Hello Hello !

Mercredi... publi !

Ca va devenir mon nouvel hymne !

Pout répondre à vos Review, c'était moi, l'impatiente du sapin de Noel... :)

J'vous laisse avec mes personnages préférés de la Terre entière, lisez bien ce loooong chapitre, j'ai adoré l'écrire.

On se retrouve en bas !


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !


Si ma gêne avait un niveau maximum, je pense que je l'avais atteint aisément.

Edward quitta la librairie après un dernier regard et sourire en coin pour moi, malgré l'étincelle de mécontentement que je lisais dans ses yeux. Il ne jeta même pas une seule seconde de son attention sur Riley qui resta silencieux jusqu'à ce qu'il quitte la boutique.

- Il est… bizarre ? Finit par dire Riley après un silence.

Je le regardai de travers malgré moi.

- C'est le frère de Jasper. Il est sympa, répondis-je juste.

Je ne désirai absolument pas m'attarder sur le sujet.

- Je n'aime pas vraiment la façon dont il te regarde, ajouta Riley quand ma collègue passa la porte pour revenir dans la librairie, m'indiquant qu'il était l'heure que j'aille manger à mon tour.

Je soupirai.

- Il me regarde normalement, on ne se connaît même pas.

Riley ne répondit pas et j'allais chercher mes affaires à l'arrière du comptoire.

- J'ai réservé a l'Ostra, avoua-t-il quand on monta dans le taxi.

- Riley…

- Je sais, tu m'as dit plus d'extravagance et ça n'en est pas une. J'ai juste envie de t'emmener manger là bas.

Je soupirai en ravalant une remarque désagréable et regardai par la fenêtre la pluie s'abattre sur la vitre. Riley me saisit la main et noua nos doigts.

L'Ostra était un des restaurant les plus chics de la ville. Bien que ce restaurant soit divin, c'était beaucoup trop pour un simple déjeuner.

Mais c'était… Comme toujours.

Riley avait toujours eu tendance à voir les choses en un peu trop grand. Sa situation financière étant amplement satisfaisante, je savais que pour lui, ça n'était que le quotidien… pour moi… j'avais simplement encore du mal a me dire que l'argent lui rentrait aussi facilement dans les poches. Cela n'avait jamais été mon cas, bien que je gagne bien ma vie à la librairie.

A table, il m'annonça qu'il devait partir un week-end entier à New York pour le travail.

- Je croyais que tu ne ferais plus de déplacements ? m'étonnai-je en reposant calmement mon verre de vin.

- Je le croyais aussi, mais Hawkins ne m'a pas…

- Laissé le choix, je sais.

J'étais acide, j'en avais conscience, mais c'était plus fort que moi.

- Tu pars quand ?

- Le week-end du 2 avril.

Il y eu un silence, je sentis mes lèvres me piquer.

- Riley, c'était…

- Notre Week-end à la mer, je sais, me coupa-t-il alors qu'une colère sourde montait en moi.

- Tu ne peux pas reporter ? Marmonnai-je, m'efforçant de garder mon calme.

- Non. Mon client à besoin d'un document que je dois aller chercher moi-même au cabinet de l'avocat de la partie adverse. Le procès est la semaine prochaine. Je ne suis pas libre de faire ce que je veux. Tu n'as qu'à reporter notre week-end, suggéra-t-il avec nonchalance en balayant ma remarque de la main.

J'eus un rire mauvais. Son regard appuya le mien comme pour enfoncer le clou.

- J'ai déjà réglé, répondis-je, contrôlant ma colère qui semblait monter en moi à une vitesse sans pareille.

- C'est pas grave. Réserve nous un week-end, une autre fois, où tu veux, et je paierai.

- Ça n'est pas une question que tu payes ou non… j'ai réservé. Tu sais comme j'avais hâte d'être à ce week-end.

Il soupira.

Le serveur vint nous emmener nos plats, suspendant notre conversation. Ma colère m'avait cependant coupé l'appétit. Je tentai de me calmer en pratiquant un exercice de respiration mais rien ne marcha. Quand le serveur partit, Riley leva de nouveau les yeux vers moi. Ce que je lus dans ses yeux me donna la nausée.

La bile me brûla la gorge.

-C'est pour ça que tu m'as emmené ici ? Compris-je soudain.

- J'ai pensé que tu prendrais ça mieux devant un homard que ce soir à ton appartement.

Cette fois, j'éclatai de rire, ce qu'il ne comprit pas.

Il m'achetait. Il m'achetait carrément.

- Je crois que… tu n'as toujours pas compris, m'indignai-je en essayant de ne pas m'énerver au point de me mettre à crier dans ce restaurant. Je me fous complètement de ton argent, de tes cadeaux. Je te veux toi. Je ne te demande que du temps.

- Mais je n'en ai pas Isabella, gronda-t-il soudain, me faisant reculer contre le dossier de ma chaise.

On se dévisagea un moment, sa colère était palpable et mes yeux me brûlèrent.

- Je ne veux pas que l'on se dispute Bells, finit-il par soupirer. Tu sais que je t'aime et que je ferais n'importe quoi pour toi, mais la discussion est clause. Personne n'a de mot à dire concernant mon boulot. C'est ce qui passera toujours avant tout.

Avant moi.

J'avalais ma salive tant bien que mal. Jamais, il ne m'avait encore parlé sur ce ton. Jamais encore il ne m'avait dit les choses aussi clairement. Alice avait finalement peut-être raison… Je ne serais jamais sa priorité.

Au milieu de tout ce cirque de serveur dansant autour de nous dans leur costumes étriqués, pour la première fois, je ne reconnaissais pas l'homme dont j'étais tombée amoureuse.

Riley partit dans un monologue animé sur une conversation qu'il avait eu avec son père au téléphone le matin même. Comme si, ce qu'il venait de me dire n'était pas important. Comme si c'était quelque chose que j'avais déjà entendu mille fois, et qui n'avait pas d'impact sur nous, sur notre couple et la manière dont je voyais notre avenir.

Je ne l'écoutai déjà plus.

Je ne voulais pas n'être qu'une deuxième option. Je voulais être tout. Je voulais compter autant qu'il comptait. Je voulais qu'on me fasse, peut-être égoïstement, passer toujours devant tout, et n'importe qui. Je voulais être la seule et l'unique, je voulais être la personne la plus importante de sa vie. J'eus un sourire amère en pensant, une nouvelle fois, qu'Alice avait vu juste.

- En quoi l'Alzheimer de mamie Rose te fait sourire ? Me coupa-t-il dans mes réflexions, me forçant a quitter du regard mon poisson que je n'avais pas touché, pour ses yeux.

- Excuses moi, je pensais à Alice.

Il croisa les doigts sous son menton, les coudes sur la table. Son regard se fit plus tendre, moins froid. Pour autant, la pression dans ma poitrine me fit encore plus mal. Maman aurait été là, elle lui aurait fait la remontrance de ne jamais poser ses coudes sur une table.

Mon cœur se serra.

- Je te promets de faire des efforts, murmura-t-il en prenant ma main sur la table.

Mon estomac se tordit, à nouveau, mes yeux me brûlèrent.

- Non, c'est pas… grave, excuse-moi, je suis fatiguée.

Je n'avais pas envie d'entendre ces promesses, les mêmes qu'il me faisait depuis des mois, et qui, pour autant ne changeait rien à notre situation. Ses doigts serrèrent les miens, son regard sonda le mien.

Je n'étais pas encore prête à renoncer.

Je l'aimais, et nous allions trouver une solution qui puisse nous aller à tous les deux.

- Je suis content qu'on soit sur la même longueur d'ondes, finit-il par admettre avant de replonger dans son assiette.

Je repoussai mes légumes du bout de ma fourchette.

- Alice m'a demandé si nous pouvions venir manger chez eux ce soir.

Il releva les yeux vers moi, finit sa bouchée avant d'avaler une gorgée de vin. Je restai là, à attendre une quelconque réponse de sa part.

- J'ai un dossier à boucler ce soir…

J'eus subitement envie de me lever et de quitter le restaurant. Ses yeux prirent une autre teinte quand il compris que j'allais exploser.

- Mais, dis leur de venir à la maison plutôt, tu leurs fera un bon repas et je pourrais finir mon dossier entre deux plats ?

Je fermai les yeux quelques secondes. Certes, ça n'était pas la soirée que j'avais espérée, mais ça valait peut-être mieux que de passer une (autre) soirée sans lui.

J'inspirai lentement.

- Je préviendrais Alice, répondis-je simplement.

Il me sourit, repris son repas avec entrain. Je n'arrivai pas à me dérider, et surtout, je n'arrivai pas à enlever de ma poitrine ce poids qui m'oppressait. J'avais la sensation que tout commençait à franchement m'échapper.

De retour à la librairie, j'envoyais un message à Alice, l'informant du changement de programme.

La fin d'après-midi passa calmement, j'essayai de me focaliser sur mon travail, mais chaque minute qui passait, ma gorge se nouait un peu plus.

Je voulais tellement plus que ce que Riley m'offrait aujourd'hui.

