan depuis un moment, je pense. Il me casse de plus en plus les couilles. Je vais le défoncer !... Thatch te rappelle encore. Tu comptes l'ignorer pendant combien de temps ?

Je déviais mon regard sur mon téléphone posé sur le lit. Oui, il me téléphonait encore... Lorsque son appel cessa, je constatais qu'il avait tenté de me joindre cinq fois au total avec un sms de plus. Bon au moins, il n'avait pas battu le record de Ace.

- J'en sais rien. Et puis pour lui dire quoi ?... Il va m'en foutre plein la gueule ou bien s'excuser ? C'est bon, j'ai déjà donné avec Ace. C'est toujours pareil de toute manière. Je laisse une autre chance et je finis toujours déçue. Encore et encore et encore... Les mecs sont-ils tous comme ça ?

- Bah euh... On peut se montrer très con avec les nanas. essaya-t-il d'expliquer un peu embarrassé.

- Ca, je m'en étais rendue compte. Pouffais-je doucement de rire, les yeux humides.

- Il te rappelle encore Nastia. Il doit s'être rendu compte de sa connerie. Tu sais, ça me fait chier que tu ne sois plus avec lui. Je comptais sur lui pour avoir un boulot. Dit-il peiné.

Merde... Je n'y avais plus pensé. Sans travail, Sasha ne pourrait pas rester au Japon pour toujours.

- Pardon... soufflais-je tristement.

- Tu fais comme tu veux, Nastia, mais... Je ne veux pas repartir en Russie et être encore tout seul. Je ne tiendrais pas...

Moi non plus... Je regardais mon portable et vis l'appel arrêter d'émettre. Je le pris un peu hésitante, croisais le regard de mon cousin puis lus d'abord le sms qu'il m'avait envoyée.

" Anastasia, répond-moi, s'il-te-plaît ! Si tu m'as quitté, redis-le moi que je ne reste pas dans la confusion. Je n'ai pas envie que l'on rompe mais je ne veux pas que tu sois malheureuse avec moi. Si tu ne réponds pas, je viens. "

Je relatais le sms à Sasha qui soupira et exprima une moue compatissante. Un nouvel appel. Ce n'était pas Thatch mais Ace, cette fois-ci. Je raccrochais. Tu pouvais toujours te foutre un doigt au cul pour que je t'adresse la parole, pauvre con !

- Tu restes sur ta position de le bouder encore ? Demanda mon nouveau frère.

- Ce n'était pas Thatch mais Ace. Qu'il aille se faire foutre ! M'exclamais-je, mauvaise.

- Ouais ! Qu'il se fasse aussi enculé ! Ricana-t-il, également sur un ton mauvais.

- Ouais ! Oh ? Il m'a envoyée un message et Thatch aussi. Dis-je, attentive à mon écran.

" Tu es occupée, Ma souris ? "

Faisait pas genre, Mon gars ! Lorsque je le traduisais à Sasha, il gloussa.

- Il te prend grave pour une conne. Il doit venir aux nouvelles. Ne lui répond pas ! Sourit-il en coin.

- Je ne comptais pas le faire. Il me gâche la vie et ensuite il vient avec une fleur dans le cul. Je suis peut-être naïve mais pas folle. Tu me promets toujours de me protéger de lui concernant la vidéo et les photos ?

- Ouais, Princesse ! Et j'ai même ma petite idée de comment faire. Bon il te dit quoi, Thatch ?

- Euh... Il me dit qu'il vient du coup. Donc dans un quart d'heure, il est là. Je fais quoi ? Commençais-je à paniquer.

- Bah tu prends tes couilles et tu lui fais face ! Sourit Sasha railleur.

- J'ai pas de couilles, Débile ! riais-je faiblement.

- Je m'en fous ! Tu vas aussi te laver la gueule car tu ressembles à un panda toxico. Railla-t-il.

Je roulais des yeux mais allais avec lui dans la salle de bain sous son rire taquin. Débile, va !

Ah oui ! En effet, j'avais une sale gueule. Je me débarbouillais puis me remaquillais plus légèrement cette fois-ci.

- Tu es mieux comme ça. Bon bah moi, j'y vais. Je dois passer à l'accueil demander si on peut passer la nuit avec toi, Vitali et moi, puis je vais bouffer avec lui au McDo. Tu nous enverras un sms quand ton rendez-vous sera parti comme ça, on rappliquera vite.

- Ah ! Vous allez au McDo ? La chance ! Ça fait très longtemps que je n'y suis pas allée. Fis-je surprise puis boudeuse.

Mon cousin prit un sourire railleur.

- Dommage pour toi alors ! On t'enverra une photo de nos menus.

- Ah ! m'exclamais-je, soûlée ce qui l'amusa.

- C'est toujours un plaisir de te faire chier. Ria-t-il.

Je croisais les bras, tournais la tête pour ne plus le voir avec une moue boudeuse.

- Pour la peine, je te boude ! émis-je à son encontre.

Il pouffa de rire puis approcha son visage du mien et du coin de l'œil, je vis son sourire moqueur. Je ne pus m'empêcher de glousser.

- Ma petite princesse, si tu me fais un bisou sur la joue, je pourrais faire un effort pour te ramener un petit quelque chose.

- Vraiment ? dis-je avec espoir.

- Oui, vraiment ! sourit-il.

Je riais doucement et déposais un baiser sur sa joue tandis qu'il souriait en coin. Je le pris ensuite dans mes bras, il répondit à mon étreinte et je reniflais son odeur pour la mémoriser.

- On se revoit tout à l'heure. Tu vas me manquer, ma Princesse.

- Toi aussi ! Je n'ai pas envie que tu partes... soufflais-je telle une gamine.

- Moi non plus. Je t'aime, Ma Nastia.

- Moi aussi, je t'aime. Souris-je en le serrant très fort dans mes bras.

Les séparations étaient difficiles. Nous étions toujours connectés et pendant un contact physique, le lien était plus fort. S'il pouvait encore passer la nuit avec moi, j'aimerais dormir de nouveau dans ses bras.

- Si tu ne te remets pas avec Thatch, ce n'est pas grave tu sais. Je me débrouillerais pour trouver un autre emploi. Je ferais tout pour rester avec toi. Je t'aime.

- Je ne sais pas comment ça va se passer avec lui. Je te raconterais. Je t'aime !

J'embrassais ensuite sa joue de plusieurs baisers et le dernier toucha ses piercings au coin de sa lèvres. Il dû penser à une invitation car il tourna un peu la tête pour sceller ses lèvres sur les miennes. Nous nous bécotâmes rapidement avant de nous lâcher suite au toquement contre la porte de la chambre. Sa salive avait le goût de tabac qui me rappelait celui de Thatch. Nous nous fixâmes dans les yeux tandis qu'un filet de bave reliait nos bouches. Sasha déposa un bref baiser sur mes lèvres avant de se redresser.

- Ca, ça veut dire que je dois y aller. A tout à l'heure, ma Nastia. Si quelque chose ne va pas, appelle et je rapplique vite ! S'exclama-t-il en prenant son sac sur le bord du lavabo.

Il déposa un bisou sur mon front puis quitta la salle de bain et la chambre en suivant. Je l'entendis saluer aimablement quelqu'un en japonais avec son accent russe. Je n'osais pas sortir me disant que ça devait être Thatch. Fixant mon reflet dans le miroir, j'entendis la personne entrer puis se poster à la porte ouverte de la salle d'eau.

- Anastasia ?

Oui, c'était lui. Malgré que je sois en colère et déçue par lui, entendre sa voix me fit plaisir. J'osais tourner la tête vers lui. Son nez avait un peu dégonflé, ses hématomes avaient viré au violet et noir, ses cheveux étaient attachés en chignon comme j'appréciais, il portait un polo blanc dont les boutons n'étaient pas totalement attachés et un pantacourt bleu délavé avec des mocassins noirs. Ça faisait bizarre de le voir habillé si banalement mais ça lui allait bien. Je le trouvais beau comme ça.

Je ne voulais pas être séparée de lui mais je ne me sentais pas capable de revivre le manque de confiance et surtout un remake de la jalousie de Ace avec lui. A ce rythme, je finirais ma vie célibataire avec un chat. Le cliché de la vieille meuf...

- Pourquoi tu es là ? questionnais-je durement.

Fallait pas que je me laisse avoir par son joli minois de beau gosse super riche. Bordel ! Je le trouvais craquant avec cette tête tristounette.

- Il faut qu'on parle. Répondit-il.

- À quoi bon ? Je sais ce qu'il va se passer. Tu vas me dire tout ce que t'a raconté Ace comme connerie, je te dirais que c'est faux mais tu ne me croiras pas. Alors ça ne sert à rien de parler et même de continuer entre nous. Je ne veux pas revivre une relation où il n'y a aucune confiance et sans arrêt des disputes...

Thatch ne disait rien et avait baissé les yeux, pensif. Alors je continuais.

- ... Je me disais bien que c'était bizarre qu'Ace décide tout d'un coup sur un coup de tête de s'excuser auprès de toi et de redevenir pote avec toi. Je m'étais dit Ok, c'est super pour vous deux tant qu'il ne fout pas la merde sauf qu'il fout vraiment la merde ! Il m'avait dit qu'il ne supportait pas de nous savoir ensemble et que je parle à d'autres mecs au point que ça le rendait dingue. Ça ne m'étonnerait pas qu'il ait fait exprès de te raconter des conneries pour que nous ne soyons plus ensemble. Si tu lui en as parlé, il doit bien en rigoler ! Terminais-je avant de passer devant lui pour sortir de la pièce.

Thatch mit un temps avant de sortir lui aussi, les lèvres pincées. Ça me faisait vraiment bizarre de le voir comme ça. Habituellement, il donnait l'air d'être tout le temps sûr de lui.

Je regardais mon portable pour connaître l'heure, -19h27-, et aperçus un nouvel appel manqué de Ace. Je retirais le silencieux du téléphone puis le balançais d'un geste énervé sur le lit avant de me tourner vers Thatch.

- Alors c'est vraiment fini entre nous ? Demanda-t-il peiné.

Tu t'attendais à quoi, Mon gars ?! Que j'allais faire la même connerie qu'avec Ace ?

- J'ai pas envie de te quitter mais je ne veux pas revivre ça ! Je pensais vraiment pouvoir être heureuse avec toi. Sasha dit que tu es mon Prince Charmant à force que je lui fasse tes éloges...

Il esquissa un petit sourire en coin.

- ... Mais si tous les mecs sont comme ça, à ne pas avoir confiance en leur copine, alors je ne le trouverais jamais. Alors oui, c'est fini entre nous. Il m'est préférable de souffrir un bon coup plutôt que d'être de nouveau dans une relation toxique. M'énervais-je.

- Je comprends, sauf que je te fais confiance. Tenta-t-il.

- C'est pas ce que je comprends, moi ! Ace revient la bouche en cœur en te faisant des excuses et en te racontant de la merde sur moi que tu crois. Il me fais ce coup-là tout le temps mais à force, j'ai appris à me méfier. Toi, tu le connais depuis plus longtemps que moi alors tu devrais ne plus te faire avoir.

- J'étais sceptique sur ses excuses mais tout ce qu'il m'a dit semble vrai. Je t'entendais lorsqu'il me les disait. Tu es toujours amoureuse de lui et tu te sers de moi pour le rendre jaloux. Ce matin, tu l'as harcelé au téléphone pour qu'il vienne te voir et ensuite tu l'as allumé pour baiser avec lui mais il m'a dit qu'il t'avait repoussée en comprenant que finalement c'était toi la principale cause de notre conflit et que tu te foutais de notre gueule à tous les deux. Tu n'es pas amoureuse de moi... Tu te sers de moi également pour que je trouve un emploi à ton cousin que tu te tapes sans gêne d'après lui... s'énerva-t-il à son tours.

- Je n'ai pas besoin de sortir avec toi pour le rendre jaloux. Il y arrive très bien tout seul... Tu penses vraiment que tout est de ma faute ? C'est vrai qu'avant que vous ne rentrez dans ma vie, vous étiez supers potes mais avant de te dire que tu es un imbécile de le croire, j'aimerais te montrer quelque chose et je ne me tape pas mon cousin ! C'est dégueulasse et immorale ! Faut vraiment qu'il arrête avec ça, celui-là !

J'avais prit sur moi pour ne pas chialer à ses mots blessants. Je montais sur le lit pour réussir à choper mon portable. Je l'invitais à s'asseoir silencieusement à mes côtés, ce qu'il fit sans broncher, puis lui passais mon téléphone qui affichait la liste des appels manqués de Ace depuis le début de la matinée.

- Ce n'est pas moi qui harcèle mais lui. Ce matin, il a tenté de m'appeler une quinzaine de fois. Deuce en est témoin. Il me tenait compagnie pendant mon petit-déjeuner. Ace lui avait même téléphoné pour savoir pourquoi je ne répondais pas. Et tiens, tu peux même voir les sms qu'il m'a envoyée également.

Je lui montrais ma conversation avec Ace tandis qu'il gardait le silence. Je le laissais lire puis enchaînais voyant qu'il allait parler. Je n'avais pas fini !

- Et maintenant, j'aimerais que tu lises autre chose. C'est ma conversation avec Deuce de ce matin. Ace l'a vu et bien sûr, j'ai eu droit à une crise de jalousie. Je ne suis plus avec lui mais il se permet toujours de fouiner dans mon portable.

Je lui montrais la conversation lui démontrant donc encore que je ne harcelais pas Ace mais que c'était lui qui insistait tout le temps pour me voir. Thatch esquissa un bref petit sourire en voyant les photos du chat. Ensuite, il me rendit mon cellulaire avec un air désolé.

- Ce n'est pas moi qui harcèle mais lui ! Il veut tout le temps me voir. Ce matin, malgré que je ne répondais pas, il est venu sans prévenir. Je prenais ma douche et il m'a dit qu'il voulait me rejoindre mais que la porte était verrouillée. Ça m'a fait peur ! Il m'a refait une crise de jalousie sur Sasha, m'a sortie encore son baratin que nous étions fait l'un pour l'autre et qu'il ressentait quelque chose pour moi avant de me proposer encore de sortir en même temps avec lui en secret. Et je ne l'ai pas allumé pour baiser avec lui. C'était lui mais je l'ai repoussé et lui ai dit que je ne voulais plus jamais le voir et que je coupais les ponts avec lui. Sauf qu'il s'est énervé et m'a menacé de mettre la vidéo et des photos de moi avec mon numéro de téléphone sur internet si je faisais ça. Mais bon, maintenant je m'en fous... Ace a gâché ma vie et il continue de le faire alors qu'il applique sa menace. Ça ne changera rien maintenant !

- Désolé... réussit-il à dire avec une mine triste.

- Désolé ? Ace me le disait tout le temps et c'est encore le cas. Et puis tu sais, Sasha peut se débrouiller à trouver un travail ici. C'était sympa de ta part de t'être proposé mais ça ira.

Je n'osais plus le regarder. Ça faisait du bien de déballer mon sac. Je voulais être tranquille dorénavant et ne plus avoir d'emmerde. Ça me faisait mal au cœur mais je ne voulais plus voir Ace et Thatch. Depuis ma rencontre avec eux, ma vie a été chamboulée. J'avais une routine banale bien à chier mais au moins je ne chialais pas tous les matins.

Il allait dire quelque chose mais mon portable se mit à biper deux fois signifiant que j'avais un message. Pff... Ace !

