Bienvenue dans ce vingt-neuvième chapitre.

Disclaimer: Seule cette fiction est à moi, juste à moi et à personne d'autre. Je fais tout ce que je veux dedans et si jusqu'à présent ce n'était pas du joli-joli, et bien là, ce sera pire! Mais je n'ai jamais dit que ce serait tout de suite… Ou peut-être que si!

/!\ Rating M pour le langage et les scènes crues. Je vous aurais prévenus!

Réponses aux commentaires :

Hikimari : Merci pour avoir prit le temps d'écrire. Beaucoup ne le font pas. Lire prend énormément de temps, c'est vrai. Et oui ! Il fallait bien qu'à un moment donné, on sache pourquoi Ace se comportait comme un crétin à chaque fois. Il lui suffisait juste d'ouvrir sa gueule et d'être moins con. Mais la Anastasia, celle-là, elle n'est pas mieux que lui et ça ne va pas s'arranger. Cependant, ça, tu le comprendras dans ce chapitre. Bonne lecture !

Bonne lecture.


Ah bordel de merde! C'était brûlant. Elle voulait me buter ou quoi? L'esclave venait de me plonger dans une baignoire dorée et tape-à-l'œil. Déjà elle m'avait déshabillée comme si j'étais une poupée de porcelaine à ne pas casser. C'était très gênant car elle me regardait sans pudeur. Ses yeux noisettes détaillaient chaque trait de mon corps. Elle était jeune, brune aux cheveux longs et parlait japonais quand elle s'adressait à moi.

- Excusez-moi, Jeune Maîtresse! Le Jeune Maître souhaite que vous soyez stérilisée du Bas-Monde et lavez de toutes impuretés. Me dit-elle, les yeux bas.

- Ne m'appelez pas comme ça! Je n'aime pas. Râlais-je.

- Mais si je ne le fais pas, le Jeune Maître me battra.

Je fis une moue peinée.

-Vraiment? Soufflais-je.

Elle hocha de la tête. Dmitri disait qu'il traitait bien les esclaves. Avait-il menti?

- Bon… En public, tu peux m'appeler comme ça mais quand nous sommes seules, tu peux m'appeler Anastasia et me tutoyer. Souris-je à la fin.

Elle me sourit en inclinant la tête.

- Comment t'appelles-tu? Demandais-je en grimaçant lorsqu'elle frottait mon dos avec une éponge animale.

- Masami, Madame Anastasia. Sourit-elle.

- Madame ? Je ne suis pas vieille. Juste Anastasia suffira. Tu as un très joli prénom.

- Merci !

Elle me lava les cheveux à plusieurs reprises avec un shampooing qui sentait hyper bon. Il devait coûter une fortune comme le savon solide avec des pétales de fleurs. Ma peau était rouge à force d'être frottée et mes cheveux allaient être propres pendant longtemps vu le nombre de lavage. Masami m'aida à sortir de la baignoire pour en rentrer dans une autre remplie d'eau chaude et de pétales de roses. Ça sentait fort une odeur que je ne reconnaissais pas.

- Qu'est-ce que ça sent ? Demandais-je.

- L'huiles essentielles de Rose, de jasmin, de patchouli et de Néroli. Le Jeune Maître tenait beaucoup à ce que je vous baigne avec. Répondit-elle en versant l'eau parfumée avec une sorte de louche en bois sur mes cheveux.

Ouais bah ça puait ! Je n'aimais pas. J'aurais préféré de la vanille ou même juste la rose, tiens. Dimitri avait de drôle de goût, question parfum même si le sien sentait très bon. Je gardais le silence. Papa m'avait dit de ne pas faire confiance aux gens de la Terre Sainte et de raconter toujours la même chose. De plus, Tante Irina m'avait imposée de ne pas montrer mes émotions ou bien de les dissimuler en une autre car les Dragons Célestes adoraient s'en moquer. Je ne voulais pas être l'attraction du château.

Après être séchée, Masami me vêtit difficilement de ma tenue traditionnelle de Boïar. Elle était jaune or et blanche. J'aimais beaucoup le Opachen avec ses manches fendues. Cependant, je trouvais ça gênant qu'il n'y ai pas de sous-vêtements et juste cette chemise longue brodée. Heureusement qu'il y avait la robe en plus et que le manteau se fermait entièrement. Le seul côté négatif était les bottines. C'était moche en jaune uni. Mais bon, personne ne les verrait sous ses couches de tissu. Masami me maquilla légèrement les yeux et les joues mais les lèvres avaient un rouge vif éclatant. Mes cheveux étaient noués en un chignon très serré avec un ruban de perles blanches. Elle posa un Kokochnik blanc et or sur mon crâne et le noua avec un ruban blanc à l'arrière. Même étant petit, il pesait lourd. Je n'avais pas l'habitude de ce genre de couvre-chef mais j'aimais beaucoup les perles tombant en cascade sur mon front et les côtés de mon visage. A la fin, elle y accrocha une longue étoffe blanche en soie qui chutait sur ma poitrine et mes omoplates. Je ne voyais pas grand-chose. Ça pouvait être utile…

- J'ai l'impression d'être Cendrillon avant son bal. C'est mon conte préféré. Ricanais-je.

Masami me conduisit ensuite dans une grande, non, immense salle en pierre recouverte de tapisserie représentant sûrement des armoiries mais avec ce truc sur la gueule, je ne voyais pas correctement. Je savais au moins qu'il y avait beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de chaises luxueuses.

- Ici ! Entendis-je.

C'était la voix de Dmitri. J'aperçus quelqu'un assit sur un grand fauteuil en bois. Ça devait être lui.

- Installe-la à côté de moi ! Ordonna-t-il à Masami.

- Oui, Jeune Maître. Dit-elle tout bas.

Chose dite chose faite. J'étais maintenant assise sur le grand siège en bois identique à celui de Dmitri. Oh ! Ça devait être un trône. Oh Seigneur ! J'étais sur un trône. Un vrai trône ! Je plissais des lèvres avec un sourire pour me retenir de crier de joie comme une idiote. On me prit la main. C'était lui.

- Ma Mie, comment allez-vous? Me demanda-t-il.

- C'est effrayant. Soufflais-je sans bouger.

- Je vous comprends. Gardez votre calme et tout ira bien. Votre visage sera dissimulé pendant la cérémonie du couronnement mais il sera dévoilé pendant votre anoblissement. Vous devrez être à genoux alors si possible tenter de le faire seule. Cela vaudrait mieux pour vous.

- Hein? Je… Je ne sais pas si je vais réussir. Hallucinais-je tout bas.

- Il le faudra bien. Essayez de vous levez ! Si ce n'est pas possible, un esclave vous aidera. Intima-t-il calmement.

- Bon… Je ne te garantis rien par contre. Répondis-je en lâchant sa main.

Je pris appuie sur les accoudoirs et tremblotante, j'ancrais mes pieds dans la pierre. Debout. J'étais debout, putain ! Oh merde ! Non. Non ! Je tanguais d'avant en arrière. Par réflexe, je fis un pas en avant pour ne pas tomber, les bras écartées. Dmitri vint me rattraper car j'avais basculé sur le côté. En haleine, je m'agrippais à lui.

- Merci. Lâchais-je dans un souffle.

- Un esclave vous aidera. Quel dommage… murmura-t-il las et déçu.

- Oui, mais avant je ne pouvais pas me lever seule. Je progresse. Souris-je même s'il ne me voyait pas.

- Tant mieux… Vous êtes plus petite que je ne le pensais. Cela vous scie bien et vous rend plus chétive.

Je ne répondis pas. Lui, il était grand, même bien plus que Sasha. Il m'aida à me rasseoir puis ses lèvres frôlèrent ma main en un baiser. Oh! Un baise-main. C'était la première fois qu'on me le faisait. Je rougissais fortement en silence. Sans la lâcher, il la serra doucement dans la sienne au moment où les grandes portes du fond s'ouvrirent dans un vacarme me faisant sursauter. Une personne entra puis toute une ribambelle le suivit. Ça y était. Ça commençait. Quelle foule! Je n'arrivais pas à les compter ne voyant pas grand-chose mais l'immense salle se remplissait rapidement. Des chuchotements retentirent dans des langues que je ne comprenais pas. Je reconnus néanmoins du russe au premier rang.

«Regardez mère! Il est déjà sur le trône.», «Qui est la femme avec lui?»,«Saint Vladimir n'est pas encore inhumé qu'il s'approprie déjà le trône.»,«J'ai ouï dire qu'il était rentré avec une personne du Bas-Monde. Ça doit être elle.», «S'il veut la cacher, c'est qu'elle doit ressembler à une guenon.», «Il est comme son père. Quelle déception!»,«A ce qu'il paraît, il aurait eu un second fils avant son mariage avec cette sotte de Irina.»,«Ah quelle horreur!»,«Il devrait disparaître tout comme cet usurpateur. Le trône me revient.»

Les moqueries à mon encontre allaient à tout va comme pour Mitia. Pauvre lui. Ça me faisait du mal. J'avais envie de me barrer et de rentrer chez moi. Si ce n'était pas pour la Cause, j'aurais prit la poudre d'escampette. Dieu, donnez-moi la force d'y arriver! Je serrais la main de Mitia qui défit notre étreinte ensuite.

Gros silence lorsque quelqu'un approcha de nous. Il parla latin et je vis qu'il donnait plusieurs objets à Dmitri en même temps. Je voyais mal et je ne pus pas profiter pleinement du couronnement. Ensuite, je le vis se lever et écrire dans un gros et large livre que tenait ouvert le type qui causait toujours latin. On aurait dit qu'il tenait une plume à la main. Trop stylé! Mitia récita quelque chose dans la même langue ce qui m'impressionna puis la foule s'exclama à plusieurs reprises «Vitat Imperator». Je ne savais pas ce que ça voulait dire alors je fermais ma gueule. J'étais presque inexistante camouflée comme ça, tel un vieux meuble recouvert d'un drap pour le protéger de la poussière. Il y eu des applaudissements puis silence avant que Mitia fasse un geste de la main. Quelqu'un vint près de moi et me tendit une main. Oh bordel! C'était le moment. J'allais être anoblie. Je me pinçais les lèvres en avalant ma salive, pris la main de l'esclave et la serrais fermement en me redressant. Te pétait pas la gueule! Te pétait pas la gueule! Te pétait pas la gueule, putain! Sans vraiment le voir, je sentais le regard de toute la salle sur moi. C'était intimidant. J'avais une pression incroyable sur moi. Un autre esclave posa quelque chose en face de moi. Un tabouret? C'était plus petit. Dmitri me prit la main restante et m'aida avec l'esclave à m'agenouiller sur le petit bidule rembourré. Ça devait être un agenouilloir. Quelqu'un d'autre vint puis répartit. J'avais hâte qu'on m'enlève cette étoffe mais d'un côté j'aimais bien être cachée surtout devant tant de personnes. Ah! Je sentis qu'on dénouait le ruban à l'arrière de mon crâne alors je fermais les yeux pour me laisser plus de temps dans la cécité avant de voir les gueules de ses nombreux Dragons Célestes. La soie caressa mon visage en même temps que mon Kokochnik était retiré de mes cheveux. L'air frais de la salle me picota la peau. Des chuchotements. Un type s'exclama quelque chose dans une langue que je ne connaissais pas puis un autre fit pareil, et encore un jusqu'à ce que j'ouvre les yeux pour voir ce qu'il se passait. Ils me regardaient tous. Tout le monde me fixait. Ils avaient tous leur coiffure dégueulasse mais pas de combinaison. A la place, ils étaient vêtus de beaux habits de cérémonie de diverses lieux et époques. J'aimais beaucoup la robe de la nana à droite. Dmitri se plaça devant moi et je pus voir alors son costume traditionnel de Boïar assorti au mien. Qu'il était encore plus beau dedans! Oh la magnifique cape de velours! Bon au moins, il n'avait pas les cheveux tirés en haut comme les autres. Oh merde! La couronne! Je la reconnaissais. Étant une grande fan de la dynastie du dernier Empereur Russe, Mama avait un portrait du Tsar Nicolas II alors je reconnus la couronne que portait Mitia. C'était la même. Était-ce une coïncidence ou bien sa famille avait un lien de sang avec les ROMANOV de Russie? Si c'était le cas, Mama serait folle.

Dmitri me sourit en coin avant de parler en latin sur un ton fort. Il prit une épée Chachka dont la garde, la poignée et le pommeau étaient d'or et incrustés de pierres précieuses. J'étais impressionnée et tentais de ne pas siller lorsqu'il toucha mes deux épaules une par une puis ma tête avec le plat du fer en parlant encore latin. Il donna l'épée à l'évêque qui tenait ensuite un coussin avec une couronne en or de pierres précieuses et de perles avec une étoffe en velours pourpre. Mitia la prit des deux mains pour la maintenir au-dessus de mon crâne, récita quelques paroles latines puis la posa doucement sur ma tête. Oh bordel de merde! J'avais une vraie couronne sur ma tête. Une vraie de vraie. Intérieurement j'étais hystérique mais extérieurement, je restais impassible. Ensuite, il déposa une cape de velours et de zibeline sur mes épaules. Elle était lourde et épaisse.

Il y avait un silence de mort. C'était lorsque je pris des deux mains un rouleau de parchemin noué dans une ruban doré avec un énorme sceau de cire rouge relié à une cordelette dorée également, que l'on applaudit. Quel vacarme! Dmitri prit ma main et un esclave mon bras opposé pour m'aider à me relever. Putain! La cape pesait une tonne. Te pétait pas la gueule! Mes jambes tremblaient en me redressant. Je serrais fortement la main de Mitia pour ne pas tomber tout en essayant de garder un visage impassible mais intérieurement, c'était l'effort ultime. Nous étions face aux Dragons Célestes qui nous fixaient en applaudissant debout. Puis Dmitri fit un pas en avant. Nan! Puis un autre me forçant à le suivre. Merde! Je lui emboitais le pas sans broncher. Nous marchâmes lentement entre les deux rangées de la grande salle qui me semblait faire des kilomètres. Les Nobles Mondiaux continuaient d'applaudir en se tournant vers nous. Leurs regards m'intimidaient. C'était effrayant. Au fur et à mesures que l'on marchait, les énormes portes se rapprochaient et je n'avais qu'une hâte, c'était de les passer pour être en paix. C'était long et je me maudissais d'être aussi lente. Cependant, j'étais fière de moi. Je marchais, avec de l'aide mais je marchais. Mama et Papa seraient fiers de moi. Allez encore quelques mètres! J'y étais presque. Les portes s'ouvrirent. Je devais tenir bon. Mon corps souffrait. Je n'en pouvais plus. Allez! Encore quelques pas. Je pouvais y arriver. Lâchait rien Anastasia! Respire! Mon cœur faisait un vacarme dans ma poitrine que je le sentais également cogner dans ma boîte crânienne. Enfin! Nous avions passé les immenses portes et elles se fermèrent derrière nous. Au bruit de fermeture, je m'effondrais dans un soupir. L'esclave et Dmitri me rattrapèrent par réflexe. J'étais épuisée. Tous mes membres tremblaient. Le frère de Sasha dit quelque chose à l'esclave dans une langue que je ne connaissais pas puis ce dernier me porta dans ses bras telle une princesse faisant tomber ma cape épaisse. Dmitri la ramassa et la posa, pliée, sur mon ventre. Ca me tenait plus chaud mine de rien.

- Je vous rejoindrais plus tard, Ma Mie. Reposez-vous! Me dit-il ensuite en japonais.

- Tu aurais pu m'en parler! Souris-je doucement dans la même langue.

- J'ai oublié. Pardonnez-moi!

Bah bien sûr… Je lui souris amicalement puis il fit un signe de tête à l'homme et nous partîmes sans lui. Je le regardais prendre une autre direction jusqu'à ce que l'esclave ouvre une porte.

Nous arrivâmes dans mes appartements. Je n'avais vu que la salle de bain et le petit salon avant la cérémonie mais je ne savais pas que ca faisait parti de mes appartements. Je vis Masami en train d'attiser le foyer de la cheminée. Elle inclina la tête en me voyant puis vint vers moi lorsque l'esclave m'installa dans mon fauteuil roulant. Ah! Quelqu'un l'avait ramené.

- Thank you! Souris-je à l'homme au collier qui me regarda surpris.

Il esquissa un sourire et je sus qu'il avait comprit. Puis il s'inclina devant moi et sortit. Je lui avais peut-être refait sa journée, qui sait?!

- Comment cela s'est passé? Me demanda Masami.

- C'était effrayant. J'ai cru que j'allais me chier dessus. Le pire a été quand j'ai dû me lever, me mettre à genoux, me relever et enfin de marcher pour sortir. J'ai cru que j'allais mourir. Me plaignis-je.

- Ah! Tu peux te servir de tes jambes? Hallucina-t-elle.

- Oui! Je ne suis pas handicapée juste affaiblie. Je suis sortie de mon coma il y a une semaine et demi. Je dois reprendre du poids et me muscler. C'est tout. Au lycée, j'étais même dans le club de Karaté. M'exclamais-je fière de moi.

- Oh! Tu dois être très fatiguée du coup.

- Oui, j'aimerais dormir mais Dmitri a dit qu'il viendrait me voir après… Pour me connaître. Et il espère qu'il n'y aura pas de complication. Je ne vois pas comment il pourrait y en avoir en discutant. Les Nobles sont bizarres. Me moquais-je.

Et je partis dans un rire toute seule. Masami me jeta un œil compatissant.

- Madame, savez-vous ce que connaître veut dire ici? Demanda-t-elle gênée.

- Pas de Madame et tutoie-moi! Bah c'est savoir quelque chose, non? Souris-je.

- Oui mais le Jeune Maître n'a pas voulu dire ça. Pour apprendre à vous connaître comme vous l'entendez, il aurait dit entrer en relation à la place.

- Oh tu t'y connais pas mal en soutenu! Mais je t'avais dit de me tutoyer. Souris-je.

Elle haussa les épaules avec un sourire modeste.

- Du coup, il entendait quoi quand il disait vouloir me connaître? Demandais-je.

- Et bien, vous savez quand… commença-t-elle avant que je ne la coupe ce qui l'amusa.

- Tutoie-moi!

- Bien… Euh… Le jeune Maître a voulu dire qu'il comptait avoir des relations sexuelles avec toi. Expliqua-t-elle embarrassée.

Hein? Je la regardais sur le cul puis agitais mes mains en face de moi d'un signe négatif.

- Non non non! Il y a pas moyen. Il ne peut pas faire ça. C'est pas possible. Je ne veux pas. M'exclamais-je en même temps de m'agiter sur mon fauteuil.

- Euh tu n'as pas le choix… Si tu ne veux pas, il le fera quand même… Désolée si c'est indiscret mais es-tu vierge?

- Je… Il me forcerait vraiment? Demandais-je sans répondre.

- Oui, Madame. Si le Jeune Maître désire avoir des relations sexuelles avec toi alors il le fera même si tu es contre. Je vous conseillerais de ne pas vous débattre. Ce serait pire pour vous.

Elle avait encore du mal avec le tutoiement. Mitia avait envie de me baiser. Ça me rappelait de mauvais souvenir de ce matin et mon corps eut un frisson qui fit mouvoir mes épaules. J'étais déçue. Papa avait eu une bonne intuition. Finalement, tous les mecs étaient pareils. Nobles ou roturiers, ils voulaient juste me baiser. Pourquoi? Parce que j'étais jolie? Pas suffisamment vu mon état physique actuel. Hein, Thatch? Ou bien peut-être que Dmitri voulait me dépuceler avant Sasha par jalousie? Il sera déçu!

- …Dame? Madame? Madame? M'interpella Masami.

- Hein? Émis-je confuse.

- Je dois vous mettre en tenue de nuit.

- Euh oui… soufflais-je encore l'esprit ailleurs.

Bien que Mitia était très beau et baisable, je n'avais pas envie de lui, enfin plus maintenant. C'était un taré et aussi, malheureusement, mon futur beau-frère. Il avait sûrement tué son grand-père et j'en avais la chair de poule. Masami me disait de ne pas me débattre pour éviter d'empirer le mal. S'il était capable de tuer un membre de sa famille alors de quoi pouvait-il être capable contre moi?

Je me laisserais faire. Tant pis. Je penserais à Sasha. Je ne voulais pas mourir ni être battue. Pardonne-moi mon Sasha pour ce que j'allais faire! Dieu, aidez-moi à être forte!

Masami eut terminé de me déshabiller avec mon aide puis j'enfilais une robe de nuit satinée blanche avec dentelles et à bretelles, et une robe de chambre assortie. Je nouais la ceinture avec un nœud suffisamment serré pour moi. L'esclave détacha mes cheveux, les démêla et me démaquilla ensuite.

- Vous avez déjà un petit ami? Demanda-t-elle sans trop oser.

- Hein? Euh oui. Un fiancé! Souris-je en pensant à Sasha.

- Je demandais car vous avez une marque au cou. Le Jeune Maître ne va pas apprécier.