Cette pensée me poursuivit tout l'après-midi. J'observai la rue devant la boutique, le temps maussade faisait fuir les clients et la librairie avait été calme toute l'après-midi. Mes pensées s'égarèrent sur ce qui s'était passé ici, à cet endroit même, avant que Riley ne passe me chercher ce midi. Edward avait une façon si particulière de me regarder, peut-être était-ce simplement ça, qui me perturbait à ce point. Peut-être avait il été fait pour me mettre à rude épreuve, pour me prouver que mon couple était plus solide que ce que je pensais.

Je soupirai pour la énième fois.

Je devais être honnête envers moi-même : Edward me perturbait plus qu'il ne l'aurait fallu. Je ne savais pas encore ce que tout cela voulait dire, mais tout ce qu'il me faisait ressentir, n'était, pour moi, pas normal. Il fallait que je comprenne pourquoi, et surtout, il fallait que je me secoue une bonne fois pour toute. Il resterait, au pire, un inconnu croisé quelques fois. Au mieux, un ami. Mais il était impensable pour moi de le renier : dans ses yeux, j'avais l'impression d'exister.

Après avoir quitté la librairie en fin d'après-midi, je fis quelques courses pour le soir, passai chez moi prendre quelques affaires avant de filer chez Riley. Évidemment, quand j'arrivais, il n'était pas encore rentré. La nuit commençait à tomber quand je sortis de la douche. J'essayai de me détendre, en vain. Notre conversation du midi était encore vive dans mon esprit, et je ne pus que me refaire la scène en boucle l'heure qui suivit.

J'étais à finir de préparer l'apéritif quand Riley passa la porte. Il balança son attaché-case sur le bar de la cuisine en s'avançant vers moi pour m'embrasser.

- J'adore rentrer chez moi et te découvrir en parfaite petite femme, avoua-t-il en moulant son torse contre mon dos.

J'ignorai sa remarque quelque peu sexiste et sourit distraitement. Il embrassa mon épaule, un frisson courut sur ma nuque.

- J'ai réfléchis tout l'après-midi à notre déjeuner, finit-il par dire après un silence.

Les tomates cerises que je mettais dans un bol roulèrent sur le plan de travail quand ses bras s'enroulèrent un peu plus autour de moi. J'essayai de me détendre : en vain.

- Je pense que j'ai trouvé la solution.

Il inspira, comme s'il s'apprêtait à désamorcer une bombe.

De mon coté, je retins mon souffle, pas certaine de réagir posément à ce qu'il allait dire. Il me fit tourner dans ses bras, me forçant a abandonner une tomate cerise que je manquai de broyer entre mes doigts. Son regard plein d'assurance perça le mien.

- Tu veux passer plus de temps avec moi, et je ne peux passer moins de temps au travail… alors, j'me suis dis que tu pourrais venir vivre, ici, avec moi. On se verrait tous les soirs, et on dormirait ensemble toutes les nuits...

Mon souffle se coupa. Mille idées s'allumèrent dans ma tête en même temps, je ne sus que dire.

- Mon appartement… trouvai-je après quelques secondes où ses yeux, souriants, fouillèrent les miens.

-On le vendra. Ça n'est qu'un endroit parmi tant d'autres.

Je me retins de le couper. Non, ça n'était pas « qu'un endroit parmi tant d'autres » C'était mon chez moi, l'endroit où je vivais depuis 6 ans. Un des seuls endroit sur cette foutue planète dans lequel je me sentais totalement libre et moi-même.

Mes réactions me faisait peur : tout ce que mon cerveau trouvait à me faire dire était des réactions négatives, trouvant mille et unes raisons de lui dire non. Je fermais les yeux une seconde, tentant de ne pas céder à la panique fulgurante qui montait en moi. Riley comprit que quelque chose n'allait pas, et, quand mes paupières s'ouvrirent, il se crispa et son sourire disparut.

- Bells…

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, murmurai-je, essayant de peser mes mots.

- Je ne comprends pas, admit-il en me lâchant, reculant d'un pas.

- Je… j'aimerais qu'on vive ensemble, avouai-je en tentant de lui faire comprendre le plus calmement possible mon point de vue. Cependant… j'ai l'impression que ça ne changera rien à nos… problèmes.

Il fronça les sourcils.

- Tu cherches une excuse pour ne pas accepter. Si tu n'as pas envie de vivre avec moi, tu n'as qu'à le dire ! Plutôt que de trouver n'importe quel prétexte pour me foutre un vent.

- Riley…

- J'sais pas ce que tu as Isabella, mais avant cette dernière semaine, jamais tu n'avais abordé un quelconque problème dans notre relation, enchaina-t-il en m'ignorant, ses yeux crépitant de colère désormais.

Je déglutis péniblement, baissant soudainement les yeux. Il se pinça l'arrête du nez, puis soupira.

- C'est à cause de l'anniversaire d'Alice, c'est ça ?

Soudain, la panique me bloqua la gorge.

Que savait-il sur cette soirée ? Quelqu'un lui avait peut être transmis ma danse totalement déplacée et toutes ces tensions que je ressentais entre Edward et moi. Mon cœur s'emballa à cette pensée, mon ventre se serra. J'allais virer folle. Il ne manquera plus qu'il me fasse surveiller maintenant !

- De quoi tu…

- Tu es bizarre depuis, asséna-t-il, bloquant ma respiration. Écoute, c'est pas un drame, je ne suis pas venu, c'est tout. Pas besoin d'en faire tout une histoire.

J'eus deux réactions : la première fut le soulagement. Il n'était apparemment pas le moins du monde au courant de mes tourments et remords concernant cette soirée. Je savais que je parlais parfois pendant mon sommeil… et si jamais… non. Ses yeux, pourtant bien agacés, ne trahissaient aucun doute me concernant. Un vent de panique fit tourner les rouages de mon cerveau beaucoup plus vite qu'à la normale. Si Riley avait conscience que mon comportement avait changé depuis cette soirée, c'était que quelque chose s'était vraiment passé en moi. J'avais la sensation que ça n'était rien. Mon comportement, mes questionnements, mes pensées invasives… pourtant, si Riley l'avait sentit, c'est que quelque chose clochait réellement en moi.

Ma deuxième réaction fut la colère. Il pensait réellement que je me comportais comme ça avec lui à cause de cette soirée seulement ? Peut-être avait-elle été l'élément déclencheur, le moment où, Edward lié à la demande en mariage de Jasper, m'avait fait ouvrir les yeux sur ce que je ne voulais plus.

Je ne voulais pas rompre, non, jamais.

Mais je voulais plus.

Beaucoup plus.

- Tu penses que je te fais des reproches pour cette soirée ? m'exclamai-je soudain, avec l'envie de rire tant cela était ridicule.

- Je ne vois pas autre chose, s'énerva-t-il en balançant ses bras dans les airs.

- Vraiment ? Tu ne vois pas ? Tu n'es jamais là ! Tu ne fais jamais le moindre efforts pour m'accorder ne serait-ce qu'une soirée sans que tu sois accaparé par un appel de ton patron ou tes mails urgents !

- On a déjà eu cette conversation, gronda-t-il en faisant demi-tour pour sortir de la cuisine.

- Et quoi ? Tu veux que je sois la parfaite petite ménagère qui t'attends tous les soirs avec un plat chaud et un tablier autour du cou ? m'énervai-je en le suivant, le forçant à m'écouter alors qu'il fuyait, encore.

- Peut-être que c'est que je veux oui ! s'écria-t-il en se tournant vivement vers moi, me faisant sursauter. Peut-être que je veux une femme qui m'aime assez pour comprendre que mon travail est la chose la plus importante pour moi, j'ai travaillé toute ma vie pour avoir ce que j'ai aujourd'hui, tout ne m'a pas été servi sur un plateau d'argent, je n'ai pas hérité d'une putain de librairie !

J'eus la sensation qu'il m'avait frappé.

L'impacte fut tel que je reculais de deux pas, mes larmes débordant.

- Tu n'as pas le droit de dire ça, réussi-je à balbutier entre mes larmes et ma colère. Tu n'as pas le droit.

Je fis demi tour, retournai à la cuisine d'un pas furieux. Comment osait-il ? Cette librairie était tout ce qu'il me restait de ma mère. Je l'entendis soupirer à l'entrée de la cuisine quand mon corps fut prit de tremblements violents.

Je voyais rouge, ma colère agrippa ma gorge, mon ventre et ma poitrine. J'avais envie de frapper quelque chose, d'exploser, de voler en éclats. Jamais, il ne s'était permis de me parler de la sorte. Je fixai le plan de travail devant moi, tentant de calmer ma colère. Au delà de tout, ce soir, il m'avait blessée plus que jamais.

J'essuyais rageusement mes larmes, tentant de me reprendre. J'avais encore moins envie de lui donner la satisfaction de voir à quel point il pouvait me blesser.

- Je pense que cette conversation ne nous mènera à rien, fins-je par dire après une minute de silence.

Je fus moi-même étonnée par l'assurance de ma voix. J'aurai tant aimé qu'il s'excuse pour ce qu'il venait de dire.

Mais il n'en fut rien.

