Bienvenue dans le trentième chapitre. Enfin le numéro 30! Ça passe vite.

Disclaimer: One Piece n'est pas à moi. Vous n'avez pas l'air surpris. Comment ça vous le saviez déjà?

Bonne lecture!


C'était la lumière de la lampe tempête en pleine gueule qui me réveilla une énième fois au milieu des deux frères, sur le dos. Nous nous étions collés pour nous tenir chaud même si je n'avais pas osé par peur que Feliks me morde encore ou pire les deux en même temps. Ils étaient plus que spéciaux. Ils étaient tarés mais peut-être pas autant que Dmitri. J'espérais ne plus le revoir mais c'était impossible. Si Sasha ne venait pas rapidement, je me marierais avec ce psychopathe. J'avais peur. Dieu, aidez-moi!

Du mouvement sur ma droite. Feliks. Il se colla plus à moi et ouvrit les yeux. Nos regards se croisaient et je déviais le mien me rappelant de cette nuit. J'avais été bien bourrée pour avoir osé baiser avec deux cinglés qui hurlaient comme des loups et qui mordaient sans raison. Leur histoire de meute faisait froid dans le dos. Soit ils étaient à fond dedans comme des gosses, soit ils se foutaient royalement de ma gueule. Je n'avais pas confiance. J'étais seule…

Aïe! Je grimaçais lorsque ce con attrapa mon haut d'oreille avec ses incisives pour le tirer doucement. Ça ne faisait pas spécialement mal mais ça me faisait peur. Il se mit à souffler doucement dessus me donnant des frissons agréables puis sa langue lécha ma joue. Ça, par contre, c'était dégueulasse. Sobre, je me rendais mieux compte de la merde dans laquelle je me trouvais. Ces types avaient une case en moins. Bordel! Fallait toujours que ce genre de chose m'arrive!

Je devais survivre et m'adapter pour ne pas crever jusqu'à la Rêverie et ensuite je pourrais rentrer chez moi. Je pourrais reprendre ma petite vie tranquille comme si de rien n'était, et si ça ne fonctionnait pas, je changerais de pays et d'identité. Tout redeviendrait normal.

Aïe! Ah putain! Il avait recommencé mais plus fort cette fois. Pourquoi il faisait ça? Il était trop bizarre. Je le regardais sans bouger la tête et il me sourit en coin avant de me mordre encore. Hey! Je fronçais des sourcils, confuse.

- Bonjour, Marquise Anastasia. Murmura-t-il à mon oreille.

- Bonjour… soufflais-je d'une voix enrouée.

Sa langue jouait avec ma peau, traçant les sillons de mon oreille et ses dents la mordillaient par moment au lobe à plusieurs reprise. C'était spécial mais pas désagréable. Je me laissais faire, appréciant, en fermant les yeux.

- Jouons! Intima-t-il amusé.

- Dès le matin? Demandais-je faiblement en le regardant.

Son silence souriant me disait que oui, il voulait jouer maintenant.

- A quoi? Fis-je alors avant de bailler.

- Au loup et à la brebis.

Ça m'aurait étonnée qu'il n'y aurait pas de loup. C'était quoi ce jeu? Encore un truc bizarre.

- Y a-t-il des règles?

- Je suis le loup et toi, la brebis.

Ça m'aidait vachement, ça.

- Et ton frère? Questionnais-je en jetant un œil à Stanislas qui dormait toujours.

- C'est un bêta. C'est moi l'Alpha alors c'est moi qui décide qui joue et qui copule. Hier c'était notre anniversaire alors il a eu sa part, mais aujourd'hui, tu m'appartiens.

Oh… Ok… En effet, ils étaient à fond dans leur délire.

Survivre.

- Et donc, je suis une brebis? Souris-je faiblement.

- Oui!

Je me tournais vers lui avec un sourire en coin.

- Et si je ne veux pas être une brebis?

Si je montrais des signes de faiblesse, je ne pourrais pas m'en sortir. Je ne voulais pas être la souffre-douleur de ces types. Je voulais être indépendante et m'amuser comme je l'entendais sinon ça me détruirait.

- Tu n'as pas le choix, Brebis!

- Quel dommage alors! Si je suis une brebis, tu ne pourras pas baiser avec moi. Tant pis…

Je me remis sur le dos en soupirant faussement.

- Est-ce une invitation? Demanda-t-il près de mon oreille.

- Tu es très perspicace! Souris-je sans le regarder.

Je lâchais un petit cri rauque lorsqu'il me mordit l'oreille fortement. Feliks se redressa pour me faire rouler sur le ventre me surprenant. Je sentis son corps se placer au-dessus du mien, soulever mes vêtements pour dévoiler mes fesses nues puis j'entendis qu'il débouclais sa ceinture. Excitée et sachant qu'il allait me baiser, j'écartais un peu les cuisses et relevais ma croupe. Sa pénétration ne tarda pas. La brûlure me fit grimacer et des va-et-vient agréables me firent sourire. C'était brusque mais ça me plaisait. Ses dents serrèrent mon haut d'oreille amplifiant sa dominance sur moi. Sobre, j'appréciais plus le jeu même si l'entrée de mon vagin était douloureux. Dans cette position, sa queue tapait violemment contre mon point G me donnant du plaisir. Mon antre avait des spasmes d'émoi incontrôlables. Que c'était bon putain!

Je cachais ma bouche avec ma main pour éviter de faire trop de bruit. Sa mâchoire tirait sur mon oreille me faisant grimacer de douleur. Ça faisait mal, putain! Sale con! Je secouais la tête pour le faire cesser. Mauvaise idée! Son grognement m'arrêta et je posais lentement ma tête sur le sol de paille. Ce jeu de rôle m'excitait. Je l'imaginais vraiment en tant que loup en train de me baiser. Pas que j'étais zoophile mais le fait qu'il joue à faire semblant d'être des animaux et qu'il me force à s'accoupler avec moi me faisait mouiller. D'ailleurs, ça s'entendait dans notre ébat.

Une chaleur et des picotements dans ma poitrine. C'était lui. J'acceptais son énergie et sans alcool, je me rendis compte que je pouvais avoir accès à son esprit. Il ne me bloquait pas. Je compris que pour lui, ce n'était pas un simple jeu. Il se prenait vraiment pour un loup Alpha dirigeant une meute. Stanislas était un Bêta qui obéissait au doigt et à l'œil de son frère. En-dessous, il y avait les Gamma qui ne servaient pas à grand-chose juste pour remplir la meute et ensuite il y avait les Omégas. Ils étaient les souffre-douleurs de tout le monde. C'était des esclaves appartenant aux jumeaux. Je ne savais pas où Feliks me situait. Peut-être en Gamma?

Ça lui plaisait de me baiser. Il le voulait depuis hier soir sous le toit du château. Il voulait aussi ressentir la sensation qu'il avait éprouvé lors de mon orgasme. Ça lui avait plût. Je lui donnais satisfaction lorsque mon vagin se contracta. Sa surprise puis sa joie m'envahirent. J'émis des petits cris dans la paume de ma main. Ses dents mordaient mon oreille dans un grognement. Les mouvements de son bassin étaient toujours aussi brusques mais plus lents. Je sentais les soubresauts de sa queue dans mon antre à chaque râles qu'il émettait. Ses hanches claquèrent une dernière fois sur mes fesses avant qu'il ne s'effondre sur mon corps, la respiration haletante. Son énergie me quitta dans une vague fraîche dans le dos.

- Ce soir… C'est la pleine lune… Tu participeras aux Lupercales… me dit-il haletant.

Les quoi? C'était quoi ça? Encore un jeu bizarre? Feliks sortit de mon antre et s'étala à côté de moi sur le dos en se rhabillant. J'abaissais mes vêtements et lui demandais:

- Qu'est-ce que c'est?

- C'est une cérémonie en l'honneur de la louve Luperca. Répondit-il avant de renifler, le souffle court.

Hein?

- C'est qui?

Feliks me regarda et sourit.

- C'est la louve qui a allaité les jumeaux Romulus et Remus.

- Qui?

Je m'enfonçais là, non? Son regard devint amusé.

- Romulus est celui qui a fondé Rome, la Naine! Tu es si inculte. Se moqua-t-il.

- Rome? En Italie? Wouah! Hallucinais-je sans faire de remarque sur son insulte.

- Bravo! Tu n'es pas si idiote que ça finalement. Railla-t-il.

Je lui fis un sourire sarcastique. Je n'étais pas une conne. Juste je n'avais pas autant de connaissances que lui.

- Dans la meute, il y a des règles et des grades que tu devras respecter. Me dit-il sérieusement ensuite.

- Il se passera quoi si je ne les respecte pas? Demandais-je amusée.

- Tu seras punie, la Naine! Sourit-il.

- Par toi?

- Oui ou par un Bêta, un sentinelle, un Zêta ou un Epsilon.

- Ce sera quel genre de punition? M'amusais-je à dire en me tournant vers lui, sa semence coulant entre mes cuisses.

- Cela dépendra de ta transgression. Tiens! Je t'envoie les règles sur VK. Dit Feliks en prenant son portable de la poche de son blouson que je portais toujours.

Toujours un portable de riche… Je l'observais pianoter dessus avec un sourire puis je pris le mien et m'aperçus que j'avais un message VK et une notification. Le message était de Sasha. Je le regarderais plus tard par peur que Feliks ne s'en mêle. La notification était une invitation de groupe. Le nom était en latin. Filii Lupercae. Je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire mais ça sonnait comme une secte. Je me tâtais à accepter. J'étais dans une grosse merde. Pour ne pas changer… Bon après avoir croisé le regard amusé du jumeau, j'entrais dans le groupe. Ça m'avait mit la pression et je savais au fond de moi que ce n'était pas une bonne idée mais tant pis. La vache! Ils étaient combien à y être? 200666 membres. Ah ok! Ça faisait beaucoup quand même. Le 666 ne me plaisait pas. Mon arrivée l'avait engendré. Ça, c'était un signe que c'était vraiment une très mauvaise idée. Pardonnez-moi, Seigneur Jésus-Christ! Je vous serais toujours fidèle. Promis! Je devais juste survivre.

Bon par contre, il y avait de très jolies photos de pleine lune partout dans le monde d'après les titres, de loups et de statues antiques. Oh un message de Feliks! C'était une image PDF. J'appuyais dessus pour l'agrandir et lus le texte tranquillement pendant que le jumeau passait le temps également sur son iPhone dernier cri.

«Traduction en russe.

Charte des Filii Lupercae

Je promets de vouer corps et âme à la Divinité louve Luperca, mère adoptive des frères Remus et Romulus, représentante du Dieu Mars et mère de tous les loups.

Je promets de toujours honorer, servir, aider et rester fidèle à la meute.

Je promets de ne jamais transgresser les trois règles majeurs de la meute qui sont:

1: Rester fidèle à la Divinité.

2: Participer à chaque cérémonie de la meute.

3: Respecter et obéir à la hiérarchie de la meute.

Rang supérieur:

1: Alpha mâle ( dirigeant de la meute)

2: Alpha femelle ( femme du dirigeant de la meute)

3: Bêta ( au nombre de 2, bras-droit de l'Alpha mâle)

4: Sentinelles ( au nombre de 4, successeurs potentiels pour les Alphas et les Bêtas)

5: Zêta ( au nombre de 3, généraux de guerre)

6: Epsilon ( au nombre indéfini, garde de la meute)

7: Delta ( au nombre indéfini, messager de la meute)

Rang inférieur:

8: Eta( au nombre indéfini, guerrier de la meute)

9: Kappa( au nombre indéfini, ouvrier de la meute)

10: Sigma ( au nombre indéfini, tuteur de la meute)

11: Gamma ( au nombre indéfini, simple membre de la meute)

12: Oméga ( au nombre indéfini, les inférieurs de la meute)

Je promets de ne jamais transgresser les trois règles mineures, qui sont:

1: Ne jamais tuer un membre de la meute quelque soit son rang sauf si c'est un Oméga et uniquement sous l'ordre de l'Alpha.

2: Toujours défier l'Alpha pour le substituer.

3: Seul l'Alpha mâle et l'Alpha femelle peuvent avoir des relations sexuelles ensemble et avec d'autres membres de la meute sauf si l'Alpha mâle en donne l'autorisation.

Enfreindre l'une de ses 6 règles engendrera une rétrogradation de rang, un bannissement de la meute, une rossée ou la mort par un rang Zêta, Sentinelles, Bêta ou Alpha.

Je porte donc allégeance à l'Alpha mâle et à l'Alpha femelle de la meute.»

Ouais bah c'était une secte. J'avais quand même encore de l'alcool dans l'organisme mais j'étais plus sobre qu'avant. La merde! Je me pinçais les lèvres me rendant compte que je ne pourrais pas m'en sortir facilement pour me barrer de la Terre Sainte dans deux mois lors de la Rêverie. 200665 personnes éparpillées dans le monde étaient maintenant au courant que j'étais parmi eux. A la rigueur peut-être me faire bannir? Ça ne devait pas être aussi simple. Je supposais que la punition la plus fréquente était soit la rétrogradation ou soit la rossée.

Je jetais un œil à Feliks qui avait toujours les yeux sur son écran puis à Stanislas qui dormait encore. Comment pouvait-il ronfler avec le bordel qu'on avait foutu?

- Qu'as-tu, la Naine? Entendis-je de Feliks.

Je le regardais et lui souris doucement pour cacher ma gêne.

- Euh… J'ai lu la charte mais j'ai des questions. Murmurais-je.

- Je t'écoute.

- Euh… J'ai vu qu'il y avait une Alpha femelle…

- Il n'y en a pas pour le moment. Je ne suis pas marié et je n'ai pas d'amie. Me coupa-t-il avec un sourire en coin.

Amie? Ah oui! Petite copine. Je hochais de la tête lentement.

- Autre chose? Demanda-t-il.

- Oui… Une règle va poser problème. C'est la troisième règle mineure. Je peux tenir trois jours maximum sans baiser. Au-delà, je deviens incontrôlable.

- Vraiment? Et bien… Je verrais ce que je pourrais faire. Je pourrais peut-être t'autoriser à forniquer avec un Oméga ou plusieurs à ta guise.

- Je ne veux pas d'esclave. Je veux quelqu'un de consentant… Si Sasha était là, ce serait plus simple.

- Possible mais c'est la règle. Je ne veux pas de problème dans la meute. Si tu forniques avec des membres, que va-t-il se passer pour toi ensuite, à ton avis? Je t'apprécie, la Naine. Tu es une future cousine. Je n'ai pas envie qu'il t'arrive du mal. Tu n'es plus seule et tu es protégée maintenant. Fait juste un effort pour te contrôler un maximum! Si ça ne va pas, tu le dis à Stanislas ou à moi et nous t'aiderons. D'accord?

Je le fixais bouche bée puis hochais de la tête en silence. Je n'avais pas confiance mais je n'avais pas le choix. Ici, je n'étais qu'une étrangère et je devais trouver ma place pour ne pas mal finir. Quand Sasha sera là, il y aura du mieux mais pour l'instant, je devais faire profil bas et m'accoutumer à eux.

- Autre chose aussi? Demanda Feliks avec un sourire.

- Oui. Je suis de quel rang?

Il ricana, moqueur.

- Gamma mais ça pourrait changer.

- Ah oui? Fis-je curieuse.

- Oui. Ne perd pas ton titre de Marquise pour ne pas devenir une Oméga!

- Je peux vraiment le perdre? Hallucinais-je.

- Oui, si tu offenses le Seigneur Im. Le psycho ne peut pas te l'ôter. Il n'en a pas les pouvoirs. D'ailleurs pour te nommer Marquise, il a dû faire une demande au Seigneur Im. Je suis surpris qu'il ait accepté. Tu n'as rien d'exceptionnel. Aucun talent et aucune intelligence. Tu es juste belle, et encore… Il existe bien mieux.

Petit enfoiré!

- Je te remercie… souris-je ironique.

- Mais de rien! As-tu d'autre question?

- Oui! Comment se déroulera la cérémonie de ce soir?

Il inspira et soupira par le nez avec un sourire. Je ne le sentais pas, là.

- Nous nous retrouverons dans la forêt juste derrière les écuries, devant l'autel. Il y aura un sacrifice pour Luperca, des offrandes, des cadeaux pour nous et des bénédictions.

Il avait bien dit autel et sacrifice? Genre humain ou animal?

- Un sacrifice? Émis-je confuse.

- Oui, un sacrifice. Ce n'est pas comme tu l'entends. C'est plutôt un holocauste. Des herbes et des encens sont brûlées pendant la prière et ensuite du vin est versé sur le sol près de l'autel. Après, nous faisons des offrandes à Luperca. Tu peux apporter ce que tu veux mais ça doit rester raisonnable. Puis il y a les bénédictions et enfin la remise des cadeaux.

- Les cadeaux? Qu'est-ce que c'est? Souris-je soulagée que ce rite païen ne tue personne.

- Tu es nouvelle donc le tien sera ton collier d'intégration. Vois la cérémonie de ce soir comme un baptême. Répondit-il avec un sourire.

- Un baptême? Mais je suis déjà baptisée!

- Moi aussi. Je suis de religion orthodoxe et je suis également dévoué à notre Sauveur. Luperca est une divinité, pas un Dieu. Je ne blasphème pas en lui rendant hommage. Elle représente la mère de tous les loups. C'est tout.

C'était tout? Vraiment? J'étais sceptique. Son truc était une secte.

- Ah ok mais si j'ai un empêchement pour ce soir, ce sera grave? Demandais-je au cas ou.

- Pourquoi aurais-tu un empêchement? As-tu déjà prévu quelque chose pour ce soir?

- Bah Dmitri… A un moment, je devrais le revoir et cette fois, je ne pourrais pas lui faire faux bond. Grimaçais-je, désolée.

- Oh c'est vrai. Bah tant pis pour toi. Tu feras ton intégration à la prochaine pleine lune du mois suivant.

Il avait l'air d'en avoir rien à foutre.

- Autre chose? Questionna-t-il en fixant de nouveau son portable.

- Euh non. C'est bon. Soufflais-je en faisant de même.

Je regardais maintenant les messages VK de Sasha. Un seul était visible mais le second était supprimé par lui. Pourquoi? S'était-il trompé? Allait-il réécrire?

«Je vois que tu t'amuses bien. Pas besoin de s'inquiéter.»

Je ne savais pas comment le prendre maintenant qu'il avait effacé la suite et sur ce que je lui avais raconté dans mes précédents messages. Le prenait-il mal? Ça me faisait mal au cœur. Je regrettais de tout lui avoir dit en détails. Il n'aurait pas du savoir ma partie de jambes en l'air de cette nuit. L'alcool me faisait trop ouvrir ma gueule. Merde! Il était connecté alors j'attendis un moment pour voir s'il allait me parler mais rien. Ah si! Un message.

«Aleksand'r IVANOV a clôturé la conversation. Voulez-vous en ouvrir un nouvelle?»

Oh… Je devais le prendre comment? Me faisait-il la gueule? Par réflexe et par crainte, je regardais son profil. Nous étions toujours amis et aussi fiancés. C'était rassurant. Je fermais l'application et vis un SMS en attente provenant de la seconde carte SIM. L'A.R.! Je l'ouvris sans courage. Ah… Une image. Le chiffre 2 et la lettre M barrées et le chiffre 1 et la lettre Y Entourés. Euh… Qu'est-ce que ça voulait dire? J'étais sensée comprendre quoi? J'avais passé une nuit mouvementée avec peu de sommeil et vu l'heure, 5h12, elle n'était pas encore terminée alors mon cerveau n'était pas en forme.

Feliks passa son bras par-dessus mon corps pour secouer son jumeau.

- Mon frère! Mon frère! Mon frère! L'interpella-t-il en même temps.

Stanislas se réveilla un peu perdu et bailla.

- Plaît-il? Émit-il d'une voix rauque.

- Notre précepteur arrivera dans une heure. Il est temps de nous préparer.

Hein? Ils avaient cours? De quoi?

- Déjà? Que le temps passe vite! Que faisons-nous de la Naine?

Hey! J'étais là!

- Rien. Elle est grande. Répondit Feliks.

Puis ils se regardèrent avant d'éclater de rire. Ils se foutaient carrément de ma gueule. Les enculés! Ils en avaient rien à foutre de moi. D'ailleurs, Feliks me demanda de lui rendre son blouson que je fis par politesse en le remerciant et ils se barrèrent sans un au revoir. Bande de trou de balle! Au moins, ils m'avaient laissée la lampe tempête…

Bon… Je faisais quoi maintenant? Soit je restais ici comme une conne dans le froid soit je me barrais pour aller je ne savais où. Le choix était fait. J'allais finir par mourir de froid ici et de faim à un moment donné donc je me redressais à genoux, les talons sous les fesses et retirais les bouts de pailles que j'avais sur moi et dans mes cheveux. Ensuite, je rejoignis mon fauteuil roulant à quatre pattes puis avec la lampe et mon portable, je descendis aux box grâce au monte-charge. Les chevaux étaient silencieux. Peut-être dormaient-ils encore? Doucement, j'ouvris la porte donnant sur l'extérieur et la refermais derrière moi en jurant intérieurement à cause du froid. L'air était glacial et humide à cause de la nuit et aussi de l'altitude. Je me repérais grâce à la lumière du château trouvant étonnant qu'il y ait encore des gens debout à cette heure-ci. Frigorifiée, j'ouvris la porte en bois que nous avions emprunté au début de la nuit puis allais dans la cuisine me réchauffer devant la cheminée toujours allumée. Ça faisait du bien, putain! Le nez coulant, je me mouchais dans un papier à cuisson trouvé dans un placard puis le jetais au feu. Ouais pas très joli mais je faisais comme je pouvais. Je me lavais les mains dans l'évier, me les séchais avec le torchon puis sortis de la pièce. Euh… C'était par où mes appartements déjà? En intense réflexion, une envie de pipi me prit. Et merde… Bon vite! J'avançais et en voyant l'ascenseur, je me souvenais brièvement du chemin. Allant au troisième étage, je roulais dans le couloir et vis quelqu'un fermer une porte derrière lui. Il était grand, vêtu d'une cape avec une capuche et une très grande couronne. C'était qui? Je ne voyais pas son visage. Un fantôme? Il passa près de moi et ses yeux opaques faisaient froid dans le dos. Son sourire me donna un frisson et j'avalais bruyamment ma salive. Il s'arrêta à mes côtés puis leva le bras pour pointer du doigt une porte un peu plus loin et partit en silence. Franchement c'était qui ce mec? Enfin c'était vraiment un mec? Venait-il de me dire de dégager? Vu sa couronne, ça ne devait pas être n'importe qui alors j'ouvris la porte qu'il m'avait montrée et me rendis compte que c'était mes appartements. Le cul que j'avais!

Personne n'était là. Pas d'esclave et pas de Dmitri. Ouf! J'allais dans ma chambre, éclairé uniquement grâce à ma lampe tempête car il ne restait même plus de braises dans la cheminée puis allais aux chiottes. Ça faisait du bien de se vider. J'en profitais pour me nettoyer l'entrejambe de tout le sperme qui avait séché. C'était dégueulasse mais les coïts que j'avais eu avaient été supers. Maintenant je devais me laver car mine de rien, la paille avait une sale odeur.

Pas de Masami dans la salle de bain alors j'allais me débrouiller comme avant. C'était dommage car j'y avais prit goût. Je fis couler l'eau chaude dans la baignoire pour la remplir et me déshabillais rapidement pour me laver le corps sous la petite douche. C'était agréable de se dire que l'eau pouvait couler à foison sachant qu'on ne la payerait pas. Aucune restriction! Ah bordel! Ma minette était douloureuse avec la fameuse lotion nettoyante du Doc. Je me rinçais vite en serrant les dents puis me plongeais dans l'eau en soupirant de bien être. C'était trop bien. J'étais toute seule. Personne m'enmerdait, me parlait, me faisait pleurer, me mordait et me faisait peur. La tranquillité! La faible lueur de la lampe tempête éclairait partiellement la pièce donnant une atmosphère chaleureuse et sereine. Ça me détendait et je fermais les yeux pour m'endormir, la tête contre le rebord de la baignoire. Cependant, la tiédeur de l'eau me réveilla et à contrecœur, je dus sortir pour me sécher. Merde! Pas de vêtements de rechange. J'avais oublié… Enroulée dans une grande serviette molletonnée, je sortais de la salle de bain et m'allongeais dans le lit frais puis j'embrassais l'icône de Jésus-Christ sur la table de chevet, regardais si j'avais des notifications sur mon portable et terminais ma nuit la tête sous les couvertures et les draps pour être au chaud.


La tête dans le cul, je me réveillais en sortant le visage de sous les couettes et j'eus une frayeur en voyant une silhouette en face de moi, à contre-jour. Silencieuse, je la fixais sans oser bouger contrairement à elle. Sa main dégagea les cheveux de mon visage délicatement et la personne se pencha vers moi. Plus près, je constatais que c'était Dmitri et eus un mouvement de recul puis lorsqu'il retira sa main de mon front, je me cachais sous les couvertures. Je l'entendis soupirer par le nez puis des bruits de pas plus loin, une porte s'ouvrit et se ferma, et enfin le son d'un objet lourd que l'ont posait. Il était parti? Il n'y avait que les bruits du feu crépitant dans la cheminée et la pluie fouettant les vitres.

- Ma mie? Entendis-je de sa part.

Ah non… Je ne disais rien et me faisais toute petite dans le lit.

- Ma mie… Parlez-moi!

Silence encore de ma part. Dégageais! Foutais le camp d'ici! Foutais-moi la paix! Sale con!

Un soupir et le lit s'affaissa sur ma gauche. Il venait de s'asseoir de l'autre côté.

- Je suis venu m'excuser. Je n'aurais pas dû vous priver de vos souvenirs. Je voulais simplement que vous oubliez votre souffrance. Pardonnez-moi, ma Mie! Je ne souhaite que votre bien et celui de notre enfant.

Je n'avais pas vraiment de souffrance sauf celle de mon viol. Il avait voulu l'effacer pour facilement me manipuler. Connard!

- Ma Mie… Je m'en veux pour tout ce que je vous ai fait…

Bah bien sûr… Espèce de taré!

- Vous êtes si exceptionnelle. Votre beauté et votre gentillesse m'ont ensorcelé.

Son poids se rapprocha de mon dos.

- Je vous aime. Je suis tombé amoureux de vous dès que je vous ai vu dans la petite échoppe…

Genre? Il me faisait une Thatch. N'importe quoi. Les psychopathes ne pouvaient pas aimer mais l'autre fois, je l'avais contredit et ça l'avait mit très en colère. Alors je me tournais sous mon tas de couvertures et de draps puis sortis la tête pour le voir. Son regard noisette hypnotisait le mien. Ça m'envoutait comme la première fois dans le Konbini. Je n'arrivais pas à m'en défaire. Son visage assombri par le peu de lumière était quand même beau. Sa bouche s'ouvrit et se ferma lentement. Il m'avait fait du mal mais putain qu'il était séduisant. Oulah! Son visage était trop près soudainement alors en panique je lui dis d'une voix faible:

- Tu n'es pas en colère contre moi?

- Non. Pourquoi le serais-je?

Je haussais des épaules.

- J'ai cru que tu le serais par rapport à cette nuit.

- Non. Vous faites ce que vous voulez, ma Mie. Je dois avouer que prendre le petit-déjeuner seule m'a beaucoup agacé mais vous dormiez si bien que je ne voulais pas vous faire réveiller. Je sais que mes cousins se montrent fort épuisant. Vous ont-ils importunée?

Sa voix était douce et calme me surprenant. Je lui souris en me disant qu'il savait se montrer sympa.