" Ma petite souris, tu me manques. J'ai envie de te voir encore. On mange et on passe la soirée ensemble ? Au fait, tu as des nouvelles de Thatch ? Je lui ai téléphoné tout à l'heure. Nous sommes redevenus potes."

Je roulais des yeux puis donnais mon téléphone à Thatch en soupirant. Il le prit et lut le sms en silence. Ensuite, il se pinça les lèvres, les yeux clos avant de soupirer de lassitude en me rendant mon appareil.

- Il me disait qu'il avait coupé les ponts avec toi et je te passe les noms d'oiseau qu'il t'attribuait... Je n'arriverais sûrement pas à me faire pardonner mais si je t'affirme que je te crois, tu ne me quittes pas ? Tenta-t-il, désolé.

- À quoi bon être ensemble si un autre jour, ça doit recommencer. J'ai eu la même avec Ace et j'en ai marre. M'emportais-je.

Me surprenant, Thatch se leva à brides abattues, me fit face puis courba l'échine dans un grognement de douleur avant de brailler :

- Je suis sincèrement désolé ! Même si je n'ai aucunes excuses valables pour ce que j'ai fait, je te demande pardon. Je ne suis qu'un imbécile et un être abject. Je te promets de ne plus recommencer. Tu as tous les droits de m'insulter mais s'il-te-plaît ! Ne me quitte pas ! Je t'aime ! Tu es la femme de ma vie...

Il se mit ensuite à genoux, le front contre le sol.

- ... Je t'en supplie ! Termina-t-il, toujours aussi fort en joignant ses mains devant sa tête.

Alors là... J'étais sur le cul. C'était la première fois que j'avais affaires avec le Dogeza. Thatch se mettait dans une position honteuse et négligeait donc son image pour que je lui pardonne. Ace ne l'avait jamais fait, pas même pour s'excuser de m'avoir mise à l'hôpital. Que devrais-je faire ? Ça me faisait pitié de le voir comme ça. Qu'allait-il se passer si j'acceptais ses excuses ?

- Je t'en supplie ! Réitéra-t-il, le dos plus rond exposant encore plus sa nuque.

Je me rapprochais du bord en me bouffant les lèvres et en me penchant, le bras tendu, pour toucher sa tête. Il la redressa, le visage rouge pour ancrer ses yeux dans les miens. Son geste me touchait quand même. Il se mettait à nu pour se faire pardonner. Je serais une belle pétasse de l'envoyer chier. Mon cœur parla alors.

- Je te pardonne Thatch ! Je t'aime. Ça me fait souffrir de ne plus être avec toi mais j'ai peur de ne plus être libre et d'avoir constamment mal. J'ai assez donné avec Ace, tu comprends ? Soufflais-je avec douceur.

Il se redressa pour s'asseoir sur le bord du lit sans me quitter des yeux.

- Oui je comprends. Je ne suis pas comme lui. Je veux te rendre heureuse et te donner tout le bonheur que tu mérites. Je t'aime Anastasia ! Mais tu veux toujours me quitter ? Dit-il peiné.

Je pris un temps avant de parler, hésitante. Je n'avais pas envie de le quitter mais et après ? Putain ! Ace pouvait aller se faire foutre. J'étais amoureuse de lui mais ce n'était qu'un connard !

- Nan ! Je veux qu'on reste ensemble et j'emmerde Ace ! Souris-je doucement.

Il sourit avec joie et me prit dans ses bras pour m'embrasser brusquement, un peu trop d'ailleurs car j'entendis son grognement de douleur. Nous nous bécotâmes à intermittence pour lui laisser le temps à chaque fois de respirer à cause de son nez cassé. Thatch me coucha sur le dos pour me surplomber de toute sa masse, nos bouches toujours collées.

- Je ne veux pas te perdre, Bébé ! Murmura-t-il avant de m'embrasser encore.

Je passais mes doigts dans son dos sous son polo touchant la douceur de sa peau. Ah ? Je sentais sous la pulpe de mes doigts le strapping lui bandant les côtes. Je n'osais pas trop le caresser pour ne pas lui faire mal.

Mon téléphone sonna nous coupant dans notre léchage de pomme. Nous regardâmes le correspondant et Thatch cacha l'écran en le retournant contre le matelas pour étouffer un peu la sonnerie puis reprit notre baiser. Cela me fit rire doucement et ne me déplaisait aucunement car c'était Ace. Sa bouche descendit sur mon cou et je lui offrais plus de chair en penchant la tête sur le côté pour ne pas gêner son nez blessé. Sa langue lécha ma peau me donnant des frissons. Je gémissais doucement puis il déposa des petits baisers dessus avant de s'arrêter.

- Bébé... J'ai très envie de te faire une marque. Ça ne te dérange pas ? Ça se verra. Susurra-t-il, son souffle chaud me chatouillant le cou.

- Oui, vas-y ! Je t'aime, Thatch ! Je veux que ça se voit, que tout le monde sache que ça vient de toi. Soufflais-je amusée.

Cela le fit ricaner.

- Si tes parents le voient, ils vont m'étriper.

- Nan ! Quoique peut-être mon père ?!

Nous rîmes ensemble puis ses lèvres se posèrent sur ma peau. Sa langue me lécha avec tendresse puis sa bouche me suçota doucement et enfin fortement. Ce n'était pas douloureux mais juste un peu désagréable rendant mon expérience avec Ace mauvaise. Thatch savait mieux s'y prendre. Je lâchais un gémissement lorsque sa langue remonta sur mon oreille. Sa succion avait été courte. Déjà fait ? Mes mains dans ses cheveux, je les agrippais en me mordillant la lèvre inférieure, les yeux fermés. Sa main caressa ma cuisse puis la remonta pour glisser son corps entre mes jambes.

La sonnerie cessa pour reprendre sûrement à peine une minute en suivant. Thatch regarda l'écran avant de retourner encore le téléphone.

- Il est emmerdant. S'il appelle une troisième fois, je décroche. Soupira-t-il, soûlé.

Ça allait foutre la merde mais je m'en foutais. Ace pouvait aller se faire foutre. Il m'avait une énième fois déçue et menti. C'était fini maintenant. J'allais avoir des difficultés à ne plus l'aimer autant mais j'y arriverais. J'avais confiance en Sasha pour la vidéo et les photos alors je pouvais cesser de le voir sans crainte.

J'écartais un peu plus les jambes et en plaçais une sur l'arrière de sa cuisse. Nous reprîmes une séance de bécotage. Ses doigts palpaient un bout de ma fesse et il ondula lentement du bassin contre le mien. La bosse naturelle de son pantacourt en jeans frottait contre ma culotte stimulant mon clitoris.

- J'ai envie de toi, Bébé ! Chuchota-t-il alors que l'appel de Ace cessait enfin.

- Moi aussi... Ça ira avec tes blessures ?

- Ouais, je suis bien drogué mais c'est pas ça qui devrait t'inquiéter. J'ai pas de capote ! Ricana-t-il.

Ça m'étonnait de lui. Monsieur le coureur de jupon n'avait rien prévu pour s'amuser avec une fille ?...

- J'en ai pas non plus. Souris-je avant de lui donner un baiser.

- Je me doute mais je suis clean, tu sais.

- Moi aussi. Riais-je faiblement avant de réceptionner un baiser de sa part.

- Tu veux faire l'amour sans ? Proposa-t-il ensuite.

- Si tu ne viens pas dedans, pourquoi pas. Murmurais-je sans trop oser.

- Un jour, j'y serais obligé mais pas aujourd'hui. Ricana Thatch avant d'ouvrir sa ceinture en cuir noir.

Je rougis mais ne lui disais pas que je ne voulais pas d'enfant. Je ne voulais pas le contrarier et ça aurait ruiné l'ambiance. J'allais enfin avoir de nouveau le monstre qui lui servait de queue en moi. Il ne fallait pas que je fasse tout foirer.

Le temps qu'il sorte son attirail bien dur, je retirais ma culotte puis il revint entre mes cuisses, passa son gland entre mes petites lèvres déjà humides et me pénétra avec douceur. Seigneur ! J'avais oublié à quel point il était énorme. Ma chair s'étirait me donnant une grimace. Putain de merde ! Il buta enfin au fond faisant remonter mes entrailles et se coucha sur moi sans que son torse ne me touche.

- Tu es si serrée, mon Bébé. Sans capote, c'est encore plus agréable... grogna-t-il.

- Et toi, toujours aussi gros ! Soupirais-je alors qu'il entamait un lent déhanchement.

Il pouffa de rire.

- Je dois le prendre comment ?

- Très bien ! Riais-je.

- Je te remercie alors... Tu es tellement belle, mon Amour...

Nous nous embrassâmes avec passion. Je posais mes mains sur ses fesses dénudées lui intimant silencieusement d'augmenter la cadence. Ce qu'il fit. Des décharges parcouraient mon corps. Nos soupirs et gémissements résonnaient dans la chambre. Nos regards ne se quittaient pas. Thatch s'enfonça profondément en moi, reprit sa cadence puis recommença dans un grognement.

Et là, mon portable se remit à sonner. Seigneur ! Nan ! Il prit mon portable en râlant, se retira de mon intérieur me tirant une petite grimace, pesta me signifiant que c'était encore Ace puis se mit sur le dos en me demandant blasé de venir prendre la relève en le chevauchant. Je ne me fis pas prier et m'empalais sur sa queue tandis qu'il tint parole en décrochant. Il osait vraiment le faire alors que nous faisions l'amour. Quel cran !

- ... Nan perdu !... J'ai le droit de lui rendre visite... J'en sais rien mais là, on est très occupé, tu vois... Oui, elle le sait. Je lui en ai parlée... Ouais, à plus tard !

Il raccrocha et posa l'appareil sur le matelas avant de me tenir par les hanches. J'avais écouté la courte conversation en ondulant lentement du bassin.

- Il ne s'y attendait pas... soupira-t-il.

- Tu m'étonnes ! souris-je.

- Il était surpris que je sois avec toi... Il m'a demandé si je t'avais parlée de ma réconciliation avec lui... Et il a vite mit fin à la conversation...

- Il ne doit pas être tranquille...

- Ouais... On s'en fout !... Je t'aime, mon Amour... J'ai été con...

- Chut !... N'en parlons plus... Je t'aime Thatch !...

Nous nous bécotâmes puis continuâmes de faire l'amour. J'avais fini par jouir en tentant d'être silencieuse, les mains sur la bouche. Avant que ça ne fut son tours, il m'avait dit que mon orgasme lui donnait beaucoup plus de sensation sans préservatif. Je m'étais retirée à son signal et avais remarqué la grande quantité de semence épaisse et gluante sur son ventre nu. Il n'avait pas menti lorsqu'il me disait qu'il n'avait rien fait depuis longtemps. J'avais prit la décision de le nettoyer en le léchant ce qui l'avait beaucoup amusé. C'était spécial de lécher ce sperme épais mais j'avais fait bonne figure. Nous nous fûmes revêtus une fois terminé et maintenant j'étais dans ses bras, allongée avec lui sur le lit.

- J'aurais préféré que notre première fois en tant que couple soit plus romantique mais bon... ricana-t-il en me caressant le creux de la hanche.

- Moi aussi !

- Eummh... Ace et toi aviez déjà couché ensemble sans capote ? Désolé si c'est indiscret. Hésita-t-il à dire.

- Euh... Oui... répondis-je timidement.

C'était vraiment gênant de le lui dire.

- ... Je dois te confier qu'il m'a raconté qu'hier il a été voir une prostituée et qu'il ne s'était pas protégé... Alors...

- Je sais. Je l'ai vu hier soir en me baladant. Il était à la buanderie avec une infirmière qui travaille avec Deuce. Elle s'appelle Julie. Je l'ai vu ce matin. Ace ne sait pas que je sais. Racontais-je.

- Hein ? Raconte !

Je souris amusée et lui expliquais ce qu'il s'était passé ce matin avec Deuce et ses collègues avec l'arrivée de Marco. Thatch éclata de rire avant d'avoir une quinte de toux.

- Ace finira par avoir des problèmes sous la ceinture un jour, à force de jouer avec le feu. Ça ne m'étonnerait pas qu'il se soit chopé une saleté.

- Sasha m'a dit qu'en arrivant tout à l'heure, il l'a vu arriver à l'accueil. Je pensais qu'il serait encore venu me voir sans prévenir mais non visiblement. Après pareil, il est venu quand j'étais dans la salle de bain avec Sasha ? On rangeait mes affaires vu que j'ai changé de service.

- C'était vers quelle heure ? Demanda-t-il en prenant son portable dans la poche de son pantacourt.

- Euh je ne sais pas. C'était dans l'après-midi. J'ai fait mon scanner puis j'ai dû attendre un temps interminable dans une salle à boire que de l'eau et à pisser puis on m'a changée de service. Une infirmière m'a aidée à faire mes affaires et Sasha a rangé avec moi. Pourquoi ?

Je le regardais faire défiler l'écran de son téléphone avec son pouce et appuyer sur certains endroits.

- Parce qu'il m'a envoyé un sms vers 17h pour me dire qu'il avait une preuve que tu baises avec ton cousin. Il a transmit un message audio mais je n'ai pas eu envie de l'écouter.

Et bien sûr, il appuya sur Play. Je croisais les doigts pour qu'il n'y ait rien d'ambigu ou même de signifiant. Bon on faisait que se marrer à cause du Poppers et ça même pendant qu'on baisait donc je n'aurais sûrement rien à craindre.

L'audio se mit en route aussitôt et la voix de mon cousin et la mienne ainsi que nos rires retentirent. Thatch ne comprenait pas mais moi oui. Hein ? Il foutait quoi ? Il pianota sur internet, -genre il avait internet ici ?!-, navigua sur un site que je ne connaissais pas pour traduire la bande audio et la traduction s'afficha en texte avec l'audio qui se répétait en boucle. C'était très gênant. Arf... Heureusement que c'était court.

"- Elle veut pas se ranger !

- Ca, c'est parce qu'elle veut se ranger... Ici ! "

On m'entendit rire comme une conne, ensuite la voix de Sasha dit quelque chose à peine audible que le traducteur n'avait pas identifié avant que son rire retentisse. Ça se terminait là. J'étais soulagée qu'il y ait rien d'autre mais bordel ! Ace était quand même venu. Heureusement pour lui que mon cousin ne l'avait pas vu. Ça aurait été un massacre. Je soupirais blasée et Thatch ferma le site internet.

- Mouais... Ça prouve seulement ta version. Rien d'autre. Faut qu'il arrête d'être aussi jaloux des gens. Ça ne lui ressemble pas pourtant. Soupira Thatch également blasé.

- Ce qui me gonfle surtout, c'est qu'il nous a espionnés et enregistrés. Il n'avait aucun droit de faire ça à notre insu et puis en plus pour ce qu'on faisait... Du rangement ! Tiens ? Ça me rappelle quelque chose. Pas toi ?

- Quoi donc ? Questionna-t-il confus.

- Bah l'histoire avec Vivi ! Tu sais, la fille qui était amoureuse de lui et qui croyait qu'il sortait avec moi pour la rendre jalouse. Oh d'ailleurs, il a dû s'en inspirer !

- Ah mais oui ! Ace est intelligent mais question nana, il est à côté de la plaque. Ricana-t-il.

J'esquissais un petit sourire étant d'accord avec lui.

- Il aurait pu au moins traduire ce qu'on se disait avec Sasha avant de t'envoyer ça. Ça lui aurait évité de se faire passer pour un imbécile. Soupirais-je évidente.