- On reparlera de la vente de ton appartement demain, à tête reposée.

- Riley je…

La sonnette de la maison me coupa dans mon élan, me réduisant au silence. J'en avais presque oublié nos invités.

Riley disparut pour leur ouvrir pendant que je tentai de reprendre contenance, et d'arborer une mine réjouie. Quand j'arrivai dans l'entrée, ma surprise fut de taille quand je constatai qu'Alice et Jasper n'étaient pas seuls.

Alice vint vers moi et me prit dans ses bras pour me saluer. Quand elle recula, elle fronça les sourcils en m'observant. Je l'implorai en silence de ne pas poser de question.

- Edward était seul ce soir à la maison, on l'a forcé à venir, expliqua Jasper avant de venir me saluer à son tour, j'espère que ça ne dérange pas.

- Aucun problème, marmonnai-je en essayant de calmer la tempête à l'intérieur de mon corps.

Edward glissa un regard vers moi, semblant mal à l'aise lui aussi. Un nœud se forma dans ma poitrine, mon cœur accéléra brutalement.

- Il n'a pas de chez lui ? Lança soudain Riley, froid comme la glace.

J'allais intervenir, remettre Riley à sa place et lui demander d'être un peu mieux élevé quand Alice pris sa défense, alors qu'Edward ouvrait la bouche pour parler.

- Il revient du Népal où il vient de passer quatre ans à construire des maisons pour les enfants orphelins. Tu comprends qu'en étant revenu aux Etats-unis que depuis quelques jours seulement il n'a pas encore eu le temps de s'acheter une maison de rêve.

Mon regard passa d'Alice à Edward, qui sembla encore plus mal à l'aise, puis à Riley. Si un regard pouvait tuer, c'était sûr et certain qu'Alice aurait mis fin à la vie de Riley depuis un moment. Riley se contenta de hausser les épaules, guère impressionné.

J'étais morte de honte, le comportement de Riley était totalement irrespectueux.

- C'est remarquable, ne pus-je m'empêcher de souffler, récoltant un regard d'Edward sur ma personne.

Une nouvelle fois, mon cœur loupa un battement.

- Ils en ont besoin, répondit-il juste de manière qui se voulue détachée.

Je baissai les yeux, soudain consciente de le dévisager totalement impunément en présence de l'homme qui venait de me proposer de vivre avec lui, quelques minutes auparavant. Je m'excusai rapidement avant de retourner en cuisine en toute hâte.

Ici, je pouvais de nouveau respirer convenablement. J'avais la sensation d'être piégé. Quoi que je fasse ce soir, cette soirée allait être un enfer pour moi. Je m'attendais à ce qu'Alice me suive, pour me demander des explications sur mon état quand Riley s'appuya sur le plan de travail à coté de moi, pendant que j'entendais Alice expliquer à Edward combien ce quartier était chic. Le sarcasme dans sa voix ne m'échappa pas.

- Tu as vu comment elle m'a parlé ?

Je soupirai. A chaque soirée avec ces deux là dans une pièce, j'avais l'impression désarmante d'assister à un combat de boxe.

- Tu as été exécrable. Edward n'a rien demandé.

Il étouffa un rire mauvais.

- Ça n'est pas leur toutou qu'ils doivent emmené partout derrière eux. Il est grand c'est quand même…

- Riley ! Sifflai-je, fatiguée de l'entendre parler de cette manière. Je ne sais pas ce que tu as ce soir, mais tu es vraiment… insupportable.

La colère qui s'était apaisé dans la cuisine juste avant leur arrivés refit surface aussi rapidement qu'elle s'était éteinte. J'en vint même à me demander ce que je pouvais faire avec une personne capable de si peu d'humanité. Jamais, il n'avait été aussi mauvais que ces dernières heures.

- Peut-être que si tu avais accepter de vivre avec moi sans trouver d'excuses bidon on n'en serait pas là, siffla-t-il entre ses dents.

- Alors c'est ça ? m'énervai-je en lui faisant face, c'est parce que je ne t'ai pas céder sans discuter que tu vas te comporter comme le pire des connards ?

Il y eu un silence, son regard mauvais me toisa de haut en bas.

- Je ne te reconnais vraiment pas, gronda-t-il, faisant trembler son corps entier.

- Tu n'es pas le seul, arguai-je à mon tour.

Sa main attrapa mon bras, pour m'attirer à lui, si vivement qu'il manqua de me faire trébucher. Jamais il ne m'avait manqué de respect à ce point.

- Méfie toi Isabella, ma patience à des limites, cracha-t-il, son visage tout près de mien.

J'avais beau être vraiment en colère, je ne pu cacher le frisson de peur qui me fit trembler. Cet homme, en colère et extrêmement brutal, n'était définitivement pas le Riley dont j'étais tombée amoureuse un soir de printemps. La colère dans ses yeux était vive, et ne lui ressemblait tellement pas… où n'avais-je peut-être, jusqu'alors, jamais vu cette partie de sa personnalité ? Il était en train de salir mon estime pour lui, sans rendait-il compte au moins ?

J'essayai de me dégager, en vain.

- Riley, tu me fais mal…

- Est-ce que tout va bien ici ?

La voix d'Edward me fit monter les larmes aux yeux. La colère de Riley sembla, elle, redoubler. Pourtant, il ne me lâcha pas du regard une seule seconde.

- Très bien, répondit-il sèchement à Edward en me relâchant sans douceur. Cette discussion n'est pas terminé, murmura-t-il à mon intention.

D'un pas furieux, il quitta la cuisine, non sans avoir bousculé Edward au passage, avant de foncer vers la porte d'entrée, attrapant sa veste de costume sur le pater. La porte d'entrée claqua derrière lui.

Le silence se fit extrêmement lourd, je n'entendais plus Alice ni Jasper, juste la respiration rapide d'Edward, qui n'avait pas bougé un pouce. Je lui jetai un regard, nouant mes bras autour de moi.

J'avais la sensation que j'allais m'effondrer, ou éclater en sanglots d'une seconde à l'autre.

Sa colère était palpable, ses points et sa mâchoire serrée. Son regard glissa sur tout mon corps, semblant revenir à la réalité avant d'accrocher mes yeux.

- Je… - Est-ce qu'il t'a touché ? Me coupa-t-il soudain, sa voix extrêmement plus rauque que les autres fois où il m'avait parlé.

- Non, ça n'est pas son…

Je me ravisai.

Depuis ce soir, je ne savais plus « quel genre » était Riley. Je réprimai un frisson, massant mon bras à l'endroit où ses doigts l'avaient enserré. Alice entra dans la cuisine suivit de Jasper, qui posa une main sur l'épaule de son frère, comme pour l'apaiser.

La tension descendit d'un cran.

Alice me dévisagea, avant de me prendre contre elle.

- Je vais bien, mentis-je, espérant calmer mon cœur devenu totalement hors de contrôle.

Je ne comprenais pas moi-même ce qu'il venait de se produire.

- J'suis désolée que vous ayez dû assister à ça… cette soirée…

Je serrai les dents, refusant de pleurer devant eux, devant Edward. Je relevai les yeux vers lui, malgré sa colère encore vivace, son regard inquiet fouilla le mien.

- Pourquoi… ?

Mes yeux retrouvèrent ceux de Jasper, qui, comme les autres, semblait se poser mille questions. J'inspirai profondément, incertaine d'avoir envie d'en parler.

- Il m'a demandé de vivre avec lui.

Même si cela fut imperceptible, tout mon corps sentit celui d'Edward se tendre. Je risquai un nouveau regard vers lui, fixant sa mâchoire serrée.

- Tu as refusé ? Demanda Alice à mon coté, prenant ma main qu'elle serra dans la sienne.

- Je… J'n'ai pas dit oui… ni non, avouai-je, sentant mes joues me brûler sous leurs regards inquisiteurs.

Incapable de détacher mon regard de lui, Edward pencha légèrement la tête, perdu dans mes explications.

- Je t'ai toujours dit qu'il n'était pas pour toi, finit par soupirer Alice, me faisant reprendre pieds avec la réalité.

- Alice…

- Je pense qu'Bella aimerait entendre autre chose ce soir, Alice, intervint Jasper, ses yeux vacant d'Alice à moi.

J'haussai les épaules. Après tout ce qu'il venait d'arriver, je n'arrivai plus a savoir ce que je devais penser ou non concernant mon histoire avec Riley.

- Veux-tu qu'on reporte notre soirée ? Demanda Jasper, prévenant.

- Oh, non, non. Surtout, pas ! Je ne pense pas survivre à une soirée solo après ça, marmonnai-je avant de rire nerveusement.

Alice me serra à nouveau contre elle, mon cœur soudain un peu moins lourd.

Prise d'un nouvel entrain, j'inspirai et soupirai bruyamment avant de donner à Alice les bols d'apéritifs que j'avais préparer juste avant, lui demandant de tout installer dans le salon.

Je refusai de passer une soirée totalement plombée à cause de Riley et son manque complet de savoir vivre. Alice et Jasper disparurent dans la pièce de vie, me laissant seule avec l'objet de mes tourments.

