« Non mais vous y croyez ? »
Severus était dans tous ses états, c'est bien la première fois que quelqu'un parvenait à provoquer tant d'émotions chez lui, il ne prit même pas la peine d'afficher son masque de froideur et d'indifférence, c'était bien la première fois que Voldemort le voyait ainsi, même les doloris ne le mettaient pas dans un pareil état ! Il se demandait qu'avait bien pu faire Harry pour le mettre dans un tel état. A cette question, le directeur de Poudlard répondit violemment, ne se gênant pas pour provoquer sans le vouloir son maître, mais honnêtement, y pensait-il ?
Voldemort s'approcha de la fenêtre et dû retenir son glapissement de surprise. Son regard s'était porté sur le grand lac et au début, il souhaitait grogner contre Severus, ne pouvait-il pas lui expliquer poliment la situation ? Mais un regard parlait mieux qu'un discours insensé et surtout, Voldemort n'était pas sûr qu'il aurait cru le potionniste s'il n'avait pas le lac sous les yeux.
Il avait tué le putain de calamar géant ! Cette bête presque aussi vieille que le basilic lui-même avait toujours veillé sur les élèves qui pouvaient, on ne sait jamais, tombés dans le lac et se noyer. C'est grâce aux divers directeurs que la créature avait paisiblement vécu dans le lac sans aucun souci.
« Très bien, je l'admettrais volontiers, je n'ai pas de preuve concrète, mais je sais reconnaître des morsures de serpent sur le corps d'un calamar quand j'en vois ! Mais, par Merlin et la barbe de Salazar, que ce qui lui est passé par la tête ? Quand je pense … »
Et il continuait ainsi à parler seul, se lamentant d'avoir un élève aussi terrible mais surtout, il ne comprenait guère pourquoi Potter avait voulu tuer cette paisible créature. Le calamar l'avait-il provoqué d'une façon ou d'une autre ? Pourquoi … ? Severus s'en arrachait les cheveux et s'outrait du comportement du gamin. Il continua sur sa lancée :
« Il refuse de me dire pourquoi ! Il veut même me faire croire qu'il est innocent ! Mais je ne suis pas dupe, par pitié, rassurez-moi c'est bien des morsures de basilic ? Je ne vois pas comment cette chose infâme qui habite le lac aurait pu mourir autrement que de se faire tuer. Il n'y ait même pas allé d'un simple Avada ! »
Le plus grand mage noir de tous les temps devait bien admettre que … lui non plus ne comprenait pas pourquoi le basilic avait pu, et pourquoi, il avait tué le calamar géant. C'était une bête très résistant aux poisons, sans compter qu'en temps normal, un basilic ne respire pas vraiment sous l'eau. Cela a dû lui demander des heures de lutte pour arriver à ce résultat ! Ce résultat étant la mort de la bête, l'une des créatures emblématiques de Poudlard ! Dans le chapitre 3 de l'histoire de Poudlard, on parlait de cette créature, et dans de nombreux autres livres d'ailleurs. Beaucoup d'experts en animaux magiques aimaient venir contempler ce que Voldemort appeler : « Cette horreur abyssale qui devrait plutôt se trouver dans l'océan plutôt que dans cet aquarium de lac ».
Cette mort ne lui provoquait rien, sinon un très gros fou rire qu'il retenait en voyant Severus perdre son sang-froid.
« Et pourquoi m'as-tu fait venir ? Pour te plaindre ?
-J'espérais que vous pourriez lui arracher quelques mots sur les raisons de cet acte, il ne veut rien me dire. Ses amis de Serpentard sont muets comme des tombes, même avec du sérum de vérité. Et je vous vois venir, quand je lui ai refourgué une grosse dose, rien, ça ne lui fait aucun effet ! Oh et n'osez même pas m'engueuler pour ce comportement, ça dépasse l'entendement ! Il mérite une sévère punition, mais je dois m'assurer d'avoir des preuves !
-Et à part le sérum de vérité, quelles sont tes preuves ?
-Mais regardez ce cadavre ! Seul un basilic aurait pu …
-Quoi qu'il en soit, convoque-le dans ce cas, je lui poserais mes questions. »
Severus était extrêmement drôle, mais un poil énervant aussi. Il commençait à devenir lourd avec son long discours. Voldemort ne comptait pas donner de leçon à Harry sur cet acte, lui-même, vers cet âge, avait libéré un basilic sur l'école.
Le mangemort lança un patronus et quelques instants plus tard, un jeune homme portant l'uniforme de Serpentard se montra. Severus eut la politesse de s'éclipser.
