Même après quelques heures après s'être réveillé de ce rêve de discussion avec Voldemort, sa colère n'était pas redescendue. Harry le détestait, comme cet homme avait-il pu utiliser sa faiblesse pour lui faire ça ? C'était sournois et même lui n'aurait pas osé !
Il s'était transformé en son animagi et il fut néanmoins rassuré, il ne lui manquait aucune écaille, il l'aurait bien remarqué s'il ne lui manquait ne serait-ce qu'une de ses précieuses écailles, en plus elles mettaient beaucoup de temps à repousser, ça aurait été se sentir inférieur pour lui. Il n'arrêtait pas de ressasser des idées noires et des poussées de meurtre envers le seigneur des ténèbres. Il se sentait tellement faible et puéril à côté de cet homme …
Lui qui avait encore tant à apprendre de l'homme, se sentait déjà dépassé par Voldemort, ce dernier lui paraissait si complexe comparé aux autres sorciers qu'il avait déjà rencontré Lucius et Lucius Junior n'était pas aussi intelligent et sournois, Severus n'était pas aussi profond, Bellatrix n'était pas aussi passionnée, tous lui semblaient fades à côté du seigneur des ténèbres.
Pourtant le lord Voldemort ne devait pas être le seul homme sur ce foutu pays à avoir ce genre de caractère ! Si on enlevait tout son énervement, Harry devait bien admettre que le sorcier faisait un compagnon idéal, il était grand, fort et l'avait même battu dans un combat. Cependant l'animagi ne voulait pas de lui, comment pouvait-il pardonner à quelqu'un qui vous faisait un coup pareil ? Certes l'idée d'être un roi à ses côtés était séduisante, tout comme l'homme pouvait l'être, mais était-ce sincère ? Se demanda-t-il. Et si l'homme ne faisait que se moquer de lui ? Pour un humain, Harry savait qu'il pouvait passer pour enfantin, même son lui serpent était enfantin, alors ne parlons plus son lui humain, il n'y connaissait rien en sentiment. Les seuls sentiments qu'il avait ressenti ces dernières années avaient été de la satisfaction, parfois de la fatigue, de la joie, de la méfiance, mais dès que le seigneur des ténèbres avait bouleversé tout, le voilà qui ressentait de la colère, de la passion et voulait à tout prix montrer à cet homme qu'il n'avait pas besoin d'un guide ou d'un quelconque compagnon.
Il pouvait presque entendre cette voix suave lui affirmer le vouloir en tant que compagnon, ils ne se connaissaient pas bien, comment pouvait il affirmer une chose pareille ?
Le basilic tourna la tête vers la porte qui s'était ouverte, dans ses réflexions, il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir. Il n'avait pas quitté sa chambre depuis qu'on l'y avait déposé.
C'était un homme qu'il avait déjà vu, il sortit sa langue pour goûter au parfum du brun face à lui. De la famille au mari de Bella. L'odeur était musqué, masculine, humaine, chaude. Sa grosse tête fixait l'homme sans réagir, pourtant malgré leur proximité, l'homme ne tremblait pas, il n'avait pas de réaction, son visage était neutre, même si ses yeux pétillaient d'admiration.
Harry faillit siffler d'appréciation devant ce regard, mais il se contenta de s'approcher plus et s'enrouler autour de lui, à une distance respectable mais pour bien que le sorcier sache qu'il commandait, et même s'il n'avait aucune possibilité de sortie, l'homme n'eut pas l'air plus effrayé que ça. Il ouvrit la bouche et parla à l'animal.
« Bellatrix demande à vous voir. Elle voudrait vous offrir un présent. »
L'animagi resta sans bouger un moment, le temps d'apprécier ces mots, puis relâcha l'homme. Il lui fit un signe de la tête pour lui indiquer qu'il lui suivait, Rabastan lui répliqua.
« Il vous faudra forme humaine pour ce genre de cadeau, croyez moi, vous n'allez pas le regretter. »
Méfiant et agacé, Harry reprit tout de même forme humaine, sans remarquer les yeux dilatés de Rabastan.
Le plus jeune ne se posa pas plus de question et suivit le mangemort à travers les différents couloirs du manoir ancestral des Serpentards. Le grand brun l'accompagna jusqu'à un salon, Bellatrix, son mari, et Voldemort étaient présents. Il y avait aussi un vieil homme avec eux, il avait un grand sac sur le dos qui semblait contenir pleins de choses, les mains et les pieds de l'homme étaient enchaînés, de sorte qu'il ne puisse pas s'enfuir. Son regard s'écarquilla en voyant le Survivant, sa bouche s'entrouvrit alors qu'aucun son n'en sortait.
Bella se leva et s'approcha du jeune homme qu'elle appréciait tant.
« Mon cher Harry, voici ton présent ! Je t'offre une baguette, ne fais pas attention à ce vieillard, c'est Ollivander, l'homme qui possède les meilleures baguettes de toute l'Angleterre. Harry la regarda, d'un regard qui semblait lui demander si elle était sérieuse ? N'avait-elle pas vu ce qu'il était capable de faire sans ? Pourquoi Voldemort lui autorisait à en avoir une à lui ? Son regard se porta méfiant vers l'homme assit confortablement dans un canapé du salon. L'homme semblait lire en lui …
-Tout bon sorcier doit avoir une baguette, qui suis-je pour t'empêcher d'en avoir une ?
-Pourquoi ? Demanda-t-il seulement, effrayé de tous les plans qui pouvaient parcourir dans la tête du seigneur des ténèbres. Bella et les autres mangemorts sortirent discrètement sous un signe de Voldemort.