J'ignorai les battements sourds de mon cœur, et affrontai son regard. La colère s'y était presque totalement dissipée, laissant place à quelque chose de beaucoup plus doux.

Je tentai un sourire, espérant le dérider une bonne fois pour toute.

- Peux-tu attraper les verres à vin à ta droite ? Finis-je par lui demander, avant de sortir la bouteille de moelleux du frigo.

Je me forçais d'ignorer son regard que je sentis me brûler quand je me penchai pour attraper la bouteille dans l'énorme frigo américain de Riley. Dire que j'étais, dans sa cuisine, en compagnie de celui qui torturait mes sens, alors que lui-même avait abandonné sa propre maison, était vraiment déstabilisant.

Edward posa quatre verres à vin sur le plan de travail. Son regard sur moi me faisait complètement perdre les pédales. J'allais devenir folle si il continuait à me dévisager ainsi.

- J'suis désolé d'être intervenu, murmura-t-il, tout près de moi pendant que je cherchai de quoi ouvrir la bouteille dans le tiroir juste à coté de lui. C'est juste que, le voir te traiter ainsi… je ne pouvais rester à rien faire.

Je suspendit mon geste, mal à l'aise. Ses yeux transpercèrent les miens quand je le regardai de nouveau. Mon ventre se noua, encore une fois.

- En temps normal il n'est pas si… horrible. Je suis désolée pour la manière dont il t'a parlé, hésitai-je maladroitement.

Il ne répondit rien, se contentant de me dévisager. Nerveusement, je me remis a chercher l'ouvre-bouteille dans le tiroir. Quand je l'eus trouvé, Edward me le prit des mains, et s'attela à l'ouverture de cette foutue bouteille.

J'observai ses mains habiles, ses longs doigts fins pendant la manœuvre. Savait-il qu'il avait des doigts de pianiste ? La musique s'éleva doucement dans la maison, signe qu'Alice avait mit le nez dans la chaine-hifi.

- Elle est insupportable, soupira Edward, un léger sourire aux coins des lèvres, elle ne peut pas vivre une seule heure sans musique.

Cette fois, un vrai sourire s'afficha sur mon visage, me détendant pendant qu'il débouchait de la bouteille.

- Ça a toujours été comme ça…

Je laissai passer un silence, souriant de nos souvenirs en commun.

- Vivre avec elle ne doit pas être facile, me moquai-je.

Son regard glissa vers moi, et cette fois, il me sourit vraiment. Il était encore plus beau que le matin même.

- J'ai hâte de retrouver mon indépendance, répondit-il, avant de prendre les verres pour les remplir. La liberté n'a pas de prix.

Je méditais un instant sa réponse, me mordant la lèvre.

Ma propre liberté, elle, avait-elle un prix ?

- Depuis combien de temps vous êtes ensemble ? s'intéressa-t-il, remplissant le deuxième verre habilement.

- Presque un an, répondis-je automatiquement, me concentrant sur son geste.

Je lui passai le troisième verre, qu'il attrapa pour le remplir.

Ses doigts frôlèrent les miens.

L'électricité que j'avais ressentit le matin même en le touchant couru à nouveau en moi. Je ne sais s'il le sentit aussi, mais si ce fut le cas, il l'ignora.

- Et il t'a demandé seulement aujourd'hui de venir vivre avec lui ?

Sa question me désarçonna.

A vrai dire, avant que Riley ne me demande cela, je n'y avais jamais vraiment réfléchis. Je tentai de trouver quelque chose à répondre pendant qu'il remplissait le quatrième verre. Mais rien ne vint.

J'haussai les épaules, essayant de paraître moins perturbée que je ne l'étais. Il reposa la bouteille de vin, et son regard s'attarda sur ma mâchoire avant qu'il ne se perde sur les verres pleins devant lui. Il en saisit deux, puis se tourna légèrement vers moi. Son parfum embauma mes sens, j'avais envie de plonger contre lui pour mieux m'en imprégner. Son regard sonda le mien. J'eus du mal à le soutenir, perturbée par tant d'intensité.

- Si tu avais été à moi, je n'aurai pas attendu deux mois avant de te poser la question, murmura-t-il lentement, sa voix ravivant la flamme dans mon corps, jusqu'à mes mains tremblantes.

Il quitta la cuisine, emportant avec lui les deux verres de vin, mon cœur, mon cerveau et une grande partie ma dignité.


Quand je revins dans le salon, armée des deux autres verres et après avoir respiré profondément cinq fois pour calmer les battements sourds de mon cœur, mes amis étaient installés dans l'immense canapé blanc et gris de Riley. Mon cœur se comprima douloureusement dans ma poitrine à sa pensée. Même si je me doutais qu'il allait revenir (idiotement, puisque nous étions encore chez lui) j'ignorai quand il le ferait… et surtout, je l'appréhendai. Et si il était toujours autant énervé ? Et si, cette fois, personne n'intervenait pour qu'il me lâche ?

Je chassai mes idées, essayant de simplement vivre cette soirée avec mes amis, profitant d'eux pour penser à autre chose.

Consciemment, j'ignorai le regard d'Edward sur ma personne quand je m'assis à son coté.

Alice me jeta un regard compatissant. Pour être tout à fait honnête, ce que m'avait dit Edward dans la cuisine me perturbait plus que l'absence de Riley. Ce dernier attrapa un des verres de mes mains, et j'ignorai ses doigts traînant plus que nécessaire sur ma peau, et les montagnes russes de mon ventre à son contacte. J'essayai de me concentrer sur les paroles de Jasper, parlant de leurs vacances en Egytpe à venir.

- J'ai toujours rêvé d'y aller, avoua Alice, surexcitée. J'ai tellement hâte !

- C'est superbe, vous verrez. Surtout, allez du coté du temple de Philae, conseilla Edward, les yeux pleins d'entrain.

- Tu connais ? Lui demandai-je soudainement intéressée d'en savoir plus sur lui.

Son visage se tourna vers moi, le sourire qu'il m'offrit fut superbe.

- J'ai vécu 3 mois à Louxor il y a six ans. Ce pays est une merveille.

- Tu voyages beaucoup ?

- Voyager n'est pas vraiment le mot, sourit-il, me perturbant d'avantage qu'il aurait fallu. Disons que je pose mes valises où le vent me mène. Il y a quatre ans, j'suis arrivé au Népal pour découvrir le pays, j'en suis jamais reparti avant il y a dix jours.

J'étais impressionnée. Vivre aussi libre, sans aucunes attaches… cela devait être extrêmement déroutant et excitant, moi qui n'avait jamais été plus loin que le Mexique.

- Et toi ? Tu as déjà voyagé ? Demanda-t-il, faisant écho à mes pensées.

J'avalais une gorgée de mon vin, essayant de me concentrer assez pour ne pas avaler de travers et m'étouffer. Je remarquai qu'Alice et Jasper parlaient tous les deux, penchés l'un vers l'autre. Ils semblaient nous avoir totalement oubliés.

Je me concentrai sur Edward, évitant toute fois de trop regarder ses yeux. Après l'épisode de la cuisine, je n'étais pas sûre d'être en état de garder mon sang froid.

- J'ai été au Mexique, il y a quelques années… c'était vraiment chouette.

Il me sourit attendant que je poursuive. Malheureusement, je n'avais pas grand-chose de plus à lui raconter.

- Oh, et j'ai également eu la chance de passer la frontière du Wisconsin, plaisantai-je en le regardant boire une gorgée à son tour.

Il étouffa un rire dans son verre, manquant de recracher son vin sur le tapis immaculé de Riley. Je grimaçai.

- Désolée, m'excusai-je en rigolant à mon tour.

Il essuya sa bouche d'un revers de main.

- J'ai failli tout recracher, confessa-t-il, se penchant un peu vers moi.

Comme le soir de notre rencontre, sa cuisse toucha la mienne, et y resta. Sa chaleur brûlait presque ma peau, je ne sentais que celle-ci, et, pour autant, je n'avais pas le moins du monde envie de bouger. J'avais la sensation que sa présence inhibait chacun de mes sens, réduisant mon cerveau et ma capacité à réfléchir proche de zéro.

- Ça aurait été vraiment dommage, avouai-je, sentant ma bouche se fendre du premier vrai sourire de la soirée. Ce pauvre tapis si blanc…

Son regard tomba sur le sol. Joueur, il releva les yeux vers moi, un sourire aux lèvres.

- Ne me tente pas… après ce que j'ai vu dans cette cuisine je serais capable d'arroser méticuleusement chaque centimètre de ce tapis. Et au vin rouge.

J'éclatai de rire. Cet homme était fou… et j'adorai ça. Il leva légèrement son verre, le pencha. Pas assez pour qu'il se vide, où qu'une moindre goutte ne tombe, mais, assez cependant pour que j'ai vraiment très envie qu'il le fasse.

Malgré tout, et sachant que cela n'ajouterai que de l'huile sur le feu entre Riley et moi, je retins sa main, et repositionnai son verre bien droit.

