Ils se retrouvèrent au dîner, le seigneur des ténèbres avait toujours ce visage impassible qu'il détestait. Le jeune animagi aimait pouvoir lire les traits de fatigue, une expression de douleur ou de haine cachée, mais avec cet homme là, rien, il n'y parvenait pas.

Tous les mangemorts étaient réunis, une petite fête avait été organisée, après tout, ce n'était pas tous els jours que le sorcier réputé le plus puissant de l'Angleterre mourrait de la main de leur maître. Dumbledore aujourd'hui, demain le ministère et le pouvoir sur tout le pays.

Harry n'aimait pas ce tas de monde rassemblés dans la pièce. Grande et spacieuse, la salle de réception avait été décoré et de sur de nombreuses petites tables trônaient des mets divers ainsi que des boissons. L'ambiance était légère et à la détente, bien loin de ce qu'était habitué le jeune sorcier. Il n'était décidemment dans son élément avec tous ces étrangers. Il reconnaissait bien Bellatrix, Severus et les deux compères qui les accompagnaient souvent, ainsi que les Serpentard, il n'était pas certain en revanche de vouloir les rejoindre.

Son cœur était perturbé par les actions de Voldemort. Son avis à son propos venait de changer du tout au tout, il avait fait preuve de puissance et Harry en avait été impressionné. Mieux encore, l'homme avait soumit son corps à un plaisir qu'il n'avait jamais connu auparavant. Aucun autre sorcier n'aurait eu le courage de le traiter ainsi et Harry lui en était reconnaissant. Après tout, il demeurait un basilic. Le jeune homme appréciait son courage, sa manière de sourire, ses longs doigts qui l'avaient touché mais aussi, cette magie étrangement similaire à la sienne. Cette magie couleur rubis qu'il appréciait utiliser pour démontrer sa puissance.

Si Voldemort l'avait voulu, Harry se serait soumit à ce pouvoir, encore inexpérimenté, le sorcier noir aurait pu lui lancer mille sorts effrayants. Il ne l'avait jamais fait. L'animagi appréciait donc cette sincérité qui caractérisait Voldemort.

Son regard se porta d'ailleurs avec lui, il discutait avec une immonde femme en habit rose. Que ce que c'était ? Dans son cœur ? Une sensation de brûlure, une envie de meurtre, que ce soit vers la vilaine femme ou Voldemort qui osait rire avec elle. Il bouillait sous cette sensation dans son cœur.

Sans vraiment se contrôler, il se posta à ses côtés et regardant le crapaud dans les yeux, il prit la main de Voldemort dans la sienne. C'était complètement stupide, une crainte infondée, après tout, Voldemort ne devait être attiré que par des gens comme lui et pourtant … Harry avait analysé tous les mangemorts, et de ce qu'il avait apprit, aucun d'eux n'avait d'intention romantique envers leur maître. Harry ne supportait pas le papillonnement de cils de cette horreur, il n'aimait pas le fait de l'avoir vu toucher au seigneur des ténèbres sans que celui-ci ne se dégage de son toucher.

Le jeune Potter sentait sa magie palpiter de rage à l'intention de ce visage tout fripé qui lui faisait face et il n'avait aucune intention de s'arrêter. Il s'arrangerait bien pour que cette femme se fasse dessus, mais ça dérangerait bien son odorat.

Voldemort se tourna vers lui, ses yeux rubis rempli de surprise, Harry se détourna, soudainement gêné. Lui-même n'avait aucune explication logique à son comportement. D'ailleurs, le seigneur des ténèbres les présenta rapidement. C'était Dolorès Ombrage, un de ses agents au ministère, c'est donc pour cette raison qu'il ne l'avait pas rencontré plus tôt.

Harry était certain d'une chose, il la haïssait de tout son cœur. C'était à cause de cette couleur qui lui agressait les yeux, de ce visage qui tentait de sourire au seigneur des ténèbres mais aussi de son intention de le séduire. L'animagi la haïssait. Il ne laisserait personne tenter de séduire ce qui était à lui.

Il s'ennuyait quelques peu, Voldemort et Ombrage parlaient de quelque chose de prévu contre le ministère dans quelques heures. Son ventre grondait aussi, pourtant, il était hors de question de laisser Voldemort entre les bras baveux du crapaud. Qui sait ce qu'elle pourrait tenter ? Harry l'imaginait toucher le seigneur des ténèbres, que ce dernier la laisse faire et pire encore, il pourrait dire à cette truie des paroles pour la flatter.

« Et si tu allais retrouver tes amis de Serpentard ? demanda poliment le mage noir avec un sourire narquois, conscient de la jalousie du plus jeune.