- C'est sûr ! Dis voir ? On mange et on passe le reste de la soirée ensemble ? Proposa Thatch tout sourire.

- Euh... On peut manger ensemble mais à 21h j'ai rendez-vous avec quelqu'un d'important et ensuite Sasha et Vitali viennent. Peut-être qu'ils dormiront tous les deux ici également. Fis-je désolée.

- Ah... Émit-il déçu.

Il se pinça les lèvres puis un sourire amusé se dessina au coin de sa bouche.

- Et ton rendez-vous, ça ne serait pas Deuce par hasard ? Demanda-t-il avec un ton rempli de connotation sexuelle.

Je virais rouge. Alors lui !

- Nan ! C'est quelqu'un d'autre et ce n'est pas pour ce que tu crois. C'est euh... professionnel ? Enfin j'en sais rien mais il ne vient pas pour ça. D'ailleurs personne n'est sensé savoir qu'il vient et je ne dirais rien de plus. Dis-je catégorique.

Thatch éclata de rire lui valant une petite toux. Quoi ?

- C'est pas la peine de t'emporter, Bébé. Tu fais ce que tu veux et tu as le droit de voir qui tu veux, quand tu veux et où tu veux. Se moqua-t-il.

- Mais je te dis que ce n'est pas un rendez-vous pour un plan cul ! Me vexais-je.

- Si tu le dis ! Ria-t-il.

- Rah ! Laisse tomber ! Avec Sasha, ça n'a servit à rien alors avec toi, ce sera pareil ! Lâchais-je finalement.

- Tiens ! En parlant de ton cousin. Tu lui as dit ce qu'il s'est passé entre nous avant que je n'arrive ?

- Oui, pourquoi ? Interrogeais-je, soulagée qu'il change de sujet.

- Et bien, il a été sympa avec moi en partant mais je m'attendais plutôt à ce qu'il me saute à la gorge. Répondit-il.

- Ah ! Bah du coup non. Il n'a rien contre toi. Tu ne m'as fait aucun mal. Il a juste dit que tu étais un idiot d'avoir cru Ace mais qu'il avait dû sortir pas mal de conneries cohérentes pour que tu réagisses comme ça. Il n'a pas tort !

- Merci d'appuyer sur le fait que je sois un idiot ! Se força-t-il à dire avec un sourire.

- Oh tu sais, je ne suis pas mieux que toi. J'avais trouvé ça bizarre qu'il devienne sympa soudainement et qu'il dise qu'il va se réconcilier avec toi car ce n'était pas de ta faute si notre couple avait foiré mais j'aurais dû me méfier beaucoup plus. Je ne pensais pas qu'il allait vraiment foutre sa merde. Il a dû faire ça soit par jalousie ou soit par vengeance. Mais je ne comprends pas pourquoi il souhaite ruiner notre relation si c'est pour garder contact encore avec moi. Soufflais-je pour ne pas encore me prendre le chou avec lui.

- Pour me faire du mal.

- Ca m'a fait du mal aussi. Surtout que bon... Il devrait se douter que tu m'en parlerais obligatoirement.

- Ouais c'est sûr. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans sa tête. Peut-être qu'il souhaitait retrouver notre amitié et également être avec toi sans que je le sache. Mais c'est sûr que sur ce coup-là, il a vraiment été con... Bébé, je suis sincèrement désolé d'avoir...

- Tsss ! Les erreurs se pardonnent mais c'est ne pas en tirer de leçon qui ne se pardonne pas ! Le coupais-je.

Thatch sourit bruyamment.

- Tu es jeune et tu me sors ça comme si tu avais vécu toute une vie. Ricana-t-il.

Je tirais ça d'un passage de la saison 7 de The 100. Je trouvais juste ça cool sur le moment mais bref... Je lui souris puis me redressais pour l'embrasser. Toutefois, on toqua à la porte nous coupant dans notre léchage de pomme. Un infirmier entra avec mon plateau-repas. Oh tiens ? C'était le type de ce matin qui accompagnait Marco. Il se présenta sous le nom de Penguin puis s'éclipsa en suivant en rougissant.

- Je vais te laisser manger. Vitali et ton cousin reviennent vers quelle heure ? demanda Thatch en me caressant la joue du pouce.

Je posais ma main sur la sienne et fermais les yeux savourant son contact.

- Je ne sais pas. Je dois les prévenir quand mon rendez-vous sera parti. Pourquoi ? Répondis-je toujours les yeux clos.

- Et bien je m'étais dit qu'on aurait pu passer la fin de soirée tous ensemble.

- Oh ! Bien sûr ! Je te préviendrais quand ce sera bon. Souris-je de toutes mes dents en ouvrant les paupières.

- Ca fait un moment que je n'ai pas vu ton frère. Bon allez ! S'exclama-t-il en se décalant dans une grimace.

Je me redressais pour le laisser se lever. Je posais ma main ensuite sur son torse et il me prit dans ses bras. Je me délectais de son parfum boisé écoutant son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Lorsqu'il me parla, sa voix grave résonnait dans son corps.

- Ne dis rien à Ace que nous avions discuté aujourd'hui. S'il te le demande, tu lui diras juste que tu es au courant que nous nous sommes réconciliés. C'est tout. J'aimerais bien savoir ce qu'il manigance exactement.

Il avait été calme mais son cœur battait toujours aussi vite.

- Ca me fait chier si je dois lui reparler mais... J'ai bien aussi envie de savoir ce qu'il manigance alors je vais prendre sur moi... Mais si ça dérape et que je fais tout foirer, ne m'en veux pas, s'il-te-plaît !

- Comment voudrais-tu que ça dérape ? Ria-t-il doucement.

- En m'emportant s'il va trop loin...

- Ouais... Mais tu sais au moins t'énerver ? Railla-t-il avec un petit rire.

- Bah oui ! J'étais énervée tout à l'heure. M'offusquais-je en relevant la tête.

Mon regard croisa le sien amusé. Quoi ? C'était vrai ! J'étais vraiment énervée.

- Je n'avais pas cette impression. Soit tu es trop gentille pour être en colère ou soit même énervée, tu restes mignonne et adorable. Tu me plais, Anastasia... Je t'aime !... Je suis vraiment déso...

- Arrête de t'excuser encore ! Le coupais-je soûlée.

- Mais je m'en veux énormément. Par ma faute, on a failli rompre car j'ai été con de ne pas m'être assez méfié et d'avoir cru Ace. J'ai eu beaucoup de chance que tu m'es pardonnée. Si ça n'avait pas été le cas, j'aurais eu du mal à m'en remettre. Tu es la femme de ma vie. Je l'aurais énormément regretté mais j'aurais tout fait pour te retrouver quitte à te harceler.

Je souris amusée.

- Tant que tu ne m'aurais pas harcelée comme Ace pour me voir, ça aurait été. Et puis, je t'ai pardonné car j'ai vu que tu étais sincère. Ça m'a apprit quelque chose d'ailleurs. Quand il me ment, Ace ne me regarde jamais, pareil quand il s'excuse. Aujourd'hui, les seules fois où il a été franc c'était quand il m'a dit qu'il avait très mal prit le fait que je sois tombée amoureuse de toi alors que j'étais encore avec lui, et lorsqu'il m'a foutue dans la gueule que je faisais exprès de parler et voir d'autres mecs pour lui faire du mal. Pour ça, il me regardait bien dans les yeux.

Même si au Japon, il était impoli de regarder quelqu'un dans les yeux en lui parlant. C'était un signe d'intimidation que je ne prenais pas en compte vis-à-vis de Ace. J'avais prit l'habitude de savoir qu'il se foutait pas mal des bonnes manières quand il en avait envie. Tout comme Luffy d'ailleurs.

- Je côtoie le plus souvent Ace sur PC alors je ne me rends pas compte s'il me ment ou pas, même quand il vient à la maison. On a tendance à plus parler hacking et des autres avec un verre et à manger. S'il était venu me voir cette aprèm, peut-être que j'aurais vu plus facilement ses mensonges. Fit-il désolé.

Je haussais des épaules. J'étais sûre que non. Ace était manipulateur. Ce n'était que maintenant que je m'en rendais compte. J'étais une grosse conne. Il jouait avec mes sentiments et surtout ma naïveté pour obtenir ce qu'il voulait.

- Bon allez ! Mange et on se retrouve tout à l'heure. Je t'aime, Bébé. Sourit-il avant de déposer un baiser sur mes lèvres.

- Oui ! A tout à l'heure ! Moi aussi je t'aime.

Nous nous embrassâmes encore puis il quitta la chambre. Me voilà seule... Sur mon téléphone, il était 20h14 et Sabo arriverait seulement qu'à 21h, dans trois-quart d'heure du coup. Je mangeais alors mon repas. Juste un bol de Ramen au bœuf et une banane en dessert . Ça changeait mais vu la quantité dans le bol, j'allais quand même bien bouffer.

Je terminais mon bouillon lorsque mon portable sonna. Pitié pas Ace ! Pas Ace ! Pas Ace ! Ah Sabo... Hein Sabo ? Merde ! Je décrochais en m'essuyant la bouche avec la serviette en papier.

- Allô ? Dis-je d'une petite voix timide.

- Ah Nastasie ! C'est Sabo. Comment vas-tu ?

Sa voix enjouée me fit sourire.

- Très bi... souris-je mais il me coupa.

- J'arriverais plus tôt que prévu.

Et il raccrocha. Hein ? J'étais sur le cul. Quel malpoli ! Me raccrocher à la gueule... Il pouvait pas juste m'envoyer un sms si c'était juste pour me dire ça ? Ah l'enflure !

Ah un sms de sa part ! Des excuses ?

" C'est laquelle ta chambre depuis l'extérieur ?"

Ah bah nan... C'était quoi cette question ?

" Elle est au RDC côté parc et la fenêtre est ouverte. "

Ayant mon portable en main, j'en profitais pour envoyer un sms à Sasha.

" Re ! Avec Thatch, ça s'est bien passé. Je te raconterais. On est de nouveau ensemble et il vient tout à l'heure comme vous pour passer la fin de soirée avec nous. Ace est vraiment un enfoiré ! Mais pas un mot, avec Thatch, on aimerait savoir ce qu'il manigance exactement. Je t'aime, à tout à l'heure !"

Mon téléphone sur les genoux, je prenais mon médoc puis ensuite ma banane. J'allais l'ouvrir mais le glissement de la fenêtre juste derrière moi me fit sursauter. Je me retournais à la va-vite et poussa un cri en voyant Sabo passer par l'ouverture avec agilité comme si de rien n'était.

- Ah c'est la bonne cette fois ! S'exclama-t-il à lui-même en fermant derrière lui.

Quoi ? Je le regardais sur le cul. Comment ça c'était la bonne cette fois ? Il était allé avant d'autres chambres ? Mais c'était un dingue, ce type ! Bon, Ace et lui étaient frères alors ça ne devrait pas me surprendre en fin de compte surtout vu le cadet qu'ils se payaient.

Je le regardais s'asseoir sur le fauteuil en face de moi, la bouche entrouverte et les yeux aussi ronds que des balles, avec ma banane dans la main dont il s'empara d'un geste naturel pour l'éplucher et la manger d'une bouchée.

Ma banane...

- Quoi ? Demanda-t-il en mâchouillant.

- Euh rien... réussis-je à dire hébétée.

- Bon... C'est cool que tu sois au rez-de-chaussée maintenant. Ça m'a évité d'escalader la façade... dit-il après avoir avalé tout rond.

Son sourire me fit rougir. Il était vraiment beau même avec sa cicatrice. Je gardais le silence, intimidée par sa présence. Sabo était le bras droit de Dragon. Il y avait de quoi avoir la tremblote. Il se mit à l'aise en retirant son long manteau et son chapeau qu'il balança sur le pied du lit avant de se rassoir avec classe.

- Pourquoi tu es passé par la fenêtre ? Questionnais-je timidement.

- Personne ne doit savoir que je suis ici. En passant par l'entrée, j'aurais dû mettre mon nom sur la fiche de présence. Sinon, ça se passe bien avec mon frère ? Je sais que tu ne comptes pas lui faire de préjudice. C'est arrangeant !

- À chaque fois qu'on se voit, on se dispute mais sinon ça va. Je me dis que ça pourrait être pire. Soufflais-je sans trop oser, les pommettes rouges.

- Mouais... Je trouve son comportement quand même bizarre. Ace a son caractère mais de là à envoyer une fille comme toi à l'hôpital, ça m'étonne...

Une fille comme moi ? Je devais le prendre comment ?

- ... Tu n'aurais pas fait une connerie, des fois ? Termina-t-il avec un sourire en coin.

Une connerie ? Il entendait par-là le tromper ? Jamais !

- Nan ! Je n'ai rien fait sauf peut-être parler avec d'autres mecs. Ace s'est monté la tête tout seul en pensant que je me tapais chaque type qui me disait bonjour. C'est toujours le cas d'ailleurs. Si un jour, je ne sais comment, il apprend qu'on s'est vu en tête-à-tête, j'aurais droit à encore une crise. M'emportais-je sans hausser la voix.

- Mouais... Tu dis ça mais ce n'est pas ce que je vois. Dit-il en pointant du doigt mon cou.

Le suçon de Thatch ! Je posais mes doigts dessus. C'était sensible.

- Je n'ai jamais trompé Ace ! Me défendis-je, les sourcils froncés.

- Je sais. Mais tu es tombée amoureuse d'un autre alors que vous étiez toujours ensemble et après votre rupture, tu t'es mise avec ce mec. Si Koala me faisait ça, je péterais un câble. Ace est le plus à plaindre dans cette histoire. Je trouve son comportement actuel très justifié. A mon avis, il devrait vite se défaire de toi pour être tranquille. Tu n'es pas une nana faite pour lui. Et pour l'A.R également à mon avis. Une personne qui trahie un jour recommencera obligatoirement.

Comment savait-il ça ? Ah bah oui, Ace...

- Je n'ai jamais trompé Ace. Jamais ! Et ma vie privée n'a rien à voir avec l'A.R. Je ne suis pas une balance et encore moins une traîtresse ! Grondais-je.

- Silence ! Pas si fort !... Ce que tu dis reste à prouver. Pourquoi veux-tu rejoindre nos rangs ?

Hein ? Pourquoi ? Il changeait de sujet, là !

- Parce que je trouve que vous avez tout à fait raison de changer ce monde pourri. Les gens se font exploiter et vivent dans la peur à cause des nobles. Il n'y a aucune vraie justice. Ça me fend le cœur de voir tant de malheur et de souffrance. C'est insupportable ! C'était effrayant de voir que personne ne se révoltait face à cette oligarchie monstrueuse. J'étais pareil. J'avais peur. Je me disais, si je me révolte personne ne me suivra parce qu'ils ont peur aussi et à cause de cette peur, ils pourraient me dénoncer pour être tranquille, car si personne ne trouble l'ordre alors tout irait bien. Et puis, vous vous êtes manifesté à la télé. Je me sentais moins seule. J'ai appris ensuite que c'était la même pour mon frère avant d'apprendre pour mon père puis ma mère et depuis peu pour mon cousin... Il y a des personnes qui méritent de connaître et de vivre une vraie liberté rempli d'amour et de paix. Alors je veux rejoindre l'Armée Révolutionnaire pour permettre aux gens de cesser d'avoir constamment peur ! Fis-je déterminée.