Cette fois ci, ce fut moi, qui lassa traîner ma peau sur la sienne plus longtemps que l'aurait voulu mon geste. L'air crépita autour de nous, mon cœur loupa un nouveau battement, quand les yeux d'Edward passèrent de mon geste, à mon visage. Je retirai ma main lentement. J'aurai du me sentir mal à l'aise, d'avoir ce genre de comportement mais… je me sentais juste… bien.

Je baissai les yeux à cette pensée, sentant mes joues me brûler.

Alice glissa un regard en notre direction. Ses yeux firent des allers-retours entre Edward et moi. Si elle ne dit rien, se contentant de me sourire, je vis très clairement ses pensées. Je pouvais même presque apercevoir les rouages de son cerveau en pleine surchauffe. J'essayai de l'ignorer, bien que son air sûr d'elle m'agaça légèrement. Son comportement eu le don de me faire revenir un peu sur Terre, et je me décalai légèrement, coupant tout contacte entre Edward et moi. Celui-ci but une nouvelle gorgée de son vin.

- Tu vas repartir, bientôt ? Finis-je par demander, la question me brûlant les lèvres depuis quelques minutes.

Il regarda devant lui, observant des choses que je ne pouvais apparemment voir.

- Je viens de passer quatre ans à l'étranger, et, même si j'ai vraiment adorer ça, j'ai envie de me… poser, un peu. J'me rends compte qu'on ne peut rien construire en n'ayant vraiment aucune stabilité.

Je méditais sa réponse un instant, buvant une gorgée de mon vin.

- J'ai envie de me trouver un boulot sympa, peut-être acheter une maison si je suis bien ici, et puis, on verra ce que la vie me réserve…

Il avait l'air si peu inquiet pour l'avenir, moi qui programmait toujours mes courses pour la semaine en fonction du repas que j'allais faire, cela me parut totalement inimaginable.

- Quoi ? Demanda-t-il quand il vit que je souriais.

- Rien c'est juste…

Je haussais les épaules en cherchant mes mots.

- Tu as l'air très… libre.

- Je le suis, avoua-t-il, un sourire dans la voix. J'aime me dire que je ne dépends de rien, ni de personne.

- A part en ce moment où tu squattes la chambre d'amis, intervint Jasper, un sourire barrant son visage.

Edward leva les yeux au ciel.

- Arrêtes, tu me l'as imposé. Tu vas chialer le jour où j'vais m'en aller.

Ils éclatèrent d'un rire complice.

- J'avais prévu de rester à l'hôtel le temps de pouvoir me trouver un petit quelque chose où je serais chez moi, m'expliqua-t-il en retrouvant mes yeux, mais quand j'ai débarqué chez mon frangin…

- Sans prévenir, précisa Jasper en lui lançant un regard lourd de sens qui me fit sourire.

- Il m'a carrément menacer de me séquestrer si je ne restais pas chez eux quelques temps, continua-t-il, ignorant son frère d'un mouvement de la main.

- En même temps, tu as débarquer chez nous à six heures du soir, après que j'ai passé quatre ans à t'écrire continuellement pour que tu ne m'oublies pas.

Alice, qui observait silencieusement la scène, sourit tendrement en prenant la main de son futur mari. Je souris à ce geste, tout était tellement évident entre eux, depuis leurs débuts.

- Je ne pouvais pas être ici et là bas en même temps, se contenta de répondre Edward avec un sourire tendre pour son frère.

Je souris à mon tour. Leur complicité était belle à voir. Je regrettai soudain, comme souvent, de n'avoir pas eu la chance d'avoir un frère où une sœur avec qui partager ce genre de relation. M'excusant, je m'éclipsai dans la cuisine, allant mettre à cuire la pizza que j'avais préparée plus tôt. Alice entra dans la cuisine, son verre de vin à la main quand je refermai le four.

Son regard glissa sur la cuisine d'un blanc immaculé avant de s'arrêter sur moi.

- Est ce que ça va ? Demanda-t-elle, soudain sérieuse.

- Je crois, soupirai-je, sincère.

Elle s'appuya contre le plan de travail, me faisant face.

- Merci d'être restés. Ça me fait du bien d'être avec vous, ajoutai-je après un silence où elle m'observa triturer le torchon que j'avais dans les mains.

Un sourire se dessina sur ses lèvres.

- J'ai remarqué, oui, se contenta-t-elle de répondre, son regard fixé sur mon visage.

Instantanément, je compris son allusion.

Instantanément, je rougis.

- J'en étais sûre ! s'écria-t-elle, me faisant écarquiller les yeux.

- Alice, la grondai-je, désireuse qu'elle se taise.

- Il te plaît, scanda-t-elle tout bas, sûre d'elle.

Je grimaçai, perturbée qu'elle lise si facilement en moi. Malgré tout, je voulais garder un minimum la face.

- Il est très… intéressant, avouai-je, hésitant sur le qualificatif employé.

Elle leva les yeux au ciel.

- Ne joue pas à ça avec moi, je t'ai connu à une époque où tu dansais sur du Britney Spears. Personne ne te connaît mieux que moi.

Cette fois ci, ce fut a moi de lever les yeux au ciel… même si elle avait complètement raison.

- Il te plaît, donc, conclu-t-elle un peu trop fort à mon goût.

Je lui intimai de se taire. Malgré la taille plus qu'appréciable des pièces de vies et la conversation étouffée que l'on entendait des garçons de l'autre coté du mur, la dernière chose que je désirai était qu'ils nous entendent.

- Je suis en couple, lui rappelai-je, lui arrachant une grimace qu'elle ne cacha pas le moins du monde.

Cette soirée avait définitivement rendu inexistant son respect pour mon couple avec Riley.

Sa pensée, à nouveau, me rendis maussade.

- Je ne sais pas quoi faire, finis-je par lui avouer, le ventre noué. Riley… je sais que tu le déteste, mais il n'est pas si mauvais.

- Il est vrai que son comportement de ce soir nous l'a prouvé.

- Alice…

- Non, Bella. Ça fait des mois que je ne t'ai pas entendue rire comme tu l'as fait il y a cinq minutes… et ça n'était pas avec Riley. Je pense, qu'au contraire, tu sais exactement quoi faire de cette situation.

J'ouvris la bouche pour lui donner tord, et me ravisai, quand je constatai que je n'avais rien à lui dire pour qu'elle change d'avis.

Je ne trouvai rien à redire. Je savais, qu'au fond, elle avait raison.

Depuis longtemps, je n'étais plus moi-même. Et Edward… avec lui, je me sentais libre d'être qui j'étais. Ce soir, Riley avait dépassé les bornes. Il avait franchi les barrières que je m'étais imposée concernant le respect de l'autre. Ma meilleure amie avança vers moi, et me prit les mains, me forçant à laisser tranquille ce pauvre torchon que je torturai depuis qu'elle avait amorcé cette conversation… ou étais-ce moi qu'il l'avait fait ?

- Ça ira. Prends peut-être du temps pour y réfléchir, si tu en ressens le besoin… mais il est mon devoir, en temps qu'amie, de te dire quand tu fais le mauvais choix. Et, Riley, ma chérie, est ton mauvais choix.

Je soupirai.

Malgré tout, ses mots me faisaient mal. J'avais mis tant d'espoir en nous, en lui, en notre histoire. La peine me serra la gorge, bien que je sois toujours en colère contre Riley, une partie de moi l'aimais toujours. Et devoir renoncer… ce soir, cela était encore trop douloureux. Elle me prit dans ses bras, dans une étreinte rassurante et pleine d'amour, puis repartie en direction du salon, me laissant seule avec mes pensées en vrac.

J'attrapai mon téléphone sur le plan de travail, et décidai d'écrire à Riley.

Je tentai, par des mots simples, de lui expliquer que j'avais besoin de prendre mes distances quelques jours, pour réfléchir à ce qu'il s'était produit ce soir. Comme je l'avais pressenti, il ne répondit pas, restant dans son silence. Je n'étais pas mécontente qu'il le fasse… cela aurait été mauvais, pour lui, comme pour moi, d'essayer d'avoir une discussion ce soir là, alors que nous étions tous les deux encore coincés dans notre colère. J'attendis que la pizza soit cuite avant de rejoindre les autres.

J'avais conscience que faire taire mon cerveau sur tout ce qu'Alice m'avait dit quelques minutes plutôt n'était pas la solution… mais pour le moment, je ne pouvais pas faire autrement. Edward semblait être quelqu'un de bien, et, même s'il me plaisait (beaucoup) plus que je ne pouvais l'admettre, je ne désirai absolument pas me lancer dans une histoire aussi compliquée.

J'eus un rire nerveux à cette pensée : Depuis quand m'imaginai-je vivre ne serait-ce qu'un semblant d'histoire avec un autre homme que le mien ? Je déraillai totalement. Au bord de la crise d'hystérie (faute à toutes ces choses invraisemblables qui me courraient dans la tête) je sortie la pizza du four, la découpait nerveusement avant de regagner le salon. J'ignorai le regard d'Alice, et celui d'Edward sur ma personne.

Le repas se fit dans une ambiance décontractée, j'écoutai Alice, Jasper et Edward parler de leur colocation cocasse, les regardant se chamailler sur leurs habitudes parfois étranges, m'amusant de leurs bêtises et souriant quand ils riaient.