- Sasha est mon grand amour. Nous allons nous marier mais…

- Je comprends. Ça ne sera pas possible maintenant que le Jeune Maître a décidé de vous avoir comme favorite.

- Hein? Comme favorite? Qu'est-ce que c'est? Questionnais-je perdue.

- Oui, favorite. Vous deviendrez sa maîtresse royale et votre fiancé ne pourra plus jamais vous toucher.

- Non! Sasha est mon grand et unique amour. Je ne veux pas le perdre. Il est si gentil, si fantastique, si extraordinaire, si incroyable, si… Ah je suis follement amoureuse de lui! Attends je te le montre en photo! Où est mon téléphone portable? Soupirais-je entichée.

- Avec vos anciennes affaires. Je vais vous le chercher.

Elle se leva, se dirigea vers un petit meuble et ouvrit un tiroir pour sortir un sac plastique. Elle prit mon téléphone et je vis le gilet de Sasha à l'intérieur.

- 1Ah! Le gilet! Passe le moi! J'y tiens beaucoup. S'il-te-plaît? M'exclamais-je souriante, ravie de le revoir.

Masami le prit également, rangea le sac puis revint à mes côtés en me donnant le tout. Je vis que j'avais dix-huit appels manqués. Deux de mes parents à une heure d'intervalle, un de mon frère et quinze de Sasha. Aïe! Il devait être au courant. Mon cœur se serra en voyant ses messages sur VK. Il était le seul à m'en avoir laissée.

«Nastia, Dïadïa a téléphoné à mon père et il a dit que mon demi-frère t'avait embarquée avec lui à Mary Geoise. C'est sérieux? Je vais le défoncer s'il t'épouse. Je vais le buter. Je le jure sur ma croix.»;«Je viendrais te chercher. Je te ramènerai avec moi et on se mariera.»;«Je vais venir chercher mon titre à contre cœur pour toi. Je t'aime et je veux me marier avec toi.»;«Ne te marie pas avec lui. S'il te fait du mal, je le bute!»;«On restera ensemble pour toujours. Je t'aime je t'aime je t'aime! Ma princesse! Ma Nastia adorée.»

Avec un sourire, j'écrivis une réponse.

«Mon Sasha, je suis désolée. Je ne veux pas t'inquiéter. Pour l'instant tout va bien. J'ai bien mangé. On m'a lavée comme si j'étais moi-même une crasse et j'ai assisté au couronnement de Dmitri. C'était un truc de dingue puis ensuite, il m'a faite Marquise. C'était effrayant. J'ai dû marcher pour sortir de la grande salle. J'ai réussi sans tomber même si j'ai prit mon temps. Mes parents et Vitali ont essayé de me joindre aussi mais je viens de rentrer dans mes appartements. C'est immense. On dirait une baraque pour moi toute seule. Dit leur que tout va bien et que je fais tout mon possible pour réussir à aller de mieux en mieux. Je vous aime tous.»

J'avais envie de lui parler de ce qu'il allait se passer avec Dmitri mais j'avais peur qu'il fasse une connerie et qu'il aggrave les choses. Je quittais rapidement VK pour aller dans mon album photos et montrais Sasha à Masami. J'avais choisi l'image de lui sur le rebord de la fenêtre de l'hôpital en train de fumer. Qu'il était beau putain!

- Oh! Il est bel homme, je confirme. Il a un air au Jeune Maître. Sourit Masami doucement.

- Oui, ils sont demi-frère. Sasha vit dans le Bas-Monde. On se connait depuis tout petit. Souris-je rêveuse.

Masami ne dit rien et sembla peinée. Elle devait penser à Tante Irina et Piotr. Je gardais également le silence et mis mon portable en silencieux vu qu'il était en vibreur.

- Voulez-vous aller vous reposer dans votre lit, Madame? Proposa-t-elle après un temps.

- Euh oui, merci. Souris-je comme réponse sans faire de commentaire sur le vouvoiement et le Madame.

Ça avait l'air difficile de rentrer dans sa tête alors bon… Masami m'aida à monter sur le lit baldaquin qui était bien trop grand pour ma taille, me couvrit des draps en soie satinés et des couvertures, -Je n'allais pas crevée de froid!-, et ferma les rideaux fins du lit. A travers, je la voyais ensuite aller s'asseoir près de la cheminée allumée pour tisonner le feu. Je serrais contre ma poitrine le gilet de Sasha, allongée sur le côté, et en respirais l'odeur. Ça faisait du bien. Je me sentais plus rassurée. En même temps je regardais des photos de mon fiancé. Il me manquait terriblement tout comme ma famille. Oh un message VK de Sasha! Avec hâte, je l'ouvris.

«Je suis soulagé de savoir que tu vas bien. Tu es seule pour qu'on se fasse une cam ou pas?»

«Je ne suis pas vraiment seule. Il y a une esclave avec moi et Dmitri arrivera je ne sais pas quand. Mais j'ai tellement envie de te voir. Tu me manques!»

«Moi aussi. Je veux te voir. On se fait une cam mais sans le son alors. Je t'aime ma princesse.»

«Ok mais quand il arrivera. Je devrais couper direct.»

«Pas de blème!»

Ensuite, il lança une conversation vidéo que j'acceptais sans hésiter. Je coupais mon micro tout comme lui vu le témoin sur le côté. Ça faisait du bien de le voir. Tellement que je commençais à pleurer. Mon Sasha!...

«Je t'aime!» Lui envoyais-je.

«Je t'aime aussi!J'ai passé le mots à tes parents. Ils sont soulagés aussi. Alors comme ça tu es Marquise? Et tu aurais pu me dire que ma mère était libérée par l'A.R.! C'est mon père qui me l'a dit et je sais que tu étais au courant.»

Je fis une petite moue désolée.

«Pardon mais on m'avait dit de ne rien te dire. J'ai vu ton père biologique aussi cette aprèm. Bah c'est un vrai con! Franchement, tu as eu de la chance d'avoir été élevé par Oncle Nikolaï. Il est franchement plus cool. Tu aurais fini comme Dmitri. Je comprends mieux sa jalousie envers toi. Il croit que tu as eu une meilleure enfance que lui.»

«Ouais je sais que c'est un con. Papa m'a parlé de lui comme il a discuté avec Dïadïa. Il me connait même pas et il veut dicter ma vie. Quel connard! Je plains mon demi-frère. Moi, j'ai été battu mais lui, il a dû être sous pression. C'est pas mieux.»

«Oui. Peut-être que vous pouvez vous entendre, si ça se trouve?Il peut se montrer sympa même si des fois on dirait un robot.»

«Peut-être. Mais ne te fis pas à son air angélique si c'est un pervers narcissique. Tu seras vite déçue.»

«T'inquiètes! Je reste sceptique avec lui. Il a pas l'air d'avoir d'humour en plus mais tu aurais vu à la cérémonie comment sa famille parlait de lui. Je me serais mise à chialer et je me serais barrée à sa place. Ils le détestent et lui font bien savoir. Dmitri m'a dit de ne parler que japonais avec eux pour qu'ils ne sachent pas que je sais parler russe, comme ça je peux les connaître mieux d'après lui.»

«Ouais je vois le genre. De gros focus hypocrites, quoi! Je comprends qu'il ne souhaite pas rester seul avec ces gens mais de là à te forcer à venir… C'est un caprice de gosse.»

«Oui je pense pareil. S'il te demandait de venir rendre une visite ici, tu viendrais?»

«Pour te voir, je viendrais. De toute manière, je compte venir et on se mariera. Je te le promets! Ma princesse, je t'aime!»

Je souris larmoyante en essuyant le coin de mes yeux.

«Tu es mon grand et unique amour.» lui envoyais-je.

Sasha allait porter son tube de tabac à la bouche mais je le vis rire. Il fuma avec un sourire en pianotant sa réponse.

«J'espère bien. Toi aussi, tu es mon grand et unique amour. Je vais devenir Dragon Céleste pour toi. Si ça c'est pas du sacrifice, je me fais moine alors.»

Je me remis à chialer silencieusement. C'était un effort monumental de sa part et il faisait ça pour moi. Sasha renonçait à sa vie d'avant juste pour moi. Peu de monde l'aurait fait. C'était une belle preuve d'amour.

«Merci mon Sasha. Je t'aime!»

«Je t'aime aussi ma Princesse. Je ne te laisserais jamais tombée. On a fait le pacte de sang, n'oublie pas!»

C'était vrai. Il me montra son doigt avec une fine cicatrice et je fis pareil avec le mien. Nous étions unis même de loin.

«Oh tu as l'air bien fringué! Montre!» M'envoya-t-il avec un sourire, sa cigarette au bout des lèvres.

J'éloignais mon portable pour lui permettre de mieux me voir presque entièrement. Sa bouche se mut en cercle et je compris qu'il avait émis un Oh.

«Tu es très belle comme ça. Sympa le lit de luxe. Montre la baraque!»

«Il n'y a pas grand-chose à voir là, ce n'est que ma chambre. J'ai une salle de bain avec deux baignoires, des toilettes séparées, un petit salon et la salle à manger, je la partage avec Dmitri.»

Je mis la caméra arrière et balayais la pièce avec. Je dûs écarter un peu les rideaux discrètement pour lui permettre de voir.

«Cool la cheminée! Ça donne des idées:D L'esclave n'est pas là?»

Hein? Tiens? Masami n'était plus là.

«On dirait. Je ne sais pas où elle est.»

Je remis la caméra frontale et une porte s'ouvrit me faisant sursauter. Sasha s'en aperçu car il fronça des sourcils.

«Qu'est-ce qu'il se passe?» Demanda-t-il.

C'était Masami? La silhouette était plus grande. Mitia! Merde!

«Quelqu'un vient d'arriver. Je crois que c'est Dmitri. Je dois te laisser mon Sasha. Je t'aime. Je te donne des nouvelles plus tard. Je t'aime je t'aime je t'aime!»

Je lui envoyais un baiser et sans l'attendre coupais la conversation vidéo. Je reçus néanmoins un Je t'aime de sa part avec plein de cœur. Je cachais ensuite mon portable sous mon oreiller et restais allongée en essayant de faire semblant de dormir. J'étais fatiguée. Il me semblait avoir vu 2h du matin sur le téléphone. J'entendis que la personne retirait ses chaussures puis se déshabillait. C'était vrai que Mitia voulait qu'on baise. Je ne disais pas non mais j'avais peur et je trouvais ça mal de forniquer avec son futur beau-frère. Dans ce terme, il y avait le mot frère. Pour moi, c'était comme baiser avec Vitali. C'était mal. Seulement, je me souvenais avoir eu une résistible envie de Dmitri la nuit dernière. J'étais en manque à ce moment-là mais pas actuellement.

J'entendis le rideau à ma gauche s'ouvrir, un corps se glisser dans les draps et les couvertures puis le tissu se refermé. J'ouvris alors les yeux comme si je venais d'être réveillée. Je croisais son regard stoïque et remarquais qu'il avait le torse nu. Le reste aussi?

- Mitia? Soufflais-je d'une petite voix.

- Ma mie, comment vous sentez-vous? Demanda-t-il.

- Encore fatiguée. Mes jambes vont subir demain. Et toi, comment tu vas? Au fait, félicitations pour ton couronnement. Souris-je avec douceur.

- Je vais bien. Tout se passe comme je l'ai souhaité. J'ai fait envoyer une dot à votre famille. Elle la recevra demain matin. Répondit-il solennellement.

- Hein? Une dot? Fis-je confuse.

Et envoyée chez moi? Il avait eu comment mon adresse?

- Oui, pour votre mariage avec Aleksand'r. J'aimerais qu'il vienne vivre avec nous sur la Terre Sainte...

Mes yeux s'illuminèrent de joie et mes lèvres s'étirèrent en un large sourire. Vraiment? Il ferait venir Sasha pour le mariage? En fait, Mitia ne voulait pas m'épouser, n'est-ce pas? Il souhaitait juste ne plus être seul et vraiment être avec son frère. Peut-être qu'il n'était pas jaloux et que Tante Irina et Piotr racontaient de la merde car Dmitri les avaient dénoncés? Ou bien peut-être qu'il voulait inviter Sasha pour facilement lui faire du mal? L'horreur.

- …Enfin, à une condition seulement. Continua-t-il devant ma gueule ravie.

Je me disais aussi.

- Laquelle? Questionnais-je en perdant mon sourire.

Mitia me fixa un instant sans siller avant de répondre avec un sourire en coin.

- Que vous m'accordiez vos faveurs.

Hein? Mes faveurs?

- C'est-à-dire? Demandais-je perdue.

Dmitri me fixa puis eut un bref sourire en soufflant du nez. Quoi? Il se foutait de ma gueule?

- Je vous désire, ma Mie. Votre beauté hante mes pensées à mon insu. Votre corps si voluptueux n'a de cesse de me faire languir de vous goûter. Dit-il en se rapprochant de moi.

Ah! Il voulait me baiser. Masami avait raison. Son corps nu et chaud touchait le mien vêtu. Son odeur masculine de bourgeois emplissait mes narines d'un doux parfum de luxe. Sa chaleur charnelle me réchauffait partiellement.

- Mouais… Soufflais-je déçue.

Il fronça des sourcils mais resta attentif à la suite.

- …En fait, tu es comme les autres. Tu es le sixième mec à vouloir me baiser. Je suis déçue. Je pensais que tu serais un type bien, toi aussi, mais je me suis trompée. Terminais-je en me mettant de côté pour lui faire dos.

Dmitri se redressa et se pencha vers moi, ses bras me faisant barrage au niveau de mes épaules. Euh… J'aurais dû fermer ma gueule, nan?

- Ma Mie, vous vous rendez compte au moins que si vous ne vous offrez pas à moi, vous n'épouserez jamais mon frère? Susurra-t-il à mon oreille sur un ton qui me noua l'estomac.

- Je sais et je ne veux pas. Va-t'en! Je ne tromperais jamais Sasha. Il est une bonne personne et je l'aime énormément alors il ne mérite pas que je lui fasse du mal. Soufflais-je avant de plisser les lèvres sans le regarder.

Mitia expira bruyamment par le nez et me retourna sans douceur pour me mettre sur le dos. Il plaqua sa main contre ma bouche me surprenant puis rapprocha son visage du mien. Ce regard. C'était le même que Ace lorsqu'il était en colère. Nan! C'était plus effrayant. Il allait me faire du mal. Je le ressentais. Mes sens s'étaient mis en alerte. Mes poils se hérissèrent dans mon dos et en particulier sur ma nuque. Je pris peur. Tante Irina avait raison. Je regrettais…

- Vous ne me laissez pas le choix. Ce que je m'apprête à faire est entièrement de votre faute. Vous m'obligez à le faire. Vous m'y contraignez, ma Mie. Si vous vous laissez faire, tout ira bien pour vous et vous pourrez même y prendre du plaisir. Dit-il, le ton monotone.

Et là, je compris. Nan! Il allait me violer. Nan! J'étais peut-être nymphomane mais je ne voulais pas baiser avec lui. Hier c'était différent. J'étais en manque et je n'avais pas peur de lui. Mon cœur battait la chamade cognant dans ma poitrine au point que j'en avais mal. Je me débattais du mieux que je pouvais lorsqu'il essayait de se glisser entre mes cuisses fermées. Je les serrais le plus possible mais avec ma faible force et l'épuisement dû à tout à l'heure, il parvint à les écarter. Sa main était toujours plaquée sur ma bouche étouffant mes cris qui me brûlaient la gorge. Je tentais de me défaire de son poids quand il remonta ma robe de nuit mais en vain. Dmitri me pénétra d'un coup sans douceur et je m'estimais heureuse de ne plus être vierge. C'était douloureux. Quand son membre était entré, c'était comme du papier de verre. Mon vagin n'était pas lubrifié et j'eus les larmes aux yeux. J'avais mal…

Mama… Papa…

Je me débattais quand il se mouvait en moi. Je savais que je le touchais et le griffais au visage. Cependant, ma tête partit violemment sur le côté. Une vive douleur survint au visage et un goût métallique vint sur ma langue. Il m'avait frappée. Ce n'était qu'une gifle du revers de la main mais elle était puissante pour mon petit gabarit. Mes dents avaient limé ma lèvre inférieure et du sang coulait un peu dans ma bouche. Ça m'avait calmée net.

À travers les rideaux du lit baldaquin, je voyais le mouvement des flammes danser dans la cheminée. C'était joli. Tiens? Il y avait un accro sur le rideau faisant un léger écart entre les mailles. Ça ressemblait à une goutte. Ça aussi ça faisait joli. En regardant bien à travers, je pouvais voir l'œil du portrait accroché au mur. La personne, qui que ça pouvait être, me regardait. Elle me fixait dans mon malheur. Dieu? Jésus?

J'étais tellement fatiguée…

Mama… Papa… Vitali… Ace… Sasha… Mon Sasha…

L'œil du portrait fut éclairé par une lueur plus forte de la cheminée. Mon corps me faisait souffrir. J'avais mal. Tout mon inérieur me brûlait. Il faisait froid mais je sentais les draps, les couvertures et la chaleur de Mitia. J'avais froid… Mon corps tremblait. Je percevais le crépitement du bois mordu par les flammes à travers les claquements du lit en bois contre le mur de pierre. J'entendais ses râles puis plus rien. Un poids en moins. Du bruit presque inaudible. Une porte qui claqua. J'avais encore plus froid.

Il était parti. Je ne l'avais pas vu quitter la chambre mais je le savais. Toutefois, pour être sûre, je ne bougeais pas. Je n'osais pas. A force d'attendre, la lumière du feu avait diminué. J'avais toujours froid. Je grelottais. Je ne voulais pas rester dans ce lit, ces draps, ces couvertures souillés alors je me laissais glisser hors de la literie, tombant ainsi sur le tapis la bordant. Le rideau avait caressé mon visage douloureux. Mon corps me faisait mal, mes larmes coulaient toujours sur mes joues, ma lèvre me faisait encore souffrir. Je rampais sur la pierre froide jusqu'au feu devenu plus petit. Plus j'approchais plus la pierre devenait chaude. Ça faisait du bien. Arrivée devant les braises, je me rendis compte en me recroquevillant sur moi-même que j'avais embarquée sans faire exprès le gilet de Sasha. Je le mis tremblante sur mon corps recouvrant mes épaules et ma tête. Quelque chose chatouilla mes fesses. J'eus un écoeurement en sachant que c'était du sperme. J'allais tomber enceinte de ce monstre. Nan! J'avais le DIU en cuivre. Je me sentais sale, encore plus qu'avant après avoir assouvi ma pulsion. Je regrettais mon engagement dans l'A.R. Je ne voulais plus en faire parti. Je n'avais plus envie d'exécuter la mission qui m'avait été donnée. Je voulais partir. Je voulais retrouver ma famille et ma vie d'avant. Je voulais retourner en début d'année, envoyer chier Ace, m'enfermer dans ma chambre, écouter de la musique sur mon PC, regarder ensuite ma série préférée sur Netflix puis manger un bon repas de Mama. Ma vie tranquille me manquait.

Je pleurais. Mes oreilles bourdonnaient. Les battements de mon cœur résonnaient dans ma tête. Mon estomac était noué. Mon diaphragme tressauta et j'eus le temps de retirer le gilet pour vomir dans les braises. L'odeur était infecte et la chaleur chauffait mes yeux. Il y avait peu de bile.

Je voulais fuir. Cet endroit me dégoûtait. Ce n'était pas ma place. Je n'étais pas assez forte pour m'engager dans l'Armée Révolutionnaire. Je n'étais qu'une gamine en mauvaise santé. J'avais même oublié mes médicaments. Je n'étais qu'une idiote naïve et trop gentille. Alors essuyant ma salive dégoulinant de ma bouche meurtrie avec la manche de ma robe de chambre, je me redressait de mes deux bras tremblants pour ramper jusqu'au fauteuil roulant. Après tant d'efforts, je fus enfin dessus. Mes jambes n'en pouvaient plus. Elles tremblaient toutes seules. Mes bras étaient endoloris mais lentement, je les utilisais pour récupérer mon téléphone sous mon oreiller. Oh du sang! Il y avait une tâche d'hémoglobine de la taille de mon pied sur le drap. C'était le mien. Je n'osais pas regarder entre mes jambes.

Sasha avait essayé de m'appeler sur mon téléphone, il y avait une heure. 18 appels manqués. Ça faisait déjà une heure que Dmitri m'avait… Une heure… Et combien de temps cela avait-il duré? Je l'ignorais. Sasha… Même d'aussi loin, il avait pu ressentir mon mal-être. Nous étions un peu connectés même avec la distance. Je pleurais encore en serrant mon portable contre ma poitrine.

