Note : Merci à mes followers d'être la partie. J'espère que ce chapitre vous plaira et vous donnera envie de lire la suite. Ce chapitre est comme prévu, bien plus long que l'autre.


Chapitre 2

Elle venait de passer les derniers tests, elle allait enfin pouvoir souffler. Cette jeune femme aux cheveux roux nommée Judy ne savait plus quel jour était-il, ni s'il faisait jour ou nuit. La lumière du jour lui manquait terriblement. Au moins, la seule chose positive dans tout ça, c'est qu'elle n'allait pas se taper tous ses contrôles et devoirs que ses professeurs de classes lui donneraient. Elle n'était pas très douée à l'école et s'ennuyait la plupart du temps. Rêveuse et timide, elle avait réussi à se faire une bande d'amies. Elles étaient quatre, elles s'étaient connues depuis leur première année de lycée. Elles s'appelaient Clara, Adriana et Anne. Toutes étaient américaines, sauf Adriana qui était d'origine italienne. De temps en temps, comme son amie parlait couramment sa langue d'origine, elle s'amusait à leur donner des cours. C'était une catastrophe, mais toujours un bon moment pour se moquer entre elles gentiment.

Clara et Judy étaient les seules du groupe à ne pas avoir de petits amis, toutefois ça leur arrivait d'en avoir. Leur problème c'est qu'elle n'arrivait pas à se poser. Leur personnalité trop enfantine les faisait fuir et leur solidarité leur faisait peur. Plus d'une fois elles s'étaient disputées à cause de ça, pour qu'au final elles se retrouvent toujours.

Si elles la voyaient aujourd'hui, voudraient-elles toujours de Judy comme amie ? Serait-elle trop différente à leur goût ? Elles qui cependant sont ouvertes d'esprits, ne jugent pas au premier regard et ne sont pas d'une superficialité déconcertante ?

D'après ce que racontait ce spécialiste et de ce qu'elle avait entendu aux informations, mon problème venait des gênes paternelles. Mais elle n'a jamais vu son père devenir ainsi. Ni sa mère. De plus, il a été dit également que ça se déclenchait pendant un évènement important que les hormones, gênes, sentiments ne pouvaient pas contrôler. Ils avaient surnommé ça la mutation.

Or, lorsqu'elle avait eu pour la première fois un petit ami, ou qu'elle ait plus d'une fois vécu des histoires à en perdre la raison, elle n'avait jamais ressenti ce genre de chose. Une simple entrée en hyperthermie faisait réagir son corps de cette manière. Et c'est ça qu'il tentait de comprendre, mais d'après les réactions qu'avait son médecin, il ne trouvait toujours pas sa réponse. Les examens sanguins ne prouvaient toujours rien.

Seulement, ce qui l'attristait le plus, c'était de voir que ces parents semblaient l'ignorer. Elle ne savait pas ce qu'il avait prévu, toutes fois, elle espérait que ses parents soient là pour ça. Qu'ils finissent par accepter son nouveau physique.

Elle ne pouvait pas contester la présence de ce spécialiste, c'était la seule personne qui pour le moment appréciait cette singularité. Malgré le traitement parfois lourd, il prenait toujours soin d'elle, il n'oubliait pas qu'au fond, elle était humaine même si son envie d'être libre prenait le dessus. Être enfermé dans une cage depuis une semaine n'était pas forcément agréable et confortable.

Lorsqu'elle l'avait rencontré pour la première fois, elle ne s'attendait pas à voir un homme aussi jeune, mais avec une chevelure grisonnante et portant des lunettes. Elle avait entendu son père plusieurs fois dire qu'il travaillait avec des personnes de son âge.

Il avait les cheveux bruns coiffés en arrière. Le gel lui permettait de maintenir sa coiffure en place. Il était grand et s'était présenté comme un homme de 25 ans et s'appelait le Dr Brian Ross et il travaillait pour KornBluth Industrie.

Judy avait entendu parler de cette entreprise qui faisait des expériences sur ce phénomène, mais ne pensait pas un jour y aller. Elle avait entendu beaucoup de rumeurs sur eux, comme quoi ils travaillaient sur des animaux afin de réussir à trouver un virus pour les personnes comme elle, néanmoins, Brian lui avait juré que tout était faux pour le traitement des animaux. Ou alors, elle était dans la mauvaise pièce et il lui mentait.

Il lui arrivait de se demander pourquoi Brian prenait autant soin d'elle et avait toujours été honnête. Essayait-il de monter dans l'estime de son père, qui lui avait plus d'expériences ? Ou bien avait-il secrètement fait un pacte avec lui pour qu'elle soit bien traitée ?

Tous les jours, Judy se posait des questions dont elle ne trouvait aucune réponse. Et même Brian ne pouvait visiblement pas l'aider. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer à sa naissance pour qu'elle finisse ainsi ?

