« Voldemort … »
Murmura une voix dans les ténèbres d'un couloir. Lord Voldemort contemplait le jeune homme dans ses bras. Il avait les joues rouges et poussa un gémissement de contentement, profitant de leur proximité pour renifler l'odeur du seigneur des ténèbres.
« J'ignorais que je sentais bon, déclara-t-il d'un air moqueur.
-Je vérifiais que cet horrible crapaud ne vous avait pas touché.
-Ombrage n'oserait jamais, encore moins après ta menace.
-Je ne lui fais pas confiance.
-A quel propos ?
-Elle vous sautera dessus dès que j'aurais le dos tourné. Ça se voit dans son regard.
-Ta jalousie me fait chaud au cœur.
-Je ne suis pas jaloux, bouda le jeune homme en détournant le regard, gêné »
Le grand mage noir ouvrit la porte de sa chambre d'un négligeant signe de la main. Il s'approcha ensuite du lit et y posa le jeune homme. Il lui enleva ensuite ses bottes et s'apprêtait à partir quand le jeune homme aux joues rouges le retint. Les yeux rouges du mage se posèrent sur le visage gêné de son vis-à-vis, il comprit que l'autre n'était toujours pas rassuré de savoir qu'Ombrage pouvait à tout moment se glisser dans son lit. Apparemment, même le visage horrible de la femme n'était pas suffisant pour rassurer Harry. Pourtant, Voldemort se sentait flatté que le jeune homme veuille le garder pour lui seul, un grand sourire vint fleurir ses lèvres.
« Tu pense qu'elle ne viendra pas me voler ici ?
-Effectivement, et puis, je ne me sens pas assez bien pour me défendre seul cette nuit, protégez-moi. »
C'était une excuse bidon, et il le savait très bien, mais il préférait l'admettre à Voldemort. Ses joues rouges reflétaient la sensation de flotter et de chaleur qu'il ressentait. Maintenant allongé sur le lit, il se sentait comme sur un nuage et pouvait à tout instant sombrer dans un lourd sommeil. Ainsi, il ne saurait se défendre si quelqu'un entrait dans la chambre, il comptait donc sur Voldemort pour prendre ce rôle. Au vu du sourire narquois du mage noir, lui non plus n'était pas dupe, mais il n'y fait aucun commentaire. Il se mit plus à l'aise, se déshabillant et se glissa sous les couvertures. Harry dormait déjà profondément.
Cela l'arrangeait que ce soit le jeune homme qui demandait à l'avoir dans son lit. Il en profita pour lui voler un baiser puis, il s'endormit à son tour.
Ils s'agenouillèrent devant lui, il était vu comme le mal absolu et cette sensation lui donnait presque un certain vertige de pure joie. En voyant le ministre lui-même s'abaisser au sol pour lui embrasser ses chaussures, son rêve était accompli. Voilà ce qu'il avait attendu depuis ces nombreuses années. La seule personne qui avait pu ralentir l'accomplissement de ce tendre rêve était morte et avec Dumbledore était mort l'espoir de tout le peuple britannique. Plus personne ne se mettrait en travers de son objectif, de sa route. Depuis de nombreuses années désormais il ne souhaitait qu'une chose, faire du peuple sorcier une société unie et surtout, puissante.
Lord Voldemort refusait que les moldus empiètent davantage sur leur territoire, il refusait de se cacher dans l'ombre de la faiblesse. Ainsi, sa première décision serait sûrement de rendre public la société sorcière aux moldus. Viendrait ensuite les décisions pour les enfants nés moldus, Poudlard évidemment, le reste serait économique et plus pour les traditions anciennes des purs-sangs. Il souhaitait remettre au goût du jour ces anciennes coutumes qui avaient fondés la société dans laquelle il évoluait mais qui s'étaient maintenant perdus dans le confort qu'ont les sorciers à prendre des coutumes moldues.