Malgré moi, je n'arrivai pas à être totalement présente. Mes pensées se bousculaient, certaines criaient plus fort que d'autre. Je ne cessai de penser aux paroles d'Alice dans la cuisine, à celles d'Edward, à Riley. Je ne pouvais m'arrêter de me demander où il pouvait bien être allé. Même si j'en avais une vague idée, chez ses parents ou peut-être bien même au bureau, je n'arrivai pas à cesser de m'inquiéter. Il était partit tellement en colère, je ne l'avais jamais vu dans un état pareil.

Quand le repas fut terminé, je me levais pour débarrasser, emportant avec moi les assiettes que je posai dans l'évier dans la cuisine.

- Est-ce que ça va ? Demanda Edward en entrant dans la cuisine à son tour, muni des verres à vin vides.

Je sursautai, perdue dans mes pensées qui semblaient tourner en boucle sans cesse dans mon esprit torturé. Il me lança un regard contrit, pour s'excuser de m'avoir surprise.

- Ça va, me contentai-je de répondre, m'appuyant contre l'évier pour lui faire face.

Il avança, posa les verres dans l'évier derrière moi, créant un rapprochement tel entre nous que je retins mon souffle une seconde. Son parfum m'apaisa immédiatement, mon cerveau arrêtant sa lancinante torture.

Mon cœur lourd, s'allégea, manquant plusieurs battements.

Troublée, je le regardai reculer d'un pas, incapable de bouger. Ses yeux d'un vert étincelant semblèrent scruter mon visage à la recherche de quelque chose. L'air se raréfia quand, ses doigts, remirent une mèche de cheveux derrière mon oreille. Jamais personne n'avait eu de geste si doux vis à vis de moi depuis des années. La pulpe de ses doigts traîna sur ma peau, derrière mon oreille, provoquant un violent tremblement, allumant le feu sur ma peau, juste sous son touché. Son regard, qui avait suivi son geste, retrouva le mien. Sa peau quitta la mienne, il ramena sa main dans sa poche. Incapable de faire le moindre geste, je restai là, pantelante, le cœur battant à mille à l'heure attendant qu'il finisse par dire ou faire quelque chose, n'importe quoi, pour désamorcer la bombe dans mon corps qui allait exploser d'une seconde à l'autre et faire des dégâts irréparable.

Il déglutit, semblant prendre conscience de ce qu'il venait de faire. J'avais autant envie qu'il quitte la cuisine, qu'il recommence à me toucher… rien que pour ressentir une nouvelle fois tout ce que sa personne provoquait en moi.

C'était irréel, et totalement fou.

Quand il quitta la cuisine, un instant plus tard, je vidai l'air de mes poumons péniblement, essayant de calmer mon cœur devenu fou et le feu dans mon ventre, refusant de céder à la panique qui tentait se s'insinuer sous ma peau.

Ce qu'il venait de se passer, confirmait ce que je craignais le plus et que je refoulais depuis une semaine que je connaissais Edward : Il m'attirait, bien plus que je ne l'aurai voulu… et le pire de tout ça, au-delà de ses mots, ses regards et son geste… le pire, était j'aimais ce qu'il me faisait ressentir, plus que de raison.

Je rangeai tout ce qui pouvait traîner, mettant tout ce qui était sale au lave-vaisselle, nettoyant la cuisine rapidement pendant qu'Alice retapait les coussins du canapé.

Après que j'eus retrouvé mes esprits suite à l'incident de la cuisine, Alice et Jasper, tous les deux étincelants d'un entrain inquiétant, m'indiquèrent que pour, « enterrer » définitivement cette soirée un peu trop étrange, nous allions sortir.

Je n'eus pas la force de protester.

A vrai dire, sortir d'ici pour me changer les idées était la meilleure option du moment, surtout que, si je rentrai seule chez moi, je passerais certainement la nuit, et la journée à suivre dans une déprime totale. Comme ils étaient venus à deux voitures -Celle d'Alice et celle qu'Edward c'était acheté dans la semaine, ma meilleure amie eu la brillante idée de dire à Edward de me suivre jusqu'à chez moi, où je laisserai ma propre voiture, pour ensuite les rejoindre au pub qu'ils avaient choisit -celui où nous allions toujours.

Je savais pertinemment que son plan était diaboliquement bien orchestré.

Et je savais aussi, que me retrouver seule avec Edward était une idée vraiment très très mauvaise. Clairement : après tout les évènements de la soirée, je n'étais pas sûre de survivre à cette nuit.

Quitter la maison de Riley me fit du bien. Je n'avais jamais été très à l'aise chez lui. Tout était très aseptisé, il adorait la décoration design, quand moi, j'adorais la chaleur des meubles en bois. Très peu de décoration personnelle ornait son salon, alors que, chez moi, il y avait des dizaines de photos partout. Me forçant à ne penser à rien, je regagnai mon immeuble au volant de ma voiture, sentant en permanence la présence d'Edward derrière moi.

Tout le chemin, je n'eus qu'une obsession : espérer que sa voiture finisse par changer de route, et abandonne la mienne.

Ce ne fut évidement pas le cas.

Je me garai devant mon appartement, soufflai un bon coup avant de sortir pour regagner la voiture d'Edward sous une pluie battante. Quand je m'y installai, je m'excusai d'avance de l'eau qui dégoulinait des mes vêtements et de mes cheveux. Edward se contenta de sourire avant de se tordre pour atteindre l'arrière de son bras, attrapant un pull à lui qui traînait là.

- Il est propre, s'amusa-t-il en se rasseyant derrière son volant pendant que j'observai le pull, ne sachant qu'en faire. Ça ne fera sûrement pas le même effet qu'une serviette pour essuyer tes cheveux, mais je pense que ça pourra aider à ce que tu n'attrapes pas la mort pas ma faute.

- Techniquement, c'est la faute d'Alice.

Son sourire s'agrandit quand il démarra.

J'épongeai mes cheveux dégoulinants, essayant de respirer convenablement, malgré mon envie de plonger le nez dans son pull.

- Elle est vraiment… étrange, finit-il par dire en reprenant la route pour rejoindre Alice et son frère.

Je ne pus m'empêcher de rire. Nombreux, étaient les gens qui trouvaient Alice bizarre. Je me tordais pour reposer son pull sur la banquette arrière.

- Je ne sais plus, je t'avoue que nous sommes amies depuis trop longtemps pour que j'y prête encore attention, avouai-je en me rasseyant sur mon siège.

- Vraiment, je te tire mon chapeau. Je ne pense pas que je tiendrais aussi longtemps. Mon frère a signé son arrêt de mort en la demandant en mariage.

- Elle a de nombreuses qualités, heureusement.

Il me jeta un regard de biais, amusé. Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Elle sait faire le meilleure cappuccino du monde. Je crois que c'est ce qui a sauvé notre histoire, ajoutai-je après un silence, le faisant rire.

Une fois de plus, je restai ébahie devant tant de beauté. Je reportai mes yeux sur la route quand il me jeta un regard. Malgré moi, je me sentis rougir sous sa coupe.

- Vous vous êtes connues à l'école ? s'intéressa-t-il quand nous quittions mon quartier.

J'observai les réverbèrent éclairer la route, ne sachant si j'avais envie d'en parler… ou tout du moins, si j'étais prête à le faire. Je lui jetai un coup d'œil, observant ses traits concentrer sur la route, sa mâchoire carrée et son nez droit.

J'avais cette sensation étrange, d'être en compagnie d'un veille ami, quelqu'un qui je connaissait depuis si longtemps que s'en était déroutant. Sa présence, d'une certaine manière et malgré les sursauts incontrôlables de mon cœur, m'apaisait. Avec lui, je me sentais en sécurité.

- Son père à connue ma mère quand ils ont fait leur chimio… ils sont rapidement devenus amis. Ils partageaient les mêmes… galères, alors j'imagine que ça rapproche.

Je me tus un instant, prenant le temps de rassembler mes pensées, et de savoir ce que j'avais envie de dire ou non.

- Tu n'es pas obligée d'en parler, finis par souffler Edward quand il vit que je me perdais dans mes souvenirs.

- Non, ça n'est pas… ça va. Ils ont finis par être en rémission, ils ont continuer à se voir régulièrement, mes parents, ceux d'Alice… et on est devenues amies tout de suite. Il est difficile de ne pas l'aimer... (je souris à cette pensée) Chacun à reprit sa vie et puis… maman a finit par faire une rechute quatre ans plus tard. Les parents d'Alice ont été d'un grand soutien lors de son décès, j'ai passée pratiquement l'année qui à suivit chez eux.

- Et ton père ?

Je soupirai, ne sachant expliquer le tournure qu'avait prit notre vie de famille lors de la rechute de maman.

- Disons… disons que chacun de nous a dû survivre comme il le pouvait, me contentai-je de répondre.

Un feu rouge le força à s'arrêter. Edward fronça légèrement les sourcils, puis ses yeux s'attardèrent sur mes mains nouées et tremblantes sur mes genoux.