Et pour une fois, aujourd'hui, elle n'avait pas paniqué comme les autres jours dans sa prison. C'était un miracle. La seule chose qu'elle aurait voulu faire, c'était de pouvoir s'occuper comme une adolescente, lire, écouter de la musique, regarder la télévision.

oOo

C'est peu temps avant le rendez-vous que Brian avait, qu'il décide d'aller la voir. C'était la première fois depuis qu'elle était là qu'elle allait pouvoir changer de lieu. Voir des personnes comme elle. Habituellement, elle restait seule dans la pièce à s'ennuyer alors que ce docteur rentrait chez lui l'esprit presque tranquille.

Lorsqu'elle le vit arriver et qu'il vint près d'elle. Il portait dans ses bras quelque chose qui ressemblait vaguement à un vêtement très long.

« - Promets-moi que si je te fais sortir, tu n'essaieras pas de t'enfuir ! »

C'était une bien belle idée qui lui avait plus d'une fois traversé l'esprit si un jour ça arrivait. Seulement en y méditant, où aurait-elle été ? À part vagabonder dans les rues insécurisées de sa ville. Et de toute façon, cet endroit devait être trop bien sécurisé par des caméras ou des gardes pour qu'elle puisse s'en échapper. Le noyer en l'attrapant au passage aurait été une excellente idée, néanmoins le peu de force qu'elle avait ces derniers temps était compromis. Que pouvait-elle bien faire ?

C'est en remuant la tête d'en haut vers le bas, qu'elle lui promit. Il posa le vêtement sur la chaise où son bureau se trouvait et appuya sur un bouton après avoir installé une échelle. Le plafond qui la retenait prisonnière s'ouvrit et il gravit les marches de son escarbot. Elle l'observa et pouvait lire sa crainte sur son visage, comme s'il avait peur en effet qu'elle lui fasse quelque chose, mais Judy n'était pas un monstre et était incapable de tuer qui que ce soit même avec autant de colère en elle contre cet homme qui la gardait captive. D'un côté, elle aussi voulait comprendre ce qu'il lui arrivait et c'était le seul moyen.

Elle remonta vers le haut avec l'aide de ses bras et s'agrippa avec ses petites mains sur le bord de sa cage une fois que la trappe fut complètement ouverte. Elle ne pensait pas qu'elle finirait par se retrouver aussi proche de ce docteur. Elle pouvait enfin sentir son odeur et son parfum lui plaisait. Elle avait un peu oublié tout ça. Elle redécouvrait ses sens. Et quand son regard se plongea dans ceux de ce dernier, sans qu'aucune barrière les sépare, la faisait frissonner et gênait son interlocuteur.

« - Tu es prête Judy ? »

C'est en clignant des yeux qu'il eut sa réponse. Il emprisonna doucement son cou de ses bras.

« - Tu vas devoir te glisser derrière moi de façon à te mettre sur mon dos. Ça va aller ?

- Euh… Je crois, stressa-t-elle d'un coup. »

Il la tira en dehors de sa pièce en verre et elle tenta de se placer comme il l'avait dit, mais elle commença à paniquer. Elle n'avait pas imaginé que l'endroit où elle était pouvait être aussi haut. Peur du vide, elle avait regardé en bas. Elle commença à lui serrer son cou en l'enfermant brutalement. Et sa mutation la gênait.

« - Tu m'étouffes Judy avec tes bras, suffoqua le Dr Ross. »

Elle n'arrivait pas à reprendre son calme, elle continuait de serrer.

La porte du laboratoire s'ouvrit.

« - Mr Ross…, s'écria la voix d'un homme.

- Lâchez-le, hurla un autre homme. »

Ils accouraient vers eux, pointant deux armes, attendant le bon moment de tirer pour s'assurer de sa sécurité.

Mais quelque chose se produisit et fit perdre l'équilibre à cette jeune rouquine. Elle tomba sur le sol. Les gardes la regardèrent stupéfaits jusqu'à ce qu'ils se rappelèrent de la situation. Ils s'avancèrent vers elles en la menaçant de lui tirer dessus si elle tentait quoique ce soit, alors qu'elle était en train de trembler. Le froid l'envahissait. Le spécialiste Ross descendit après avoir retrouvé une respiration parfaite.

« - Non, ne tirez pas ! Tout va bien ! »

Il ouvrit un placard où plusieurs blouses blanches se trouvaient et le mit sur le corps de Judy.

« - Elle a essayé de vous tuer, se défendit le premier homme qui était rentré.

- C'était un accident Ferguson, elle a juste paniqué. J'essayais de la faire sortir.