Lentement, je me dirigeais vers la sortie. Le couloir de pierres était désert. Personne. Même pas une lumière. Je mis mon téléphone en mode lampe torche pour mieux y voir. C'était grand. Il y avait plusieurs portes. Je ne savais pas où elles menaient mais je voulais m'éloigner au plus vite d'ici et d'être loin de lui. J'avançais en essayant de faire vite. J'étais fatiguée. Les portes défilaient devant moi. Je prenais à droite puis à gauche, encore à gauche avant d'arriver devant une immense double porte en bois. Était-ce la sortie? Hésitante et tremblotante, je poussais le bois des deux mains. La porte s'ouvrit dans un grincement lourd. Essoufflée, je me retrouvais dans une chapelle orthodoxe. Je l'avais reconnue à la croix sur les étoffes de velours violettes. Il n'y avait pas de chaises mais les murs étaient remplis d'icônes. Les bougies sur les chandeliers me permettaient de mieux voir alors j'arrêtais la lumière de mon portable. La chapelle était vide et la porte se ferma dans un grand bruit me faisant sursauter. Ma fuite m'avait menée jusqu'à Dieu. Jésus Christ m'avait guidée en lieu sûr. Je fondis en larme en arrivant devant une de ses icônes. Je joignis mon pouce, mon index et mon majeur en repliant les deux autres doigts pour faire le signe de croix devant elle. Front, poitrine, épaule droite puis épaule gauche. Cela faisait longtemps que je n'étais pas venue dans une chapelle orthodoxe. Je me sentais comme à la maison devant l'icône de notre Sauveur. Je joignis les mains et priais en pleurant.

- Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheresse.Garde-moi, Seigneur, par la force de Ta précieuse et vivifiante Croix et préserve-moi de tout Mal! Guéri mes blessures et mes maux! Seigneur Jésus Christ, guide-moi dans Ta Lumière et donne-moi la Force de continuer à vivre ! Amen.

Je répétais cette prière en boucle, les yeux clos avec les mains jointes en continuant de pleurer. J'étais vidée de toute énergie. Je n'avais plus la force de continuer à la réciter de vive voix. Ce n'était plus qu'un murmure à peine audible.

La lueur de l'aube perça les vitraux au bout de la chapelle attirant mon attention. J'avais prié tout le restant de la nuit. Ma gorge et ma mâchoire me faisait mal. Mes mains étaient moites, mes poignets et mes bras étaient endoloris à force de les avoir maintenus levés et mes yeux étaient bouffis et rouges après avoir trop pleuré. Je papillonnais des paupières en regardant le soleil illuminer l'auréole de Jésus Christ. Il avait enduré toutes les souffrances pour notre Rédemption. Était-ce un signe pour me dire de continuer ma mission? Oui! Je devais prendre exemple sur notre Seigneur. Je devais aider ces pauvres gens entravés même si je devais en souffrir. J'accomplirais ma mission. Mama, Papa et Vitali comptaient sur moi. Je n'avais pas envie de leur faire honte en faisant tout foirer. Je me souvenais des paroles de Barbe Blanche. Il y avait différentes manières de se rendre utile et qu'il faudrait des personnes comme moi pendant cette guerre. Je n'avais pas comprit de quoi il parlait mais maintenant je savais. Les esclaves de Mary Geoise étaient perpétuellement dans la peur, la fatigue, la souffrance, la tristesse et la colère. Il leur fallait de l'espoir, de la bienveillance et de l'Amour. Alors je ne devais pas sombrer. Je devais me ressaisir pour eux et leur permettre d'avoir une meilleure vie.

J'allumais une bougie et la posais près de l'icône de notre Sauveur puis le remerciais dans un souffle. Ma voix était éteinte et trop abîmée. Je devais la laisser se reposer. De toute manière, elle ne me serait pas utile. Je n'avais plus envie de parler. Et puis, je n'avais pas besoin de voix pour ouvrir une porte et donner des clés. C'était décidé. J'accomplirais ma mission dans la Foi et l'Amour comme notre Seigneur.

Je sursautais lorsque la double porte s'ouvrit dans un lourd grincement. Je n'osais pas me tourner et préférais fixer l'auréole lumineuse de notre Sauveur, toute tremblante à cause du froid.

- Mon Enfant? Parla une voix d'homme âgé en russe.

Soulagée que ça ne soit pas Dmitri, je tournais la tête pour voir la personne. C'était l'évêque orthodoxe de cette nuit.

- Avez-vous besoin d'une confession? Demanda-t-il en s'approchant faisant traîner sa robe de cérémonie dorée sur la pierre.

Une confession? Pourquoi pas. J'avais beaucoup de chose à dire sauf que…

Je hochais lentement de la tête mais je montrais et tapotais doucement ma gorge du bout des doigts pour lui faire comprendre que je ne pouvais pas parler. En arrivant près de moi, il me détailla de la tête aux pieds du regard et ce dernier s'attrista.

- Je vous reconnais. Que vous est-il arrivée mon Enfant?

Je ne répondis pas. J'avais du mal à m'en souvenir. C'était devenu flou. Je me rappelais juste de l'œil et des braises, de la douleur dans mon corps et du froid. Je savais au moins que Dmitri m'avait fait du mal. Essayer de m'en souvenir était éprouvant. Mon corps était pris de tremblements incontrôlables. J'avais froid. Je grelottais. Face à mon silence, l'évêque fit le signe de la croix sur son corps puis sur mon front. Je tressaillis à son contact et il prononça l'absolution.

- Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde! Par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés; par le Ministère de l'Eglise, qu'il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et de notre Sauveur Jésus Christ, je vous pardonne tous vos péchés. Amen.

Je fis le signe de la croix sur mon corps et me sentais libérée. J'étais comme ressuscitée. J'avais un poids en moins sur moi. Toutefois je restais toujours dans mon mutisme et fixais sans m'en rendre compte l'icône de l'Archange Zadkiel.

- Ne laissez pas le Démon vous affaiblir, mon Enfant! La Bête ne doit pas avaler votre Lumière. Tenez! Prenez ceci pour vous aidez dans les moments les plus sombres! Le Seigneur Jésus-Christ vous a guidée jusqu'ici. Revenez autant que vous le voulez! Vous êtes la bienvenue dans la Maison de Dieu. Dit-il en sortant d'une poche de sa soutane un Tchotki rouge en laine tressée de nœud et de perles en bois.

La croix de bois sculpté représentait notre Sauveur et je le pris puis l'embrassais avec gratitude avant de le serrée contre ma poitrine.

- Vous êtes blessée, mon Enfant. Vous devez voir un médecin. Je vais vous quérir un esclave pour vous ramener dans vos appartements.

Je ne voulais pas y retourner mais je ne pouvais pas rester ici indéfiniment. Je ne disais rien quand il sortit de la chapelle. Si je retournais là-bas, j'allais revoir Dmitri. C'était insupportable. Protégez-moi, Seigneur! L'évêque revint accompagné d'une femme entravée au cou. C'était Masami. Ses lèvres se pincèrent de tristesse. Je devais avoir une gueule à faire peur.

- Jeune Maîtresse! Le Jeune Maître m'envoie vous chercher pour vous préparer pour le petit-déjeuner. S'exclama-t-elle en japonais.

Elle s'approcha pour rajuster ma robe de chambre ouverte. Je la repoussais doucement en émettant une plainte sans voix.

· Madame, vous êtes dénudée. Chuchota-t-elle sur un ton désolé.

Je baissais lentement les yeux et constatais que ma robe de chambre était grande ouverte,-la ceinture était défaite-, et ma robe de nuit était déchirée dévoilant ma poitrine qui avait quelques marques violettes et rouges. Les mains tremblantes, je ramenais les pans du gilet de Sasha sur mon corps pour me couvrir. Masami vint me pousser jusqu'à la sortie ensuite. Au fur et à mesures que les portes défilaient, mon cœur s'accélérait et mon estomac se nouait. Était-il réveillé? M'attendait-il?

Elle finit par ouvrir une porte. Nous étions revenues dans mes appartements. Automatiquement mes yeux se posèrent sur mon lit. Les draps et les couvertures avaient été retirés le mettant à nu. Toutefois, le sang avait aussi tâché le matelas. Nous nous dirigeâmes dans la salle de bain et je vis qu'une baignoire avait été remplie d'eau chaude et fumante. Ça sentait fort l'huile essentielle comme hier soir.

- Madame? Je vais devoir vous déshabiller pour vous nettoyer et ensuite vous préparer. Me dit Masami avec douceur.

Je ne répondis pas et me laissais faire lorsqu'elle me retira mon chapelet orthodoxe, mon portable, mon gilet, ma robe de chambre mais je couinais d'une voix éteinte quand elle défit ma robe de nuit. Mon corps me faisait souffrir.

- Oh Madame… Je suis désolée. Les marques vont mettre du temps à disparaitre. Je peux cacher les plus voyantes avec du maquillage si vous voulez? Souffla-t-elle peinée.

Je secouais lentement de la tête. Nan. Je voulais que ça se voit, que tout le monde voit ce qu'il m'avait fait et je voulais surtout que lui voit ce qu'il avait osé me faire.

J'étais fatiguée. Je n'en pouvais plus. Alors mes paupières papillonnèrent lentement jusqu'à se fermer totalement. J'entendis Masami m'appeler avant de m'endormir. Néanmoins, je me réveillais en sursaut quand elle me sécha délicatement le corps en tamponnant avec la serviette chaude.

- Non, Madame! Tout va bien. Ce n'est que moi. Je vous sèche. Vous voyez? Me rassura l'esclave avec bienveillance.

Je hochais de la tête.

- Madame, je suis obligée de vous presser. Le Jeune Maître vous attend pour le petit-déjeuner. Si je ne me dépêche pas de vous préparer, il va… implora-t-elle avant que je ne la coupe en posant une main sur son bras.

Je lui souris avec douceur puis lui fis signe de se baisser. Elle s'exécuta et je la pris dans mes bras en lui caressant le dos.

- Tout va bien. Murmurais-je d'une voix éteinte et presque inaudible à son oreille.

Elle me sourit gentiment et m'habilla ensuite de sous-vêtements élégants qui coûtaient la peau du cul avec une protection hygiénique sur la culotte et d'une chemise avec un pantacourt en toile ainsi qu'une paire d'escarpins vernis à semelles rouges. Les chaussures étaient très belles.

- Quand je ne vous ai pas vu tout à l'heure et avec tout ce sang dans les draps et sur le sol, j'ai cru… J'ai cru qu'il vous avait tué. Ne m'en veuillez pas, Jeune Maîtresse! Me dit-elle tristement en me mettant les chaussures.

Je restais silencieuse.

- Vous avez passé le restant de la nuit dans la chapelle de la famille ROMANOV? Le Jeune Maître l'a dit.

J'acquiesçai de la tête. Comment le savait-il?

- Le Jeune Maître sait toujours où nous sommes. Les Dragons Célestes appellent ça le Haki de perception. Les autres esclaves disent que Monsieur sait lire dans les pensées. Je crois que c'est vrai. Vous devriez faire très attention, Madame. Ne l'offensez pas encore! Pour votre sécurité, faites toujours ce qu'il demande!

Je hochais encore de la tête en silence. Ensuite, elle m'apprêta de bijoux scintillants et d'un maquillage léger avant de m'asperger d'un parfum chic. Ça sentait bon. J'avais les cheveux lâchés et une barrette à fleurs sur le côté.

J'appréhendais mes retrouvailles avec Dmitri. Qu'allait-il se passer? Comment allais-je réagir? Comment lui allait-il se comporter? J'avais peur. Je tenais mon chapelet fermement dans ma main quand nous passâmes la porte donnant sur la petite salle à manger commune. Il était là! Mitia était assis sur un fauteuil devant la cheminée allumée en train de lire un journal. J'avais honte de le trouver séduisant. Son regard me donna un frisson lorsqu'il se posa sur moi. Il se leva en pliant le journal et ma respiration se coupa.

- Bonjour, ma Mie. Vous avez tardez. Je prends le petit-déjeuner à 7h30 précise. Tâchez de vous en souvenir à l'avenir! Dit-il en russe en posant les nouvelles sur la petite table ronde à côté du fauteuil.

Masami me laissa devant la table d'hier soir garnie de bonne chose à manger mais mon estomac était aux abonnés absents. J'avais le ventre lourd et noué. Je mangerais un peu pour rester en vie et reprendre des forces. Mitia fit un geste de la main pour ordonner à l'esclave de quitter la pièce. Je lui jetais un œil avant qu'elle ne parte. Elle ne m'avait pas regardée et s'était contentée de fixer le sol. Nous étions seuls. J'étais seule avec lui. Dmitri s'installa en face de moi et se servit du café. Ça sentait bon.

- Sachez que votre attitude de cette nuit m'a fait beaucoup de peine! Vous m'avez déçu. Se plaignit-il comme un gosse en mettant du sucre dans sa tasse.

Je restais dans mon mutisme sans bouger. Je fixais simplement sa cuillère remuer son café. Je m'en foutais de l'avoir déçu et de lui avoir fait de la peine. Lui, il m'avait blessée et même meurtrie. Ça n'avait pas l'air de lui faire quelque chose. Il s'en foutait.

- Mangez! Je déteste prendre le repas seul… intima-t-il.

Lentement, je me servis du thé noir et je manquais de faire tomber la théière. Elle était lourde pour mon poignet endoloris.

- …J'en reviens à cette nuit. Je ne veux plus que ça se reproduise. Après ce que j'ai fait pour vous!... Vous m'avez beaucoup déçu… Vous vous rendez compte tout de même qu'à cause de votre enfantillage, vous m'avez contraint à vous faire du mal. Votre état est de votre faute. Vous vous en rendez compte au moins?...

Mon enfantillage? Ma faute? Il était sérieux, là? Il voulait tout me remettre sur le dos. Genre c'était moi la responsable de ce qu'il m'arrivait?! Quel connard! Dieu m'avait guidée dans la chapelle car notre Seigneur Jésus-Christ avait entendu ma détresse et ma douleur. Ce n'était pas de ma faute. Non! Ce n'était pas moi. J'endurerais les milles supplices s'il le fallait mais j'accomplirais ma mission. Je les sauverais tous! Alors ce n'était pas un connard qui me briserait. Je ne culpabiliserais pas! Ce n'était pas de ma faute. Ce n'était pas de ma faute. Ce n'était pas de ma faute.…

- … Est-ce pour cela que vous avez passé la nuit dans la chapelle? Dieu vous a-t-il pardonné l'offense que vous m'avez fait? Le contraire serait très regrettable pour votre âme… Mais moi, Saint Dmitri, je vous pardonne. Enfin, à la condition que vous ne recommencerez plus, ma Mie. Avez-vous compris?

Je ne répondis pas et fixais ma tasse fumante. Dieu ne lui pardonnera pas à lui! L'évêque avait raison. Je ne devais pas me laisser déstabiliser par le Démon. Mitia était mauvais. Pour le bien de ces gens entravés, je devais tenir bon. Je sursautais lorsqu'il abattit son poing sur la table. Mon thé salit ma coupelle juste en-dessous de la tasse.

- Répondez! Grogna-t-il sévère.

Je me pinçais les lèvres pour ne pas les faire trembler. J'avais envie de pleurer. Puis je hochais de la tête en silence. Dmitri expira longuement du nez, satisfait.

- Mangez! J'avais prévu des activités aujourd'hui mais vu les circonstances, ce sera pour un autre jour. Vous faites triste à voir. Je suppose que vous n'avez pas dormi. Je vous confine alors dans vos appartements pour vous reposez. Il serait regrettable que l'on vous voit comme ça. Maintenant mangez!

Je hochais de la tête par peur qu'il ne frappe encore la table puis bus mon thé. Je mangeais un peu de petites viennoiseries mais je n'avais pas faim. Dmitri avait mangé copieusement.

- Si vous avez terminé, je vous congédie. Me dit-il en s'essuyant la bouche avec sa serviette en tissu.

Je hochais de la tête.

- Un de mes médecins viendra prendre état de votre santé. Je dois vous laisser maintenant. J'ai des importances à faire. Ne soyez pas en retard pour le déjeuner de 13h!

Ensuite il se leva et fit le tours de la table. Ses lèvres se posèrent sur ma joue avec douceur puis sa main passa dans mes cheveux pour prendre une mèche et la sentir. Ça me donna un frisson de dégoût mais je restais statufiée par peur qu'il me frappe.

- Regardez-moi, ma Mie! Ordonna-t-il dans un murmure.

Je n'en avais pas envie mais apeurée, je tournais la tête vers lui et levais les yeux pour croiser son regard. Ils s'humidifièrent et une larme coula sur ma joue.

- Ne pleurez pas Anastasia! Je ne veux que votre bien… Vous avez un si joli visage. Je regrette ce que vous m'avez contraint à faire… Que deviendriez-vous sans moi, ici? Vous avez besoin de moi. Sachez-le! Ici, vous n'avez que moi. Alors ne nous fâchons pas! D'accord? Murmura-t-il avec douceur.

Une autre larme coula. Je hochais encore de la tête. Il avait raison. J'étais seule ici et je ne connaissais que lui. Cependant, il valait mieux être seule que mal accompagnée.

- Bien. M'en voilà ravi. Je vous souhaite une agréable journée. Nous nous reverrons plus tard, ma Mie. Sourit-il avant de m'embrasser encore sur la joue.

Mitia quitta la pièce toujours souriant.

Seigneur! Quel cinglé! Il m'écoeurait. Je n'osais pas bouger mais avec toute cette bouffe devant les yeux, je me disais que ce serait du gâchis de ne pas en profiter alors je pris ma serviette en tissus et la garnissais de toute chose. Raisins, croissants, pains aux noix, pommes et fromage à pâte dure. La serviette pleine, je roulais difficilement jusqu'à ma chambre où je trouvais Masami en train de fermer les grandes fenêtres. Elle se tourna rapidement m'ayant entendue puis elle me regarda mettre la nourriture sur la petite table ronde près du fauteuil en face de la cheminée. Je lui montrais en silence mais avec le sourire. Elle s'approcha avec un petit sourire incertain.

- C'est pour moi? Demanda-t-elle ravie.

Je hochais de la tête puis plaçais mon index sur ma bouche close pour lui intimer de garder ça pour elle. Elle acquiesça avec joie et commença à manger en silence mais avec voracité. Je me dirigeais vers le lit refait et m'y installais difficilement. J'avais besoin de me reposer mais mon esprit était tourmenté. J'embrassais le Tchotki en priant dans ma tête. Tout compte fait, Dmitri avait tort. Je n'étais pas seule. Notre Seigneur Jésus-Christ était avec moi. Mon téléphone m'indiquait que Sasha avait encore essayé de m'appeler. Six fois. Ne pouvant pas encore parler, je lui envoyais un message sur VK.

«Mon Sasha adoré, je n'ai pas pu te répondre cette nuit ni ce matin. Je suis désolée. J'étais avec Dmitri mais j'aurais voulu être ailleurs à ces moments-là. Si tu savais! Il est horrible. C'est un monstre. Cette nuit, il a dit que si je ne couchais pas avec lui, il nous interdirait de nous marier. Je n'ai pas voulu. Je ne veux pas te faire de mal. Je lui ai dit que je te resterais toujours fidèle alors il…»

Je m'arrêtais. Je n'arrivais plus à écrire. Même le dire par message était impossible. Je n'y arrivais pas. C'était trop difficile. J'allais effacer mon message mais dans la hâte mon pouce appuya sur Envoyer. Je me pinçais les lèvres. Tant pis.

«J'ai prié tout le restant de la nuit notre Seigneur Jésus-Christ et à force je n'ai plus de voix. Je tiendrais bon, mon Sasha. Je t'aime. J'ai peur qu'il te fasse du mal si tu viens. Tu es et resteras toujours mon unique Amour.Il a dit que c'était de ma faute s'il avait dû le faire et que j'étais toute seule. J'ai peur.»

Il me restait 33% de batterie et j'avais oublié mon chargeur. Quelle idiote! J'avais intérêt à économiser. J'allais couper VK mais je vis que Sasha venait de voir les messages. Il écrivit, s'arrêta puis continua.

«J'ai compris. Je te vengerais ma Princesse. Il va crever. Je le tuerais cet enculé. Je le jure sur ma croix. Je vais le sodomiser à mort. J'ai prit le train des mers avec Papa. Je suis à la gare de Water Seven. Je viendrais te retrouver. Je te protégerais. On sera de nouveau ensemble. Je t'aime. Dïadïa vient d'arriver. A plus tard. Je te tiens au courant de ma venue.»

Il venait? Il venait vraiment? Dmitri ne devait en aucun cas le savoir. Il pourrait tout faire foirer. Mon Sasha venait pour moi. Je souriais heureuse puis embrassais l'écran. Mon Sasha…


Je m'étais un peu reposée ensuite mais le médecin était arrivé. C'était une petite femme âgée. Elle avait voulu faire sortir Masami mais j'avais insisté pour qu'elle reste. Vu que la Doc parlait japonais, ce fut plus simple de communiquer grâce à l'esclave. Cette dernière l'avait informée de mon agression et elle avait regardé les dégâts. J'avais pleuré quand elle avait inspecté mon entrejambe. J'avais des lésions à l'entrée du vagin qui cicatriseraient en quelques jours, des hématomes aux cuisses, au bassin, à la poitrine, au cou et au visage, une blessure au coin de la lèvre inférieure. Ma gorge était irritée et je devais prendre un sirop aux plantes. La médecin m'avait fait une prise de sang et je l'avais informée par écrit de ce que je prenais comme médicaments et qui m'avait suivie comme médecin avant mon arrivée. Elle m'avait donnée un baume pour les bleus et une lotion nettoyante pour l'entrée du vagin avant de partir pour aller chercher ce qu'il fallait pour combler mes carences. Elle était revenue une heure après avec ce qu'il fallait. Je les avais pris sans broncher puis avant de partir définitivement, elle m'avait conseillée beaucoup de repos et surtout de ne pas faire d'activité physique.