- Non. Je me suis bien amusée avec eux. Nous avons beaucoup ri. Ça m'a fait du bien de lâcher prise. Soufflais-je la gorge douloureuse.

Je me la raclais en grimaçant.

- Me voilà rassurée. Vous avez l'autorisation de fréquenter qui vous souhaitez mais faites attention avec mes cousins! Ils n'ont aucune responsabilité et je crains pour votre sécurité en leur présence. Ce sont des animaux. Dit-il avec douceur.

Ouais! Ils avaient aussi un grain. Je hochais de la tête.

- Avez-vous des nouvelles d'Aleksand'r? Demanda-t-il sérieusement.

- Oui. Il m'a dit qu'il allait prendre le train des mers avec mon oncle. Il doit avoir eu son Visa pour travailler avec mon père. Souris-je avant de prendre une mine triste.

- Lui avez-vous parlé de nos fiançailles? Questionna-t-il avec intérêt.

- Non. Je ne veux pas lui faire de la peine.

- Je comprends mais il devra un jour le savoir. C'est pourquoi, nous ferons une sortie dans le Bas-Monde prochainement. Vous aurez l'occasion de revoir votre famille.

Hein? Sérieusement? J'écarquillais les yeux.

- Vraiment? M'exclamais-je la voix enrouée.

- Oui, Très Chère. J'aimerais rencontrer votre famille. Je suis certain que nous pourrons nous entendre. Si la rencontre se passe bien, elle pourra venir nous rendre visite dans notre manoir.

- Un manoir? Hallucinais-je.

On ne vivrait pas tout le temps dans le château?

- Oui. Je possède un duché à l'orée de la forêt plus au Nord du château Pangia depuis mes 18 ans comme le veut la coutume. Mon manoir est suffisamment spacieux pour accueillir un minimum de 30 personnes mais il y a des pavillons en plus et beaucoup de salle d'activité. Vous aurez de quoi vous occuper. Et je dois dire qu'il est le plus beau de la Terre Sainte.

- Quand irons-nous au manoir? Demandais-je d'une petite voix.

- Assez tôt. Je dois encore régler des impératifs. Nous nous marierons également très bientôt.

- Tu sais, Mitia… Je ne suis pas amoureuse de toi… murmurais-je doucement avec courage.

- Ce n'est pas un problème. Beaucoup de mariage se font sans amour chez les Dragons Célestes. Vous apprendrez à m'aimer. J'aimerais un mariage d'amour comme l'a vécu mon père à son second mariage. Faites donc au moins semblant pour moi! S'il-vous-plaît, ne me haïssez pas!

- Je ferais un effort mais après ce que tu as fait, ne t'attends pas à ce que je sois comme tu le souhaites. Répondis-je faiblement.

- Je comprends mais je ne voulais que votre bien et je le souhaite toujours. Je ne toucherais plus à vos souvenirs. Je vous le promets sur mon honneur.

Je ne parlais pas de ça mais bon… Son visage se rapprocha encore du mien et par réflexe je me cachais partiellement sous ma literie, ne dévoilant que mes yeux. Il fut surpris mais ses lèvres se posèrent sur mon front en un doux baiser. Un autre. Puis un autre. Encore un autre.

- Vous êtes si belle et votre corps si voluptueux est si attrayant. Je vous désire. Ma Mie, êtes-vous disposez à m'accueillir en vous? Susurra Dmitri en continuant ses baisers sur ma peau.

Non! Non!Non! Hors de question! Plus jamais!

- Je serais doux. Je serais un bon mari, un bon amant. Vous ne manquerez de rien avec moi. Vous deviendrez Reine. Impératrice Anastasia Alexeïevna ROMANOVA, épouse du Tsar Dmitri Petrovitch ROMANOV.

Ça donnait envie d'être Tsarine mais pas avec lui. Mais comment connaissait-il mon nom entier? Baiser ne me gênait pas, c'était juste de le faire avec lui qui l'était. Toutefois, je ne voulais pas qu'il me fasse du mal.

- Je… J'ai peur, Mitia. Émis-je faiblement.

- Je serais tendre. Laissez-vous guider! Vous apprécierez grandement. Souffla-t-il avant d'embrasser ma tempe.

- Ça fera encore mal?

- Cela ne dépendra que de vous.

Autrement dit, laisse-toi faire et je ne te violerais pas! Bon… Je hochais de la tête avec appréhension.

- Bien. Déshabillez-vous! Cela sera plus simple. Ordonna Dmitri en se levant hors du lit.

- Tu ne regardes pas, hein?!

Il me fixa en silence pendant un moment avec de sourire en coin bruyamment.

- Oh Très Chère, ne faites pas votre enfant! Je vous ai déjà vu nue. Railla-t-il en retirant ses vêtements.

L'orage grondait dehors et un éclair illumina sa tenue d'Adam. Oh! Du peu que j'avais vu, il n'était pas très musclé prouvant qu'il ne faisait aucune activité physique, mais par contre le Diable avait gâté ses attributs masculins. Il n'était pas aussi gros que Thatch mais il pouvait se vanter. Face à mes yeux écarquillés, il se masturba.

- Allez, Très Chère! A votre tours. Intima-t-il avec un sourire en coin.

Je mis le tas de draps et de couettes sur ma tête et dans l'obscurité, je retirais ma serviette blanche pour la faire glisser hors du lit puis je ne bougeais plus. Dmitri se faufila pour me rejoindre. Son corps frais me donna des frissons. J'eus un tremblement lorsqu'il retira l'épaisseur qui me recouvrait. Il faisait froid dans la chambre alors je cachais mon corps de mes bras sauf qu'il me prit une main pour la glisser entre ses jambes dans le but de la poser sur son érection.

- Touchez-moi, ma Mie! Chuchota-t-il.

Sans broncher, je m'actionnais à le branler lentement. Dmitri ferma les yeux et soupira de contentement. Sa main vint se loger entre mes cuisses et automatiquement, je les resserrais.

- Tout va bien, Très Chère. Vous adorerez. Je serais doux.

Pas dit. Lentement, il écarta mes jambes pour poser celle de gauche sur les siennes. Ses doigts se posèrent sur mon Mont de Vénus, descendirent sur mon clitoris qu'ils caressèrent doucement me donnant un frisson agréable puis un s'engouffra dans mon antre me faisant mal. J'émis un petit couinement avec une grimace en me contractant.

- Chut~. Détendez-vous! Je sais que c'est nouveau pour vous mais tout va bien. Murmura Dmitri.

Pas vraiment mais il le croyait alors bon… Si je pensais à quelqu'un d'autre, je pourrais peut-être prendre mon pied. Alors respirant longuement, je me détendis et Mitia s'enfonça plus profondément. Nan! Le stérilet! Je me contractais pour l'empêcher de bouger.

- Détendez-vous! Je ne vous ferais aucun mal. Chuchota-t-il.

- Je ne suis pas à l'aise. Tu peux arrêter? Fis-je d'une petite voix enrouée.

Pour réponse, Dmitri soupira et sortit son doigt lentement puis caressa mon clitoris.

- Continuez, Très Chère! Dit-il alors que j'avais cesser de le masturber.

Je repris mes mouvements. Il avait l'air de prendre du plaisir mais pas moi, pourtant ce n'était pas brusque et ni maladroit. Je n'y arrivais pas. C'était au-dessus de mes forces. Je fermais les yeux et songeais à Sasha mais ce qu'il s'était passé sur VK me rendait triste alors je pensais à Ace. Je l'imaginais me toucher et m'embrasser. Pour que ce soit plus réaliste, je me tournais et posais mes lèvres sur celle du Mal. Elles étaient douces tout comme sa langue. J'arrêtais de le masturber pour caresser son torse. Il fit de même avec ma jambe et ma fesse. Sa bouche descendit sur ma mâchoire, mon cou puis mon sein qu'il téta tendrement. Je n'aurais pas cru ça de lui. Il avait été si violent la première fois.

Sa manière de faire avec mon téton me rappelait Ace. C'était plus simple maintenant. Mes doigts se nichaient dans ses cheveux parfaitement coiffés en arrière et je gémissais à chaque aspiration de sa bouche.

- Ma Chère et Tendre, acceptez-moi en vous! Souffla-t-il en embrassant mon sein.

Je ne répondis pas car je préférais fermer ma gueule que l'énerver. Mais il n'attendit pas ma réponse et me mit sur le dos pour se glisser entre mes cuisses. Je sentais son érection entrer dans mon antre avec douceur même si c'était douloureux. La brûlure me fit grimacer et me plaindre vulgairement en russe. Ses ondulations étaient lentes. Nous faisions l'amour enfin, il me faisait l'amour. Ses baisers sur mon cou chauffaient ma peau.

Je gémis de douleur. J'avais mal. Il n'y avait aucun plaisir pour moi. C'était une vraie torture. Je le sentais uniquement aller et venir en moi avec de la souffrance. Ses coups de bassin faisaient bouger le lit qui claquait contre le mur. Le bruit résonnait dans la chambre en même temps que ses râles, ses gémissements et sa respiration chaotique. Lorsqu'il éjacula en moi, je n'avais pas joui. Ça avait été court… Le tonnerre grondait à l'extérieur et la pluie battait violemment contre les fenêtres.

- Ah ma Mie! Je vous aime. Je vous aime, ma Mie. Haleta Dmitri en s'effondrant sur moi.

Il voulait que je fasse semblant de l'aimer. C'était difficile mais j'entendais les mots de mon frère dans ma tête. Oui! J'étais bonne comédienne. Mes mains fraîches parcouraient son dos dont la peau était moite et brûlante.

- Avez-vous eu la petite mort, mon Aimée? Demanda-t-il le souffle court dans le creux de mon cou.

- Non… murmurais-je faiblement pour ne pas le vexer.

- Ça viendra… La prochaine fois…

Il se retira de mon antre pour se coucher sur le dos à côté de moi. Je n'osais pas bouger. Son sperme coula entre mes fesses me chatouillant légèrement.

- Venez contre moi, Très Chère! J'ai envie de votre présence. Intima-t-il en levant partiellement son bras droit.

Je saisis le message et vins poser ma tête sur son sein droit pendant qu'il m'enlaçait de son bras. J'entendais son cœur battre rapidement et ma main posée sur son ventre se mouvait au rythme de ce dernier. Dmitri se pencha sur la gauche pour ouvrir le tiroir de la table de chevet et prendre une télécommande. Il appuya sur un bouton et le tableau au-dessus de la cheminée devint blanc puis afficha Samsung. Euh… Hein? Une mosaïque de chaîne de télévision apparu ensuite et Mitia choisit Disney puis mit un dessin animé. Le titre était en anglais mais je le reconnaissais. Cendrillon! J'eus un hoquet de joie avec un sourire.

- Êtes-vous ravie? Questionna-t-il.

- Oui. J'adore ce film. C'est mon préféré. Souris-je.

- Moi aussi.

Genre? Je fis une moue sceptique ne le croyant pas vraiment mais je gardais le silence en matant le film en russe. Le voir me rappelait Sasha. Mon Sasha… Il me manquait énormément. Je voulais le voir, sentir son odeur, avoir sa chaleur contre ma peau, écouter son cœur battre, entendre sa voix, l'embrasser et lui faire l'amour. Quand ce fut le passage de la chanson «C'est ça l'amour», mes yeux s'humidifièrent. Je la considérais comme notre chanson.

Je m'en voulais. Je n'aurais pas dû baiser avec les jumeaux. C'était mal vis-à-vis de lui. Je devais m'excuser mais pas pour l'instant. Pas devant Dmitri. En pensant à lui, une illumination me vint. A un moment donné, il allait s'apercevoir que je n'étais pas enceinte. Le mois prochain, j'aurais mes règles. Il fallait que je me marie avec Sasha avant sauf que je ne savais pas quand il viendrait même si je n'avais que deux mois avant l'arrivée de l'Armée Révolutionnaire. En parlant de ça, je n'avais toujours pas compris ce que l'image signifiait. 2M barré et 1Y entouré. 2M, 1Y… Je me répétais ça en boucle dans ma tête sans vraiment regarder le film. Ça ne pouvait pas être des coordonnées. MMY? En chiffres romains les deux M signifiaient 2000 mais le Y alors? Nan, ça ne pouvait pas être ça et ça n'aurait aucun sens. Bon… ça devait être la première lettre d'un mot. Allez Anastasia! Tu pouvais le faire. Soudainement, Dmitri mit le film sur Pause.

- J'allais oublié. J'ai un cadeau pour vous, ma Mie. Permettez? Dit-il en se redressant.

Je me retirais de son épaule et le regardais sortir, nu, du lit pour quitter la chambre. Un cadeau? Qu'est-ce que c'était? Si c'était pour avoir ma sympathie, il pouvait se le foutre au cul! Le temps de son absence, je vérifiais rapidement mon téléphone et heureusement car j'avais une nouvelle notification de VK. Une demande d'ami de ROMANOV Aleksand'r. Oh! J'acceptais sans hésiter avec un grand sourire puis coupais VKontakte car j'entendis Dmitri ouvrir la porte. Je posais mon téléphone sur ma table de chevet et remarquais une épée médiévale contre ma table de chevet. Qu'est-ce qu'elle foutait là? Je m'asseyais sur le lit en me recouvrant d'un drap, confuse. Il revenait avec un coffre en bois sculpté dans les bras et mes yeux fixaient sans sciller son membre gigoter de gauche à droite à chacun de ses pas. MonDieu! Ce type était cinglé mais bordel qu'il était bien foutu! J'avais envie de l'avoir en bouche…

- Ma chère, mes yeux sont plus haut.

Merde! Grillée! Je rougissais en riant telle une petite gamine. Avec un ricanement, Mitia posa le coffre sur le lit et l'ouvrit en face de moi. Oh bordel de chiotte! Mais il y avait combien de diamant? C'était une parure complète en diamants de différentes tailles. Collier, boucles d'oreilles pendantes, bracelets, broche, bagues et tiare. Mes yeux pétillaient d'admiration et de stupéfaction et ma bouche était grande ouverte. Ça devait coûter une blinde. Et c'était pour moi?

- Cela vous plaît-il? Je les ai achetés pour nos fiançailles. Sourit-il en s'asseyant sur le lit.

- Oui mais c'est trop! Répondis-je avec un sourire joyeux.

- Non! Vous deviendrez Impératrice. Rien n'est trop pour vous. Portez-les! Pour moi.

Puis Dmitri prit le collier et le posa sur mes épaules pour l'attacher derrière ma nuque. C'était lourd et froid ce qui me fit frissonner. Il continua avec le reste et termina avec la tiare. J'étais Cendrillon! Putain!

- Vous êtes exquise. Votre beauté ne fait qu'attiser l'amour que je vous porte. Je vous aime, ma Mie.

Euh il n'en faisait pas un peu trop? Ses lèvres se scellèrent sur les miennes en un baiser clos me surprenant.

- Oh! Vous me faites perdre le temps. J'avais oublié que nous déjeunions en famille ce midi. Préparez-vous! S'exclama-t-il avec entrain en regardant l'heure sur la TV.

Hein? L'orage grondait encore dehors. J'allais manger avec sa famille? Je stressais mais au moins il y aurait les jumeaux. Je me sentirais légèrement plus confiante et le repas sera moins barbant. Il se leva à brides abattues et quitta la chambre toujours nu. Je l'entendis brailler quelque chose sans comprendre puis Masami arriva la tête basse.

- Bonjour Jeune Maîtresse. Je dois vous préparer pour le déjeuner avec la famille du Jeune Maître. S'inclina-t-elle devant moi.

Je hochais de la tête sans parler. Dès que Dmitri était parti, je cessais de faire semblant et affichais une mine triste.

- Pardonnez-moi! Mais le Jeune Maître a-t-il encore porté atteinte à votre dignité? Demanda-t-elle en préparant mes affaires.

- Pas vraiment. J'ai suivi ton conseil et il m'a dit de faire semblant de l'aimer. Murmurais-je la voix enrouée sans la regarder.

- C'est le mieux pour vous. Le Jeune Maître était furieux en début de matinée. Il n'a pas apprécié que vous ne soyez pas dans vos appartements cette nuit. Il vous a cherchée dans tout le château jusqu'à tard. C'est la première fois que je le voyais aussi paniqué de ne pas savoir où vous étiez. J'ai été surprise de le voir être gentil avec vous à votre réveil même s'il semblait vous vouloir du mal juste avant.

- Je m'en fiche. Soufflais-je.

Pas vraiment en fait, mais j'avais décidé qu'il ne dicterait pas ma vie. J'avais peur de lui sauf que je voulais toujours être libre. Je recommencerais mes sorties sans lui et je verrais qui j'avais envie. C'était effrayant de savoir qu'il était resté à mon chevet en songeant à me faire du mal, sûrement avec cette épée. Un vrai cinglé! Je n'étais pas en sécurité ici. Pas avec lui.

Masami me vêtit de sous-vêtements luxueux, d'une robe sobre de couleur noire avec de la dentelle dans le dos et sans manches, de collants transparents, de ma parure nouvellement offerte dont la tiare était insérée dans mes cheveux coiffés en chignon, et un maquillage léger mais toujours les lèvres rouges. Je me sentais belle mais trop surchargée. Elle me parfuma puis nous quittâmes mes appartements pour aller dans une autre pièce plus spacieuse joliment décorée dont une immense table en bois avec vingt chaises était au milieu. L'ensemble avait un style baroque que j'appréciais. Dmitri était déjà là attablé en bout de table et vêtu sur son 31 portant une couronne en or et en pierres précieuses sur la tête. Je le trouvais élégant et d'un geste de la main baguée d'une chevalière en or, il m'intima de m'asseoir à sa droite. Ce que je fis en quittant mon fauteuil roulant. Masami rangea ce dernier contre le mur et disparut ensuite nous laissant seuls.

- Vous êtes ravissante, Très Chère. Votre beauté m'épatera toujours. J'espère que notre enfant aura vos traits et si Dieu le veut, ce sera un fils…

Il parlait encore mais j'avais cessé de l'écouter lorsqu'il avait mentionné le bébé. Il n'existait et il n'existera jamais. Si je devais avoir un gosse, ce sera de Sasha et personne d'autre. Un bébé devait naître, selon moi, par amour et pas pour servir des intérêts. C'était malsain. Je n'étais pas prête pour un enfant. J'étais trop jeune et trop faible pour le moment. La double porte s'ouvrit et je reconnus les jumeaux bien habillés portant une couronne moins imposante que celle de Dmitri sur le crâne. Ils étaient suivis par une vieille femme et une autre un plus jeune qui devait avoir l'âge de ma mère. Elle me faisait penser à Piotr. J'en concluais donc que ça devait être la tante et la grand-mère. Elles étaient vêtues de noir avec une jolie tiare attachée dans leurs cheveux. Ils s'inclinèrent tous devant nous puis vinrent s'asseoir en bout de table comme s'ils nous évitaient mais à mon avis, c'était plus pour lui que pour moi. Je les comprenais et je souris lorsque les jumeaux me firent une œillade amusée. Ils étaient loin et je voulais être avec eux. Une tension s'était installée et une boule se forma dans mon ventre. Le repas fut servit dans un silence de mort. Dmitri était impassible tandis que l'écran de mon portable s'allumait me signifiant un message VK. Feliks. Discrètement, je le lisais sur mes genoux.

«Viens-tu ce soir, La Naine?»

«Je ne sais pas mais j'en ai envie. Au pire, vous me kidnappez!:D»

Je les vis se regarder puis se retenir de rire.

«Nous avons réfléchi à quelque chose et si tout va bien, tu l'auras aujourd'hui.»

Hein?

«Qu'est-ce que c'est?»

Feliks ne répondit pas mais ses haussements de sourcils railleurs me laissaient perplexe. Qu'est-ce qu'ils manigançaient tous les deux?

Nous mangeâmes sans discuter. Je n'avais pas merdé pour le choix des couverts en prenant comme exemple Dmitri qui ne faisait pas attention à moi. Il fixait en mâchant sa famille avec un air hautain et mauvais. Ça ne me mettait pas à l'aise et je me sentais étrangère. J'avais envie limite de me barrer à chaque nouveau plat. Quand le thé fut servi, Mitia se leva nous faisant tous sursauter et me regarda impassible. Quoi? Il tendit sa main vers moi avec un sourire quand la double-porte s'ouvrit au même moment nous faisant tourner la tête. J'étais dos à elle alors je dus me tourner à moitié tout comme la mère des jumeaux pour voir ce qu'il se passait. Deux esclaves apportaient un plateau rempli de pierres précieuses en tout genre en forme pyramidale dont la base était entourée de roses rouges. Ça brillait de mille feux à la lumière du lustre. Qu'est-ce que Dmitri avait prévu?

- Très Chère, voici un présent pour nos fiançailles. Utilisez le comme bon vous semble! Sourit ce dernier en japonais.

Je ne répondis rien et regardais, le visage cramoisi, sa famille qui me fixait. La vieille et la femme me lançaient des regards mauvais tandis que les jumeaux me firent un sourire en coin railleur.

- Ma chère tante, avez-vous un mot à dire? Ricana Dmitri sur un ton arrogant en russe.

- Comment oses-tu donner une partie de l'héritage de mon père à cette gueuse?! Cracha-t-elle en russe.

- Surveillez votre langage! Elle est ma fiancée et la future mère de mon enfant. L'insulter équivaut à m'offenser. Parla-t-il dans la même langue.

- Mon père vient à peine d'être mis dans le caveaux familial et vous célébrez vos fiançailles avec une roturière. J'ai honte pour vous. Votre comportement dérange. Cette pauvre gueuse n'a pas sa place ici.

- Vous n'avez pas votre mot à dire. Je suis l'empereur de la dynastie des ROMANOV. J'ai tous les droits divins qui existent alors vous vous inclinez devant mon règne! Beugla-t-il me faisant sursauter.

Elle ne dit plus rien et baissa la tête mais sa mâchoire était crispée signe qu'elle rageait intérieurement. Son regard croisa celui de la vieille qui fit un signe de tête.

- Bien. Quelqu'un d'autre a autre chose à dire qui soit susceptible de me déplaire? Demanda-t-il toujours debout.

- Vous avez dit qu'elle était enceinte. Depuis combien de temps l'est-elle? Questionna la vieille calmement.

Dmitri allait répondre mais Feliks lui coupa l'herbe sous le pied.

- Depuis qu'il l'a violée il y a deux nuits, juste après le couronnement. Mais heureusement pour elle, cela n'a pas duré longtemps, Grand-mère. A croire que même en violant une femme, il est également précoce. Ricana-t-il railleur.

- Comment savez-vous cela, mon fils? Questionna la brune.

- Cela n'est pas important. Si ce que tu dis est vrai, cela est très grave pour notre famille. Qu'il la viole alors que ce n'est qu'une simple gueuse n'aurait été que foutaise mais qu'il porte atteinte à une noble est absolument condamnable. Elle est maintenant Marquise. Si le Seigneur Im l'apprend, ce sera la honte sur notre famille. Il ne doit jamais savoir. Jamais! Le bâtard qu'elle porte dans ses entrailles doit disparaitre. Il est la preuve de ce crime. Parla calmement la vieille en russe.

J'observais Dmitri en silence. Sa bouche était entrouverte et son visage crispé reflétait son énervement. Son regard me faisait peur et pourtant il parla sans colère ensuite.

- Vous parlez beaucoup, Grand-mère, mais je dois vous rappeler que vous n'êtes plus décisionnaire dorénavant. Anastasia mettra au monde mon fils…

- Il en est hors de question! Une telle abomination ne doit pas avoir lieu. Mon mari n'aurait jamais tolérer un tel crime… s'emporta-t-elle.

- Il est mort!

Sa voix tonitrua dans la pièce me faisant sursauter et il y eut un silence pesant.

- C'est moi l'Empereur de la dynastie des ROMANOV maintenant! J'ai tous les pouvoirs alors j'épouserais Anastasia, la couronnerais Impératrice et elle me donnera un fils. D'ailleurs vous me remettrez les bijoux impériaux. Il lui iront mieux à elle qu'à vous. Continua-t-il sur un ton dur, la voix forte.

Tout leur échange avait été en russe. La vieille avait soupiré et baissé la tête s'avouant vaincue. Il était le chef de la famille et avait donc tous les droits sur eux. Quand Dmitri avait gueulé, j'aurais dit un enfant faisant une crise. C'en était presque comique. Je ne savais pas son âge mais il était trop jeune pour être Empereur. J'avais l'impression d'être dans une série animée ou un film historique et pourtant c'était bien réel.

- Quelqu'un d'autre a-t-il à parler? Demanda-t-il plus calmement avant de s'asseoir.

- Oui… Quand aura lieu le mariage? Fit la mère des jumeaux sans le regarder.

- Bientôt! Répondit-il simplement.

C'était vague. A mon avis, il n'en savait rien pour l'instant. Soudain, on toqua à la double-porte. Dmitri fit un geste de la main à un esclave qui alla ouvrir les portes ensuite. Une femme blonde vêtue d'une robe noire, de bas en résilles, d'escarpins noirs et de lunettes entra d'une démarche assurée. Elle était belle et vu son manque de collier ce n'était pas une esclave. Elle s'inclina devant nous avec élégance.

- Excusez-moi de vous déranger, mes Seigneurs! Le Commandant des armées demande à s'entretenir avec Mademoiselle la Marquise Anastasia Alexeïevna IVANOVA. Dit-elle poliment en japonais.

Ah bon? Pourquoi? J'étais surprise. Visiblement les autres aussi. La vieille et sa fille percutèrent à mon nom complet que j'avais des origines russes vu leurs yeux qui me fixaient ensuite. Mitia me lança un regard plein de reproche mais fit un signe de la main pour me donner l'autorisation de partir. Elle vint près de moi et je me levais lentement et tremblante pour me diriger vers mon fauteuil roulant. Comprenant mon intention, elle m'aida en le rapprochant. Je m'y installais et nous sortîmes de la pièce sans un regard sur lui sauf que du coin de l'œil, je remarquais les sourires des jumeaux et le clin d'œil de Feliks avant de passer la porte. J'étais soulagée et contente de partir même si j'appréhendais et me demandais ce que me voulait le Commandant des Armées. Il me semblait qu'il se nommait Kong car Papa parlait de lui parfois. Cependant, le fait qu'il fasse parti de la Marine me rendait nostalgique vis-à-vis de mon père.

Nous prîmes l'ascenseur au bout du couloir, descendîmes au rez-de-chaussée sans un mot et la gonzesse toqua à une immense porte en bois. Une voix masculine et forte nous gueula d'entrer. Nous le fîmes. Mes mains étaient moites, mon cœur battait rapidement, ma respiration était rythmée bien plus fortement qu'avant et j'avalais bruyamment ma salive en voyant un vieil homme baraqué assis dans son grand bureau face à deux fauteuils et un canapé sur le côté. Génial l'immense aquarium! C'était énorme comme poisson. Un requin? Sérieusement? Le type était seul et ferma l'écran d'un petit ordinateur portable en le rabattant sur le clavier.

- Bonjour, mademoiselle la Marquise Anastasia Alexeïevna IVANOVA. Dit-il d'une voix grave.

Pas besoin de le dire entièrement. C'était gênant. La nana m'avança jusqu'au bureau dont plusieurs dossiers le recouvraient. Le type imposant,-fallait se le dire.-, me regarda un instant de haut en bas puis rangea certains dossiers dans un grand tiroir.

- Merci Kalifa. Vous pouvez nous laisser.

- A vos ordres, Commandant! Dit-elle en faisant le salut de la Marine.

Oh elle était soldat? La blonde sortit me laissant seule avec le gorille. Quand la porte fut fermée, ce dernier plaça une sous-chemise verte bien garnie de feuilles A4. Et?

