Hello Hello ! C'est Mercredi ! Et Mercredi... journée publi ! (Allez savoir pourquoi !)

Tout d'abord, merci pour vos mots. Vos reviews m'ont comblés, c'est un bonheur de vous lire à nouveau, et surtout de voir que ma plume vous plait toujours autant… vous me touchez plus que je ne saurais le dire... et ça me boost plus que mon café !

J'espère que la suite vous plaira tout autant.

On se retrouve en bas.


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !


Chapitre 2

Les félicitations allèrent crescendo, la musique reprit, la fête aussi, encore plus vive, plus remuante qu'avant. Beaucoup de monde se mit même à danser au milieu de la pièce, sur la piste soudainement improvisée. Alice et Jasper dansait, se balançant à leur propre rythme joyeusement, le bonheur irradiant. Ma meilleure amie avait le plus grand sourire qu'elle n'avait jamais porté, et, Jasper, semblait si fier de faire tournoyer sa future femme.

Tout était parfait.

A un détail près… Riley.

De nouveau, je commençai à me sentir morose.

Décidant que je ne me laisserai pas gâcher la soirée d'anniversaire -et de fiançailles de mon amie, j'attrapai une nouvelle coupe de champagne et avançait sur la piste pour rejoindre mes amis.

Les parents d'Alice, qui dansaient non loin en riant, me sourire au passage. Oubliant mes inquiétudes et le reste, je me déhanchai, ne pensant plus à rien. La musique me berçait, faisant onduler mes hanches -comme toute femme dans cette pièce, et ma tête se balançait à mesure que ce reggaeton faisait vibrer le sol de l'appartement. Définitivement, cet endroit était devenu une boite de nuit improvisée.

J'espérai sincèrement qu'Alice avait prévenue ses voisins. Bientôt, tous les invités se mirent à se déhancher, riant, chantant. Les rires et sourires de ma meilleure amie me prouvèrent à quel point cette fête était celle dont elle avait rêvée… peut-être même plus encore. Son bonheur était beau à voir, il réchauffa mon cœur déçu, et je me laissai allez, dansant, oubliant le reste du monde.

La lumière s'éteignit, laissant la douce lumière vacillante des bougies et des guirlandes éclairer la pièce. La sensation était étrange, mais tellement intime et agréable.

J'eus une drôle de sensation. Un picotement le long de la nuque, un frisson sur ma peau. Et cette sensation de poids sur la poitrine, qui oppressa mes poumons.

Et puis, je le vis.

En face de moi, un peu à l'écart de la foule, une coupe de champagne à la main, il me fixait du regard. Ses yeux, plus sombres que précédemment, remontèrent lentement le long de mes jambes nues, semblant réussir à voir à travers ma robe lorsque son regard remonta encore, caressant ma peau au-delà du tissu, faisant trembler mon corps tout entier.

Il m'observait depuis je ne sais quand, faisant glisser ses yeux sur moi, ne s'arrêtant nul part en particulier et partout à la fois. Mon ventre se noua. Personne ne m'avait jamais regardé de la sorte. Jamais. Pas même les hommes qui avaient partager ma vie.

Edward.

Et cette foutue sensation d'irréel qui entourait ma soirée. A cause de lui.

Je ne sais si ce fut l'alcool, la musique, l'ambiance ou simplement ses yeux qui me brûlaient, mais, quand son regard retrouva le mien après s'être attardés un peu trop longtemps sur ma bouche, je fus prise d'une violente adrénaline, me poussant à onduler langoureusement des hanches.

Jamais je n'avais eu confiance en moi, en mon corps à ce point.

Je continuai de danser lentement, fermant les yeux me laissant emporter par ce moment qui me vaudrait un nombre incalculable de crises de culpabilité et de honte une fois terminé.

Cependant, je ne voulais pas y penser.

Je voulais danser.

Je voulais sentir à nouveau cette chaleur, ce regard.

Ce sentiment unique.

Cette sensation totalement interdite, mais tellement déroutante.

Étais-ce lui ? Son regard ? Cette façon si particulière de faire voler ma conscience en éclat ?