Après son départ, je m'autorisais une sieste et avais mit mon réveil pour le déjeuner mais mon sommeil était chaotique. Je dormais de petites brides et ne cessais d'avoir des flashs de cette nuit et de songer à ce qu'il s'était passé. À la fin, j'en concluais que Dmitri avait raison. Si j'avais été consentante, ça ne serait pas arrivé. J'étais nympho après tout. Pour moi, une queue était une queue. Franchement, en tant normal je lui aurais sauté dessus. Je ne comprenais pas pourquoi je n'avais pas voulu. Mitia avait l'air triste tout à l'heure. C'était un comédien. Comment pouvait-on être triste et déçu après avoir agressé une personne? Oh! Ça y était. Je savais pourquoi je n'avais pas voulu. C'était un gros taré jaloux de Sasha! Quelle conne! Je commençais à culpabiliser. Je devais me ressaisir. J'avais une mission.

Je priais. Jésus m'aidait. Ce n'était pas de ma faute. Dmitri voulait me faire culpabiliser. C'était ça. Oh! Ça fit tilt dans ma tête. La fatigue me faisait réfléchir ou bien était-ce Dieu? Bref, Mitia voulait atteindre Sasha à travers moi. Il voulait me briser. Suite à l'agression, je ne voulais plus que personne ne me touche ni même ne m'approche. Il voulait que je repousse Sasha et ainsi lui briser le cœur mais ça n'allait pas fonctionner. Moi aussi, j'étais bonne comédienne, Ducon! Cependant, c'était plus facile à dire qu'à faire. J'avais peur. Il me fallait du temps. En attendant que Sasha arrive, j'étais livrée à moi-même. Je devais rester forte. Seigneur, aidez-moi!

Le réveil était brutal lorsque mon téléphone vibra dans ma main. Je l'arrêtais et baillais à m'en décrocher la mâchoire. Aïe! Ma lèvre douloureuse me sortait pleinement du sommeil. J'avais pourtant encore la tête dans le cul. Les membres tremblants, je m'asseyais sur le lit. Pas de nouvelle de Sasha. Tant pis. Masami n'était pas là. J'allais devoir me débrouiller seule pour aller aux chiottes. M'installant comme une merde sur mon fauteuil avec mon portable, je me dirigeais dans les cabinets pour faire la grosse commission. Ah!~ Ça faisait du bien de lâcher sa crotte. D'ailleurs, je perdais peu de sang et quand j'avais fait pipi, l'entrée de mon vagin me brûlait.

J'en profitais pour faire des recherches sur le terme Pervers Narcissique. Je devais utiliser mon forfait internet car il semblerait qu'il y avait une connexion Wi-Fi ici mais je n'avais pas les codes. Bon alors…

Le pervers narcissique ne savait pas aimer. Il ne ressentais rien sauf une colère et une haine perpétuelles. Il avait besoin d'une victime pour vivre. Ah! Ça devait être moi vu la description: naïve, empathique, gentille, généreuse, altruiste, ayant une propension à la culpabilité et qui possédait des valeurs fortes. Ouais… Bah j'étais dans la merde. Le pervers narcissique était un vampire émotionnel. Il se nourrissait des émotions de sa victime et dans laquelle, il pouvait expurger ses défauts, et tout ce qu'il ne voulait pas voir en lui et qui serait la cause de tout ses échecs. Il n'y avait pas d'alternative pour un Pervers Narcissique mais soit lui soit sa victime devait devenir fou, dépressif, ou mourir. Ah! Dmitri avait l'intention de me rendre dingue. Le mot mourir par contre ne me plaisait pas. Il n'y avait pas un truc pour contrer ce type? L'indifférence. Ça le faisait souffrir. Bah voilà. Mais plus facile à dire qu'à faire. Je verrais bien. Je redoutais mon repas avec lui. Je devais faire attention à tout ce que je dirais car le Pervers Narcissique était paranoïaque. Allez courage Anastasia!

Je soufflais un bon coup après m'être lavée les mains et sortis des toilettes. Il était 12h45. Pour ne pas être en retard, j'allais tout de suite dans la salle à manger commune. Dmitri n'était pas là et j'en étais soulagée. La table était mise et il y avait trois esclaves contre le mur. Je leur souris avec douceur en leur faisant un signe de la main quand ils me regardèrent. Cela les surprit. Je me posais devant le feu pour me réchauffer. Observant les flammes, la nuit me revint. Non! Je n'allais pas réussir à surmonter ça aussi facilement. J'avais peur qu'il recommence. Il allait vouloir encore baiser. Je le sentais au fond de moi et il l'avait sous-entendu. Peut-être quand Sasha sera là, il ne fera plus rien? Ou bien ce sera pire? C'était effrayant.

La première chose à faire était de ne pas le laisser me briser. Je devais garder mes sentiments, mes émotions et mes pensées pour moi. Je fis comme Papa m'avait apprit. Je créais un rempart épais et immense pour protéger mon esprit. Je me barricadais à l'intérieur. C'était ma forteresse, mon fort à moi. Je fermais les yeux et rêvassais en songeant à ma famille. C'était loin d'eux que je me rendais compte à quel point je les aimais tous et qu'ils me manquaient. Une porte s'ouvrit puis se ferma. Ça devait être lui. Je gardais les yeux clos ne me sentant pas encore prête de le voir. Je maintenais ma barricade dans mon esprit tandis que je me focalisais sur le chapelet que j'avais dans la main. Dieu était avec moi. Notre Seigneur Jésus-Christ me protégeait. Sa Lumière envahissait mon Âme et chassait toute obscurité me traversant.

Je sentis des caresses sur ma joue descendant sur mon cou. C'était agréable même si ça venait de lui. Ça descendit sur ma clavicule découverte puis sur le dessus de mon sein droit. Si ça avait été quelqu'un que j'appréciais, j'aurais aimé mais là… J'étais horrifiée. Je n'osais pas bouger ni ouvrir les yeux. J'étais pétrifiée. Puis plus rien.

- Ma mie? Entendis-je de sa part.

Je ne bronchais pas.

- Anastasia? Appela Dmitri sur un ton plus dur.

J'ouvris doucement les yeux. Le foyer dansait joyeusement dans la cheminée.

- Ma mie? Réveillez-vous! Il est temps de déjeuner. Me dit-il cette fois avec douceur.

Je levais la tête vers lui et acquiesçais en silence. Avec lui, je me mis à table. Nous mangeâmes sans un mot de ma part. Lui, il parlait. Il ne faisait que ça. Je ne l'écoutais pas vraiment. De temps en temps, je saisissais qu'il se vantait de certaines choses, notamment la musique. Du piano, il me semblait.

- …C'est regrettable que votre voix soit abîmée. Faire la conversation seul est dérangeant…

Je t'enmerdais Ducon!

- … Ah je sais ce qu'il nous faut! Un peu de divertissement vous fera peut-être sourire. S'enjoua-t-il avant de se lever de sa chaise.

Je le regardais ouvrir la porte donnant sur ses appartements, rentrer puis revenir avec une Esclave et un violon. Elle devait avoir mon âge et avait l'air terrifiée. Qu'allait-il se passer? Je posais ma cuillère à thé et observais Dmitri se rasseoir après avoir posé l'instrument sur le sol puis claquer des doigts en pointant du doigt le violon tout en regardant avec un sourire en coin un jeune adolescent entravé également au cou près du mur. Je ne l'avais pas vu avant. Il avait dû arriver en même temps que Dmitri. Ce dernier frappa deux fois des mains puis fit un geste intimant aux autres esclaves de partir. Ces derniers s'en allèrent rapidement et l'homme se posta à côté de la jeune esclave en prenant le violon . Il était jeune lui aussi, plus jeune que moi, je dirais. Mitia dit quelque chose dans une langue étrangère avant de sourire et de me jeter un coup d'oeil. Ils furent surpris et me regardèrent. Quoi?

- Ma mie, je leur ai lancé un défi et vous devez choisir leur récompense. Sourit-il chaleureusement.

Un défi?

- Oh c'est vrai! Vous ne pouvez pas parler. Je vais vous chercher de quoi écrire. En attendant, réfléchissez bien à leur récompense! Ricana-t-il en retournant dans ses appartements.

Mon regard croisa ceux des esclaves. Le jeune homme baissa la tête et la jeune femme se mit à pleurer. Quel était donc ce défi? Dmitri revint avec un carnet et un stylo plume très joli. Il me les donna avant de se remettre à table en face de moi.

- Vous pouvez les garder. Ce sera encore utile. Avez-vous trouver leur récompense?

Je hochais de la tête puis pris le stylo et le carnet pour écrire.

«Quel est le défi?»

- Oh ne gâchez pas la surprise, ma Mie! Allez quel est leur récompense? Soupira-t-il avec un sourire en coin.

Je hochais de la tête avant de jeter un œil aux deux esclaves. La femme pleurait toujours mais en essayant de faire moins de bruit, une main sur sa bouche. Ça devait être horrible alors…

«S'ils réussissent, ils gagnent leur liberté dans le Bas-Monde.»

Dmitri se mit à rire en voyant mon message puis il se tut, me sourit sur un air narquois que je n'avais encore jamais vu chez lui et gloussa moqueusement.

- Cela ne me surprend pas de vous, Anastasia. Très bien. Leurs colliers seront descellés et ils pourront quitter la Terre Sainte. Je vous le promets. Enfin, à la condition qu'ils remportent le défi. Dans le cas contraire, je déciderais de leur sort.

Puis il parla dans la même langue que tout à l'heure et les esclaves me regardèrent ahuris. Le frère de Sasha se leva, tira sa chaise jusqu'à ma droite pour s'y rasseoir.

- Que le spectacle commence! S'exclama-t-il ensuite avec un sourire.

Il fit un geste de la main. Les deux esclaves se placèrent en face de nous de l'autre côté de la table. J'étais curieuse de savoir ce qu'il allait se passer et en même temps j'appréhendais. La jeune femme continuait de pleurer et le jeune homme lui dit quelque chose dans une langue étrangère. Elle secoua la tête puis timidement, elle se déshabilla. Euh… Hein? Je tournais la tête vers Mitia qui dévia les yeux vers moi avec un petit sourire en coin.

- Ne ratez rien du spectacle, ma Mie! Je suis même certain que cela vous plaira et peut-être que vous aurez envie d'en voir plus. Allez, faites-le pour leur liberté! Susurra-t-il penché vers moi.

Je ne dis rien et me pinçais les lèvres. Seigneur, ayez pitié d'eux et faites en sorte qu'ils réussissent!

L'autre se mit à jouer du violon et c'était atroce.

«Tu es sérieux, là?» Ecrivai-je sur le papier.

- Oui! J'aime ce genre de divertissement. Pas vous? Murmura-t-il à mon oreille.

Les Dragons Célestes étaient cinglés. C'était de la torture.

«Je ne te pensais pas comme ça.»

Je n'avais pas envie d'en écouter plus. C'était horrible.

- Ma mie, si vous voulez leur épargner ça et leur permettre leur liberté, il y a un autre moyen.

Je le regardais avec curiosité et espoir. Un autre moyen?

- … Devenez pleinement mienne! Je désire vous avoir pour l'éternité à mes côtés.

Hein? De quoi?

- Vous êtes si belle, si gentille et si bienveillante. Vous avez tant de grâce. Vous êtes une Lumière dans ce Monde. Vous êtes née pour être princesse. Ne voulez-vous pas devenir comme Cendrillon de votre conte préféré? En m'épousant, vous deviendrez Impératrice. Je vous couvrirais d'or et de pierres précieuses. Vous aurez tout ce dont vous rêvez. Murmura-t-il.

Je fronçais des sourcils. Comment savait-il pour Cendrillon? Je ne lui en avait jamais parlé. Dmitri me prit la main en me regardant dans les yeux. Je frissonnais très mal à l'aise.

- Pensez aussi à notre enfant! Termina-t-il en posant son autre main sur mon ventre.

J'écarquillais les yeux. Il pensait qu'il m'avait mit en cloque. Mon château fort était toujours en place alors il ne savait rien concernant mon stérilet. Ça pouvait jouer à mon avantage. Je pris alors le carnet et écrivis.

«Je peux y réfléchir?Je te dis ça plus tard.»

- Vous n'avez pas vraiment le temps à la réflexion, Très Chère. Vous devez me donner votre décision maintenant pour savoir si je dois cesser le défi ou pas. Sourit-il en coin.

Je me mordillais la lèvre supérieure puis regardais les esclaves. Ils étaient toujours en train de danser et de jouer du violon. J'avais de la peine pour eux. Le gamin se débrouillait passablement avec l'instrument. Peut-être avait-il quelques bases?

«Quel est exactement le défi?» Demandais-je par écrit.

Dmitri soupira, las.

- La femme doit danser nue pendant que l'homme doit jouer une partition de Bach correctement avant 14h30. C'est ça la difficulté du défi. Il ne sait pas jouer du violon. Répondit-il amusé.

Je regardais l'horloge au-dessus de la cheminée. Les aiguilles indiquaient 14h25 environs. Il ne leur restait plus que 5 minutes. La jeune femme pleurait en dansant du mieux qu'elle pouvait. Ses tétons pointaient montrant qu'elle avait froid. C'était dégradant et humiliant. J'avais de la peine pour elle. L'adolescent me faisait penser à Vitali avec ses cheveux blonds. Il devait avoir son âge. Il faisait du mieux qu'il pouvait pour ne pas faire de faute. Il ne restait plus que deux minutes environs. C'était horrible. Seigneur! Pardonnez-moi!

«Ok! Je veux bien.» écrivis-je sur la feuille.

- Parfait! M'en voilà ravi. Gratulerer! Ved min nåde og min fremtidige kone er dere begge frigjort, slaver!

Les deux jeunes gens s'arrêtèrent et nous fixèrent éberlués. La femme se remit à chialer en se rhabillant. Ils dirent plusieurs fois la même chose mais je ne comprenais rien. Dmitri fit un geste de la main d'un air las et ils se turent. Puis il se leva, prit le violon des mains du gamin, partit dans ses appartements et revint peu de temps après avec un trousseau de clés. Je l'observais déverrouiller leur collier et poser ces derniers sur la table. Automatiquement les deux personnes portèrent leurs mains à leur cou. J'étais contente pour eux et souriais les larmes aux yeux.

- Finissez votre thé, ma Chère! Je vais les escorter jusqu'à la sortie. Nous nous retrouverons dans vos appartements. Me dit Mitia.

Il parla l'autre langue et les deux jeunes gens sortirent avec lui. J'en revenais pas. Il venait vraiment de libérer deux esclaves? Si c'était bien vrai, je n'allais pas me priver pour recommencer. Je bus rapidement mon thé devenu tiède puis allais dans ma chambre pour regarder par la fenêtre. Elle donnait vu sur l'entrée du château. Il y avait du brouillard au loin mais personne dans la cour. J'attendis un long moment avant de voir la grille s'ouvrir puis deux petites silhouettes à tête blonde courir jusqu'à elle. Un homme et une femme. C'était eux! Les deux anciens esclaves! Ils passèrent l'entrée et je les observais s'éloigner hors du château. Je cessais de regarder lorsque je ne les voyais plus. J'étais soulagée, heureuse et fière de moi. Mes larmes coulèrent de joie. Dmitri l'avait vraiment fait. Il leur avait rendu leur liberté. Merci Seigneur! J'embrassais mon chapelet orthodoxe de plusieurs baisers et priais pour eux. J'envoyais un message VK à Sasha pour lui raconter. J'étais si contente que j'avais oublié la promesse de mariage et je venais de m'en souvenir. J'en informais mon seul amour en lui stipulant que je le tiendrais au courant. Je ne m'inquiétais pas. Je savais au fond de moi que Sasha viendrait et que je n'épouserais donc pas Dmitri.

Ce dernier arriva avec un carton pas trop grand et le posa sur la petit table devant la cheminée. Je m'approchais avec curiosité.

- Votre charmante famille a donné un paquet pour vous au coursier de la dot. J'ai été informé que ce fut votre père qui était venu à MarineFord. Vous auriez pu me dire qu'il était Colonel, ma Mie. Répondit Mitia à mon regard interrogatif.

Sans attendre, je me ruais sur le pauvre carton et l'ouvris. Mes médicaments! Un album photos, mon chargeur de téléphone, mon ordinateur portable, des bouquins que j'adorais lire, une petite icône de notre Sauveur Jésus-Christ, mes écouteurs et un très beau foulard russe. J'étais sûre que ça venait de la part de Babushka. J'avais enfin mon foulard à moi. Je pleurais encore de joie. Dmitri avait regardé les affaires sans dire un mot. D'ailleurs, le temps que je posais l'icône sur la table de nuit, il s'était permis de feuilleter l'album photos. Offensée, je ne disais rien mais pour ne pas envenimer l'atmosphère, j'écrivis dans le carnet.

«On regarde ensemble?»

- Non! Nous verrons cela plus tard. Venez près de moi! J'aimerais un baiser de votre part en tant que fiancée. Sourit-il en posant l'album dans le carton.

L'embrasser? Jamais!

«Ok mais pause pipi avant.»

Il fit un geste de la main et s'installa sur le fauteuil en face de la cheminée. En me déplaçant, je le regardais lever les yeux au ciel comme soûlé. Il était beau, séduisant, hyper sexy dans ses vêtements de luxe et il avait un charme fou mais il m'avait fait beaucoup de mal. C'était un démon au visage d'ange.

Enfermée dans les toilettes, je pris un temps de paix. Je n'avais pas envie de pisser, je voulais juste lire le message de Sasha et surtout retarder le moment du baiser.

«Je vais le buter. Sérieusement! Je l'enculerais à sec, lui couperais la bite et les couilles, et les lui ferais bouffer avant de l'étrangler de mes mains. Il va crever comme une vieille merde. Il te viole pour te foutre en cloque et ainsi t'épouser. Je comprends mieux la dot. Un type l'a apportée à Dïadïa ce matin. Quel enculé! Crois pas tout ce qu'il te dit! Ce sont des conneries pour que tu le vois comme un ange. S'il a libéré les deux esclaves, c'était pour bien se faire voir. Le PN adore qu'on s'intéresse à lui. Tu l'ignores et n'écoutes pas sa méchanceté. Ça lui fera énormément de mal. Te fais pas avoir par lui! Rappelle toi de ce que je t'avais dit à l'hôpital! Deviens une connasse! Arrête d'être gentille avec lui! Je t'aime ma princesse et je viendrais le plus vite possible. Je t'aime je t'aime je t'aime!»

«Je sais bien, ne t'inquiètes pas! J'ai eu le colis! Je suis hyper contente. Merci beaucoup! Ça me fait très plaisir. Je ne veux pas l'épouser de toute manière car je sais que ça n'arrivera pas. C'est toi que j'épouserais. Vous me manquez tous! Dmitri me fait peur mais je prends sur moi pour rendre la vie meilleure à ces pauvres gens entravés. Je m'en souviens maintenant. Oui je serais une connasse mais dans la limite du raisonnable. Je t'aime je t'aime je t'aime! Dmitri croit que je suis enceinte. J'ai peur qu'il recommence. Je saigne encore et mon corps me fait mal.»

Je me sentais capable de lui montrer mes marques. Je prenais en photo mon visage, mon cou, le haut de ma poitrine, mon ventre, mes hanches du mieux que je pouvais et mes cuisses. Je changeais ma serviette hygiénique, me rhabillais puis tirais la châsse d'eau, me lavais les mains et sortis pour ne pas trop faire attendre Dmitri. Je le retrouvais toujours assis sur le fauteuil, les yeux clos et le visage paisible. Il dormait? Il était encore plus beau. De cet angle-là, on aurait dit Sasha.

Bon allez! Mode connasse activé. Cependant, je l'étais plus facilement avec un verre dans le pif. Je pris une dosette de sirop pour la gorge avant d'aller vers lui. Il ne bougeait toujours pas. Sa respiration était lente et régulière. Genre il dormait vraiment?A contrecœur, j'allais lui toucher la main posée sur l'accoudoir pour le réveiller quand il parla sans ouvrir les yeux ce qui me surprit.

- Votre intimité sera-t-elle rétablie pour ce soir, ma Mie?

Hein? J'étais blessée. Je souffrais par sa faute et lui, il voulait recommencer? Quel enculé! Aucune compassion! J'écrivis dans le carnet.

«Il se passera quoi si je dis non?»

M'ayant sûrement entendue écrire, Mitia me regarda stoïquement puis lu avant de lever un sourcil.