- J'ai reçu un e-mail d'un certain Aleksand'r Nikolaïevitch IVANOV disant qu'il est l'enfant des Dragons Célestes emprisonnés à Impel Down. J'ai mené mon enquête sur lui. Mes recherches me confirment qu'il dit la vérité et elles m'ont conduit à un contrat de mariage par double procuration entre vous, ce qui vous amène ici. J'ai fait remonter les informations au Conseil des cinq Doyens. Ils lui ont accordé l'autorisation de lui remettre ses Droits Divins et ses titres à la condition qu'il prenne le nom complet d'Aleksand'r Petrovitch ROMANOV et qu'il vive jusqu'à trépas sur la Terre Sainte. Sa réponse a été rapide mais il a formulé une requête ensuite, celle de modifier votre contrat de mariage en corrigeant son nom. Toutefois, je dois vous en informer et vous devez également corriger le votre en tant que Marquise. Sans votre nouveau titre, vous ne pourrez pas être mariés ensemble. Voilà le nouveau contrat. Expliqua-t-il avant de montrer de la main la sous-chemise en face de moi.

Il avait dit que les Dragons Célestes étaient toujours enfermés à la prison. c'était sûr qu'il n'allait pas hurler sur tous les toits que l'A.R. les avait fait délivrer. J'ouvris la sous-chemise et souris en voyant la nouvelle signature de Sasha. Elle était jolie et appliquée, rien à voir avec l'ancienne. C'était plus noble. Il y avait bien son nouveau nom complet et je me disais qu'il m'aimait énormément pour renoncer à son ancienne vie pour moi. Oh il était Prince! La vache! Même pas Duc comme les jumeaux l'an prochain mais direct Prince. Putain! J'étais dans un conte ou quoi? Les larmes me vinrent aux yeux avec un nouveau sourire. Il ne manquait plus que moi. Sans demander l'autorisation, je pris le beau stylo plume dans l'encrier et complétais le document en prenant mon temps pour m'appliquer. Quand vint l'adresse à mettre, j'hésitais.

- Je ne sais pas si je dois mettre l'adresse de East Blue ou celle d'ici. Fis-je d'une petite voix enrouée.

- Vous êtes sur la Terre Sainte maintenant. Répondit-il brièvement.

- Je ne pourrais plus jamais retourner chez moi à East Blue? Demandais-je inquiète.

- Seulement au bon vouloir du Seigneur Im mais pour le moment, vous êtes à Mary Geoise.

Je hochais de la tête et écrivais Terre Sainte comme Sasha puis continuais avant de signer proprement avec mon titre. Kong prit le dossier et je reposais le stylo dans l'encrier.

- Félicitations pour votre mariage! Vous êtes maintenant Princesse par alliance. Me dit-il avec un sourire.

Princesse? Genre? Vraiment? Épouser Sasha avait beaucoup d'avantages, dis donc! Comme Cendrillon! Je souris émue.

- Merci! Mais… Saint Dmitri veut m'épouser. Il l'a annoncé à sa famille pendant le déjeuner aujourd'hui. Il pense que je suis enceinte de lui aussi mais c'est faux.

- Je sais. Je sais tout. Vous vous êtes confessée à votre nouvel époux. Il a tout dit dans son second e-mail. Votre DIU est-il toujours en place?

- Oui, à ma connaissance. Que va-t-il se passer maintenant? Quand Aleksand'r va-t-il venir? Que va-t-il m'arriver maintenant? Je peux revoir ma famille? Mon père est Colonel de la Marine, vous pouvez peut-être le faire venir ici, non?... Je n'ai pas demandé à être là… Je veux revoir ma famille… Je veux rentrer chez moi…

Je pleurais. J'avais craqué. J'en avais marre. J'avais peur. Il se passait toujours quelque chose d'inattendu ici et je ne pouvais pas m'organiser pour ma mission de l'A.R. J'étais totalement paumée. J'avais besoin de soutien et d'y voir plus clair mais surtout d'être tranquille.

Kong sortit une boîte de mouchoirs d'un tiroir et la posa devant moi. J'en pris un et essuyais mes larmes sur mes joues et aux coins des yeux en espérant que mon maquillage ne coulait pas.

- Je suis désolé pour vous. Je comprends votre effroi. C'est vrai qu'une enfant dans votre état peut se trouver perdu ici. Vous n'êtes en aucun cas fautive et vos parents n'ont plus. Si vous étiez ma fille, j'aurais fait comme votre père. Cela n'aurait rien changé de toute manière puisque vous aviez déjà épousé un Dragon Céleste même s'il n'avait pas encore ses titres. Pour votre famille, il n'y a que le Seigneur Im qui peut vous aider. Concernant Saint Aleksand'r, je n'en sais pas de plus. Maintenant que vous êtes mariés, vous avez vos appartements communs au château en attendant que le Seigneur Im lui attribue ses terres. Vous vous y installerez et il vous rejoindra là-bas au moment venu.

Je hochais de la tête en reniflant doucement avec un spasme de sanglot. Mouais… Le point sympa était que je n'allais plus partager mes appartements avec le psychopathe qui se prenait pour le maître du monde.

- On me parle du Seigneur Im mais je ne sais pas qui c'est… fis-je d'une petite voix.

- Il est le Seigneur de ce château et le souverain des Dragons Célestes. Ne l'offensez jamais!... Je vois que vous avez un téléphone. Remarqua-t-il à la fin.

- Oui mais je ne l'utilise pas souvent car je n'ai plus beaucoup de batterie. Saint Dmitri a gardé mon chargeur avec le reste de mes affaires qu'une personne a ramené hier.

Kong ouvrit un tiroir de son bureau, parcourut des dossiers du doigt avant de s'arrêter sur l'un et d'en sortir une feuille.

- Un ordinateur portable, un album photo, un foulard, une icône orthodoxe de Jésus-Christ, un chargeur de téléphone, des écouteurs oreillettes et des médicaments. Tout ce qui arrive au château est fouillé et contrôlé avant d'être remis. Vos affaires seront récupérées et déposées dans vos nouveaux appartements. Sur le souhait du Seigneur Im, vous serez gardée par un soldat de la Marine. Comprenez que vous êtes une invitée ici! Dit-il après avoir lu le contenu de la feuille.

Je comprenais surtout que j'étais surveillée depuis le début et que ça n'allait pas être fini. Je hochais de la tête en essuyant encore le coin de mes yeux. Bon au moins, je récupérerais mes affaires et j'allais être tranquille. Sasha était dorénavant mon époux. Nous étions mariés. Enfin!

- Je vous remercie… J'ai aussi mes anciens vêtements que j'aimerais récupérer aussi.

- Vous les aurez de nouveau également.

- Que va-t-il se passer avec Saint Dmitri? Demandais-je faiblement, un peu anxieuse.

- Ne vous en occupez pas! Profitez de votre séjour au château Pangia plutôt! Mais ne vous y aventurez pas trop car vous risquerez de vous perdre!

Je hochais encore de la tête. J'avais compris que je n'avais pas la permission de fouiner, en fait. Merci de prévenir.

- Une copie de votre contrat de mariage vous sera remis prochainement. Si vous n'avez pas d'autres questions, nous avons terminé. Me dit-il en rangeant la boîte de mouchoirs.

- Merci… Je peux quand même téléphoner à ma famille de temps en temps? Osais-je demander au cas ou.

- Bien sûr. Vous avez une ligne téléphonique dans vos appartements. Vous pouvez également utiliser le réseau internet de Mary Geoise si vous souhaitez passer des appels vidéos. Ah! J'allais oublier! Maintenant que vous vivez sur la Terre Sainte, vous devez signer obligatoirement ceci. Attendez! Je dois l'avoir ranger ici. Dit-il en cherchant dans un dossier sur son bureau.

En vain, car finalement il trouva ce qu'il cherchait dans un tiroir sur sa droite. C'était une épaisse et large feuille pliée de sorte que les côtés se rejoignent au centre. Je la dépliais et lus silencieusement le contenu. C'était long et écrit en russe dans un beau style, comme si cela avait été noté au stylo plume. De ce que je comprenais, je m'engageais à honorer mon statut de noble sur la Terre Sainte en prêtant allégeance à la souveraineté du Seigneur du Château Pangia et à respecter les lois de Mary Geoise. Je savais qu'en signant, je me condamnais à rester ici pour toujours et à poser le genoux devant un type que je ne connaissais pas et que je n'avais jamais vu. Mais je n'avais pas le choix. Pour la mission! Pour Sasha! Je pris le beau stylo plume dans l'encrier et… Merde!

- Désolée mais je dois signer comme avant ou avec mon nom d'épouse ainsi que le titre de Princesse? Demandais-je pour ne pas faire de connerie.

Kong me sourit gentiment.

- Avec votre nom d'épouse et le titre de Princesse.

- Merci.

J'écrivis «Princesse Anastasia Alexeïevna ROMANOVA» joliment en m'appliquant sérieusement. Ça faisait magnifique. J'étais fière de moi. Kong prit la feuille, souffla dessus pour faire sécher l'encre, la plia, puis fit fondre un bâtonnet de cire rouge dessus avec une flamme de bougie avant d'apposer un sceau pour le sceller.

- J'ai une question mais c'est un peu délicat à demander. Émis-Je timidement.

- Je vous écoute. Dit-il en posant la feuille scellée sur le côté du bureau.

- Et bien… Saint Dmitri pense qu'il… Qu'il a prit ma virginité en… L'autre fois… Mais je n'étais déjà plus vierge et donc il est convaincu aussi que je suis enceinte. Est-ce qu'il peut s'en servir pour faire annuler mon mariage avec Aleksand'r? Questionnais-je inquiète.

- Oui mais nous savons que ce n'est pas le cas. Vous avez eu une fausse couche à l'hôpital il y a quelques jours. Le père de l'embryon était Saint Aleksand'r, n'est-ce pas?

Oh alors il savait?! Ça faisait bizarre d'entendre Sasha être appelé comme ça.

- Oui. C'était un accident et mon examen avec le scanner a déclenché la fausse couche. Le médecin avait dit que je n'aurais pas pu le garder à cause de ma santé de toute manière.

- Oui, je sais. Vous avez manqué votre rentrée scolaire également. Souhaitez-vous des cours avec un précepteur pour votre dernière année?

Il savait beaucoup de chose sur moi mais jusqu'où avait été son enquête? Des cours? Pourquoi pas. Mama serait contente que je continue encore un peu mes études.

- Euh oui, ça occupera mes journées. Merci. Souris-je.

- Bien. J'avertirais le Conseil des cinq Doyens et vous aurez un précepteur d'ici peu. Si vous n'avez plus de questions ni de demandes, vous pouvez vous en allez. Khalifa vous amènera à vos nouveaux appartements.

- Merci! Ça me rassure de constater que je ne suis pas abandonnée. Je m'entends bien avec Saint Stanislas et Saint Feliks mais je ne les connais pas vraiment.

- Depuis votre arrivée, vous n'êtes pas ignorée. Je garde un œil sur vous.

La manière dont il l'avait dit me prouvait bien que j'étais surveillée et sûrement même espionnée. Je ne pouvais pas faire n'importe quoi et sa méfiance était justifiée. Ma mission était vraiment compliquée. Je lui souris et il se leva pour m'escorter jusqu'à la porte.

- Profitez de votre séjour parmi nous! S'il y a quelque chose ou une question, faites-moi s'en part en m'appelant au numéro 11 depuis le téléphone fixe! Ou bien parlez-en au soldat qui sera avec vous! Me dit-il avec un sourire en ouvrant la porte.

- Merci!

Suite à ça, Kalifa, qui attendait dans le couloir, m'escorta jusque dans mes nouveaux appartements que je partagerais avec Sasha. Ils étaient au quatrième étage et plus luxueux même s'ils avaient l'air d'avoir le même mètre carré. Il y avait plus de meubles et plus de tableaux ainsi que de tapisseries. Il y avait un grand tableau dans le petit salon qui attirait plus mon regard. La personne représentée me disait quelque chose. Une immense couronne, une longue cape, un homme grand et mince tenant une épée médiévale dans les mains, la pointe contre le sol, assis sur un immense trône dont la gravure représentait le symbole du Gouvernement Mondial. Je ne voyais pas son visage qui était camouflé par la capuche de la cape mais je reconnaissais le type flippant que j'avais croisé avant l'aube. C'était lui.

- Qui est-ce? Demandais-je d'une petite voix en pointant du doigt le tableau.

- Le Seigneur Im. Répondit Kalifa naturellement.

Bordel! Putain! C'était lui!

- Oh! Pourquoi ne voit-on pas son visage?

- Je l'ignore. Je ne l'ai jamais rencontré.

Moi oui du coup et il faisait grave flipper. N'empêche, je ne comprenais pas pourquoi il avait accepté de me faire venir ici, de m'anoblir Marquise, de donner ses droits divins à Sasha et d'approuver notre mariage. Nous venions du Bas Monde, surtout moi. A cause de mon sang, je devrais plutôt être esclave ici. Alors pourquoi j'étais là dans cet appartement luxueux, dans ce grand château à me faire dorloter? A moins qu'ils savaient tous que j'avais un lien avec l'A.R.? Peut-être voulaient-ils avoir des infos en m'espionnant et en étant gentil avec moi? Manque de peau pour eux, je n'allais pas faire grand-chose vu ma mission. J'allais faire comme si de rien n'était et faire mon train-train quotidien tous les jours. Je n'avais que ça à faire de toute manière. Je savais déjà où était la porte de l'arrière cour. Bon Je n'avais pas connaissance de l'emplacement des esclaves et encore moins des clés mais j'avais le temps pour le savoir. J'allais jouer la pauvre victime qui attendait son amoureux. Ouais! Ça m'allait bien ce rôle. En plus j'avais rien compris au message de l'A.R. donc franchement, ils pouvaient toujours essayer de tirer quelque chose de moi.

- Il doit être gentil pour faire tout ça pour moi. Je n'ai pourtant rien de spécial… émis-je en fixant le portrait.

Elle ne dit rien et resta dans son coin. Kalifa faisait partie de la Marine mais vu sa dégaine, ça ne devait pas être une simple soldat. Je découvris par moi-même la salle à manger et me disais qu'il n'était pas nécessaire d'avoir une aussi grande table mais le bar, par contre, était une bonne idée. La gonzesse ne m'avait pas suivie même dans la chambre. Oh bordel! Le beau lit baldaquin. Rien à voir avec le truc moyenâgeux dans l'ancienne chambre. J'adorais toutes les couches des rideaux bleus. Honnêtement, j'avais hâte de dormir avec tous ses coussins. Je me sentais comme une gamine le matin de Noël. Oh! Un cadeau?

Il y avait une petite boîte posée sur le lit avec une petite carte. Je m'approchais et la pris pour la lire. C'était de l'anglais.

«Wellcome to my castle. King Im»

Ok… J'avais rien compris. Ah quoique?! King Im, c'était sûrement le Seigneur Im. Fallait vraiment que je m'intéresse beaucoup plus à l'anglais, moi! J'ouvris la boîte et ma mâchoire tomba de surprise. Bordel de chiotte! Ça devait coûter une blinde, ce truc-là! C'était super beau! Je tournais la clé de la boîte à musique et écoutais la douce mélodie qui s'en échappait. La mélopée et la boîte me rappelaient celles du Disney Anastasia. Loin du froid de Décembre. La boîte était simple et gravée joliment de fleurs sur l'extérieur, d'un cygne sur le couvercle à l'intérieur et de deux petits personnages en train de danser. Ce cadeau me portait à cœur. Ça n'avait pas été fait au hasard. La musique correspondait au Disney portant mon prénom. Le Gouvernement Mondial savait assurément beaucoup de choses sur moi en menant une enquête comme il l'avait fait avec Sasha. Je ne savais pas exactement ce qu'il savait alors je devais être très prudente et me faire discrète. Je tournais encore la clé pour faire résonner la petite musique dans la chambre avec un doux sourire. Je l'écoutais toujours alors que l'orage continuait dehors.

- Cette chanson nous unit loin du vent de Novembre. Je t'aimerais toute ma vie, loin du froid de Décembre. Chantais-je faiblement en me souvenant des paroles d'un passage du film.

Je riais doucement avec nostalgie. Mama chantait souvent avec moi ces quelques paroles quand j'étais enfant. Lorsque la musique s'arrêtait, j'embrassais la boîte d'un petit baiser la remerciant de me rappeler de bons souvenirs puis la remis en route en remontant la clé. Kalifa revint avec un gros carton et un sac plastique. Mes affaires? Elle déposa le tout sur le lit près de moi et je reconnus le Tchotki que m'avait donnée l'évêque dans le sac plastique. Je le pris et priais intérieurement avec un petit sourire avant de fouiner dans le reste des affaires. J'y trouvais le gilet de Sasha que j'enfilais à la hâte, mes vêtements de lundi, et le contenu du carton de mes parents. Je nouais le foulard de Babushka autours de mon cou toute contente.

- Cela n'a pas été difficile de les récupérer? Demandais-je d'une petite voix enrouée avant de me racler la gorge.

- Non. Saint Dmitri a coopéré aisément même s'il était très émotif. Répondit-elle naturellement.

Émotif? Elle voulait dire par là, sur les nerfs? En pleine crise? Noir de colère? Je sursautais lorsque mon portable se mit à vibrer sur le couvercle de la boîte du cadeau. Ah bah quand on parlait du loup, on en voyait la queue. Sans arrière pensée, hein! Dmitri me téléphonait. Je fixais l'écran sans bouger tout comme Kalifa. Ne pas répondre. C'était la décision la plus sage. L'appel cessa pour reprendre aussitôt. Je laissais sonner encore. Finalement, il avait rappelé cinq fois de plus. Ça devait paniquer dans sa tête de cinglé. Un message vocal. J'avais envie de l'écouter mais d'un autre, j'avais peur. Je laissais tomber et branchais mon portable au chargeur pour remplir la batterie, à ma table de chevet avant de poser à côté l'icône de Notre Sauveur.

- Avez-vous besoin de mes services ou puis-je disposer? Questionna Kalifa solennellement.

- Euh pas spécialement. Vous pouvez rester si vous voulez. Vous ne me dérangez pas mais si vous avez des choses à faire alors… souris-je timidement.

Elle me fixa un instant avant de me sourire. Qu'elle était belle!

- Je dois vous laisser alors. Votre garde du corps est arrivé et attend dans le couloir. Je le fais entrer avant de vous quitter.

Comment elle le savait? Oh! Bah oui! Haki. Elle courba l'échine puis tourna les talons. J'entendis une porte s'ouvrir un peu plus loin, Kalifa parler avec un homme au son de la voix sans que je ne comprenne, puis une porte se fermer et des pas se rapprochant. On toqua à la porte de la chambre ouverte et mon regard se porta sur un grand type aux longs cheveux bruns tressés portant des lunettes de soleil sur le front, un bouc et une longue moustache brunes de style fu manchu. La cicatrice à l'œil lui donnait un air sombre mais son sourire bienveillant me fit sourire à mon tours par politesse. Je ne m'attendais pas à lui mais plutôt à un soldat basique de la Marine. Sa tenue sombre et décontractée me disait que ça devait être un collègue de Kalifa. J'adorais les abdos. Ça le rendait très sexy.

- Bonjour. Souris-je timidement d'une voix faible et encore enrouée.

- Bonjour, Princesse Anastasia Alexeïevna ROMANOVA. Dit-il en s'inclinant.

- Pas besoin d'être aussi formel avec moi. Vous pouvez m'appeler Anastasia, tout simplement.

- Alors appelez-moi Jabura! Je serais votre garde du corps à partir de maintenant.

- Vous devrez être avec moi constamment? Demandais-je faiblement.

- Oui.

- Même dans les toilettes?

Il ricana doucement.

- Non mais je serais devant la porte.

- Vous vous boucherez les oreilles lorsque je ferais popo? Questionnais-je avec un petit sourire amusé.

Il éclata de rire.

- Les princesses ne font pas popo. Ria-t-il.

- A ce qu'il paraît, juste des papillons à paillettes mais je ne suis princesse que depuis peu alors je verrais bien.

- Des papillons à paillettes? Elle est drôle!... pouffa Jabura, hilare.

Je riais avec lui, me faisant mal à la gorge. Rire comme ça me mettait un peu plus en confiance sur lui. Il était sympa. Mon portable vibra nous coupant. Dmitri. Il revenait à la charge, ce cinglé. Je laissais l'appel émettre. Il appela une autre fois. Quel enfoiré de merde! Foutais-moi la paix, putain!

- Vous ne répondez pas? Interrogea Jabura en s'approchant de la table de chevet, le doigt pointé sur le portable.

- Non… C'est Saint Dmitri… répondis-je dans un souffle.

- Oh! Je vois. Est-il au courant pour votre mariage avec Saint Aleksand'r? Fit-il les mains dans les poches de son pantalon court noir.

- Je ne sais pas. Mais à mon avis, c'est possible vu comment il me harcèle.

- Je le pense aussi et je suis là pour vous protéger. Sourit-il en se postant face à moi.

- Vous n'êtes pas là que pour ça. Hein? Souris-je railleuse.

- Ah bon? Parut-il surpris.

- Je ne suis pas idiote mais je comprends que le Gouvernement Mondial soit méfiant. Avec tout ce qu'il se passe en ce moment… soufflais-je en retirant mes talons avec les pieds.

Dmitri n'avait pas cessé de téléphoner alors je me penchais vers la table de chevet pour couper l'appel et mettre le téléphone en mode avion pour avoir la paix. En me redressant, je rajustais le bas de ma robe sur mes cuisses. Je soupirais en voyant la pluie battant les vitres des fenêtres.

- Je m'ennuie. Émis-je en basculant en arrière sur le lit.

- C'est vrai qu'il n'y a pas grand-chose à faire ici. Je vois que vous avez un ordinateur. Vous pouvez peut-être vous divertir avec? Proposa Jabura, près du carton, les mains encore dans les poches.

- Bah c'est vrai que je pourrais jouer sur OPO mais il me faut la connexion Wi-Fi. Et puis bon, je ne veux pas vous laisser vous ennuyer.

- Oh vous jouez à OPO? Demanda-t-il avec intérêt.

- Oui, avec mon frère. Je jouais aussi avec mon ex mais… Aleksand'r y joue aussi. Je ne sais pas si c'est toujours d'actualité d'ailleurs. Vous y jouer également?

- Ca m'arrive par moment, quand j'ai du temps libre.

Silence entre nous.

- Vous dormirez où pendant les nuits? Demandais-je après un temps.

- Dans la pièce à côté sur un futon.

- Vous aurez mal au dos à force.

- J'y suis habitué.

- Vous mangerez avec moi à chaque repas?

- Oui.

- Vous avez faim?

- Non.

- Vous avez envie de faire quelque chose, là?

- Pas spécialement.

- Vous avez prévu quelque chose ce soir?

- Oui mais j'ai dû annuler.

- Était-ce un rendez-vous avec une fille? Demandais-je taquine.

- Cela ne vous regarde pas. Tout comme ma vie privée.

- La mienne aussi. Mais moi, j'ai prévu quelque chose ce soir.

- Vraiment? Qu'est-ce donc?

- Je ne dirais rien mais peut-être que je devrais annuler maintenant.

- Ma présence ne doit pas déranger vos habitudes. Faites comme si je n'étais pas là. Sourit-il.

- Impossible! Vous êtes trop canon pour être ignoré.

J'avais osé sortir ça à un type que je venais à peine de rencontrer. Mais l'allumer m'amusait. J'adorais jouer avec les mecs même si ça pouvait être dangereux. Dmitri était l'exception car il était totalement taré.

Ses pommettes virèrent au rouge et ses yeux s'élargirent puis ses lèvres s'étirèrent en un petit sourire. Jabura allait dire quelque chose mais son attention fut porter sur la pièce du petit salon. Quoi?

- Vous attendiez quelqu'un? Demanda-t-il ensuite.

- Pas à ma connaissance. Pourquoi?

Sans répondre, il sortit de la chambre, les mains dans les poches. J'entendis une porte s'ouvrir puis des voix. Je me redressais curieuse. Qui était-ce? Dmitri? Je n'espérais pas. Jabura revint avec un sourire en coin, et une sous-chemise blanche et un parchemin scellé d'un ruban rouge cacheté de cire de la même couleur.

- Une copie de votre contrat de mariage est arrivée avec votre nouveau titre donné grâce à votre époux. M'informa-t-il en me donnant ce qu'il avait dans les mains.

- Merci. Fis-je joyeusement avant de regarder le contenu de la sous-chemise.

Oui, c'était bien le contrat. J'étais contente. C'était la preuve que j'étais mariée à Sasha. Enfin! Il ne manquait plus que l'alliance. Je rangeais le tout dans le tiroir de la table de chevet en m'allongeant à plat ventre sur le lit.

- Je pensais que vous ne pouviez pas vous servir de vos jambes. Remarqua mon garde du corps sur un ton railleur.

- Hein? Ah si! Je sais marcher, c'est juste que mon corps est encore trop faible pour le faire tout seul. Au couronnement lundi soir, j'ai dû marcher mais on m'avait aidée. Je ne tiens pas debout toute seule mais je peux me déplacer à quatre pattes maintenant. Je reprends vite des forces. Expliquais-je.

- Ah… Je pensais que vous étiez inapte de vos jambes.

- Je pense que j'ai repris du poids aussi. Je peux voir mon derrière maintenant. Riais-je doucement en matant mes fesses, tournée à moitié et toujours sur le ventre.

Du coin de l'œil, je l'aperçus baisser les yeux sur mon cul. J'écartais légèrement les cuisses puis me tournais sur le dos pour m'asseoir.

- Vous avez une idée de ce qu'on pourrait faire? Questionnais-je, ayant marre de me faire chier.

- Nous aurions pu nous promener dans les jardins du château mais la météo laisse à désirer alors nous pouvons aller dans un des petits jardins à l'intérieur, si vous voulez. Proposa-t-il, pensif.

- Oh! D'accord. J'espère que nous ne verrons pas Saint Dmitri. Acceptais-je en me rapprochant de mon fauteuil roulant.

- Si nous le voyons, nous partons.

- Oui! Souris-je en montant avec plus d'aisance dedans.

Nous quittâmes la chambre et je vis cinq malles en bois et en cuir et un bagage simple près de l'entrée.

- Qu'est-ce que c'est? Demandais-je en les pointant du doigt.

- Vos affaires et les miennes. Répondit Jabura simplement.

Oh! Je supposais que les malles étaient à moi. J'en avais des fringues dit donc! Comment ça se faisait? Était-ce Dmitri?

- D'où ça sort? Je n'avais rien prit avec moi lundi. Émis-Je perplexe.

- A votre avis, d'où viennent les vêtements que vous avez portés jusqu'alors? Sourit-il narquois.

- Bah je sais pas. De la récup'?

Il se mit à rire.

- Non. J'ai entendu dire que c'était le Seigneur Im qui les avait fait venir au château pour vous. Je ne sais pas pourquoi il s'intéresse à vous.

- Je me le demande aussi. Soufflais-je alors que nous passions la porte.

Dans le couloir, il n'y avait pas un chat. L'éclair de l'orage illumina brièvement le tableau représentant un chevalier sur sa monture portant l'étendard du Gouvernement Mondial. Tout ici me rappelait où j'étais et je trouvais ça angoissant. Nous descendîmes au troisième étage et à peine sortit de l'ascenseur, nous entendîmes un hurlement grave et colérique. Je me doutais que ça devait être Dmitri. Il devait encore essayer de me joindre au téléphone. J'hoquetais de stupeur lorsqu'une porte s'ouvrit rapidement apportant avec elle un vacarme assourdissant. Un esclave en sortit totalement apeuré. On aurait dit Masami de là où j'étais. Elle se réfugia dans un coin du couloir en boule. J'avais de la peine pour elle. Jabura engagea le pas me forçant à le suivre dans le sens contraire du lieu où était l'esclave. Nous passâmes devant une grande double-porte que je reconnu comme celle de la chapelle orthodoxe.