L'alcool devait sûrement jouer sur mon cerveau embrumé, tout ça devait être sûrement imaginé, ou tout du moins amplifié par le champagne courant dans mes veines, mais, quand j'ouvris de nouveau les yeux, tombant sur ses deux lacs sombres, mon cœur s'arrêta brusquement avant de repartir à toute vitesse.

J'eus l'impression enivrante et destructrice d'être en train d'assister au crash de ma vie sans, pour autant, pouvoir et surtout vouloir faire quoi que ce soit pour l'empêcher ou amortir ma chute.

Je continuai de danser en ne décrochant jamais mes yeux des siens, en ignorant ma conscience qui hurlait, et ma culpabilité qui voulait m'étrangler.

Je dansais, au milieu des corps, en ne réussissant pas une seule fois à détacher mon regard de lui. De ses yeux si sombres, de sa mâchoire contractée, de son corps entier qui était crispé, de ses mains qui serraient son verre plus que de raison.

Je savais, que le lendemain, mon cerveau reprendrait son fonctionnement normal et que ce moment filera aux oubliettes, de force, avec ma dignité, et toutes ces sensations étranges que je ressentais depuis l'arrivée d'Edward ici.

Cela sera ma propre culpabilité, et, jamais, je n'en toucherai mots à personne.

Cela sera mon secret le plus enfoui, le plus étouffé.

Mais ce soir, cette nuit, au milieu du salon d'Alice, j'avais l'impression d'être la personne la plus désirée et désirable du monde.

Pour la première fois de ma vie, je me sentais incroyablement femme et sensuelle... Je savais, au fond de moi, que ce que je ressentais, ici et maintenant, ne venait que de lui.

Ce sentiment m'arracha un frisson qui courut le long de ma colonne vertébrale, faisant naître une douce chaleur dans mes reins, réveillant ce corps engourdi par l'alcool, la fatigue et la lassitude.

Je fermais de nouveau les yeux, oubliant le monde autour, dansant, flirtant avec l'indécent, m'amusant finalement beaucoup plus que ce que j'aurai espéré en arrivant ici.

Alice passa ses bras autour de moi, faisant éclater ma bulle sans même s'en rendre compte. On se mit à danser ensemble, nous déhanchant en rythme. Son rire provoqua le mien, et quand j'ouvris de nouveau les yeux, Edward avait disparut.

Malgré moi, malgré tout, malgré la raison et ma fidélité qui venait de voler en éclats -bien qu'il ne soit, en fait, rien passé, je ne pus m'empêcher d'être déçue qu'il soit partit.

L'air et l'intensité dans mon corps s'allégea brutalement, mon cœur reprenant enfin un rythme normal.

Je dansais un long moment avec ma meilleure amie, tournoyant, riant toutes les deux. Je ne regardais plus autour, me concentrant sur notre amusement mutuel.

Il y avait longtemps que je ne m'étais pas autant amusée et assumée.

Notre complicité n'était plus à prouver, à personne, mais nous retrouver ainsi me fit le plus grand bien.

Après un rock endiablé, je me laissai tomber dans le canapé, à l'instar d'Alice, en éclatant de rires.

- Mon Dieu, j'ai l'impression d'avoir 18 ans ! s'écria Alice en s'éventant.

- Et moi dont ! La dernière fois que j'ai dansé comme ça c'était à nos vingts ans, m'exclamai-je en riant.

Les invités commençaient à rentrer, la pièce était déjà moins pleine, et l'air plus présent. J'inspirai profondément, essayant de calmer les battements de mon cœur clairement plus habitué à ce genre d'exercices depuis plusieurs années. Les effets de l'alcool commençaient aussi à se calmer, ma tête tournait déjà dangereusement moins, et le subite élan de confiance dont j'avais été la cible au début de mon moment sur la piste, semblait avoir totalement disparut.

Les parents d'Alice vinrent nous dire au revoir, me faisant promettre de passer les voir bientôt.

Les minutes passèrent, j'observais les invités danser, s'amuser, m'obligeant à ne penser à rien.

Jasper finit par revenir du balcon, et vint s'asseoir près d'Alice autour de qui il passa son bras.

