On est mardi ! Et j'vais prendre l'excuse de l'anniversaire de mon papa pour publier aujourd'hui (ne cherchez pas le rapport...)

Un nouveau looong chapitre, comme on les aimes. Je crois que c'est mon préféré de tous !

J'vais répondre à vos reviews de ce pas.

En se retrouve en bas, j'ai hâte de lire vos réactions...


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !


Chapitre 5

- Est-ce que tout va bien ? Demanda-t-il, se penchant légèrement pour se trouver à hauteur de mes yeux.

Son mouvement nous rapprocha tellement que je dus me reculer pour réussir à lui répondre, et pour que mon cœur ne sorte pas de ma poitrine. La facilité avec laquelle il pouvait lire en moi était perturbante.

- Tout va bien, oui, mentis-je en refusant catégoriquement de lui parler de la tournure de ma vie depuis quelques jours, et d'autant plus depuis ce midi.

Mon histoire d'amour s'était terminée sur une humiliation totale, et je n'avais absolument pas envie que qui que ce soit l'apprenne tout de suite.

Même si l'hésitation dansa dans ses yeux, je lui fus incroyablement reconnaissante de ne pas poser plus de questions. Rares étaient les personnes capable de respecter le silence de l'autre.

Malgré le chagrin constant que je sentais encore peser lourdement sur mes épaules, sa seule présence suffit à calmer mes yeux encore brûlants. Je me demandais, encore une fois, quelle sorte de pouvoir pouvait-il bien avoir sur ma personne pour réussir à calmer mon cœur et ma fierté meurtrie après tout ce que j'avais appris quelques heures avant.

On se dévisagea un instant, lui, semblant quelque peu inquiet de mon état, moi, absolument fascinée par la couleur de ses yeux, alors, qu'au dessus de nous, le ciel devenait noir.

Comme faisant écho à ma pensée, il leva les yeux vers le ciel et grimaça. Une bourrasque de vent nous bouscula, littéralement, me faisant me rapprocher dangereusement de son corps.

- On devrait s'abriter, l'orage arrive, conseilla-t-il en sentant les premières gouttes de pluie.

J'opinai du chef rapidement, peu désireuse de me faire trempée jusqu'au os après avoir passé un après-midi pareil.

D'une main dans mon dos, il m'emmena avec lui jusqu'au café du coin de la rue dans une démarche rapide alors que la pluie commençait à tomber. Son contact me brûla mais cette sensation fut apaisante. Je me concentrai sur son pas rapide, pour nous mettre à l'abri sous la tonnelle de ce lieu qui ne me disait rien.

Je ne reconnaissais absolument pas cet endroit, et quand mes yeux se posèrent sur la boutique aux couleurs pastels, je fus ébahie qu'un mélange de tant de couleur donne quelque chose de si joli et douillet. La pluie se mit à tomber en grosses gouttes alors que nous arrivions enfin à notre destination.

Des trombes d'eau tombèrent du ciel d'un seul coup, et un grondement sourd résonna dans la rue, faisant éclater des cris surpris des passants qui courraient se mettre à l'abri ici et là.

Pour ma part, je ne pus m'empêcher de rire en arrêtant notre course devant la porte du café. Edward me suivit dans mon rire, l'adrénaline réveillant mon corps encore engourdis.

Le constat fut évident et sans appel : nous étions mouillés, mais pas autant trempés que ces pauvres passant sans parapluie. Certains courraient même avec un journal en guise d'abri. Edward se secoua légèrement, avant de passer une main dans ses cheveux humides.

- Faut vraiment que je pense à repartir vivre dans un pays chaud où il ne pleut jamais, grogna-t-il, provocant mon rire à nouveau.

Ses yeux fascinants rencontrèrent les miens. Il se retint de sourire, captant clairement ma moquerie.

- Je ne vous permet pas ! s'indigna-t-il en me menaçant de son doigt dégoulinant.

- Pardon fillette, me moquai-je de nouveau, ce qui ne fit qu'agrandir son sourire. Tu devrais retourner vivre en Égypte, conseillai-je après un léger silence.

On échangea un regard complice, mon cœur loupa un battement. Je frissonnai, ne sachant plus si cela venait de la pluie, et de l'orage qui éclatait au dessus de nos têtes, ou simplement de lui, de son regard et de sa présence qui me bouleversaient complètement.

- Tu veux entrer boire quelque chose de chaud ? Proposa-t-il après avoir jeté un coup d'œil au café presque vide à cette heure-ci.

- Je me damnerai pour un chocolat chaud, avouai-je, désireuse de découvrir ce restaurant de l'intérieur.

Il ouvrit la porte, me fit galamment passer devant lui avant de s'engouffrer à son tour dans la pièce surchauffée. J'eus une pensée pour ma mère, qui aurait sans doute trouvé son geste remarquable. Elle était une adepte de la galanterie. Pour elle, cela comptait autant que la fidélité.

La température nettement supérieure à celle de l'extérieur me fit un bien fou, pour autant, je ne cessais de trembler.

- Vas t'asseoir, souffla-t-il en se penchant vers moi, je vais nous commander des chocolats.

J'obéis, docile, en essayant de ne pas écouter mon cerveau qui hurlait qu'il sentait incroyablement bon, comme si la pluie avait décuplée son odeur, rendant son parfum incroyablement troublant. Mon cerveau détraqué commença à se demander ce que donnerait l'odeur de sa peau sous la douche quand je bloquais mes pensées, refusant même d'imaginer quoi que ce soit de cette scène absolument déplacée, mais totalement déroutante.

Et brûlante.

Inflammable.

J'allais finir par me brûler les ailes si je restais trop près de lui, cela, j'en étais certaine.

Je m'assis au fond de la salle, et soufflais dans mes mains pour me réchauffer. Mes tremblements se calmèrent quand je concentrais mon regard sur l'extérieur pendant un moment, admirant les éclairs déchirer le ciel. Beaucoup de gens avait peur des orages. J'avais connu, dans mon entourage parfois proche, des personnes qui hurlait au moindre coup de tonnerre. Pour ma part, ce spectacle de la nature avait toujours été fascinant. La nature dans toute sa puissance et sa splendeur.

- Mon grand-père me disait que les Dieux jouaient au bowling à chaque coup de tonnerre, confessa Edward en venant s'asseoir en face de moi, nos chocolats chauds fumant dans les mains.