- Oh attendez! J'aimerais prier un petit instant. Fis-je d'une voix enrouée.

Il ne dit rien et ouvrit une des portes pour nous faire entrer. Personne. Je fis le signe de la croix sur mon corps, le refis devant l'icône de Jésus-Christ, allumais une bougie, joignis les mains et priais en silence. Ça faisait du bien de trouver des repères. Une fois terminée, je sortis avec mon garde du corps, toute souriante. Je me sentais plus légère. J'avais remercier Dieu pour mon mariage et sa protection. Nous avançâmes jusqu'à arriver devant une autre double-porte que Jabura ouvrit pour me permettre de rentrer. Wouah! Le jardin de malade. Il faisait un peu sombre à cause du temps dehors. Le plafond était une énorme coupole en verre. Les murs en pierre étaient recouverts de lierre et de mousse. Il y avait des arbres un peu partout, d'innombrables fleurs, un bassin surélevé avec une petite cascade. Oh il y avait même une cabane où deux personnes étaient attablées à une table en bois juste devant. Leur silhouette me disait quelque chose. Oh les grumeaux! Ils levèrent un bras pour nous saluer et je fis de même avant d'emprunter le chemin en bois pour les rejoindre. Mon garde du corps ne fit aucune remarque et me suivit. Toutefois, il dût m'aider à quitter mon fauteuil pour m'installer sur le banc en face des jumeaux car le chemin de bois s'arrêtait bien avant pour laisser place à de l'herbe verte.

- Merci. Lui dis-je en japonais, langue que nous parlions depuis le début ensemble.

- Oh Jabura! Ça fait longtemps. Comment cela se fait-il que tu sois avec la naine? S'exclama un des frères en japonais.

Ils se connaissaient? D'où? Je les regardais confuse à tour de rôle. Jabura était toujours debout à côté de moi, les mains dans les poches avec un sourire.

- Je fais du baby-sitting. Répondit-il nonchalant.

- Oh! Ça change d'avant. Tu dois la surveiller pendant combien de temps? Fit l'un des frères.

- Elle n'a rien de spécial mais tu devrais peut-être te méfier la nuit. Ricana l'autre en me regardant, railleur.

Hein? Fermais ta gueule, toi! Il allait tout balancer sur ma nymphomanie, ce con!

- Le temps qu'il faudra mais que voulez-vous dire? Interrogea-t-il perplexe.

- Et bien…

Il n'eut pas le temps d'en dire plus que je plaquais mes mains sur sa bouche en soufflant un Chut peu discret ce qui amusa son frère.

- Tu verras par toi-même. Soit tu te laisseras faire et…

Je lui plaquais une de mes mains sur sa bouche à celui-là aussi. Mais fermez vos gueules, merde!

- Ça suffit! Soufflais-je doucement.

Leur sourire derrière mes mains m'énervèrent. Bande de trou de balle! Je les retirais en soupirant de lassitude.

- Bon alors il y a le psychopathe qui a commencé sa crise journalière tout à l'heure. Qu'est-ce que tu as pu bien faire avec le Commandant des Forces Armées après le déjeuner? Demanda l'un ensuite.

- A ton avis? Soupirais-je, le menton dans la paume de la main, le coude sur la table.

- Si on le devine, que gagnons-nous? Demanda l'autre.

- Le droit de me faire chier pendant une minute. Souris-je.

Les jumeaux se lancèrent une œillade amusée puis me fixèrent avec un sourire en coin. J'aurais peut-être dû dire autre chose, non?

- Tu as sûrement tout raconté sur ce qu'il t'a fait. Dirent-ils d'une même voix.

- Pas vraiment. Le Commandant était déjà au courant. C'est pire que ça.

- Pire, hein? Alors ça concerne Aleksand'r.

- Tu brûles. Souris-je à l'un.

- Vous êtes mariés, il a eut ses titres et il arrive aujourd'hui. Fit l'autre.

Je gloussais vaincue et les vis se taper dans la main.

- Aujourd'hui, je ne sais pas. Je ne sais pas quand il viendra mais oui, il a eut ses titres et nous sommes mariés. Je suis maintenant Princesse Anastasia Alexeïevna ROMANOVA. Fis-je toute fière.

- Hein? Princesse? Hallucinèrent-ils d'une même voix.

- Attends! Veux-tu dire que Aleksand'r a le titre de Prince? Continua l'un.

- Quel est le problème? Demandais-je perdue.

- Nous ne pensions pas qu'il serait déjà Prince mais un simple Marquis, tout comme toi. Il est tout de même un bâtard étant né hors mariage.

· Ah… émis-je faiblement.

- Pourquoi le Seigneur Im vous accorde autant d'importance? Demanda l'autre.

- Je me le demande aussi. Tiens en parlant de lui! Je l'ai vu en revenant avant l'aube. J'étais perdue et il m'a montrée les appartements que je partageais avec Dmitri.

- Oh! Il t'a dit également quelque chose?

- Non. Il était simplement silencieux et a juste pointé du doigt la porte. C'est tout. Pourquoi?

- Il était venu nous réprimander sur cette nuit et il nous a posés des questions sur toi et sur Aleksand'r.

- Ah oui? Fis-je étonnée.

- Oui! Nous lui avons tout dit sur ce qu'il y a dans ta tête. Sourit l'un des frères narquois.

- Tout? M'inquiétais-je.

- Oui, tout! Il sait tout sur toi. Même ton secret! Ricana l'autre.

- Un secret? Entendis-je de Jabura.

Merde! Je l'avais oublié, lui.

- Rien rien! Paniquais-je en m'agitant sur place.

- Oh dans deux jours, tu en auras connaissance tout seul, sans demander.

- N'importe quoi! Ne les écoutez pas! Tentais-je en vain.

- J'ai très envie de savoir. Ricana Jabura.

- Nous savons aussi qu'Aleksand'r a le même secret. Sourit l'un des frères.

- Hein? Vous le savez aussi? Hallucinais-je.

- Oui. Nous étions dans ta tête. Nous savons tout, absolument tout. Thatch, Ace, Deuce, Zorro, Marco et… Vitali! Dirent-ils en même temps.

Ah~ La merde! Même mon frère. En fait, ils ne devaient connaître que des souvenirs de cul et ça m'arrangeait. Ils n'avaient pas eu l'idée de fouiner sur l'A.R.

- Vous faites chier franchement. Vous savez tout alors je n'aurais plus rien à vous raconter. Boudais-je comme une enfant.

- Tu nous l'aurais vraiment dit? Même pour Vitali?

- Avec de l'alcool, oui. Mentis-je naturellement.

- C'est vrai que soûle, tu es très bavarde. Se moqua l'un.

- Et pas que! Ria l'autre.

Mais ils vont fermer leur gueule! Mon regard croisa celui de Jabura dont ses lèvres esquissaient un petit sourire. Avait-il compris? Je virais rouge pivoine et détournais les yeux.

- Donc viens-tu ce soir aux Lupercales? Demanda un jumeau.

- Ça dépend. Souris-je en jetant un œil à Jabura.

- Vous êtes invitée à la cérémonie? Parut-il surpris.

- Oui. C'est une nouvelle. Elle aura son collier d'intégration ce soir. Tu l'accompagneras donc.

- Oh vous faites parti de la… meute?

J'allais dire secte. Heureusement que je m'étais rattrapée. Jabura me sourit.

- Oui. C'est un Zêta. Répondit l'un des frères.

- Oh! Émis-je.

C'était quoi déjà? J'étais encore plus dans la merde, nan?

- Vous ferez partie de la famille. Je pensais m'ennuyer avec vous finalement, nous avons un point en commun. Sourit Jabura, toujours les mains dans les poches.

Merci, sympa…

- Je pensais la même chose. Fis-je doucement.


C'était l'heure. Je m'étais préparée ainsi que Jabura pour la cérémonie après mangé. Nous étions vêtus chaudement de blanc. Je n'avais eu aucun mal à trouver de quoi me fringuer vu les tonnes de vêtements dans les malles. Je m'étais démaquillée et mon corps était nu de tout bijou. J'avais mit un plaid sur mes jambes pour me protéger du froid. Lorsque nous sortîmes dehors, le mauvais temps avait cessé mais le sol était détrempé. Mon garde du corps devait pousser mon fauteuil roulant pour me faire avancer. Il était tout excité d'y participer et souriait sans cesse. Nous passâmes les écuries à l'aveuglette pour moi et j'étais contente qu'il savait où nous allions. En entrant dans la forêt, j'eus un frisson désagréable dans le dos m'obligeant à tourner la tête pour regarder derrière moi. Il y avait quelqu'un sur un des balcons. Je ne voyais pas très bien qui c'était mais vu la silhouette, ça devait être le Seigneur Im. Il ne bougeait pas et avait l'air de me fixer. Jabura n'avait pas l'air de l'avoir remarqué alors je regardais face à moi et aperçus une petite lumière plus loin. Nous étions presque arrivés. Des sons de flûtes nous parvinrent aux oreilles. C'était doux comme un ocarina. En arrivant, je vis des gens que je ne connaissais pas. Nous n'étions pas beaucoup malgré que j'avais pensé le contraire. Une dizaine et encore. Le lieu était une sorte de ruine d'un temple antique. La végétation avait repris sa place sur les quelques colonnes qui restaient debout. L'autel au centre était décoré de fleur et de lierre. Un énorme bol en pierre était au milieu et l'un des jumeaux vêtu de blanc comme les autres s'y approcha. Ça devait être Feliks puisqu'il était l'Alpha. Je constatais à ses yeux qu'il m'avait vue et il me sourit en coin en me montrant de la main une place près de son frère et d'une gonzesse de mon âge. Je m'installais sur les marches en ruine près de Stanislas et Jabura vint s'asseoir à côté de moi après avoir mit de côté mon fauteuil. Il y avait deux trois jeunes mais le reste était des vieux, enfin je disais vieux mais ils devaient avoir l'âge de mes parents. Ça ne devait être que des nobles à mon avis et leur regard sur moi me donnait l'impression d'être une bête de foire. Ils me fixaient tous et mes joues s'empourprèrent malgré moi.

Feliks frappa trois fois dans ses mains puis leva les bras en parlant latin, le menton vers le ciel encore voilé. Une brise me fit frissonner et la lune apparut partiellement derrière un nuage. Tout le monde s'exclamèrent Gloria Lupercae me faisant sursauter. Jabura l'avait gueulé comme un fanatique. Puis tous se mirent à hurler comme des loups. Wouah! C'était très malaisant. La lune se montrait totalement de toute sa rondeur. C'était beau, la vache! Feliks dit quelque chose que les autres répétèrent en suivant. Je ne disais rien, ne comprenant pas. C'était une découverte. Ils étaient tous à fond dedans. L'Alpha alluma les herbes dans le bol de pierre à l'aide d'un allume-feu à gaz. Cela s'embrasa rapidement et une fumée blanche s'en dégagea. Ça sentait bon l'eucalyptus. Du vin fut versé près de l'autel sur le sol. Des sons de tambours résonnaient ensuite près des torches. L'ocarina fut joué par Feliks qui dansait joyeusement en tournant sur lui-même. Tous sauf moi hurlaient comme des loups en frappant des mains. La fumée montait au ciel et lorsqu'elle atteignit la lune, je crus discerner une forme canine. Un loup! Bordel! C'était vraiment un loup. Était-ce Luperca? Ce serait un truc de dingue.

- Luperca adest! S'exclama Feliks en latin.

Je n'avais rien compris. Ses bras étaient vers le ciel et son visage exprimait une euphorie totale.

- Luperca! Luperca! Luperca! S'écrièrent les autres en même temps.

Ils hurlèrent ensuite. Les tambours tonnèrent de plus bel, résonnant dans ma cage thoracique. La fumée remplissait mes narines. Peu de temps après, la lumière des flammes était plus forte et brillait de couleur rubis. De la poudre colorée fut projetée dans les airs colorants nos vêtements blancs en jaune, rouge, bleu, violet, orange et vert. J'étais sûre dans avoir dans les cheveux et sur le visage. Le monde tournait au ralenti. Feliks dansait avec d'autres comme en transe. Les robes des femmes virevoltaient. J'aperçus Jabura bouger avec une femme de son âge, Stanislas hurler à la lune, Feliks jouer de l'ocarina, deux hommes jongler avec des torches. La musique, la fumée, l'odeur mentholée et la frénésie m'envoutaient mais je ne pouvais pas participer, à regret. J'avais envie de danser moi aussi. Je voulais rire avec eux également. Soudainement, on m'attrapa par la taille, me fit tournoyer et je m'accrochais par réflexe au cou de Feliks dont l'instrument de musique pendait à son cou. Je riais avec lui. Les tissus de ma robe qui fut autrefois blanche volaient autours de moi. Il me posa au sol, mes pieds nus touchant lentement la pierre recouverte de mousse et de terre. Mes mains s'agrippèrent à sa chemise ouverte recouverte de poudre par peur de tomber. Ses mains me lâchèrent pour déposer un collier en bois sculpté autours de mon cou. Le collier d'intégration! Nous nous sourîmes et rîmes encore. J'étais la seule à l'avoir eu. Il me reprit dans ses bras et j'enlaçais sa taille de mes cuisses puis je levais les bras en direction de la lune avec un petit hurlement enroué. Feliks hurla également puis nous fit tournoyer. J'avais l'impression de voler et de ne faire qu'une avec la lune.

L'ivresse et la transe que je ressentais me faisaient perdre la tête. Je ne me posais plus de questions sur ce qu'il se passait et oubliais tous mes problèmes. J'étais comme bourrée.

Des esclaves, sûrement des Omégas, vinrent avec des plateaux remplis de fruits. Les nobles se ruèrent dessus se foutant pas mal de bousculer ou faire tomber ces pauvres gens. Je me joignis à ce festin avec Feliks. Nous mangeâmes du raisin, hilares. Je devais lui en donner puisqu'il me portait.

Le temps passait et malgré la nuit, je n'avais pas froid. L'air était doux. La Terre Sainte avait une météo variable. Malgré que je m'amusais comme une folle avec les autres, tout devenait confus avec le temps. Je m'entendais rire sans savoir de quoi. On me faisait danser sans que je sache avec qui. On me touchait le corps sans que je n'oppose de résistance. Nous nous étions endormis les uns contre les autres jusqu'à l'aube. Mes rêves avaient été chaotiques. Une femme aux cheveux d'ébène était apparue. Ses yeux jaunes m'avaient marquée tout comme son baiser sur mes lèvres. Il y avait un gros loup noir qui hurlait, plusieurs de taille normale qui me pourchassaient dans une forêt. Le plus grand me mordait à maintes reprises. Je m'étais débattue mais en vain.

Du mouvement contre moi. Des gens se réveillaient aussi. Je n'osais pas bouger, ayant la tête contre un torse nu. Je levais les yeux. C'était un des jumeaux qui avait les yeux ouverts. Feliks ou Stanislas? Suprise, je constatais que tout le monde était à poils, moi y compris. Oh bordel de merde! Qu'est-ce qu'il s'était passé?

Des râles, des gémissements, un souffle saccadé, des peaux qui claquent. Oulalah… Ça baisait. Je levais doucement la tête et vis un des frères culbuter une nana. C'était la fille de mon âge du début. Elle n'avait pas l'air de prendre son pied comme moi je le prendrais.

- Si tu te demandes, c'est Feliks. Il est l'Alpha alors il copule avec qui il veut. Maintenant que tu fais pleinement partie de la meute, tu es condamnée à regarder sans toucher. Murmura Stanislas.

- Fait chier! Souris-je doucement en le regardant.

Nous rîmes ensemble faiblement. Tiens ? Ma voix n'étaient plus enrouée.

- Mais toi au moins tu pourras toujours copuler avec ton mari une fois qu'il sera là. Me dit-il ensuite.

- C'est bon à savoir… Je ne me souviens plus trop de cette nuit. Est-ce qu'on a fait une orgie ou quoi? Riais-je à voix basse.

- Oui. C'est dommage que tu ne t'en rappelles pas. Tu étais très libre et tu courais vite Railla-t-il.

Comment ça je courais vite ? La blague !

- Vraiment? J'ai fait ça avec qui? Hallucinais-je.

- Feliks choisissait pour toi. C'était lui et moi. Personne d'autre ne devait te toucher. Ils sont interdits de copuler avec notre cousine même s'il y en a qui ont essayé mais Feliks les a remit à leur place.

- C'est rassurant. Dommage que je ne m'en souvienne pas. J'ai dû bien m'éclater. Soupirais-je.

- Oui. Tu étais très demandeuse et tu fais de très bonnes fellations. Ricana-t-il.

- Oh! A en parler, tu me donnes envie. Susurrais-je à son oreille.

Je la léchais de la pointe de la langue et la lui mordillais doucement au lobe. Il frissonna avec un sourire.

- Nous ne pouvons pas. Murmura-t-il alors que je continuais.

- Quand est-ce que nous pourrons? Demandais-je.

- Lorsque Feliks l'aura décidé.

- Argh quel dommage! Je commençais déjà à mouiller. J'imaginais ta queue dans ma bouche, ma langue en train de la lécher, mes lèvres aspirées ton gland, sentir ta semence dans ma gorge puis l'avaler. Susurrais-je d'une voix faible et envoûtante à son oreille.

Il ne dit rien mais sa respiration était légèrement plus rapide. Je baissais les yeux et souris en voyant son érection reposant sur son ventre. De la pulpe de l'index, je touchais son frein recouvert encore de son prépuce. Son membre eut un soubresaut me satisfaisant.

- Arrête! C'est interdit. Sourit-il.

- Fait chier! Vivement que Sasha soit là. En plus, il sait hyper bien baiser. C'est lui qui m'a tout apprit et je suis sûre qu'il n'a pas fini. Il sait beaucoup de chose sur le cul. Ah~ j'ai hâte de le revoir! Soupirais-je.

- Je n'en doute pas et maintenant arrête de me toucher. Je ne veux pas que l'on subisse le courroux de mon frère.

- Hein? Oh pardon! Dès qu'il y a une belle queue, je ne peux pas m'empêcher de la toucher. Ricanais-je doucement.

Je lâchais son membre dur à regret et il garda le silence. Sa tête se tourna vers Feliks qui continuait de baiser. Son bassin claquait violemment contre les fesses de la pauvre fille qui peinait à ressentir du plaisir, à croire qu'elle était coincée du cul.

- Elle n'a pas l'air d'avoir de plaisir. Remarquais-je à voix basse.

- Ah bon? C'est vrai que de toutes les filles qu'on a connu, il n'y a que toi qui a eu une petite mort. Quel est ton secret?

- Il faut juste être dedans. Si la gonzesse pense trop, il ne se passera rien dans son vagin. Là, je suis sûre qu'elle doit se demander si elle fait bien les choses, si elle satisfait Feliks et s'il terminera bientôt.

- Vraiment? Vous, les femmes, êtes si compliquées. Ricana-t-il.

Je gloussais contre sa peau puis regardais avec lui, Feliks terminer. C'était beau un homme qui jouissait. Il éjaculait sur son dos en grimaçant avec un grognement.

- Pourquoi n'a-t-il pas fait à l'intérieur? Questionnais-je, excitée.

- Elle n'a pas de stérilet, elle. Il ne faut pas qu'elle tombe enceinte de lui. Il est l'Alpha, tu comprends. Si elle met au monde son enfant, elle deviendra l'Alpha femelle et ça, Feliks ne veut pas.

- Oh je vois!

Son frère Alpha fessa la pauvre fille avant de renifler avec un sourire. Cette dernière s'allongea sur le ventre et lui, se leva pour aller chercher ses affaires.

- Il est temps d'y aller. Me dit Stanislas en voyant son frère se rhabiller.

Je me redressais tout comme lui et le regardais prendre ses vêtements puis réceptionnais les miennes lorsqu'il me les balança. Je me vêtis rapidement commençant à avoir froid et remarquais que mes mains et mes pieds étaient crasseux de terre, quelques bouts de mon corps aussi d'ailleurs. Qu'est-ce que j'avais foutu? Je n'étais pas la seule à avoir de la terre sur moi, les autres endormis et les jumeaux aussi. Stanislas m'apporta mon fauteuil et je m'y installais aisément. Nous partîmes tous les trois hors de la forêt laissant les autres derrière nous. Jabura dormait encore, enlacé dans les bras de deux femmes de son âge.

- Alors la naine, ça t'a plût? Questionna Feliks alors que son frère me poussait.

- Oui mais dommage que je ne me souvienne pas de tout. Souris-je en serrant le plaid contre mon corps pour me tenir chaud.

- C'est normal la première fois. Tu as dû faire un rêve spécial, non?

- Oui, c'est vrai. Il y avait des loups et une femme aux cheveux noirs et aux yeux jaunes. Fis-je pensive.

- C'était Luperca et les loups, c'était nous. As-tu vu un homme jouer de la flûte et danser également?

Hein? Comment ça c'était eux? Ils étaient vraiment à fond dedans, eux!

- Euh je ne crois pas ou alors je ne m'en rappelle pas. Pourquoi? Ça aurait été qui?

- Lupercus. Le dieu-loup.

- Oh!... Toutes les cérémonies sont comme ça? Demandais-je.

- Non, juste les Lupercales. D'habitude elle a lieu en février mais elle n'a pas pu être faite car le Seigneur Im ne voulait pas.

- Ah pourquoi?

- A cause de ce qu'il se passe avec les rebelles. C'est trop dangereux de faire venir des personnes extérieures à la Terre Sainte. Même la Rêverie a été reportée à l'année prochaine.

Hein? Quoi? Comment ça?

- C'est quoi la Rêverie? Demandais-je innocemment en essayant de cacher ma surprise et ma panique.

L'A.R. m'aurait prévenue si elle avait été au courant. A moins que… Putain le message codé! C'était ça! Quelle conne! Pourquoi je n'avais pas pensé à de l'anglais? 2 Months, 1 year. C'était évident maintenant. J'avais envie de me baffer. Quelle débile! Je devais rester un an ici. Un an… Le sentiment d'abandon me gagna. Mon cœur se serra de tristesse. J'avais envie de chialer. Quelle merde! Au moins, le côté positif était que j'avais le temps d'être innocentée s'il ne se passait rien pendant une année.

- Une réunion entre les nobles. Ca va la naine? Demanda Feliks.

- Hein ? Euh... Vous croyez que les rebelles seraient capable de venir jusqu'ici? M'inquiétais-je faussement.

Ils se mirent à rire.

- Nan! Ils seraient fous de le faire. Ria Stanislas.

- J'espère. Il manquerait plus que ça. J'ai la chance de retrouver une vie tranquille. Je ne veux pas qu'ils gâchent tout. Mon ex m'a pourrit, Dmitri également alors je ne veux pas qu'eux aussi. J'espère que Papa les arrêtera tous. Soufflais-je dans le vent.

Nous arrivâmes au château et entrâmes par la grosse porte des cuisines.

- C'est vrai que ton père est Colonel de la Marine. Aleksand'r a-t-il également un emploi? Demanda Feliks.

Ils ne le savaient pas, eux qui avaient fouiné dans ma tête ?

- Mon père l'avait engagé dans la Marine comme assistant. Je ne sais pas si c'est toujours d'actualité maintenant. Mais son rêve, c'est d'ouvrir son propre restaurant. Il adore cuisiner. Souris-je émerveillée.

Les jumeaux se regardèrent avec un sourire en coin mais ne répondirent pas. Nous montâmes dans mes appartements au quatrième étage. Lorsque nous entrâmes, les frères sifflèrent d'admiration.

- Et bien! Le Seigneur Im t'accorde plus d'importance qu'à nous.

Je haussais des épaules ayant marre de dire que je ne savais pas pourquoi.

- Bon bah moi, je vais me laver et ensuite me coucher. Dis-je d'une petite voix avant de bailler.

- Nous aussi. Nous te laissons, la Naine. A plus tard!

- Au fait, c'était quoi le truc que vous aviez pour moi? Demandais-je en les voyant partir.

- Plaît-il? Ah oui! Mais tu l'as déjà eu cette nuit! Sourit Feliks.

- Oh Vraiment! Euh ok... Merci pour cette nuit en tout cas.

Je l'avais déjà eu cette nuit? Ah bon? Mais c'était quoi alors? Je l'avais oublié là-bas?

- Nous t'enverrons une notification sur VK pour la prochaine cérémonie.

- Oui, enfin quand je pourrais utiliser de nouveau mon téléphone. Dmitri me harcèle dessus. J'ai dû le mettre en mode avion.

- Estime-toi heureuse car cela pourrait être pire.

- Je suppose oui. Allez à plus tard! Souris-je.

Ils me firent un signe de la main en même temps et quittèrent le petit salon. Je soupirais, m'étirais puis entrais dans la chambre pour prendre de nouvelles affaires. Rien n'avait changé. Ouf! Personne n'avait fouillé mais ça ne voulait rien dire. Pareil ils avaient mit des caméras et des micros. Je fis comme si de rien n'était, choisis un beau pyjashort en satin de couleur perle et allais dans la salle de ba… Oh bordel de chiotte! C'était grandiose, magnifique, de toute beauté! La baignoire était tellement grande qu'on aurait dit une piscine surélevée. Sur les murs étaient gravés des statuts d'hommes nus, pour ne pas me déplaire. Je souris en voyant qu'ils avaient des attributs masculins très attrayant. L'eau était déjà dans le bain ou la piscine, bref… Je trempais la main dedans et remarquais qu'elle était chaude. Quelqu'un l'avait déjà préparée?

Je me déshabillais et balançais mes affaires sales puis me lavais avec la petite douche en marbre. Je dus me rincer plusieurs fois pour enlever toutes ces poudres sur ma peau et mes cheveux. L'entrejambe y passait aussi à cause du sperme collé sur ma vulve et mes fesses. Il y avait un miroir juste en face alors c'était plus simple de tout nettoyer. En voyant mon corps, je sus que j'avais prit du poids. Mes côtes étaient moins saillante, mon ventre moins creusé et mes fesses un peu plus rebondies. Ça faisait du bien de se voir comme ça. Oh c'était quoi ça? J'avais une sorte d'hématome rouge sur le dessus de la hanche. Ça ressemblait à des points rouges en L à l'envers. Je posais mes doigts dessus et constatais que c'était un peu douloureux. J'avais dû me cogner quelque part. Mes poils commençaient à repousser mais je n'avais rien pour les enlever. À quatre pattes, je fouinais dans les placards au cas ou. Serviettes, gants de toilette, parfums qui coûtaient chers, maquillage de marque, accessoires pour cheveux, brosses, peignes, mousse à raser et rasoirs pour homme… Ah! Crème épilatoire et bandes de cire froide. Je m'essuyais rapidement les zones à épiler et débutais. Aisselles, jambes entières puis maillot. Ça avait prit moins de temps qu'avant vu qu'il n'y avait pas grand-chose et le miroir était vraiment pratique. Puis je me l'avais vite fait encore pour retirer les excédents de cire après avoir mit à la poubelle les bandes usagées, et enfin je rentrais dans le bain. Ouah toujours chaud! Ça faisait du bien. C'était profond mais il y avait des assises en pierre où je pouvais m'asseoir, ainsi que des repose-têtes. Je fermais les yeux savourant ce bon moment seule et mon esprit vagabonda naturellement hors de moi. Je voulais perfectionner mon Haki de perception. Papa serait fier de moi. Je percevais des présences bougeant rapidement, sûrement des esclaves travaillant. Il y en avait d'autres qui ne bougeaient pas, peut-être des nobles endormis. Une m'intriguait, elle était très proche sur ma droite. J'ouvris les yeux et tournais la tête dans sa direction. Le miroir. M'observait-on derrière? Ma parano me disait que oui. Ne montrant pas ma peur, je fis mine de mettre mes cheveux humides en arrière. Peut-être que je psychotais trop et que la personne s'occupait de ses affaires? Pour être sûre, je me calais mieux et fermais les yeux. Mon esprit l'observait. Je ne savais pas si c'était une femme ou un homme. Je ne discernais pas sa silhouette juste une forme spectrale, comme une brume bleue. Je me détendis plus et me concentrais pour m'améliorer. Ça prit forme humaine. Du mouvement. Des bruits aux alentours. Des pas rapides, ceux des esclaves. Des ronflements. Des clapotis d'eau. Des respirations. Des voix. Des murmures. Des cœurs qui battaient dans un rythme de tambours me rappelant la cérémonie. Ma tête tournait, mon souffle était chaotique. J'avais chaud. Il fallait que je sorte du bain. J'étouffais putain. Je quittais la piscine à quatre pattes, le souffle court. M'effondrant, je restais sur le carrelage en mosaïque, la respiration haletante et rapide. Ma vue se troublait, mes oreilles bourdonnaient puis je sentis qu'on déposa un tissu sur moi et qu'on me souleva. La fraîcheur des draps du lit me fit du bien mais c'était de courte durée. J'avais toujours aussi chaud. Mon corps était brûlant. Étais-je malade? Je devais faire une grosse fièvre. Je frissonnais et ma tête jouait des maracas. C'était douloureux. Tous mes muscles me faisaient souffrir. Je gesticulais dans le lit en gémissant de douleur. Faites que ça cesse! Dieu! C'était insupportable. J'hurlais d'une voix aiguë me brûlant les cordes vocales. J'avais mal putain!