Parler de la pire période de ma vie me faisait mal physiquement. Avant que je n'eus le temps de respirer profondément, sa main se posa sur les miennes, stoppant toutes pensées de mon cerveau torturé.

- J'imagine que ça n'a pas été évident, murmura-t-il doucement, le regard fixé sur la route.

Je ne sus que répondre, complètement décontenancée par l'apaisement de mon corps en contact avec le sien. Ce nouveau sentiment répandit une douce chaleur dans ma poitrine, qui se diffusa lentement dans tout mes membres. Je tremblai, et il était impossible qu'il ne le sente pas.

A chaque fois, quand vous racontez aux gens que vous avez perdu un être cher, ils s'excusent, bien qu'il n'y soient pour rien. Mais pas Edward. Cette constatation me bouleversa presque autant que son contacte. Pour la première fois, quelqu'un semblait comprendre ma peine, et, surtout n'avait pas cette lueur de pitié dans les yeux à chaque regard pour moi. Pour la première fois depuis des années j'eus la sensation de ne plus être seule. - Perdre les gens qu'on aime… Il soupira, sa main pressa légèrement la mienne.

Il savait cela autant que moi, si ce n'est plus.

- Affronter son deuil seul n'est pas chose facile, finit-il par dire, la voix grave.

- Alice m'a dit… pour… vos parents. C'est vraiment horrible.

Sa mâchoire se crispa, je passai ma main sur la sienne, inversant la position, savourant la texture de sa peau avant de presser légèrement sa main à mon tour.

Je n'en fus pas sûre, mais j'eus l'impression déboussolante de le sentir trembler.

Il ne répondit pas, ce contentant de me sourire tristement. Je me doutais qu'évoquer ses parents devait être extrêmement douloureux. Une partie de moi avant tant envie qu'il se confie, comme je venais de le faire. Pourtant, je ne lui en teint pas rigueur, parler de nos blessures les plus profondes n'était pas facile, et chacun gérait sa peine différemment.

Edward se gara sur le parking du pub, le silence entre nous était agréable. Il n'était, pour le coup, ni pesant, ni étouffant. Sa seule présence suffisait à rendre le moment apaisant. Sa main n'avait pas quittée les miennes de tout le trajet -bien qu'il ne soit pas long, et j'appréhendai le moment où cela allait arrivé. Égoïstement, je n'avais pas envie de quitter son contacte tellement calmant et grisant à la fois.

Le moteur s'éteignit, mais sa main ne bougea pas pour autant.

Son regard courut sur moi, s'arrêtant tantôt sur mes yeux, tantôt sur ma bouche. Il inspira profondément, ferma les yeux deux secondes avant de me regarder à nouveau. Son corps se tourna dans un geste lent vers le mien, faisant sursauter mon cœur avant qu'il ne se mette à résonner dans mes tempes. Mon cerveau s'arrêta de fonctionner. Je n'avais qu'une envie : que ce sentiment de sécurité que je ressentais en sa présence ne s'arrête jamais. Sa main libre, comme plus tôt dans la cuisine, remit une mèche de cheveux derrière mon oreille, ses doigts traînèrent sur ma peau, glissant dans une lente caresse dans mon cou.

Cette fois, je fermai les yeux, profitant de son contact doux, léger et tellement, tellement brûlant.

Je n'en avais pas le droit, mais je ne pouvais rien faire pour lutter contre tout ça, contre lui. Il était si près de moi que je pouvais sentir son souffle brûlant sur mes lèvres, et la tension dans l'habitacle monta qu'un cran. Le feu crépita sous ma peau, dans mes veines. Mes mains tremblèrent.

- J'ai tellement la sensation de te connaître déjà par cœur, murmura-t-il de manière à peine audible.

En ouvrant les yeux, le voyant perdu dans la contemplation de ses doigts effleurant lentement la peau de mon cou, je me demandai vaguement si s'était rendu compte d'avoir dit cela à voix haute.

Il finit par se reculer, j'inspirai lentement, renvoyant le sang dans mes membres engourdis. Dès qu'il eu disparut, son contacte me manqua. Je sentis mes joues me brûler lorsqu'il descendit de la voiture alors que je n'avais pas réussi à bouger d'un pouce.

Il était totalement évident que les choses m'échappaient beaucoup, beaucoup trop.

La fin de soirée se passa sans incident majeur. Je restai à distance d'Edward, et lui de moi. Je luttai, aussi, pour ne pas trop le regarder. Si je m'avouai désormais qu'il me perturbait d'avantage qu'il l'aurait dû, je savais, aussi, que cela était impossible. Je passai le reste de la soirée à me convainc que je devais réparer les choses avec Riley, plutôt que d'apprendre à connaître cet homme qui m'avait certainement lancé un sort. Alice bu plus que de raison et m'entraîna dans sa chute.

« Pour oublier que ton mec est un connard » avait-elle dit quand nous avions trinquer la première fois, héritant d'un regard noir de ma part sur sa maudite personne.

5 mojitos et 3 cosmos plus tard, je montai dans la voiture d'Edward en gloussant comme une adolescente quand il se retrouva obligé de m'attacher, étant incapable de le faire moi-même.

- J'veux Alice, marmonnai-je en tordant le cou pour l'entr'apercevoir se débattre contre Jasper qui essayait de l'installer dans sa voiture.

- Je jure que vous mériterez qu'on vous laisse sur ce parking, gronda Edward en me repositionnant comme il le voulait.

Je haussai les épaules le plus haut possible. Mon cœur se souleva quand ses mains effleurèrent mes cuisses pour bien mettre ma ceinture. Je l'observai -l'admirai serait plus juste- et indépendant du reste de mon corps, mon doigts effleura sa mâchoire carrée, ce qui le fit sursauter.

- Isabella, gronda-t-il pendant que j'éclatai d'un rire ridicule.

La façon dont il utilisa mon prénom m'électrisa toute entière. Ma main glissa dans son cou, et je m'émerveillai du frisson que je sentis sous la pulpe de mes doigts. J'essayai de rester sage, mais je me tortillai en le sentant se débattre avec ma ceinture.

- Tu sais que tu es plutôt beau ? Soupirai-je en le dévisageant.

Un sourire se dessina sur sa bouche quand il se redressa, après avoir, enfin, réussit à m'attacher.

Son visage à hauteur du mien, il soutint mon regard vitreux avant de rire légèrement. Si j'avais pu avancer ne serait-ce de cinq centimètres, j'aurai pu poser ma bouche sur la sienne, pour voir, seulement, l'effet que cela faisait. Je commençai à avoir, vraiment, envie de le faire.

Je finis par grimacer, une douleur lancinante dans le crane. L'alcool ne me réussissait vraiment pas.

Il finit par se reculer, claqua ma portière avant d'aller aider Jasper à attacher Alice qui se débattait encore. Je collais mon visage contre la vitre pour mieux voir ce spectacle hilarant. Alice avait beau être aussi grande qu'une chèvre naine, elle semblait avoir une force de titans.

Merci Saint James.

Jasper finit par jeter mon amie sur son épaule alors qu'elle tentait de s'échapper, avant de la jeter à l'arrière de sa voiture. Ce geste, bien que non violent, m'irrita légèrement.

Je tentais d'ouvrir la portière pour aller aider mon amie, m'y reprenant à deux fois avant d'y arriver.

- Où est-ce que tu crois aller comme ça jeune fille ? Demanda soudain Edward tout près de moi.

J'étais pourtant certaine de l'avoir vu à coté de la voiture d'Alice deux secondes plus tôt.

- T'es un genre de super héros ?

Ma voix me parut étrange, presque lointaine. Un rire le secoua.

- Pas vraiment, non, soupira-t-il en me repoussant mes jambes dans l'habitacle. Ton cerveau marche juste à deux à l'heure.

Il laissa passer un silence et m'observa à travers ses cils.

- Et tu n'aurais pas pu quitter la voiture de toute façon, tu es encore attachée.

Je soupirai lourdement en laissant tombée ma tête en arrière, vaincue. Un sourire très moqueur ne le quitta pas, même lorsqu'il monta dans la voiture et démarra.

- Rappelle moi de ne jamais te laisser boire de nouveau avec Alice, rigola-t-il après avoir quitté le parking. Je suis sûr que Jasper se bat toujours avec elle pour l'attacher dans sa voiture.

Je soupirai, pas certaine d'être en état de comprendre sa phrase.

L'alcool semblait comprimer mon cerveau, m'empêchant de penser correctement.

- Évite de me parler, s'il te plaît. J'voudrais pas dire trop de choses…

Je cherchai mes mots, fronçant les sourcils en contemplant mes doigts.

- Honteuses, finis-je par dire en le regardant.

Il éclata d'un rire léger. Ses dents rectilignes apparurent, recouvertes par ses fabuleuses lèvres roses.

- Je t'ai déjà dit que t'étais beau ? Demandai-je avant de fermer subitement la bouche. Tu vois ! m'écriai-je, provocant son rire de nouveau.

- Il paraît que l'alcool nous fait dire ce que l'on pense vraiment, s'amusa-t-il en me jetant un regard.