- Comment va ma très chère future femme ?

- Merveilleux ! Et mon très cher futur mari ?

Il l'embrassa pour réponse, me faisant détourner les yeux pour leur laisser l'intimité nécessaire à ce genre de marque d'affection.

Mes yeux tombèrent sur Edward, qui venait d'entrer à son tour dans la pièce, revenant de dehors, lui aussi. Mon regard glissa, sans que je ne le contrôle, sur son corps long et fin.

Cette chemise cintrée était la perfection même… ou était-ce lui ?

Je soupirai discrètement quand il nous vit sur le canapé. Son corps se stoppa presque imperceptiblement, avant qu'il n'avance vers nous, son regard courant sur moi, avant d'accrocher mon visage, ne sachant apparemment pas sur quelle partie s'arrêter. Je lui fis un faible sourire, essayant d'apaiser les battements de mon cœur qui s'intensifiaient à mesure que sa personne se rapprochait de moi.

Inspirant profondément, j'ignorais le nœud dans ma poitrine quand il s'assit à mon coté.

Son parfum me percuta de plein fouet, et j'eus un léger mouvement de recul. Son odeur boisée, chaude et terriblement masculine fit sursauter mon cœur. Cœur qui, je le cru, voulu sortir de ma poitrine quand Edward se pencha légèrement vers moi, ses yeux brûlant ma mâchoire alors que je m'efforçai d'observer les invités qui dansaient encore, debout devant nous.

- Jolie danse, commenta Edward, sa voix basse et chaud me faisant frissonner.

Je luttai contre l'envie que j'avais de tourner le visage pour pouvoir le voir, le sentir si près de moi. Je me contentai d'acquiescer un petit sourire, essayant de rougir le moins possible, en me concentrant au mieux pour ne pas défaillir.

Je savais qu'il ne parlait absolument pas de ce que ce déroulait sous nos yeux, mais de ma danse de tout à l'heure. Je sentis mes joues me brûler rien qu'à ce souvenir.

Je ne comprenais toujours pas ce qu'il m'était arrivé.

- Il se débrouillent bien, oui, finis-je par dire, ignorant totalement sa parfaite allusion.

Il se pencha un peu plus vers moi, son parfum d'autant plus fort autour de moi, m'enveloppant entièrement, empêchant mes pensées d'avoir un sens.

- Je ne parlais d'eux, souffla-t-il lentement, mes sens en éveil au moindre geste de sa part.

Mes joues devaient être cramoisies. Je me concentrai sur la musique, inspirant calmement. La culpabilité griffa mon âme cabossée.

Sa cuisse toucha la mienne, dans un mouvement lent. Mon cœur loupa un battement. La chaleur de son corps contre le mien me faisait perdre la raison, mes sens étaient complètement en vrac, avec mon cerveau et ma dignité. Tout mon corps ne se concentrait plus que sur la brûlure de son pantalon habillé contre ma cuisse, de la sensation de son souffle sur ma nuque. J'allais mourir tant la sensation était grisante.

Je perdais totalement la tête.

Si je n'avais pas été en couple, j'aurai tout fait pour finir la soirée dans son lit, tant sa personne était charismatique et me perturbait indéniablement. Et ceci ne me ressemblait absolument pas.

Que m'avait-il fait ?

« Si je n'avais pas été en couple... »

Riley.

Cette pensée me fit me reculer, assez pour que je puisse le regarder sans le toucher.

Ses yeux, faiblement éclairés par les lumières des bougies dansant autour de nous, brillaient d'une intensité qui me noua le ventre.

Il n'était pas beau, il était sublime.

Tout son être était la perfection incarnée. L'air sembla se raréfié quand son regard glissa jusqu'à ma bouche, s'y attardant un quart de seconde avant de me regarder à nouveau.

- Je… l'alcool, expliquai-je lamentablement en retenant mon souffle.

Ses yeux devinrent rieurs, et sa bouche se tordit en un sourire en coin qui s'insinua sous mes veines, envoyant une décharge électrique dans ma colonne vertébrale et ma poitrine.

Je manquai d'air.