- Vous le savez bien. Répondit-il simplement.

Je le savais bien? Encore me forcer? Mais j'avais écouté les conseils de Sasha alors je notais:

«Non. Soit plus clair!»

Bouh dans ta gueule!

Je sursautais lorsqu'il approcha sa main de mon visage rapidement. Il caressa ma joue du revers de l'index et du majeur avant de sourire brièvement avec un soufflement de nez. C'était courageux de ma part de jouer les rebelles mais je savais aussi que je jouais avec le feu. Mitia pouvait se montrer violent. J'avais apprit le karaté mais avec ma force physique actuelle, ça ne me servait à rien. Je ne devais pas me laisser faire mais si je pouvais l'avoir à la bonne, ce serait le mieux. Il prit ma main et la baisa avec douceur.

- Approchez et embrassez-moi! Souvenez-vous de ce que vous avez promis, Très Chère!

Je hochais de la tête, me penchais puis déposais mes lèvres dont le coin de l'inférieur était meurtri sur les siennes. C'était bref et j'avais à peine senti son contact.

- Un vrai baiser, ma Mie!... Ne m'y obligez pas!

Il jouait sur la menace et l'épisode de cette nuit me donna un frisson alors pour ne pas qu'il me fasse encore du mal, je posais encore mes lèvres sur les siennes en tremblant. Ma langue se logea dans sa bouche et je devais penser à quelqu'un d'autre pour ne pas avoir un écoeurement. Mitia était beau. Mitia était baisable. Et Mitia m'avait fait mouillée avant-hier. Mais là, il me répugnait. Un beau gosse pareil avec tant de machiavélisme. Ça ne pouvait être que Lucifer en personne. Non! l'Antéchrist! C'était lui. Il était le fils du Mal. Et je l'embrassais… Ma langue caressait la sienne dont j'imaginais qu'elle était fourchue comme celle d'un serpent. Pourtant elle était douce et sa salive avait le goût du thé noir. Son odeur me plaisait malgré moi.

Une chaleur percuta mon abdomen. Je savais ce que c'était et je ne voulais pas. C'était la même sensation lorsque Sasha entrait en union avec moi. Dmitri voulait faire pareil. Je l'en empêchais et le bloquais. Il insistait mais je tenais bon. Soudainement, il cessa le baiser et plongea son regard dans le mien. Son énergie était toujours là. Elle devenait plus forte et appuyais sur ma poitrine me faisant mal mais je ne cédais pas. Mitia attrapa mon cou d'une main me surprenant. Son nez était retroussé, ses yeux se plissèrent et ses dents se serrèrent. C'était effrayant. J'avais peur et mes lèvres bougèrent en silence. Ma barrière se brisa et toute son énergie entra violemment en moi. C'était si puissant que je perdis pied sans perdre connaissance. Je ressentais sa colère puis son envie de tout savoir sur moi. J'entendais sa voix chuchoter dans ma tête sans la comprendre, puis ce fut la voix de mon père me disant d'aller chercher le bouquet de fleur pour Mama, celle de ma mère gueulant de descendre manger, celle de mon frère m'insultant de Naine à pattes courtes, celle de Luffy me demandant les devoirs de Sciences, celle de Trafalgar-sensei nous donnant les directives pour la dissection du cœur, celle de Clown-sensei parlant de la citée des Incas et de leur or, celle de Sabo disant que c'était la bonne chambre, celle de Ace m'appelant sa petite souris, celle de Thatch m'invitant à venir avec lui aux USA pour son émission, celle de Marco disant que ma rééducation ne se fera pas avant un moment, celle de Deuce m'invitant à boire un café, celle de Zoro me disant de ne pas tout boire, celle de Cavendish me proposant un de ses portraits, celle de Sasha enfant me disant que je n'étais qu'une pisseuse qui caftait tout et enfin ma voix. La mienne qui pleurait en ne pensant qu'à sa gueule, qui n'était pas normale et qui se faisait tout le temps avoir. Il y eut des images rapides de ma vie. Je reconnus Sasha enfant jouant avec Vitali dans la rue juste en bas de la fenêtre de ma chambre. Sa tête se leva pour me regarder et me sourire. Une de Papa fatigué. Une de Mama essuyant la vaisselle. Une de Vitali caressant le chien. Une de Luffy me souriant en classe. Une de Nico-sensei donnant cours. Une de Ussop soufflant dans une sarbacane de fortune sur Luffy en train de dormir. Une de Sanji se dandinant sur place, des cœurs plein les yeux. Une de Thatch dans le magasin de luxe en train de regarder le catalogue. Une de Ace me portant dans ses bras dans ma chambre. Une autre de Sasha me souriant à l'hôpital. Ma tête jouait du tambour, mon sang bouillait dans mon corps, ma respiration s'était coupée. Je ne pouvais plus respirer convenablement. Mes oreilles bourdonnaient. Mon corps tremblait. Son énergie parcourait tout mon être prenant la place de la mienne. Je la sentais couler dans mes veines, se loger dans mon cœur, mes poumons, mes reins, mon estomac, mon cerveau et tout autre organe, et je perdis conscience.

Lorsque je me réveillais, j'étais dans un lit, celui de mes appartements. J'étais seule mais j'avais comme un poids dans le corps. Je me sentais lourde et épuisée. Je pris une dosette de sirop pour la gorge qui était sur la table de chevet. Qu'est-ce qu'il s'était passé? Mon portable était éteint. Il n'avait plus de batterie. Ça devait être à cause de la Dual Sim. Je voulus le brancher pour le recharger mais je ne trouvais pas le carton avec mes affaires dedans. Introuvable à l'œil nu. Merde! Ma tête pesait une tonne. Quelque chose n'allait pas. Je regardais autours de moi et je ne me sentais pas comme avant. Je n'avais pas l'impression d'être moi. C'était étrange. Je me souvenais du baiser avec Dmitri. Qu'est-ce qu'il avait fait? D'ailleurs, c'était encore plus bizarre car j'avais envie de le voir. C'était comme un manque. Non! Je ne devais pas. C'était mal. Il m'avait fait souffrir. Je le détestais alors pourquoi je voulais tant être avec lui? Cependant, je savais qu'il m'avait fait du mal mais je ne savais plus quoi. J'avais beau chercher et réfléchir, je ne trouvais pas. Ça m'énervait! Putain! Je plaquais mes mains autours de ma tête en gémissant doucement me faisant mal à la gorge, les yeux crispés. Je ne comprenais pas. Je le détestais. Je ne le supportais plus. Dmitri était un monstre. Il était le Mal en personne. Qu'est-ce qu'il m'avait fait? Et pourquoi je pensais ça de lui? Ça devenait plus flou dans mon esprit en réfléchissant.

La nuit commençait à tomber. Mon ventre se mit à gargouiller mais je n'avais pas envie de manger. Mon fauteuil roulant était à ma portée. Je défis les couvertures et me rendis compte en m'installant dessus que j'étais en pyjama, enfin en tenue de nuit comme dirait Masami. Je partis donc aux chiottes et pissais mon coup. Je n'avais pas de culotte ni de serviette hygiénique pourtant je me souvenais en avoir une avant. C'était Masami qui m'avait vêtue ou bien Dmitri? Le dernier me donna un frisson mais étrangement des fourmillements se manifestèrent dans mon ventre lorsque je pensais à lui. C'était agréable et me rendait un peu gaga. Je me surpris à sourire. Nan! Je me mis une claque ce qui me fit grimacer. J'avais un fiancé. C'était… C'était… Merde! C'était qui déjà? J'avais bien un fiancé non?

Quelque chose n'allait pas. Ça n'allait vraiment pas. Je ne savais plus rien. Ma tête était vide. J'avais juste lui dans mon esprit. Pourquoi? Je me lavais les mains puis sortis pensive. J'étais perdue. Je devais prendre l'air. Sortir me ferait beaucoup de bien. J'étouffais dans cette endroit. Alors après avoir enfilé la robe de chambre en satin, je quittais mes appartements avec mon portable, l'ayant prit par réflexe. Il n'avait plus de batterie et ne me servait donc à rien. Je ne savais même pas l'heure qu'il était.

Je roulais jusqu'à trouver un ascenseur près d'un grand escalier. Ils avaient pensé à tout. Heureusement sinon j'aurais été dans la merde. Je pris l'étage le plus haut. Le cinquième. Même pas une petite musique le temps de monter… Les portes s'ouvrirent sur une terrasse fermée par une verrière. Il faisait nuit et le ciel était parsemé d'étoiles. C'était magnifique! J'enlaçais mon corps de mes bras pour me réchauffer avant de me rendre compte que je n'étais pas seule. Sur ma droite, il y avait de la lumière et de la musique. Curieuse, je m'approchais sans essayer d'attirer l'attention.

Il y avait deux personnes. Deux adolescents sur deux chaises en bois autours d'une table où un PC portable était allumé et diffusait du RAP russe. L'un fumait une cigarette roulée dont l'odeur m'était inconnue et l'autre buvait dans une bouteille d'alcool. Ils avaient l'air de se ressembler. Des jumeaux? C'était la première fois que j'en voyais. Leur visage me disait quelque chose d'ailleurs. Ils parlèrent suffisamment bas pour que je n'entende rien puis ils ricanèrent avant de tourner la tête vers moi. Oups! Grillée! Leurs sourires railleurs similaires ne me donnaient pas confiance. Ils étaient jeunes et devaient avoir l'âge de mon frère. Euh?... J'avais un frère? Comment il s'appelait déjà?

L'un des jumeaux se leva toujours souriant et vint vers moi. Je reculais apeurée mais il me rattrapa d'une petite course pour arrêter mon fauteuil et se mit derrière pour me pousser jusqu'à l'autre.

- Reste avec nous! Ricana-t-il en russe.

Son frère se mit à rire, mesquin. Je ne me sentais pas en sécurité et les regardais avec des yeux ronds n'osant pas bouger lorsqu'il m'arrêta entre l'autre et lui se rasseyant sur sa chaise.

- Nous nous ennuyons. Notre cher cousin nous a privés de nos esclaves pour notre anniversaire. Tu vas nous servir de distraction. Tu comprends quelle langue? Me dit celui qui fumait en russe.

- Japonais! C'était elle au parc de East Blue avec l'autre. Tu me l'avais dit à la cérémonie. Répondit l'autre qui venait de s'asseoir, dans la même langue.

Je comprenais le russe aussi mais bon… Celui avec la cigarette me détailla de haut en bas avec un sourire puis il écarta le pans de ma robe de chambre mettant ma clavicule à découvert. Je le repoussais d'un mouvement brusque du revers de la main ce qui le fit rire.

- Il t'a déjà passée dessus, hein? Dit-il en japonais.

Me passer dessus? Je fronçais des sourcils ne comprenant pas.

- Tu comprends le japonais au moins? Se moqua celui qui buvait dans la bouteille.

Je hochais de la tête.

- Pourquoi es-tu là, au château Pangea? Es-tu sa Favorite? Demanda-t-il railleur.

Favorite? Je fronçais des sourcils puis haussais des épaules.

- Es-tu muette?

Je secouais de la tête puis leur fis signe de vouloir écrire. L'un des deux ouvrit une page WORD et me présenta le clavier russe bilingue de la main avec un sourire moqueur. Son frère éclata de rire et je me pinçait les lèvres en commençant à pianoter dessus. Je connaissais le russe, bande de cons! Il cessa de rire et se pencha avec son jumeau pour lire ce que j'écrivais.

«Je ne suis pas muette. J'ai juste perdu ma voix la nuit dernière en priant toute la nuit dans la chapelle. Et si vous vous posez la question, je ne suis pas non plus handicapée. Je suis sortie du coma il n'y a pas longtemps alors mon corps doit reprendre des forces. Je ne sais pas pourquoi je suis là. J'ai oublié. Dmitri a fait un truc bizarre et j'ai perdu connaissance cette aprèm. Je me suis réveillée avec un mal de crâne et vu que je me fais chier toute seule, je suis venue prendre l'air ici.Et le russe est ma langue maternelle!»

Les jumeaux me fixèrent en silence avant qu'ils s'échangent une œillade puis un sourire en coin. Quoi?

- Sais-tu qui tu es? Demanda l'un.

Je hochais de la tête et écrivis mon nom et mon prénom.

- Connais-tu ta famille? Demanda l'autre.

Je réfléchis et rien ne me vint, même pas un souvenirs d'elle. Pourquoi je ne me souvenais de rien? Le fait d'avoir une mère, un père et un frère me disait quelque chose alors pourquoi je ne me rappelais de rien? Qu'avait fait Dmitri? Je fus sortie de mes pensées lorsque le jumeau qui buvait me prit mon portable des mains. Je voulus le récupérer mais il le mit en hauteur en se levant tout en ricanant. Espèce de con, va! Il appuya sur le bouton power mais rien ne se passa.

- Oh plus de batterie! S'exclama-t-il déçu.

- Passe! Je vais le brancher au PC.

- Tu n'as pas pensé à le recharger? Me dit celui qui me l'avait prit pendant que son frère connectait mon téléphone sur l'ordinateur.

«En me réveillant, j'ai vu que toutes mes affaires n'étaient plus là.» écrivais-je sur la page WORD.

- Le psychopathe te les a confisquées comme il l'a fait avec nos esclaves.

- Qui? Murmurais-je d'une petite voix enrouée.

- Oh elle parle! Que Dieu en soit témoin! S'exclama moqueur celui avec la cigarette roulée.

Je le regardais boudeuse. Sa manière de se moquer de moi me rappelait quelqu'un de familier. Cette personne me manquait bien que je ne savais pas qui c'était. Une profonde tristesse m'envahit et je me pinçais les lèvres pour ne pas pleurer.

- Tu ne te souviens plus de rien. Hein, est-ce ça? Questionna-t-il ensuite.

Je hochais de la tête, peinée. Ouais, plus rien. C'était le flou total. Je me souvenais juste de Dmitri, de la cérémonie, de l'anoblissement et du baiser. Rien d'autre. Pourtant certaines choses me semblaient familières mais je n'arrivais pas à mettre des détails dessus. C'était comme bloqué et trop y penser me donnait mal à la tête.

- Et pour te répondre, on parle de notre cousin, Saint Dmitri. C'est lui le psychopathe. Il a assassiné notre grand-père pour prendre sa place à la tête de la famille. C'est moi qui aurait dû monter sur le trône. M'informa le buveur.

- Nan c'est moi! Je suis né trois minutes avant toi. Rétorqua l'autre.

- Si tu le dis! De toute manière, nous aurions échangé les rôles de temps en temps.

- Oui, ça ne serait pas amusant sinon… Si tu ne te souviens de rien, c'est que le psychopathe a dû te Marquer, la Naine! Railla-t-il avant de ricaner.

La Naine? Ça m'était familier. Quelqu'un m'appelait tout le temps comme ça. Ça me fit sourire doucement avec nostalgie. Puis je les regardais un peu perdue. Ils entendaient quoi par Marquer ?

- Le psycho est dans ta tête. Il bloque l'accès à tes souvenirs pour te manipuler. C'est comme ça qu'il fait avec les autres. Il l'a fait avec nous mais manque de chance pour lui, on est jumeaux! Expliqua celui qui fumait.

Il posa sa roulée sur une assiette en faïence servant de cendrier puis me sourit me faisant rougir. Je ne comprenais pas comment le fait d'être jumeau pouvait aider. Dmitri était dans ma tête. Comment c'était possible? Comment pouvait-il faire ça? Savait-il tout? Voyait-il ce que je voyais en ce moment-même? Entendait-il tout ce que j'entendaiset tout ce que je pensais? C'était effrayant.

- Veux-tu de l'aide pour le faire sortir, la Naine? Interrogea le buveur avec un sourire narquois.

Je hochais frénétiquement de la tête. Ouais! Je voulais retrouver mes souvenirs et ma liberté. Toujours souriant, il se pencha vers mois, jeta un œil à son frère puis parla.

- Nous voulons bien t'aider mais tu dois faire quelque chose pour nous en échange.

- Qu'est-ce que c'est? Demandais-je d'une voix enrouée les amusant.

Son frère se pencha aussi vers moi et dit:

- Tu dois nous divertir et tu pourras ensuite faire partie de notre meute.

Les divertir? Comment? Et faire partie de leur meute? Sérieusement? Pourquoi faire?

- Ok! Fis-je d'un souffle en haussant les épaules.

- Parfait, la Naine! Tiens! Bois ça! Ça va t'aider. Me dit l'autre en me donnant sa bouteille d'alcool.

Je la pris et reniflais au goulot avant de boire une gorgée. C'était fort et très amère. Le goût me disait quelque chose. J'étais sûre d'en avoir déjà bu.

- Encore! Fini tout! Insista-t-il souriant en coin.

Je le fis et terminais le cul de la bouteille. La vache! Ça brûlait beaucoup la gorge. Elle allait avoir du mal à guérir avec ça.

- Maintenant, fume ça! Ça aidera à te détendre. Me dit l'autre en me tendant la roulée presque finie.

Je la regardais hésitante. Ça m'inquiétait. Je sentais que ce n'était pas une bonne idée. C'était sûrement de la drogue et j'allais me faire engueuler par… Euh… Par qui déjà? Par personne! J'étais tranquille. Personne ne m'emmerdait ici. Je pouvais faire tout ce que je voulais et enfreindre les règles me plaisait beaucoup. Alors je la pris avec un sourire amusé sous les yeux taquins des deux autres et portais l'herbe séchées et roulées à mes lèvres. J'inspirais une petite bouffée et fus surprise de sentir une brûlure dans ma cavité buccale et dans ma gorge. Je sentais la fumée descendre dans mes poumons et ensuite je toussais avec un sourire alors que les jumeaux se foutaient de ma gueule sans gêne.

- Encore! Entendis-je en russe.

J'inspirais encore et toussais de nouveau.

- Encore! Dirent-ils en même temps.

Et c'était réparti. Je ne toussais pas cette fois et expirais la fumée voulant avoir de l'air à la place. Une sensation de détente familière fit place dans mon corps. Je me mis à rire timidement puis je partis dans une euphorie. L'un des deux prit la roulée de mes doigts et la porta à ses lèvres, inspira une bouffée puis se pencha vers son frère qui fit de même et partagea lentement sa fumée avec lui, sa bouche ouverte à quelques centimètres de la sienne. Je les regardais surprise puis celui à ma droite dévia les yeux sur moi et sourit.

- Veux-tu essayer, la Naine? Proposa-t-il et son frère me regarda aussi.

Plissant les lèvres avec un sourire, je hochais de la tête. Ouais, je voulais essayer. Je me sentais animée d'une pulsion extravagante. Ma timidité avait prit la poudre d'escampette.

- Ça s'appelle un baiser de fumée. J'expire et toi, tu inspires. Ok?

Je hochais encore de la tête avec un sourire puis le regardais porter la roulée à ses lèvres, inspirer en s'approchant de moi et expira la fumée lentement près de ma bouche. Cette proximité avec un mec me faisait de l'effet et j'avais envie de l'embrasser. Cette sensation en moi n'était pas nouvelle. Mon corps frémissait d'envie de sexe. Une lourdeur s'installa dans mon bas-ventre et ma minette eut un spasme d'émoi. C'était agréable et je voulais plus. J'inspirais la fumée pendant un bref instant puis me reculais pour tousser en crachant involontairement ce que j'avais dans les poumons avec un sourire. Oh bordel! Une nausée. Dégueulais pas, putain! Ah passée!

- Tu nous es distrayante, la Naine! A la cérémonie, nous avions cru que tu étais comme le psycho pour être venue avec lui. Me dit celui près de moi.

- Nous nous amuserons bien avec toi. Le psychopathe n'aurait pas fumer avec nous. Il nous a en horreur et c'est réciproque.

- Pourquoi? Demandais-je d'une petite voix enrouée.

- C'est un homme jaloux, manipulateur et mauvais. Pour ta santé mentale, fuis-le!

- Plus facile à dire qu'à faire! Souris-je d'une voix faible.

- Pour ça, il faut que tu le sortes de ta tête. Cela nous dérange qu'il puisse avoir accès à tes souvenirs nous concernant en ce moment. Me dit l'un.

- Alors tu vas fermer les yeux, ne penser à rien et te laisser faire! Me dit l'autre.

Me laisser faire? Ils n'allaient tout de même pas me faire du mal, non? Je les vis se prendre la main et fermer les yeux. Je fermais les miens également puis sentis une chaleur dans ma poitrine. Par réflexe, je me crispais avant de me laisser envahir par cette énergie qui se mit à parcourir ma tête, mon ventre et mes membres en plus de ma poitrine. Mon crâne se mit à jouer du tam-tam, mes oreilles bourdonnaient et j'entendais leur voix chuchoter une langue inconnue dans ma tête. Ils répétaient la même chose en boucle puis la voix de Dmitri retentit dans mon crâne. Ça me disait qu'il ne fallait pas, qu'il me protégeait, que je souffrirais encore et que je devais les arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Ça me faisait peur. Les jumeaux parlèrent en me conseillant de ne pas céder et de ne pas me faire avoir. L'image d'un type brun à tâche de rousseur avec une expression énervée me vint en tête. C'était qui? Puis un gamin blond avec une paire de ciseaux dans une main et une tresse de cheveux dans l'autre arborant un sourire moqueur apparut également. Une autre du même gamin essayant de me faire avaler un vers de terre survint par la suite. A chaque image, je ressentais de la colère, de la tristesse et l'envie de m'isoler. C'était des mauvais souvenirs.