Bon, j'avais un peu menti sur un point mais ça, il n'était pas obligé de le savoir. Je pensais vraiment ces mots alors on s'en foutait des circonstances de ma motivation. Sabo me regarda avec un petit sourire.

- Dragon aurait adoré ton petit speech. Mais comment comptes-tu t'y prendre pour aider tous ces gens dans ton état ? Tu n'es même pas capable de tenir debout et vu les résultats de ton scanner osseux, tu ne risques pas de débuter ta rééducation avant un bon moment. Tu ne nous es pas vraiment utile allongée dans un lit d'hôpital.

Ça faisait mal mais il avait raison. Je ne servais à rien pour le moment. Euh... Il était au courant des résultats de mon scanner ? C'était si mauvais que ça ?

- J'en sais rien. Mais je n'ai pas demandé à être comme ça ! Rétorquais-je.

- Tu l'as bien cherché aussi ! Ricana-t-il.

Je fronçais des sourcils. Il était beau gosse mais il me gonflait sérieux, ce con !

- Tu as un problème avec moi ? Car moi, je vais en avoir un avec toi si tu n'arrêtes pas de me faire chier !

- Personnellement, j'ai pas de problème avec toi mais tu as fait du mal à mon frère et ça, c'est impardonnable. Ace m'a tout raconté. Franchement, tu mérites bien ce qu'il t'a fait et tu as eu de la chance d'être encore en vie alors arrête de le harceler pour encore le voir ! Tu es suicidaire ou quoi ?

Je pris mon portable et lui montrais les appels de Ace et ensuite ses sms sans réponses de ma part en lui parlant.

- Je ne sais pas ce qu'il t'a raconté comme baratin mais ce n'est pas moi qui harcèle !

J'avais gueulé. J'en avais raz-le-cul ! C'était la deuxième fois qu'on me faisait chier pour des conneries racontées par un connard. Sabo prit mon téléphone de ma main pour mieux lire. Ses sourcils se froncèrent puis il pianota sur l'écran rapidement.

- Hey ! Qu'est-ce que tu fous ? Gueulais-je en voulant le récupérer mais il se leva pour le mettre hors de ma portée.

Il se déplaça jusqu'à la table en fouillant toujours dans mon téléphone.

- Rends-le moi ! Ordonnais-je en essayant de l'atteindre en me déplaçant sur le lit.

Il m'ignora puis après un temps, il me le rendit en le balançant sur le matelas. Je le chopais pour vérifier qu'il n'avait rien fait de mal. Il était éteins puis je vis l'écran de redémarrage s'afficher.

- Qu'est-ce que tu as fait ? Demandais-je inquiète.

- J'ai rendu service à mon frère. Maintenant, tu lui fous la paix ! Fit-il menaçant en s'approchant de la fenêtre.

- Ca devrait être plutôt lui qui devrait me foutre la paix ! Crachais-je en mettant le code pin pour déverrouiller la carte SIM.

Il me l'avait redémarré, ce con ! Pourquoi ?

Sabo ne répondit pas et ouvrit la fenêtre, balaya de la tête l'extérieur puis vint prendre ses affaires avant de se barrer sans un mot et sans un regard.

Comme un voleur...

Il avait laissé la fenêtre ouverte et je me dépêchais de rejoindre mon fauteuil pour la refermer ainsi que les stores. Qu'avait-il bien fait à mon téléphone ? Je regardais dans mes paramètres. Rien n'avait changé. Par contre, je n'avais plus aucun sms, ni appel. Il avait tout effacé, l'enculé ! Oh bordel ! Il n'avait pas fait que ça. Je voulais envoyer un sms à Sasha mais je ne trouvais pas son numéro dans mes contacts, d'ailleurs je n'avais plus rien dans le répertoire. Mon téléphone était vide. Merde... Comment j'allais faire pour contacter Sasha et Thatch ? Je ne connaissais pas par cœur leur numéro, pas même celui de Vitali.

Sabo avait dit qu'il rendait service à son frère. Ne me dites pas qu'Ace lui avait demandé de faire ça ? Pourquoi ?

Inconsciemment, il venait d'effacer ma vie. J'étais totalement seule maintenant. Avec un peu de chance, quelqu'un me joindra et j'espérais que ça ne soit pas Ace. J'avais envie de chialer. J'étais perdue. Mes larmes finirent par couler et je chialais comme une gamine en agrippant mon téléphone.

Sasha... Pourquoi ça m'arrivait ? Mais surtout je venais de me rendre compte que mon portable était toujours en russe. Comment Sabo avait-il fait dans ce cas ? Il ne parlait pas le russe.

Je m'allongeais sur le lit, me recouvrais des draps et pleurais silencieusement. Souffrant de solitude et de tristesse, j'essayais de me connecter à mon âme jumelle mais impossible de me détendre. Comment faisait Sasha pour y arriver si facilement ?

Le temps défilait lentement sur mon téléphone et toujours pas de nouvelles de quiconque. La nuit était tombée et il faisait sombre dans la chambre. 21h39. Deuce avait dû commencer son service depuis. Peut-être pourrait-il m'aider ? Décidée, j'allais dans mon fauteuil roulant et quitta la pièce. Bon allez ! Direction le service de réanimation. J'espérais juste qu'il ne soit pas occupé avec un patient. Une fois arrivée dans le couloir donnant accès à mon ancienne chambre, je ne le trouvais pas mais à la place par contre, je vis Marco. Alléluia ! Je ne pensais pas tomber sur lui croyant qu'il serait beaucoup plus occupé. J'ai de la chance !

- Marco ! L'interpellais-je alors qu'il sortait d'une chambre, ses lunettes sur le bout du nez.

- Ah Anastasia ? Que fais-tu là, yoï ? Questionna-t-il surpris.

Chialais pas ! Chialais pas ! Chialais pas !

- Tu pourrais me rendre un tout petit petit petit service ? espérais-je avec un petit sourire désolé.

Il leva un sourcil avec un sourire en coin.

- Ca dépend de ce que c'est, yoï. Ricana-t-il.

- Et bien ce serait d'envoyer un sms à Thatch pour lui dire qu'il peut venir et qu'il passe le mot à mon frère, s'il le peut.

- Pourquoi tu ne le fais pas, yoï ?

- Je ne peux pas. Mon téléphone a un problème. Je n'ai plus rien. Il est devenu vide après avoir redémarré tout seul. Mentis-je partiellement.

Je n'avais pas envie de tout lui raconter alors que je ne savais pas ce qu'il s'était passé exactement avec Sabo. Je ne pouvais faire que des suppositions. Soit il était venu à cause d'Ace ou soit pour l'A.R et ça avait mal tourné.

- Tu n'as vraiment plus rien, yoï ? Fit-il sceptique.

- Humm... émis-je en hochant de la tête.

- Fait voir ! C'est bizarre, yoï.

Je lui passais mon portable que j'avais sur les cuisses et il pianota dessus un instant.

- Oui en effet. Je ne peux pas le vérifier comme ça mais à mon avis, tu as été piratée, yoï. Pour ta sécurité, n'utilise plus ton téléphone. Je vais avertir Thatch. Tu peux retourner dans ta chambre et l'attendre, yoï.

- Merci Marco ! N'oublies pas de lui dire de passer le mot à mon frère si possible. Souris-je en reprenant mon portable.

- Bien sûr ! Bonne soirée, yoï !

Je repartais dans ma chambre après l'avoir salué. C'était un soulagement d'avoir été aidée. J'avais été piratée. Ça ne pouvait qu'être Ace avec son frère mais je ne savais pas comment ils s'y étaient prit. Sasha pourra me le dire quand il viendra. Pourvu que Thatch puisse joindre mon frère. Il devait bien avoir un moyen de le contacter même si Vitali n'était pas sur son PC.

J'en profitais en attendant pour me démaquiller, me laver les dents et me mettre en pyjama. Je n'avais pas de nouvelles sur mon portable. En plus, je n'avais même plus mes photos et mon fond d'écran était celui utilisé de base.

22h48. On toqua enfin à la porte. Mon cœur se mit à cogner fortement dans ma poitrine en espérant voir les personnes que j'attendais depuis des lustres entrer. Je fus déçue en voyant deux infirmiers chargés comme des mules pénétrer la chambre. Ils me saluèrent et posèrent les futons sur la table. Ça, ça voulait dire que mon cousin et mon frangin allaient rester pour la nuit. Ça me faisait plaisir. Ils partirent en laissant la porte ouverte et en suivant on toqua. Enfin les voilà !

- Salut la Naine ! Sourit Vitali en entrant suivi de Sasha puis de Thatch.

J'étais tellement contente et soulagée de les voir. Ils portaient tous deux un sac sauf mon petit ami. Ça me faisait bizarre de voir mon frère avec sa nouvelle coupe de cheveux. Je le pris dans mes bras pour l'enlacer avec un grand sourire, heureuse de le voir. Il se laissa faire et répondit à mon étreinte me faisant plaisir.

- Tu m'as manquée ! Souris-je grandement en japonais avant de l'embrasser sur la joue, lui tirant une grimace avec un sourire.

Ensuite, ce fut le tours de Sasha qui me rendit mon bisou et enfin celui de Thatch. Il n'eut pas le droit à un simple bisou mais à un baiser. Nous nous embrassions tendrement tandis que Sasha et Vitali déballaient leurs affaires. Ça ne me dérangeait pas d'être si intime avec lui devant eux, d'ailleurs ils s'en foutaient pas mal.

- Tiens Nastia, passe-moi ton portable ! Ton Thatch nous a mit au courant. Je vais voir ce qu'il se passe. Me dit Sasha.

J'arrêtais notre léchage de pomme, lui donnais l'appareil et fis un sourire en retour à celui de Thatch.

- Marco m'a passé le message. Raconte-moi ce qu'il s'est passé ? Exprima-t-il en s'asseyant à côté de moi.

Vitali vint nous rejoindre sur le lit, attentif. Sasha était installé à table avec son PC portable allumé, mon portable branché dessus tout comme une clé USB attachée avec d'autres de différentes tailles sur un anneau comme des porte-clés. Ça en faisait un paquet. La vache !

- Et bien, mon rendez-vous est arrivé plus tôt que prévu... commençais-je avant que Vitali ne me coupe.

- Sabo ?

- Euh oui... Comment tu sais ? Dis-je hébétée.

- Sasha m'a dit qu'il avait deviné.

- Ah ! Émis-je comprenant.

- Sabo ? Tu avais rendez-vous avec lui ? Questionna Thatch.

- Oui... soufflais-je.

- Tu le connais ? Questionna mon frère comme si de rien n'était.

Ah mais oui ! C'était vrai que Vitali n'était pas censé savoir que Thatch était un pirate de Barbe Blanche. J'avais oublié...

- Oui vu que c'est le frère de Ace. Répondit-il.

- C'est logique. Sourit mon frangin.

- Donc il est venu plus tôt. Peu de temps après que tu sois parti d'ailleurs, Thatch. Et il a piqué ma banane...

Vitali ricana. Tu n'allais pas rire longtemps en écoutant la suite, mon gars !

- ... Il m'a fait peur en passant par la fenêtre mais bref... Il est venu pour me parler de l'A.R mais ça n'a pas duré longtemps, car il m'a vite prit le chou par rapport à Ace. Cet idiot a dû lui raconter les mêmes âneries qu'à toi, Thatch. Mais vu que c'est son frère, il le croit sincèrement. Je lui ai même montré les appels et les sms mais rien à faire. Soupirais-je à la fin.

- Il a eu accès à ton portable ? Fit Thatch.

- ... Oui... À un moment, il me l'a prit et il n'a pas voulu me le rendre. Il me l'a rendu avant de se barrer par la fenêtre. Je lui ai demandé ce qu'il avait fait et il m'a juste dit qu'il rendait service à son frère et que je devais lui foutre la paix maintenant. Racontais-je.

Thatch soupira puis il allait dire quelque chose mais mon cousin lui coupa l'herbe sous le pied sans faire exprès, attirant notre attention.

- Bon... J'ai compris ce qu'il s'est passé. Tu as reçu un sms avec un lien que tu as ouvert. Ça t'a installé un logiciel espion et le type qui t'a hackée a récupéré toutes tes données. Mais tu as de la chance, Ma petite Nastia, je t'ai mit une défense qui corrompt les données piratées. La personne qui a fait ça se retrouve comme un con avec que des octets nuls. Par contre, je ne sais pas qui t'a envoyée le sms mais je peux trouver l'adresse IP et le numéro.

- Je n'ai ouvert aucun lien. Me défendis-je.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? Demanda Thatch perdu.

Je lui traduisais pendant que Vitali racontait les grandes lignes avec Sabo à notre cousin.

- Ca ne me surprendrait pas qu'il trouve le numéro de Ace. Ton cousin est très doué en tout cas. Murmura mon amoureux à mon oreille pour que moi seule entende.

- Je le pense aussi. Il avait dû prévoir ça à l'avance car Sabo m'a prévenue dans l'après-midi qu'il viendrait me voir. Soufflais-je, blasée de m'être faite avoir.

- Possible mais de toute manière même si on lui demande, on ne sera pas sûr d'avoir la vérité.

Je hochais de la tête, d'accord avec lui.

- Ca y est. J'ai trouvé ! S'exclama joyeusement Sasha en russe.

- Il a trouvé. Traduisais-je à Thatch.

Il nous fit part ensuite uniquement du numéro de mobile mais ne connaissant pas les numéros par cœur que j'avais eu dans mon répertoire, ça ne me disait rien. Sauf que Thatch regarda le sien une fois que Vitali le lui transmettait.

- Oui, c'est Ace. Informa-t-il en rangeant son portable dans sa poche de pantacourt.

Sasha avait sûrement compris car il soupira avant de gronder :

- Il me casse les couilles, ce con !

- Hein ? Émit Thatch pour avoir la traduction.

- Plein de vulgarité. Fis-je évidente ce qui le fit sourire.

- N'utilise pas ton téléphone, Nastia. Cet enculé n'a que des données corrompues mais il recevra tous tes appels, sms et mms. Il peut aussi utiliser ton numéro à ta place alors tout compte fait, je vais garder ta batterie. Comme ça, on saura que ce n'est pas toi. S'énerva mon cousin en retirant la pièce de mon téléphone pour la mettre dans son sac.

Et voilà plus de téléphone... Bon j'étais soulagée qu'Ace ne pouvait pas lire le contenu mais j'étais inquiète qu'il pouvait utiliser mon portable comme bon lui semblait. C'était effrayant. Ace pouvait foutre sa merde si facilement maintenant. Pourquoi faisait-il ça ? Je traduisais à Thatch qui me dit qu'il avait partiellement comprit en le voyant retirer la batterie.

- Je viens de penser que du coup, ce n'est pas dit que tu intègres l'A.R. Sabo influencera sa décision à cause de Ace. Remarqua Vitali en russe.

- Qu'il ose la refouler à cause de ce connard, tiens ! 'Faudra mettre au courant Dïadïa et Tïatïa... rétorqua Sasha.

- Qu'est-ce qu'ils disent ? Demanda Thatch faiblement à mon oreille.

- Ils parlent de Sabo, de moi et de l'A.R. Peut-être à cause de Ace, je ne pourrais pas l'intégrer. Répondis-je en murmurant.

- Ca ne serait pas plus mal. C'est pas méchant mais tu sais bien que je n'approuve pas ton choix. C'est très dangereux.

- Je sais... Et puis Sabo m'a bien foutu dans la gueule que je ne leur servirais à rien dans mon état. Il n'a pas tort. Je serais un gros boulet. Murmurais-je peinée.