Il finit par faire tomber son regard sur ma bouche, avant de regarder de nouveau vers la piste de danse, observant les invités continuer de se déhancher.

Je relâchais l'air de mes poumons, et inspirai lentement. Je restai un instant à l'observer sans pouvoir faire le moindre mouvement.

Sa pomme d'Adam tressauta légèrement quand il déglutit.

Ma cuisse venait de ce coller à nouveau à la sienne.

Cette fois, le mouvement venait de moi. Je voulais encore voir, encore sentir si tout cela était bien réel. Mon regard voyagea de son cou à sa mâchoire, jusqu'à sa bouche. Instinctivement j'humidifiai mes lèvres avant de détourner les yeux.

J'étais la pire des garces et la pire des personnes. Un homme qui me comblait parfaitement m'attendait chez lui, et moi, j'étais là, à me pavaner devant un homme que je ne connaissais pas le moins du monde et qui, pourtant, me faisait un effet que je n'avais encore jamais connu auparavant.

Il fallait absolument que je m'éloigne, que je m'en aille d'ici.

Ma décision fut prise en quelques secondes. Je soupirai, avant de dire à Alice que j'allais rentrer. Elle m'appela un taxi, et, malgré l'heure tardive, je n'étais absolument pas fatiguée.

Je saluai tout le monde très rapidement, refusant de regarder Edward quand je récupérai mes affaires dans l'entrée.

Je sentais pourtant sa présence pas loin, tout mon corps me criait qu'il était là, à me regarder faire. J'embrassai Alice et Jasper, les remerciant pour tout et les félicitaient une nouvelle fois après avoir enfilé mon manteau. Le regard inquiet de ma meilleure amie sur ma personne me fit me sentir injuste : elle sentait que quelque chose n'allait pas, mais, pour autant, je me sentais incapable de lui expliquer… j'étais incapable de me l'expliquer moi-même.

Et je fuyais. Comme les rares fois où, dans ma vie, j'avais sentie que les choses pouvaient m'échapper.

De nouveau, je refusai de regarder Edward, voulant à tout prix quitter cette endroit, et sa personne.

Rien de ce qui s'était passé ce soir n'avait de sens.

Je devais partir, je devais oublier.

Dans l'ascenseur, je luttai contre mes larmes… jusqu'à aujourd'hui, rien ne m'avait déjà échappé à ce point.

En montant dans le taxi, j'avais presque la nausée. Pourtant, l'alcool n'était pas le seul responsable. La culpabilité, que j'avais repousser pendant des heures, revint à moi et j'eus la sensation qu'elle allait m'engloutir. Je regardais l'heure : 04:30 du matin. Avais-je dansé si longtemps ?

Il était évident que je n'avais pas vu le temps passer.

J'indiquais l'adresse de Riley au chauffeur du taxi, espérant que mon initiative arriverait à calmer l'angoisse qui courrait dans mes veines.

Quand j'ouvris la porte de sa maison, avec la clé qu'il m'avait donné un mois plus tôt, le silence de la pièce m'accueillit.

J'essayais d'être discrète, et tentais d'ignorer le frisson qui me secouais chaque fois que j'entrais dans cette maison.

Ici, tout était tellement froid.

Avec maladresse, j'enlevai mon manteau et le jetais sur le canapé, avant d'ôter mes chaussures que je fis glisser plus loin. Ces satanés escarpins auront ma peau. En entrant dans sa chambre, faiblement éclairée par la lumière de la lune à travers la fenêtre, je distinguais non sans mal son corps endormi, couvert de sa couette, m'empêchant de le voir vraiment. J'attendis une réaction de mon cœur, de mon corps, mais rien ne vint.

Je réprimais les larmes qui me menaçait depuis que j'étais sortie de ce maudit appartement avant d'avancer vers le lit et de m'asseoir sur le bord. Riley bougea légèrement, sa main me cherchant.

- C'est toi… soupira-t-il, endormi.

Il y eu un silence, je me demandai vaguement si j'avais bien fait de débarquer chez lui en pleine nuit sans même le prévenir.