Harry tarda son regard surprit sur Voldemort, il ne s'attendait pas à le voir, mais il était agréablement surprit de sa présence. Il ne pouvait guère nier que le seigneur des ténèbres lui manquait. Il portait une tenue sorcier noire, qu'Harry n'avait pas l'habitude de lui voir, il portait rarement une autre couleur que le noir et le voir habillé de rouge était quelque peu bizarre. Voldemort alla s'installer derrière le bureau du directeur et fit signe au jeune Potter de prendre place. Le jeune homme ignora cette demande et s'adossa près de la fenêtre, observant les sorciers qui s'affairaient près du calamar géant. Même avec sa prise de pouvoirs, des aurors avaient été envoyés pour enquêter sur ce mystère.
« Si tu m'avouais la vérité, Severus est persuadé que c'est toi.
-Quelle vérité ? Je n'ai rien fait, déclara la tête haute le jeune Potter, il avait bien apprit des Serpentard, cela se voyait.
-Crains-tu une punition ?
-Pourquoi ? Il n'y a aucune preuve.
-Tu en connais d'autres, de basilic toi ? Celui qui se trouvait au château a été tué il y a quelques années par Dumbledore.
-Qui vous dit que c'est un basilic ?
-Les traces de morsure. Il se trouve que je connais un spécimen, qui se trouve à Poudlard justement. Fais-moi confiance, je ne dirais rien à Severus si tu me dis pourquoi.
-Jurez-le alors, sur votre magie. Ce bougre de directeur m'a menacé de retenue, récurer de vieux chaudrons, est-ce que je suis un tel sous-fifre pour faire quelque chose de ce genre ?
-Même s'il te donnait cette punition, tu trouverais un moyen de l'éviter, rien qu'en te regardant je le sais. Mais si tu insiste, je le jure, je ne dévoilerais pas la vérité à Severus Snape.
-Draco Malfoy a dit qu'un passage vers la Chambre des secrets existait, via le lac, je voulais vérifier. Ce calamar me gênait.
-Au lieu de me demander confirmation, tu as préféré tuer un animal millénaire ?
-Que ce soit un animal millénaire, que ce que ça change ? J'aime bien le changement cela dit, maintenant les êtres des eaux chantent à mon hommage, c'est plaisant.
-Tu as trouvé ce passage ?
-Oui, pour qui me prenez-vous ? D'ailleurs, que ce que vous faites ici ? »
Voldemort s'attendait à ce que le jeune homme pose cette question en premier, visiblement il s'était plus inquiété de se faire punir en nettoyant des chaudrons que la raison de sa présence.
« Snape dit que tu es une tombe concernant cet événement et veut à tout prix connaître le coupable. Il est dans un état pitoyable, il grogne contre toi.
-De toute façon, vous avez juré de ne rien lui dire. »
Voldemort se contenta d'un sourire sadique, presque tenté de rétorquer au jeune homme qu'il avait promit de ne rien dire à Severus Snape, mais pas au directeur de Poudlard. Après tout, il valait mieux garder sa confiance.
« Tes cours de potion se passent mieux ?
-Oui, c'est plus supportable, mais je déteste cette matière. C'est plutôt stupide de tout baser sur les potions alors que la magie fait le même travail, régénération sanguine, ou autre. Les sorciers sont vraiment si stupides ?
-Tu n'as pas idée … »
Répondit Voldemort qui était épuisé de négocier avec des crétins, depuis plusieurs semaines, il multipliait les interventions au mangemagot pour leur faire prendre des décisions pour faire avancer les choses, par Merlin, il allait bientôt tous les tuer tant ils l'agaçaient.
Il se leva et posa sa main sur la joue du jeune Potter, satisfait quand ce dernier inclina la tête sur le côté pour en profiter.
« Tes lettres sont trop courtes, ça a tendance à m'énerver.
-Malfoy me l'a dit, il se plaint qu'après mes lettres, vous avez le doloris facile.
-Bien, alors je suppose qu'il est clair que tu feras des efforts, dans ce cas.
-Mes lettres ne me gênent aucunement, pourquoi voudrais-je faire un effort ?
-Parce que je connais un autre passage pour accéder à la Chambre des secrets. »
Chuchota-t-il à l'oreille de son vis-à-vis. Il apprécia le frisson qu'il donna au jeune sorcier. Sans attendre sa répondre, il lui donna une dernière caresse sur la joue, puis transplana. Laissant Harry encore hébété dans le bureau du directeur.