Souriant doucement à sa confidence, je baissais les yeux sur la tasse qu'il me tendit. Je ne pus retenir mon sourire qui s'agrandit. Mon ventre me rappela à son bon plaisir.

- Chamallows ? m'exclamai-je, surprise en regardant la tasse débordant de mes sucreries préférées. Comment as-tu…

- C'est venu dans une conversation avec Alice, avoua-t-il, n'arrivant visiblement pas à retenir son sourire, lui non plus.

Je fronçai les sourcils.

- Comment mes goûts en matière de chocolat chaud ont-ils bien pu arriver dans une de vos conversations ?

Je n'en fus pas certaine, mais j'aurai juré le voir rougir. Il haussa les épaules négligemment, fixant un point derrière moi.

- Alice, lança-t-il en guise d'explications.

Je souris, pensant que c'était peut-être la meilleure explication de tous le temps. Je portais ma tasse à mes lèvres, fermant les yeux quand l'odeur du chocolat envahit mes sens. Cette odeur… je ne m'en lasserai jamais. Mes papilles éclatèrent à la première gorgée, je ne pus m'empêcher de gémir de contentement. C'était peut-être le meilleur chocolat qu'il m'avait été donné de goûter.

Quand j'ouvris les yeux, son regard brûlant verrouilla le mien. Oui, j'avais gémis assez fort pour qu'il l'entende.

- C'est délicieux, merci, murmurai-je après une seconde pendant laquelle il me dévisageait sans aucune gêne.

Comme la première fois.

Il me fit un sourire doux, avant qu'un nouveau coup de tonnerre résonne, faisant vibrer les murs du café. Les deux clientes qui étaient dans le café, assises de l'autre coté de la salle, sursautèrent et émirent de petits cris, me faisant sourire.

- Je n'ai jamais compris cette peur irrationnelle de l'orage, avouai-je à voix basse en me penchant vers lui, l'incluant dans ma confession quelque peu moqueuse.

Son regard sonda le mien, puis se porta dehors. Il eu un sourire plein de nostalgie.

- Ma mère en avait une peur bleue, se souvint-il en souriant. Je me rappelle qu'elle allait se cacher dans la baignoire à chaque fois qu'un orage éclatait. Mon père passait son temps à se moquer d'elle à cause de ça.

Je souris à mon tour, admirant la beauté des éclairs fendant le ciel.

- Drôle d'idée que la baignoire, m'amusai-je quand son regard se reporta sur moi.

Il haussa les épaules, visiblement amusé, malgré la lueur de chagrin dans ses émeraudes.

- Ma mère était la personne la plus censée et mature de la Terre… pour autant, dès que le temps devenait orageux, elle pouvait hurler comme un bébé. Elle a réussit à transmettre sa peur à Jasper.

- Vraiment ?

- Tu ne l'as jamais vu un jour d'orage ? Il se calfeutre chez lui, il n'est même pas capable d'aller travailler !

- Je garde cette info dans un coin de ma tête pour la sortir au moment opportun.

Cette fois ci, un petit rire le secoua. Je me mordis la lèvre, perturbée par tout le charisme qu'il dégageait.

- Ma mère les a toujours adoré, avouai-je à mon tour, alors qu'un éclair illuminait la pièce, et son visage. On passait parfois des heures assise au bord de ma fenêtre de chambre pour voir le ciel se déchirer. C'est un spectacle dont je ne me lasse jamais.

- Les orages en Laponie sont d'autant plus impressionnants. On a l'impression que le ciel touche le sol, littéralement.

- Tu as été en Laponie ? m'étonnai-je.

- I ans, j'ai passé un mois là-bas, c'était le rêve de mon père et je…

Il se tut, se perdant dans ses pensées. Il se racla la gorge pour reprendre contenance, reporta son regard sur l'extérieur où l'orage semblait s'intensifier.

- Je voulais voir les aurores boréales pour lui, finit-il par dire après quelques secondes, reportant ses yeux sur mon visage.

L'éclat de tristesse dans ses pupilles me transperça de part en part.

- Il paraît que c'est sublime, murmurai-je perturbée par l'intensité de son regard.

- Ça l'est. C'est vraiment… inexplicable. Tout est noir et, d'un coup, les lumières apparaissent et touche la Terre… je n'ai encore rien trouver d'égal à ça jusqu'à aujourd'hui.

- Je suis à deux doigts d'acheter un billet, arrêtes de m'en parler.

La légèreté retrouva ses yeux clairs, il étouffa un rire.

- Je t'accompagne volontiers, admit-il, soudain très intéressé.

- Si seulement c'était si facile !

On échangea un regard rêveur, puis nos sourires prirent place.

J'étais bien, ici avec lui. Comme à chaque fois que sa présence m'entourait. J'avais ce sentiment fou, d'être à ma place, alors qu'il ne faisait partit de ma vie que depuis quelques semaines. La conversation se prolongea longtemps, si longtemps que l'orage finit par disparaître, laissant place à la nuit noire.

Discuter avec lui était indéniablement facile, tous les sujets y passèrent. Nous parlions de tout, de rien, de notre passé, de la vie que nous avions menés, de nos envies pour le futur et de nos métiers respectifs. J'appris qu'Edward était menuisier de métier. Cela expliquait son rôle dans la construction de bâtiments au Népal, j'appris qu'il était également partie un an en équateur, construire des écoles.

Plus il parlait, plus j'étais fascinée.

Malgré sa formation initiale, il touchait à tout, et avait même enseigné l'anglais dans une école en italie pendant quelques mois. Cette homme avait un parcours remarquable, les missions humanitaires qu'il avait effectué était nombreuses, bien que presque toutes improvisées sur le tas.

Chaque chose que j'apprenais de lui me fascinait d'avantage.

Il se montra véritablement intéressé par l'histoire de ma librairie, le fait que ma grand-mère et ma mère l'ait montée de toute pièce, qu'elles soient partie de zéro pour en faire une vraie librairie que les gens affectionnait particulièrement, par sa simplicité et sa chaleur.

Alors qu'il me posait mille questions sur le fonctionnement de mon métier, je me fis la réflexion que Riley ne s'y était jamais vraiment intéressé. Pour lui, cela relevait plus du hobby que du vrai travail.

Passionnée de livre depuis toujours et ayant grandit au milieu des étagères de la librairie, je confiai à Edward que je n'avais jamais envisagée de faire autre chose de ma vie. Cela était mon héritage, et plus encore : cette librairie était mon histoire.