-Parce que tu le mérites. Tu as une fascination pour cet objet depuis que tu as touché la mienne n'est-ce pas ? Harry se souvenait encore du bien être qui s'était emparé de lui lorsqu'il tenait le morceau de bois dans sa main, sa magie semblait connectée à cette chose et c'était agréable.
-Celle de Zabini ne me provoque rien. Elle est faible. Fade. Je ne veux pas d'une baguette comme ça. Déclara –t-il. Et que ce soit clair, c'est un cadeau de Bellatrix, pas le votre. Cet homme est là, grâce à Bella, pas grâce à votre puissance ou votre magie. Je n'accepte pas VOS cadeaux.
-C'est tout à fait clair mon cher. Je n'oserais jamais affirmer une telle chose si ce n'est pas vrai. Et tu accepteras mes cadeaux. Je n'en fais qu'aux personnes qui me tiennent à cœur.
-Je m'en fiche. Harry se tourna vers Ollivander et demanda froidement. Homme, je veux ma baguette.
-Très-très bien ! S'exclama Garrick Ollivander, complètement choqué que quelqu'un puisse parler aussi froidement au seigneur des ténèbres, que ce petit Potter était insolent ! Ne risquait il pas la mort en parlant ainsi à l'homme le plus cruel de cette époque ? Le seigneur des ténèbres n'avait qu'un sourire sur le visage, presque heureux que quelqu'un lui réponde ainsi, mais Garrick s'était forcément tromper n'est-ce pas ? Voldemort ne pouvait pas sourire ! »
Après avoir pris ses mesures, Harry essaya plusieurs baguettes. Toute la boutique d'Ollivander se trouvait dans ce sac, et après ce qui lui semblait être des centaines d'essais, de baguettes faibles qui lui donnait la nausée, de baguettes qui faisaient exploser le mobilier.
L'animagi trouva la perle rare.
Lorsqu'il l'attrapa, une sensation similaire que quand il avait attrapé la baguette de Voldemort se propagea en lui, c'était elle. La baguette parfaite. Tout comme celle du seigneur des ténèbres, une baguette capable de supporter toute sa magie, une baguette qui serait sienne jusqu'à sa mort.
Garrick Ollivander devint pâle comme un fantôme mais déclara tout de même.
« Bois de houx et plume de phœnix. C'est une baguette souple et facile à manier, très bon choix monsieur Potter. Le plus jeune le fixa sans dire un mot. Cette baguette a une sœur jumelle vous savez ?
-Que ce qu'une baguette jumelle ?
-Une baguette jumelle est une autre baguette qui possède un cœur identique au ventre, ici c'est une plume de phœnix qui a été prélevé de l'animal exactement au même moment. Ces deux baguettes ne peuvent pas se faire du mal, et le possesseur de cette baguette … se trouve actuellement dans cette pièce.
-Que voulez vous dire ? Demanda Harry en fronçant les sourcils avant qu'une main ne se pose sur son épaule. Une baguette de bois d'if dressé contre le fabriquant de baguette qui devint encore plus blanc –si cela était possible-.
-Nous avons une baguette jumelle Harry, voilà ce qu'il veut dire. Vous devez être au courant pour la prophétie alors ?
-Je le suis, comme toute la population. J'ai un élément de plus qui le prouve c'est tout.
-Endoloris ! S'écria Voldemort, Harry regarda avec stupeur un faisceau de lumière rouge frapper avec violence le fabriquant de baguette. Ce dernier commença à crier de douleur et le serpent reconnu le sortilège que lui avait lancé Voldemort. Ses yeux prirent un aspect animal et il se retourna vers le lord noir.
-Cessez cela.
-Pourquoi donc ? Demanda le sorcier tout en continuant.
-Je ne veux pas que vous le fassiez, cet humain ne l'a pas mérité.
-Il est mon ennemi. Le sortilège cessa, l'homme haletant au sol, écoutait la scène éberlué et n'y comprenant rien.
-Il n'a rien pour ce défendre. Il est tout au plus un esclave ici et vous le savez.
-Ollivander a travaillé pour la Lumière, il ne mérite pas ma clémence.
-Et bien, la mienne oui. Laissez cet homme en paix, il va bientôt mourir de toute façon.
-Comment ça mourir ?
-Il pue la mort. Il ne reste sans doute pas plus d'une semaine. Je veux le garder.
-Pourquoi faire ?
-Ca ne vous regarde pas. Je veux juste le garder.
-Si tu as un esclave sous MON toit bien sûr que ça me regarde.
-Il est mourant, je refuse que vous profitiez d'un tel homme pour votre guerre. Autant qu'il meurt à mon service.
-Tu as un trop grand cœur Harry. Je te trouve adorable.
- Taisez-vous ou je vous mords. »
Donna comme avertissement Harry avant de tendre la main à l'homme au sol qui le regarda surpris avant de la saisir. La main d'Harry était douce, petite et Garrick s'en étonna, lui qui avait une main endurcie par le travail des baguette. Il n'avait rien compris, mais cet échange avait été pour lui étrange. Il était certain que Voldemort allait le torturer pour avoir des informations puis le tuer, or le jeune Potter l'avait défendu, il en était certain, il ne savait pas comment, mais il l'avait ressenti.
L'animagi jeta un dernier regard noir à celui qui promettait être son compagnon, puis sortit du lieu, traînant Garrick derrière lui.
Bellatrix et les autres mangemorts s'écartèrent de la porte, bien qu'ils ne le laissent pas penser, il était sûr qu'ils étaient en train d'écouter à la porte. Le regard de couleur noir de Bellatrix se posa sur la baguette du plus jeune mais sans qu'ils n'aient le temps de lui parler, l'animagi prit la direction de sa chambre, la tête haute. Garrick se laissa entraîné par le jeune homme sans protester, il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre alors …