Les murmures des jumeaux devenaient de plus en plus fort. D'autres images vinrent. Une femme blonde, un homme blond, deux personnes âgées, un adolescent blond, d'autres vêtus d'uniforme scolaire, un chat dans mes bras, un chien dormant sur un canapé et enfin un jeune homme blond percé et tatoué qui me souriait avant de m'embrasser. Il y eut une autre de lui sur un téléphone portable clamant haut et fort qu'il m'aimait et qu'il m'épouserait. Ça me rendait heureuse, tellement que je sentis une larme couler sur mon sourire. Puis une fraîcheur me donna des frissons dans le dos. Je ressentis une colère qui ne m'appartenait pas. C'était celle de Dmitri. Ensuite plus rien. Tous mes souvenirs refirent surface et je me rappelais de tout. Ma famille, mes camarades de classe, Ace, Thatch, Marco, Deuce, mon chat, Masha, mon Sasha adoré, ma maison, ma chambre, le lycée, East Blue, Sabo, l'A.R., ma mission, mon arrivée, le viol, la pseudo distraction du repas du midi avec les deux esclaves, la promesse de fiançailles avec Dmitri… Merde! Le stérilet! Je vérifierai s'il était toujours là plus tard.

- C'est terminé. Le psycho est parti. Dit un jumeau.

- Oui. C'était facile de le faire partir cette fois. Il dormait mais nous l'avions réveillé. Fit l'autre.

- Nous devons vite filer à l'anglaise. Il arrive!

J'avais ouvert les yeux à ces mots. Je ne voulais pas subir sa colère alors je les suivis comme je pus après qu'ils aient prit leurs affaires.

- Tu es trop lente, la Naine! Râla un des deux devant moi.

Je roulais des yeux en me disant qu'il était comme mon frère puis finalement, il vint me pousser pour courir jusqu'à l'ascenseur où l'autre nous attendait à l'intérieur. Nous descendîmes au RDC, quittâmes la machine, allâmes au bout du couloir, tournâmes à droite puis prîmes un autre monte-personne pour descendre au niveau -1. Il y avait quoi là-bas? Nous arrivâmes dans de grandes cuisine dont le feu de l'immense cheminée était encore allumé. L'un des frères chopa un grand torchon, mit des miches de pain, des pommes, des bananes et des patates cuites dessus et en fit un ballotin qu'il posa sur mes cuisses nues, ainsi que trois bouteilles transparentes. Pas con! J'avais faim en plus.

- Allez vite! Il ne doit pas nous trouver. Pressa l'autre en nous attendant devant une porte qu'il tenait ouverte.

- Oui, c'est bon! Dit-il en me poussant vers lui.

- Où on va? Demandais-je enrouée.

-'Dans les écuries. C'est suffisamment éloigné pour qu'il ne nous détecte pas. Sourit le jumeau en parlant de Dmitri.

- Oh! Émis-je amusée.

Ils coururent en me poussant pour traverser le long couloir. Plus nous avançâmes et plus il faisait froid. Lorsque le frère qui était en tête ouvrit la serrure à coulisse d'une grosse porte en bois et en fer, le froid glacial de la nuit me gela les os. J'émis un petit cri enroué au contact du vent glacé sur ma peau. Je frottais mon corps pour me réchauffer en vain.

- On est où, là? Grelottais-je faiblement.

- Dans l'arrière-cours. Sacrebleu! Il fait frisquet.

Frisquet? Il était sérieux lui? Il faisait hyper froid, oui! C'était intéressant à savoir donc pour y aller, il fallait descendre au -1 dans les cuisines. Ok! Nous avançâmes dans la nuit et à l'aveuglette mais pas pour eux. Ils avaient l'air de savoir où ils allaient. D'ailleurs, ils se nommaient comment?

- C'est quoi vos prénoms? Demandais-je faiblement.

Ils ne répondirent pas. Peut-être n'avaient-ils rien entendu? Le premier fit coulisser une grande porte en bois puis prit une lampe tempête allumée et nous guida à l'intérieur. Ouah! C'était immense et il faisait sombre. Seule la lumière des lampes tempêtes allumée éclairaient partiellement l'intérieur. Il y avait pas mal de box et quelques chevaux vinrent sortir leur tête pour nous voir. Oh ils étaient trop mignon!

- Ça, c'est le mien! Rocket Beam. Il est rapide et endurant. Mère me l'a offert pour mon anniversaire, aujourd'hui. Nous le ramènerons à nos écuries après le deuil. Me dit fièrement et avec vantardise celui avec la lampe tempête.

Il éclaira sa tête et je fus impressionnée. Il était magnifique avec sa robe noire. Quel beau cheval! Je tendis la main vers lui avec un sourire admiratif. La bête vint poser son museau dans le creux de ma paume. C'était doux et je ris doucement lorsqu'il bougea ses babines. Ça chatouillait la main.

- C'est un étalon Selle russe de descendance pure des Orlov-Rostopchin. Mère a dépensé une fortune pour l'avoir. Je l'ai monté cette après-midi et c'est un bon cheval. Se vanta-t-il encore.

- Il est très beau! Soufflais-je avec un sourire.

- Bien sûr qu'il l'est! À ses 4 ans, je lui ferais faire des saillies. Ce serait dommage qu'il reste vierge toute sa vie.

- En parlant de ça, étais-tu vierge avant que le psycho te passe dessus, la Naine? Ricana le frère qui était toujours derrière moi à tenir les poignées de mon fauteuil.

Je secouais de la tête.

- Nan. Répondis-je faiblement en caressant la tête du cheval.

- Lui, il le croit. Nous étions dans sa tête grâce à toi et il était content d'avoir prit ta virginité avant un certain Aleksand'r. Qui est-ce? Ton ami? Se moqua l'autre avec la lampe.

- Il est mon fiancé. Fis-je pensive.

Ils se mirent à rire.

- Plus pour longtemps. On sait que le psycho veut t'épouser car il t'a mit en cloque. Se moqua un des deux.

- Non! Je ne suis pas enceinte même s'il le croit. J'ai un stérilet, enfin normalement. S'il est toujours là.

- Les mois à venir seront très divertissant. Ricana l'autre.

- Vous comptez lui dire? Demandais-je.

- Jamais! Sourirent-ils en même temps.

Je caressais encore la monture qui secoua ensuite la tête plusieurs fois.

- Tiens? Ça vous fait quel âge du coup? Questionnais-je d'une petite voix.

- 17 ans! Encore un an et nous aurons notre titre de noblesse. Répondirent-ils encore en même temps.

- Oh! Vous n'êtes pas encore des Dragons Célestes?

Ils pouffèrent de rire se foutant de ma gueule.

- Bien sûr que si, la Naine! Mais nous deviendrons Ducs l'année prochaine et ainsi nous aurons notre propre duché. Sourit celui à la lampe.

- Ah! Soufflais-je.

- Et toi, quel âge as-tu?

- 18 ans.

- Tu fais plus vieille!

Espèce de petit con! Tu mériterais un high kick dans la gueule, toi!

Son frère se mit à rire puis nous prîmes le monte-charge et nous nous installâmes sur la paille de l'entrepôt. J'avais quitté mon fauteuil et j'étais maintenant assise avec les jumeaux qui mettaient en place leurs affaires. L'un sortait l'ordinateur de sa veille et l'autre déballait le ballotin de nourriture avant d'ouvrir une bouteille. Je les regardais silencieuse et vis alors mon téléphone portable toujours branché sur le PC. Je le pris et l'allumais avant d'entrer le code PIN. Le réseau arriva et oh! 15 appels manqués de Sasha et un message VK. J'allais le lire mais on me le prit des mains et j'entendis le rire moqueur d'un jumeau. Je fis une moue boudeuse en essayant de le récupérer mais ce con le mettait suffisamment haut pour qu'il ne soit pas à ma portée. Enfoiré!

- Donne! Dis-je d'une voix enrouée.

- Oh 15 appels manqués de Sasha! Et un message VK! Tu utilises alors VKontakte? Voyons à quoi ressemble ce fameux Sasha. Ricana-t-il avec un sourire railleur, debout, en fouinant dans mon portable.

- Non! M'offusquais-je en essayant de l'attraper.

Cela le fit rire alors je tirais sur la ceinture de son jeans pour le faire basculer en avant mais en vain. Il était grand et prenait appui sur la poutre en haut. Enfoiré de merde!

- Alors «Je sens que quelque chose ne va pas. Il te fais encore du mal…», il y a une faute au verbe faire,«Il te fait encore du mal, cet enculé? Je vais lui faire bouffer ses couilles. J'en a rien à foutre qu'il soit …» Oh! Commença-t-il à lire avant de se couper surpris.

Quoi?

- Pourquoi tu t'arrêtes? Continue! Je veux encore m'amuser. Je trouve cela très divertissant. Ricana son frère avant de boire dans la bouteille.

Je vis l'autre pianoter sur mon portable avec une mimique sérieuse.

- Va sur VK et cherche IVANOV Aleksand'r. Dit-il ensuite à son jumeau.

L'autre ne dit rien et pianota sur le clavier de son PC tandis que son frère me rendit mon téléphone avec un sourire moqueur. Je le pris en fronçant des sourcils puis le fixais s'asseoir près de son jumeau devant l'ordinateur. Je lus alors le message.

«Je sens que quelque chose ne va pas. Il te fais encore du mal, cet enculé? Je vais lui faire bouffer ses couilles. J'en ai rien à foutre qu'il soit mon frère, il va crever comme une merde. Il ne pourra pas t'épouser car je viendrais avant que cela n'arrive. J'ai envoyé un email au Commandant des Forces Armées du GM pour obtenir un entretien avec le Conseil des 5 Étoiles. Dïadïa et mon père m'ont conseillé de faire ça pour que ce soit plus rapide. Je récupérerai mes titres et nous nous marierons. Je te le promets. En attendant ma venue, soit courageuse et ne fait pas de connerie! Je t'aime, ma Princesse.»

Bon, je comprenais mieux maintenant pourquoi les jumeaux s'intéressaient à lui. Je ne lui répondis pas, vins me placer près d'eux ensuite et regardais la page de profil de Sasha. Seigneur, qu'il était beau!

- Est-ce ton fiancé? Demanda l'un deux.

- Oui, c'est Sasha. Répondis-je naturellement d'une voix faible.

- Savais-tu qu'il était le demi-frère du psychopathe en arrivant sur la Terre Sainte? Demanda l'autre.

- Oui…

Ils se regardèrent avec un sourire puis éclatèrent de rire faisant hennir un cheval. Quoi?

- Le psycho ne sait pas qu'il compte venir. Nous rirons bien. Cela sera très distrayant. Nous avons hâte de le rencontrer. Dit l'un.

- Nous pouvons l'aider également. Il aura besoin de plusieurs témoignages pour obtenir son droit divin. Dit l'autre.

- Ah bon? Émis-je faiblement et sceptique.

- Oui! Nous voulons contrarier notre cher cousin psychopathe. Dirent-ils en même temps.

Oh! Ils devaient avoir compris la jalousie de Dmitri à l'égard de Sasha.

- C'est pourquoi en attendant, tu resteras avec nous. Il doit s'arracher les cheveux en ne sachant pas où tu es et ce que tu fais. En ce moment-même, nous sommes sûrs qu'il doit nous chercher dans tout le château.

Était-ce une bonne idée? En tout cas, c'était mieux que d'être avec Dmitri.

- Il peut venir ici, je pense. Murmurais-je.

- Non. Il a horreur des chevaux.

- Ils lui font peur.

Ils se mirent à rire et je les suivis.

- Il ne voulait pas que je prenne mon chat. Il est effrayé par tous les animaux? Demandais-je.

- Oui. Tous sans exception! Nous trouvons ça très drôle. Mais tu as bien fait de ne pas prendre ton chat. Il l'aurait tué pour te rendre triste.

- Vraiment? Hallucinais-je d'une voix rauque.

- Oui! Il est mauvais. Nous te l'avions dit. Nous sommes devenus végétariens après qu'il ait tué nos lapins de compagnie pour nous les servir pendant un souper lorsque nous étions plus jeune. Dirent-ils en même temps.

A ce point-là? Je le savais cinglé mais de là à tuer des animaux pour faire du mal, c'était horrible. Après il avait buté son grand-père donc bon… Je baissais la tête, triste pour lui. Il devait être bien seul et mal dans sa peau pour choisir de faire du mal aux autres. Je le prenais en pitié.

- Sinon… Comment est Aleksand'r? Est-ce un psychopathe également? Ricana un des frères me faisant relever la tête, surprise qu'il change de sujet.

- Euh… Non! Heureusement. Il est gentil, marrant, chieur par moment. A vrai dire, vous me faites penser à lui, tous les deux. Souris-je doucement, contente de parler de lui.

- Oh! Alors nous serons heureux de bien nous entendre avec lui. Surtout s'il n'apprécie pas le psycho. Sourirent-ils d'une même voix.

- Sasha est au courant de tout me concernant alors oui, il n'apprécie pas Dmitri. Je suis heureuse qu'il vienne. J'ai hâte de le revoir. Il me manque.

On ébouriffa mes cheveux me surprenant.

- Arrête de faire une mauvaise tête! Tu ne nous distraits plus ainsi. C'est encore notre anniversaire alors tu dois faire tout ce qu'on te dit si tu veux rester dans la meute. Compris, la Naine? Ricana celui qui avait encore sa main sur mon crâne.

Je fis une petite moue boudeuse puis souris doucement.

- Si je suis avec vous, c'est parce que je m'ennuyais et je vous apprécie. Soufflais-je d'une petite voix.

- Nous aussi. Allez, amuse-nous!

Les amuser? Comment? Je les regardais confuse et l'un deux me tendit une bouteille d'alcool qu'il venait de déboucher puis je la pris hésitante en voyant que son frère faisait de même.

- Bois! Bois! Bois! Bois! S'exclamèrent-ils en même temps.

Je roulais des yeux et portais le goulot à mes lèvres puis avalais le liquide. C'était fort en goût et sucré. J'aimais beaucoup. La bouteille était en verre transparent et il y avait une étiquette où était noté à la main: Kirsch. C'était la première fois que j'en buvais et je trouvais ça vachement bon.

- Qu'est-ce que c'est? Souris-je d'une voix fluette.

- De l'eau de vie de cerise. J'ai poire et Stanislas a prune.

- Oh alors tu t'appelles Stanislas? Je ne t'aurais pas donné ce prénom. Fis-je avec une tête de connasse.

Ils me regardèrent avec un sourire en coin avant de se jeter un œil.

- Comment nous aurais-tu nommés alors? Demanda l'un.

- Euh voyons…

Je pris un air réfléchi avant de sourire et de les pointer du doigt chacun leur tour.

- Grumeau 1 et grumeau 2! Fis-je avant d'éclater de rire me tiraillant la gorge.

Je reçus de la paille dans la gueule me stoppant net. Oh les enculés! Mon expression surprise les amusa mais je leur balançais à mon tour une poignée de pailles puis s'en suivit une bataille de tiges sèches avec des éclats de rire. Au bout d'un moment, ils étaient plus rapide que moi et j'étais dans l'impossibilité de riposter alors je m'enfuis à quatre pattes pour me cacher derrière une botte de pailles. J'entendis du bruit puis plus rien. J'avais laissé mon portable et ma bouteille sur place. Trouvant suspect qu'il ne se passe plus rien, je sortis ma tête de derrière la botte et fronçais les sourcils ne les voyant plus à leur place. Bah ils étaient où, ces cons?

Soudainement, des hurlements communs sur ma droite et sur ma gauche ce qui m'effraya sur le moment. Les jumeaux sortirent en même temps des deux côtés et je poussais un cri aigu à m'en fusiller la voix en me cachant les yeux. Je reçus plein de tiges jaunes sur le crâne les faisant rire. Quand ce fut terminé, je relevais la tête et croisais leur regard amusé.

- Ne nous appelle pas comme ça, la Naine! Dirent-ils en même temps avec un sourire.

- Je suis obligée de le faire vu que je ne connais pas vos prénoms. Rétorquais-je d'une voix douloureuse.

- Stanislas! Fit celui de droite.

- Non, c'est moi Stanislas! Fit l'autre à gauche.

- Non, c'est moi!

- Non moi!

Bordel!... Je leur jetais de la paille à chacun pour les faire taire.

- Mettez-vous d'accord! Putain! Boudais-je comme une gamine.

- Pourquoi te donner nos prénoms? Tu ne saurais pas nous reconnaître. Se moqua celui de gauche.

C'était vrai. Ils se ressemblaient énormément et en plus ils étaient fringués pareil. Je les observais attentivement malgré mon alcoolisme. Chaussures vernis noires, jeans bleu de luxe, chemise blanche à col ouvert et veste chaude à capuche. Cheveux bruns en bataille avec des morceaux de pailles, yeux ronds et noisettes, -Tiens? C'était presque les mêmes que ceux de Dmitri-, nez triangulaire, bouche fine et mâchoire carrée. Ils étaient beaux. A croire que la famille ROMANOV n'avait que des beaux gosses. Je fis une petite moue vaincue.

- J'avoue mais si vous ne me les donnez pas, je serais obligée de vous appeler les grumeaux. Souris-je ensuite.

Encore de la paille dans la gueule. Bande de cons!

- Arrête! Râla l'un.

- Bon je suis Stanislas et mon frère se nomme Feliks. Me dit celui de droite.

- Ok donc Stanislas à droite et Feliks à gauche. C'est noté. Souris-je contente en les pointant chacun leur tour.

- Non, je suis Stanislas. Me dit celui de gauche.

- Et moi, Feliks.

- Mais bordel! Vous le faites exprès! Beuglais-je d'une voix enrouée qui partit dans les aigus à la fin.

Ils se foutèrent de ma gueule royalement et je virais rouge, honteuse de moi.

- Bon alors toi, tu seras Stanislas et toi, Feliks. Fis-je avant de me racler la gorge.

- Non! Dirent-ils en même temps avec un sourire railleur.

Ayant marre qu'ils me prennent pour une conne et avec l'alcool dans le sang, je me jetais sur celui de gauche et le plaquais au sol de mon poids pour me relever et me barrer dans le but d'aller me cacher derrière un ballot de paille un peu plus loin.

- Je vous boude pour la peine. M'exclamais-je d'une petite voix.

- Oh pauvre enfant! Fit l'un moqueur.

- Elle nous boude! Fit l'autre sur le même ton.

Puis ils éclatèrent de rire. Bande de crottes! Cependant… Mon vagin eut un spasme d'émoi. Leur taquinerie m'excitait et je me sentais déjà mouillée. Ça me plaisait de jouer avec les mecs et ce, même si c'était des Dragons Célestes. L'alcool aidait beaucoup. La lourdeur familière s'était installée dans mon bas-ventre et mes tremblements se manifestèrent. Non! Pas encore. Pas maintenant! Et surtout pas après un viol. J'étais cinglée moi aussi. J'étais malade…

- Alors tu boudes toujours? Entendis-je au-dessus de moi.

Je levais la tête et vis un des jumeaux me regarder avec un sourire, les mains dans les poches de son jeans. Où était l'autre?

- Non… Où est ton frère? Demandais-je tremblante.

- Uriner. Qu'as-tu à trembler comme ça? As-tu froid? Sourit-il moqueur.

- Je te réponds si tu me dis honnêtement ton prénom! Tremblais-je avec un sourire en coin.

- Feliks. Tiens! Prends mon blouson! Une petite femme comme toi ne devrait pas être vêtue ainsi devant nous.

Il défit sa veste et la posa sur mon corps. L'odeur de son parfum musqué me remplit les narines.

- Merci… soufflais-je doucement.

- Tu vois en temps normal, nous ne sommes pas aussi sympathiques avec les personnes du Bas-Monde mais toi, tu es différente. Le psycho t'a prit pour cible et nous trouvons ça amusant de l'empêcher de se divertir. Ça le rendra… Euh… Comment vous dîtes, vous, les gens d'en-bas?... Ah oui, ça le rendra complètement maboule! Et puis, il nous a prit nos jouets alors maintenant, c'est toi, notre joujou et nous nous amusons bien avec toi. Tu nous distraits bien.

Feliks avait dit ça sur un ton nonchalant, comme si c'était banal. Ça m'inquiétait mais avec l'assurance de l'alcool et sûrement aussi de la drogue, j'osais demander:

- A quoi jouez-vous avec vos jouets?

Il me sourit la bouche close puis passa par-dessus le ballot avec agilité et vint s'asseoir près de moi pour me susurrer sa réponse à l'oreille.

- Nous aimons nous amuser à les torturer, à les faire hurler et à les apeurer, parfois jusqu'à la mort.