Je ne parlais pas de Riley une seule fois, et il ne posa pas de question. Je n'avais pas envie d'aborder le sujet, et il respecta mon silence.

On finit par sortir du café, à force de rencontrer les œillades peu aimable de la serveuse qui désirait apparemment fermer.

Quand on sortit sur le trottoir, le froid de la nuit s'était totalement installé. La vie pourtant continuait sur les boulevard encore animés, Boston était une ville sans arrêt en mouvement.

Fatalement, il allait falloir que l'on se sépare et qu'on retourne à nos vies respectives… et cette perceptive ne me donnait absolument pas envie. Cela faisait des mois, voir des années que je ne m'étais pas sentie aussi bien avec quelqu'un. Je n'avais pas envie que cela se termine si rapidement.

- Est-ce que ça te dirait, de manger un bout ?

J'haussai un sourcil, heureuse qu'il pose la question avant moi. Sa gêne était palpable, je ne pu m'empêcher de sourire : lui non plus, n'avait pas l'air d'avoir envie que cette soirée se termine.

- Je meurs de faim, avouai-je en ne pouvant retenir mon sourire.

- Super ! Enfin, non pas super que tu meurs de faim mais…

Je pouffai lui donnant un coup d'épaule alors que nous commencions à marcher tranquillement.

- Sois pas si prude, me moquai-je en enfonçant mes mains dans mes poches.

Il leva les yeux au ciel et ne réprima pas le sourire en coin qui le gagna.

- De quoi as-tu envie ? Demanda-t-il, clairement amusé.

J'haussai les épaules.

- Peu importe, ce que tu veux. Du moment que tu ne m'emmènes pas à l'Ostra…

Il me jeta un regard de biais, je refoulais mes pensées envers Noah en me concentrant sur mes pieds.

- Un problème avec ce restaurant ?

- Un problème avec les restaurant chics, d'une manière générale, avouai-je en regardant devant moi. Rien ne vaut mieux qu'un bon vrai hot dogs.

- Enfin une femme qui sait me parler ! s'écria-t-il, récoltant mon rire.

Un vrai sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'on longeait les rues, remontant plus en centre-ville.

Je me concentrai sur la rue, essayant de refouler mon rougissement et le plaisir que sa phrase faisait naître en moi. Il n'avait aucune idée de l'effet qu'il avait sur moi.

On marcha un moment, son bras frôlant le mien à chaque mouvement. C'était agréable, d'être avec lui, ici, malgré le froid qui piquait mon visage. Ce sentiment de bien-être ne me quittait plus. On s'arrêta au kyosque à hot dogs sur Center Street.

Le meilleur de la ville selon Edward.

J'émis un léger doute, mais lui donnai mon accord pour nous commander notre repas. Je réglai les hot-dogs sous son œil désapprobateur. C'était le genre de chose que Riley m'interdisait toujours de faire. Le fait qu'il proteste, mais ne m'empêche pas de le faire, me fit du bien. Je n'avais alors plus l'impression d'être une gamine qu'on entretenait.

- Si ma mère était encore là elle m'aurait passer un savon de t'avoir laisser payer notre premier repas tous les deux.

Je lui jetai un coup d'œil faussement agacé en m'asseyant sur un des bancs de la rue, et sortit ma nourriture de son emballage.

- Ma mère m'a appris à être une femme indépendante, Monsieur.

L'odeur de mon repas remonta à mes narines, mon ventre fit un bruit monstrueux. Il s'assit à mon coté, sa cuisse touchant la mienne. C'était agréable, bien que perturbant pour mon cœur qui sursauta.

- Depuis combien de temps n'as-tu pas donné à manger à ton pauvre estomac ? Demanda Edward, la bouche suspendue au dessus de son hot-dog.

J'haussai les épaules, il fronça les sourcils.

- Il faut manger, Bella, je ne voudrais pas te retrouver à l'hôpital parce que tu as perdu connaissance...

- Ah ah… si tu arrêtais de me parler je pourrais peut-être réussir à goûter « la meilleure chose que l'Homme est inventée »

Il me lança un regard noir, sans départir de son sourire pour autant.

- Goûte au moins, avant d'émettre le moindre jugement.

Je m'exécutai avec envie.

Le goût fut bien meilleur que ce à que j'avais imaginé. Cette chose était délicieuse, je me gardais pourtant l'envie de lui dire pour moi. Rien n'était plus jubilatoire que de le mener par le bout du nez.

- C'est pas mal, admis-je après en avoir mangé la moitié, mais ça ne vaut pas ceux de Washington Street.

En vérité, ceux-là étaient mille fois meilleur.

Il leva les yeux au ciel, ne croyant pas un traite mots de ce que je venais d'avancer.

- On les goûtera la prochaine fois, alors, proposa-t-il, son regard brillant de joie dans le mien.

Je ne répondis pas, trop perturbée par la sensation que sa phrase provoquait en moi. Avait-il envie d'une prochaine fois ? Il croqua dans son hot-dog, fermant les yeux en gémissant.

Ce geste suspendit le mien.

Mon ventre se retourna et je restai un instant inerte, incapable de faire autre chose que d'admirer son visage où le plaisir débordait par tout les pores. J'eus du mal à ne pas avaler de travers. Mes doigts, indépendant du reste de mon corps et n'obéissant visiblement plus à mon cerveau, frôlèrent ses lèvres où une goutte de sauce s'était échappée. Mon geste le figea, et mes joues s'empourprèrent.

C'était désormais officiel : mon cerveau avait un problème.

J'avais vraiment, vraiment très envie de lécher mon doigts, mais me ravisai en l'essuyant sur ma serviette. Qu'avait-il fait de ma personne ? Son regard était brûlant, et je me concentrai sur la rue devant nous pour réussir à finir mon hot-dogs sans mourir d'une fausse route. Le reste de notre repas se fit dans un silence agréable, et je ne le touchais plus, de peur de passer pour une folle furieuse pleine de pulsions à son égard.

Quand on eu terminé, il jeta nos emballages dans une poubelle un peu plus loin, reprenant notre marche dans le vieux Boston. Les bâtiments en briques rouges m'avaient toujours fascinée, cela faisait clairement de cette ville un monde à part.

- Je comprends pourquoi mes parents en sont tombés amoureux, admis-je au détour d'une rue.

- Ils n'ont pas toujours vécus ici ?