Harry l'épaulait et regardait avec dégoût la limace qu'était le ministère de la magie. Les aurors avaient été arrêtés et mis hors d'état de nuire plus tôt, quelques sorts bien placés et maintenant saucissonnés, ils ne pouvaient plus rien faire. Voldemort se damnerait presque pour ces yeux avada froid et indifférents qui se posaient sur le monde magique. Si Harry découvrait à peine le monde duquel il était originaire, cela semblait ne pas lui plaire de voir un chef d'état aussi pitoyable. En reconnaissant le jeune Potter, ils avaient pâlis davantage.
Le jeune brun n'avait pas fait plus attention aux sbires et s'étaient mis à poser un milliard de questions au ministre, notamment pour comprendre pourquoi il était aussi nul. Il fallait dire aussi que le basilic avait cru que le ministre dominait les autres magiquement et c'est par ce fait qu'il avait prit le pouvoir. Ainsi donc, quand il avait vu la larve devant lui, autant dire qu'il avait été grandement déçu.
« Pourquoi tu ne l'as pas tué ?
-Parce que le peuple a besoin de le voir en vie, le temps qu'il me passe le pouvoir.
-Hum, moi je l'aurais tué et prit son apparence pour le faire. Cette chose me dégoûte grandement, si je savais que des humains étaient aussi pitoyables, je serais venu les tuer moi-même. »
Voldemort savait qu'il était sérieux, Harry ne savait pas faire de blagues, ni preuve d'humour. Il avait encore à apprendre. Même s'il s'était montré taquin envers les Serpentard, le seigneur des ténèbres savait que c'est parce qu'il s'agissait de jeunes de son âge et surtout, que ces jeunes là lui plaisaient bien. Autant dire qu'en lui faisant une aussi mauvaise impression en s'étant pissé dessus, Harry n'avait envie que d'une chose, se débarrasser de cette chose puante qu'était devenu le ministre de la magie.
Le tuer était néanmoins trop facile. Il n'était pas un bon adversaire. Harry se contentait donc de froncer le nez, de grogner et de rester près de lui. Voldemort avait bien perçu que le jeune homme retenait son envie de visiter le bâtiment qu'était le ministère. Il n'osait pourtant pas bouger, comme s'il se sentait à l'aise uniquement aux côtés du seigneur des ténèbres.
Et puis, Harry ne voulait pas le quitter, quand ils avaient transplanés ce matin-là, le jeune animagi avait assisté au carnage, tentant d'afficher un air neutre. Au fond de lui pourtant, voir le seigneur des ténèbres tuer à tour de bras en lançant des sorts épuisants et aussi rapidement l'avait grandement impressionné. Il avait apprécié ce spectacle de la supériorité du mage. Même les aurors les plus surentraînés ne firent pas le poids face à lui. C'est pour cette raison qu'ils se retrouvaient maintenant dominant face au ministre. Les mangemorts arrêtaient les derniers résistants et dans quelques heures, il gouvernerait l'Angleterre.
Si Dumbledore n'avait pas pu l'affronter, aucun autre sorcier britannique ne le pourrait. Son rêve s'accomplissait enfin, et mieux encore, il était en charmante compagnie pour l'accomplissement de ce rêve.
Harry paraissait s'ennuyer.
« A présent, qu'allez-vous faire ? Vous avez atteint votre objectif n'est-ce pas ?
-En effet, et maintenant, je vais transformer ce pays pour qu'il corresponde à mes idéaux, à mon avis.
-Vous êtes le nouveau roi désormais. Vous savez un minimum vous battre, c'est un fait. Mais, que ferez-vous de vos probables opposants ?
-Je les tuerais, cela me semble évident.
-Et si c'était moi votre adversaire dans cette quête folle ?
-Je ne m'en fais pas, nous mènerons un beau combat, celui qui vaincra prendra alors le pouvoir. Je sais pourtant que tu es assoiffé de connaissances, je te suis encore utile. J'aurais le temps de voir venir notre combat.
-Je veux aller à Poudlard.
-Qui donc t'a mit cette folle idée en tête ?
-Personne. Je souhaite y aller, c'est tout. Je ne vous demande pas votre avis.
-Très bien, je t'inscrirais à Poudlard, si c'est ton souhait.
-Un ordre, c'est un ordre. »