Il fit une moue pour appuyer mes dires. Merci. Sympa...

- Je vais appeler Tïatïa pour l'avertir que tu n'as plus de téléphone. Informa Sasha en se levant, son cellulaire à la main.

Il se réfugia dans la salle de bain et Vitali me fit un petit sourire.

- Je n'ai pas dit à Bonney que Thatch serait là, tout à l'heure. Elle va me faire une crise ! Ricana-t-il ensuite.

Thatch sourit bruyamment.

- Elle serait venue si elle avait su ? Demandais-je joyeusement.

- Oh oui ! Déjà elle voulait venir manger avec nous mais je lui ai dit que pour une fois, j'avais envie de profiter de mon cousin sans elle. Elle l'a pas mal prit mais j'entendais bien que ça la faisait chier de ne pas bouffer au resto. Ria-t-il.

Je riais bien amusée. Soudainement, nous sommes interrompus par notre cousin qui gueulait en russe dans la salle de bain. Si c'était bien à Mama qu'il parlait, il allait se faire étriper.

- ... J'en ai rien à foutre ! Ces enculés ont osé s'en prendre à elle ! Je ne vais pas laisser passer ça. Je vais les bu... Ça n'a rien à voir ! Personne ne touche à Nastia, c'est tout !... Arrête, j'étais gamin !...

C'était un peu gênant. Heureusement que Thatch ne comprenait pas. Mon frère me regardait avec un sourire en coin. Quoi ?

- Il s'engueule avec votre mère ? Questionna Thatch.

- Ouais, on va dire. Il est très en colère. Faut pas toucher à ma sœur ! Ricana Vitali me mettant encore plus dans l'embarras.

Thatch me regarda avant de diriger son regard vers la salle de bain. Ne me dites pas qu'il se faisait un film ? Oh nan ! Pas un remake de Ace !

- Ca serait toi, ce serait pareil. Fis-je à mon frère pour éviter tout malentendu.

- Ouais c'est sûr. Sauf qu'il est bien plus protecteur avec toi qu'avec moi, et ça depuis qu'on est gosse. Répondit-il.

- N'importe quoi ! D'où il était protecteur avec moi quand on était gamin ? Il passait son temps à me faire chier. Le contredis-je.

- C'est vrai mais je me souviens qu'à chaque fois qu'on s'amusait avec d'autres gosses et qu'ils s'en prenaient à toi, Sasha prenait ta défense en se bagarrant avec eux et en rentrant il se faisait toujours engueuler et moi aussi d'ailleurs. A force, je ne traduisais plus ce que disait les autres car il partait toujours au quart de tours quand ça te concernait. Sauf que dès qu'il entendait ton prénom, il leur sautait dessus. Personne n'avait le droit de parler de toi et au final, plus personne ne voulait jouer avec nous.

J'étais sur le cul. Genre Sasha prenait tout le temps ma défense ? Ça me fit sourire et j'avais envie de le prendre dans mes bras. Je m'en voulais de lui avoir autant fait la gueule pendant tout ce temps. Si j'avais fait rien qu'un petit effort, tout aurait été différent. Quelle conne !

Thatch ne disait rien et Sasha sortit de la salle de bain, sur les nerfs et son portable dans la main. Il rabattit l'écran de son PC sur son clavier avant de venir s'asseoir sur le lit avec nous. Sans réfléchir, je me jetais dans ses bras et lui fis un bisou sur la joue en le remerciant en russe de m'avoir défendue tout ce temps.

- Normal ! Il n'y a que moi qui peut t'emmerder. Sourit-il dans notre langue maternelle avant de me serrer plus fort dans ses bras.

Je riais doucement tout comme Vitali qui finit par traduire à Thatch un peu mit de côté. Le pauvre... Nous nous lâchâmes avec un sourire et Thatch me prit la main pour la caresser. Sérieux ? Ça me faisait plaisir qu'il soit un peu jaloux mais d'un autre côté, j'espérais que ça ne soit pas maladif comme Ace, surtout que nous entretenions actuellement une relation libre donc ça signifiait que je devais rester discrète avec mes plans culs. Toutefois, je retirais ma main pour me blottir contre lui. Il me sourit et passa un bras dans mon dos. Ensuite, je sentis une vague de chaleur pénétrer mon sternum et envahir tout mon corps. C'était Sasha. Je lui souris tout comme lui puis fermais les yeux en calant ma tête contre le torse de Thatch. Je me laissais envahir par l'énergie de mon âme jumelle pour ne faire plus qu'un avec elle. Mon cousin me partagea ses ressentis. Monsieur était amusé de rendre jaloux mon petit ami.

- Elle a dit quoi Mama alors ? questionna Vitali en russe à Sasha.

- Je vais fumer. On va en parler dehors. Répondit-il en se levant.

Mon frère acquiesça d'un hochement de tête en se levant également. Ils quittèrent la chambre sans un mot me laissant seule avec Thatch.

- Ils sont parti où ? Demanda-t-il curieux.

- Dehors pour que Sasha puisse fumer. Répondis-je en gardant toujours les yeux clos.

- Ah... Ton cousin en est où dans l'apprentissage du japonais ?

- J'en sais rien. Quand je l'entends parler japonais, il est compréhensible mais avec quelques lacunes. On parle beaucoup en russe ici. Peut-être qu'à la maison, c'est différent. Ma mère lui a passé ses cahiers d'apprentissage pour l'aider et je sais que mon père le conseille beaucoup.

- D'accord. Je te demandais ça car Père s'intéresse beaucoup à lui et je le comprends vu ses compétences. Il est très doué dans le cryptage et nous serait très utile, surtout qu'en plus il s'en prend à nos ennemis. Mais il y a quelque chose qui m'étonne. Pourquoi ne s'est-il pas caché pour trouver qui t'avait piratée ? Et il a laissé son ordinateur sans surveillance. Je pourrais très bien y jeter un coup d'œil.

J'ouvris les yeux me rendant compte de la gravité de ce qu'il me disait. Il n'avait pas intérêt à y toucher !

- C'est vrai. Mais je pense que Sasha s'est très bien se protéger. Il n'est pas idiot non plus. Répondis-je en le regardant.

- Possible. Il doit avoir mit pas mal de défense mais je te rassure. Je ne regarderais pas et n'y toucherais pas. Tu m'en voudrais... sourit-il.

- Oui, je te ferais la tête !

Thatch ricana mais perdit son sourire en voyant que j'étais sérieuse.

- Tu me quitterais ? questionna-t-il, inquiet.

- Tu perdrais ma confiance...

- Je ne le ferais jamais. Tu peux en être sûre. Je te le promets !

Je lui souris puis l'embrassais sur la joue.

- Tu tiens beaucoup à ta famille, hein ?! C'est pareil pour moi. Mais un jour, nous en formerons une et là, Père ne sera plus uniquement ma priorité. Je t'aime Anastasia !

Il parlait encore de bébé. C'était très gênant et je rougissais. Heureusement que son portable sonna car je l'imaginais déjà me parler des prénoms. Il prit son cellulaire dans sa poche et haussa un sourcil en voyant l'émetteur du sms. Son regard se dirigea sur la table où il y avait les affaires de Sasha et mon téléphone.

- Le message vient de ton téléphone. Ace n'a pas traîné mais dommage pour lui, je suis au courant. Soupira-t-il avant d'ouvrir le sms pour le lire en silence.

Je me redressais doucement pour ne pas lui faire mal aux côtes et lus son écran. Ouais ! Ça venait bien de moi. Je reconnaissais mon numéro avec mon prénom au-dessus de la conversation.

" Thatch ! Je dois t'avouer quelque chose. Je suis désolée mais j'aime toujours Ace et je ne me vois pas sans lui. Il n'est donc plus possible de continuer avec toi. J'ai cru t'aimer mais les sentiments que j'éprouve pour Ace sont bien plus forts. Désolée mais notre histoire n'était rien. "

Quel connard ! J'avais envie de lui téléphoner pour lui foutre ses quatre vérités dans la gueule. Sale con !

- On pourrait presque croire que ce sont tes mots. Soupira-t-il blasé.

Je ne disais rien mais fulminais intérieurement. Se servir de moi pour foutre sa merde, quel enfoiré ! Pourquoi faisait-il ça ?

Thatch appela mon numéro et mit le haut-parleur. Ça sonna une fois puis ça raccrocha. Il retenta encore et rebelote, puis il écrivit un sms. Allez dit-lui que tu l'as grillé à ce con !

" Aies au moins l'amabilité de me téléphoner pour me le dire ! "

Ensuite, il se mit à rire d'amusement.

- J'ai très envie de lui dire la vérité mais j'ai encore plus envie de savoir pourquoi il fait ça. Sourit-il.

- C'est vrai. Tiens, il t'a répondu. Dis-je attentive.

- Ouais, attends ! Je m'allonge.

Il se coucha sur le lit et je vins contre lui, la tête posée sur son épaule.

" Je n'ai plus envie de te parler donc ça ne sert à rien de te téléphoner. Je l'avais dit à Ace ce matin et on va se remettre ensemble. Je sais qu'il m'aime et on a couché ensemble. Lui au moins, il n'a pas peur de me toucher. "

- Tu lui en avais parlé ? Me demanda Thatch.

- Oui ! Il me disait que tu sortais avec moi seulement pour me baiser mais je lui ai dit que je ne le croyais pas car tu ne voulais pas me toucher, puisque tu ne voulais pas me faire de mal contrairement à lui, malgré que j'avais essayé. Lui répondis-je naturellement.

- Et vous avez couché ensemble ?

- À ton avis ? Questionnais-je.

Je ne voulais pas lui mentir et encore moins lui dire la vérité. Ça lui ferait trop de mal et je voulais oublier cet épisode. Thatch me sourit puis déposa un baiser sur le haut de mon crâne avant de rédiger une réponse.

" Je m'en doutais. Ace m'a tout raconté cette aprèm mais je ne voulais pas le croire. J'ai été con de croire en nous. Tu me brises le cœur une nouvelle fois. Je m'attendais à mieux de ta part. Je suis déçu. Si Ace est assez con pour se remettre avec toi, je souhaite alors que ça ne dure pas entre vous. Tu es une vraie girouette ! "

- Hey ! M'offusquais-je outrée ce qui le fit rire.

- Quoi ? Faut bien qu'il y croit. J'ai ma petite idée de pourquoi il fait ça mais je veux en être sûr.

- C'est-à-dire ?

- Avant que je te le dise, dis-moi, tu as une culotte avec ton pyjama ? Sourit-il sur un air pervers.

Thatch restait Thatch...

- Oui ! Mon frère et mon cousin sont là et ils passent la nuit avec moi alors obligé que je porte une culotte ! Hallucinais-je de sa question mais avec une once d'amusement.

- Arf... Dommage ! J'aurais bien aimé voir ton joli petit cul. Ricana-t-il en soulevant d'une main ma nuisette pour attraper ma fesse.

Je gloussais comme une gamine, les joues rouges.

- Ils sont bien chanceux de passer toute la nuit avec toi. Si j'avais pu, je serais bien resté aussi et on se serait bien amusé tous les deux.

- Oh chanceux ? On va passer sûrement la nuit à se marrer et à très peu dormir comme l'autre fois avec juste Sasha alors on ressemblera à des zombis. Riais-je doucement.

- Même en zombi, tu resterais très belle. Sourit-il enjôleur.

Je virais totalement écarlate. C'était vrai qu'il m'avait vu dans un pire état lorsque j'avais dormi chez lui complètement bourrée. Je revoyais ma sale gueule dans le miroir et gloussais doucement.

- Toi aussi, tu es très beau, tu sais. Lui dis-je honnêtement.

- Pas aussi beau que toi !

- Te sous-estime pas ! Je ne t'avais pas trop regardé la toute première fois mais quand j'étais venue chez toi la première fois, je t'ai tout de suite trouvé très beau.

Nous nous sourîmes puis je me redressais pour l'embrasser langoureusement. Ses mains parcouraient mon dos jusqu'à descendre sur mes fesses pour les malaxer. Je m'installais à califourchon sur lui tout en le bécotant. J'eus un couinement étouffé lorsqu'il me fessa. Nous gloussâmes amusé comme des gamins en continuant notre léchage de pomme. Je me sentais tellement bien comme ça. Thatch était tendre. Notre bécotage commençait à m'émoustiller. Je me collais plus contre la bosse naturelle de son pantacourt pour me stimuler lentement. J'avais envie que Vitali et Sasha ne reviennent pas de suite pour continuer ce doux moment.

Malheureusement, un téléphone sonna et ce n'était certainement pas le mien. Thatch soupira puis regarda l'émetteur avant de tirer la gueule.

- C'est Ace... Il a envie de prendre la température de sa connerie ! Grogna-t-il en voulant s'asseoir.

Je me dégageais pour lui permettre de quitter le lit puis le regardais décrocher.

- Oui ?... Nan... Nan, le mieux c'est que tu viennes à la maison pour en parler... Nan, dans une heure. Vista et Izou passent à la maison également pour une partie de poker... Fit-il un peu sur les nerfs.

Il comptait le voir ? Ça me faisait peur. Je craignais que ça parte à la bagarre et dans son état, le pire pouvait arriver.

- ... Nan, pas besoin. J'ai tout ce qu'il faut... Ouais, à tout à l'heure.

Et il raccrocha.

- Bon je vais devoir y aller. Ace va venir à la maison et je vais régler cette histoire. Me dit-il sérieusement.

- Je ne veux pas qu'il te fasse du mal ! M'exclamais-je en m'asseyant au bord du lit.

- Ne t'inquiète pas pour moi ! Et puis, Vista et Izou arriveront bientôt. Je ne serais pas seul. Me rassura-t-il.

- D'accord... Tu reviendras me voir quand ?

- Je ne sais pas. Demain, j'ai des choses à faire.

Je hochais de la tête, déçue puis nous nous saluâmes avec un long baiser. Je le regardais partir en fermant la porte derrière lui. Soupirant de tristesse, je sautais dans mon fauteuil pour aller pisser. Lorsque je me lavais les mains, j'entendis toquer à la porte. Ça devait être mon frère et Sasha. Souriante, je sortis de la salle de bain et constatais que ce n'était qu'un infirmier très grand aux cheveux blancs.

- Bonsoir, je suis Bepo et je viens vous faire votre prise de sang. Excusez-moi de vous déranger ! Sourit-il timidement.

- Bonsoir. D'accord, je m'installe sur le lit. Dis-je joyeusement.

Quand il eut fini son travail, on toqua encore à la porte et cette fois-ci, ce n'était seulement que Vitali. Où était mon autre frère ?

- Ah bonsoir ! Dit-il à Bepo avec un grand sourire.

- Bonsoir. Passez une bonne nuit ! Sourit-il en quittant la chambre avec mes flacons d'hémoglobine.

Mon frère vint s'asseoir à côté de moi et retira ses chaussures.

- Où est Sasha ? Questionnais-je.

- Parti à la maison. Papa l'a appelé car Mama l'a averti pour toi. Demain, Mama ira te prendre un nouveau portable et Sasha va te faire une nouvelle adresse mail.

- Mais pourquoi il est rentré ? Je ne comprends pas.

- Il voulait te le dire lui-même mais bon... L'ambassade n'a pas encore donné de nouvelle pour le prolongement de son séjour alors vu qu'il veut rester à tout prix ici, Papa lui a proposé de l'embaucher en tant qu'assistant à son bureau. Il a accepté mais ça veut dire aussi qu'il va quitter le pays demain le temps que les papiers se fassent.