- Non, ils sont nés à New York et se sont rencontrés là bas, à l'université. Ils sont venus ici pour un week-end et je crois qu'ils n'en sont jamais repartis.

Un sourire s'installa sur mon visage quand j'imaginai mes parents très jeunes se promener, ici même. J'avais l'impression, chaque jour, de marcher dans leurs pas. Et cela n'était pas douloureux, au contraire.

- Boston est une belle ville, reconnus Edward en laissant ses yeux se balader sur les rues autour de nous. Il n'y a qu'ici que je me sens vraiment chez moi.

- Idem, souris-je à mon tour, nous dégotant un nouveau point commun.

Nous en étions à a peu près 500 depuis le début de la soirée. Etait-ce normal, de rencontrer quelqu'un qui soit tellement différent et, à la fois, qui nous ressemble autant ?

Une heure plus tard, Edward s'arrêtât au coin d'une rue, je refoulais un bâillement.

L'absence de sommeil des dernières nuits commençait à peser lourd, même si je n'avais pas envie de le quitter.

- Veux-tu que je te ramène ? Demanda-t-il, soudain concerner par ma fatigue.

- Non, je vais prendre un taxi, t'embête pas.

- Ma voiture est garée dans la rue d'à coté, avoua-t-il, un léger sourire sur les lèvres. Je ne te ferai pas payer la course, moi au moins.

- Je ne sais pas si…

- Laisse moi au moins ce plaisir là, s'il te plaît.

Son ton suppliant, le fait qu'il se soit largement rapproché, si bien que je doive lever la tête pour trouver ses yeux et son odeur m'entourant eurent raison de moi. J'abdiquais d'un hochement de tête, redoutant malgré moi le moment où son corps allait s'éloigner du mien.

Je savais, que mes sentiments de l'après-midi, auxquels je n'avais pratiquement pas pensé depuis nos retrouvailles, allaient revenir à moi en galopant quand il ne sera plus dans les parages.

On regagna sa voiture dans un silence agréable. Moi qui ne les avais jamais trop aimé, les trouvant souvent pesant ou angoissant, les silences avec lui étaient reposants.

Trop vite, nous fumes devant mon appartement.

Je regardais la tour de quatre étages, repoussant le moment où j'allais devoir me séparer de lui. Je ne savais pas, ce que cela voulait vraiment dire, mais en sa présence, plus rien ne semblait pouvoir m'atteindre.

- Je te raccompagne à la porte, murmura-t-il en sortant de sa voiture, ne me laissant pas le temps de protester.

De toutes manières, je n'en avais ni la force, ni envie. Je sortis à mon tour, la tête bouillonnante.

La pluie recommença à tomber quand on atteignit le pré-haut devant les portes doubles de l'entrée.

On échangea un regard amusé d'être, de nouveau, attaqués par la pluie.

- Ça donne très envie de repartir, marmonna-t-il en regardant le ciel avant de faire tomber ses yeux sur moi.

Je ne fus pas état de lui répondre, moi aussi, subitement, je mourrais d'envie qu'il reste. L'air changea subitement, devant lourd et étouffant.

J'eus l'impression déboussolante que c'était la première fois que quelqu'un me regardait vraiment.

Je n'avais plus rien, ni carapace, ni barrières, ni secrets. Ses yeux semblaient réussir à sonder mon âme, déshabillant ma personne et mon cœur, me rendant si vulnérable que mes mains tremblèrent.

Il fit un pas pour se rapprocher de moi, leva sa main en direction de mon visage, semblant chercher un accord quelconque de ma part.

Je ne sais ce que mes yeux exprimaient mais cela dû le perturber, car il déglutit péniblement, son regard d'une intensité rare fouillant le mien sans retenue.

Mon cerveau stoppa tout fonctionnement quand sa main effleura ma joue dans une caresse tendre, provocant une slave de frisson sur ma peau en feu.

J'avais envie qu'il ne cesse de me toucher, et à la fois, j'avais envie de disparaître d'ici.

Je ne savais pas si j'allais survivre à un autre regard aussi brûlant de sa part. La combustion spontanée faisait-elle partie de mes capacités ?

- J'ai l'impression que tu vas exploser si tu continues à garder toutes ces choses en toi…

Sa voix me fit frissonner de la tête aux pieds, ou était-ce ses mots ? Toujours est-il que je dus m'accrocher à son sweat pour ne pas tomber tant ma tête tourna. Je me rendis compte que j'avais cesser de respirer.

Il inspira lentement, sa main caressant ma joue retomba le long de son corps.

Ses yeux glissèrent sur mes lèvres, mon palpitant envoya de longues décharges le long de mon jambes et de mes bras, l'électricité courant sur mes nerfs à vifs.

Un moment de flottement passa, puis mon cœur accéléra sa course folle quand il se pencha légèrement vers moi, son souffle chaud se répercutant sur mon visage, brûlant mes lèvres.

Si l'on m'avait demandé mon prénom à ce moment là, j'aurai été incapable de répondre.

L'air crépita, mon sang afflua dans tous mes membres alors qu'il cessa son mouvement vers moi, son corps tendu au maximum, ses yeux fouillant les miens, semblant attendre une réaction, bonne ou mauvaise de ma part.

Je savais, que je devais reculer, le saluer, et remonter chez moi le plus vite possible.

Je le savais.

Pourtant, sa main retrouva ma joue dans une douce caresse, et, envoûtée par un sentiment nouveau qui naissait en moi, je me hissais sur la pointe des pieds, m'approchant de lui plus que je ne l'avais jamais été.

Ce nouveau contacte fut le plus grisant de tous jusqu'alors.

Son souffle se coupa, à l'instar de mien, quand mon nez frôla le sien lentement, faisant fermer mes yeux dans un trop plein d'émotion et de sensation.

Mon corps semblait vouloir exploser, je n'entendais plus rien autour de nous, que le battement sourd de mon cœur totalement fou.

Je n'avais plus qu'une seule envie : l'embrasser.

Tout ce que j'avais vécu depuis que je le connaissais semblait m'avoir conduis à ce moment précis. Rien d'autre n'avait de sens que cette certitude là, que ce que je ressentais à cet instant, et qui semblait me broyer de l'intérieur : mon désir pour lui.

Quand ma bouche toucha enfin la sienne, je sus que j'étais perdue, définitivement.