-Non merci, je reste là, affirma le jeune homme en raffermissant sa prise sur la main de Voldemort. »

Le seigneur des ténèbres fut prit d'un rire. Un rire sincère qu'Harry n'avait jamais entendu auparavant, un silence de plomb tomba. Personne n'avait jamais entendu l'homme rire avant ce jour, mais après tout, il venait de vaincre Dumbledore alors, il était normal qu'il se sente lui aussi, plus léger. Le grand brun se pencha pour chuchoter au plus jeune :

« Tu ne crains rien d'elle, pas la peine d'être jaloux mon cher. »

Harry aurait tout donné pour pouvoir répliquer qu'il n'était pas jaloux, pourtant c'était effectivement le cas. La jalousie le rongeait, il refusait d'accorder sa confiance à Ombrage. Elle le dégoûtait et il craignait que le seigneur des ténèbres lui succombe. C'était un raisonnement illogique, jusqu'à présent, il n'avait pas eu de rival, il était la seule personne qui comptait pour Voldemort.

Il consentit à lâcher la main de Voldemort et s'approcha d'Ombrage, ils faisaient la même taille. Renforçant l'influence de sa magie près du crapaud, il lui chuchota :

« Il s'agit de ma proie, si vous y touchez je vous tuerais. »

Lui offrant un dernier regard noir, Harry consentit à rejoindre les jeunes sorciers de Serpentard. Visiblement, ceux-ci l'attendaient. D'ailleurs, ils avaient semble-t-il organiser une petite fête privée entre jeunes de leur âge. Dans une autre pièce, il y avait toute sorte de bouteilles, l'ambiance était plus tamisée grâce aux centaines de bougies dans les airs et des mets divers se trouvaient à même le sol. Les Serpentard prirent place sur des coussins à même le sol, Harry les imita et se retrouva près de Draco Malfoy et Blaise Zabini.

« Levons nos verres, mes chers amis, comme ce jour où, le maître a, enfin, tué le sorcier le plus agaçant du monde ! »

Harry attrapa un verre face à lui et renifla, l'odeur était forte, le liquide couleur ambre. Le sourire de Draco le rassura quelque peu, ils trinquèrent et Harry fit la grimace sous le goût de la bierraubeurre. Lui qui n'avait jamais bu d'alcool auparavant, le goût surprenait. Ils rirent de lui puis demandèrent :

« Comment s'est passé le combat contre Dumbledore ? Tu y étais non ?

-Oui, pas au début, j'étais retenu prisonnier à la cave.

-C'est toi qui a tué Longdubat, pas vrai ?

-J'ai tué ceux sur mon chemin, mais oui, j'ai tué un Neville Longdubat. Dumbledore lui avait proposé de devenir mon ami.

-Il n'était pas méchant ce Longdubat, intervint Nott.

-C'est vrai, mais ils me retenaient prisonnier et je n'ai pas apprécié ce traitement.

-Il a refusé de nous le dire, mais pourquoi le maître t'avait fait sortir ? D'habitude, tu reste dans les environs. Demanda Daphnée Greengrass.

-Je suis parti voir mes parents, leur tombe du moins.

-Et … il t'a expliqué, le maître … ?

-Oui, c'est lui qui a tué mes parents.

-Tu ne lui en veux pas ?

-Pourquoi je lui en voudrais ? Je ne connaissais pas ces gens et ils étaient bien faibles s'ils n'ont pas su me protéger. »

Rajouta l'animagi en grignotant dans les mets face à lui et en sirotant sa boisson. Le goût n'était finalement pas si mauvais.

« La tête d'Ombrage, que ce que tu lui as dit pour qu'elle ait aussi peur de toi ? »

Harry hésita un moment puis décida de ne pas répondre, il avait honte de son comportement. Comment pouvait-il justifier une telle chose ? De telles pensées ? Lui-même n'aimait pas que Voldemort le décide comme sien ou ce genre de chose, alors pourquoi interdisait-il la même chose au seigneur des ténèbres ? Il secoua la tête et termina d'un cul sec son verre.

Ils discutèrent alors de sujets plus légers, Harry qui s'était servi d'autres verres commençait à se sentir bizarre. Quand Bellatrix vint les chercher, le jeune animagi ne voulut pas bouger. Voldemort allait faire un discours, grand bien lui fasse. Le jeune sorcier se sentait trop patraque et brûlant pour y aller.

Il ne remarqua pas le regard inquiet des Serpentard sur lui quand ils sortirent de la pièce en le laissant allongé à même le sol. Harry somnolait tranquillement.