Les larmes montèrent aux yeux. Il allait me quitter...

- Je ne veux pas qu'il parte... pleurais-je faiblement.

Vitali me prit dans ses bras et me caressa le dos.

- Moi non plus mais si ça peut lui permettre de rester pour toujours alors on peut serrer les dents un temps. Papa fera tout ce qu'il faut pour qu'il revienne vite. Me réconforta-t-il.

- J'espère ! Soufflais-je avec un sanglot.

- Tu sais, Sasha tient tellement à toi que j'en suis limite jaloux. Il était hors de lui à la sortie du resto. Il se doutait déjà que c'était Ace. Quand on attendait nos commandes, il me disait qu'il avait un mauvais feeling te concernant. Alors quand Thatch m'a téléphoné pour me raconter que tu t'étais fait hacker, il a pété son câble. On était vite rentré à la maison ensuite pour prendre son PC.

- Nous sommes devenus très proche. pleurais-je contre lui.

- Oui, je l'ai vite compris. D'ailleurs, vu que tu sais qu'il est hypersexuel, il ne fait rien de bizarre quand il est avec toi ? Demanda-t-il avec intérêt.

- Ah ? Nan, il est normal. J'ai même l'impression qu'il n'est pas malade. Répondis-je avec simplicité.

- C'est vrai qu'habituellement, il est normal mais le soir et le matin, je l'entends. C'est presque discret mais très gênant. Il fait ça plusieurs fois de suite en plus. Ricana-t-il avec amusement.

Je riais doucement avec lui en séchant mes larmes sans cesser notre étreinte. C'était réconfortant d'être avec lui. Ça me rappelait le mois dernier.

- Quand il a dormi ici, il n'a rien fait le soir et le matin. On s'est beaucoup marré en discutant. C'était comme une soirée pyjama. Souris-je contre son épaule.

- Ouais ça nous arrive aussi le soir et sur OPO c'est pareil.

- Ah ! Donc il y joue du coup ? M'extasiais-je.

- Ouais ! Il s'est fait un summoner PVP et son chat s'appelle Nastia.

Je riais doucement puis son portable sonna. Il le prit dans sa poche et décrocha avec un sourire.

- Ah quand on parle du loup !... Ouais on parlait de toi... On bavait sur ta gueule...

Il se mit à rire et moi à sourire bruyamment.

- ... Ah ? C'est cool !... Ouais vas-y, prend !... Comme tout à l'heure... Ouais ok !... Bah si... Je sais mais j'ai vu sa tête quand elle a vu que tu n'étais pas là alors... Ouais, elle a pleuré. Elle vient de se calmer, là... C'est même sûr !... Bah... D'accord, à tout à l'heure... Oui je vais lui dire.

Après avoir raccroché, il rangea son téléphone à son ancienne place puis me parla avec un sourire.

- Il part de la maison pour aller chercher de quoi grailler à son retour. Il m'avait dit qu'on devait te prendre un truc au resto mais avec ce qu'il t'est arrivé bah on a zappé. Il m'a dit aussi de te dire qu'il t'aime...

Il avait ri à la fin comme pour se moquer. Je fis la moue sur le coup mais finalement souriais. Moi aussi, je t'aimais Mon chevalier !

- Mais c'est quoi cette manie de toujours vous dire que vous vous aimez ? Vous êtes amoureux ou quoi ? Ricana-t-il railleur.

- Nan ! Soit pas débile ! On s'aime comme on t'aime et puis soit pas jaloux ! Souris-je avant de lui faire un bisou sur la joue.

Il tira une grimace en riant. Ça te faisait juste chier, Ducon, mais tu adorais ça.

- J'ai pas l'habitude, c'est tout. Tu n'étais pas comme ça avant. Se justifia-t-il.

- Avant c'était différent et puis à mon réveil, je me suis rendue compte que j'aurais pu mourir sans vous avoir dit à tous que je vous aime alors maintenant, tu fermes ta gueule et tu subis. Avouais-je joyeusement.

- C'est vrai... Tu as failli mourir à cause de l'autre putain de con. Je ne lui pardonnerais jamais ! Dans la vidéo que je t'avais passée par l'intermédiaire de Sasha, il me disait qu'il voulait se remettre avec toi. Il peut toujours aller se faire enculer, ce connard !

Traîner avec notre cousin influençait beaucoup son taux de vulgarité...

- Oui ! Avant que tu ne reviennes, il a envoyé des sms de rupture à Thatch en se faisant passer pour moi. Genre, je le quitte pour retourner avec Ace. Thatch a fait genre qu'il n'était au courant de rien donc qu'il acceptait la rupture... racontais-je mais il me coupa énervé.

- Hey !...

- Attends ! Et donc Ace a fini par lui téléphoner comme si de rien n'était pour prendre des nouvelles. Thatch lui a donné rendez-vous chez lui pour en parler. Ça doit gueuler à cette heure, même si Vista et Izou sont chez lui aussi pour une partie de poker. Terminais-je.

- Mouais. Il mériterait d'être à ta place, cet enculé. Et dire que tu allais te marier avec lui. L'horreur ! Tu as bien fait d'avoir changé d'avis. Tu aurais été malheureuse et peut-être même qu'avec sa jalousie, il t'aurait empêchée de nous voir.

Il n'avait pas tort. Ace aurait pu aller aussi loin.

- Au fait, tu savais que Sasha voulait se marier avec toi quand nous étions gamin ? Il disait même que vous aurez des bébés ensemble dans les fleurs. Con comme j'étais, j'y croyais sincèrement. Je me disais que c'était bien car comme ça, il resterait pour toujours avec nous. Ria Vitali.

- Nan, je ne le savais pas. Mentis-je pour ne pas évoquer ce qu'il s'était passé cette aprèm.

- Tu ne lui dis rien mais en y repensant, je me demande s'il n'était pas amoureux de toi pour sortir ça. Il a arrêté de le dire quand sa mère est partie. Il m'a dit que Mama l'a taquiné avec ça tout à l'heure au téléphone.

- Je ne pense pas qu'il était amoureux de moi. Ce serait très bizarre et puis il me faisait tout le temps chier donc c'était i-m-p-o-s-s-i-b-l-e.

- Pas forcément. Les mecs sont parfois très cons avec la fille qui leur plaît pour attirer son attention, tu sais. Ça m'est déjà arrivé d'être méchant avec une nana en primaire pour qu'elle me regarde.

- Ouais, mais c'est pas juste parfois. Le taquinais-je.

Mon frère, piqué à vif, me mit un doigt dans les côtes pour me faire chier me tirant un couinement aigu de surprise.

- Tout ça pour dire, que Sasha est peut-être toujours amoureux de toi. Sourit-il.

Je pouffais de rire. Elle était bonne celle-là ! Sasha, amoureux de moi ? Nan ! Nous étions juste des âmes jumelles, voilà pourquoi nous étions si proche. Rien à voir avec ce genre d'amour.

- Nan, débile ! Je l'aurais su quand même. Me moquais-je.

Vitali se décala légèrement pour me regarder avec un air qui signifiait Ah oui vraiment ? , le sourcil relevé. Quoi ?

- Rappelle-moi qui est amoureux de toi et avait essayé de te le faire comprendre plusieurs fois le mois dernier ? Ricana-t-il.

- Bon j'avoue. Mais j'ai retenu la leçon avec Thatch et puis Sasha ne dit rien et ne fait rien de suspect alors...

- Je ne peux pas te le confirmer mais c'est à voir tout à l'heure. Vu que toi, tu ne vois rien quand ça se passe sous tes yeux, je me charge alors de regarder pour toi.

- Mais ça ferait quoi si Sasha est amoureux à part rendre très gênants mes moments avec lui ? Demandais-je embarrassée de discuter de ça.

Je savais qu'il n'était pas amoureux de moi car ce n'était simplement que notre lien d'âme jumelle. Cependant, je n'avais pas envie d'en parler à Vitali car je ne savais pas s'il comprendrait.

- Bah je ne sais pas. Je trouve ça marrant. S'il l'est vraiment, on a de la chance qu'il ne soit pas vraiment véritablement de notre sang, car ce serait dégueulasse. Sourit-il, amusé.

- Oui mais pour moi, c'est comme s'il était véritablement de notre sang. Rien ne change sauf le fait que nous nous entendions mieux maintenant.

- C'est vrai. Ça ne change rien pour moi également mais s'il est amoureux de toi, je vais l'emmerder avec ça. Ricana-t-il moqueur ensuite.

- Si tu le fais trop chier, tu vas morfler. Fais gaffe ! En tout cas, si c'est le cas, il doit souffrir de me voir avec Thatch.

- Peut-être bien. Ça fait de la peine... souffla mon frère, peiné.

Nous passâmes le temps restant à parler de Bonney, de Luffy et sa bande puis de OPO. La bande de Luffy demandait parfois de mes nouvelles mais aucun ne m'envoyait de sms ou m'appelait personnellement. Moi non plus d'ailleurs... Je me demandais vraiment s'ils étaient mes amis. Nous n'étions pas très proche mais simplement des camarades de classe. Ace avait-il raconté sa merde à Luffy également ? Je n'espérais pas.

Lorsque Sasha arriva, je l'avais prit dans mes bras et ne le quittais plus. Vitali avait dû le libérer de ses sacs en papier et d'un en plastique contenant un dessert de Mama pour nous.

- Je t'ai prit le menu enfant à cause de ta petite taille. Se moqua notre cousin pendant que Vitali déballait les sacs en papier sur la table.

Cela le fit rire d'ailleurs.

- Imbécile ! Murmurais-je ce qui fit sourire bruyamment Sasha.

Ensuite, je déployais mon énergie pour me connecter à lui. Il m'accepta rapidement puis je me laissais envahir par la sienne. Ça faisait du bien. Toutefois, je ressentais sa tristesse. Son départ prochain l'affectait beaucoup également.

"Je t'aime, Mon Sasha. J'espère que tu reviendras vite." Lui transmis-je par la pensée.

"Je t'aime, Ma Nastia !" Entendis-je de sa part.

- Dïadïa est rentré à la maison pour me faire remplir le contrat avant de repartir bosser. Je commencerais début Mai et il va envoyer les papiers à l'ambassade du Japon en Russie. Je recevrais mon Visa travail dans le courant Avril et ça me permettra de vite revenir ici. Ça ne m'enchante pas trop de taffer à la Marine mais pas le choix pour le moment. Déclara-t-il en me caressant le dos du pouce.

- C'est sûr mais au moins tu seras avec Papa. Sourit mon frère en mettant les pailles dans les gobelets en carton.

- Ouais, c'est le côté positif même si ça va aussi m'aider à perfectionner mon japonais.

- Ouais, tu te débrouilles bien, je trouve. Sourit Vitali en s'attaquant cette fois au sac plastique.

Bon voyons ce qu'il avait ramené. Oh ! J'avais bien mangé ce soir mais voir ces bugers me faire de l'œil me donnait faim. Et ça sentait bon, putain ! Il avait même prit des frites et des potatoes. Ça donnait trop envie de bouffer ! Quel génie d'avoir prit ça !

"Merci !" Entendis-je dans ma tête.

Hein ? Ah... J'ai pensé trop fort ?!

"Ouais !"

Je gloussais faiblement tout comme Sasha. La honte...

- Oh ouais ! Une tarte aux pommes. Mama est la meilleure. S'extasia mon frère après avoir soulevé le papier aluminium.

Il s'installa ensuite à table et Sasha me prit dans ses bras pour faire de même. Chacun sur une chaise, nous répartîmes le repas en part égale. Ça sentait trop bon ! Miam ! Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas mangé de la mal-bouffe. Mes yeux pétillaient de joie.

Nous mangeâmes avec le sourire en discutant tranquillement. Ça faisait du bien de passer un bon moment. A force qu'il m'arrivait des emmerdes, j'allais finir par faire une dépression.

Au milieu de repas, Sasha avait sorti de son sac à dos deux bouteilles de Vodka. Pour aider à la digestion qu'il avait dit. Bah voyons... Mais je n'allais pas me plaindre et Vitali non plus. Il nous avait gâtés avec tous ses burgers. J'avais eu du mal à finir surtout que nous étions bien joyeux avec l'alcool alors c'était difficile d'avaler sans s'étouffer avec un fou rire. Vitali s'amusait à faire le pitre avec le restant de ses frites. Il était déjà minuit passé d'après Sasha lorsque nous mangeâmes la tarte de Mama.

- Olalah je ne vais pas être fraîche pour ma prise de sang demain matin, moi ! Bafouillais-je avec un sourire.

- Oh si ! Il faut 4 heures minimum pour décuver. Ça devrait aller. Informa Sasha.

- Pas sûr ! La dernière bouteille n'est pas finie. Ria mon frère.

En effet, il restait l'équivalent d'un verre.

- T'inquiète ! Je vais la finir moi.

Et sur ses mots, il prit la bouteille pour boire à même le goulot cul-sec. Cela nous fit rire et mon frangin fut prit d'une quinte de toux en avalant de travers son morceau de tarte. Sasha, qui était à côté de lui, lui tapota maladroitement le dos pour l'aider avant de poser la bouteille vide à côté de sa jumelle. Puis Vitali se leva en disant qu'il allait pisser. Vu sa démarche bancale, il n'allait pas pisser droit. Le personnel de nettoyage allait être content au matin.

- Vise bien ! S'exclama notre cousin avec un sourire en coin.

- Ouais ! Au pire, je pisse dans le lavabo. Grogna-t-il avec un sourire en rentrant dans la salle de bain.

Seigneur... Les mecs ! Cependant, nous rîmes bien amusés. Néanmoins, dès que la porte fut fermée, Sasha se tourna vers moi avec un sourire. Quoi ?

- J'ai un cadeau pour toi, Nastia ! me dit-il joyeusement.

- Un cadeau ?! m'exclamais-je comme une gamine.

- Ouais, ferme les yeux !

Gaiement, je le fis en ne pouvant empêcher des petits gloussements sortir de ma gorge. Je l'entendis farfouiller dans son sac à dos puis sentis qu'il glissa quelque chose dans ma main. On aurait dit plusieurs feuilles de papier pliées ou plusieurs enveloppes. J'ouvris les yeux et constatais que c'était bien un paquet d'enveloppes. Euh... Je ne m'attendais pas à ça. Je lui souris puis les regardais de plus près. Il y en avait trois et ça se voyait qu'elles n'étaient pas toutes jeunes. Dessus, il y avait d'écrit mon prénom en Russe avec une dactylographie enfantine. Ça me fit sourire en coin mais lorsque j'allais en ouvrir une, Sasha me retint.

- Nan, attends ! C'est très personnel. J'aimerais que tu les lises quand tu seras toute seule et quand ce sera le cas, ne me juge pas et surtout ne fais pas attention aux fautes. J'avais dix ans quand j'ai commencé à les écrire. Il y en a d'autres mais celles-là, je ne me sens pas encore prêt à te les donner. Me sourit-il.

- Euh d'accord... Tu veux bien les mettre sous mon oreiller alors ? émis-je un peu perplexe.

Que pouvaient bien contenir ces lettres ?

- Oui bien sûr, Princesse. Mais d'abord fais-moi un bisou sur la joue !

Je riais doucement avec lui puis me penchais pour déposer mes lèvres sur son visage. Ensuite, il se leva en embarquant le paquet pour le glisser sous mon oreiller comme convenu avant de se rassoir avec une démarche un peu gauche. Lui aussi était bourré.