- Je peux dormir avec toi ? m'inquiétai-je, plus certaine d'avoir ma place ici.

Il soupira, puis m'attira dans ses bras.

- C'est ta place, murmura-t-il dans mes cheveux.

Je soupirai, cherchant un apaisement quelconque. Rien ne vint, mon cœur tambourinait si fort dans ma poitrine qu'il en était douloureux. Je m'allongeai sur le flanc, lui tournant le dos et son corps se pressa contre le mien pour me maintenir contre lui. Je frissonnais.

Lentement, je me tournai pour pouvoir lui faire face. Avec la faible lumière de l'extérieur, je distinguai son visage, ses cheveux bruns. Il était superbe.

Superbe, et à moi.

Ma main glissa le long de son corps remontant jusqu'à sa nuque que je caressais du bout des doigts. Il soupira de bien-être. Tout était si simple avec lui. Doucement, je posais ma bouche sur la sienne, l'effleurant à peine, essayant d'attiser quelque chose qui se devait d'être plus brûlant que ce que je ressentais à l'instant. Cela n'était pas suffisant.

Mes lèvres se firent plus insistantes, et il me rendit mon baiser lentement, sa bouche savourant la mienne. Je fermais les yeux, me forçant à me concentrer sur les sensation que cela faisait naître en moi. Je souris légèrement contre sa bouche, la douce chaleur dans mes reins m'indiqua que rien n'était perdu.

Riley. Riley.

Ses lèvres glissèrent le long de ma mâchoire, son corps s'éveillant contre moi, sa main caressa mon flanc.

Cependant, alors que sa bouche et sa langue caressait avec douceur mon cou, des images en flash envahirent mon esprit, affichant les yeux sombres, la mâchoire et la sensation interdite de son regard brûlant sur mon corps... celui d'un autre homme que celui qui était mien.

Je réprimai un gémissement, sentant mon corps s'embraser brutalement à sa pensée.

- Arrête de gémir, chuchota Riley, me faisant reprendre pieds avec la réalité, notre réalité.

Je m'étouffai soudain.

Rien de ce qui venait de ce passer n'était normal. La honte m'avala toute entière et la bile me remonta dans la gorge. Je me sentais tellement coupable, la douleur dans ma poitrine me fit monter les larmes aux yeux.

- J'suis trop crevé, marmonna Riley, ignorant totalement (et heureusement pour lui) tout ce qui pouvait me passer par la tête.

Il me repoussa, et se décala pour pouvoir reposer sa tête sur l'oreiller avant de m'attirer contre lui. J'expirais tout l'air de mes poumons, tentant de repousser mes pensées plus incohérentes et incontrôlables les unes que les autres. Les larmes perlèrent sous mes paupières que je fermais et serrais à m'en faire mal.

J'avais envie de hurler.

- Je dis pas que j'en ai pas envie, murmura Riley soudain, prenant conscience de la crispation de mon corps. J'suis juste trop mort. J'ai bossé jusqu'à pas d'heures, s'excusa-t-il en m'étreignant plus fort.

J'avalais ma salive douloureusement, cherchant à me reprendre.

- C'est rien, réussi-je à dire après un temps interminable.

Il embrassa mon front, me serra contre lui. L'instant d'après, son souffle régulier m'indiqua qu'il dormait déjà. Je fus presque heureuse de ce rejet.

Dormant aussi paisiblement contre moi, il ne pu pas sentir les sanglots que je tentai d'étouffer, ni voir les larmes qui ne cessèrent de couler.


La semaine qui suivit fut à la fois étrange, et à la fois totalement normale. Mes heures à la librairie, passaient, comme toujours, à une vitesse folle. Comme toujours également, Riley passa la semaine au bureau, et ne vint que le mercredi soir dormir dans mon appartement, mais il était bien trop fatigué et préoccupé par le procès qu'il allait bientôt défendre pour me parler ou même envisager de m'accorder une heure de tranquillité.

Cette soirée fut un cauchemar, et, pendant que mon inconscient se battait contre ma culpabilité, s'acharnant à essayer d'introduire la soirée du samedi précédent dans mon crane sans cesse, je ne pus m'empêcher de me demander si cela serait toujours comme ça… figé.