On me parla. Je ne comprenais pas. On me toucha le visage. C'était frais et agréable. Mama? Papa? Je fermais les yeux voyant toujours flou et criais encore de douleur. Qu'est-ce qui m'arrivait? Ce n'était pas la fièvre d'une grippe. Mon sang bouillait à l'intérieur. Mes muscles douloureux étaient crispés puis mon corps se mit à convulser alors que je perdais connaissance.

J'ouvris les yeux et les fermais aussitôt car la lumière me brûlait les rétines. Je me sentais mieux et détendue. Mon ventre gargouilla bruyamment me faisant sourire d'amusement. Je reniflais longuement en sentant une bonne odeur de bouffe. J'avais faim. Il me fallait vite de la nourriture. La dernière fois que j'avais mangé était cette nuit alors j'avais la grosse dalle. J'osais ouvrir doucement les yeux pour m'habituer à la luminosité de la chambre. Tiens? Les couleurs étaient plus vives. Un bruit me fit sursauter. Des petits pas sur de la pierre. Ça ne venait pas de la chambre. Puis le glissement d'un balai sur le sol. Ça venait de la salle de bain. Encore un gargouillement de mon estomac. Bon où était mon fauteuil roulant? Ah! Près de la commode. J'allais donc devoir y aller à quatre pattes… Assise sur le bord du lit et tenant la serviette autours de ma poitrine, je posais les pieds au sol puis me baissais pour atterrir sur mes mains sauf que je restais en suspend à moitié accroupi en me rendant compte que mes jambes supportaient mon poids. Euh… C'était quoi ce délire ? J'avais repris pas mal de force du coup? Hésitante, je me mis droite. Pas de perte d'équilibre, pas de tremblements et pas de chute. Comme avant! Je souris bruyamment de joie et poussais un cri aiguë. J'osais faire un pas, puis un autre et riais de fierté. Je marchais de nouveau toute seule, sans aide. Contente, je me dirigeais doucement, pas-à-pas, jusqu'à une malle pour m'habiller de sous-vêtements, d'un haut blanc à manches longues moulant avec col en V laissant apparaître la naissance de mes seins, d'une jupe à carreaux par-dessus mon haut, d'une paire de chaussettes arrivant aux genoux et d'escarpins noirs. J'allais dans la salle de bain en prenant mon temps, croisant une esclave qui en sortait avec un balai et un sac poubelle, pour me démêler la tignasse et me maquiller légèrement. Pas de rouge à lèvres vu que j'allais manger. Tellement affamée, je ne l'avais pas saluée. Un peu de parfum pour le plaisir et je sortis pour aller bouffer. En arrivant, je salivais en voyant toute la nourriture sur la grande table. De la viande en grande quantité. La volaille rôtie donnait hyper envie. Du poisson à foison. Des légumes en purée. Des gâteaux à la crème. Des tartes aux fruits. Oh bordel de chiottes! Vite!

Je remontais mes manches et mangeais avec les doigts sans règles de bienséance. Aux chiottes la politesse! J'avais la dalle. Je dévorais sans retenue la dinde rôtie et me surprenais moi-même de tout bouffer à grande vitesse. Je n'étais pas rassasiée. Je prenais des grosses cuillères de purée, des bouchées de divers viandes à même la bouche, de grandes gorgées de pichet de vin et d'eau, des poignets de petits gâteaux à la crème et avalais tout rond à chaque fois. Lorsque j'étais repus, il restait presque rien. Comme j'avais fait pour tout bouffer? On aurait dit un mélange de Bonney et de Ace. Une vraie goinfre.

Je me levais et allais dans la salle de bain me laver les mains et les dents. J'avais une sale gueule avec toute cette bouffe autours de la bouche. Cela me fit rire. Je me débarbouillais en remarquant que mon visage était plus rond avant de sortir et me rendis compte que j'avais un regain d'énergie phénoménale, en plus je me faisais chier. Je marchais en direction du petit salon dans l'espoir de trouver Jabura mais il n'était pas là. Soupirant, je décidais de m'occuper sur le PC. Sans connexion Wi-Fi, je pourrais au moins jouer au solitaire. J'approchais du carton de mes parents et branchais mon ordinateur portable ensuite. Lorsque je l'ouvris, je vis un post-it avec la clé WAP du réseau internet notée dessus. La vache! Ils étaient sympas! J'allumais le PC et m'étirais le temps du démarrage sur le lit. Il était plus rapide que l'ancien. Tiens? Plus de code. Ils l'avaient enlevé. Il manquait OPO également. Genre, je n'avais plus le droit d'y jouer. Bon au moins il me restait Netflix. J'entrais le code Wifi et me connectais ensuite sur VKontakte. J'étais sûre d'être surveillée alors je faisais profil bas. Une notification du nouveau compte de Sasha. J'acceptais sa demande de changement de statut et me voilà mariée avec lui sur le réseau. Personne de connecté. Ah si! Feliks. Je lui envoyais un message en espérant qu'il ne fasse pas semblant de le voir.

«Coucou. Il s'est passé un truc de dingue. Où êtes-vous?»

Ah il répondait!

«On ne dit pas coucou mais bonjour Alpha. Bref, le truc de dingue dont tu parles doit être la fin de ta transformation. Ton corps a dû changer tout comme tes sens ont dû s'accroître. Nous sommes à l'écurie. Viens nous rejoindre! Si tu ne te perds pas.:D»

Enfoiré! Comment ça la fin de ma transformation? J'avais remarqué qu'il y avait du changement mais c'était tout. Bon… Je verrais bien.

« Je n'ai pas tout compris, mais j'arrive alors. A de suite, Ô cher Alpha.»

Je souriais toute seule, fermais VK et rabaissais l'écran du PC sur le clavier puis changeais de chaussures pour des petites bottines noires que je trouvais très jolies avant d'enfiler un gilet en laine. Je sortis de mes appartements et pris l'ascenseur en me souvenant du chemin pour aller dans les cuisines. J'avais croisé uniquement que des esclaves et toujours pas de Jabura. Tant pis… Peut-être avait-il cessé de me garder? Peu probable. Tous les bruits étaient audibles ce qui les rendaient désagréables. J'entendais les discussions des esclaves dans des langues inconnues pour moi. Quand j'ouvris la porte de l'arrière-court, la lumière du jour m'éblouis et je pris un temps pour m'y habituer. Il faisait bon dehors alors je défis les boutons de mon gilet et engageait le pas en direction de l'écurie.

Je trouvais les jumeaux près de l'étalon noir qui appartenait à l'un d'entre eux.

- Oh mais elle marche! La naine devient moins naine. Se moqua l'un.

L'autre ricana et j'arrivais près d'eux avec une moue boudeuse de gamine lorsque quelque chose me percuta le nez. Leurs odeurs. Elles étaient plus fortes et l'une se différenciait de l'autre. Elle était plus intense et plus envoûtante. Celui qui la portait s'approcha de moi et me renifla longuement.

- Tu n'as plus l'odeur d'une brebis. C'est mieux. Dit-il avec arrogance.

- Vraiment? Émis-je sceptique.

- Oui. Tu as l'odeur d'une louve en chaleur. Arrives-tu à sentir la mienne?

Je hochais de la tête, amusée de ce qu'il venait de dire.

- Et que te dit-elle?

Sa voix assurée et son regard profond me firent baisser les yeux. Il m'intimidait et ne me mettait pas à l'aise. Je le sentais silencieusement les paupières closes puis souris doucement. Mes yeux croisèrent les siens et son sourire en coin me fit sourire également.

- C'est toi l'Alpha, hein? Soufflais-je doucement.

- Oui… Par contre ton odeur posera problème avec les autres. En tant que Gamma, tu auras vite des ennuis avec les supérieurs surtout les femmes…

Il fit une pause semblant réfléchir. Des problèmes? Du genre jalousie? D'après mon frère, cela avait été le cas au lycée.

- Que comptes-tu faire? Demanda Stanislas.

- Je vais y réfléchir mais pour le moment allons nous dégourdir un peu.

Il marcha en direction de la sortie et son frère le suivit. Lorsqu'il passa à côté de moi, il me renifla sans pudeur avant de rire moqueur. Sentais-je vraiment la chienne en chaleur? Je pris leur pas et nous quittâmes les écuries.

- Vous m'expliquez cette histoire de fin de transformation? Je ne comprends pas. Leur dis-je en les rattrapant.

- Je vais te montrer la naine mais on va jouer à un jeu d'abord. Ricana Feliks.

Tout n'était que jeu avec eux… Je soupirais mais acquiesçais. J'avais de l'énergie à revendre alors bon…

- Bien. Les règles sont simples. Tu es la proie et nous sommes les loups. Sourit-il à l'orée de la forêt.

- Ah comme l'autre fois? J'ai compris. Répondis-je.

- C'est bien maintenant cours! Nous t'accordons de l'avance.

- Euh je vais me perdre dans la forêt… soufflais-je peu convaincue finalement.

- Non, nous te retrouverons. Allez! 1…2…3…4…

Oh putain! La pression de malade. Je me mis à courir comme une folle. Ça faisait du bien de se mouvoir comme ça. Je me sentais revivre. Oh bordel la branche! Esquivée. Hop un petit saut pour la racine. L'adrénaline montait en moi. J'adorais ça. Ça m'avait manquée. Merci Seigneur pour votre miracle si beau. Je vous aimais du fond du cœur. Je ferais bon escient de cette vitalité. L'air frais était agréable dans mes poumons. Mon sang circulait avec un meilleur oxygène dans mes veines. Cependant, malgré cette course exaltante, mes sens étaient aux aguets. Je percevais tout ce qu'il y avait autours de moi. Des foulées rapides se rapprochaient dans mon dos, des halètements arrivaient à mes oreilles, tout comme des grognements, puis soudain un hurlement de loup plus vrai que nature. Oh merde! Il y avait des bêtes sauvages dans les bois. Pourtant c'était étrange mais j'avais compris la signification de ce hurlement. J'étais localisée. Le Haki pouvait-il faire ça? Pouvais-je comprendre les animaux? Trop fort! Mais préoccupant.

En regardant derrière moi, je vis un loup me courir après. Son pelage noir me rappelait celui de mes rêves. Ça foutait les pétoches, bordel! La panique me gagna et je sprintais plus vite. Mama! Il allait me bouffer. Ah~~~

J'hurlais de terreur lorsqu'un autre aboyait sur ma droite puis trébuchais comme une vieille merde n'ayant pas vu la putain de racine de merde. Je m'étalais de tout mon long dans un cri aiguë. Aïe! Ça piquait. Je me redressais, le cœur affolé mais criais d'effroi en voyant le loup noir plus gros que l'autre atterrir d'un bond dans mon dos. Il me plaqua au sol d'une patte me coupant le souffle. Son museau me renifla le cou me chatouillant l'oreille. Sa truffe était fraîche et humide. L'autre loup arriva et approcha son museau pour me renifler également mais le premier grogna et fit mine de vouloir le mordre pour l'intimider dans un aboiement ce qui le fit reculer dans un couinement, puis il me mordit l'oreille de ses crocs sans me faire mal. S'il voulait me bouffer, je trouvais ça bizarre qu'il commence par là. Un loup pouvait-il être fétichiste? Ses reniflements reprirent alors que je n'osais pas bouger. Il faisait ma nuque, mes cheveux, revenait à mon oreille puis mon visage. Il geint doucement et trépigna sur place. Je sentis alors quelque chose de chaud et humide toucher plusieurs fois ma cuisse droite. Euh… Ne me dites pas que c'était sa bite! Putain fallait que sa tombe sur moi! Il y eut du bruit sur le sol à ma gauche. L'autre loup revenait pour me sentir. Bordel si les jumeaux arrivaient, ils allaient se foutre de ma gueule et me laisser là, dans la merde. Le premier donnait des coups de bassin rapides contre ma cuisse me mouillant la peau. C'était dégueulasse putain. J'avais envie de chialer. Que quelqu'un vienne m'aider! Dieu! J'avais peur et étais tout de même soulagée de porter une culotte.

Son binôme fit sûrement quelque chose qui lui déplut car il grogna et aboya en le mordant se dégageant ainsi de mon corps. J'eus le bon réflexe de me relever pour me barrer en les entendant se foutre sur la gueule. C'était une putain de mauvaise idée car ils m'avaient entendue avec ma grande discrétion et me pourchassèrent. Bordel de merde! Je sprintais comme une tarée me foutant pas mal des jumeaux maintenant. J'arrivais devant une cabane en bois et y entrais pour m'y cacher. Fermant la porte derrière moi, je m'isolais sous la table en bois complètement apeurée. De la manche, je m'essuyais la cuisse avec une grimace. Soudainement, un hurlement de loup. Ils savaient que j'étais là. Logique! Ils m'ont suivie à l'odeur mais au moins ils ne pouvaient pas ouvrir la porte. Plus aucun bruit. Rien. Silence. Juste mon cœur qui tapait comme un dingue dans ma cage thoracique. Soudain, une chute à l'étage puis une autre. Ne me dites pas qu'ils étaient rentrés quand même?! Seigneur! Les entendant descendre les marches du petit escalier, je changeais de cachette pour m'accroupir derrière un meuble en bois pensant que c'était une bonne idée. Qu'est-ce que je pouvais être con?! Mais au moins, je les voyais descendre. Ils étaient tous les deux d'un pelage noir mais le premier était plus gros. C'était celui qui m'avait… Pouah! Il avait l'air de commander car d'un regard il ordonna à l'autre de ne pas bouger puis s'approcha doucement de moi sans montrer d'agressivité. Face à moi, son corps se changea rapidement pour devenir un être humain. J'étais estomaquée. Je rêvais là, non? Comment c'était possible? Je regardais à tour de rôle, le loup restant et Feliks accroupi face à moi qui me souriait en coin. Ils n'étaient pas humain. C'était des monstres. On ne voyait ça que dans les films et les séries, pas dans la réalité. Oh non! C'était des hérétiques et ils faisaient de la sorcellerie. Magie noire!

Feliks me tendit la main mais je la repoussais d'une gifle le surprenant. Bande de satanistes! Ils m'avaient fait un truc pendant la cérémonie pour me rendre la forme. Pareil ils avaient vendu mon âme au Diable?! Bande d'enculés!

- Que t'arrive-t-il, la naine? C'est toujours moi. C'est à cause de ce qu'il s'est passé juste avant? Ton odeur particulière a prit le contrôle de mes instincts. Je suis désolée. J'espère que ça ne se reproduira plus. Sourit-il chaleureusement.

Il y avait de ça mais pas que.

- Vous êtes quoi? Demandais-je méchamment.

Il se mit à rire.

- Beaucoup de chose. Tout d'abord des Dragons Célestes, des hommes, des étudiants, des adolescents, Alpha et Bêta, des futurs Ducs et bien d'autres, mais aussi des possesseurs de fruit du démon artificiel créé par le Docteur Vegapunk tout comme toi.

Et il avait bien assisté sur le «comme toi». Je secouais de la tête. Nan, je n'étais pas comme eux. J'étais normale! Surtout que leur histoire de fruit du démon artificiel était trop tirée par les cheveux. De vrais satanistes! Rien que le mot démon était une preuve. Seigneur Jésus-Christ, protégez-moi de ces cinglés!

- Bien sûr que si, la naine. Tu es comme nous. Ce que nous voulions te donner hier était ton fruit du démon artificiel. Nous en avions fait la demande au Seigneur Im au matin et il a accepté grâce à Dieu...

Ne mettais pas Dieu dans cette histoire! Satanique!

- … Il a mit du temps à arriver sur la Terre Sainte car le Docteur Vegapunk devait le confectionner. La plupart des personnes supporte bien la transmutation mais puisque que c'est un artificiel fabriqué rapidement et toi, avec ta santé… Bref, tu fais partie des notre alors tu n'as pas à avoir peur de nous. Tu devrais nous remercier même. Grâce à nous, tu te portes mieux et tu as des dons extraordinaires. Et puis, tu ne t'en souviens plus mais tu l'as mangé de bon cœur et ta première transformation t'a beaucoup plût. Tu as aimé jouer avec nous.

Je le regardais sur le cul mais sceptique pourtant il avait l'air sérieux. J'avais bouffé un fruit démoniaque créé par un Docteur aussi satanique qu'eux portant un nom de groupe de rock des années 90. C'était un cauchemar. Je n'étais toujours pas réveillée en fait. Ouais c'était ça! Je dormais toujours. Bah oui!

Je me pinçais fortement et grimaçais à la douleur. Nan! C'était réel. Seigneur, pardonnez-moi! J'avais fricoté avec le Diable. Je méritais le bûcher et les portes de l'Enfer. Je sursautais lorsque Feliks me prit la main et je la dégageais violemment faisant grogner Stanislas toujours en loup.

- Pourquoi vous avez fait ça? Je vous ai rien demandés! Braillais-je les larmes aux yeux.

- Si! Tu m'as dit que tu ne voulais pas être une brebis ce matin et tu n'as pas refusé de le manger. Répondit-il sérieusement.

- Si j'avais su, je ne l'aurais pas mangé! Vous êtes des monstres! Ne vous approchez plus de moi! M'emportais-je en me levant.

Suite à ça, je le contournais lentement, les sourcils froncés puis me barrais en sortant par la porte. J'entendis un non de sa part qui ne m'était pas adressée et me mis à courir pour être loin d'eux. Les pleurs arrivèrent. Pourquoi ce genre d'enmerdes m'arrivaient toujours? Mama… Papa…

J'étais maudite. Je ne savais pas même pas ce qu'était un fruit du démon. Sasha ne voudra plus jamais de moi. Il fera annuler le mariage et je serais toute seule, condamnée à aller en Enfer une fois morte. Dieu m'avait sûrement abandonnée. Il ne voulait plus de moi après ce que j'avais fait. Tout comme Adam, j'avais mangé le fruit défendu à cause du Diable. J'avais honte de moi. Je m'étais faite avoir. Moi et ma pauvre naïveté…

Je courais toujours en chialant sans savoir où j'allais. Me transformer comme eux? Jamais! Ça n'arrivera jamais. Je ne laisserais plus le Mal m'atteindre. Je voulais rentrer chez moi. Mama… Mais je ne pouvais pas. J'allais attirer le malin à la maison et tous les maudire.

Aïe putain! La même racine de merde de l'autre fois. Je me redressais en pleurant encore et me tournais. Les jumeaux n'avaient pas l'air de m'avoir suivie. Tant mieux. Je marchais tranquillement à l'aveuglette et après un temps, je finis par m'asseoir au pied d'un arbre n'ayant pas trouver le chemin du château. Mes pleurs avaient cessé et je reniflais bruyamment avec des spasmes de sanglots. Les bras enlaçant mes genoux, je posais mon menton dessus. Que faisais-je maintenant? J'étais perdue et je commençais à avoir faim. La merde… Je ne savais même pas quelle heure il était? Étions-nous le matin, l'après-midi ou le soir? Levant la tête, je vis que le soleil était très haut dans le ciel à travers les feuilles des arbres. Il devait être midi. Les jumeaux étaient sûrement rentrés. Mon ventre gargouilla bruyamment et je soupirais de frustration. Je n'avais jamais autant faim d'habitude. Ça devait être à cause de leur fruit satanique. J'avais le Diable dans le corps. L'idée de me faire vomir pour le faire sortir me vint mais vu comment j'avais la dalle, il devait être digéré depuis longtemps. A quoi avait-il ressemblé? Ce n'était pas commun ce truc alors je devrais au moins m'en souvenir. Les jumeaux disaient-ils vrai au moins? Pouvais-je me transformer en loup comme eux? Et comment faisait-on? J'avais peur d'essayer.

Je laissais mes sens s'évader. Mon ouïe écoutait le bruit du vent faisant bouger les feuilles, les craquements des branches, celles mortes qui tombaient, et des petits pas mous qui rebondissaient sur la terre. Un animal de ce que me disait mon odorat. Du mouvement sur ma droite et un lièvre brun sortit du trou d'un roncier. Oh il était trop mignon! Ses oreilles se dressèrent et il me fixa aux aguets. Nous nous regardâmes sans bouger puis il décida de partir sans me quitter des yeux. La nature était belle. J'avais envie d'y rester pour toujours. Personne ne me faisait chier ici. J'étais au calme et sans mes soucis. Je devrais peut-être vivre en ermite ici. Mouais nan… Je me ferais vite chier.

Le vent apporta une douce odeur de feuille fraîche, de terre battue, d'épines de pin, et surtout de nourriture. Ah~ manger! J'avalais ma salive devenue abondante dans ma bouche et comme envoûtée avec le ventre gargouillant, je me levais pour suivre ce doux fumet. On aurait dit des champignons grillés. Oh ouais! Manger! Hein? Plus d'odeur. Le vent avait tourné. Et merde! Je soupirais de lassitude et me rasseyais au pied d'un autre arbre. Je n'avais pas fait beaucoup de chemin en plus. Rah j'étais paumée! Quelle débile de m'être barrée! Dieu, aidez-moi!

Peut-être devrais-je essayer de me transformer pour réussir à sentir la délicieuse odeur? Ça ne coûtait rien d'essayer même si ça faisait flipper. Dans les films et séries, les gens qui se changeaient souffraient le martyre. Ça allait piquer! Bon, concentration. Je fermais les yeux et pris grande inspiration. Je sentais un truc qui arrivait. Ça y était. Ah putain, c'était juste mon ventre qui gargouillait encore. Il fallait peut-être que j'y mette de l'intention? Bon…

«J'aimerais me changer en loup!» Formulais-je dans ma tête, en grimaçant les yeux clos.

Rien… Je soupirais une énième fois découragée puis mon corps eut des spasmes musculaires. Tout se passa rapidement. Des pattes, une queue, des poils, beaucoup de poils, énormément de poils… Putain! Moi, qui m'étais épilée. Au moins, je restais blonde et ce n'était pas douloureux. L'arnaque des films. Mes sens étaient plus forts sous cette forme. Mon corps réagissait tout seul. Mon museau reniflait la place où j'étais. Cette odeur… C'était moi qui sentait comme ça? Il y avait le parfum que j'avais mit mais aussi… Ah bordel! Ça sentait grave la chienne en chaleur. Limite, j'avais envie de me baiser. Je pardonnais Feliks pour tout à l'heure alors. La vache, je me sentais mouillée. Ça pouvait mouiller les chiens? J'avais envie de niquer…Je reniflais l'air cherchant un repère. C'était spécial de cette taille. J'étais vraiment petite. Les couleurs de mon champs de vision étaient dans les tons bleus. Je voyais très bien de près mais loin c'était le flou total. Toutefois, je percevais bien les mouvements et surtout ma vision était bien plus large. Ah une odeur! Des champignons grillés. C'était faible comme une trace. Je la suivais en reniflant toujours l'air. Du bruit. Je m'arrêtais en alerte. Encore. Ça se rapprochait. Je me cachais par peur dans un buisson de feuillage et attendis. Cela vint par la droite dans le sens contraire du vent m'empêchant de sentir son odeur. Une silhouette sombre apparue reniflant le sol. Un loup noir. Un des jumeaux? C'était Stanislas vu sa taille. Il avait l'air de suivre une piste. Je ne voyais pas Feliks mais à mon avis, il ne devait pas être loin. Me cherchaient-ils? Peut-être. Son flair le dirigeait vers le premier arbre où j'avais été. Il s'y attarda un moment avant de revenir et renifler le second plus longuement. Je le vis trépigner sur place en même temps. Il lâcha quelques couinements et j'aperçus son sexe rouge en érection. La vache! C'était la première fois que je voyais une queue de loup. C'était presque comme les mecs et c'était gros en plus. Mon odeur devait l'exciter et il avait dû comprendre que je m'étais transformée. Son bassin donna deux coups dans le vide alors qu'il continuait de sentir mon odeur. Incroyable! Feliks avait raison. Ça posait problème. Cependant, le savoir me plaisait. Ça me donnait du contrôle sur eux.