- Tu dors avec moi ce soir ? Questionna-t-il à mon oreille.

- Oui mais Vitali ? Chuchotais-je avec un sourire enfantin.

Il haussa les épaules s'en foutant pas mal.

- On attend qu'il dort. Répondit-il à voix basse.

Je hochais de la tête avec un grand sourire et mon frère revint à ce moment-là. C'était la dernière nuit que je passerais avec mon cousin alors je comptais bien en profiter. Il rentrait demain en Russie et ça me faisait bien chier. C'était trop rapide même si c'était prévu depuis le début. Je voulais qu'il reste mais ce n'était pas possible. Sasha...

- Bon bah en fin de compte, j'ai dû pisser dans la douche ! Déclara-t-il en s'installant à table.

C'était pas mieux que le lavabo... Cela nous fit rire jusqu'à ce que le portable du frangin bipa lui signifiant un sms.

- Ah Thatch ! Il me dit de te dire que tout est réglé et qu'il passera demain soir. Bafouilla Vitali en louchant sur son écran.

Tant mieux !

- Hein ? De quoi qui est réglé ? Interrogea Sasha confus.

Ah c'était vrai qu'il ne savait rien. Vitali et moi lui racontâmes ce qu'il s'était passé durant son absence et il éclata de rire.

- Quel connard ! Injuria-t-il ensuite.

- Tu ne me le fais pas dire, mais si Thatch a tout arrangé alors ça devrait peut-être aller ensuite. Enfin, je l'espère car Mama a dû mettre Papa au courant, je pense. Dit Vitali en pianotant sur son téléphone.

- Ouais, il l'est et ce chien va entendre parler de lui. Sérieusement, il pensait que ça allait passer inaperçu ? Il a de la chance que je pars demain car je l'aurais buté. S'énerva Sasha en sortant une cigarette de son paquet provenant de sa poche de jeans.

Il se leva, le tube au coin des lèvres en balançant sa petite boîte sur la table. Ça lui donnait un air sexy. Son regard croisa le mien et il me sourit en coin, amusé. Ah ! Nous étions toujours connectés et j'avais encore pensé trop fort ? Son hochement de tête joyeux me répondit alors qu'il se dirigea vers la fenêtre. Il ouvrit les stores puis fit coulisser la vitre pour s'asseoir avec agilité malgré l'alcool sur le rebord à l'extérieur.

- Ouais ! Faudra que tu me dises quand même comment tu as fait pour ne pas le défoncer l'autre jour. Fit mon petit frère en rangeant son téléphone dans sa poche de jeans.

- L'autre jour ? Demanda perdu mon cousin.

- Ouais, tu sais quand il a largué sa copine enceinte.

- Ah !... J'ai prit sur moi car j'avais fait une promesse à Nastia. C'est tout. Et puis j'avais envie de savoir pourquoi il se rappliquait avec la meuf alors qu'il avait dit qu'il l'avait larguée. Ricana-t-il en fumant.

- Moi, j'aurais pas tenu. Je lui aurais sauté à la gorge dès qu'il aurait passé la porte.

- C'est vrai et tu aurais perdu la confiance de Nastia.

- Franchement, ça m'aurait soûlé que tu me fasses la gueule pour avoir niqué ce con. Me dit-il énervé.

- Oh calme ta joie, toi ! J'ai pas dit qu'elle t'aurait fait la gueule pour ça mais juste que tu aurais perdu sa confiance. Me défendit Sasha en crachant sa fumée.

- Pour moi, la famille compte plus que tout, frangin. Je ne t'aurais pas fait la gueule mais Sasha a raison. Bref, ce n'est pas important. Tu es mon frère et je n'ai pas à te renier pour quelqu'un qui n'en vaut pas la peine. Tu fais parti de mes priorités. Je ne te tournerais jamais le dos, sois-en sûr ! Souris-je avec douceur.

Ses pommettes virèrent rouges et il prit une moue boudeuse ensuite.

- Tu dis ça mais entre Thatch et moi, tu le choisirais. Bouda-t-il.

- Nan ! Un petit ami, on peut en trouver facilement à la pelle si on cherche bien, mais pas un membre de la famille sur qui on peut compter. Je t'aime, frangin ! Et tu passeras toujours avant un ami ou même un petit ami. Lui répondis-je avec émotion.

Il me regarda, sourit embarrassé, les joues toujours rouges et ses yeux devinrent humide.

- Idiote ! Marmonna-t-il avant de baisser la tête, toujours souriant.

J'avais envie de le prendre dans mes bras. J'aimais mon petit frère et ça me faisait chaud au cœur de voir que mes mots ne le laissaient pas indifférent.

- Bande de con !... commença à pleurer Sasha, sur le bord de la fenêtre.

- Quoi ? Tu pleures ? demanda Vitali avec un sourire moqueur.

- Nan, c'est la putain de fumée ! mentit-il en s'essuyant les yeux, le tube presque fini dans la bouche.

Bah bien sûr...

- Si, tu chiales ! Ricana mon petit frère.

- La ferme ! Se vexa-t-il en écrasant son mégot contre la semelle de sa bottine.

Vitali se mit à rire et notre cousin revint dans la chambre, ferma la fenêtre et les stores pour venir se rassoir à sa place en mettant son mégot déformé dans une des bouteilles vides. Je lui souris en constatant ses yeux rouges et humides. Ouais, il avait au moins eu les larmes aux yeux. Je le pris dans mes bras et il répondit à mon étreinte avec un petit sourire. Ses lèvres se posèrent sur ma tempe pour un petit baiser. Notre lien spirituel qui avait été coupé se reforma plus solidement et je me détendais au contact de son âme.

" Ma princesse. Je... -me et je... toujours. " entendis-je sans comprendre entièrement.

Comment faisait-il pour m'entendre si facilement alors que moi, s'il ne hurlait pas dans ma tête, je ne comprenais presque rien ? Avait-il une plus forte perception que moi ?

- Vous vous faites tout le temps des câlins ? Interrogea Vitali sur un ton boudeur.

" Il est jaloux ! " pensais-je amusée.

Sasha sourit bruyamment puis l'attrapa par son T-shirt pour le prendre également dans ses bras.

- Je vous aime et j'ai de la chance de vous avoir comme famille ! S'exclama notre cousin.

Il déposa encore un baiser sur ma tempe avec un sourire et je lui en fis un sur la joue.

- Tu m'en fais un, je te casse la gueule ! Sourit mon frère à son encontre ce qui nous amusa.

Bon... Il avait les larmes aux yeux et il se mit à chialer comme un gosse en nous serrant fortement. L'alcool ne lui réussissait pas à lui !

- Tu chiales car tu es bourré, petit con ! Railla Sasha.

- Ta gueule ! Tu peux parler ! Chouina-t-il.

Je me mis également à pleurer.

- Vous êtes contagieux. soufflais-je.

On avait l'air bien à chialer tous les trois enlacés. Merci la Vodka !

- J'ai pas envie que tu partes... fit Vitali à notre cousin.

- Moi non plus... articulais-je, les larmes coulant sur mes joues.

- Je reviendrais vite. Promis ! Déclara Sasha en pleurant.

Qu'est-ce qu'on avait l'air con...

Après avoir bien chouiné comme des bébés, Sasha eut la bonne idée de mettre un film sur son PC. J'étais soulagée que ça ne soit pas un porno. Avec l'alcool, il aurait pu en mettre un sans réfléchir mais heureusement il nous mit Suicide Squad. Je ne l'avais jamais vu malgré que j'avais envie de le voir. Nous nous installâmes sur les futons qu'ils avaient préparés sur le sol. Nous étions à semi-allongé, mon cousin au milieu entouré de Vitali et moi. Sasha portait son ordinateur sur ses genoux alors que nous étions en pyjama sous les deux couettes mises l'une à côté de l'autre. Bon en fait, il n'y avait que moi en pyjama, mon frère et mon cousin étaient en caleçon. Ça ne me dérangeait pas de les avoir vu comme ça, même si ça me surprenait de voir que mon frère était plus musclé qu'avant. D'ailleurs, je n'avais fait aucun commentaire sur son tatouage sous le nombril bien que cela m'eut surprise. FREEDOM. Ça lui correspondait bien. La lumière éteinte, nous matâmes le film en silence, bien sûr il était en russe. Je me sentais lourde et bien bourrée maintenant que nous étions au calme. La nuit allait être mouvementée...

Je calais ma tête contre l'épaule de Sasha qui passa son bras derrière moi pour me rapprocher de lui. Je croisais l'expression moqueuse de Vitali et lui tirais la langue ce qui le fit sourire. Crétin !

Malgré mon état alcoolisé, je sentais son odeur masculine et entendais sa respiration nasale qui était plus rapide que la mienne. Notre connexion se fit par son intermédiaire et je constatais qu'il avait l'esprit ailleurs. Il se foutait pas mal du film et pensait plutôt à son départ demain après-midi. C'était ainsi que je venais d'apprendre que son vol était à 16h. Ça me rendait triste et il dû s'en rendre compte car il serra son emprise.

"Je reviendrais vite, Princesse ! Je ne compte pas te laisser longtemps sans moi." Entendis-je dans ma tête.

"Je savais que tu devais rentrer un jour mais c'est trop rapide. Je t'aime et j'aimerais t'accompagner." lui dis-je peinée.

"J'aimerais beaucoup que tu viennes mais c'est impossible à cause de ta convalescence, quoique tu devrais tenir facilement dans une petite valise."

Nous nous sourîmes amusé.

"Cap ? On le fait !" Tentais-je.

"J'aurais bien voulu mais ça va foutre la merde et je vais me faire étriper par Dïadïa. Déjà si tu es enceinte, je suis sûr de crever..."

"Ne parlons pas de ça, s'il-te-plaît !"

"Il faudra bien à un moment. C'est quand tes prochaines règles ?"

Je virais rouge.

" En tant normal au début du mois mais là, je ne sais pas. Marco m'a dit que je les avais eu pendant ma sédation mais je ne sais pas quand exactement."

"Et bien, si tu les as ou pas, tu me téléphones. Ok ?"

"Ouais, promis !"

Nous nous sourîmes en nous regardant toujours dans les yeux. Ce sentiment étrange au creux de mon ventre me percuta de plein fouet. Ce n'était pas à moi. C'était la même chose que l'autre fois. Les fourmillements remontaient jusqu'à ma poitrine me réchauffant le cœur. C'était agréable. Était-ce notre lien d'âme qui faisait ça ? Ressentait-il la même chose de son côté ?

Soudainement, sa surprise m'envahit et nous sursautâmes en même temps puis tournâmes la tête vers Vitali. Ce crétin s'était endormi contre l'épaule de Sasha, la bouche ouverte. Il était KO... Nous gloussâmes d'amusement en nous regardant.

- Tout compte fait, tu tiens mieux l'alcool que lui. Sourit-il.

Je gloussais telle une gamine.

- On dirait bien. Répondis-je avec ivresse.

- Attends ! Je vais l'allonger.

Je me retirais de son étreinte et lentement, il déposa Vitali correctement dans son futon sans aucun mal. Ce dernier se mit à ronfler ce qui nous fit pouffer de rire, enfin on tentait de le contenir.

- Tu veux regarder encore le film ? Demanda Sasha en chuchotant.

Je haussais des épaules.

- Comme tu veux. J'aimerais juste passer le plus de temps possible avec toi. Murmurais-je.

- Je comprends. C'est pareil pour moi.

Je lui souris puis mon regard fut attiré par le tatouage sur son sein gauche. Ai. Amour...

- Tu m'as dit que mes initiales formaient le mot Amour en japonais mais le tiens également. Soufflais-je doucement en posant mes doigts sur sa cicatrice colorée.

- C'est vrai, tiens. Je n'y avais pas songé. Comme quoi... Il n'y a jamais de hasard. Sourit-il doucement.

Il coupa ensuite le film, mit son téléphone en mode lampe torche puis éteignit son ordinateur portable afin de le mettre sous son oreiller. Sasha me prit dans ses bras et nous nous sourîmes. Seule la lumière de son téléphone me permettait de constater la dilatation de ses pupilles. Nous étions toujours liés et je percevais avec difficulté ses pensées comme s'il cherchait à les dissimuler. Ça ressemblait à une promesse qu'il s'était fait il y a longtemps. Je ne savais pas ce que c'était mais ça me concernait. En tout cas, je le trouvais très classe avec ses piercings. Je n'aurais pas le courage d'en faire, moi. C'était bien trop visible et j'aimais être un peu discrète. Cependant, les tatouages donnaient envie surtout que c'était facilement dissimulant en choisissant bien l'endroit. Mon cousin esquissa un sourire en coin.

- J'apprécie notre lien psychique mais il y a l'inconvénient de ne plus avoir d'intimité. Tu penses trop fort, Princesse. Pouffa-t-il doucement de rire.

Je fis la moue ce qui l'amusa. Néanmoins, je fronçais des sourcils en entendant le mot bébé résonner dans ma tête. Il y repensait... c'était alors que je remarquais qu'il n'avait aucun dégoût, aucune frustration ni de répulsion à avoir un enfant. Ça me laissait sur le cul. C'était comme s'il n'était pas dérangé par le fait que je pourrais être enceinte de lui. C'était contradictoire avec ce qu'il m'avait dit l'autre fois.

- Sasha, tu as changé d'avis ? Questionnais-je sans trop oser à voix basse.

Il prit une expression surprise et ensuite, une coupable comme prit sur le fait d'une bêtise, le regard détourné.

- Ouais... Je me dis que si c'est le cas alors autant se faire une raison et ne pas le rejeter. Je n'ai pas eu de vrai père comme toi alors je ne veux pas que ça lui arrive. Tu comprends ? Souffla-t-il, gêné.

- Oui, je comprends mais moi, ça me fait peur.

- Moi aussi... Mais qui sommes-nous pour rejeter quelqu'un à cause d'un accident ? Ça ne sera pas de sa faute.

- Oui, je sais. Murmurais-je peinée.

- Ma Nastia, promets-moi de ne pas me rejeter de ta vie et de la sienne si tu es... chuchota-t-il mais je le coupais en plaçant une main sur sa bouche car Vitali venait de bouger.

Nous tournâmes la tête vers lui, sur le qui-vive. Son visage était vers nous dorénavant et il dormait comme un gosse, le torse dénudé de sa couette blanche.

Je soupirais de soulagement avec Sasha qui se tourna ensuite vers moi pour continuer.

- ...Je ne le supporterais pas.

- Je ne te rejetterais pas ! Je ne pourrais pas. Tu comptes énormément pour moi... Je dois admettre que c'est même bien plus que pour Thatch... C'est mal de ressentir ça alors que ce n'est pas toi mon petit ami ? Murmurais-je à peine audible.

Sasha avait dû se pencher vers moi en tendant l'oreille pour me comprendre avant de me fixer.

- J'en sais rien. Je ressentais la même chose quand j'étais avec mes ex. Je pensais constamment à toi et limite j'en avais rien à foutre d'elles. Mais toi, c'est différent. Notre lien est tellement fort que je me demande si c'est pas...

Il se coupa brutalement comme s'il allait dire une connerie idiote qu'il pourrait regretter. Quoi ? Si c'était pas quoi ? Accouchait ! Je tentais de dénicher la réponse dans son esprit au cas où mais c'était comme gravir une montagne sans prise. Sasha me bloquait l'accès à ses pensées. Comment faisait-il ? Soudainement, il afficha une mine inquiète et coupa brutalement notre lien me laissant un goût amer dans la poitrine. Mon cousin fronça des sourcils en fixant méchamment du regard la fenêtre fermée et obstruée par les stores.