Le vendredi midi, je m'occupais de trier les nouveaux romans arrivés à la librairie le matin même quand mon téléphone sonna.

- Alice ?

- Bella, salua sa voix guillerette. Ma meilleure amie aurait-elle quelque chose de prévu ce soir ?

- Je ne sais pas si Riley…

- Super ! On vous attends pour dîner.

Je levais les yeux au ciel.

- Je ne t'ai pas dit oui, souris-je.

- Tu n'as pas dit non.

Entendre son rire cristallin me fit un bien fou. Alice était définitivement une véritable bouffée d'air frais.

- Je vois avec Riley et je te confirme ça, répondis-je juste.

Je l'entendis vaguement soupirer mais n'y prêtais pas attention. Edward venait d'entrer dans la librairie.

Edward.

Tout mes sens se mirent en alerte, je sentis le sang affluer mon cou, mes joues quand je le vis parcourir la librairie des yeux, avant que ceux-ci ne tombent sur moi.

Il n'eut pas de mal à me trouver, étant donné, qu'à cette heure ci, j'étais seule, ma collègue étant partie déjeuner, et les clients absents.

J'eus une vague pensée pour la tête que j'avais et à quoi je devais ressembler dans ce jean et ce sweat trop grand pour moi. Une expression que je ne reconnus pas courra sur son visage.

Déjà, mon cœur accéléra sa course folle.

- Je… je te laisse Alice, m'exclamai-je un peu trop vivement, quand Edward se dirigea vers moi.

Je fus heureuse que le comptoir entre lui et moi sois un obstacle suffisamment imposant pour maintenir une distance raisonnable entre nous quand il sera devant moi. J'avais tellement peur que mon cœur ne survive pas à force de battre à cette vitesse.

- Attends ! s'écria Alice avant que je ne raccroche. Edward va passer te déposer l'écharpe que tu as oublié à la maison samedi. Il devait aller en ville alors je lui…

- Il est déjà là. Merci Alice.

Je raccrochai sans même prendre la peine d'attendre une réponse. Mon téléphone tapa un peu trop fort sur le comptoir devant moi quand, Edward, armé d'un sourire finit par arriver à ma hauteur. Je m'accrochai au meuble devant moi de toute mes forces, espérant ne pas avoir l'air d'une hystérique.

- Salut, souffla sa voix.

- Salut, répétai-je bêtement.

Sa voix avait la texture du velours, elle était encore plus perturbante que dans mes souvenirs. Je retins un frisson. Un sourire en coin apparut quand je me sentis rougir, ce qui eu dont de m'intimider d'avantage. Mon cœur, s'arrêta un instant, avant de tambouriner dans ma poitrine qui se serra, à cause de la pression sur mon corps entier.

Il me sembla même que l'air crépita.

J'étais heureuse que ma collègue ne soit pas là pour me voir peiner à ce point. Elle aurait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas.

- Tu… Alice m'a donné ça, pour toi, finit-il par dire en me tendant mon écharpe, sans départir de son sourire pour autant.

Je récupérais mon écharpe, ses doigts effleurant les miens. Le bout de mes doigts me picota, l'électricité longea mon bras, avant d'atteindre directement mon cœur. Edward baissa le regard vers nos doigts, avant que je ne retire ma main péniblement, faisant tomber l'écharpe sur le comptoir, entre nous.

- Ok… je… merci, murmurai-je maladroitement en la ramenant vers moi.

De nouveau, le silence s'installa.

Pourquoi diable étais-je incapable d'aligner deux mots en sa présence ?

Il finit par fermer les yeux deux courtes secondes, soupirer, me souffler un « salut » avant de faire demi tour et de se diriger vers la sortie.

Je restai hébétée, partagée entre l'envie de le laisser partir, pour pouvoir respirer à nouveau convenablement, et l'envie de lui dire de rester.

- Attends, finis-je par dire alors qu'il tendait le bras vers la porte.