- La caméra nous disait autre chose, c'est pour ça que nous sommes intervenus. La prochaine fois, dites-nous quand vous voulez sortir cette… chose. »

Judy, qui se réchauffait grâce à la blouse posée sur elle et aux frottements de la main de Brian, elle était vexée par ce que venait de dire le garde.

« - Cette chose, mon ami, est aussi humaine comme tu le vois. Elle a des sentiments comme vous et moi. D'ailleurs, je vais avoir besoin de l'un de vous ce soir pour notre évènement.

- Ce sera sans moi, je déteste ces mutants. Et Dieu sait ce que j'aurais fait si ce n'était pas vous qui étiez en charge d'elle. »

Brian n'appréciait pas le fait que Ferguson avait un avis contraire à ce sujet-là, il comprenait tout de même qu'il puisse avoir son propre avis. Chacun avait sa personnalité, comme tout le monde le dit. Au moins, il était honnête.

« - Nous ne sommes plus sous le règne de notre ancien patron Ferguson, conclut-il. »

Il se plaça en face d'elle, pendant qu'elle continuait de retrouver ses émotions.

« - Judy, au moins nous sommes sûrs qu'en dehors de l'eau, vous retrouvez votre apparence normale. Et je crois avoir compris ce qui peut le causer. Ce qui veut dire que je vais avoir besoin de matériel durant la représentation. Crane, êtes-vous d'accord pour nous accompagner ? Ou partagez-vous la même opinion que Ferguson ? »

Son silence montrait qu'il était en train de réfléchir.

« - Bien que je sois votre nouveau patron, je ne vais pas vous virer parce que vous avez un avis différent du mien, rassura-t-il les deux hommes.

- Dans ce cas j'accepte de vous aider pour ce soir.

- Merci beaucoup Crane. Ferguson vous resterez ici pour la soirée. Dommage que vous ayez une autre opinion sur ça. Vous qui vous plaigniez de ne pas sortir sur le terrain. »

Il haussa les épaules. Brian posa son attention sur la rouquine qui leva les yeux sur lui également.

« - Tu vas mieux ? Tu vas pouvoir assurer la représentation Judy ? »

Elle ne faisait que lui répondre avec un signe via ses yeux ou par la tête.

« - Je vais t'amener à la salle de repos pour que tu puisses te changer sans qu'il y ait des caméras. »

Il la releva une fois qu'elle fut prête à se relever. Seulement un problème se posait. Elle avait durant une semaine perdue l'usage de ses jambes. Elle allait devoir se les rapproprier. Si ça lui faisait ça chaque fois qu'elle mutait, ça allait devenir un véritable handicap pour elle.

Pendant que Ferguson retourne à son poste, Crane était resté sous l'ordre de Ross, les accompagnants jusqu'à leur salle de repos. Ils y enfermèrent Judy, tout en lui donnant sa tenue de soirée et s'assurant qu'elle était assise sur une chaise pour qu'elle s'habille à son aise.

« - Je reviens, je vais me changer aussi. »

Elle retira la blouse que Brian lui avait prêtée et enfila le vêtement. C'était une longue robe bleu nuit, tirant sur le violet avec un décolleté montrant sa petite poitrine. Comment avait-il su la taille qu'elle faisait ? Il avait dû probablement le demander à son père. Et pourquoi était-elle obligée de porter cette robe ? Elle aurait apprécié porter un jean à la place.

Lorsqu'elle termina, elle balança un objet contre la porte qui s'ouvrit. Les deux hommes rentrèrent. Elle remarqua aussi le changement vestimentaire du jeune homme. Elle arqua un sourcil.

« - Tu es ravissante Judy. Nous allons faire un malheur tous les deux ! »

Elle se contenta de lui sourire timidement et il s'avança vers elle en lui tendant son bras qu'elle prit aussitôt. Malgré cela, elle hésita un moment.

« - Tu vas réussir à marcher, la réconforta-t-il. »

Elle soupira puis prit son courage à deux mains et plaça un pied devant l'autre. Elle avait énormément de mal à retrouver son équilibre. Elle avait encore besoin qu'on la soutienne par la taille afin qu'elle réussisse. Ils allèrent par la suite jusqu'au parking pour se mettre en route au rendez-vous.


J'ai fait exprès de ne pas mettre tous les détails de sa mutation dès le début, même si je pense que vous en avez une idée probablement. Quand vous saurez, vous verrez plus tard le lien avec un film datant des années 90 où un grand acteur jouait dedans. Sinon, deux indices ont été glissés dedans, n'hésitez donc pas à aller chercher sur Google.

Trouvez-vous ça normal que Ferguson est une autre approche des gens ayant cette anomalie ? Le comprenez-vous ?

Pourquoi à votre avis Ross est-il aussi gentil envers Judy ?

Le chapitre 3 sera là la semaine prochaine je pense. Bon dimanche à vous.