- Qu'est-ce qu'il...? Demandais-je innocemment mais il me coupa avec un chut bref et dur me surprenant.

Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Je me vexais mais sa posture en chien de faïence me dissuada de lui faire une remarque. Son regard véhément vers la fenêtre m'effrayait. Que se passait-il ? S'il cherchait à s'esquiver pour la suite avec ça, c'était totalement con. Je le regardais silencieusement prendre lentement ses affaires au pied de son futon sans quitter des yeux son point fixe. Il s'habilla à la va-vite de son T-shirt et de son jeans avant de mettre ses bottines.

- Je vais fumer ! Reste avec Vitali ! Murmura-t-il avec autorité.

Hein ?

Je hochais de la tête sans comprendre. Pourquoi ce changement ? Sasha sortit de la chambre sans faire de bruit. Mouais... Partir fumer sans prendre de cigarette ni de téléphone ? Mon cul ! Il se passait quelque chose. Toutefois dans mon état je ne pouvais pas le suivre puisque mon fauteuil était à portée mais les futons m'empêcheraient de circuler jusqu'à la sortie. Alors je me blottissais sur moi-même dans la couette de Sasha après avoir chopé son gilet que je humais les yeux clos. Son odeur était là et me faisait sourire de satisfaction. Ça sentait bon. Je m'imprégnais de lui pour l'avoir au plus près de moi possible avant son départ. Il me manquait déjà. Notre lien était très fort au point que j'en avais les larmes aux yeux. Je ne voulais pas qu'il parte. Je ne le supporterais pas...

Un temps s'était passé avant que la porte de la chambre ne s'ouvre. Je relevais la tête par-dessus l'épaule de mon frère et constatais que ce n'était pas Sasha. La silhouette était légèrement plus petite mais c'était un homme. Je ne pouvais pas discerner les détails à cause du contre-jour. Je fronçais des sourcils quand la personne s'engagea dans la pièce. Vu le pas lourd de sa démarche, elle portait des bottines. Le type alluma son portable pour le mettre en mode lampe torche m'éblouissant. Je couinais de désagrément en fermant les yeux. C'était qui, ce con ?

- Ma souris ? chuchota-t-il doucement.

Merde ! Ace ! Je ne répondis pas et me rallongeais. Qu'est-ce qu'il venait foutre là ? Dégage ! Tu étais suicidaire ou quoi ?

- Ma souris ? Réitéra-t-il plus fort.

Je me redressais en espérant que ça n'ait pas réveillé mon frère. Je fixais Ace sans un mot. Il me voulait quoi ?

- J'aimerais parler...

- Pas moi ! Crachais-je sans hausser le ton.

- Laissez-moi au moins t'expli...

- Nan !

- Ma souris...

- Dégage ! Je ne veux plus jamais te voir. Tu t'es foutu de ma gueule. Tu as raconté de la merde pour je ne sais quelle raison. Tu me dégoûtes. M'emportais-je en essayant de ne pas trop lever le ton.

- C'est pas ce que tu crois. Si j'ai fait ça, c'est pour être avec toi. Si tu n'es plus avec Thatch alors...

- Je suis toujours avec Thatch et je ne me remettrais pas avec toi. Je te l'avais déjà dit ! Maintenant tu devrais partir avant que mon cousin ne revienne ou que mon frère ne se réveille. Le coupais-je énervée.

- J'en ai rien à foutre s'il y a ta famille. Je suis désolé d'avoir encore merdé. Pardonne-moi, Ma souris !

- Nan ! Ça suffit, Ace ! J'en ai marre. Je te ne te pardonne plus et je ne veux plus jamais te revoir ni entendre parler de toi. Tu as raconté de la merde également à Sabo. Je m'en suis prise plein la gueule tout à l'heure et aussi par ta faute, je n'ai plus de téléphone. Ce n'est plus supportable, Ace. Maintenant part et oublie-moi !... C'est terminé !

Suite à ça, je me rallongeais et faisais face à Vitali qui... Oh putain ! Ce con me fixait les yeux grands ouverts. Il était réveillé ! Savait-il ce qu'il se passait ? Il restait silencieux et me sourit en coin. Faisait pas le con, steu-plaît !

- Je n'ai pas envie que ça soit terminé. Je ne te laisserais pas tomber. On est fait l'un pour l'au...

Ace n'eut pas le temps de finir qu'il poussa un grognement et nous entendîmes un vacarme. Mon frère et moi nous redressâmes à brides abattues pour constater l'arrivée de Sasha, et Ace contre le mur. Notre cousin le plaquait contre, sans que ses pieds ne touchent le sol, d'une seule poigne sur son cou ce qui m'époustoufla. Sasha n'était pas aussi musclé que Ace ou Thatch ou bien même Marco mais il avait de la force. Son regard haineux me faisait froid dans le dos. Il brailla des insultes en russe dont Ace ne se souciait pas puisqu'il le repoussa d'un coup de pied dans les côtes. Mon cousin le lâcha par réflexe pour percuter la porte de la salle de bain tandis que Ace retombait sur ses deux pieds. Ils se jetèrent l'un sur l'autre pour commencer à se foutre sur la gueule. C'était sans compter sur Vitali qui se levait pour participer. Seigneur ! Les mecs...

- Ca suffit !... Arrêtez ! M'écriais-je mais en vain.

Autant parler à un mur... J'avais envie de m'interposer mais vu ma condition, je me serais faite éjecter comme une vieille merde. Toutefois, le vacarme que nous faisions avait attiré du personnel médical. La lumière de la chambre s'alluma mais ça n'empêchait pas les trois gugus de continuer à se foutre sur la gueule. On tenta de les séparer mais ce n'était pas trois infirmiers qui allaient les arrêter. Les pauvres... Ils en chiaient à les retenir. On réussit à faire sortir dans le couloir Vitali qui braillait en russe qu'il allait buter Ace. Puis du renfort arriva et ce fut mon ex qui fut sorti et ensuite plaquer au sol comme l'autre fois contre Thatch.

- Putain ! Je vais tous vous niquer ! S'écria-t-il, la tête contre le sol.

Il restait Sasha dans la chambre qui luttait contre deux infirmiers et un médecin.

- Sasha ! Arrête, s'il-te-plaît ! Émis-je peiné.

Il me regarda énervé ce qui me blessa.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Grogna une voix lente et soûlée.

La personne entra dans la chambre d'une démarche nonchalante, les mains dans les poches de sa blouse de médecin. Hein ?

- Trafalgar-Sensei ? Dis-je époustouflée.

Son regard se posa sur moi et il arqua un sourcil avant de sourire en coin.

- Ah mademoiselle Ivanov ! J'aurais dû me douter que ce vacarme venait de chez vous. C'est votre première nuit dans mon service et vous faites déjà parler de vous. Que vous arrive-t-il cette fois-ci ?

Même en doc, Trafalgar-Sensei ne changeait pas. Et puis comment ça son service ? Il était pas prof déjà ?

- Vous travaillez ici ? Hallucinais-je, les joues rouges de honte suite à ses mots.

Ce qu'il s'était passé l'autre fois entre Thatch et Ace avait fait le tour de l'hôpital visiblement. Après, rien n'avait été discret aussi...

- On va dire. Je suis bénévole la nuit...

Il balaya du regard les trois énergumènes dorénavant maîtrisés et ricana en s'arrêtant sur Ace puis continua sur un ton railleur :

- ... Je commence à comprendre... Vous semblez avoir un soucis de cafard... Monsieur Portgas, les visites nocturnes au delà de 23h ne sont autorisées exclusivement que pour les membres de la famille. Vous n'avez rien à faire ici. Je vous prie de bien vouloir rentrer chez vous, à moins que vous ne préférez m'assister dans mon travail.

Ce sourire... Quel sadique, ce type ! Ace avait bien fait parler de lui ici.

- Ta gueule ! J'ai le droit de la voir quand je veux. Personne ne m'en empêchera ! Beugla ce dernier avec hargne, les yeux cachés par des mèches de cheveux bruns.

- Non, Ace ! Je ne veux plus te voir. C'est terminé. Maintenant, va-t-en ! M'exclamais-je.

La honte ! Fallait que ça se passe devant un de mes profs...

- Nan ! Je ne veux pas. Tu n'as pas le droit de me rejeter... s'écria-t-il fortement.

- La ferme ! Nous sommes dans un hôpital ici. Il y a des malades qui ont besoin de calme... brailla Trafalgar, les mains toujours dans les poches de sa blouse.

- Et bien, et bien... Je m'absente deux jours pour une formation des Toubibs 100 et c'est le bordel dans un service. Qui sont les petits merdeux qui s'amuse à emmerder mes patients ? S'exclama durement une voix de femme âgée.

Trafalgar-Sensei tira une grimace tandis qu'une vieille femme blonde aux longs cheveux portant une blouse de médecin par-dessus un top court dévoilant un nombril percée et un long pantalon taille basse se présenta à l'encadrement de la porte. Elle faisait provocante mais son regard rempli d'assurance ne permettait aucune remarque sur sa tenue à son âge. Elle balaya toutes les personnes présentes d'un regard perçant et s'arrêta sur Ace plaqué au sol puis elle empoigna sa tignasse pour lui faire relever la tête. Il grimaçait et son arcade saignait.

- Docteur en chef Kureha ! La saluèrent les membres du personnel médical.

Ah ! Alors c'était la patronne de tout l'hôpital ?

- Tiens ? Encore toi ? La dernière fois ne t'a pas suffit, il semblerait. Je vais devoir y aller plus fort. Allez suis-moi ! Je vais soigner ta blessure et te faire passer l'envie d'emmerder ton monde dans mon hôpital une bonne fois pour toute.

Sur ses mots, les infirmiers le lâchèrent et elle le souleva par le col de la nuque de sa veste de moto.

- Je t'emmerde, La Vieille ! J'ai le droit de venir voir ma meuf quand je veux ! Brailla Ace.

Hein ? Il délirait là ! Mais étrangement, ça me faisait un peu plaisir qu'il le dise même si c'était effrayant. Nous n'étions plus ensemble et Thatch avait normalement parlé avec lui tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il s'était passé entre eux ? Sur quoi cette conversation avait abouti ? Je ne pouvais pas le savoir avant demain soir et puis si je le demandais à Ace, il pouvait me raconter de la merde.

- C'est pas ta meuf, connard ! Arrête ton délire ! Gueula mon frère en caleçon.

Aucune crédibilité dans cette tenue... Ouah ! C'était désagréable de sentir tous ces regards sur moi. Je virais rouge de gêne mais ne disais rien, le gilet de Sasha toujours dans mes bras. D'ailleurs ce dernier me fixait sans rien dire toujours maintenu par ses tortionnaires.

- Je ne veux rien savoir, Gamin. Ton histoire de cœur n'est pas une excuse pour foutre ton bordel dans mon hôpital. Et puisque tu m'as insultée de Vieille, je vais appeler ton responsable légal pour qu'il vienne te chercher comme le gosse que tu es. Ricana-t-elle en tournant les talons avec lui dans sa poigne.

Ace tira une sale gueule et je compris pourquoi en pensant que son responsable légal n'était autre que le grand-père de Luffy, Monkey D. Garp. Ça me fit sourire intérieurement. Son regard croisa le mien avant qu'il ne continue dans le couloir. Ça me fendait le coeur. Je l'aimais... Mais je ne pouvais pas continuer avec lui. Mes yeux s'embuèrent mais je ravalais mes larmes pour faire bonne figure.

- Tout le monde au boulot ! La fête est terminée, les jeunes ! S'exclama la Vieille dans le couloir.

Trafalgar-Sensei soupira puis somma à Vitali d'enfiler une tenue plus adéquate pour le suivre dans le but qu'il lui procure les premiers soins. Mon frère était amoché au coin de la lèvre mais heureusement ses piercings étaient intacts, tout le contraire de Sasha qui était indemne. A première vu, sa maîtrise du combat était équivalente à celle de Ace. Ce dernier n'avait que son arcade qui s'était réouverte à cause du choc contre le meuble du lavabo de la chambre dû au fait que Sasha l'avait poussé contre. D'ailleurs, il y avait une trace de sang dessus et quelques gouttes sur le sol.

Vitali s'habilla rapidement de son T-shirt et de son jeans avant de suivre, pieds nus, mon prof dans le couloir avec les autres membres du personnel. Sasha vint se laisser tomber assis sur son futon à côté de moi. Seule avec lui, je me permettais de fondre en larme. Me voyant chialer, il me prit dans ses bras en me demandant de lui traduire ce qu'il avait été dit. Hoquetant, je lui racontais.

- Soit ton chien d'ex est un débile soit il est amoureux de toi et il ne veut pas te perdre. Mais à mon avis, il est paumé dans sa cabosse. Il veut se remettre avec toi mais il fait tout pour que ça n'arrive pas. Quel con !

Il n'avait pas tord... Toutefois, j'avais envie de tout renoncer et d'être de nouveau avec Ace, comme avant. C'était tentant sauf qu'il m'infligeait beaucoup de souffrance et j'en avais marre de pleurer à cause de lui. C'était malsain de continuer à le côtoyer mais ça faisait mal de renoncer à lui.

- Je n'aime pas te voir dans cet état à cause de ce con. Ça me pète les couilles de te quitter car je ne pourrais pas te protéger. Je suis désolé, ma Princesse... Surtout demain, quand tu auras ton nouveau portable, ne lui transmet pas ton nouveau numéro et ton nouveau mail !

- Je ne lui donnerais pas. J'ai pas envie qu'il recommence et ça me garantit une sécurité. Pleurais-je doucement contre son torse.

- C'est ça ! Avant de partir, je protégerais ton portable et te mettrais mon numéro. Je t'aime, Nastia et quoiqu'il arrive, je serais toujours là pour toi même à des kilomètres. Je veillerais sur toi, ma Princesse. Je te le promets !

- Merci, mon Chevalier ! Tu crois qu'on pourrait établir notre lien avec une aussi grande distance ? Questionnais-je en essuyant mes larmes.

- Je ne sais pas. Il faudra essayer. Ce serait tellement bien... Je ne pense pas rester longtemps à Moscou. Peut-être deux ou trois jours et ensuite j'irais à Omsk voir les grands-parents et surtout parler à Nikolaï. J'ai des choses à lui dire.

- Oui, je comprends. Je t'aime, Sasha, et j'espère que tu reviendras vite. Soufflais-je contre lui.

Il serra plus fort son étreinte et cala sa tête contre le haut de mon crâne.

- Moi aussi, Nastia !


Fin du chapitre 24.


Bonus futilités :

- Voici les différents téléphones portables que certains personnages possèdent :

Anastasia : Aquos Sense SH-53A en rose de Docomo.

Vitali : Arrows F-51A en noir de Docomo.

Sasha : Galaxy S20 SC-51A en bleu de Docomo.

Ace : Torque KYG01 en rouge de Au by Kddi

Thatch : IPhone 12 pro en noir de Vodaphone.

- Vodaphone, Au by Kddi et Docomo sont les trois principaux fournisseurs téléphoniques japonais.

- Alexei a payé l'abonnement téléphonique et le portable de Sasha dès son arrivée au Japon car son téléphone russe ne réceptionnait pas au pays.

- Le contrat de travail qu'a proposé Alexei à Sasha est un CDI à mi-temps en tant qu'assistant informatique.