Mon cœur se mit à battre frénétiquement dans ma cage thoracique. Ils étaient malades. De vrais cinglés! Ils étaient pas mieux que Dmitri... C'était donc ça leurs jeux sordides dont avait parlé leur grand-père l'autre nuit? J'avais peur. Ils voulaient me faire la même chose?!

- Vous voulez me faire ça? Questionnais-je d'une voix faible.

Il sourit bruyamment et passa son bras sur mes épaules pour me rapprocher de lui me faisant tressaillir. Merde...

- Non non! Nous ne pouvons pas. Tu es Marquise maintenant. Le Seigneur Im nous punirait pour t'avoir mutiler. Nous voulons juste nous amuser avec toi. Tu es très drôle. Mais c'est notre anniversaire et tu ne nous as pas encore fait de cadeau.

Un cadeau? J'écarquillais les yeux imaginant le pire. Il ne pensait pas à me violer quand même? Et c'était qui le Seigneur Im? Leur père?

- Je n'ai pas de cadeau. Marmonnai-je apeurée.

- Si!

Puis il se colla plus contre moi me faisant mal aux côtes. Sa main se posa sur un de mes mollets et il la remonta lentement pour la glisser sous ma robe de nuit. Je serrais les cuisses ne voulant pas qu'il aille plus loin car même si mon corps commençait à être en manque, mon esprit était encore tourmenté par la souffrance du viol de Dmitri. L'image de l'œil me fixant pendant l'agression me revint et les larmes vinrent humidifier mes yeux. Soudainement, Feliks éclata de rire en me lâchant.

- Ce fut si facile! Ria-t-il.

Hein? Je le regardais abasourdis.

- Tu es tellement facile à avoir, toi! Continua-t-il, hilare.

De quoi? Il se foutait de ma gueule depuis le début en fait? L'enculé! Je le poussais puis le plaquais de tout mon poids sur la paille et à califourchon sur lui, je lui jetais des tiges dorées sur le visage. Tiens! Dans ta gueule! Sa veste était tombée sur son torse et je la pris pour lui balancer sur la face qu'il se protégeait de ses avant-bras, toujours en riant.

- Espèce d'enfoiré! L'insultais-je d'une voix aigu me faisant mal à la gorge.

Il continuait de rire tandis que je bouillonnais sur place, assise sur lui, le corps tremblotant du manque et de colère. Puis, plus rien. Plus aucun rire et plus aucun mouvement de sa part. Il était mort?! Il dormait?! Nan! Il s'était tout de même pas évanoui, ce con? Si?

Je bougeais doucement son torse de mes deux mains pour vérifier. Rien. Je recommençais plus vivement. Toujours rien. Bah merde… Alors je glissais ma tête sous son blouson pour écouter son cœur… Aïe! je grimaçais au contact de la boucle de sa ceinture sur mon clitoris. J'avais oublié que je n'avais pas de culotte. C'était glacé, douloureux et dur. Dur? Non! Ne pensais pas à ça, putain! Sous mes petites lèvres endolories, je sentais la bosse de son sexe. J'avais oublié en riant avec lui que c'était un mec et que j'étais une nana en manque. Seigneur! Ça devenait difficile de résister. J'avais envie de jouer avec lui. Je voulais le rendre fou de désir pour moi. Je voulais le chauffer. J'avais envie de baiser, putain de merde! J'appuyais mon bassin contre le sien pour accentuer la pression et bougeais un peu faisant mine de mieux me caler sur lui. Son cœur qui battait déjà vite se mit à tambouriner dans sa poitrine. Sa respiration ventrale était rapide et forte.

Je ne voyais rien sous son blouson et j'avais un peu plus chaud.

- La Naine? M'interpella-t-il.

- Chut! Gâche rien! Tu me réchauffes. Je suis bien comme ça. Murmurais-je d'une voix amusée.

- Tu devrais quand même bouger si tu ne veux pas avoir d'ennuis. Ricana-t-il.

J'étais sceptique.

- Pff! Tu me fais encore une blague? Ça ne marche plus! Souris-je.

Feliks se mit à glousser doucement. Son rire résonnait dans sa cage thoracique me secouant un peu. J'en profitais donc pour bouger encore le bassin pour toujours faire mine de mieux me replacer. Ah putain! C'était bon. Mon vagin se contracta plusieurs fois à cause du petit moment de plaisir que cela me donna.

- J'ai oublié de vous dire merci pour ce que vous avez fait pour moi tout à l'heure. Je me souviens de tout mais j'aurais voulu ne pas me rappeler de ce qu'il m'a fait. Il est horrible! Un jour, je me vengerais. Murmurais-je doucement.

- Si tu veux, nous pouvons t'aider. Nous pouvons rendre ce souvenir lointain mais en échange tu devras faire quelque chose pour nous.

- Vous êtes si gentils avec moi! Vous faites beaucoup pour moi alors qu'on vient à peine de se parler.

- Alors tu veux bien ou pas?

Je glissais contre son torse pour arriver vers sa tête, toujours sous le blouson. Je ne le voyais pas et sûrement lui non plus mais je sentais son souffle nasal rapide contre mon visage.

- Ça dépend ce que vous me demandez en échange. Souris-je doucement.

Feliks ria du nez me signifiant que nous étions vraiment très près l'un de l'autre, à peine à quelques centimètres.

- Stanislas et moi, nous voudrions que tu nous fasses un très beau cadeau d'anniversaire. Nous étions dans ta tête tout à l'heure. Le psychopathe n'a pas pu le savoir car tu t'étais évanouie. Mais nous, nous savons. Nous ne dirons rien si tu fais tout ce que nous voulons.

De quoi il parlait? Comment ça ils savaient? Ne me dites pas qu'il parlait de l'A.R.? Oh non la merde! Putain! Putain! Putain! Je commençais à paniquer. S'ils me dénonçaient, j'irais à Impel Down et je me ferais torturer pour être interrogée avant d'être butée. J'étais dans la merde. Pardon Mama! Pardon Papa! Pardon à tous! J'avais échoué.

- Ne dites rien! Suppliais-je.

- Nous ne dirons rien si tu nous obéis bien sagement à chaque fois. Si le psycho l'avait su, il t'aurait fait enfermer et aurait demandé à ce que tu aies une sismothérapie pour être soignée. Ricana-t-il.

Etre soignée? Oh! Il ne parlait pas de l'A.R. Ils savaient tous les deux pour ma nymphomanie alors. Je souris de soulagement. C'était très gênant mais je préférais ça. Au moins, ça n'allait pas me tuer, juste me faire passer pour une salope.

- Il est horrible! Fis-je d'une petite voix aiguë.

- Oui et tu ne le connais pas comme nous le connaissons. As-tu mal à ton intimité?

Quelle Question! Je plissais les lèvres avec un sourire clos. La fameuse question de savoir s'il pouvait me baiser allait arriver.

- Oui. J'ai arrêté de saigner mais il m'a bien amochée. C'est douloureux et encore sensible à l'entrée.

- Oh… Et ton caroncule?

Mon quoi? Qu'est-ce que c'était que ça? Je le regardais perdue sans le voir puis j'entendis son sourire railleur.

- Vous, les gens du Bas-Monde, êtes si peu cultivés. Je parle de la petite excroissance que tu as adoré caresser toute la nuit, il y a deux jours. Murmura-t-il avec arrogance.

Je virais rouge. Putain! Ils l'avaient vu dans ma tête. Oh la honte! J'avais envie de me cacher.

- Je…Je ne sais pas. Je n'ose pas vérifier… Je me sens sale maintenant alors je ne reconnais plus mon corps… soufflais-je honteuse.

- Il ne faut pas. Ce n'est pas de ta faute si notre cousin est fou et devrait être enfermé. Nous avons vu ce qu'il s'était passé. Tu n'as rien à te reprocher. Nous allons t'aider à rendre ce souvenir lointain.

Pourquoi vous faites ça pour moi? Demandais-je les larmes aux yeux.

Feliks éclata de rire me secouant légèrement et je me replaçais encore en accentuant la pression sur… Oh!... Il avait la trique! Bah merde! Je souris en reniflant doucement. Je ne fis aucun commentaire puis mon vagin eut des spasmes d'émoi. Ça m'excitait encore plus malgré moi.

- Nous voulons simplement nous amuser à longueur de temps. Puisque que tu es addict au plaisir charnel, chacun aura son compte pour se divertir. Sourit-il bruyamment.

- Je choisis toujours mes partenaires et quand je dis non, c'est non. Me moquais-je en sachant qu'il pensait que je baisais avec n'importe qui pour me satisfaire.

Il se remit à rire me secouant encore. Me bouger devenait automatique pour me donner du plaisir et sentir dorénavant beaucoup plus son membre durci contre ma minette. À force d'appuyer, je pouvais sentir son rythme cardiaque pulser dans ses veines tapotant mes petites lèvres et mon clitoris. C'était très agréable.

- Quand nous étions dans ta tête, j'ai vu que tu voulais m'embrasser pendant le baiser de fumée. Et je ne suis pas un sot. J'ai compris ton petit jeu sur moi. Pouffa de rire Feliks.

Je gloussais amusée. Il y eut du mouvement sous le blouson et je compris qu'il sortait sa main, puis soudainement une vague de chaleur et des picotements dans ma poitrine. Je sus alors qu'il voulait entrer dans mon esprit. Commençait-il à m'aider avec son frère? Je me laissais envahir par cette énergie en fermant les yeux. Ça signifiait que Stanislas était là, juste à côté. Je ne l'avais pas entendu revenir. Feliks avait parlé comme s'il était là depuis longtemps. Oh?! S'était-il connecté à lui lorsqu'il était devenu si soudainement silencieux?

La voix des jumeaux résonnait à l'unisson dans mon crâne me donnant un mal de tête. C'était des chuchotements incompréhensibles. D'un coup, j'eus le tournis et les oreilles qui bourdonnaient. C'était la même chose qu'avec Dmitri. Cela me fit peur. Je revivais ensuite mon viol plusieurs fois de suite mais au fur et à mesures qu'il se répétait, les images devenaient plus floues et les bruits moins audibles, comme si c'était un souvenirs d'enfance. C'était une horreur. Mes larmes ne cessaient de couler sur mes joues tombant sûrement sur le visage du jumeau. Mon esprit était en souffrance. La douleur se répétait sans cesse jusqu'à disparaitre. Finalement lorsque j'y pensais, il n'y avait que l'œil à travers le trou du rideau qui me marquait le plus. Le visage de Dmitri était vague au point que je ne discernais plus rien de ses traits. L'énergie des jumeaux me quitta me donnant un courant froid dans le dos comme lorsque Mitia était parti. C'était impressionnant qu'ils puissent faire ça aussi aisément et rapidement. Leur Haki était supérieur au mien. Je me sentais plus libre et moi-même sans douleur alors je continuais à pleurer dans le creux du cou de Feliks. Son odeur musquée chatouillait mes narines et je l'enlaçais sous son blouson.

- Merci… susurrais-je à son oreille.

J'entendis un ventre gargouiller et ce n'était pas le mien ni celui de Feliks, puis ce dernier se mit à rire jusqu'à ce que je lui fasse un bisou sur la joue, le coupant net. Je les appréciais, bien qu'ils me faisaient constamment chier depuis tout à l'heure. Le blouson fut retiré et je retirais mes lèvres de sa peau pour voir son frère penché au-dessus de nous, la veste chaude dans les mains arborant un sourire en coin.

- Et moi? Demanda-t-il.

Je me redressais pour être à califourchon sur Feliks et tendis les mains pour prendre son visage et le rapprocher. Je déposais ma bouche doucement sur sa joue en guise de remerciement.

- Encore! S'exclama Feliks.

Je souris amusée puis en refis un.

- Encore! Encore! Encore! Redit-il avec entrain.

Je riais jovialement et en déposais trois de plus. Stanislas me sourit puis ricana.

- J'ai faim! Allons manger! Intima-t-il ensuite nous faisant rire.

Je me dégageais à regret du bassin de Feliks en lui souriant et son frère se mit à le railler.

- Range ton pinceau, l'artiste! La toile est terminée.

- Plus facile à dire qu'à faire. Je suis inspiré pour en débuter une autre. Répondit-il narquois en me regardant de haut en bas me faisant rougir avec un sourire.

A quatre pattes, je vins avec eux prendre un repas alcoolisé sans viande. Ça faisait du bien de se remplir la panse. Nous rîmes de tout et de rien mais en particulier de moi. Avec mon ivresse, je me lâchais de plus en plus ce qui les amusait énormément. Je savais que j'étais leur bouffon mais je m'en foutais. J'étais plus en sécurité avec eux qu'avec Dmitri.

- Depuis quand es-tu comme ça? Me demanda Feliks.

Je savais que c'était lui puisqu'il m'avait laissée son blouson pour me réchauffer.

- Depuis pas longtemps, enfin je m'en suis rendue compte au réveil de ma sédation mais je devais l'être déjà avant, à mon avis. Mais assez parlé de moi. Parlez-moi de vous! Répondis-je souriante et ivre.

J'étais bien bourrée depuis un moment et les jumeaux également. Ça faisait du bien de ne plus penser à mes malheurs. Je me foutais des problèmes et du monde entier. Ah~ Merci Seigneur! Quelle magnifique liberté!

Les frères similaires se jetèrent une œillade ludique puis me sourirent en coin avant de boire en même temps dans leur bouteille presque à moitié vide.

- Approche avant! Dirent-ils en même temps.

Avec innocence, je venais près d'eux et Stanislas pointa sa joue du doigt me faisant comprendre de l'embrasser sur la joue. Amusée, je déposais mes lèvres dessus avant de rire, embrumée par l'alcool.

- À moi maintenant! S'exclama difficilement Feliks.

Je me penchais vers lui et lui donna un bisou aussi.

- Encore! S'exclaffa son frère avant de boire.

De nouveau un bisou. Stanislas se leva subitement en panique me faisant tourner la tête vers lui.

- Sacrebleu!... Je reviens… bafouilla-t-il en marchant d'un pas rapide et désordonné vers l'ouverture de l'entrepôt qui permettait de faire ranger les grosses bottes de pailles depuis l'extérieur.

Il l'ouvrit rapidement faisant rentrer l'air glacé qui me rafraîchit un peu à cause de l'alcool, puis se pencha pour vomir sans retenue me faisant rire. Il n'avait pas quitté sa bouteille. Des doigts vinrent tourner ma tête et mes yeux tombaient sur le visage de Feliks qui se rapprochait rapidement du mien. Ses lèvres se posèrent sur les miennes. Oh bordel! Je m'étais contrôlée jusque là mais maintenant, c'était foutu. J'approfondis le baiser en me mettant à califourchon sur lui qui était assis en lotus. Je collais mon corps contre le sien et l'embrassais en gémissant d'envie. Notre baiser était ardent et endiablé. Ça faisait un bien fou de rouler un patin à un mec. Putain ouais! Ses mains parcouraient mon dos frénétiquement et les miennes faisaient la même chose dans le sien et dans ses cheveux. Je sentais des morceaux de paille sous mes doigts. Bien excitée, j'ondulais du bassin contre le sien stimulant mon clitoris sur la bosse de son jeans dont son érection était proéminente. Ça faisait un bien fou. Sans compter Dmitri, la dernière fois qu'un mec m'avait touchée remontait au départ de Sasha. Pour moi, c'était il y avait des lustres. Je voulais ressentir encore un putain d'orgasme de dingue grâce à une queue. Tant pis si j'étais blessée. Je ne voulais pas que Dmitri soit le dernier mec à m'avoir baiser. J'avais envie de reprendre le contrôle de ma vie et surtout celui de mon corps. Je décidais qui était mes partenaires et là, j'avais choisi Feliks. Je me foutais qu'il soit le cousin de mon fiancé. Il me fallait une bite entre les cuisses.

Feliks embrassait bien, même mieux que Dmitri mais pas aussi bien que Sasha. J'y mettais donc mon grain de sel et l'embrassais comme je le faisais avec Deuce. Seigneur!... Ses mains se plaquèrent sur mon fessier qu'il malaxa fortement. Il émit un petit rire cessant notre baiser.

- Et bien la Naine, pas de sous-vêtements? Ricana-t-il.

- Il semblerait. Est-ce un problème? Soufflais-je amusée près de sa bouche.

- Non. C'est une bonne chose. Mon frère et moi pourrons nous divertir plus facilement.

- Vous ne pensez qu'à vous amuser!

- Est-ce un problème?

- Pas si je m'amuse aussi! Au fait, j'ai une question! Souris-je.

- Plaît-il?

- Lequel de vous deux avait ditqu'il aurait aimé voir mon frère me saillir?

Il haussa le menton d'un air coupable avec un sourire et leva une main.

- Moi! J'avais dit ça pour contrarier le psychopathe et… pour rire. C'était très hilarant de vous voir aussi effrayés… J'ai été ravi de voir qu'il t'avait ramenée avec lui sur la Terre Sainte mais c'est dommage que tu ne sois pas une esclave. Dit-il pas du tout coupable.

- Tu le pensais vraiment quand tu l'as dit? Et pourquoi c'est dommage que je ne sois pas une esclave? Questionnais-je inquiète.

- Non même si ça aurait été très amusant de voir ça. Mon frère et moi aurions voulu que tu sois notre esclave. Tu nous aurais beaucoup plus divertis. En tant que Marquise, nous ne pouvons pas jouer pleinement avec toi. Le Seigneur Im nous punirait sévèrement.

- A quoi jouez-vous avec vos esclaves? Demandais-je par curiosité.

- Je te l'ai dit tout à l'heure. Ne t'en souviens-tu pas?

J'écarquillais les yeux m'en rappelant. Alors ils étaient véritablement cinglés!

- Tu étais sérieux? Hallucinais-je.

- Oui, bien sûr! A cause de ta beauté, tu aurais été notre jouet préféré et nous aurions tout fait pour te garder le plus longtemps possible en vie.

La lueur perverse dans ses yeux me donna un frisson dans le dos. Ces deux-là étaient des sadiques. Putain… 'Fallait que je tombe encore sur des cinglés!

- Tu m'aurais torturée? Demandais-je.

- Oui! Sourit-il.

- Tu m'aurais effrayée?

- Oui! Ricana-t-il.

- Tu m'aurais fait hurler?

- Oui, à t'en casser la voix! S'exclama-t-il fier de lui.

Je le regardais sur le cul. C'était comme ça qu'ils s'amusaient tous les deux. Dmitri avait bien fait de leur confisquer leurs esclaves. J'avalais ma salive bruyamment malgré moi.

- Peut-être que nous aurions aussi porté atteinte à ta vertu…

- Non! Le coupais-je.

Il me sourit en coin en haussa un sourcil.

- Tu n'aurais pas eu le choix, la Naine…

- Non! Le coupais-je en encore.

Je lui souris alors. Je voyais bien qu'il prenait du plaisir à me dire tout ça. Ça le faisait kiffer de m'effrayer. Comme je l'avais cerné, je n'avais pas envie de le laisser m'avoir.

Survivre… Restez en vie… M'adapter… Les brosser dans le sens du poils… Je devais rester forte!

- Vous ne m'aurez pas violée puisque j'aurais bien voulu baiser avec vous, peut-être même en même temps. Et puis, j'ai un léger côté maso. Jouer au chat et à la souris me plaît beaucoup…

Je me rapprochais de son oreille pour lui susurrer lentement:

- Ça me fait mouiller.

- Comme la nuit il y a deux jours? Ricana-t-il.

- Oui… C'était le cas tout à l'heure. Murmurais-je encore à son oreille.

J'ancrais mes yeux dans les siens et je vis une lueur de malice et de perversion à l'intérieur. Ça l'excitait. Comment ça s'appelait ce genre de personne qui était excité de voir quelqu'un souffrir et avoir peur? Un truc comme Sadique Sexuel, il me semblait. Si j'entrais dans leur jeu, je pouvais m'en sortir sans trop de marque et de toute manière, ils n'avaient pas le droit d'aller dans l'extrême de ce que j'avais compris. J'allais jouer car j'étais en manque et que si ça restait raisonnable comme avec Ace, j'étais sûre de prendre mon pied.

- Tu me laisses 10 secondes de marge? Je ne peux que me déplacer à quatre pattes pour l'instant et vas-y doucement s'il-te-plaît. Murmurais-je doucement avec un sourire en coin.

Un sourire vicieux sur son visage puis…

- 1… 2… 3… commença-t-il à compter sur un ton flippant avec un rythme soutenu.

Bordel! Ça commençait. Je me dégageais rapidement de son étreinte et partis le plus vite possible loin de lui un peu en cacahuète à cause de l'alcool. Je l'entendis se lever alors qu'il était au nombre 7 et pris dans la pression de me faire attraper, je lâchais un petit cri avec un sourire. Je me faufilais entre deux piles de pailles puis hurlais de stupeur lorsque Stanislas vêtu de son blouson et sa bouteille d'alcool dans la main arriva par la droite en hurlant, un sourire aux lèvres. Je pris à gauche d'un pas rapide, le cœur battant la chamade. Leur rire me vint aux oreilles et je me cachais derrière une boule de pailles. Toutefois, je remarquais que ma robe de chambre était facilement visible à cause de sa longueur. Je la retirais et la laissais sur place avec le blouson de Feliks avant de continuer ma fuite.