Je sortis lentement du buisson le faisant s'arrêter et redresser la tête dans ma direction aux aguets. Je m'approchais de lui avec prudence, les oreilles baissées, la tête basse en essayant de me faire plus petite. Il ne bougea pas et je vins le renifler au museau puis le lui léchais de plusieurs coups de langue pour le saluer et lui montrer que je me soumettais à lui. Je pris ses reniflements comme une réponse à mes salutations. Une de ses pattes avant se posa sur mon museau et je me dégageais en soufflant des narines. Stanislas me tourna autours en me sentant. Je me laissais faire même lorsqu'il arriva à ma queue. Il passa le museau en-dessous et je sentis plusieurs léchage sur ma vulve. C'était agréable mais un cunnilingus était mieux. Ma queue se mit sur le côté et le poids de son corps vint sur ma croupe tandis que ses pattes avant serrèrent fortement ma taille pendant que son sexe chercha à me pénétrer. Je sentis plusieurs coups contre les fesses puis sa pénétration fut rapide et brutale. Pas de douleur. Ses coups de reins me donnaient un peu de plaisir mais ça ne valait pas une baise humaine. Ma gueule était ouverte avec la langue pendante laissant échapper mon souffle haletant et rapide. Cela en était de même pour lui. Puis plus de mouvement et Stanislas me lâcha pour se mettre sur le côté. Déjà fini? Ça avait duré même pas d'eux minutes. Sérieusement? Trop naze. Pour montrer mon mécontentement, je me barrais sauf qu'une vive douleur à la vulve me fit couiner tout comme lui. Je tombais au sol et dûs me mettre sur le dos car il était plus grand que moi. Je compris dans son grognement que je ne devais pas bouger et qu'il fallait attendre. Je geins plaintive. Je n'avais pas pensé que les loups étaient comme les chiens. Nous étions collés et je ne savais pas pendant combien de temps. Ça m'apprendra, tiens! Plus jamais je baiserais comme ça. Plus jamais! Stanislas redressa la tête, les oreilles droites tout comme moi. Nous venions d'entendre un hurlement de loup. C'était Feliks qui appelait son frère. Il n'était pas très loin. Stanislas s'agita me faisant mal. Je couinais puis il eut l'idée de redevenir humain ce qui fonctionna pour nous détacher. Pas con même si je me doutais qu'il ne s'attendait pas à ce que ça marche. Ensuite, il se transforma de nouveau et je me mis sur mes quatre pattes pour venir lui lécher le museau. Il leva la tête et hurla à son frère sa position. Très peu de temps après, Feliks apparut. Putain qu'il était grand et imposant! De mon petit gabarit, il m'effrayait. Je refugiais ma tête, les oreilles baissées, sous celle de son frère et couinais d'appréhension. L'Alpha s'approcha et Stanislas recula me laissant toute seule, apeurée. Je me faisais toute petite et tremblante. Il me fixa en silence et son museau frotta le mien. J'osais une léchouille dans un gémissement apeuré. Pas de représailles alors je continuais avec plusieurs coups de langue. Ses narines me reniflèrent puis il tourna la tête vers son frère qui couina en baissant le museau, ensuite il me tourna autours en me sentant. Arrivé à mon derrière, je m'asseyais pour éviter d'être prise encore, la queue contre mon corps. Il glapit en trépignant sur place, la truffe contre mon arrière-train. Non! Je grognais doucement en montrant les crocs mais il continua et vint coller son bassin contre mon dos pour tenter de me pénétrer. Un vrai animal… Je bougeais pour me cacher derrière l'autre mais il partit, la queue entre les pattes, lorsque Feliks vint. Sa truffe renifla sans attendre sous le prolongement de ma colonne vertébrale et y passa quelques coups de langue. Puis soudain, il grogna et se jeta sur Stanislas en lui aboyant dessus qu'il n'en avait pas eu l'autorisation. Il le mordit à la patte et les plaintes de son frère me faisaient mal au cœur. Il avait dû sentir son odeur. La merde… Son jumeau tenta de lui chopper l'oreille pour se défendre mais en vain alors il finit par reprendre forme humaine en gémissant de douleur. Feliks le lâcha et je me sentis coupable lorsque je vis le sang tâcher la manche de sa chemise. Je déguerpis à son regard, complètement effrayée qu'il me fasse la même chose. Bien sûr, il me pourchassa. Je courais plus vite filant face au vent. Sous cette forme, j'étais plus rapide même si je ne savais pas où je pouvais me cacher. Ah!Un arbre mort dont le tronc était creux comme dans les films. C'était suffisamment large pour mon gabarit mais trop petit pour la sienne. Je m'y faufilais et attendis, tremblante et totalement effrayée. Je l'entendis s'approcher et gratter à l'entrée de l'arbre. Il fit le tours et je le vis à la sortie m'observer. Sa tête de loup changea en une humaine et il tendit sa main vers moi. Je couinais de peur sans bouger.

- La naine, tu peux sortir. Je ne vais pas te réprimander. Ce n'est pas de ta faute. Allez viens! Sourit-il me surprenant.

Vraiment? Ce n'était pas un mensonge pour mieux m'en mettre une juste après? J'étais sceptique mais je n'allais pas rester là toute ma vie. Je rampais en couinant jusqu'à lui. Il me laissa sortir et à l'air libre, je le regardais inquiète et toujours apeurée. Sa main approcha ma tête mais je reculais de stupeur. Calme, Feliks posa sa paume sur mon crâne et me caressa. C'était agréable. J'adorais lorsqu'il descendait sur l'oreille.

- Tu as le poils très doux… Ton odeur va t'attirer des ennuis. Je trouverais une solution. Évite donc de te transformer devant les autres membres de la meute! C'est là qu'elle est plus forte. La nuit dernière, tu ne sentais pas aussi fort. Allez! Rentrons au château! J'ai des choses à t'apprendre.

Suite à ça, il retira sa main et se changea en loup. Sa carrure imposante me fit reculer mais il vint près de moi pour rapprocher son museau pour me renifler. Décidément, ça y allait aujourd'hui. Je le léchais plusieurs fois puis il me mordilla l'oreille me faisant secouer la tête. Sa truffe se logea sous ma queue et je me retournais dans un grognement. Non pas encore! J'aboyais et fus surprise d'entendre ma voix. Elle était petite et aiguë. Je pensais qu'elle serait plus différente que celle que j'avais en humaine. Feliks posa sa patte sur mon museau et je me dégageais en soufflant des narines. Il recommença mais cette fois-ci sur ma tête et je geins en la secouant. Il chercha encore à renifler mon derrière et franchement ça me soûlait. Je partais et il revenait toujours à la charge. J'aurais bien voulu reprendre mon apparence humaine mais je ne savais pas comment faire et puis, cela aurait-il changé quelque chose? Nous tournâmes en rond, lui qui tentait de me prendre en geignant et moi qui le fuyais en grognant. Étant plus grand que moi, je devais être plus rapide pour l'esquiver. Se rendait-il compte de ce qu'il faisait? Était-ce volontaire de sa part lorsqu'il s'était retransformé? Avec Stanislas, ça n'avait pas duré longtemps donc ça ne m'aurait pas dérangée de le laisser me pénétrer mais ce qui faisait chier, c'était l'après. Nous serions collés pendant X temps. N'en pouvant plus de courir partout, je posais mon cul sur le sol. Là!

Feliks tournait autours de mon arrière-train en couinant et vint loger sa tête entre mes pattes avants me faisant perdre l'équilibre et me forçant à me mettre debout. Bordel! Sur sa tête large, je grognais quand je sentis sa langue laper ma vulve à plusieurs reprises. C'était agréable mais s'il ne faisait que ça, ça allait. L'Alpha se redressa me faisant tomber. Je me relevais rapidement mais il grimpa sur mon dos et je sentais déjà les coups de son sexe en érection contre moi. Ses pattes avants m'empêchaient de me barrer. J'avais beau grogner et aboyer, il continuait d'essayer de me pénétrer. Il réussit d'un coups sec. Et merde… Ça durait plus longtemps car il était ressorti plusieurs fois et le plaisir était là mais pas comme je le ressentais habituellement avec une bonne baise. C'était brusque à cause de sa force supérieure à la mienne puis il s'arrêta enfin et se mit à côté de moi sauf que cela me fit tomber et je me retrouvais sur le dos. Feliks sembla surpris de nous voir attacher. Ma croupe était en hauteur à cause de sa plus grande corpulence et franchement, c'était une position désagréable. J'avais la gueule sur le sol. Ayant compris notre problème, l'Alpha ne bougea plus ce qui me rendit compte que mon vagin avait des spasmes comme si j'avais eu un orgasme. Je sentais son sexe gonflé à chaque contraction. C'était comme une boule énorme. C'était très désagréable. Le temps passait et pas de nouvelle de Stanislas. Que faisait-il? Savait-il ce qu'il se passait? Était-ce pour ça qu'il ne venait pas? Nous attendait-il?

Soudainement plus de résistance et mon cul tomba sur la terre nous surprenant. Feliks vint inspecter ma vulve et la lécha de plusieurs coups de langue. J'aboyais pensant qu'il voulait recommencer mais ça ne lui posait aucun problème car il continuait. Il renifla puis lécha encore et renifla de nouveau avant de geindre satisfait. Je me mis debout quand il s'éloigna dans la forêt. Je le fixais partir et s'apercevant que je ne le suivais pas, il se retourna pour me fixer. Comprenant qu'il m'intimait de venir, j'arrivais près de lui en petites foulées. Ses yeux me fixaient toujours me mettant mal à l'aise alors je baissais la tête. Sa position en tant qu'Alpha était méritée. Je m'inclinais sans poser de question à chaque fois que je le voyais. C'était son apparence plus imposante et aussi son aura qui le rendait si dominant. Feliks donnait l'impression d'en avoir dans les couilles et surtout qu'il ne fallait pas le faire chier sinon gare aux représailles.

Il avança en trottinant et je le suivis. Nous prîmes la direction du château, enfin je l'espérais mais sur le chemin, il s'arrêta, le museau levé. Je fis de même et hummais l'air. Une odeur. Elle était animale. C'était Stanislas. Il se rapprochait et apparut un peu plus loin en boitillant. Nous nous dirigeâmes vers lui et il vint lécher le museau de son frère. Je fis de même pour lui puis inspectais du flair sa plaie à la patte. Ça n'avait pas l'air profond mais il fallait quand même la soigner.

Nous continuâmes la route et une fois arrivée à l'orée de la forêt, les jumeaux reprirent forme humaine. Stanislas posa sa main sur son bras blessé et me regarda tout comme son frère.

- Allez! A ton tour la naine. Le Seigneur Im ne veut pas que nous soyons en loup dans l'enceinte du château sous peine de punition. Me dit Feliks.

Ouais mais je ne savais pas comment faire. Je baissais la tête en couinant.

- Oh allez! C'est facile. Se moqua Stanislas, rieur.

J'aboyais de frustration. Ta gueule, Ducon! J'y arrivais pas.

- Si tu ne te changes pas, on rentrera sans toi.

Je couinais de nouveau n'y arrivant toujours pas. Même si je me concentrais, il ne se passait rien. Je ne pouvais pas redevenir humaine. J'allais rester une louve pour toujours et ça m'effrayait. Je ne savais pas quoi faire sauf chercher de l'aide auprès d'eux. Ma tête se posa sur le genoux de Feliks et je le regardais avec des yeux de chien battu.

- Si tu ne sais pas reprendre forme humaine, ce n'est pas notre problème. Nous ne pouvons pas t'aider. Allez! Rentrons! Nous sommes attendus après le déjeuner par notre précepteur. Débrouille-toi, la naine! Pesta-t-il.

Quoi?

Je les regardais partir mais les suivis ne voulant pas être toute seule ici.

- Non! C'est interdit d'être au château sous cette forme alors tu restes là ou tu reprends forme humaine pour revenir. S'exclama-t-il en se retournant.

Je m'arrêtais et couinais tristement. J'étais dans la merde. Frustrée, je grognais et fis demi-tour en courant pour m'engouffrer dans la forêt. Bande de connards! Allez vous faire enculer! Je vous détestais. Sans cœur! Sans compassion! Antipathiques! Allez au Diable! Je me vengerais!

Apres un temps, je décidais de stopper ma course. Je ne savais pas quoi faire. Pourquoi ce genre de chose n'arrivait qu'à moi? J'avais honte de la situation et surtout j'avais honte de moi. J'étais en colère. C'était de leur faute mais aussi de la mienne. Finalement, je ne savais presque rien de ce qu'il m'arrivait. J'avais mangé un fruit démoniaque conçu par un scientifique satanique et me voilà changé en bête pour le restant de ma vie. Je pleurais mouillant mes poils. Mama… Papa… Sasha… J'étais désolée. Dieu! Pardonnez-moi!

Grâce à mon flair, j'avais réussi à atteindre la cabane en bois. Ne pouvant passer par la porte fermée, j'avais du faire le tour et monté sur les barils pour atteindre la toiture et m'engouffrer dans le trou qu'avaient utilisé les jumeaux tout à l'heure pour entrer. Mes pattes atterrirent sur le parquet poussiéreux de l'étage et je descendis au rez-de-chaussée. Ça avait plutôt l'air d'une cabane forestière abandonnée. Tant mieux. Je ne voulais personne. J'avais besoin d'être tranquille et de ne plus avoir d'enmerdes. M'allongeant sous l'escalier de bois, je patientais. Quoi? J'en savais trop rien. Peut-être reprendre forme humaine grâce à un miracle de Dieu? En tout cas, je me faisais chier et j'avais faim. Mon estomac gargouillait par moment. Je ne savais pas combien temps il s'était déroulé mais la cabane s'assombrissait. La nuit était déjà tombée? Je me levais pour aller vérifier à la fenêtre mais le vacarme du tonnerre me fit sursauter. Je me refugiais sous la table et me couchais. L'orage grondait dehors. La pluie battait les vitres et s'engouffrait à l'étage sans inonder la cabane. Le vent rendait l'air frais mais je n'avais pas froid. Merci la fourrure!


J'avais passé la nuit dans la cabane. L'orage avant cessé avant le crépuscule mais je n'avais pas osé sortir par peur alors j'avais dormi le ventre vide sous la table. Les jumeaux n'étaient pas revenus et franchement, j'en avais rien à foutre. Ils pouvaient bien crever, ces lâcheurs! Qu'ils aillent en Enfer!

Je voulais me barrer. J'en avais plus rien à foutre de l'A.R. Dragon m'avait laissée pour un an. Je n'avais pas de nouvelle de ma famille et je ne pourrais pas en avoir sous cette forme. J'étais toute seule. Sasha me manquait terriblement. S'il était là, tout serait différent. Je n'aurais jamais dû accepter la demande de Dragon. J'aurais dû me barrer en Russie et vivre avec Sasha. Je regrettais… Fuck l'A.R.! Je n'étais qu'une gamine. J'avais été conne d'avoir dit oui.

Oh! Du bruit. Quelqu'un venait dans ma direction. Les jumeaux? Je n'avais pas envie de les voir alors je montais à l'étage. C'était en sautant sur la toiture que j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et vu les bruits de pas, ils étaient deux. Allez vous faire enculer, bande de connards! Et je me barrais dehors. Courant vite, je voulais être le plus loin possible d'eux. Bien sûr, en ne faisant pas attention à ce qu'il se passait devant moi, je fis une chute d'une petite hauteur et tombais dans un ruisseau. Oh la vache, c'était froid! Je secouais mon pelage pour m'essorer et en profitais pour laper l'eau histoire de me remplir le ventre. C'était glacé et me frigorifiait le corps. En sortant du petit cours d'eau, je pataugeais dans la boue de la rive et glissais ce qui valut le coup de me vautrer dedans. C'était dégueulasse!

J'en avais marre, putain! J'en pouvais plus. J'avais faim. J'étais trempée. J'étais couverte de boue. Et je commençais à avoir froid. Putain de bordel de merde!

Je me secouais encore foutant de la terre humide partout et continuais ma route à l'aveuglette. Je ne savais pas où j'allais et je m'en foutais. Au moins, je n'étais pas avec ces lâcheurs.

- Anastasia!

Je m'arrêtais aux aguets. Quelqu'un venait de gueuler mon nom plus loin. C'était une voix d'homme et pas celle des jumeaux. J'attendis pour savoir si c'était réel ou juste mon imagination. Rien. Je me disais aussi… Je repris mon chemin mais en marchant cette fois.

- Anastasia!

Encore? La même voix masculine. Les oreilles droites, je restais attentive.

- Anastasia!

Encore! Oui! C'était réel. On me cherchait et ce n'était pas les deux connards. Contente, je fis demi-tour et courais dans la direction de la voix. Je pataugeais encore dans la boue, passais le ruisseau et d'un bond, j'escaladais la buté. On m'appelait encore. Ma course se fit plus rapide. Je m'arrêtais par moment pour renifler l'air dans le but de trouver l'odeur de la personne qui m'appelait. Elle ne me disait rien mais au fur et à mesures que j'avançais, mon ventre se nouait. Et si c'était une farce des jumeaux? Et s'ils l'avaient fait exprès de me laisser là pour un de leurs jeux à la con? Je cessais de courir devenue méfiante. Nan! Ils n'allaient pas se foutre de ma gueule comme ça! Ça non! Je rebroussais chemin pour revenir au petit cours d'eau. Dans les films, les gens se couvraient de boue pour camoufler leur odeur alors je me roulais dedans pour passer inaperçue olfactivement. Je ne comptais pas me faire avoir. S'ils voulaient me trouver, ils allaient morfler, ces cons! J'étais peut-être naïve mais certainement pas conne. Bande de trou de balle! Je ne me secouais pas et me trouvais une cachette près du ruisseau dans un buisson de ronces, couchée. Là au moins ils ne viendront pas me faire chier même si ça piquait de ouf. Mon pelage marron glacé dû à la terre humide passait sans défaut à l'intérieur. J'attendis… Mon prénom encore. Plus fort. Plus près. Je ne bougeais pas. Je n'étais pas une bête de foire et encore moins un jouet dont ils pouvaient user quand bon leur semblait. J'en avais marre d'être leur attraction ou leur divertissement du jour. A chaque fois, ça me mettait dans la merde. C'était fini. J'allais devenir un connasse moi aussi. J'allais survivre! Dieu était avec moi. Je ferais tout ce dont j'aurais envie. J'étais une princesse maintenant. Je pouvais me la péter et relever la tête fièrement. Sans tabou! Euh non peut-être pas. Je devais garder le contrôle au moins sur ma nymphomanie. Ouais!

Du bruit! Du mouvement en face sur la buté. Un homme très grand. Il regarda autours de lui. Je le reconnaissais. C'était Jabura. Il renifla longuement.

- Elle est passée par là! Brailla-t-il.

Il avait senti mon odeur mais il n'avait pas l'air de me trouver. Lui aussi avait-il donc cette faculté de ce changer en loup? La boue fonctionnait bien. Un autre type vint près de lui. Je ne le connaissais pas. Grand, brun aux boucles mi-longues, petite barbe et vêtu de noir comme Jabura. C'était qui? Un collègue de boulot? Un oiseau se posa sur son épaule.

Il y a des traces de l'autre côté du ruisseau. Dit-il calmement.

C'était la même voix qui scandait mon prénom avant. C'était lui qui m'appelait. D'un bond, ils sautèrent en même temps de l'autre côté dépassant la boue. Ça avait du bon d'être grand, dit donc. Ils étaient près de moi et je fermais les yeux en tentant de respirer lentement sans faire de bruit pour ne pas être détectée. Ma parano me disait de rester cachée. Je n'avais pas confiance. J'entendis des bruissements d'ailes. Le Piaf venait sûrement de s'envoler.

- Je n'en vois pas d'autres plus loin mais elle est revenue sur ses pas. Nous avons dû la manquer. Dit Jabura.

- Non, je l'aurais vue. Rétorqua l'autre sûr de lui.

· Si tu le dis, Chaton! Se moqua-t-il.

Chaton? Était-ce affectueux ou une critique?

- Ne commence pas, le cabot! Nous n'en serions pas là si tu avais fait ton travail correctement.

Le cabot? Faisait-il référence à sa transformation?

- J'y peux rien si Gatherine m'a largué pour toi! Râla Jabura sur un ton de reproche.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. Tu ne devrais pas mélanger ta vie privée à ton travail. Résultat, la gamine a disparu et j'ai dû écourter mes seuls congés en cinq ans.

Jabura ne répondit pas mais j'entendais des pas.

- Visiblement, elle n'est pas là. Cherchons ailleurs! Fit-il ensuite.

- Mais son odeur s'arrête ici! Elle n'a pas pu s'envoler?! Rétorqua Jabura.

· Va savoir! Son fruit du démon artificiel a été fait à la va-vite. Elle a peut-être aussi des ailes maintenant. Ricana l'autre.

Je les entendis partir en sautant sur la buté. Je ne bougeais pas au cas ou qu'ils puissent revenir. J'attendis… Dans ma paranoïa… Le temps passait. Il faisait toujours aussi froid mais mon pelage avait séché alors j'étais bien en température. Le soleil était au dans le ciel et j'avais cessé d'avoir faim. Mon ventre puisait sûrement dans mes graisses. Tant pis… Mes articulations étaient douloureuses à force de rester dans cette position. J'avais envie de me barrer mais j'avais peur d'être découverte.

J'avais bien fait d'attendre car Jabura revenait avec son collègue. Il n'y avait pas le Piaf cette fois-ci.

- Son odeur et les traces mènent toujours ici et s'y arrêtent. C'est incompréhensibles. Pesta le bouclé.

- Elle s'est peut-être fait enlever par des extraterrestres? Sourit Jabura.

- Ne dit pas n'importe quoi! Quelque chose l'a fait fuir et rebrousser chemin. Il n'y a pas de trace de lutte. Ce qui veut dire qu'elle est forcément toujours là.

Le type aux boucles me chercha du regard mais je ne bougeais pas, d'ailleurs je fermais les yeux et patientais qu'ils dégagent tous les deux pour me barrer.

- Je ne vois rien. Cherche avec moi au lieu de bailler au corneille. Râla-t-il.

- Elle doit avoir faim. Les Dragons Célestes ont dit qu'elle n'avait pas déjeuné avec eux hier midi, et il n'y a pas de trace de repas dans les parages. Je suggère de lui apporter de la nourriture pour qu'elle se montre.

- Pas faux et une pause ne me ferait pas de mal. Nous la cherchons depuis l'aube.

- Ouais, j'ai la dalle! Soupira Jabura.

Je les entendis bouger. Ouvrant un œil, je les voyais partir me faisant dos. Était-ce un piège pour me forcer à me montrer? Allaient-ils vraiment me chercher à bouffer? J'hésitais à sortir de ma cachette pour me barrer alors j'attendis un moment pour être sûre qu'ils se soient bien barrés. Puis, je reculais dans mon buisson de ronces et sortis mon cul en premier pour finir par le museau avant de quitter cet endroit. Ma course était rapide. J'avançais à l'aveuglette, le ventre gargouillant et m'arrêtais près d'un petit pont en pierre au dessus d'un fossé recouvert de végétation. En avançant, je me rendais compte que c'était une sortie de la forêt. Au loin, je voyais la forme flou d'une grande bâtisse. Il y avait des odeurs apportées par le vent. Des odeurs animales et humaines. Vu la puanteur qu'il y avait aussi, c'était une ferme. Je m'approchais discrètement, mon estomac me disant sans cesse que j'avais la dalle. L'odeur des animaux donnait envie surtout les poules qui se baladaient tranquillement mais je ne pouvais pas les buter. C'était horrible! Alors j'allais à l'intérieur du poulailler pour croquer les œufs. Rien. Ils avaient dû être ramassés le matin. Les volailles prirent peur et je gambadais dans la ferme à la recherche de nourriture. Là! Un délicieux fumet. Je reniflais l'air et suivais cette odeur alléchante. Elle me conduisit devant une fenêtre ouverte d'un manoir. Cela devait être la grande bâtisse que je voyais au loin. Sur le rebord, il y avait une tourte en train de refroidir. Je la pris de la gueule et la fis tomber pour la dévorer. Oh putain la vache! Une tourte à la viande de gibier. C'était trop bon. Ma gueule n'en faisait qu'une bouchée. Cependant, j'avais encore faim. Les deux pattes avants sur le rebord, j'inspectais l'intérieur du flair. Pas de trace humaine et animale, juste de la bouffe. À moi la caverne d'Ali Baba! J'atterris d'un bond sur le carrelage et mangeais tout ce que je trouvais. Saucisses fumées, jambon séché, saucissons, pain, fruits et même lait. Repue, je quittais la cuisine en sortant par la fenêtre. C'était trop facile. Les nobles n'avaient aucun soucis de cambriolage sur la Terre Sainte. Celui qui habitait là aura une belle surprise mais je m'en foutais. Eux ne se privaient pas de nous entraver et de nous taxer alors leur voler à bouffer ne me gênait pas. Je déguerpis loin de ce domaine en entrant dans la forêt par un autre endroit. Il manquerait plus que je recroise les deux gugusses, tiens. Le ciel s'assombrissait et relevant le museau, je constatais que le soleil était caché par un épais nuage. L'air était humide. Il allait encore pleuvoir. Je devais vite me trouver un abris ou j'allais crever de froid.

C'était dans le creux à la base d'un grand et vieil arbre que je me roulais en boule. La pluie commença à tomber et je dus creuser un trou dans le sol à l'entrée pour faire une dérivation d'eau. Je me rallongeais en tournant sur moi-même pour trouver mon confort. Le museau contre ma queue, je fis une sieste en étant bercée par la fine pluie mais je me réveillais à chaque fois au moindre craquement, au moindre frottement et au moindre bruissement. Être ici toute seule était effrayant. Je n'avais jamais fait de camping de ma vie alors être coincée dans la peau d'un loup et complètement isolée de la civilisation humaine me faisait peur.

La nuit était tombée et la pluie ne cessait pas. Je n'avais pas faim pour l'instant mais par contre j'avais envie de pisser et de chier. Je sortis alors de mon trou les oreilles aux aguets. Un peu plus loin, près d'un arbre, je creusais et déposais ma pêche et mon urine avant de ramener la terre dessus. Je reniflais sans m'en rendre compte et remarquais que mon odeur était très faible. C'était donc pour ça que les chiens faisaient ça? Pratique! Je revenais dans le creux que je considérais comme ma niche et me mis en boule pour me rendormir.

C'était dans la matinée, après une énième sieste, que j'avais entendu des voix scander mon prénom. C'était faible et très éloigné. Je ne bougeais pas. Trop la flemme et ma niche était confortable.

Dans l'après-midi, un bruit interrompit ma rêverie. Les oreilles droites, j'étais attentive. Ce n'était pas une branche morte qui se cassait et qui tombait depuis le haut d'un arbre. Non, c'était le poids de quelqu'un qui avait marché dessus. Je me tapissais au fond de ma niche, attentive. Une odeur animale, non plusieurs. Les jumeaux. Je les reconnaissais. Bande d'enculés! Allez en Enfer!

On vint près de l'entrée. Automatiquement et comme une gamine, je fermais les yeux, toujours roulée en boule. Je les boudais. Ils m'avaient retrouvée et j'avais envie de leur faire la gueule. Être hostile avec eux n'aurait servi à rien puisqu'ils étaient plus balèzes que moi alors je les boudais. Je sentis la présence de l'un deux à l'intérieur, près de moi. Je fus reniflée mais je ne bougeais. On me lécha la truffe. Pas de réaction. On me mordit l'oreille. Toujours rien de ma part.

Va te faire foutre, sale con!

On grogna puis aboya. Rien. On me gratta le dos d'une patte. Rien. On couina pour m'interpeler. Rien.

Va crever!

Je l'entendis sortir puis une voix.

- Elle est là mais elle ne bouge pas.

- Est-elle morte? Demanda l'autre jumeau.

- Non, elle ne sent pas la mort. Elle a l'air inconsciente. Que faisons-nous?

- Sort-la! Que je puisse lui mettre le bracelet en granit marin. Humaine, elle sera plus facile à transporter.

Oh! J'allais redevenir moi-même. Cool! Le frère revint à l'intérieur et me chopa par la peau de la nuque pour me tirer hors de ma niche. Ce n'était pas douloureux. Je me laissais faire jouant la morte. Même si j'étais contente de redevenir humaine, je ne voulais toujours pas voir leur gueule de lâcheurs.

- Et bien et bien… Elle a besoin d'un bon décrassage. Se moqua l'un en me mettant quelque chose autours de la patte droite.

Je sentais mon corps se mouvoir tout seul. C'était rapide puis j'eus froid.

- Sacrebleu! Elle est nue. S'exclama un des frères.

- Sûrement un défaut de son fruit. Il a été conçu rapidement, souviens-toi!

On déposa quelque chose de chaud sur mon corps. Une veste. Puis on me porta telle une princesse. Je laissais mon corps inerte.

- Allez rentrons au château!

Celui qui me portait devait être forcément Feliks. Je voulais le défoncer mais j'étais étrangement faible. Mes muscles étaient ankylosés.

Je sus que nous sortîmes de la forêt à cause de la lueur du soleil qui caressait mon visage, me le réchauffant un peu.

- Pas croyable! Nous devons vraiment tout faire nous même. La Marine est vraiment une incapable. Tenez! Portez-la! Servez au moins à quelque chose! Il est hors de question qu'elle souille ma selle et ma monture. Stanislas, on y va!

J'étais maintenant dans les bras de quelqu'un d'autre ensuite j'entendis un hennissement de cheval et des bruits de sabots martelant le sol en galop. Bande d'enculés de merde! Ça avait dû leur trouer le cul de me chercher. Je vous détestais, Dragons Célestes de merde! Quelqu'un soupira du nez.