En parfaite symbiose, nos corps avancèrent l'un vers l'autre, s'emboîtèrent et sa main libre accrocha ma taille, me rapprochant d'autant plus de son corps brûlant.

Je lâchais un gémissement quand ses lèvres se mirent à bouger parfaitement contre les miennes, incapable d'ignorer tout ce que cela produisait en moi.

La passion à l'état pure.

Je m'accrochais à ses bras, étant dans l'impossibilité de réfléchir une seule seconde. Qui embrassait de la sorte ? Jamais aucun baiser ne m'avait fait cet effet là. Jamais personne ne m'avait embrassé avec autant de passion et de douceur mêlées. Ses gestes étaient nets, doux, tendres et à la fois tellement, tellement incandescents.

La sensation était horriblement brûlante et tout à la fois si parfaite. Je rendis définitivement les armes quand ses mains prirent mon visage en coupe, approfondissent un peu plus notre étreinte, ne laissant pas une seconde à mon cœur le temps pour se reprendre.

Son être maîtrisait parfaitement le geste, sa langue brûlante apprenait à la mienne tout ce qu'elle voulait savoir. Je le laissai mener la danse avec délectation, n'ayant aucune envie que cela s'arrête.

Tout brûlait autour de nous, et, quand on se sépara, à bout de souffle, le regard qu'il m'adressa manqua de me faire tomber dans les pommes. Jamais, ses yeux n'avaient été aussi sombres, aussi envoûtants.

Son désir pour moi semblait peser aussi lourd que le mien pour lui.

Il devait m'avoir jeté un sort, cela n'était pas possible autrement. Ce que je ressentais était au-delà de ce que j'avais pu imaginer.

- Je…

Je ne sus que dire, mon cerveau eu du mal à se remettre ne marche, mais quand ce fut le cas, tout se bouscula dans ma tête.

Riley, Edward, la tromperie de Riley, le regard d'Edward, les disputes avec Riley, notre rupture, cette soirée, le baiser d'Edward… ce baiser.

Instantanément, je me sentis rougir.

Ses doigts caressèrent ma joue cramoisie, un léger sourire courra ses traits.

Il embrassa une dernière fois mes lèvres, effleurant ma bouche sans jamais vraiment se poser. Haletante, le cœur en vrac et les yeux grands ouverts, je ne pus que l'admirer. Son regard se voila légèrement, la sensation qu'il allait disparaître revint à moi au galop.

Un instant passa, je refoulais mes pensées le plus loin possible, m'accrochant à ses poignets, refusant à mon cerveau d'avoir la satisfaction de me faire totalement paniquer. J'inspirai profondément son parfum, essayant d'apaiser mon corps tremblant.

Je savais que la chute n'en serait que plus difficile.

- Ça aurait dû être notre premier baiser, murmura-t-il d'une voix incroyablement rauque, avant de me lâcher.

Les mots se bousculèrent dans ma tête et dans ma bouche, le vide s'insinuant sous ma peau, déjà en manque de la sienne.

Riley.

Le froid m'encerclant et l'atterrissage furent brutaux.

Mes lèvres me brûlaient, mon cœur battait encore à tout rompre.

J'étais incapable de dire un mot, trop bouleversée par ce baiser que j'avais l'impression d'avoir attendu toute ma vie.

L'envie de pleurer me percuta si fort que ma gorge se serra douloureusement.

Son regard me quitta, laissant le froid s'insinuer sous mon manteau, et j'observais, démunie, son être s'éloigner. Quand Edward partit sous la pluie battante, je fus incapable d'amorcer le moins mouvement.

J'aurai aimé le rattraper, lui dire toute la vérité, l'embrasser encore et encore, jusqu'à ce que nos corps ne nous appartiennent plus, lui montrer à quel point sa personne me bouleversait… Mais j'en étais tout simplement incapable.

C'était trop tôt, beaucoup trop tôt, beaucoup trop fort, beaucoup trop rapide.

Sa voiture me fit sursauter quand il démarra, puis il disparut lentement dans la nuit.

Je restai un moment interdite, portant mes doigts tremblants à ma bouche. Jamais personne ne m'avait bouleversée à ce point. Jamais personne ne m'avait embrasser comme ça.

Ce soir là, je le savais, allait marquer ma vie à jamais.

Quand je regagnai mon appartement, encore à mille lieux d'ici, la réalité me rattrapa en une demie seconde quand mes yeux se posèrent sur la photo de Riley et moi dans l'entrée.

Je souriais à l'objectif, et il me regardait.

Je tiquais légèrement, n'ayant jamais vraiment prêté attention à son expression. Son regard ne transpirait pas d'amour, ou même d'affection.

Son regard n'avait rien de brûlant, ou d'admiratif. Il me disait qu'il m'aimait, ou m'avait aimée, cela je ne le savais pas, mais rien dans sa façon de me regarder ne trahissait un amour plus fort que tout, pour ma personne, ou un désir qu'il n'arrivait lui-même pas à maîtriser.

Riley contrôlait tout, jusqu'à sa façon de m'aimer.

Edward m'avait regardée, ce soir, comme jamais aucun autre homme ne l'avait fait auparavant.

Cela, j'en étais certaine.

Bien que je ne sache pas ce que je ressentais pour lui, malgré cette attirance hors norme, je savais que mes sentiments envers lui s'étaient décuplés avec ce baiser.

Notre baiser.

Il avait fait le premier pas, et m'avait laissé le choix. J'avais décidé que cela allait arrivé avant même qu'il ne se penche vers moi.

Il avait fait le premier pas, et j'avais fais le second.

J'en avais eu envie, peut-être autant que lui, peut-être plus que lui, en toute âme et conscience.

Tout cela était bien plus fort que moi et surtout bien trop fort pour que j'en sorte indemne. J'avais beau repousser ce sentiment qui me saisissait à la gorge depuis qu'il m'avait touché la première fois, ce soir, dans mon appartement vide, il m'étreignit plus fort que jamais : notre relation, quel quelle soit, me faisait plus peur que n'importe quoi sur cette Terre.

Je savais que quoi qu'il se passe maintenant, je ne serais plus jamais la même, je n'en sortirais jamais indemne, cela j'en étais sûre. Et ça me foutais une peur bleue.

Je n'avais plus de place pour la souffrance, je n'avais plus le cœur assez fort.

Je restais un moment allongée dans mon lit, après m'être douchée, avec la sensation de sa peau contre la mienne. J'étais incapable de trouver le sommeil.