Si je n'avais pas autant bu, j'aurai certainement été cramoisie.

A la place, je haussai les épaules, puis me concentrait sur la route pour éviter de trop le regarder -et de trop lui dire qu'il était beau, surtout. Mon cerveau détraquer le compara immédiatement à Riley.

- Riley est moins beau, et c'est un con, finis-je par soupirer après une minute de silence. Je devrais le quitter.

Même avec tout l'alcool qui imbibait mes tissus et mon cerveau, je sentis Edward se crisper. Ses mains se serrèrent autour de son volant.

- Tu y réfléchiras quand tu seras sobre, se contenta-t-il de répondre. Je ne crois pas que ce genre de décision se prenne avec deux grammes dans chaque poche.

Malgré le ton grave de sa voix, je pouffais idiotement, ce qui le fit sourire.

Quand il se gara en bas de chez moi, on resta immobiles un instant. Moi, me demandant si j'arriverai jusqu'à chez moi en un seul morceau et lui… lui, le regard perdu dans la rue déserte devant nous. J'aurai aimé savoir ce à quoi il pensait. Peut-être avait-il envie de monter ?

- Est-ce que tu veux…

- Ça n'est pas une bonne idée, me coupa-t-il en regardant toujours la rue devant nous.

Je fermai la bouche comme une carpe. J'avais l'impression que j'allais me fracasser la tête contre le sol si jamais il ne m'aidait pas à retrouver ma porte d'entrée. Peut-être même que j'allais me perdre et frapper chez un inconnu qui me tuerait, ou même pire.

- J'veux pas coucher avec toi, marmonnai-je en récupérant maladroitement mon sac à mes pieds.

Malgré lui, un rire le secoua quand il me regarda à nouveau.

J'n'avais encore jamais fait attention à ses cils, mais ils étaient énormes.

J'eus un vague élan de jalousie. Moi aussi, j'aurais voulu avoir de longs cils comme ça.

- Moi non plus. La nécrophilie n'est pas mon truc, répondit-il, son stupide sourire en coin sur la bouche.

Mes yeux s'attardèrent sur elle, avant que mon cerveau comprenne sa phrase.

- Je sais que je suis trop bourrée, soupirai-je avant d'ouvrir la portière. Je voulais juste te demander si tu voulais pas me raccompagnée jusque dans mon canapé, parce que là… franchement, je sais pas si je vais retrouver mon appartement.

Il retint un rire moqueur, puis il se détacha et sortit de la voiture pour en faire le tour. Il me tendit sa main pour m'aider à en descendre. Hormis le fait d'avoir l'impression d'être un éléphant, le voyage jusqu'à l'ascenseur se fit presque normalement.

Je tanguai légèrement, mais le reste de ma personne avait l'air normal. Du moins, je l'espérai. La partie encore lucide de mon cerveau espérait n'être pas complètement ridicule devant lui. J'essayai de me concentrer sur mes pas quand on rentra dans l'ascenseur, attendant que mon étage arrive.

- Tu es bien silencieuse.

- Je me concentre pour pas tomber. Ou vomir.

Ou les deux, cria mon cerveau toujours à l'ouest.

A nouveau, Edward rigola.

- Au moins je te fais rire, me gratifiai-je, quelque peu fière, quand les portes s'ouvrirent à mon étage.

Edward ne répondit rien, se contentant de secouer la tête, puis m'aida à me tenir bien droite d'une main dans mon dos le temps qu'on parvienne à ma porte. Je fus trop concentrer à ne pas tomber pour prendre pleinement conscience de son touché. Après un temps infini de recherche de mes clés dans mon sac, et un autre où j'essayai, en vain, d'ouvrir la porte toute seule, je lui tendis les clés, lui demandant silencieusement de mettre fin à mon supplice. Ma tête allait exploser.

Mes jambes tremblaient tellement qu'elles semblaient avoir du mal à supporter mon poids.

J'ignorai son regard moqueur et son sourire un peu trop canon. Je me mordis la lèvre, me retenant de lui (re)dire à quel point il était beau. Quand on rentra dans l'appartement, sa chaleur me fit du bien.

Je balançai mon sac sur la table de salon, qui atterrit évidement par terre dans un bruit sourd. Je soupirai lourdement, essayait d'enlever mes chaussures le moins ridiculement possible. Ce fut mission impossible. Je réussis à enlever la première sans trop de difficultés, mais quand la deuxième chaussure quitta mon pieds, le drame se produisit.

Je perdis l'équilibre, et, alors que le sol se rapprochait beaucoup plus vite que la normale de mon visage, je sentis Edward me ramener d'un geste brusque contre lui. Il me souleva dans ses bras, à la manière d'une princesse. J'en profitai pour glisser mon nez dans son cou, inspirant son odeur tellement enivrante alors que le balancement de sa démarche me berçait. J'aurai pu m'endormir dans cette position, à l'instant, si il ne m'avait pas parlé de nouveau :

- Ta chambre ?

Je réussis à ouvrir les yeux, reculant assez pour le regarder. Son regard, bien qu'emprunt d'un amusement certain, était sombre.

- Je croyais que tu ne voulais pas coucher avec moi ?

Il éclata d'un rire joyeux avant de secouer la tête.

- Je veux simplement te coucher avant de partir, je n'aimerais pas apprendre que tu t'es ouvert le crane en voulant te mettre au lit. Je me sentirai responsable.

D'humeur grincheuse, et ayant (presque) marre qu'il se moque de moi, je lui indiquai ma chambre en boudant. Si j'en avais eu la force, j'aurai croisé les bras sur ma poitrine pour lui montrer mon mécontentement, mais ceux-ci semblaient peser une tonne. Il finit par passer la porte de ma chambre, puis me déposa sur mon lit avec douceur.

- Est-ce que ça va ? Demanda-t-il quand je grimaçai, la douleur dans mon cerveau faisant des siennes à nouveau.

- Ma tête va exploser… rappelle moi de ne plus sortir avec Alice…

- Promis, jura-t-il en attrapant les draps pour les rabattre sur mon corps engourdis.

Mon regard voyagea sur son visage pendant qu'il m'observait.

Je me demandai vaguement si je lui avais déjà dit à quel point il était beau quand sa main caressa ma joue d'un geste tendre. Malgré tout l'alcool dans mes veines et le mal de tête qui commençait à arriver plus que sérieusement, je vis son regard passer de mes yeux à ma bouche. Mon cœur sursauta, je me concentrai du mieux que je pu sur l'expression de son visage, avec l'horrible sensation au creux du ventre qu'il allait disparaître d'un instant à l'autre.

Il y eu un silence, son souffle s'accéléra quand je réussis à lever un main jusqu'à son visage, mes doigts effleurant sa joue, puis sa bouche en tremblants. La texture de sa peau chaude sous mes doigts me donna le tournis. J'effleurai sa courte barbe de mes doigts fébriles, me délectant de la sensation sous ma peau.

Le toucher ainsi était tellement déroutant.

J'avais beau avoir bu plus que de raison, j'eus un élan de lucidité en laissant retomber ma main. Je fermai les yeux, en proie à des centaines d'émotions contradictoires qui fusèrent dans ma tête. On aura dit un feu d'artifices, mais de choses beaucoup moins belles que ce que les fusées dégagent.

- Je vais te laisser dormir, se résigna-t-il, son touché me quittant déjà, laissant une brûlure incandescente sur ma peau.

Mes paupières lourdes s'ouvrirent alors qu'il partait, son corps s'éloignant dans une démarche gracieuse. Il allait passer la porte de ma chambre quand ma bouche parla plus vite que mon cerveau ne pouvait réfléchir.

- Edward, reste. Il stoppa son mouvement, ses épaules se crispèrent quand il inspira lentement avant de me regarder. Je m'assis dans mon lit doucement, pas certaine de réussir à tenir droit comme je le voulais. Je ne voulais pas qu'il pense que je n'étais absolument pas maîtresse de mes mots et mes pensées. Même si je n'étais pas sûre que ça soit vraiment absolument le cas.

- Isabella, je… c'est vraiment, vraiment pas une bonne idée.

Je baissai les yeux, honteuse, presque blessée. Peut-être était-ce l'alcool, peut-être le reste, quoi qu'il en soit, je ne voulais plus qu'il parte, cela, j'en étais certaine. Mon cœur battait beaucoup trop vite pour qu'il parte maintenant.

- Reste. S'il te plaît, le suppliai-je en le regardant à nouveau.

Un long moment passa, ses yeux trahissant toutes sortes de sentiments contradictoires, ses mains se serrant, se desserrant à mesure que les secondes passaient. Il finit par fermer les yeux quelques secondes, soupirer, avant de laisser tomber sa tête en arrière, regardant le plafond quelques secondes. Il me sembla même que ses lèvres bougèrent, mais je n'eus pas le temps de lui demander si il priait qu'il avait prit sa décision.

D'un geste lent, il referma la porte de ma chambre, et avança pour me rejoindre.


J'veux lire vos théories pour la prochaine fois !

Vous savez ce qu'il vous reste a faire si vous avez envie de lire la suite...

J'vous embrasse, à très vite.

Tied.