- Pauvre gamine! Elle ne serait pas dans cet état s'ils n'étaient pas aussi… dit celui qui me portait avant de se faire couper la parole.

- Fait attention à ce que tu dis, Kaku! Ils entendent très bien à cette distance. Allez! Ramenons-la dans ses appartements! Kalifa s'occupera d'elle.

C'était la voix du type qui était avec Jabura la veille. Alors en fin de compte, la Marine me cherchait depuis hier? J'aurais dû me montrer à ce moment-là dans ce cas. J'avais été bête de croire à un jeu stupide des deux connards. Le bon côté de la chose, c'était que j'étais humaine maintenant.


Au château, il faisait bien meilleur. On m'avait lavée comme si j'étais une petite chose fragile. Vêtue, j'attendais la visite d'un médecin en compagnie de Kalifa. J'étais restée silencieuse depuis mon retour. Je fixais le bracelet taillé et poli dans une pierre grise. Je ne pouvais pas l'enlever car il y avait une serrure. Au moins, c'était fin et léger.

On toqua à la porte d'entrée du petit salon attirant mon attention. Kalifa alla ouvrir et fit entrer le médecin. C'était la même vieille que l'autre fois. Autrement dit, c'était un des docs de Dmitri. Elle me salua mais je ne répondis pas, fixant les flammes de la cheminée. Sans s'offenser, elle vint s'asseoir sur le canapé à côté de moi et déballa ses affaires. Ma tension fut prise ainsi que ma température. Elle me posa des questions sur mon état. Non, je n'avais pas mal au ventre, ni à la tête et ni ailleurs. J'étais juste sur les nerfs et affaiblie. Elle m'expliqua que j'avais mangé un fruit du démon artificiel et qu'il pouvait y avoir certains effets secondaires mais elle ne m'avait pas dit lesquels. Cependant, pour éviter une transformation involontaire, je devais porter le bracelet en granit marin qui maîtrisait les pouvoirs du fruit et mon Haki. Ce dernier point ne me plaisait pas mais je n'avais fait aucun commentaire.

- Je devrais garder cette chose jusqu'à la fin de ma vie, donc? Demandais-je sans la regarder.

- Oui, Madame. C'est selon la volonté du Seigneur Im. Répondit-elle désolée.

- Je vois. Le Seigneur Im est très énigmatique. Il m'offre un fruit du démon artificiel et finalement il m'empêche de m'en servir… soupirais-je en fixant le bracelet.

Personne ne répondit. Soit Im était une girouette soit c'était pour me faire chier. Oh! A moins que le fruit ne fut qu'une excuse pour m'empêcher d'utiliser mon Haki? C'était mauvais mais calculateur. Je devais me débarrasser de cette entrave si je voulais réussir ma mission. Sauf si… Si je laissais tomber… Un an… L'A.R. viendrait dans un an. Juste un an… Mais c'était long et en plus, Sasha n'était pas là. Je serais sûrement morte d'ici là! Ils étaient tous cinglés de me laisser comme ça. Ils m'abandonnaient. Dragon me laissait toute seule. Qu'ils aillent tous se faire foutre alors! Je les enmerdais!

- Pouah… Peu importe. Je m'en fiche. Cela ne m'est pas vraiment utile. Ça avait l'air cool sur le moment mais en fait, c'est compliqué. Tout ce que je veux c'est mener ma petite vie tranquille sans qu'on me fasse chier… Quand aurais-je mon précepteur?

J'avais regardé Kalifa à la fin. Tour ce que j'avais dit était pour elle. Je voulais écarter tout soupçon me reliant aux Révolutionnaires. Elle sembla surprise de ma question et mit un temps avant de me répondre.

- Je ne sais pas exactement mais je suppose que ce sera bientôt. Le Commandant a transmis votre demande au Conseil des cinq, il y a deux jours.

- Ah… Et qu'en est-il d'Aleksand'r? Quand viendra-t-il?

- Je l'ignore. Mais ne communiquez-vous pas avec lui par téléphone? Demanda-t-elle sur un ton évident.

- Mon portable est en mode avion à cause de Saint Dmitri. Je ne sais donc pas si j'ai des nouvelles. J'ai été un peu sur mon ordinateur mais je n'ose pas parler à ma famille. J'ai peur de me mettre à pleurer… C'est plus simple avec Aleksand'r. Avec lui, tout va mieux… J'ai envie de le voir… Je sais que s'il vient, c'est pour moi… Tout est de la faute de Saint Dmitri. S'il ne m'avait pas fait venir, Aleksand'r et moi, nous serions déjà emménagés ensemble, mariés. Il travaillerait pour la Marine et j'aurais commencé à bosser pour Les Fourreaux Rouges avec mon frère. On aurait fait notre vie tranquille mais il fallait que l'autre enfoiré vienne tout gâcher! Je le déteste! Je le déteste! Je le déteste! m'exclamais-je en fixant rageusement les flammes de l'âtre.

Personne ne parla pendant un bon moment. Il n'y avait que le crépitement du bois mordu par le feu qui soulageait le silence de sa lourdeur.

- Je dois désinfecter vos égratignures, Madame. Souffla la Doc ensuite.

Silence de ma part et je me laissais faire pendant les soins. Je me sentais comme prisonnière avec ce truc au poignet. Quelqu'un toqua à la porte de la salle à manger et Kalifa alla ouvrir. C'était un esclave qui informa que le souper était servi. Je n'avais pas très faim mais une fois les soins terminés, je me levais pour aller manger un bout. C'était encore un buffet comme l'autre fois. La volaille rôtie me faisait de l'œil et je la dévorais sans retenue. Le gigot d'agneau y passait aussi. J'avais boudé les carottes et les haricots verts car j'avais mangé toutes les tomates. Mon ventre était plein après avoir fini le tiramisu entièrement. Mon estomac me surprenait encore. Comment je pouvais ingurgiter autant de nourriture? Le fruit du démon artificiel devait en être le coupable. Était-ce le démon qui mangeait ou moi?

Après m'être lavée les mains et les dents, je fixais mon reflet dans le miroir de la douchette dans la salle de bain. Quelqu'un m'observait-il encore derrière? Mon Haki ne fonctionnait plus. Ça me frustrait. Je ne savais pas ce qu'il se passait. Pas que ça changeait quoique ce soit à avant mais je ne me sentais pas en confiance sur tout ce qu'il se passait autours de moi. Ma paranoïa grandissait. M'observait-on partout? Y avait-il des caméras et des micros dans chaque recoins de chaque pièce? Avais-je un mouchard sur moi? Sur mes vêtements, sous ma peau ou bien était-ce le bracelet? Qui me regardait? La Marine uniquement ou des nobles pour se divertir? Peut-être le Seigneur Im? Dans ce cas, était-je son divertissement de sa soirée avant le film de 21h?

Kalifa ne m'avait pas suivie ici. Elle était restée dans la salle à manger, sûrement en train de manger ce qu'il restait. Jusqu'où allait la surveillance? Si je me noyais dans la grande baignoire, viendraient-ils me sauver? Si je décidais de me jeter du haut du toit, m'en empêcheraient-ils? Si je cessais de me nourrir, me forceraient-ils à manger? Si je sortais dehors pour une promenade, m'arrêteraient-ils?

Il y avait un petit balconnet dans le petit salon qui donnait vue sur la forêt et les écuries. J'ouvris la grande double-porte fenêtre et m'accoudais à la balustrade en pierre taillée. Le ciel était voilé mais par endroit, je pouvais voir du bleu. La brise fit virevolter mes cheveux lâchés et je trouvais ça agréable. Du mouvement sur ma gauche attira mon attention. Un type était assis sur la balustrade du balcon voisin me faisant dos, un coude posé sur le genoux dont le pied était sur l'appui. Un papillon violet était posé sur son doigt. Je ne voyais pas trop à quoi il ressemblait car il portait la capuche de sa veste sur la tête. J'avais pensé à Dmitri mais il détestait les animaux alors le papillon n'aurait pas été là. Qui était-ce? Il tourna la tête vers moi et je déviais la mienne rapidement comme une gamine pour ne pas me faire surprendre en plein matage. Mes yeux fixaient sans regarder les écuries. Je sentais son regard sur moi. Je ne bougeais pas, toujours accoudée. Une nouvelle brise fit bouger mes cheveux et les pans de ma jupe en tulle. Le vent se rafraîchissait mais ça faisait du bien car l'air était lourd. Il allait y avoir encore sûrement de l'orage.

J'entendis du bruit sur ma gauche. Le type venait de descendre de la balustrade et ses pas sur la pierre me disaient qu'il se barrait. J'osais tourner la tête dans sa direction et le vis disparaitre dans le château, laissant les double-portes fenêtres ouvertes. L'avais-je dérangé? Pfff… Je m'en foutais. Je restais ici pour profiter de ma tranquillité. J'adorais ça. Personne qui faisait chier et pas d'enmerdes! Merci Seigneur! J'étais en paix.

Le ciel devint de plus en plus sombre montrant que la nuit tombait. Toutefois, je ne pouvais pas profiter du coucher du soleil car les nuages gâchaient tout.

- Princesse Anastasia Alexeïevna ROMANOVA. M'interpella-t-on.

C'était Kalifa. Je me tournais vers elle, soûlée d'être dérangée.

- Un paquet vient d'arriver pour vous.

- Un paquet? Demandais-je, confuse.

- Oui. De la part du Seigneur Im comme cadeau pour votre mariage avec Saint Aleksand'r.

Ça faisait vraiment bizarre d'entendre qu'on l'appelait comme ça, bien plus bizarre que mon titre de Princesse. Je rentrais à l'intérieur et Kalifa ferma derrière moi. Sur la table basse du petit salon était posée une boîte cadeau. Je dénouais le ruban blanc et soulevais le couvercle. Oh! Euh… C'était quoi, ça? Un téléphone? Il y avait une petite carte avec. Argh de l'anglais.

«My congratulations on your marriage.»

Ce qui voulait dire… J'en savais rien. My et Your, je connaissais mais le reste. Mystère! Je pris le téléphone et l'allumais. C'était un dernier cri qui devait coûter cinq fois plus cher que le mien. Tout était en anglais pour mon plus grand malheur. Je vis qu'il y avait un message en attente de lecture. Ça provenait de Unknown donc Inconnu. Le truc qui ne faisait pas flipper.

«My apologies for the inconvenience of Saint Dmitri ROMANOV. He won't bother you anymore. I sincerely hope you like your new life in my castle. I learned that you couldn't use your cell phone because of harassment so I'm offering you a new one that will allow you to communicate more easily without unhealthy interruptions. Looking forward to being able to communicate with you, King Im»

Euh… Ok~ C'était signé par le Seigneur Im alors ça devait être important vu le pavé. J'étais dans la merde. Je me tournais alors vers Kalifa qui me fixait droite comme un i. Elle aussi, elle pouvait faire flipper.

- Kalifa? Savez-vous bien parler anglais? Demandais-je timidement.

- Oui, couramment. Pourquoi?

- Le message est écrit en anglais et ça vient du Seigneur Im mais je ne comprends pas. Pouvez-vous m'aider, s'il-vous-plaît?

- Oui, bien sûr. Sourit-elle.

Je lui donnais le beau téléphone portable et elle lus le SMS premièrement dans sa tête avant de me le traduire.

«Mes excuses pour le désagrément de Saint Dmitri ROMANOV. Il ne vous importunera plus. J'espère sincèrement que votre nouvelle vie dans mon château vous plaît. J'ai appris que vous ne pouviez utiliser votre cellulaire en raison d'un harcèlement ainsi je vous en offre un nouveau qui vous permettra de communiquer plus facilement sans interruption malsaine. Au plaisir de pouvoir communiquer avec vous, Roi Im.»

Ah… La vache! Même pas un petit mot sur ma disparition de presque deux jours? Mais bon, il était quand-même sympa. M'offrir un portable car Dmitri me harcelait sur le mien, c'était cool de sa part. Toutefois, je n'étais pas con. Le téléphone devait être espionné alors je me promettais de l'utiliser rarement. Sa dernière phrase signifiait qu'il voulait me parler. Genre! Le Seigneur Im voulait me parler? À moi? Vraiment? Il devait bien se faire chier sur son trône alors.

- Souhaitez-vous lui envoyer une réponse? Questionna Kalifa.

Hein? Euh… Une réponse?

- Je… Euh… Je ne sais pas quoi lui dire à part merci. Murmurais-je timidement.

Il y eut un bip sonore et la blonde porta son attention sur le portable. Ses sourcils froncés montraient sa confusion puis elle me le rendit. Quoi? Un SMS? Ah oui. Encore de Unknown. C'était écrit en russe cette fois-ci. Pourquoi avoir changé de langue tout à coup?

«Mes excuses pour la langue anglaise. J'ai pour habitude de la parler couramment. Je discuterais avec vous dans votre langue maternelle dorénavant. Vous pouvez changer la langue du clavier sur l'icône ressemblant à un engrenage. Êtes-vous satisfaite de vos appartements? Roi Im.»

Euh… Merci! Qu'est-ce que je répondais? Oh bordel! Ça foutait une pression de ouf. Bon allez! Courage! Je devais écrire une réponse pour ne pas le froisser. Kalifa n'avait pas eu le temps de faire le message de remerciement alors je devais m'y coller.

«Bonjour. Oui, les appartements me plaisent. Je vous remercie pour tout ce que vous faites pour moi. Votre attention à mon égard me touche beaucoup. Pourquoi m'accorder autant d'importance?»

Arf… Pourquoi j'avais demandé? Je n'aurais pas dû.

«Quel hôte serais-je si je ne prenais pas soin de mes invités? Je suis heureux que vous trouvez votre aise dans mon château. Comment vous sentez-vous? Saint Feliks et Saint Stanislas ont compris la leçon. Ils n'auraient pas dû vous laisser seule dans cette forêt. Cela n'arrivera plus. Soyez sans crainte!»

J'en connais deux qui avaient dû se faire défoncer. Bien fait pour leur gueule! J'allais dans la chambre pour m'allonger sur le lit sur le ventre et écrivis ma réponse. Kalifa ne m'avait pas suivie.

«Vous êtes bienveillant avec moi. Merci! Ils m'avaient lâchée alors que finalement il y avait une solution pour que je reprenne ma forme humaine. Je les boude! Être dans cette forêt était effrayant, encore plus qu'ici. Je sais que c'est grâce à vous que ma santé se porte mieux mais pourquoi m'avoir offert ce fruit? Et puis avec ce bracelet, je ne peux même pas l'utiliser, même si c'est un peu arrangeant.»

Merde! Trop tard, j'avais déjà envoyé. Je n'aurais pas dû lui envoyer ça. Il allait penser que je l'engueulais. Ah la honte! Je voulais mourir.

«Êtes-vous effrayée d'être ici? J'ai eu connaissance des inconvénients du fruit du démon artificiel. Ce n'est que pour votre bien que vous disposez maintenant du bracelet. Si je vous ai offert ce fruit, c'était car je voulais que vous vous portiez mieux. Le loup vous plaît-il? Auriez-vous souhaité autre chose? Le chat peut-être?»

Il existait d'autres animaux? Genre!? Et il parlait de ça comme si c'était normal. Encore une conversation de riche à mon avis. Ce n'était pas un hasard qu'il mentionne le chat. Il savait des choses sur moi.

«J'adore les chats. Ce sont mes animaux préférés. Mais simplement aller mieux m'aurait suffit. Je suis de nature à stresser constamment et avec ce qu'il se passe avec les Rebelles, ça n'arrange rien, alors je ne me sens pas à l'aise ici. Je venais à peine de rentrer chez moi, l'endroit où je me sentais le plus en sécurité, lorsque Saint Dmitri a tout chamboulé en me faisant venir ici. J'essaie de m'adapter à cet endroit mais ce n'est pas facile. Je dois sûrement vous soûler, dans ce cas je suis désolée.»

Je me mordillais la peau des lèvres. Qu'est-ce qui m'avait prit de dire ça? Au Seigneur Im en plus! Quelle conne! Il allait croire que ça me faisait chier d'être là.

«Vous ne me dérangez pas. Au contraire, vous rendez ma soirée moins longue. En tout cas, je suis navré. Saint Dmitri m'avait fait une demande pour vous faire venir sur la Terre Sainte alors le fautif du chamboulement de votre paix était moi. Son argumentation était que vous vous étiez éprise de lui et que c'était réciproque. Je n'avais pas connaissance de ses réelles intentions à votre égard et à celui de votre époux, à l'époque.»

Oh l'enculé! Je me doutais bien qu'il avait dû raconter un mytho pour que je vienne. L'enfoiré de merde!

«Je ne suis pas amoureuse de lui surtout que je l'ai rencontré pendant la nuit de dimanche à lundi, tout comme Saint Feliks et leur grand-père. Paix à son âme! Quelles sont ses réelles intentions envers Aleksand'r et moi?»

J'avais une idée de ce que Dmitri voulait mais ce n'était que des suppositions.

«Je l'ignorais. Saint Dmitri m'avait dit que vous vous parliez depuis quelques mois sur internet. Comment était son grand-père à ce moment-là? Était-il souffrant?»

Il n'avait pas répondu à ma question. Bref… Je n'allais pas le harceler. C'était du passé maintenant. Dmitri ne fera plus de mal. Enfin, pas vrai?

«Oh non alors. Il avait l'air en forme pour quelqu'un dont le sommeil avait été dérangé par les rires de mon frère. Saint Feliks et Saint Stanislas m'ont dit que Saint Dmitri l'avait tué. Est-ce vrai?»

Ah mais quelle conne! Je me frappais le front du plat de la main.

«J'ignore si cela est vrai mais ne vous en occupez pas. Restez loin de tout ça! Votre cadeau de bienvenue vous plaît-il?»

Ouah le changement de sujet! Je n'insistais pas et répondis.

«Oui beaucoup. Cela m'a rappelée des souvenirs d'enfance avec ma mère. Merci beaucoup.»

«Avez-vous communiqué avec votre famille depuis votre arrivée?»

Pourquoi cette question?

«Non. Je n'ose pas car je sais que je ne ferais que pleurer. Elle me manque beaucoup. Je n'ai parlé uniquement qu'à Aleksand'r. D'ailleurs, j'aimerais savoir quand il pourra venir?»

Je venais vraiment de lui demander? Oh la vache!

«Je n'ai pas encore donné mon autorisation. J'aimerais connaître la raison qui l'a poussé à faire valoir ses droits divins et savoir comment il en a eu connaissance.»

Quoi? C'était pour ça que Sasha n'était pas encore là?

«Ah! Je peux peut-être un peu aider mais c'est long à raconter.»

J'avais envie de voir Sasha alors j'allais faire de mon mieux pour le faire venir.

«Je vois. Je serais enchanté de vous écouter.Parlons de ça demain après-midi pendant le thé! Mes appartements avoisinent les vôtres. Retrouvons-nous à 15h30 dans mon grand salon! Bonne nuit Princesse Anastasia. Vos messages enchanteront ma nuit.»

Hein? De quoi? J'allais prendre le thé avec le Seigneur Im? Sérieusement? Moi? Mais minute! Ses appartements étaient à côté des miens? Genre on était voisin? Donc le type sur le balcon, c'était lui?! Oh bordel de merde! Mama! Et puis ça voulait dire quoi la fin? Était-il très content de me parler? Se faisait-il si chier que ça? En fait, être Roi était naze si on foutait rien de ses journées. Enfin, sauf si on était fan de la procrastination. Là, à la rigueur… Pour éviter de montrer mon stress, je jouais sur l'humour en espérant qu'il le prenne bien.

«S'il y a des petits gâteaux au citron alors je veux bien venir. Vu que nous sommes voisins, je ferais de mon mieux pour ne pas faire trop de bruit. Ce serait regrettable d'avoir des plaintes pour tapage nocturne alors que je suis là depuis peu. Merci de votre attention à mon égard. Vous parlez m'a plût. Je vous souhaite une bonne nuit.»

Pas de réponse. L'avait-il mal prit? Arf…

Vu l'heure, je décidais de me coucher. Il était tôt mais j'avais envie d'un bon lit moelleux et chaud. Dans la salle de bain, je me mis en pyjama et je tournoyais comme une gamine en face du miroir, me trouvant jolie dedans. Le Seigneur Im avait vraiment bon goût. Je me démaquillais et me démêlais la tignasse avant de faire pipi puis de me fourrer dans les draps. Ah~ ça faisait du bien!

J'embrassais l'icône de Jésus-Christ en priant qu'il me protège cette nuit et demain, surtout demain. C'était à ce moment-là que je reçus un SMS du Roi. Il avait prit le temps.

«Vous êtes amusante. Il y aura des petits gâteaux au citron pour vous. J'aime le silence et la tranquillité alors ce serait vraiment regrettable que vous fassiez trop de bruit en effet. J'apprécie vous parlez. Vous m'avez l'air d'une grande douceur et sans artifice. Cela manque à la Cour. A demain Princesse Anastasia.»

Oh! Je souris à son compliment. Au moins, il ne l'avait pas mal prit et il avait donc de l'humour. Ça pouvait être utile.

«J'essaierai de ne pas ronfler trop fort dans ce cas. Toutefois, j'ai mangé un peu de haricots au souper alors pour les flatulences, je suis sincèrement désolée d'avance car je ne pourrais rien y faire.»

Je me pinçais les lèvres pour me retenir de rire. C'était facile de parler par message puisque je ne voyais pas la personne. Ma timidité s'envolait aisément. Cependant après m'être relue, j'avais honte d'avoir mentionné des prouts à un roi. Je me cachais sous la couette en voulant mourir. Quelle débile! Shame! Soudain, j'entendis un rire étouffé derrière le mur du lit. C'était celui d'un homme. Je retirais la couette de mon corps et collais mon oreille contre la pierre froide. Je n'entendais rien. Il avait dû rire bien fort alors. Ah sa réponse!

«Que vous êtes amusante! Cela fait du bien de rire. Je vous pardonne dans ce cas mais je vous conseillerais de peut-être insérer un bouchon de liège pour y remédier.»

Cette fois-ci, ce fut mon tour de rire. Mon côté nymphomane songeait à m'insérer autre chose mais son humour me plaisait.

«Oh non! Ce serait une catastrophe. Imaginez les dégâts si le bouchon était propulsé par un gaz! Il rebondirait partout et casserait tout sur son passage.»

Je riais toute seule et peu de temps après, je fus accompagnée dans mon hilarité. Je collais de nouveau mon oreille contre le mur et l'écoutais. Ce n'était pas le rire d'un vieil homme. Il était jeune mais pas de mon âge au timbre de sa voix. Peut-être 30 ou 40 ans. A quoi pouvait-il ressembler? J'avais hâte d'être à demain juste pour ça malgré que j'étais en stresse.

«Ce serait très hilarant mais ce serait dommage car il y a beaucoup d'objet de valeur. Si vous en cassez un ou même l'abîmez, vous devrez le rembourser.»

Comment il venait de tout niquer, là?!

«Oh non~ je n'ai pas les moyens.»

«Cela m'est égal.»

Il était direct et ça m'était un froid dans la conversation.

«Dans ce cas, je ne toucherais plus à rien.»

Ca y était. J'avais perdu ma jovialité. Fatiguée et soûlée, je me recouchais avec le nouveau téléphone sous l'un des oreillers. Ah merde! La lumière… Je me levais en grommelant dans ma barbe inexistante, l'éteignis et me recouchais. Il n'y avait pas de volet et uniquement des rideaux épais déjà tirés mais qui laissaient apparaître au centre la lumière de la lune qui daignait pointer le bout de son nez. C'était le grand silence. Je me demandais même si Kalifa était encore là. J'allumais le mode lampe torche avec le nouveau portable pour éclairer l'icône de Jésus-Christ. Tiens? Je venais à l'instant de me rendre compte que mon ordinateur avait été rangé sur un pupitre en bois. Quelqu'un avait fouillé dans mes affaires. Kalifa? Jabura? Les autres de la Marine? Les jumeaux? Dmitri? Ou bien le Seigneur Im? Je devais faire attention. En parlant de ce dernier, je reçus un message de sa part.

«Le plus catastrophique serait qu'il y ait une explosion. Je tiens à vous rappeler qu'il y a une cheminée dans votre chambre.»

Cela me fit sourire puis glousser. Tout compte fait, il trouvait ça normal de me parler comme il l'avait fait. Il en avait le droit d'un côté, car il était le souverain des Dragons Célestes.

« Oh mon Dieu! S'il-vous-plaît, si cela se produit, ne racontez pas les circonstances de ma mort à mes parents! Ce serait trop la honte. Et je ne souhaite pas que sur mon épitaphe, il y ait d'écrit: décédée dans une explosion à cause d'une de ses flatulences. Quoique, je serais rentrée dans l'Histoire et les gens du futur utiliseraient mon prénom pour en faire une expression.»

Son rire résonna dans mes oreilles. Il riait à gorge déployée ce qui me contamina. Je riais également puis fus prise d'un fou rire en voyant sa réponse.

« C'est tellement hilarant. Les personnes diront assurément: Sacrebleu! J'ai failli faire une Anastasia mais heureusement que la cheminée n'était pas allumée.»

«Vous êtes drôle, vous aussi. Ça me fait du bien de rire comme ça. Merci beaucoup.»

«Votre humour me plaît. J'aimerais rire encore avec vous mais encore plus vous voir. Rejoignez-moi dans mes appartements! J'aimerais vous connaître.»

Me connaître? Non! Hors de question! Je ne me ferais pas avoir encore une fois.

«Non! Saint Dmitri m'avait dit également qu'il voulait me connaître et il m'a violée alors je ne viendrais pas.»

L'écrire était comme un coup de couteau dans le ventre. Ça faisait mal.

«Je ne parlais pas charnellement. Je ne vous ferais pas de mal. J'ai été mis au courant pour ce qu'il vous est arrivée avec Saint Dmitri ROMANOV. Cela n'arrivera plus. Soyez sans crainte! Pourquoi ne pas avoir déposé plainte et réclamé justice?»

Euh…

«Je ne savais pas que c'était possible ici. Comment puis-je faire?»

«Vous êtes une Princesse. Tout est possible pour vous ici. Venez me voir! Je vous aiderais.»

«Vraiment? Feriez-vous vraiment ça pour moi?»

J'étais sceptique. Pourquoi s'intéressait-il autant à quelqu'un comme moi? J'étais sûre que ça avait un rapport avec l'A.R. Il devait déjà me soupçonner.

«Vous êtes une de mes sujettes. C'est un de mes devoirs en tant que souverain de prendre soin de vous tous. Venez! Je vous attends. Je vous fais quérir un esclave.»

Il était tenace, putain!

«Je ne suis pas vêtue correctement pour vous rendre visite. Je veux bien venir mais je dois me changer avant.»

«Pas besoin. L'habillement importe peu actuellement. Je suis également en tenue de nuit. Venez comme vous êtes!»