Il stoppa son geste, et se tourna lentement vers moi. Ses yeux trahissaient son incompréhension, et moi, je devais avoir l'air d'une folle furieuse. J'évitais de trop le regarder en détails, ce jean lui allait trop bien pour être honnête. J'avançais vers lui prudemment, son regard ne quitta pas le mien durant toute la manœuvre.

- Je suis désolée, m'excusai-je, je dois te paraître…

- Bizarre ? Finit-il pour moi.

Je retins mon rire en mordant ma lèvre.

- Désolée, m'excusai-je à nouveau. Je ne voulais pas être incorrecte. Merci pour l'écharpe.

Un vrai sourire se dessina sur sa bouche, et j'ignorai mon cœur qui sursauta. Il parut hésité, puis jeta un regard autour de nous.

- Enfaîte… je ne suis pas venu que pour ça, avoua-t-il en reportant son regard sur moi.

Mon ventre se noua.

- Je cherche un cadeau. J'aimerais trouver quelque chose de personnel pour… marquer le coup.

J'inspirai profondément.

Me cachant derrière mon professionnalisme, je l'invitai à poursuivre sa requête.

- Elle aime ce qui est… classique, chanta sa voix sans qu'il ne puisse réussir à retenir son sourire.

Ses yeux s'allumèrent d'une joie certaine. Il était évident qu'il aimait cette personne, cette… femme. Je ne pus m'empêcher de penser à quel point elle était chanceuse. Quelque chose comprima ma poitrine.

- D'accord… peux-tu m'en dire plus ? Demandai-je, je ne pense pas que je pourrais te trouver ce que tu veux sans d'autres détails, ajoutai-je quand je sentie qu'il hésitait.

Il glissa les mains dans ses poches, haussa légèrement les épaules.

- Elle aime les histoires d'amour. Et… elle a eu plus jeune une des premières éditions de… Orgueil et préjugés ? (il m'interrogea du regard et j'acquiesçai) mais il a été perdu dans un déménagement. Du coup… en aurais-tu un exemplaire ?

Cette fois, je souris franchement devant son expression enfantine. Je me dirigeais vers l'allée des romans classique en lui demandant de me suivre. On évolua à travers les étagères bondés, je ne pus m'empêcher de sourire. Cette endroit dégageait tant de choses. Et voir Edward ici était… perturbant.

- Je n'aurai pas un exemplaire des premières éditions, avouai-je en sentant sa présence derrière moi bien plus forte que le soir chez Alice. Elles sont très rares et, sont, par expérience, hors de prix. Mais je dois avoir normalement… ha, voilà !

Je trouvai l'allée voulue, et avançai au milieu des livres, mon doigts flirtant sur le bois poli, avant d'attraper celui que je voulais.

Obligée de me mettre sur la pointe des pieds, j'essayai d'accéder à ce fichu livre avant de sentir sa présence tellement près que son corps touchait presque le mien.

La sensation me coupa le souffle alors qu'il tendait le bras pour attraper le livre sans aucun mal. Si mon cerveau avait pu fonctionner normalement, j'aurais sans doute fait une réflexion sur la facilité de la vie quand on mesurait plus d'1,80m.

Mais, mon organe vital avait apparemment décidé de disparaître, engloutit par les hurlements hystérique de ma conscience qui criait à l'alerte rouge.

Instantanément, je retombai sur mes pieds, accentuant le contact entre nos corps.

Je me mordis la joue quand j'entendis son souffle s'accélérer. Cela ne dura que quelques pauvres secondes, mais son contact m'électrisa toute entière.

J'aurai aimé, que tout ce que je ressentais en sa présence soit le fruit de l'euphorie de la fête d'Alice, que tout soit la faute du champagne et des lumières tamisées.

J'aurai tant aimé que tout cela ne soit lié qu'à la magie de son anniversaire.

Mais nous étions à Boston, un vendredi de mars, et mon cœur battait à tout rompre parce que, cet homme, était près de moi.

Je me reculai et mon tournai, pour ne plus le toucher. Son regard, plus sombre que lorsque qu'il était rentré dans la librairie passa sur mon visage comme une caresse. J'ignorai l'émeraude de ses yeux qui étincelait bien trop fort. Il ouvrit la bouche pour parler, mais je le coupais.