Chaque fois que je fermais les paupières, les images de notre étreinte faisait battre mon cœur plus vite. J'aurais aimé pouvoir lui parler, lui écrire, ou faire n'importe quelle chose pour pouvoir échanger avec lui sur ce qui c'était passé. Mais demander son numéro de téléphone à Alice ou à Jasper n'était absolument pas une bonne idée : ils m'auraient demandé pourquoi, et je n'aurais pas été en état de leur donner une réponse.

Ma rupture avec Riley était encore secrète, je n'en avais absolument pas parlé à Alice, ni à qui que ce soit. Même Edward n'était pas au courant alors que nous avions passé plusieurs heures ensemble, et qu'il m'avait embrassé... Ou étais-ce moi ?

Qu'importe qui avait fait le premier pas, c'était arrivé. Et je ne pouvais pas le regretter.

Je soupirai, me tournant dans mon lit, observant la lune qui filtrait doucement à travers le rideau. Je l'avais embrassé alors qu'il me croyait encore en couple avec Riley Quel genre de personne allait-il penser que j'étais ?

« Ça aurait dû être notre premier baiser... »

L'évidence de ses mots me frappa.

Évidement, il croyait que j'étais avec Riley, et il n'envisageait absolument pas une quelconque histoire avec moi. Je grognai, repoussant ma frustration. Mes pensées n'avaient aucun sens logique, tout comme mon attirance pour lui, et tout ce qu'il me faisait ressentir depuis notre premier regard.

Très tard dans la nuit, ou très tôt le matin, je tombais dans un sommeil agité, rêvant de lui pour la centième fois.

En début d'après-midi le lendemain, après avoir filtré toute la matinée les appels d'Alice, on sonna à ma porte. Je grognai depuis mon canapé, le moral dans les chaussettes : J'étais célibataire depuis à peine 24h et mon corps avait encore des sursauts à la pensée du baiser que j'avais échangé avec Edward.

Rien dans ma vie n'avait de sens.

- Ouvre la porte Bella ou je te jure que je demande à Jasper de l'enfoncer !

Je soupirais. Alice ne me lâchera donc jamais. Je savais que ça n'était que des menaces, et décidais d'attendre de voir si elle allait se lasser et disparaître.

C'était mal la connaître.

Une clé s'enfonça dans la serrure, et la porte s'ouvrit dans un cliquetis. Je relevais la tête du canapé, sourcils froncés pour qu'elle comprenne que j'étais très mécontente, et la vit entrée chez moi suivit de Jasper qui me lança un regard désolé.

- Faites comme chez vous surtout !

- Oh Isabella Swan arrête d'être aussi désagréable, tu n'avais qu'à nous ouvrir.

Je me renfonçais dans le canapé, bien décidée à les ignorer.

Elle vint se planter en face de moi, son long manteau à fleurs noir et rouge m'empêchant de continuer à regarder cet épisode de Friends que j'avais déjà vu mille fois.

- Tu n'es pas transparente, grognai-je, en essayant de la pousser avec mon pied.

J'entendis Jasper se servir de la machine à café.

Il allait vraiment falloir que l'on est une discussion tous les trois au sujet de la vie privée.

- Et toi tu n'es plus en couple avec Riley, balança Alice, faisant sursauter mon cœur.

L'entendre dans la bouche de quelqu'un donnait encore plus de réalité à cet évènement. L'amertume me gagna. Je lui lançai un regard, me demandant comment elle avait bien pu le savoir.

- J'ai appelé son bureau, figures-toi, après t'avoir appelé à peu près un million de fois et pensé que tu étais potentiellement morte.

- Alice…

- Quel bonheur ai-je eu d'échanger avec sa secrétaire au sujet de la folle furieuse et de sa bouteille d'eau !

Je rougis, ravalant malgré moi un sourire. Cette partie de ma journée, que j'avais oublié, resterait sans doute un de mes meilleurs souvenirs dans mon histoire avec Riley. Jasper arriva vers nous, trois café dans les mains puis posa les tasses sur la table basse.

Je grognai de nouveau avant de me redresser pour leur laisser de la place.

- Que ça soit clair, je ne veux pas que vous pensiez que je suis contente que vous soyez rentrer chez moi sans mon accord…

- Pourquoi as-tu laissé un double de ta clé à la maison dans ce cas ? Demanda Alice en haussant un sourcil parfaitement épilé.

- Oh, pour nourrir le chat quand je pars en vacances ? Ironisai-je.

Jasper semblait assister à un match de tennis, nous observant tour à tour en portant son café à ses lèvres.

- Tu ne pars pas en vacances, asséna Alice, avec un regard mauvais. Et tu n'as pas de chat.

Je me renfrognai, attrapant ma tasse de café. J'étais puérile, j'en avais conscience. Mais parler de ma rupture avec eux ne me faisait pas du tout envie.

- Tu avais raison, finis-je par soupirer à Alice après quelques secondes, les yeux dans ma tasse.

- Au sujet de la clé ?

Je lui lançai un regard mauvais, ce qui la fit sourire grandement.

- Riley n'est clairement pas fait pour moi.

Je la sentis se figer, même si elle approuva d'un hochement de tête. Son regard en disait long sur ce qu'elle pensait.

- Il était temps que tu t'en aperçoives, finit-elle par soupirer après un court silence.

- Je m'en serais sûrement aperçue moins vite que ça si il n'avait pas pris sa secrétaire sur son bureau, lançai-je en haussant négligemment les épaules.

Jasper faillit recracher son café. Il toussa, ce qui m'inquiéta légèrement que je le vis virer rouge tomate.

- Tu les as surpris ? Réussit-il a demander après un instant, la voix cassée par sa toux.

- Non, mais il me l'a dit…

- Attends, comment est-ce qu'il est venu à te raconter ça ?

Je soupirai, et me lançai dans un monologue aussi long que barbant, leur racontant dans les moindres détails notre rupture.

J'oubliais simplement de parler d'Edward, et de la jalousie de Riley qui avait déclencher l'avalanche engloutissant notre histoire et mon respect pour lui.

- Quelle salope, gronda Alice quand j'eus fini, je savais qu'elle avait une voix de pétasse qui se faisait sauter par son…

- Alice, tu pourrais…

Je glissai un regard vers Jasper, qui me fit un regard compatissant, le remerciant en silence de son intervention.