En fait je n'avais pas vraiment le choix. Je soupirais et sortis du lit. J'enfilais ma robe de chambre en satin bleu ciel et nouais la ceinture par-dessus ma robe de nuit de la même couleur puis sortis de la chambre après avoir éteint la lumière du téléphone. Je passais par la salle de bain pour voir si j'étais présentable. Un peu de déodorant et un peu de parfum, et j'attendis l'esclave dans le petit salon en pantoufles. Kalifa n'était pas là tout comme aucun membre de la Marine. Je trouvais ça bizarre puisque je devais avoir un garde du corps normalement. On toqua à la porte et j'ouvris. L'esclave était un homme très grand. Il s'inclina devant moi et silencieusement, me demanda de le suivre ce que je fis, le cœur affolé dans ma poitrine. C'était facile de parler par message mais en face, c'était autre chose. J'avais peur. Je ne savais pas comment me comporter devant lui. Devais-je me prosterner à genoux ou bien faire la révérence? Je l'ignorais. Dans le couloir, l'homme entravé ouvrit une porte un peu plus loin. En entrant, nous débouchâmes dans une grand salon au moins le double du mien. Le Seigneur Im n'était pas ici. Toutefois, nous allâmes ailleurs et je compris que c'était un bureau lorsque nous rentrâmes après avoir toqué. Quelqu'un était devant la grande et large fenêtre vêtu d'une longue cape à capuche. Ça devait être lui. Il observait la lune éclairant les nuages qui la bordaient. C'était encore plus beau que dans mes appartements. L'esclave partit en fermant la porte derrière lui. Lorsque Im se retourna je courbais l'échine automatiquement. J'entendis ses pas venir vers moi. Putain! J'avais la flippe.

- On vous avait décrite petite et d'une grande beauté. Je dois dire que pour l'instant tout est vrai. Redressez-vous que je vois votre visage! Dit-il d'une voix calme.

Oh! Il me trouvait belle. Genre? Le Seigneur Im me trouvait belle? Vraiment? Je me mis droite mais gardais les yeux baissés. Je n'osais pas le regarder. La dernière fois, son regard m'avait fait peur. Ses doigts glacés sur ma joue me firent frissonner. Ils se logèrent sous mon menton et le pouce caressa ma lèvre inférieure.

- Votre visage est fascinant. Je vous avais vue sur le balcon après le souper. De près vous êtes encore mieux. Je comprends mieux la jalousie de Saint Dmitri ROMANOV. Venez! Nous allons rédiger votre plainte.

Sa voix posée ne me rassurait pas. Il retira ses doigts et je le suivis à son bureau. Il m'invita à m'asseoir sur un des fauteuils pendant qu'il s'installait sur le sien bien plus grand. Comment cela allait-il se passer? J'avais peur. Mes yeux fixaient mes mains serrant ma robe de chambre au niveau des genoux. Que savait-il exactement sur moi? Qu'avaient dit les jumeaux? Le Seigneur Im allait-il fouiller mon esprit avec son Haki? Dieu, protégez-moi!

- Vous étiez plus loquace par message. Dit-il.

J'avais entendu son sourire amusé.

- C'est plus facile par écrit. Souris-je timidement sans lever les yeux.

- Je vous comprends. Il me faut votre version des faits de la nuit entre lundi et mardi. Vous pouvez la mettre par écrit.

J'entendis le bruit d'une feuille et d'un stylo que l'ont posa en face de moi sur le bureau.

- Une fois que vous aurez terminé, nous parlerons de tout ce qu'il s'est passé un peu avant votre arrivée ici et de votre époux. Je sais que ce sera long mais nous avons toute la nuit devant nous. Demain, vous pourrez vous reposer à votre guise.

Je hochais de la tête. Alors notre Tea Party était annulée? Il se leva et du coin de l'œil, je le vis se replacer devant la grande fenêtre pour observer le paysage. Je pris donc le stylo et écrivis ce souvenir qui était enfoui dans ma mémoire grâce aux jumeaux. Je notais tout ce dont je me rappelais ainsi que ma nuit dans la chapelle orthodoxe et ma rencontre avec l'évêque. J'avais bien précisé également que Dmitri me mettait fautif de ce qu'il s'était passé. Cela avait fait un putain de recto-verso. Je n'aurais jamais cru ça possible et ça avait été long. D'ailleurs, m'en souvenir m'avait donnée les larmes aux yeux. Je m'étais appliquée malgré tout et avais prit des mots formels pour faire propre. Mama aurait été contente de mon écriture. Je posais le stylo et m'installais correctement dans le fauteuil. Le Seigneur Im se tourna vers moi alors qu'une larme finit par couler sur ma joue. Je l'essuyais rapidement pendant qu'il s'installait en face de moi. Il prit la feuille, la lu attentivement puis je sentis son regard sur moi.

- Le fruit du démon artificiel a effacé toutes vos blessures… Je ferais entendre le témoignage de l'évêque orthodoxe demain… Maintenant, racontez-moi ce qu'il s'est passé la nuit de dimanche à lundi! Dit-il posé.

J'avalais ma salive et hochais de la tête.

- Oui mais ce serait mieux si je vous raconte tout ce que je sais à propos d'Aleksand'r pour commencer. Murmurais-je doucement sans le regarder.

- Bien. Je vous écoute.

Je me pinçais les lèvres et débutais mon récit.

- Au départ nous nous sommes connus en étant cousins. Mon père a un grand frère, Nikolaï et il était marié à ma Tante Irina. Ils ont eu un fils Aleksand'r. Trois ans après, j'étais née et un an ensuite, ce fut mon frère. Nous vivions en Russie mais Papa a été muté au Japon à East Blue pour son travail à la Marine. J'avais 4 ans et mon frère seulement un an. Tante Irina et Aleksand'r venaient nous voir en vacances au pays mais pas Oncle Nikolaï car il avait beaucoup de travail. Il est avocat. Donc ils venaient tous les deux plusieurs fois par an. Mon frère était tout le temps avec Aleksand'r et ils se liguaient ensemble pour me mener la vie dure. J'en avais bavé. Ça passait du cracha dans ma soupe, au sèche-cheveux rempli de farine à mes cheveux coupés. Depuis je les garde courts par peur qu'il recommence. Il m'a fait d'autres chose et ça avait duré jusqu'à l'âge de mes 14 ans un peu près. Je tentais de l'éviter du mieux que je pouvais en passant mes journée soit dans la salle de bain, soit dans ma chambre ou même aux toilettes. Bref, quand Aleksand'r avait 12 ans, il venait seul car Tante Irina avait quitté Oncle Nikolaï. A l'époque, j'étais trop jeune pour m'en soucier. Cependant, lorsqu'Aleksand'r venait en vacances, il était encore plus méchant. Puis il n'est plus du tout venu. Cela m'avait bien arrangée. Je faisais ma petite vie tranquille. Il me semble que c'était fin janvier que ma mère m'avait dit qu'Aleksand'r venait en Mars pendant les vacances sauf qu'à l'époque, j'avais un petit ami très jaloux, tellement jaloux qu'il a fini par être violent. C'était le 11 Février. Nous étions invités avec mon frère, sa petite amie et lui chez un de ses amis l'après-midi. Il m'a fait une crise et m'a poussée dans les escaliers. Je me suis réveillée de ma sédation le 25 Mars. J'ai manqué mon anniversaire de cinq jours, tout comme celui de mon frère. Aleksand'r était arrivé au Japon la veille. Il restait au pays qu'uniquement une semaine. Il venait me voir tous les jours et restait même la nuit. Cela nous a énormément rapprochés. Nous parlions énormément. J'ai su donc qu'il était parti de chez Oncle Nikolaï pour faire ses études culinaires à Moscou l'année de ses 18 ans. Il ne s'entendait pas avec lui depuis toujours. Oncle Nikolaï appliquait une discipline très physique, on va dire. Son rêve est d'ouvrir des restaurants dans le monde entier. Il a eu ses diplômes même si ça avait été très difficile financièrement pour lui. Il m'avait avouée qu'il avait vécu à la rue pendant un moment à cause de ça… Il a tenté de retrouver sa mère mais sans succès jusqu'à ce qu'on voit l'article dans le journal. Aleksand'r savait depuis longtemps qu'Oncle Nikolaï n'était pas son père biologique mais pas moi. Par contre, il ne s'attendait pas à ce que ce soit un Dragon Céleste. Il en veut à sa mère de l'avoir laissé. Oncle Nikolaï et lui ont discuté quand il était rentré en Russie. Il m'a dit que ça avait été difficile mais finalement ils se sont réconciliés. Oncle Nikolaï avait accroché des pages de journal où Aleksand'r y était avec ses diplômes sur son frigo, tout comme ses dessins lorsqu'il était enfant ainsi que ses vêtements de bébé, même sa chambre n'avait pas bougé. En fait, Oncle Nikolaï ne peut pas avoir d'enfant alors je comprends mieux son divorce avec Tante Irina même si je pense qu'il doit y avoir d'autres choses qui ne me regardent pas. Mais en fin de compte, ils n'ont pas vraiment divorcé, hein?! Leur mariage avait juste été annulé. J'avais revu Oncle Nikolaï en conversation vidéo dimanche dernier avec Aleksand'r. Ça m'a rendue triste. Je voyais bien sur son visage qu'il avait beaucoup souffert. Ça l'a énormément marqué. Du coup, Aleksand'r voulait rester au Japon pour moi. Je suis tombée amoureuse de lui alors que lui, il était amoureux de moi depuis que nous étions enfant. Il me l'a avoué. Malheureusement, il y a eu un accident contraceptif et je suis tombée enceinte sauf qu'à cause de mon scanner osseux, je l'ai perdu. Aleksand'r m'avait demandée en mariage au départ pour ça mais après la fausse couche, la demande s'est maintenue. Ce n'était qu'à l'orale. Mon père l'avait donc engagé comme assistant à la Marine pour qu'il reste au Japon. Il manquait juste son Visa travail mais on avait fait lundi matin un contrat par double procuration dans un premier temps en attendant le mariage orthodoxe. Je suis tellement contente d'être mariée avec lui mais… Saint Dmitri a tout gâché. Avant ma sédation, j'allais signer un contrat chez Les Fourreaux Rouges avec mon frère. Je n'ai même pas pu terminer mon année scolaire. Je pensais retrouver ma tranquillité après les péripéties avec mon ancien petit ami mais Saint Dmitri a vraiment tout gâché. J'aurais pu mener une vie paisible avec Aleksand'r. Il aurait eu son travail à la Marine avant de pouvoir réaliser son rêve d'avoir au moins un restaurant. On aurait habité ensemble, mariés et peut-être avec des enfants plus tard. Si Aleksand'r a réclamé ses droits et s'il souhaite venir ici, c'est pour être avec moi. Je le sais car il m'a dit lundi soir avant que Saint Dmitri ne me fasse du mal, qu'il renonçait à son rêve pour moi. Ça me rend triste. Je me dis que c'est de ma faute. Il sera malheureux à mon avis. Il adore cuisiner mais je suppose qu'ici il ne pourra pas ouvrir de restaurant. En ce qui concerne la nuit de dimanche à lundi, c'était à cause de mon frère bien que j'étais d'accord. On avait décidé de faire le mur car il avait besoin de se changer les idées. Ils s'était disputé avec sa petite amie et il avait rompu avec elle. On avait prit la décision de sortir vers 2h du matin une fois sûr que les parents étaient bien endormis. On avait même failli se faire prendre à cause de mon chat qui dormait sur une des marches de l'escalier. Mon frère me portait sur son dos et il avait manqué de tomber. Nous étions passé par le centre-ville pour aller au Parc. Nous voulions nous prendre quelque chose à manger dans un Konbini mais il y avait déjà quelqu'un et il nous semblait bizarre donc nous n'avions pas bataillé. On a filé direct au Parc sauf que la personne qui était dans le Konbini est arrivée également. Au départ, le gars était sur un autre banc et il a fini par venir nous rejoindre sans nous demander notre avis. Ça faisait un peu flippé. Il a discuté avec nous. Je trouvais qu'il se plaignait beaucoup en pleurant. Il ne cachait pas vraiment qu'il était un Dragon Céleste et que son père et sa belle-mère étaient enfermés à Impel Down. C'est là qu'on a su que Aleksand'r avait un demi-frère en faisant le lien. Mon frère et moi avions parlé de lui-même s'il connaissait déjà son existence. Finalement, nous n'aurions pas dû. Il posait beaucoup de questions sur lui mais sur le moment, on ne trouvait pas ça bizarre alors on lui racontait beaucoup de chose. À un moment, il a dit qu'il voulait tout quitter à la Terre Sainte et vivre dans le Bas-Monde pour être avec Aleksand'r. Il nous semblait sympathique et on s'était dit qu'Aleksand'r pourrait être content alors mon frère a eu l'idée d'appeler le frère de mon ancien petit ami qui fait des études de Droit pour l'aider. Il s'était dit que vu qu'il s'y connaissait en loi, il pouvait lui donner quelques coups de pouces niveau législation et tout le toin-toin administratif. En fin de compte, ce n'était pas une bonne idée car il avait appelé notre père. On s'est bien fait grondé et il nous a privés de sortie pendant un moi. Quand ça s'est passé, nous étions dans le Konbini du quartier riche, car un peu avant, nous avions eu la visite de Saint Feliks et de son grand-père car mon frère riait trop fort. Ça dérangeait leur sommeil. Ils ont discuté avec Saint Dmitri. Saint Feliks a demandé d'avoir mon frère et moi comme esclaves mais son grand-père a refusé, puis ils sont tous les trois partis jusqu'à ce Saint Dmitri vienne nous rejoindre au Parc avec une esclave, des bagages et une blessure à la lèvre en disant qu'il avait tout laissé tomber. On a été dans le Konbini et vous savez la suite… Le lundi après-midi, je jouais sur OPO lorsque Saint Dmitri m'a téléphonée. Une première fois dont je n'ai pas répondu car j'étais en fin de partie et une seconde fois direct en suivant. C'est là qu'il m'a dit que son grand-père est décédé et qu'il allait prendre la succession sauf qu'il voulait que je vienne avec lui. J'avais beau lui dire que je ne voulais pas car je n'avais pas une bonne santé, il en avait rien à faire. Il souhaitait même venir chez moi pour me chercher mais j'étais seule à la maison car ma mère accompagnait mon frère chez Les Fourreaux Rouges pour récupérer son Book, alors je lui disais que je ne pouvais pas ouvrir la porte. Il trouvait toujours quelque chose pour avoir raison. Du genre, lui ouvrir la porte ou lui lancer les clés de la maison par la fenêtre ou même carrément passer par la fenêtre. C'était hyper flippant. J'avais beau lui dire que c'était impossible et que j'étais toute seule, il semblait l'oublier à chaque fois qu'il me parlait. Finalement, il m'intimait de venir quand même et de ne pas lui désobéir sinon j'aurais des problèmes. Il m'avait dit de ne prendre aucun bagage et aucun animal de compagnie. J'avais bien fait de ne pas amener mon chat car Saint Feliks et Saint Stanislas m'ont dit qu'il lui aurait fait beaucoup de mal. La suite vous la connaissez.

J'avais terminé et me pinçais les lèvres en baissant la tête après m'être raclée la gorge. Le Seigneur Im m'avait écoutée attentivement en silence. Son regard m'avait scannée à chacune de mes paroles. Je n'osais pas le regarder et l'entendis se lever puis marcher un peu plus loin. Du coin de l'œil, je le vis encore devant la fenêtre.

- Venez! Ordonna-t-il calmement.

Je me levais et le rejoignis. Sa taille et la finesse de son corps me faisaient penser à un fil de fer. La lune était toujours présente et presque ronde. C'était magnifique.

- J'ai bien entendu que vous appréciez beaucoup parler de votre époux mais je suis convaincu que vous ne m'avez pas tout dit.

Je fronçais des sourcils ne comprenant pas.

- A propos de quoi? J'ai parlé de moi, d'Aleksand'r, de ce qu'il s'était passé la nuit de dimanche à lundi. Je vous ai tout dit. Demandais-je confuse.

- Oui mais vous n'avez pas mentionné votre discussion abracadabrante avec la patrouille de la Marine. Pourquoi croire qu'il y ait des pirates au sein du Gouvernement Mondial? Questionna Il avec intérêt.

Oh! Alors il savait ça aussi?

- Parce que j'en suis sûre! J'ai entendu dire que le réseau de sécurité de Red Line était aux mains des Rebelles alors il doit y avoir assurément des pirates dans la Marine ou alors les Rebelles travaillent avec eux et il y a des traîtres dans la Marine. C'est effrayant. Je ne comprends pas pourquoi ils font ça, à part pour enmerder le monde. Oups! Désolée du mot. Grimaçais-je à la fin.

- Votre vocabulaire m'importe peu. Vous êtes excusée. Évitez simplement de colporter ce genre de propos. Votre peur peut-être contagieuse. Le peuple doit rester serein et confiant face à ce qu'il se passe. La Marine n'est pas corrompue et fait très bien son travail. Soyez sans crainte! De plus, vous êtes en sécurité ici. Il ne vous arrivera rien. Les frères ROMANOV m'ont dit que vous avez peur que les Rebelles viennent sur la Terre Sainte. Cela n'arrivera jamais. Nous sommes très bien protégés. Ayez confiance en la Marine! Votre père n'est-il pas Colonel? Voulut-il me rassurer.

- Oui et je m'inquiète pour lui. Lorsqu'il y avait eu les coupures de courant et que les Rebelles ont prit possession du réseau de sécurité de Red Line, je ne dormais pas la nuit jusqu'à ce qu'il rentre du travail. Souvent il restait à Marine Ford pendant deux jours et même la nuit. Ma mère devait lui apporter ses vêtements de rechange et son repas. A cause de mon stress, j'avais perdu du poids et j'avais une tête à faire peur d'après mes camarades de classe. Expliquais-je.

- Dans votre dossier médical, il est écrit que vous avez fait une crise d'angoisse. Vous semblez être de nature fragile. Je vous le répète. Ici, vous n'êtes pas en danger.

- Vraiment? Saint Dmitri m'avait dit la même chose alors je suis sceptique même si ça vient de vous. Répliquais-je timidement.

- Je suis navré de ce qu'il vous est arrivée. Il vous faudra assurément du temps pour prendre confiance et vous en remettre. J'aimerais vous aider mais c'est un travail qui doit être fait par vous seule. Souhaitez-vous une aide médicale en psychologie?

- Non! Je ne suis pas folle. M'offusquais-je.

Je venais vraiment de gueuler après un roi? Oh merde! Il allait me jeter dans les douves. J'inspirais un grand coup et courbais l'échine en récitant plusieurs pardons rapidement.

- Assez! Dit-il avec amusement.

Je le redressais, le visage cramoisi. J'avais honte.

- Je n'insinue pas que vous êtes aliénée mais simplement que votre âme a besoin d'être en paix. Ricana le Seigneur Im.

- Ah!... Pour ça, il y a Dieu. Souris-je grandement.

- Vous êtes très croyante. Il y a une chapelle orthodoxe à chaque étage. Elle se trouve au bout de l'aile à la gauche de vos appartements. Vous pouvez y aller autant que vous voulez. L'évêque s'y trouvera sur votre demande.

- Merci infiniment! Me courbais-je.

Je me redressais et le regardais se tourner de nouveau vers la fenêtre. Nous étions silencieux et je n'osais pas le déranger. Le Seigneur Im était mystérieux. Physiquement, il était calme et silencieux, et par message, il était amusant et loquace. C'était déroutant. Je ne voyais pas son visage car ça capuche était trop large. Il se la jouait Seigneur Sith. Dark Im! Sa tête bougea pour me regarder. Je détournais rapidement la mienne, le visage cramoisi de m'être faite surprendre.

- Les frères ROMANOV m'ont donné une information très amusante à votre propos. Souhaitez-vous savoir laquelle?

Je le regardais confuse. Un truc marrant sur moi? Je fis mine de réfléchir avant de faire la moue.

- Oui car je ne vois pas ce que ça pourrait être. Répondis-je naturellement.

Sans le voir, j'entendis son sourire et il se pencha vers mon oreille.

- J'ai appris pour votre trouble psychique.

Et ça y était!... Encore un qui voulait en profiter pour me baiser. Les hommes étaient vraiment tous les mêmes. Je soupirais du nez et en fixant la lune, je répondis.

- Je sais et je ne trouve pas cela amusant.

- Je suppose d'un côté, mais j'aimerais vous comprendre.

Et me baiser surtout…

- Comprendre quoi? Que je pense tout le temps à ça, que cela en est insupportable, que c'est même douloureux psychologiquement, que je ne peux plus être contrôlable quand le manque est trop intense, que je regrette certaines fois, et que même une fois satisfaite, le manque revient peu de temps après? Je ne crois pas que vous puissiez comprendre. Le seul qui le peut c'est Aleksand'r. Tout ce qui vous intéresse, c'est le fantasme que vous vous imaginez et savoir si vous pouvez en profiter.

Il se mit à rire doucement.

- Vous avez vu juste. Je suis souverain mais également un homme. Me permettez-vous d'en profiter?

Ça y était! Il l'avait demandé. Sans gêne en plus mais bon c'était le grand roi. Je tournais la tête surprise qu'il ait osé.

- Je choisis mes partenaires mais surtout j'ai fait une promesse. Celle qu'une foi mariée, je resterais fidèle à Aleksand'r. Je l'ai juré devant Dieu. Toutefois, je sais que j'y ai déjà manquée il y a quelques nuits même si je ne m'en souviens pas et, ça me rend triste et je me coupable. Lui dis-je.

- Je vois. Je suis déçu. En devenant ma Favorite, vous auriez eu une très bonne place à la cour avec de grands privilèges. Toutefois, Saint Aleksand'r ne se trouve pas ici alors rien ne vous empêche d'en profiter également.

- Je m'y tiens! Je lui resterais fidèle.

Être la pute du Roi? Ah non! V'là la réputation de salope qui le collerait au cul toute ma vie!

- Vous me devez fidélité aussi. Ricana-t-il.

- Cela n'a rien à voir. Je vous suis fidèle et je dois vous rester obéissante mais je ne romprais jamais une promesse. Fis-je déterminée.

Im soupira.

- Très bien. Je vous laisse quand-même y réfléchir. Je vous congédie et nous nous retrouverons demain pour le thé de 15h30 dans mon salon. Passez une très bonne nuit, Princesse Anastasia!

- Merci, Seigneur Im. Je vous souhaite une bonne nuit également. Parler de vive voix avec vous m'a beaucoup plût. Souris-je en courbant l'échine.

- Apprenez à faire la révérence convenablement avant notre prochaine rencontre! Vous pouvez y aller.

Arf ! Sur ses mots piquant le vif, je souris en hochant la tête puis quittais le bureau, le cœur serré. Seule, je rejoignais mes appartements, rentrais dans mon lit et éclatais en sanglots. La pression retombait. Mentir avait été éprouvant. J'espérais qu'il me croirait et surtout que je n'aurais pas de représailles. Les mains devant ma bouche, je chialais sans faire de bruit. Dieu, pardonnez-moi!

Je pris mon propre téléphone en le débranchant du câble, retirais le mode avion et constatais en reniflant sans grâce que je n'avais pas d'appel manqué de Dmitri. Il avait dû se faire une raison ou bien le Seigneur Im lui avait mit les points sur les i. Je n'avais pas de nouvelle de ma famille et ni de Sasha non plus. Alors, en essuyant mes yeux humides, j'envoyais un message à mon époux sur VK en remarquant que son ancien compte avait été supprimé.

«Mon Sasha adoré, je suis si contente d'être enfin mariée avec toi. Tu me manques énormément. Je ne sais pas quand tu viendras mais je t'attends. Il m'est arrivée tellement de chose que ce serait trop long à écrire. Je suis en sécurité, enfin je crois, et je me porte très bien. Je vais bien mieux. Tu me manques énormément. Je t'aime tellement fort. Tout compte fait, tu es devenu mon prince charmant:DJe t'aime. Princesse Anastasia Alexeïevna ROMANOVA.»

J'avais voulu lui envoyer un selfie mais j'avais une sale gueule avec mes yeux bouffis. Un autre fois… Oh il venait de se connecter! Peut-être avait-il vu la notification du message? Oui! Il était en train de le lire. Oh une demande de conversion vidéo! J'inspirais un bon coup, le cœur affolé et acceptais. Son visage apparut à l'écran avec une cigarette à la bouche. Qu'il était beau putain! Sa barbe avait poussé un peu plus et… Bah ça alors! Il portait une casquette de la Marine.

- Tu as grossi. Dit-il en allumant son tube de tabac.

- Moi aussi je t'aime. Souris-je vexée.

Il ricana avant de tirer une bouffée de fumée.

- Je suis en pause. Dïadïa m'a accordé 20 minutes pour fumer alors je n'ai pas longtemps pour parler mais je suis heureux de te voir. Toi aussi tu m'as beaucoup manqué.

- Alors ça y est! Tu travailles pour lui? Questionnais-je contente.

- Ouais. Les horaires sont pénibles, je dois lui faire ses cafés toutes les heures et obéir aux ordres mais ça va. J'ai connu pire. J'y suis depuis ce matin 6h. Je ne suis pas café mais là, c'est devenu une drogue. Les Pirates font chier H24. Alors tu me racontes ce qu'il t'est arrivée?

- Attends! Je mets mes écouteurs.

Je sortis du lit et farfouillais dans le carton de mes parents pour les dénicher avant de m'enfermer dans les chiottes.

- C'est moi où tu marches, Princesse? Demanda Sasha une fois mes oreillettes mises.

- Euh oui… Ça fait parti de ce qu'il m'est arrivée. C'est une histoire de dingue mais je ne veux pas que tu t'inquiètes. Répondis-je, hésitante.

- Rien que me dire ça m'inquiète! Allez balance à ton mari!

Je souris amusée qu'il le mentionne et débutais les dernières nouvelles. Je n'avais pas encore eu le temps de mentionner ma rencontre avec le Seigneur Im qu'une sonnerie de réveil provenant de son portable retenti.

- Ah! Fin de la pause. Je vais devoir y aller. J'avais déjà entendu parlé des Fruits du Démon sur le Dark Web mais je croyais que c'était des conneries. J'en parlerais à Dïadïa. Remontre ton bracelet que je le vois de plus près! Fit-il en écrasant son mégot sur le mur en pierre derrière lui.

Je montrais mon poignet face à la caméra et le tournais lentement.

- Ah! Il est électronique. Il doit y avoir un GPS intégré peut-être aussi un micro. Tu dois le porter pendant combien de temps?

- Je l'ignore. Répondis-je.

- Je verrais avec Dïadïa. Bon allez! Je dois te laisser si je ne veux pas me faire étriper par ton père. Je te tiens au courant. A plus tard, ma Princesse. Je t'aime. Sourit-il.

- Moi aussi je t'aime, mon Sasha! Je te raconterais le reste une autre fois. Tu me manques tellement. Passe le bonjour à mon père! Je téléphonerais à la famille quand je pourrais. Je vous aime tous et vous me manquez!

J'avais les larmes aux yeux. Je ne voulais pas que l'appel s'arrête.

- Pleure pas Nastia! Je n'ai pas encore eu la réponse pour venir mais dès que je l'ai, tu peux être sûre que je me pointerais direct. Je t'aime comme un dingue! Je ne te laisserais jamais tomber.

- Moi aussi! Je t'aime! Pleurais-je doucement.

Nous nous quittâmes à regret et je chialais dans les chiottes. Notre conversation avait été courte. Ca m'avait fait du bien de lui parler. Tout le monde me manquait. J'avais envie de serrer toute ma famille dans mes bras et de les embrasser, même mon frère. Putain, il me manquait vraiment ce con! D'ailleurs, je lui envoyais un message privé. Il n'était pas connecté et je trouvais ça dommage car ça m'aurait fait du bien de lui parler.

«Je t'aime, Frangin. Tu me manques et ça me choque.»

Là! Je souriais, les larmes aux yeux.


Fin du chapitre 30.



Bonus Futilités :

- Le fruit du démon artificiel de Anastasia est le inu inu no mi : modèle loup de Sibérie.
- Celui des jumeaux est le modèle loup de l'archipel d'Alexandre.
- Le loup de Feliks est plus grand car c'est un défaut de son fruit artificiel.
- La taille en loup de la tête à la queue puis au garrot :
Anastasia : 140 cm, 59 cm
Stanislas : 208 cm, 110 cm
Feliks : 243 cm, 167 cm