- Anastasia? Ricana un des frères d'une voix qui pouvait foutre les chocottes.

Ça venait de derrière et je me pressais en bifurquant à droite pour arriver au fond de l'entrepôt sauf que je ne voyais plus rien. Il n'y avait aucune lampe tempête pour éclairer cette partie mais en me retournant je voyais la faible lueur de celle restée sur place à côté de leur ordinateur. Il y eut un raclement contre du bois pas très loin de moi puis encore mon prénom. Ça foutait vraiment les jetons.

- Anastasia! Beugla un frère avant de ricaner.

- Où est-tu? Chanta l'autre pendant que son frère riait encore.

Mon prénom fut dit plusieurs fois avec amusement et le rythme devenait plus rapide. Silence. Je me pinçais les lèvres et me retins de respirer quand le raclement se rapprocha. Un hurlement de loup. Oh bordel! Ils étaient à fond. Des tapotements contre du bois. C'était celui d'une bouteille en verre. Ça montait en crescendo. Puis un bruit sourd derrière moi me faisant hurler de surprise. L'un des deux venait de sauter à pieds joints juste dans mon dos. Je décampais le plus vite que je pouvais dans l'autre sens en lâchant un cri. Cela le fit rire. Ses pas étaient derrière moi et me faisaient peur.

- Anastasia! Chanta-t-il avant de ricaner.

J'accélérais mais mes genoux se prirent dans ma robe de nuit et elle se déchira me faisant trébucher. Merde! La con! Un hurlement de loup plus loin devant moi. Encore mon prénom chanté. Putain j'avais la flippe totale! Je dégageais avant qu'il n'arrive sauf que je regardais trop derrière moi alors je ne vis pas que l'autre était devant moi et le percutais. Je lâchais un cri lorsqu'il m'attrapa par les cheveux pour me faire lever la tête puis je hurlais quand quelque chose cacha mon visage. C'était un tissu et vu l'odeur c'était une de leur chemise. Un rire puis un hurlement de loup encore. Mon cœur s'affolait à l'intérieur. Ma respiration était rapide et bruyante. Je ne voyais rien. Je ne savais plus rien. J'entendais juste des pas se rapprochant. On me traîna et je tentais de me barrer mais en vain. Plus je criais et plus ça les faisait rire.

- Anastasia… Anastasia… Anastasia… chantaient-ils en chœur.

On me laissa sur le sol recouvert de paille puis on me toucha le visage camouflé avant d'agripper mon cou sans le serrer. Il y eut un grognement puis un aboiement près de mon oreille me faisant sursauter. Je posais ma main sur celle qui commençait à serrer mon cou par réflexe. Des rires. La chemise fut retirée à la va-vite et je vis un des jumeaux près de mon visage me souriant avec une expression malicieuse et effrayante. Sa langue me lécha l'oreille me donnant un frisson puis continua son trajet sur ma joue avant d'arriver à ma bouche pour m'embrasser. Notre baiser était fougueux et énergétique. C'était Feliks. Sa salive avait le goût amère de poire fermentée comme avant. Nous étions ivre et en chaleur. Mon autre main caressa sa joue, son cou, sa clavicule puis son torse m'apprenant donc que la chemise lui appartenait car il était torse nu.

Putain, j'étais excitée! Mon corps ondulait tout seul sous le désir brûlant qui me submergeait. Je le voulais m'en foutant de souffrir à la pénétration. J'avais envie de ressentir un plaisir fou entre mes cuisses. Baisais-moi putain! Prenais-moi maintenant!

Mes doigts le griffèrent légèrement en descendant jusqu'à son jeans. À l'aveuglette, je débouclais sa ceinture, dézippais sa fermeture éclair, déboutonnais son pantalon puis glissais ma main à l'intérieur pour toucher l'objet de ma convoitise. Seigneur, que ça faisait du bien d'avoir une queue entre mes doigts! Je la serrais à travers son sous-vêtement et gémissais de contentement. Feliks retira sa main de mon cou, cessa notre baiser endiablé, ricana, puis dégagea ma main pour descendre ses vêtements restant jusqu'à ses genoux dévoilant son membre dressé fièrement vers moi. Il l'empoigna, se pencha et le glissa dans ma bouche me surprenant. J'eus un haut-le-cœur lorsque ca arriva dans ma gorge. Il ne faisait pas semblant… Son bassin se mut et je devais le retenir avec mes mains pour ne pas m'étouffer avec son érection. C'était la première fois que je taillais une pipe à un mec comme ça. La dominance n'était pas si désagréable et même si j'étais surprise, je trouvais ça plaisant. Gémissant doucement, je fermais les yeux en écoutant ses râles de plaisir.

Où était son frère? La réponse vint lorsque ma robe de nuit fut relevée jusqu'à ma poitrine. Ce n'était pas Feliks car il avait ses mains qui prenaient appuie sur le sol. Ceux de Stanislas touchaient chaque endroit qui leur étaient possibles de découvrir, ensuite mes jambes furent écartées, soulevées, et je bougeais des hanches pour lui faire comprendre que je le voulais en moi. Ma cyprine coulait entre mes fesses me chatouillant légèrement, mon clitoris était en feu et mon vagin avait des spasmes d'émoi. J'entendis un rire puis un autre. On toucha mon bouton de plaisir brûlant me faisant gémir plus fort. Je savais que c'était le gland de Stanislas car il me pénétra sans douceur avec un ricanement. Bordel! La douleur était aiguë et me rappelait mon dépucelage. Je devais y faire difficilement abstraction pour pouvoir avoir du plaisir. Une décharge familière dans mon antre. Ça commençait à être bon. Je me libérais une main pour caresser ma petite excroissance comme disait Feliks. Mon rythme était rapide tout comme le leur dans ma bouche et dans mon intérieur. L'alcool, l'excitation du jeu et le plaisir me faisaient perdre la tête. Je me laissais aller à la luxure en prenant mon pied. Qui aurait cru qu'un jour, je baiserais consentement avec deux Dragons Célestes?

Les décharges de plaisir se faisaient plus fortes et plus rapprochées. J'allais jouir. Je le sentais alors je contractais mon ventre et me laissais envahir par cette intense et puissante vague de jouissance avec un cri étouffé. La contraction de mon vagin était si forte que Stanislas lâcha un grand râle avec un Sacrebleu.

- Que se passe-t-il? Entendis-je de lui totalement perdu.

Je sentis du liquide chaud sur mon index qui continuais de caresser mon clitoris. Je venais d'éjaculer comme d'habitude. Était-ce à cause de ça qu'il avait été surpris. Peut-être n'avait-il jamais donné d'orgasme à une femme? Surtout s'il les violait… Ma minette se décontracta pour avoir une suite de contractions rapides.

- Sacrebleu!... Qu'est-ce qu'il s'est passé?... Je vais…

Et sa phrase se termina par un long grognement et je sentais son corps trembler contre le mien. Il était en train de jouir lui aussi. C'était un régal de sentir sa semence à l'intérieur. Avec Sasha, je n'avais rien senti mais là… C'était satisfaisant. Il bougea encore du bassin avant de se retirer lentement essoufflé.

- A mon tour! Entendis-je de Feliks qui se retirait de ma bouche.

Un filet de salive me reliait encore à sa queue gonflée pendant que son frère s'allongeait près de moi, reprenant son souffle. Le premier vint entre mes cuisses et s'allongea sur moi pour m'embrasser tout en me pénétrant sans délicatesse. J'entourais ses hanches de mes mollets pendant qu'il les mouvait rapidement. Le plaisir ne m'avait pas quittée malgré l'orgasme. Je gémissais sans retenue savourant cette luxure délicieuse. J'en voulais plus, toujours plus. Je n'étais pas rassasiée. Je savais qu'il me fallait une autre jouissance pour me satisfaire. Allait-il tenir jusque là? Je l'espérais. Mes doigts se glissaient dans sa tignasse emmêlée. Le frottement de notre ébat s'accordait avec nos respirations haletantes et nos gémissements et râles bruyants. C'était si bon… Une semaine sans baiser, sans plaisir avec un mec… Une nouvelle vague… Encore…Encore… J'y étais presque… Encore plus… Allez!... Baisais-moi plus vite!... Allez!... Oui! Enfin! Un autre orgasme… La contraction était moins forte mais tout aussi bonne. Je souris béatement dans un cri cassé, les yeux clos. Du liquide sortit encore et j'entendais aussi un Sacrebleu venant de cette fois de Feliks. Seigneur! Merci! Deux putains d'orgasme. La tête du jumeau tomba dans le creux de mon cou, son souffle rapide chatouillant ma peau brûlante. Son bassin claquait violemment contre le mien puis dans un grognement rauque, il s'enfonça brusquement en moi déversant ainsi son sperme à l'intérieur. Je sentais les soubresauts de sa queue à chaque jets. C'était agréable à la fin de ma propre jouissance. Je caressais ensuite son dos musclé puis il se dégagea de mon étreinte pour s'allonger sur ma droite tandis que son frère était à ma gauche. Nous reprenions tranquillement et sans parler une respiration correcte jusqu'à ce que Stanislas rompt le silence.

- Que t'est-il arrivée, la Naine? Ton intimité m'a serré fortement à plusieurs reprises et tu as uriné.

- Oui, c'était la même pour moi. Enchérit Feliks.

Je me mis à rire faiblement, amusée. Les cons…

- Je n'ai pas pissé. Vous m'avez juste donnée deux putains d'orgasme de malade. Riais-je d'une petite voix les surprenant.

- Comment? Les femmes aussi peuvent-elles avoir une petite mort? Hallucina Stanislas.

- Je pensais qu'elles n'avaient que du plaisir et satisfaction à la pénétration. Fit son frère abasourdis.

J'éclatais d'un rire rauque cette fois. Qu'ils étaient cons, putain!

- Vous ne connaissez rien aux femmes ou quoi? Elle a du plaisir grâce au clitoris qu'on voit à l'extérieur mais il est aussi à l'intérieur. On l'appelle le Point G. Et ça, c'est le Graal! Ricanais-je doucement ensuite.

Ils me regardaient sur le cul. Nan! Je n'allais tout de même pas faire leur éducation sexuelle?! Étaient-ils puceauxavant? Le sperme sortant de mon antre cessa de me faire rire. Merde! Pourvu que j'avais encore le stérilet. Sans attendre, je glissais un doigt à l'intérieur en arquant le bassin. Ma mouille et les semences permettaient la facilité du glissement. Je sentis au bout de mon doigt les fils du DIU et soufflais de soulagement en sortant. Sous les regards interrogatifs des jumeaux, je leur murmurais:

- Je vérifiais que le stérilet était toujours bien là.

J'essuyais mon index sur ma robe de nuit que je remettais correctement. Ils étaient silencieux pendant un moment.

- Mère nous avait dit que les femmes n'éprouvaient pas beaucoup de plaisir pendant un rapport sexuel et que la petite mort n'existait que pour les hommes permettant la fécondation. Me dit Stanislas en se rhabillant en même temps que son frère.

- Nan! Enfin oui mais les femmes aussi peuvent avoir des orgasmes et parfois, plusieurs. Comme les hommes aussi… souris-je dans un souffle, la gorge douloureuse.

- Non! Impossible! Une fois qu'une homme a eu sa petite mort, il ne peut plus en avoir d'autre sauf après un repos. Se moqua-t-il avec arrogance.

Je pouffais de rire, la voix cassée.

- Oh alors vous ne savez donc rien! Un homme peut en avoir plusieurs pendant un même rapport grâce… Oh euh non, rien! Souris-je pour me foutre de leur gueule.

- Non! Grâce à quoi? Demanda Feliks.

- Raconte-nous! Fit son frère.

Je me redressais avec un sourire et partis à quatre pattes chercher ma robe de chambre et le blouson de Feliks. Je les enfilais pour avoir plus chaud et revins vers eux qui se regardaient en silence.

- Nous t'avons donnée deux petites morts alors dit-nous l'astuce! Me dirent-ils en même temps.

- Je vous ai donnés un orgasme chacun alors nous sommes quittes. Je vous le dirais une autre fois. Là, je suis épuisée. Notre petit jeu m'a bien fatiguée… D'ailleurs, j'ai adoré et j'aimerais bien recommencer une autre fois. Baillais-je, une main couvrant ma bouche.

- Sais-tu au moins que nous avions été sympathiques avec toi pendant le jeu? Nous nous sommes beaucoup retenus. Sourit Feliks.

- Merci! Je vous apprécie de plus en plus. Je ne me fais pas chier avec vous deux. Souris-je.

- Ca n'a pas l'air de te déranger de rendre cocu ton fiancé. Ricanèrent-t-ils en même temps.

Je les regardais avec un petit sourire clos.

- Sasha me connaît et jusqu'à notre mariage, je peux m'amuser avec qui je veux et autant que je veux. Alors ça ne pose pas de problème. Mais une fois mariée, je n'aurais que lui. Avec mes ex, j'entretenais des relations libres… expliquais-je avant qu'ils ne me coupent en riant.

Quoi? Ils avaient vu quoi d'autre dans ma tête? Tous mes rapports sexuels avec Thatch, Ace, Marco et Sasha? Savaient-ils l'histoire qu'il y avait eu entre Ace, Thatch et moi? Avaient-ils vu mon tripotage avec Vitali? Que savaient-ils exactement? Je baillais sous leurs yeux rieurs et pris mon téléphone, enfin allais le prendre mais Feliks me plaqua au sol me tirant une plainte. Espèce de con! Stanislas se mit à hurler comme un loup puis son frère grogna avant de planter ses dents dans mon épaule qu'il venait de dénuder, là où il y avait le plus de chair. Je criais d'une voix cassée à cause de la douleur et l'insultais d'enfoiré. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez eux? Ils étaient cinglés. Pauvres cons! Lâchais-moi, putain! Je me débattis, apeurée, en criant presque sans voix, mais sa force était supérieure à la mienne. Je sentais ses dents percer ma peau. Quelque chose de chaud coula sur mon épaule. Je ne savais pas si c'était sa bave ou mon sang. Pourquoi faisait-il ça? Il voulait me buter ou quoi? Ça faisait mal, putain! Stanislas continuait d'hurler comme un loup en sautillant et en tournant sur lui-même, les bras ballants comme s'il était en transe. De mes bras, je frappais avec ma petite force Feliks et tentais de lui mettre des coups de genoux mais il attrapa mes poignets pour les immobiliser sur le sol et il appuya tout son corps sur le mien pour me faire cesser de bouger. J'entendis son grognement étouffé près de mon oreille à travers ma respiration haletante dû à l'effroi que je ressentais. Je remarquais que plus je me mouvais et plus il serrait sa mâchoire alors, les larmes coulant sur mes joues, je cessais tout mouvement. Je croisais son regard rempli d'animosité. Il était perçant avec une étincelle de perversion. C'était différent de tout à l'heure. Feliks était sérieux. Pourquoi me faisait-il ça? Mon cerveau tournait à plein régime pour chercher une réponse. Ils s'amusaient à chasser, à hurler comme des loups, à grogner et maintenant à mordre et à immobiliser. Se prenaient-ils tous les deux pour des loups? Étais-Je une proie ou dans une nouvelle recrue à leur jeu bizarre? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. Je détournais donc la tête et les yeux puis fixais une botte de pailles à côté. La pression de sa mâchoire se fit moins forte. Était-ce une initiation? J'avais toujours peur et je devais tout faire pour survivre dans ce monde de cinglés. Ils étaient tous fou ici mais je devais rester forte. Notre Sauveur Jésus-Christ était avec moi. Il m'accompagnait et m'épaulait dans cette épreuve. J'avais Foi en lui!

Stanislas cessa d'hurler et de danser pour ouvrir les portes en bois de l'ouverture de l'entrepôt où il avait été vomir tout à l'heure. Je voyais le ciel étoilé de là où j'étais et un petit bout de la lune. Était-elle pleine? Non, il manquait un petit croissant. Elle n'était pas vraiment ronde. Il se mit alors à crier quelque chose dans une langue que je ne connaissais pas puis à hurler encore tel un loup. Ça faisait flipper. Quel cinglé!

Il y eut une vague de chaleur dans ma poitrine et des picotements désagréables. Quelqu'un essayait d'entrer dans mon esprit. Je n'arrivais pas à bloquer cette énergie et elle s'engouffra dans mon corps de la tête aux pieds. Ce n'était pas désagréable comparé à Dmitri.

Feliks retira lentement ses dents de ma chair puis il frotta ses lèvres contre ma joue dans une expiration, lécha mon oreille avant de la mordiller doucement. Un vrai animal… Je ne bougeais pas, n'osant pas.

- Maintenant, tu fais pleinement partie de la bande. C'est moi, l'Alpha de la meute et tu me dois obéissance et respect. Susurra-t-il à mon oreille me donnant un frisson.

Je hochais de la tête ne sachant faire que cela pour me sortir de cette merde, et Feliks me mordit le haut de l'oreille doucement pour le tirer. Ce n'était pas douloureux et même un peu agréable. Il y avait juste cette putain de douleur à l'épaule. Ça me lançait à chaque battement de mon cœur.

Sa langue lécha mon lobe, descendit sur ma mâchoire, mon cou et enfin s'arrêta sur ma blessure. Il la léchouillait et l'aspirait me faisant mal. Des plaintes d'une voix cassée sortaient de ma gorge. Ça l'amusait vu ses ricanements. Quel taré! Pourquoi fallait-il que je tombe toujours sur des cinglés?

- Oh sacrebleu! S'exclama Stanislas en fermant maladroitement et à la va-vite les portes de l'ouverture.

Feliks se redressa alerté et inquiet.

- Qu'y a-t-il, mon frère? Demanda-t-il.

- Le Seigneur Im! Il est sur son balcon. Chuchota fortement l'autre en venant vers nous.

- Faisons silence! Nous ne voulons pas être punis.

De l'inquiétude me traversa avant de disparaitre au moment où Feliks retira son énergie de mon Être. Les jumeaux avaient peur de ce Im. Pourquoi? Qui était-il? Il se retira pour s'asseoir près de son frère devant l'ordinateur encore allumé. Lentement, je me redressais encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer et pris mon portable pour constater les dégâts de la morsure avec l'application photo en caméra frontale. Je ne voyais pas grand-chose à cause de la faible luminosité mais ça ne saignait pas, c'était juste rouge et douloureux lorsque je touchais du bout des doigts. J'étais soulagée. Ça allait sûrement disparaitre rapidement. Du coin de l'œil, je vis les frères éteindre le PC alors j'en profitais pour envoyer un message privé à Sasha. Je lui racontais ce qu'il m'était arrivée avec les détails. Je lui avais dit que j'avais baisé avec les frères à cause du manque. Tout était passé. Je ne voulais rien lui cacher et ni lui mentir. J'espère maintenant qu'il ne le prendrait pas mal même si c'était improbable. Moi, je l'acceptais tel qu'il était alors ça devait en être également pour lui.

Oh? Des demandes d'ami sur VK. Je ne les avais pas vues en notification. IVANOVA Ana, IVANOV Vitali, IVANOV Alexeï, IVANOV Nikolaï, ROMANOV Feliks et ROMANOV Stanislas. Les comptes de ma famille avaient été créés récemment et je souriais en me disant qu'ils les avaient fait pour moi. Je les acceptais et me tâtais à faire de même avec les invitations des jumeaux. Je regardais leur photos de profils. Celle de Feliks était une de lui en tenue équestre chevauchant un cheval blanc, et celle de Stanislas était celle d'un chien blanc avec un beau collier en pierres précieuses. Était-ce son chien? Je ne pouvais pas voir d'autres choses les concernant. Alors j'acceptais leur demande.


Fin du chapitre 29.


Bonus Futilités:

- Les jumeaux Feliks et Stanislas ROMANOV sont inspirés de l'acteur britannique Luca VARSALONA.

- Feliks est l'aîné de trois minutes.

- Ils mesurent 2m16 et sont nés le 5 Avril.

- Le prénom Feliks signifie celui qui brille.

- Le prénom Stanislas signifie le commandeur prestigieux.

- Le prénom Dmitri signifie celui qui juge.

- Masami est une esclave de 19 ans.

- Le prénom Masami signifie celle qui pique.

Elle appartient à Dmitri.

- Le cheval appartient à Feliks. C'est un Orlov-Rostopchin noir mâle de 3 ans.

- Son nom est RocketBeam qui signifie Faisceau de fusée.

- L'Archange Zadkiel représente la liberté, la bienveillance et la compassion. Il est le Saint Patron de la miséricorde.

- «Gratulerer ! Ved min nåde og min fremtidige kone er dere begge frigjort, slaver!» est du norvégien signifiant «Mes félicitations! Par ma Grâce et celle de ma future épouse, vous êtes tous les deux affranchis, Esclaves!»

- Un Boïar est un noble russe.