- Cette édition est une des plus vieilles que tu trouveras à moins de 100 dollars. Oui, tu as bien entendu, souris-je quand il baissa des yeux écarquiller sur le livre entre ses mains.

Je m'efforçai d'ignorer les battements fous de mon cœur et la pression dans ma poitrine quand son regard rencontra de nouveau le mien.

- Je ne pensais pas des morceaux de papiers puissent coûter si cher, s'amusa-t-il en me suivant à nouveau dans les allées, revenant vers mon comptoir.

Je me stoppai net au milieu de mon chemin, si bien qu'il me rentra dedans. Il s'empressa de s'excuser et de reculer d'un pas.

- Des morceaux de pap… Je rêve ! m'indignai-je. C'est Orgueil et préjugés Edward, pas un vulgaire roman !

Il haussa les épaules totalement indifférent. Je ne sais pas si il avait conscience d'à quel point il était beau en cet instant. La luminosité filtrant à travers la vitre donnait à ses yeux une teinte vert clair, que je n'avais jamais vu chez personne.

- Ça reste un bouquin.

- On ne sera jamais ami, en conclu-je, le faisant rire franchement.

Son rire me fila une claque, et je ne pus m'empêcher de sourire idiotement, ébahie par tant de charisme. Je flirtais carrément avec l'indécence et la bêtise à l'admirer ainsi. N'importe qui entrant dans la librairie aurait vu mon air niais.

- Bells ? Je ravalais mon sourire en découvrant Riley devant mon comptoir.

Je sentis le sang quitter mon visage.

- Riley ! m'exclamai-je alors que je sentais Edward se tendre derrière moi. Je… c'est Edward, me sentis-je obligée de dire, en désignant l'homme à mes cotés. Le frère de Jasper, ajoutai-je quand Riley fronça les sourcils.

- Ah.

Les deux hommes se toisèrent quelques secondes, puis Riley me dévisagea attendant apparemment quelque chose. Quelle idiote.

- C'est Riley, le présentai-je à Edward, tout en évitant son regard.

La crispation de ses mâchoires me firent mal au ventre.

Je n'imaginai pas, en me levant ce matin, que je devrais présenter Edward et Riley. J'aurai pu en rire si je n'avais pas été si mal à l'aise. Je me raclai la gorge pour me reprendre contenance. Évidemment, que je m'étais rendue compte que l'un et l'autre n'avait absolument pas fait preuve de politesse. Je tentai d'ignorer atmosphère lourde qui régnait dans la pièce depuis que Riley était intervenu. Malgré moi, je me sentis agacé.

- J'voulais voir si tu étais libre pour déjeuner, avoua finalement Riley après un silence. Mais si tu…

- Je m'en vais, le coupa Edward en glissant un regard vers moi. J'allais justement régler ce livre à Isabella.

Ce fut presque imperceptible, mais je vis Riley tiquer à l'utilisation complète de mon prénom dans la bouche d'Edward. Si je ne connaissais pas mon homme, j'aurai pu penser qu'il était vraiment jaloux. Je refoulais les sensations qu'Edward venait de faire naitre dans mon corps, rien que par la façon dont il avait prononcé ce prénom que j'avais détesté longtemps. Dans sa bouche, il était presque beau.

Je ne sais pas combien de temps Riley dévisagea Edward pendant qu'il me regardait, mais cela me parut une éternité… et je ne saurai dire lequel des deux avait l'air le plus en colère.

Une partie de mon cerveau, qui s'était remis un marche à l'instant où j'avais aperçue Riley, trouva la situation totalement ridicule.

Je finis par passer derrière mon comptoir et encaissais le livre, sentant tout le poids de leurs regards sur moi.


Bon, faut bien couper à un moment donné... et je trouve que cette fin légèrement sadique et perturbante est pas mal.

Laissez moi vos impressions, vos ressentis.

Je file admirer mon sapin de noël qu'on a monté hier avec ma fille. Oui oui, vous ne rêvez pas, j'ai bien dit Sapin de Noël. C'est bientôt non ? J-41 !

J'vous embrasse.

Tied.