- J'vais bien, enfin je crois... C'est juste que ça réveille pas mal de... truc…

- Ouais, James, confirma Alice d'un hochement de tête, tout en regardant Jasper.

- Si on pouvait évité d'en parler ça m'arrangerait…

- James à trompé Bella après 6 mois de relation avec une bonne partie de Boston, et surtout avec une de ces meilleures amies de l'époque, qui plus est, m'ignora Alice, racontant à Jasper les déboires d'un ex que j'aurai préféré ne pas connaître.

Jasper hocha la tête, ses doigts frottant son menton, en pleine analyse de ma personne.

- Ça explique pas mal de chose, confirma Jasper, visiblement très concerné.

- Tu penses ! C'était son premier amour, je l'ai ramassé à la petite cuillère après ça…

- Bella est toujours là…

Ils m'ignorèrent royalement et Alice déballa ma vie privée à Jasper, sans se poser un instant la question de savoir si j'avais envie qu'il soit au courant.

Jasper faisait son truc de psy à la noix qu'il faisait toujours, semblant m'avoir totalement oubliée alors que j'étais assise entre eux. Ils étaient aussi timbrés l'un que l'autre, ces deux là étaient faits pour être ensemble.

Quand Alice commença à parler des crises d'angoisses que je faisais après la mort de ma mère, je décidai de m'éclipser prendre ma douche.

Il me sembla même pas qu'ils se soient rendus compte que j'avais quitter la pièce.

- Quand je revins, Alice était seule dans le canapé et zappait avec la télécommande en continue.

Il n'y avait rien de tel pour me faire avoir une crise de nerfs.

- Où est Jasper ? Demandai-je après un coup d'œil dans la cuisine vide.

- Il a du aller au cabinet, une vieille à tenté de se suicider, lança-t-elle en haussant les épaules, tout en continuant de zappé.

Je constatai que, même 10 ans après, sa manière de n'avoir aucun filtres m'étonnait toujours.

- Mais il nous a laissé de quoi nous détendre ! s'excita-t-elle en en tournant vers moi, semblant avoir déjà oublié ce quelle venait de me dire.

Je baissais les yeux sur sa main, observant le cône quelle faisait rouler entre ses doigts. J'haussai un sourcil en reportant mon regard sur son visage extatique.

- Un joint ? Demandai-je, pas certaine que cela soit la solution.

- Aux grands maux les grands remèdes, argua-t-elle en se levant d'un bon, m'entraînant vers la grande fenêtre de mon salon.

Elle l'ouvrit, s'assit sur le rebord en sortant un briquet de sa poche.

- J'en ai pas touché depuis des années, avouai-je en m'asseyant en face d'elle, prenant appuie contre le mur froid.

Elle fit tourner la molette de son briquet, et incendia le bout du joint, l'excitation brillant dans son regard.

L'instant d'après, son visage passa au rouge, elle toussa en s'étouffant à la première latte. Je ne pus m'empêcher de rire devant ses yeux brillants.

- Moi non plus, réussit-elle à dire après un moment, mais il a pensé que ça ne nous ferait pas de mal…

Elle me tendit le joint, j'hésitai un instant, pas sûre que cela soit vraiment une réaction intelligente : fumer des joints me faisait parler, beaucoup, beaucoup parler. Et j'avais des dizaines de choses dont je n'avais pas envie de lui parler : Edward, entre autres.

- Oh allez Bella, ça va pas nous tuer… un joint tous les dix ans, c'est presque médicale en plus…

Je levai les yeux au ciel en m'emparant du cône brûlant entre mes doigts. La première latte brûla ma gorge, s'insinuant presque douloureusement dans mes poumons, mais je réussis à ne pas tousser.

- Tu n'as pas perdue la main, constata Alice, avec un grand sourire.

- On était jeunes et inconscientes, soupirai-je en expirant la fumée opaque.

Presque instantanément, je me sentis plus légère. L'effet de cette plante était dingue. Je fermais les yeux en appuyant ma tête contre le mur derrière moi, après lui avoir passé le joint non sans avoir tiré dessus une seconde fois.

- Jasper et Edward en ont fumé un hier soir, me raconta-t-elle en recrachant la fumée.

J'ouvris un œil, me demandant vaguement si elle m'avait bien parlé d'Edward ou si mon imagination me jouait des tours. Mon cerveau, ramollit, sonna l'alarme de la pente glissante. Je pinçais les lèvres, me retenant de parler. Elle s'appuya sur le mur derrière elle, dans la même position que moi, nos jambes se mêlèrent.

On se sourit, complices.

- Ça fait du bien, avouai-je après une autre latte. Tu diras à Jasper que c'était une bonne idée post rupture.

Son sourire s'amplifia. Le coton commença à prendre forme dans mon cerveau et autour de moi, m'apaisant un peu plus.

- Comment tu te sens ? Demanda-t-elle après un regard sur ma personne qui me transperça de toute part.

J'haussai les épaules. Sa façon de lire en moi avait toujours été déconcertante.

- Lassée, marmonnai-je. Humiliée. Perdue et certainement un peu trop étrange. J'crois profondément que c'est plus pour moi ces conneries.

Elle sourit, m'encourageant à poursuivre. Le bout rouge du cône flamba dans elle tira dessus à nouveau. Ses yeux bleus clairs commençaient à devenir sombres tant sa pupille se dilatait.

- J'ai l'impression de les accumulés. J'sais pas, c'est comme si tous les mecs de ma vie n'étaient que des enfoirés.

- Jasper à dit un truc à se propos, une histoire de schémas de je ne sais pas quoi… un truc de psy...

Idiotement, on pouffa.

- Sans déconner, j'suis maudite.

- Mais non, regarde moi… on m'a fait le pire qu'on pouvait faire à une femme et, aujourd'hui, Jasper me fait vivre un rêve éveillé…

Mes yeux scannèrent les siens, pourtant si calmes. Elle semblait avoir enfin fait la paix avec son passé. Je connaissais par cœur les tempêtes qu'elle avait du traverser, elle avait connu la violence conjugale, et parfois même pire que cela… Elle avait mis énormément de temps à s'en remettre. J'avais traverser avec elle ce long processus qu'était la guérison de l'âme.

Elle me tendit le joint.

- Heureusement, ton psy était foutrement sexy.

Cette fois, elle éclata de rire.

- Je ne m'apprêterais pas à l'épouser si ça n'était pas le cas, avoua-t-elle en riant.

J'hésitai un instant à lui poser la question qui me brûlait les lèvres.

- Balance Bella, j'suis défoncée je te dirais tout ce que tu veux savoir… sauf l'histoire de la balançoire !

- La balançoire ?

- Tu ne préfères pas savoir, crois moi.

Je fronçai les sourcils pendant qu'un sourire pervers traversa ses traits. Non, il était clair que je ne voulais absolument rien savoir.

Je ris, malgré moi avant de me gratter la gorge, essayant de peser mes mots.

- Je… Edward était comment, hier soir, quand il est rentré ?

Elle arqua un sourcil, soudain en alerte.

- Quand il est rentré ?

Je compris que j'en avais déjà trop dit.

- Oui, il euh… enfin, tu m'as dit qu'il fumait avec Jasper alors je… j'ai…

Elle éclata de rire, porter par l'herbe qui courrait dans ses veines. J'étais grillée, je le savais pertinemment.

- Il n'a rien dit sur toi, si tu veux tout savoir. Jasper me l'aurait dit, sinon.

Je soupirai, ne sachant qu'en penser. Je n'arrivais pas à savoir si cela était une bonne ou une mauvaise chose. Une minute passa. J'oscillai entre le besoin viscéral de tout lui dire, et le silence que je m'imposais pour ne pas faire devenir réalité ce qu'il s'était passé. Le joint commençait à vraiment mon monter au crâne.

- Il m'a embrassé. Enfin, non, je l'ai embrassé. Je crois. On s'est embrassé, finis-je par balancer en tirant de nouveau sur le joint.

Il y eu un silence.

Alice semblait perdue comme jamais. J'eus une pensée victorieuse : pour une fois, j'avais réussis à lui clouer le bec. Puis je percutais, me mordant l'intérieur de la joue : je parlais trop quand j'étais défoncée. Pour quelque chose que je ne voulais pas lui dire, de prime abord, j'avais lamentablement échoué.

- Tu peux m'expliquer comment tu es passé de ta rupture avec Riley au baiser avec Edward ?

L'entendre dans sa bouche donna un aspect encore plus réel à la chose. Je déglutis.

- J'étais super énervée en sortant du bureau de l'autre con, j'ai marché pendant des heures, j'ai pleuré, j'ai eu faim, Edward m'a rentré dedans… enfin, pas littéralement hein, il m'a bousculé à la sortie du parc en faisant son footing. Il y a eu l'orage, on a prit un chocolat chaud, d'ailleurs, merci pour les chamallows (elle me sourit en hochant la tête) ensuite on s'est promenés et on a mangés un hot-dogs, le meilleur de ma vie sans déconner, et après il m'a dit « j'te ramène » et ensuite « j'te raccompagne à la porte » et là… putain, le meilleur baiser de ma vie. Ce mec est un Dieu du baiser. J'sais pas où il a appris a embrasser comme ça mais c'était...

Je me stoppai, à bout de souffle devant ses yeux ronds comme des soucoupes.

- Je suis défoncée, tu sais que je parle trop, dis moi d'arrêter, parce que je...

- Arrêtes toi, ordonna-t-elle.

Je refermais la bouche, vidée. En avais-je trop dit ?

Elle fronça les sourcils, semblant réfléchir à mille à l'heure. Si je n'avais pas fumée, j'aurais certainement déjà eu envie de me planquer si pieds sous Terre et d'oublier ce moment totalement génant. Mais la brume de mon cerveau m'aida à rester sur place, et même à me sentir bien, pendant qu'elle réfléchissait en me dévisageant, le cône entre ses lèvres rouges carmins.

- Bon, l'avantage c'est que t'es célibataire, conclu-t-elle après une minute.

- Il ne le sait pas.

Elle se redressa, son carré noir corbeau coupé au millimètre prêt suivit le mouvement, ses cheveux se balançant parfaitement d'un même ensemble.

Pourquoi avait-elle des cheveux aussi parfaitement lisse alors que les miens n'étaient qu'un amas bouclé en désordre ?

- Je te demande pardon ? Demanda-t-elle me faisant quitter ses cheveux du regard.

- J'ai pas dit à Edward que j'avais quitté Riley. Il ne le sait pas. Et je l'ai embrassé. Ou est ce que c'était lui ? En tout cas, c'est arrivé, et il doit penser que je dois être une putain de garce parce que, je suis en couple, enfin j'étais, et il ne le sait pas, mais je l'ai embrassé alors qu'il croyait que j'étais en couple donc…

- Qu'est ce que tu attends ? s'écria-t-elle d'un coup, coupant mon inarrêtable monologue, me faisant sursauter.

- Quoi ?

- Vas lui dire !

- Mais Alice…

Elle se leva, me tira la main et me poussa vers la sortie.

Elle était folle, totalement folle.

- Va lui dire que tu as largué Riley parce que c'était un connard, et saute lui dessus !

Techniquement, sa proposition était plutôt pas mal. Le fait que j'ai fumé plus que jamais m'aida à enfiler mon manteau.

- Et je le trouve où ? Et qu'est ce que je lui dit ? Demandai-je alors qu'elle me foutait à la porte de mon propre appartement.

Elle me regarda de travers, plongeant ses yeux devenus presque noirs dans les miens.

- Dis lui que… qu'il embrasse comme un Dieu, il va aimer ! Et il est chez nous. Allez !

Elle éclata de rire, je fulminais.

Tout mon corps semblait bouillir. La porte de mon appartement claqua quand je partais d'un pas décidé vers les ascenseurs.

Quand je m'engouffrai dans le premier taxi qui s'arrêtât devant mon appartement, je lui indiquais l'adresse d'Alice en essayant de ne pas trop parler, encore.

Le chemin me parut beaucoup plus court que d'habitude, et quand le chauffeur me jeta devant la maison d'Alice, je ne savais absolument plus ce que je devais dire à Edward.

Mon cerveau trop ramollis recommençait lentement à reprendre de la vigueur, et la détermination qui m'avait poussée jusqu'ici commençait à se dégonfler.

J'eus envie de faire demi-tour quand la porte d'entrée s'ouvrit.


Oups... mais qui donc à ouvert cette porte ?

Je veux vos théories. Et je veux vos mots.

J'ai plusieurs centaines de vues sur mon histoire, et trop peu de review en comparaison ! Si je n'ai pas plus de review je ne publierai plus la suite...

ou pas.

J'vous embrasse, à très vite.

Tied.